S’engager en politique ?

[Article écrit il y a deux ou trois semaines donc je ne connais pas le résultat du premier tour des législatives mais je sens que je vais bien pleurer dimanche soir] Bien le bonjour ! Ca va la Macronie ? Moi ça va mais je ressens comme un fourmillement, une envie au fond de moi, un grondement de plus en plus puissant… Je veux changer les choses. Pour de vrai, pas juste en tapant quelques articles de ci de là sur mon coin du web ou en retweetant à ma communauté des propos qui ne les convaincront que s’ils sont déjà convaincus, en gros. Eduquer, communiquer, ce n’est certes pas rien mais il est temps de quitter son fauteuil de bureau et d’agir “dans la vraie vie”, comme on dit. Je veux m’engager ! Mais comment ? Pourquoi ? Dois-je choisir la voie honnie pour faire bouger les choses à savoir s’engager en politique.

Femme forte

Je n’aime pas la politique, je l’ai déjà dit. Les magouilles, les pousse-toi que je m’y mette, l’oubli de ceux que l’on est censé représenter (les citoyens) pour grimper sa petite échelle, ça, je peux pas. Mais étant, souvent malgré moi, une citoyenne concernée et inquiète, je ne peux pas juste tout balayer d’une main et vivre ma petite vie en me foutant du reste. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Alors que je vois le monde qui ne va pas mieux (euphémisme), je me dis que je dois apporter ma pierre à l’édifice, même si celle-ci a plus la gueule d’un caillou mal branlé. Râler derrière son écran, c’est quand même globalement stérile même si des fois, tu peux apprendre quelque chose à quelqu’un. Des fois, pas tout le temps.

Râleuse

Alors s’engager, ok, mais quoi ? Où ? J’avais assisté dans des temps anciens à une réunion de section du PS et j’avais été saoulée d’entrer par la petite bagarre d’egos entre les uns et les autres. Il y avait là une fracture entre les citoyens concernés et ceux qui s’imaginaient une carrière. Fin du game pour moi. Quelques années plus tard, un de mes camarades décide de s’investir dans la lutte contre le nucléaire : d’abord très actif sur les réseaux sociaux, il tombe quelques mois plus tard dans le mutisme. Je lui demande donc s’il est toujours impliqué “non, j’ai laissé tomber. Tous les gens là-dedans, ils sont là parce qu’ils espèrent monter en politique”.

s’engager en politique

Au défilé du 1er mai, je n’ai pas su si la dame avait choisi cette couleur de ballon exprès mais j’avoue que ça m’a fait rire

Alors me voici, là, à me gratter la tête pour savoir quelle direction prendre. Je sais déjà ce que je ne veux pas mais comment être sûre ? J’ai pensé à Greenpeace mais à mon avis, le côté politique est bien présent… Alors je discute, je me renseigne. J’hésite. Je dois définir ma priorité. L’écologie, l’environnement. Oui. Mais l’éducation aussi, c’est important, non ? Je veux dire à quoi ça sert de militer dans son petit coin quand les gens sont murés dans leurs certitudes. Oui, les certitudes ça peut évoluer mais pas toujours. Et puis y a les Migrants, on peut pas laisser faire. Et puis… et puis… Et puis il y a ce parti. Ce parti avec qui je suis quasiment toujours d’accord sur le projet de société, ce parti presque parfait… ne serait-ce l’opportunisme gonflant de ses têtes d’affiche prêtes à s’aplatir pour choper un ministère, voire un secrétariat d’état. Ce parti là qui se souvient de son moteur qu’épisodiquement, dont les têtes de proue se taisent étrangement sur quelques projets gouvernementaux catastrophiques pour l’environnement genre Notre Dame des Landes, Sivens, la ferme des mille vaches… A part quelques fulgurances de ci de là, une Duflot qui monte régulièrement au créneau, un Jadot qui négocie la fin du projet Notre-Dame-des-Landes et la sortie du nucléaire en s’alliant à un Hamon déjà perdant. Par contre, sur le terrain, ça agit, ça vitupère, ça ne laisse pas faire.

S'engager pour l'écologie

Alors oui, je vais y aller. Je vais attendre la fin des élections législatives et puis, j’irai. Surtout que ma candidate EELV locale, elle a l’air bien inspirante. Mais attention, je ne ferme pas les autres portes. Parce qu’il est possible que je finisse dégoûtée comme je le craignais, je dois aussi investiguer les associations… En attendant mon blog citoyen qui arrivera, promis.

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Le vote utile nous a-t-il volé notre droit au choix

[Article écrit avant les résultats du 1er tour donc je vais peut-être être absolument anachronique, je sais pas]
Je suis triste, dépitée, saoulée. Alors que le 1er tour est en cours (on est dimanche quand j’écris cet article), je vois de plus en plus de gens choisir un vote “utile” et non pas un vote de conviction. C’est ma besta qui m’explique qu’elle voudrait voter blanc mais que ça sert à rien. C’est mon collègue qui me dit qu’il votera Hamon, même si ça sert à rien. Je vous rassure les copains, si mon premier choix n’est pas qualifié au second tour, ma voix n’aura pas eu plus de valeur que la vôtre.

Vote inutile

Alors je les ai encouragés sur cette voie. Je n’ai pas fait le même choix qu’eux mais je veux qu’en France, on puisse voter pour un projet de société, une conviction, une envie… et pas juste pour le mec qu’on te présente comme seule alternative. Une fois tous les cinq ans, on invite les citoyens à donner leur avis sur la suite de l’histoire : est-ce que tu veux continuer dans la voie déjà prise, veux-tu changer de voie, considères-tu qu’aucune voie ne te convient ? Une fois tous les cinq ans, on a la possibilité de tous donner notre avis sur la direction à donner à la politique nationale du pays. Oui, tous les cinq ans car les autres scrutins concernent d’autres sujets. Evidemment, vous avez tout à fait le droit de descendre dans la rue entre deux élections pour dire non aux nouvelles lois and co, c’est juste pas le sujet. Donc, un avis tous les cinq ans et on vient vous faire chier pour que nous ne votiez pas en fonction  de ce que vous voulez mais en fonction de qui a le plus de chances de l’emporter.

vote utile

C’est d’abord le délire du vote contre. On va t’ériger quelques bêtes immondes en t’expliquant que tu dois absolument faire barrage à ces gens là. Peu importe ce que tu veux pour ton pays, on va te convaincre que c’est moins important que ce que tu ne veux pas. Alors comprenez que je serais la première à faire sacrément la gueule si la Marine passe mais j’ai un peu compris qu’une élection, c’est pas juste un bulletin dans une enveloppe et on subit pendant cinq ans, voyez. Remember CPE. Mais je vais pas voter pour quelqu’un juste parce que ce quelqu’un pourrait empêcher quelqu’un d’autre d’être élu. On n’est pas dans une élection de délégués de classe où je vais voter Déborah plutôt que cette te-pu d’Elise qui se tape tous les mecs alors qu’elle a un gros cul (on est très cons au lycée).

Popularité au lycée

Mais surtout, ce qui me fait vomir, c’est le vote utile. Parce qu’on en vient à se demander qui choisit vraiment le Président et son gouvernement. Les citoyens qui votent en leur âme et conscience ou les instituts de sondage qui te disent que le seul rempart vs la bête immonde, c’est celui-ci ou celui-là. Parce que j’en ai vu des gens me dire “je vais voter Macron car c’est le seul qui peut empêcher un deuxième tour Fillon- Le Pen.” Alors déjà, on n’en sait rien (c’est pas comme si ces dernières années, les sondages nous racontaient un peu n’importe quoi, coucou 2002, coucou le Brexit, coucou Trump… et encore, je dis ça, c’est pas tant les sondages que l’interprétation éditoriale qu’en font les médias qui ont leur poulain, notez) mais surtout, est-ce que vous avez juste conscience que vous faites taire vos ressentis, vos envies parce que tel journal ou tel institut de sondage a choisi pour vous ? Parce qu’en plus, le vote utile a un effet terriblement pervers : si vous le suivez, vous donnerez aux sondages un pouvoir d’auto-réalisation terrible. Ca veut dire que pour les prochaines élections, ce seront 3 instituts de sondage et 4 journaux qui décideront qui ils veulent voir au sommet de l’Etat et, spoiler, leurs intérêts ne sont pas forcément les vôtres.

Lire la presse et boire du café

Bref, je ne rentrerai pas dans ce jeu là. Si le 07 mai, je n’ai le choix qu’entre Fillon, Le Pen ou Macron, je ne choisirai aucun des trois (désolée mais Macron est limite plus dangereux que les deux autres parce que vu qu’il n’aura jamais la majorité parlementaire, la droite contre laquelle vous avez voté, y a de fortes chances que vous vous la ramassiez en gouvernement donc encore pire…). Selon le casting du second tour, je pense tenter le vote nul en écrivant quelque chose sur mon bulletin de vote. Peut-être un “rend l’argent”, peut-être quelques citations politiques ou voter pour ma candidate de coeur qui ne se présentera peut-être jamais mais qui a un courage de dingue : Isabelle Attard.

Isabelle Attard

<3

Mais le vote utile, jamais il ne passera par moi

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Si Marine Le Pen est élue, à qui la faute ?

Ou pourquoi j’en ai marre de la menace frontiste et l’appel au vote utile/républicain. J’ai choisi mon camp depuis que Jadot s’est retiré (et non, je ne le suivrai pas, plus de PS, j’ai dit, malgré ma sympathie pour Benoît Hamon) et je n’en bougerai pas. Et surtout, je ne voterai pas au second tour pour quelqu’un qui n’incarne pas à minima mes valeurs. Si Marine Le Pen est élue, ce sera donc ma faute ? Bah tiens !

Marine Le Pen

Je reste dubitative quant à la possible arrivée de Mme Le Pen à l’Elysée. Je sais que c’est possible et je sais aussi que beaucoup de gens ne referont pas le même sketch que 2002 à aller voter l’autre par peur. Et pardon une nouvelle fois mais vous voulez vraiment que j’aille voter pour un mec pourri jusqu’au tronc ou un ambitieux narcissique qui me paraît très dangereux pour notre bien-être ? Vraiiiiiiiiiment ? Parce que c’est précisément mon point. Si la mère Le Pen est si haut dans les sondages et sera très certainement au second tour, je ne veux pas entendre que ce sera peut-être de ma faute si elle est élue présidente.

loutre mignonne

Ayant déjà mis assez de photos de la Le Pen dans cet article, je mets une loutre mignonne à la place, c’est meilleur pour notre journées à tous

Si on écoute un peu l’électorat déclaré de Mme Le Pen, on constate que ce qui fonctionne, ce ne sont pas tant ses idées (ce qui rassure un peu) que l’envie de donner un coup de balai. Et ce point là, je peux le comprendre, marre des oligarques corrompus qui nous culpabilisent pour un arrêt maladie mais détournent des centaines de milliers d’euros sans trembler. Et ça tombe de tous les côtés, tous les jours, à droite comme à gauche, des emplois fictifs, des voyages au frais de l’Etat, des erreurs de déclaration dans le patrimoine. Et je ne vous parle pas des connivence médias-politiques qui décident plus ou moins du casting du second tour. Car en France (pas que, certes), on a un pouvoir magique : il faut tuer la Bête. La Marine. Alors on demande aux gens d’être raisonnables, de voter pour un candidat crédible, qui nous déplaît pas tant que ça parce que lui, il a des chances d’aller au second tour et qu’entre lui et l’autre moisi d’en face, franchement, est-ce qu’il y a à hésiter ?

moisissure de salle de bain

Le changement incarné par Mme Le Pen m’échappe. D’abord parce que les récentes péripéties judiciaires ont démontré si nous en doutions qu’elle n’était pas plus blanche que les autres (au contraire) mais surtout quel changement, réellement ? A part durcir tout ce qu’on subit depuis bien dix ans, je ne vois pas trop… Ca ne rendra pas riche les plus pauvres, les déclassés qui la voient comme l’incarnation d’un lendemain meilleur mais qui resteront sur le bord de la route. Ca changera, sans doute, mais en pire.

plat de coquillettes

Mais voilà, j’en entends dire que si elle passe, ce sera de ma faute car quoi qu’il se passe, je refuse de voter Fillon ou Macron au second tour. Et je suis désolée mais si la Le Pen est aussi puissante aujourd’hui, ce n’est pas ma faute. J’ai longtemps diffusé des articles mettant en cause l’intégrité et la dangerosité du programme du FN, j’ai arrêté car ma communauté est quand même plutôt à gauche donc à part les trucs marrants, pas grand intérêt, je n’avais déjà plus personne à convaincre. Mais si les gens en ont marre de tout ce cirque, de la corruption, des politiques qui se foutent de leur gueule et des médias “menteurs”, ce n’est pas ma faute. C’est celle des politiciens corrompus qui refusent de quitter la partie alors qu’ils sont plongés jusqu’au cou dans une merde nauséabonde et nous salopent le tapis. C’est la faute de tous ces démagogues qui changent de discours selon les interlocuteurs. C’est la faute des médias qui laissent parler Marine et ses potes sans les coincer, les mettre face à leurs contradictions, à quelques exceptions près. C’est la faute des chaînes d’infos en continu qui ont tellement besoin de remplir leurs plateaux qu’ils vont prendre les bons clients, ces politiques toujours prêts à venir débattre chez eux genre Philippot.

Florian Philippot invité chez Jean-Jacques Bourdin

Des fois, je me dis que la solution serait justement de la laisser arriver au pouvoir pour casser l’argument du “eux, on les a jamais essayés” pour que ça n’arrive plus. Sauf que 5 ans, c’est long, bien trop long. Et que j’ai pas eu le temps d’apprendre le Suédois pour me barrer là bas.

Stockholm en Suède

Hallå !

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Pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?

Bien le bonjour mes amis, voici une question qui me taraude depuis quelques temps. Avant de poursuivre mon raisonnement, petit point : j’espère que cet article ne suintera pas condescendance et mépris (de classe ?) car tel n’est pas mon but et si j’échoue, n’hésitez pas à me taper les doigts en commentaire ou sur les réseaux sociaux, là où on se croise en général. Mais vraiment, alors que la présidentielle arrive en avant-dernière ligne droite, je veux savoir “ pourquoi tu votes si tu t’en fous de la politique ?”

Pourquoi tu votes

Evidemment, on nous a toujours appris que voter, c’est important, droit acquis dans le sang et les larmes, droit d’autant plus important quand on est une femme. J’ai moi-même longtemps conspué les abstentionnistes du premier tour en mode “ohé, zut, c’est important, vote blanc au pire”. Depuis, j’ai raté un deuxième tour des législatives pour cause de Sicile et voté blanc à presque tous les second tours. Cette année, je voterai au premier tout en fonction de mes convictions… et soit par procuration soit pas du tout au second vu que je serai à Barcelone pour faire du yoga. Bref, mon discours sur la nécessité du vote a évolué, non à cause de mes vacances mais parce que je comprends aujourd’hui que face à la bêtise crasse et à la malhonnêteté de ceux qui nous gouvernent, on finisse par laisser tomber. Moi-même, je me demande pourquoi j’insiste… et non, je ne parlerai pas de vote utile ou de front républicain… j’en parlerai un autre jour. Peut-être (oui parce que mine de rien, l’élection, c’est déjà demain, gasp)

Affiches électorales 2007

Je suis donc la campagne de loin, un peu blasée, beaucoup énervée. D’abord par les discours de peur des uns et des autres, technique grossière pour faire croire aux gens que le mal qu’on leur fait, c’est pour leur bien (mais manifestement, ça marche), du rejet de ceux qui ne sont pas comme nous. Saoulée parce que j’ai l’impression qu’ils nous promettent tous les quatre cavaliers de l’apocalypse si on ne se serre pas encore la ceinture un cran de plus… sauf certes Mélenchon et Hamon. Mais surtout, je suis saoulée de voir qu’en France, on n’était pas tellement choqué par les malversations et autres petits combines des uns et des autres (mais bon, surtout de certains) parce que, hé, “tout le monde le fait”. Alors je ne jurerai pas de la totale honnêteté de ceux qui n’ont pas de nuages au dessus de leur tête car je ne sais pas, en mon âme et conscience, s’ils sont totalement honnêtes ou s’ils ont juste réussi à ne pas se faire prendre mais il semblerait que certains aient encore un minimum de conscience. Nous avons donc sur nos onze candidats à la présidentielle deux mis en examen, un avec une enquête préliminaire pour favoritisme (ok, pas lui directement mais le boulet se rapproche) et ces trois là sont en tête de tous les sondages… Alors ok, les sondages ont la valeur qu’on leur donne et je suis à peu près persuadée que Macron, dans six mois, tout le monde aura oublié son existence mais il n’empêche que ça m’interroge… Comment peut-on voter en toute sincérité pour une personne qui vole, triche, ment ? Surtout quand ces gens là nous parlent de faire des efforts parce que tu comprends, la France va mal. Je vais pas trop insister sur ce point, je vais finir par être vulgaire.

La France va mal

Taper « la France va mal » dans google images est une expérience très désagréable…

Et puis il y a les programmes sur lesquels des gens plus experts que moi se penchent, qu’ils t’expliquent que ça et ça, ce n’est pas réalisable, possible, que c’est juste du blabla politicard pour te faire voter pour eux et que, t’inquiète, ça n’arrivera jamais. Et non, je ne parle pas ici du revenu universel, Piketty t’expliquera mieux que moi)(faut vraiment que je lise son bouquin d’ailleurs). Et pourtant, on votera quand même pour elle, pour lui, parce que c’est notre famille politique, tu comprends. Non, je comprends moyen en fait. Alors c’est sûr, à gauche, nous, on a deux candidats (non, pas Macron, non) donc si l’un se révèle pourri jusqu’à la moelle, on peut éventuellement se rabattre sur l’autre. Je parle bien sûr ici de voter en fonction d’une couleur politique et pas d’un programme. Mais si mon champion était impliqué dans what milliards d’affaires judiciaires, non désolée, j’irai au pire voter blanc mais je ne lui donnerai pas ma voix. Parce que voter pour lui parce que “tu comprends, je ne veux pas la droite/la gauche au pouvoir”, non sérieux, faut arrêter. Voter pour une personne qui n’est pas rigoureusement honnête, c’est donner l’autorisation de continuer à s’en foutre toujours plein les poches pendant que nous, on repasse à la caisse pour combler les trous. Je n’ai aucun souci à payer des impôts, juste que j’aimerais que cet argent soit remis à ceux qui en ont vraiment besoin.

La corruption en politique

Alors pourquoi tu votes, toi qui t’en fous des malversations mais qui choisit une couleur politique pour des raisons X ou Y ? Pourquoi tu votes, toi qui t’en fous de t’informer ? Pourquoi je vote, moi qui n’y crois plus ? Je me dis souvent que notre système politique est malade et qu’il faudrait le réformer. Qu’il faudrait trouver un système pour qu’il n’y ait plus de carrière politique, qu’on ne soit plus gouvernés par des mecs qui ne connaissent du monde du travail que ce qu’ils en voient dans les rapports qui échouent sur leurs bureaux. Mais là, c’est trop tard, de toute façon… Et il y a de fortes chances que je vous ressorte le même refrain dans cinq ans. Youpi…

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Une bonne gauche est-elle une gauche d’opposition ?

Hier, des gens dont je ne fais finalement pas partie ont désigné le candidat PS aux élections présidentielles. Comme j’écris cet article le samedi, je n’ai aucune idée de l’heureux élu, Hamon était certes en tête au dernier virage mais on n’est jamais à l’abri de magouilles tricheries mauvaises surprises quoi… Oui, je déteste Valls du plus profond de mon âme et je pense qu’il faut manquer particulièrement de jugeotte pour élire comme champion le mec à la tête du gouvernement le plus impopulaire de la Ve République, qui s’est bien torché le cul avec la notion de démocratie grâce au 49-3… mais bon, quand j’entends que des gens veulent voter Macron, j’ai quand même l’impression que le peuple souffre d’un syndrome de Stockholm très poussé (ou de masochisme, je sais pas… mais si vous pouviez le garder dans le secret de votre intimité, ça nous arrangerait). Bref, je digresse mais voilà la question clé : une bonne gauche peut-elle gouverner ou est-elle condamnée à l’opposition ?

Assemblée Nationale France - Qu'est-ce que la bonne gauche ?

Ma réflexion va partir de là :

Alors je vais pas disséquer très longtemps cette pensée parce que “OUI”. je dirais presque “oui, putain, oui”, d’ailleurs mais je trouve que je suis trop vulgaire parfois. Ce qui m’intéresse dans ce laïus, c’est le paragraphe “si le PS avait été dans l’opposition…” parce que, très clairement, c’est le malaise que j’ai depuis 5 ans. Je n’attendais pas de Hollande une révolution, entendons-nous bien. Le mariage pour tous, la belle arnaque narrative du quinquennat, ok, c’est bien mais après ? Comment se fait-ce qu’un homme qui s’opposait à un autre sur les plateaux télé y a 5 ans poursuive une politique identique en allant même plus loin ? Parce qu’une loi travail proposée par un parti de droite, le pays aurait été (encore plus) à feu et à sang. Quand la droite a voulu instaurer plus de précarité (coucou le CPE), elle a dû reculer face à l’ire populaire. Et là ? Des yeux crevés par ci, un coma par là, une violence policière qui atteint des niveaux plus que préoccupants mais le storytelling médiatique fait passer ça crème. J’en pouvais plus de l’intolérance et du racisme d’Etat de droite, on a eu encore pire avec la gauche… Recul des droits les plus fondamentaux, précarité accrue, citoyens dévalorisés, accusés, acculés. C’est ça ma gauche ?

Manuel Valls et Emmanuel Macron

Alors ok, vous allez me dire que le PS, c’est pas la gauche, je vais avoir du mal à vous contredire. Mais si on peut légitimement se demander pourquoi cette politique des 5 dernières années à été appelée de “gauche” (Hell, no !), revenons sur la posture du parti. Quand celui-ci est dans l’opposition, il se targue de défendre les plus démunis, les minorités… et c’est toujours ça de pris. Vous me voyez donc venir : je vote quoi en mai ? Alors il existe des alternatives à gauche de type Mélenchon ou Jadot ou même l’extrême gauche. Mais imaginons que Mélenchon ou Jadot soient élus, est-ce qu’ils pourraient réellement faire une politique de gauche ? Est-ce qu’il n’y a pas un peu une fatalité du pouvoir ? Pour quelques concessions à la marge (ex le mariage pour tous), est-ce qu’on ne se retrouve pas condamnés à revivre sempiternellement la même histoire avec juste un casting différent. Si je regarde Tsipras, si je regarde Podemos, j’ai l’impression que les espoirs ont été sacrifiés sur l’autel d’un certain réalisme (discutable néanmoins), que finalement, après l’envie de changement, on repart au classique. Un peu comme un retour à la routine grise après des vacances magnifiques. Du coup, pour limiter les dégâts, ne vaut-il mieux pas laisser la gauche dans l’opposition ?

La gauche en Europe : Alexis Tsipras et Pablo Iglesias

Du coup, on fait quoi ? Pour moi, 2017 se résume à un vote Jadot au 1er tour et très certainement blanc au second (même si y a la mère Le Pen dans le lot, oui). Mais du coup, si je suis la logique de mon paragraphe précédent, je devrais m’assurer que la gauche se retrouvera dans l’opposition… et donc voter à droite ? Et c’est là qu’on touche (enfin) du doigt là où je voulais en venir : voter, c’est quoi au fond ? En presque 19 ans de citoyenneté (argh), j’ai eu différents types de votes : le vote utile, le vote de peur (2002), le vote de contestation, le vote du moins pire (ou le fameux vote “contre” que je finis par ne plus voir en peinture tellement ma citoyenneté me semble réduite à tenter de mettre des gens dehors) jusqu’au vote d’abandon, le vote blanc. Au fond, ça sert à quoi de voter ? A éviter le pire ou envoyer un message ? Finalement, est-ce que je n’ai pas été un peu trop victime des discours alarmistes pendant des années en votant systématiquement pour un candidat donné juste pour éliminer “la menace” ? Ai-je été trop naïve (oui) ? Du coup, ne dois-je pas redonner à mon vote sa réelle valeur, à savoir une occasion de dire ce que je veux, le modèle de société auquel j’aspire, même s’il n’a aucune chance de gagner, même si un modèle de société que j’exècre risque de repasser ? Je ne crois pas en une victoire du FN, très sincèrement, et finalement, quand les Républicains sont au pouvoir, malgré leur conservatisme dégueulasse sur pas mal de sujets, c’est finalement pas pire que le PS. En gros, je pense que quel que soit le gagnant des prochaines élections présidentielles ET législatives, ça ne changera rien. Alors aujourd’hui, je voterai en quoi je crois… quitte à voter blanc si rien ne me convient. Même si c’est un message que peu écoutent, au moins, je l’aurai envoyé… car aujourd’hui, je pense sincèrement que ce n’est plus en votant qu’on changera les choses. 

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Les politiques ne sont pas Julien Courbet

Je le confesse : j’ai des penchants masochistes. De type lire encore des commentaires sur des articles d’actualité. Quand bien même je ne le ferai pas, j’ai droit aux fulgurances de mec contacts Facebook ou Twitter. Et des fois, je lève les yeux au ciel et je me pince le haut du nez. C’est pas possible d’être aussi cons… Parce que, mesdames, messieurs, le politique n’a pas pour mission de régler vos petits problèmes particuliers.

julien-courbet

Mise en situation : prenez un gouvernement lambda, de droite ou de gauche, on s’en fout. Comme tout gouvernement, il va faire des lois, c’est son rôle. Gouvernement annonce donc sa nouvelle loi et forcément, forcément, quelque part dans l’Hexagone, un Français se sent lésé. Sortez les violons, c’est parti pour une longue litanie « gouvernement de merde, moi, cette loi me va pas. Ce gouvernement fait tout pour [choisir la catégorie socio-demo adéquate]. Et moi, il fait quoi pour moi ? ». Rien. Parce que le gouvernement, son taf, c’est pas de régler les problèmes particuliers de chaque citoyens mais tenter de préserver le bien commun (vision certes très idyllique de la politique mais je vais pas commencer à nuancer ça ici sous peine de vous pondre un article de 10 pages qui fera chier tout le monde).

lebiencommun

Je suis toujours amusée de constater que dans chaque débat (pseudo) politique, chacun débute son argumentation par un « oui mais moi… ». Donc parce que toi, tu n’y trouves pas ton compte, tu souhaiterais que personne ne bénéficie d’une loi qui pourrait améliorer le quotidien d’autres personnes (au pluriel) ? Reprenons le « débat » sur l’autoentreprise menée par un exilé fiscal qui n’est même pas autoentrepreneur. Disons le franchement : ce statut est merdique. On fout sous le même intitulé des gens générant un chiffre d’affaires inférieur à 1000 € et des gens ramassant jusqu’à 32000 € de CA. Bref d’un revenu argent de poche à une véritable source de revenus. L’autoentreprise n’est pas un cadeau pour les petits revenus qui pourraient faire de leur marotte un métier. Non, c’est un cadeau aux entreprises qui se retrouvent avec une masse salariale disponible sur laquelle il n’aura à payer aucune charge sociale, celle-ci incombant désormais au salarié précaire. Mais l’autoentreprise, c’est génial ! Je suis mon propre chef et j’ai dégagé un bénéfice net de 2000 € en un an, hihihi. Bon, pour terminer sur ce paragraphe (je suis hors sujet), je trouve ce système pratique pour se faire un peu d’argent de poche quand on décide de vendre le fruit de ses travaux manuels ou de son écriture mais ça manque salement de garde-fous et faudra bien un jour se pencher sur cette usine à gaz pour discipliner un peu tout ça (et envisager une sorte de statut où l’on peut monter un petit truc pour gagner un peu d’argent de poche sans appeler ça crânement et faussement « entreprise »). Bref, quand le gouvernement a souhaité donner un coup de pied dans la fourmilière, énorme levée de boucliers chez les autoentrepreneurs de mes réseaux sociaux à base de « moi, ça me,permet de gagner de l’argent », « moi, je veux pas passer en SARL »…. À la fin, tu avais l’impression de lire les complaintes des rois du Pétrole et qu’on allait ruiner la France à les empêcher de gagner leurs quelques milliers d’euros. Peu importe l’intérêt global, passer en SARL les faisait chier, fin du débat.

usine

Mais le gouvernement, c’est pas Julien Courbet. Jean-Marc Ayrault va pas appeler la petite PME à côté de chez toi pour que tu trouves du boulot, Arnaud Montebourg n’appellera pas le promoteur immobilier véreux qui ne t’a pas livré la maison de tes rêves et Benoît Hamon ne viendra pas voir ton voisin pour tenter de vous réconcilier. Quoi que ça, y a Stéphane Plaza et Karine Lemarchand qui le faisaient à une époque (ils méritaient un césar pour leur prestation de personne impliquée dans un conflit dont ils n’avaient, de fait, rien à foutre). Le gouvernement a pour mission de faire voter des lois pour atteindre un équilibre entre les citoyens, lutter contre les inégalités, les discriminations. À l’occasion, ils aideront un citoyen qui a publiquement fait appel à eux pour la beauté du geste (et surtout de l’image) mais ce n’est pas leur rôle. Alors oui, Citoyen, toi, t’es pas content parce que, toi, tu te sens lésé ou tu considères qu’il y a une loi plus importante que celle actuellement votée et qui ne te concerne pas (« argument » lu 30 fois durant le débat pour le mariage pour tous. J’ai surtout aimé les gens de droite conspuant le temps gaspillé sur ce débat, oubliant que ça a été si long grâce à la pluie d’amendements et de rappels au règlement des députes… De droite justement). Au moins, le citoyen lésé fera la joie du JT de 13h qui fera un petit reportage sur lui…

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C’est comme déballer ses cadeaux avant Noël

Je vous reparle encore des Présidentielles mais j’ai choisi un point léger qui m’a un peu interpellée dimanche (et le 22 avril). Je passerai sous silence ma colère face aux messages haineux et aigris lus depuis quelques jour. Certains ont la défaite très mauvaise, inutile de tenter de leur expliquer quoi que ce soit. Puis j’en ai marre de me faire traiter de facho dès que j’argumente…

Dimanche soir, 20h, le visage du nouveau Président s’affiche sur nos écrans et Solférino est en liesse, on crie, on saute sous un déluge de confettis et de ballons siglés PS. On a gagné ! Sauf que cette ivresse était hypocrite dans sa spontanéité : en arrivant à 18h, je savais le nom de notre nouveau Président grâce à nos amis belges. Seul le score n’était pas bon (53-47 nous disait-on).

Lundi, j’ai consulté le top très intéressant de Topito sur les animations des chaînes pour annoncer le nom du gagnant. Animations plus ou moins bonnes ou ratées selon les chaînes. D’ailleurs, une question m’interroge : dans la révélation Canal +, que foutait Benoît Hamon dans les sous-sols de la chaîne ?

J’ai eu une pensée pour les équipes infographistes ayant imaginé et mis sur pied cette animation et j’ai eu un peu de peine pour eux. Puis pour nous. Les élections n’auront donc plus le même goût ? Vous vous souvenez, quand on attendait le résultat dans un état d’excitation mêlé d’espoir et de peur ? Qu’on guettait les ambiances des QG, la gueule des journalistes pour tenter de deviner… J’aurai toujours en mémoire ce fameux 21 avril 2002 quand c’est le visage de Le Pen qui s’est affiché à la place de celui de Jospin, le coup dans l’estomac, la stupeur qui tort les boyaux, la tarte à la rhubarbe qui ne passait plus… Je me souviens, j’etais au téléphone avec Guillaume 1er qui venait de m’appeler pour me dire qu’il se passait quelque chose de grave. Je crois meme que j’ai crié « non ! » Et soudain la nécessité de vite quitter la maison pour ne plus entendre ma mère exulter des paroles du genre « dans vos gueules connards de gauchos ! ». Oui bon moi et mon vote NPA, on va se rentrer à Toulouse…

Ne vivra-t-on plus jamais ce suspense ? Cette boule au ventre ? Cette douce et excitante sensation qu’on est peut-être à la croisée des chemins ? Vous me direz que dimanche, je n’ai pas joué le jeu de moi-même. J’aurais pu ne pas aller sur Internet et rester sagement chez moi en attendant 20h. Sauf que je suis hyper connectée et qu’une fois à Solférino, il était juste impossible de ne pas savoir. Je chouine mais je suis la première à ne pas jouer le jeu. Un peu comme le jour des résultats du bac où je pianotais sur le Minitel pour ne pas attendre l’affichage fatidique sur les murs du lycée. À la différence que quand je suis partie voir les résultats, le 3615 bac ou Dieu seul sait quoi restait désespérément coi.

Je me demande comment ça se passera en 2017. Est-ce que ce serait pas un peu cool d’imaginer que les seuls à avoir les résultats soient ces fameux infographistes ? Même pas les journalistes (qui ne feraient donc pas la gueule comme dimanche. Sauf Élise Lucet qui faisait limite la roue) ni les politiques, juste les infographistes. Histoire que la surprise soit réelle.

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PS story

Un jour, Dieu seul sait pourquoi, mon cœur politique se posa à gauche. Plutôt comique pour une fille dont toute la famille est à droite et qui n’est pas dans une logique de rébellion. Mais voilà, ce choix politique n’est pas une sinécure, pas du tout. Surtout en France. Parce que des fois, le PS, c’est quand même la lose.



J’ai beaucoup ri de Ségolène. Le faisait-elle exprès, je n’en sais rien. Le truc des excuses à un moment, c’était bon comme du chocolat noir au sésame (je vous le conseille, c’est excellent), sa mission super importante confiée à elle seule par l’ONU alors que c’est pas vrai, c’est meilleur qu’un Kinder Pingui. Je passe sur tous ses déplacements partout, tout le temps, telle une secrétaire du principal parti de l’opposition qu’elle n’est pas. Et puis voilà, nouveau rebondissement dans l’univers impitoyable du PS : Martine Aubry n’aurait pas gagné les élections et en fait, la vraie secrétaire du parti, ce serait Ségolène. Oh ben dis donc ! Alors, là, si un militant PS royaliste passe dans le coin, est-ce qu’il peut m’expliquer pourquoi cette bonne femme arrive encore à remporter possiblement une élection dans son parti après ses multiples pétages de plomb ? Non parce que ça m’intéresse, hein.


Y a des jours, je suis ravie de ne jamais avoir pris ma carte de militante, je crois que j’aurais fait une petite dépression quand même. Parce qu’autant je déteste Ségolène, je ne porte pas particulièrement Martine dans mon cœur non plus. Quant à Benoît Hamon, ce que j’aime le plus chez lui, ce sont ses yeux et ses couilles quand il va faire un doigt à Yann Barthès sur le plateau du petit journal. J’aime bien Bruno Julliard aussi mais pour les mêmes raisons triviales. Bref, j’en ris, parfois jaune, mais je n’attends plus d’homme ou de femme providentielle pour sortir ce parti de cet espèce de grand guignolisme. Oh, je me rends bien compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, je pense que je détesterais aussi être de droite à l’heure actuelle entre sa Sainteté (qui, paraît-il, aurait engrossé la Sainte Nitouche Carla, on n’a pas fini d’en baver si c’est vrai) et ses bouffons parfois assez effrayants avec les Frédéric Lefebvre, le Bernard Koutchner à la veste explosée tant il l’a retournée, Roselyne Bachelot et ses crocs, ses déclarations… Sans parler de Christine Boutin, la Muriel Robin pas drôle de la bande. Le Modem, c’est pas mieux, hein, entre un leader sous-charismatique qui refuse de partager sa lumière et… et personne, ils se sont tous barrés.


Alors on me dira que ce qui compte, ce sont les idées et pas les personnalités. Oui mais alors non. Parce que l’idée d’une Ségolène présidente de la République me file des sueurs froides même si après 2 ans de sarkozysme, plus rien ne devrait m’effrayer tant tout est hallucinant avec lui. Mais voilà, quand l’ego dépasse la conviction politique (ce qui est le cas de l’immense majorité des politiques), je suis désolée mais je ne suis plus. Le politique se doit être au service de la nation et des citoyens, pas de ses propres ambitions. La PS story me fait marrer, jaune certes, mais je ne peux tout de même pas en pleurer. Mais c’est assez révélateur des ambitions personnelles de toute une classe politique. Le problème du PS, finalement, c’est que Mitterrand avait choisi comme dauphin un mec qui ne voulait surtout pas une trop lourde responsabilité pour problèmes de santé (en 94, Jospin se rêvait ambassadeur pour soigner ses problèmes de thyroïde), dauphin qui a quitté le navire en plein naufrage sans penser à laisser les commandes à un homme de poigne. J’ai beaucoup de sympathie pour François Hollande mais ce n’est pas un leader, juste un bon gestionnaire. Du coup, ça se déchire pour prendre les rênes avec les conséquences que l’on sait. Ca me blase. Au moins, à droite, Nicolas, il n’a pas laissé de place aux autres… Mais après lui, le déluge ?


Bon, j’attends avec impatience le prochain épisode, je sens qu’on va encore rire.

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Comment survivre en étant de gauche en France ?

En ce moment, je suis une privilégiée : dès que je quitte le bureau, je suis médiatiquement coupé du monde vu que je n’ai pas encore le net. Je capte bien un wifi Neuf libre accès mais il est aléatoire donc je ne surfe pas trop avec. En quoi suis-je privilégiée d’être médiatiquement déconnectée ? Parce que pendant quelques heures, on m’a épargné la lente et douloureuse agonie du PS. Au secours, je suis de gauche !


 Examinons les faits de façon totalement partiale. En 1, nous avons Ségolène Royal aka la Anne Roumanoff du PS avec son célèbre sketch Fra-ter-ni-té (ahahah) ou le fameux « non mais mon programme présidentiel n’était pas réaliste enfin » (ahahahahah). En 2, nous avons Martine Aubry revenue de Lille où elle devait s’ennuyer ferme, Martine qui, rappelons le, a largement bâclé la réforme des 35 heures pour partir à Lille, justement, ville ingrate qui lui a infligé une belle défaite en 2002 face à un candidat UMP inconnu. Et enfin Benoît Hamon, revenu du NPS (pseudo parti qui prouve une nouvelle fois le talent comique inné des socialistes qui cherchent surtout à occuper le devant de la scène et manger la plus grosse part du gâteau) qui a pour qualité principale ses beaux yeux. Enfin, j’étais quand même plus favorable à sa candidature, pas juste parce que je le trouve charmant (Wauquiez aussi, il est pas mal, je ne vais pas voter UMP que pour ça non plus) mais parce qu’à la limite, j’étais assez favorable au principe du « mais je suis pas présidentiable, je ne m’occuperai que du parti ». Evidemment, on pourrait débattre de la sincérité du monsieur mais bon…

Et là, le pire arrive : c’est la guerre. Martine-Ségo, 50-50. Bon déjà, est-ce que quelqu’un ici peut sérieusement m’expliquer comment on peut encore soutenir Royal. Perso, le « ahahah mais enfin, mon programme n’était pas réaliste », sous entendu « fallait être con pour y croire », pardon mais je ne digère pas. Même si le SMIC à 1500 euros, j’avais eu une conversation enflammée sur le sujet avec un futur militant, je lui avais expliqué que ce n’était pas forcément souhaitable d’augmenter aussi brusquement le SMIC mais
c’est pas la question. Bref, les deux se déchirent, se traitent de noms d’oiseaux, s’accusent mutuellement d’avoir triché. Et moi, je déprime. J’espère très fort me tromper mais à l’heure actuelle, je nous vois filer droit vers un scénario à la canadienne. Je m’explique. Au Canada, il y a un parlement fédéral avec en gros 4 grands partis : le parti libéral, le parti conservateur, le bloc québécois et l’Alliance. Ces deux derniers partis sont essentiellement régionaux : le bloc québécois est le parti qui promeut la souveraineté québécoise au niveau fédéral et le parti réformiste est surtout populaire à l’ouest…Là où les Québécois énervent tout le monde avec leurs revendications. Ces deux partis ne peuvent donc pas accéder au pouvoir à l’heure actuelle, reste donc le PL et le PC. Or en 93, le PC a subi une défaite monstrueuse suite à un accord constitutionnel raté et un référendum perdu, il ne leur est resté que deux députés.
Même la Première Ministre Canadienne de l’époque n’a pas renouvelé sa députation. Ouais, je souligne juste au passage qu’au Canada, une femme dirigeante, ce fut une réalité dès 93, je dis ça… (bon, ok, elle est resté quelques mois). Le PC était limite cliniquement mort jusqu’en 2006. En gros, de 93 à 2006, le seul parti à pouvoir remporter les élections législatives était le PL, ce qui faisait que le caucus du PL était le seul dans le pays à choisir l’identité du Premier Ministre. Et en France ? 2002, c’était y a à peine 6 ans et très franchement, je suis archi pessimiste pour 2012. Ainsi, l’identité de notre prochain président sera-t-elle choisie uniquement par les militants de l’UMP ?


 

Alors maintenant, je fais quoi ? Je m’inscris au PS pour militer et essayer de reconstruire le parti ? Non, je n’aime pas le PS, ils m’énervent tous autant qu’ils sont, on a l’opposition la plus nulle du monde. Bon, ok, j’exagère sans doute mais on les entend plus ouvrir leur gueule sur leurs petites disputes que sur les lois fabriquées par le nouveau gouvernement. Alors en 2012, je suis censée voter pour ça ? Laissez moi rire.

 

Alors, je m’entraîne à être de droite, je dis que Sarko, il est trop super et qu’il gère super bien la crise (sachant qu’en décembre, entre mon découvert actuel,mon loyer et les impôts, j’aurai précisément zéro euros pour vivre). Je dis qu’il est brillant, ainsi que tous ses ministres et que je suis confiante en l’avenir. Et je me dis qu’avec mes fiançailles avec la loi de Murphy, le fait que je devienne UMP est le dernier espoir de la gauche en 2012.

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