Game of thrones : une saga bavarde

Quand j’écris, je me pose parfois la question : est-ce que je suis pas en train de trop parler ? Est-ce que cette scène où mes personnages font la révolution en sirotant un café ou débattent des limites de leur activisme, est-ce que vraiment c’est nécessaire ? Oui, ok, c’est le coeur du sujet mais n’est-ce pas too much, là ? Ne serait-je pas victime du syndrome Game of thrones, cette saga bavarde ?

Meera, bran et Benjen Stark dans la saison 6 de Game of thrones

Alors j’ai lu toute la saga, les 5 intégrales et j’attends la 6e de pied ferme, prête à la lire en anglais. Même si ok, j’ai vu la saison 6 donc j’ai été pas mal spoilée mais j’avais déjà deviné pour les deux gros rebondissements de la saison (enfin, ceux sur Jon Snow, pas celui à King’s Landing de l’épisode 9). Mais je dois avouer que la lecture était souvent looooooooongue, presque pénible. Bon, déjà, la version française est agaçante, j’avoue, très ampoulée. Mais surtout, Game of thrones, c’est quoi ? Des gens qui boivent du vin et caressent des putes en parlant de la guerre juste là dehors, de leurs complots et de l’amour. Oui, oui, vous allez me dire que j’exagère, qu’il y a quelques scènes d’action quand même, il se passe des trucs. Oui… entre deux bavardages. Non mais la preuve : qui est le héros de la saga ? Bon ok, y en a plusieurs, je vous parle de Tyrion. Le mec, il fait quoi ? Il parle. C’est tout. Oui, des fois, il baise mais sinon, il parle. On a aussi Arya qui passe son temps à réciter une infinie liste et Daenerys qui a 35 noms qu’elle balance à chaque rencontre. Pia pia pia.

Daenerys et Tyrion, héros d'une saga bavarde

Seulement, faire parler les personnages, ça permet deux choses : balancer tranquillou mémère quelques petites idées et vues sur la société, nos petites opinions l’air de rien (surtout quand tu écris un roman qui a pour base l’activisme) mais aussi donner quelques infos supplémentaires sur ce qu’il se passe, raconter de façon plus dynamique un point de récit, une connaissance qu’un personnage apporte à un autre. Les dialogues ne sont pas nécessairement inutiles mais ils donnent parfois le sentiment de remplissage. Surtout dans Game of thrones où les mecs sont tranquilles à picoler sous une tente pendant leur armée se fait étriller trois mètres plus loin (à peu près).

Activité n°1 de Tyrion : parler en buvant du vin

Et surtout les dialogues cassent parfois le rythme, terriblement. Alors qu’on veut savoir ce qu’il va se passer, que l’action monte et va atteindre son paroxysme… retrouvons Tyrion qui parle de baiser des prostituées en buvant du vin, une scène qui ne servira à rien, jamais. Et c’est peut-être là la clé : pour jauger l’intérêt d’un dialogue, je crois qu’il faut voir si le récit pourrait progresser tout aussi bien sans lui. Est-ce que cette petite brique que tu viens de poser, elle va un jour être utile ou c’est juste parce que tu veux que ta maison soit plus colossale ?

Art work de King's Landing par Charles Lee

Alors vous allez me demander pourquoi je continue à lire si je trouve ça chiant ? Parce que Georges R.R. Martin a été scénariste par le passé et ça se sent dans la construction de son récit et nous entraîne dans une relation quasi perverse : je te donne ce que tu veux, je te le reprends, je te donne, je te reprends… Mais en semant suffisamment d’éléments intéressants pour que tu aies envie d’aller plus loin. On pourrait presque comparer ça à un soap opera où tu as un cliffhanger à chaque fin d’épisode et tu es obligé de revenir le lendemain pour connaître la suite. Si je compare à la saga de l’Epée de Vérité, par exemple, la fin est la fin, on a une histoire majeure par roman et assez peu de “revenez pour la suite, c’est pas fini” (sauf entre le 4 et le 5, pour le coup). G.R.R Martin, c’est le mec qui t’assomme pendant les ¾ du roman pour réveiller ton intérêt à la fin et tu ne veux plus qu’une chose… Lire la suite. En anglais parce que la traduction française arrivera trop tard. Enfin, si l’intégrale 6 vient un jour…

Georges R. R. Martin et la sortie du prochain Game of thrones

Oui bah quitte à être à la bourre, autant en faire un meme

Mais j’en ai pas fini avec Game Of thrones car je trouve cette oeuvre extrêmement intéressante à étudier en tant que “écrivaine”. Même si ma saga à moi en est toujours à la page 2.

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Tu flirtes là ou… ?

Une histoire d’amour ne commence pas au premier baiser mais bien avant, à l’heure des échanges de regards complices, des effleurements volontaires, des doux flirts agrémentés de rires de gorge, jeux de cheveux et sourires en coin. Ces heures de flirt vues comme une douce période… après avoir conclu.

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Parce que le flirt, c’est quand même compliqué. D’abord, comment savoir si l’autre, en face, est en train de flirter ou s’il est naturellement affectueux, tactile, cordial voire excessivement poli. S’il me demande ce que j’aime lire/écouter/regarder, est-ce parce que ma petite personne l’intéresse ou qu’il entretient la conversation ? S’il met sa main sur mon bras quand il me fait la bise, c’est parce qu’il est tactile ou qu’il a envie de me toucher ? Etc. Etc.

Satisfaction-astrologie

Parce que tout est question de prisme. Petite mise en situation parce que j’aime ça et vous aussi (si, si, vous le savez pas forcément mais vous aimez ça). Donc imaginons que j’ai en vue un jeune homme, Henry (comme Cavill oui parce que comme dit Loxy, je place super bien mes crushes people). Comme je suis pas tout à fait godiche, j’arrive à adresser la parole au jeune homme qui discute tranquille avec moi. Une interaction humaine tristement classique. Sauf que moi, je suis à fond les ballons donc mon décodeur amoureux s’emballe. Il se passe la main dans les cheveux ? Il me veut. Il me regarde dans les yeux ? Il me veut. Il me sourit ? Il me veut. Il termine la conversation par un “bon ben à plus”, il me sur-veut, la preuve, il dit qu’il souhaite me revoir. Alors que dans les faits, il en a peut-être juste rien à faire de moi, a passé sa main dans ses cheveux par tic, me regarde dans les yeux car je le fixe direct dans les pupilles, il sourit par par politesse. Quant au “bon ben à plus”, je m’attendais à quoi “Bon ben dégage connasse et à jamais, j’espère”.

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Simple interaction ou signe manifeste d’un intérêt ? Peut-être que Henry, il me trouve bien jolie, qu’il a passé sa main dans ses cheveux pour montrer qu’ils sont soyeux, s’est noyé dans mes grands yeux bleus, m’a adressé des sourires complices et que son “bon ben à plus” voulait bien dire “à très vite et puis tiens, on irait pas au ciné demain pour se rapprocher l’air de rien dans le noir ?”. Bref, chacun de nos gestes est-il une invitation ou un mouvement anodin sujet à interprétation ?

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Evidemment, on me dira que si on veut savoir, on n’a qu’à demander. Mais toute histoire d’amour qui se respecte comporte toujours cette zone d’incertitude, ce “je te parlais sans savoir si je t’intéressais ou pas, tu comprends…”. Et puis y a des moments où c’est pas si évident de faire le premier pas non plus. Reste donc à décoder, décoder, décoder. Comment parle-t-il aux autres filles ? Est-ce qu’il se retrouve souvent proche de moi ? Est-ce que son bavardage est poli ou réellement intéressé ?

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Heureusement, la plupart du temps, on finit par démêler le réel du fantasmé. Et au pire, on se prend un râteau mais c’est pas si grave… Des garçons avec qui minauder en se demandant s’ils flirtent ou sont juste cordiaux, ça ne manque pas.

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Pour un flirt avec toi

Par Lucas

Ce nouvel article va me valoir une mise au rebut par cedcox et surtout par ma belle Tatiana mais il faut que je sois fort et honnête et que j’avoue les choses…

Chères lectrices, chers lecteurs, ça faisait longtemps que je ne vous avais pas bavé un truc et vous m’avez grave manqué, si, si. Coincé entre rédaction d’un bavardage qui se veut roman, recherche de boulot, déménagement, exil, rééducation et cætera. Les aigris diront « T’avais dit qu’tu’t cassais et te revoila, ça s’en va et ça revient ». Bah oui mais j’ai encore un an avant la limite d’âge alors prout (argumentaire imparable)

Donc pour renouer avec vous, je vais vous reparler des sites de rencontres !! Mon ami l’aigri va me dire « Tout a déjà été dit Louka, tu nous saoules« . Bah écoute justement, enfonçons des portes ouvertes, comme ça on ne se fera pas mal aux épaules ! (www.humour-de-merde.com)

Donc Louka a testé pour vous un site de rencontres ! Ouhai même que. Avec abonnement de 3 mois et tout le tintouin. Ouhai, quand je teste, moi, j’y vais à fond. C’était lequel allez vous dire ?

Pas Meetic, trop facile.
Pas les sites qui foisonnent ds la marge de FaceBook, là encore ça ne me disait rien.
Non, je vais encore vous parler de PC²,  PointsCommunsPointCom, PCC pour les intimes.

Comme son nom l’indique, PCC est un site de rencontres fondé sur les points communs entre membres (vous n’l’auriez jamais deviné). Perso au départ ça m’a un peu rebuté parce que paye ton ouverture culturelle avec un couple sclérosé sur ses p’tites préférences…

Mais mon amie Concupiscence aidant, j’ai donc passé le pas de la porte. Et là, c’est la fête…

Votre serviteur inscrit juste avant son coma est reviendu sur PCC en avril pour 6 mois. 6 mois afin de vous faire une fouille réglementaire And this is the end, beauty for friend.

Parlons des filles tout d’abord, histoire de faire une introduction bancale.
Elles se méfient les nanas…et elles ont raison ! Le ratio « nanas comestibles »/mecs affamés est de 68% au 17 Septembre 2008 (merci le module de recherche). Pour peu qu’elles aient un visage un
peu glamour, je suis sûr que les nanas sont littéralement agressées de demandes. Va donc faire ton tri, Mademoiselle… Surtout que sur PCC, on peut envoyer une « Good Vibration » aux nanas qu’on
kiffouille. Ya surement des femmes qui sont tellement sollicitées qu’elles n’ont plus besoin de vibros… (au fait Nina, comment va Etienne ? C’est comme ça qu’il s’appelait non ?)

Ici je n’évoque même pas les fake (profile). Avec des pratiques comparables au scam (1) mais Made In East (Pologne, Russie and co). Voire encore plus frustrant, les vraies quebécouéze, toute mimi. T’es rigolote Evangeline, mais Rueil-Paris c’est quand même plus pratique que Rueil- Montréhél.

Mais revenons à PCC…

Si on vire les Quénédiennes, les scam, les vieilles qui se sont faites larguées par leurs mecs pour une jeunette, les p’tites pouffes abonnées au LOL, quess qui nous reste ???

Bah pas grand-chose…

Ca veut dire que le ratio nana 3 étoiles michelin/mecs insatiables passe facilement à 1 pour 5. Vas-y Louka, paye ta mission « comment se démarquer ? »

La solution est donnée par PCC avec les « comm », équivalents aux articles des blogs et « les réactions aux comm » qui sont nos « commentaires » ici. Vous me suivez ?

Sur PCC on établit une liste de trucs culturels qu’on aime dans plus de 100000 références. Cinéma, Livres, Musique, Media (avec des sous catégories pour chaque). Histoire de trouver un(e) alter ego qui partage ces choix culturels. Or, sur les dits choix, on peut faire des « commentaires ». Dire pourquoi on a detesté le dernier Douglas Kennedy ou pourquoi on surkiffe Alain de Botton. Dans un bon tiers des cas, le commentaire est un prétexte honteux pour parler de tout et surtout de n’importe quoi et se faire mousser… « Regardez moi, je suis le plus beau de PCC« .

Comme tout un chacun peut re(d)actionner, ça peut donner des discussions rigolotes suite aux articles. Surtout quand on analyse ces réactions et qu’on se rend compte (qu’on est toujours tout seul au monde, certes) que moult congénères utilisent le comm d’autrui pour se faire mousser avec des réactions plus ou moins pertinentes… PCC est un monde sans foi ni loi où seuls les les modos (relativement cools et ouverts, notons le) peuvent nous dire fuck, ce qu’ils font uniquement quand on dépasse les bornes des limites.

Alors bien sûr le prétexte de départ est sympa. Trouver la femme de ses rêves par affinités culturelles, celles-ci pouvant être l’illustration de sa conception de la vie. Entre une nana qui kiffe NRJ et la Starac et un autre qui préfère Barthe et Miles Davis, ya comme un rift… (2

On fait l’bilan calmement ?

PCC nous vend du rêve, un idéal éthéré, cette croyance ingénue qu’on va trouver une naïade castelbrianesque, un être idéal qui aime prendre son p’tit dèj en lisant  Matin Serein et en écoutant le Best Of Chantal Goya. Une nana avec laquelle on aurait une connivence car la culture aidant on est proche l’un de l’autre… Vente de rêve, mais la vie est-elle un songe ? (Calderon, sors de ce blog)

Voili, voilou. Prochain article : La religion chez les Vingtenaires.

(1) Scam : pratique consistant à arnaquer les français crédules en disant être la fille richissime du président du pays en demandant un envoi de fric par la poste sur un compte bancaire Africain. Ouhai, on a tous reçu ça au moins une fois…

(2) C’est là que la nana mauvais esprit va me dire que c’est pas inconciliable et tu fais chier Louka avec tes coupures sectaires. Oh, j’te kiffe toi la commentatrice intègre…

(J’anticipe les propos des connasses et des connards qui voient le mal partout et qui vont voir ds cet article une pub déguisée. Allez donc baver ailleurs, c’est mal me connaître que de croire que je peux être aussi complaisant.)

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