The Lego movie de Phil Lord et Christopher Miller

Le 1984 des jouets… ou presque.

Profitant de mon vol pour Dubaï (3 ans plus tard…), je me suis dit qu’il était temps de combler mon retard cinématographique. Voyons voir… oh super, The Lego movie ! Ce film m’avait légèrement intriguée à sa sortie, je me demandais de quoi ça pouvait ressembler. Et bien, à rien de ce que j’imaginais, en fait.
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Petit résumé : dans le monde merveilleux de Briqueburg, tout les monde est heureux car tout le monde suit le manuel de vie. Emmett est un joyeux bâtisseur, il empile des briques pour construire la ville, écoute la même chanson que tous ses camarades et adore l’émission « Où est mon pantalon ». Un brave petit soldat, en somme. Mais un soir, Emmett voit passer une étrange silhouette, une fille et en la suivant, il fait une chute absolument vertigineuse. A son réveil, il se retrouve avec un étrange objet collé sur le dos. Embarqué par la police, il découvre alors qu’il est totalement insignifiant pour ses collègues et ses voisins qui savent à peine qui il est. Mais la fille vient le chercher : il est l’Elu, celui qui doit empêcher le méchant Maire de la ville de figer Briqueburg à jamais pour forcer ses habitants à rester dans le rang et à ne faire preuve d’aucune créativité.

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Oh ouah, me dis-je, un film d’animation qui promeut la désobéissance civile et la remise en cause d’une normativité imposée par un dirigeant peu éclairé, je rêêêêve, c’est 1984 pour les petits. Ou Matrix avec des briques en plastique plutôt que du code binaire mais non, restons sur Orwell. La main sur le coeur et la larme à l’oeil, je me dis que tout n’est pas foutu et que la génération à venir sera plus éclairée que nous.
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Mais en continuant mon visionnage, je commence un peu à froncer les sourcils. Emmett et Cool-Tag (la fille croisée peu avant sa chute) naviguent à travers différents univers, du ranch au bateau pirate en passant par une sorte d’univers arc-en-ciel certainement conçu sous acides, ils récupèrent un vieux mage et Batman et ça commence à ressembler vaguement à une pub géante pour les différents univers Lego. Et j’ai pas tout à fait tort car…
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On quitte l’univers film d’animation pour revenir vers la vie réelle et là, on découvre que cette folle épopée sort tout droit de l’imagination d’un petit garçon au physique très « pub américaine » qui joue aux Legos de son papa qui utilise de la glue (l’arme terrible du méchant Maire) pour figer sa ville Lego dans le garage. C’est donc ça. Ce n’était pas un 1984 version jouet mais une ode gigantesque à l’imagination enfantine et comme Lego permet de la concrétiser. Oh merde… Et là, on a droit à un discours tellement lénifiant du petit garçon qui défend sa cause que j’ai envie de pleurer. Mon âme Orwellienne souffre. Cet enfant ne se bat pas pour sa liberté d’être comme il l’entend, il veut juste piquer les jouets de son Papa…
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Au-delà de ça, il n’en reste pas moins que le film est bien réalisé et certaines répliques plutôt sympa. En fait, j’aurais certainement plus apprécié ce film sans l’incursion dans le monde réel avec des acteurs au physique de pub Kinder (oui, le papa, c’est Will Ferrell mais il ferait pas tache dans une pub Kinder, hein, pardon). Parce qu’outre le fait que l’aspect totalement marketing du film devient tellement visible que ça en est gênant, ça plombe l’ambiance légère et un peu déjantée de la partie animée.
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Bref, un film qui vous occupera bien un dimanche après-midi. Et c’est pas si mal.

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Affronter ses peurs


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Autant jouer carte sur table de suite : je suis plutôt du genre trouillarde. J’ai peur de certaines choses, j’ai peur de me planter, de ne pas être à la hauteur, de faire les mauvais choix. Faut dire que j’en ai fait, parfois, tant au niveau perso qu’au niveau pro. Mais bon, j’ai toujours fini par retomber sur mes pattes, trouver le courage en moi de me sortir des guêpiers. Cf journal d’une démissionnaire que je dois continuer. D’ailleurs, la vie m’a donne raison de démissionner, mes collègues de sont pris un licenciement économique dans la gueule une semaine après mon départ… Je n’aurais a priori pas fait partie du wagon mais ça sent quand même bien mauvais… Bref.

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Donc trouillarde je suis, jusqu’à me trouver au pied du mur où je me découvre des ressources insoupçonnées. J’ai su ne pas accepter certaines choses, m’imposer, me battre. Je sais aujourd’hui que j’ai cette force là. Mais j’ai un peu envie de tenter un truc ultime, pour voir. Je veux faire un bébé. Non, je déconne ! Non, je parle de quelque chose de plus physique qui me terrorise autant qu’il me fascine. Et si je franchissais le pas ?

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Déjà, j’ai franchi le pas de la plongee. Oui, la plongée ça fout la trouille. Pas celle en piscine mais celle en mer. Je me souviens la première fois que je suis partie sur le zodiac à Marseille, je ne faisais pas la fière, surtout que je n’étais jamais descendue si bas (je n’avais pas pu m’entraîner à la fosse avant pour cause d’emploi du temps à la con). La première descente fut épique mais une fois en bas, on se demande bien de quoi on avait peur. Quoi qu’en passant au dessus de plus bas fonds, sombres et profonds, là où mon niveau 1 ne me permet pas d’aller, ça fait peur. Passer le niveau 2 pour y aller ? Ok ! Bon, il faut avouer que l’eau est carrément mon élément et une fois à ma profondeur de croisière, je suis totalement détendue de la combi. En plongée, c’est pas compliqué, le secret, c’est de rester calme en toute circonstance et ne pas se précipiter. Ce qui est certes en contradiction totale avec mon caractère mais j’y arrive bien.

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Mais il y a quelques jours, j’ai envisagé un truc fou et ce le plus sérieusement du monde. Malgré la caipirhina et le schtroumpf (curaçao, rhum, lait de coco de mémoire) qui me coulaient dans les veines, j’avais comme une révélation. Si je le fais, je serai capable de tout. Déjà que je mange des tomates crues maintenant… Mais évidemment mon défi ultime n’est pas de manger des produits que je n’aime pas. Non le défi ultime de ma vie : sauter en parachute. Oui, tu as bien lu ! Moi, la fille pas du tout aérienne, qui n’osait pas aller aux toilettes dans un avion de ligne de peur de le déséquilibrer et de provoquer le crash. Quoique maintenant, je n’ai plus peur en avion.

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Mais pourquoi cette idée tout à coup ? En fait, tout a commencé en Corse, lors d’un déjeuner sur les hauteurs de Bonifacio. Des mouettes peu farouches étaient posées à quelques mètres de nous et je les regardais de jeter dans le vide avant de remonter gaiement au gré des courants. Là, je me souviens avoir pensé que la vie de mouette, c’est quand même sympa. Partageant ma réflexion, Anthony me répondit que je n’avais qu’à faire de l’ULM. Ah ouais !

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(par contre, ça fait un peu peur les mouettes)

Mais comment en suis-je arrivée au saut en parachute ? Simple : parmi mes anciens collègues avec qui je prenais un verre, l’un d’entre eux en est à 80 sauts. Alors je le harcèle de questions, je veux savoir. Ça fait peur ? On tombe vite ? Ça fait pas trop de haut de cœur ? Non parce que moi, ce qui me rend malade sur le bateau pirate ou le zodiac, c’est la sensation de chute, ça me fout le cœur au bord des lèvres. Mais il me rassure, ça ne file pas la gerbe. A ce moment-là de l’histoire, je suis résolue à sauter le pas ! Seul gros bémol : le prix. 230 euros le saut, 320 avec la video. Oui, voilà, d’autant que j’ai des projets de voyage donc euh…

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Mais j’ai envie de le faire. J’en pète de trouille, je me dis que je suis un peu tarée. Limite j’ai qu’à me planifier une nuit dans un vivarium tant que j’y suis… Mais je sais pas, je ressens le besoin de me prouver quelque chose, d’avoir une expérience de référence : « Là, j’étais morte de peur et pourtant, j’y suis allée ». A partir de là, plus rien ne me paraitra infaisable. Enfin, je crois.

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Et la plongée à Marseille, c’était bien ?

Donc voilà, comme certains l’auront noté, je suis sous l’eau mais au sens propre du terme, cette fois-ci. Car ce week-end, j’ai pris mes petites affaires pour aller faire de la plongée à Marseille, ma première plongée en mer. Et accessoirement ma première descente à plus de 5 mètres de profondeur. Autant vous dire que la veille, je faisais pas la fière…

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Vendredi, 16h20, après une journée épuisante (je vous raconterai plus tard), me voici sur le quai, mon sac plombé par ma stab (c’est le gilet sur lequel on accroche la bouteille et qu’on gonfle et dégonfle pour se stabiliser dans l’eau. Je fais un peu ma merdeuse qui s’y connaît) et mon détendeur (le truc pour respirer). Le trajet en train est convivial, on fait péter le saucisson et le rhum. Rhum qui, agrémenté d’orange, a terminé sur mon pantalon, le seul que j’avais pour le week-end. Et c’est pas ma faute, c’est Guillaume qui l’a renversé ! Bon, au bout d’un moment, les autres passagers en avaient un peu marre de nous entendre, tu m’étonnes…

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Passons sur le voyage, on s’en fout un peu, tout le monde est arrivé entier au gîte malgré la conduite très sportive du taxi-monospace qui nous a amenés jusque là (en fait, c’est super grand Marseille). Soirée sympa et tout mais passons à l’essentiel de cet article : la plongée. Comme je n’ai pas encore validé mon niveau 1, j’ai donc droit à mon accompagnant à moi toute seule, c’est quand même bien la classe. Ca me rassure un chouia surtout que bon, si je fais mon gros boulet, je ne gâcherai pas la sortie du reste de la palanquée (c’est
le groupe de plongeurs. Comme je me la pète, c’est insupportable). Etape 1 : la combi. Je déteste officiellement le néoprène, ça irrite le bout des doigts, ça colle à la peau… Du coup, j’ai pris une combinaison un poil trop grande. C’est important pour la suite. Je prends mes petites affaires et direction le zodiac. Heu mais ça tangue un peu cette affaire, là quand même…  Ah non, une fois que ça navigue, ça se passe bien.

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Arrivée sur le site, je m’équipe et mon accompagnant rien qu’à moi me dit « bon, alors, tu vas faire la bascule dans l’eau ». Ouais, moi, je veux bien mais je sais pas faire… En fait, c’est super facile : on s’assoit sur le boudin la bouteille au dessus de l’eau, on tient le masque et le détendeur avec la main (histoire d’éviter de tout perdre en route), on fait attention à ne rien embarquer avec ses palmes et on se laisse tomber. Un, deux, trois… RAH PUTAIIIIIN ! Mais elle est super froide l’eau, j’en ai plein ma combi, au secours ! Ah, on me dit que c’est normal, okayyyyy… Bon, faut descendre. Le fond de l’eau est à 20 m, je rappelle que je suis jamais descendue en dessous de 5 (je crois). Et forcément, j’y arrive pas, je me sens pas assez lestée, mes jambes pédalent dans le vide. Je veux plein de kilos en plus. Bon, finalement, j’arrive à descendre, c’est un peu laborieux, je remonte par accident, j’ai mal aux oreilles mais ouf, voilà le fond. Et là, ouah quand même, c’est beau. Je vois des sardines, des rascasses, des caenilabres paon, des spirographes, des anémones… A un moment, mon accompagnateur rien qu’à moi toute seule me montre un drôle de rocher où coule un espèce de serpent chelou. En fait, c’était pas un serpent mais une tentacule et c’était pas un rocher mais le corps du poulpe ! Ouais, voilà, j’ai vu un poulpe (et même deux dans la plongée suivante). A un moment, j’arrive sur la réserve et on remonte et là, panique à bord : j’ai du sang dans mon masque. Oh merde ! Je fais signe à mon accompagnateur qui me fait signe que tout va bien. J’insiste en lui montrant le sang dans mon masque mais il persiste : tout va bien. Bon ok, je vais le croire alors. Et ça a été comme ça tout le week-end, mon moniteur préféré m’a expliqué mardi que j’avais les capillaires fragiles et que je faisais le valsalva trop fort (la manip pour équilibrer les oreilles). D’ailleurs, ça tombe bien, depuis dimanche, je suis sourde, je dois même aller chez l’ORL, youpi…

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Mais hors histoire d’oreilles et de saignements, je dirais que ce fut un week-end fantastique. Même quand y a eu la houle et que je me suis souvenue pourquoi je détestais le bateau pirate à Walibi, ça me file la gerbe. Mais je suis très fière d’annoncer que j’ai pas vomi !

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Je finirai ce long article (ouais, j’écris moins souvent mais quand je le fais, je fais pas semblant) par une anecdote qui prouve que j’ai pas toujours trop la lose. Dans le gîte, je partageais la chambre avec 5 autres filles dans 3 lits superposés. Cohabitation nickel. Le dimanche, on part à 8h (pouf !) pour le centre de plongée, on prend le zodiac, on se prend un joli grain, j’ai pas vomi.  De retour au centre, on retrouve l’épouse d’un plongeur qui est restée au gîte : « Ohlala, on a été réveillés à 9h du matin par l’alarme, y a eu un dégât des eaux dans une des chambres, tout à été complètement inondé. Une poche d’eau s’était formé au plafond, sous le plâtre et là, elle a lâché. Qui était dans la chambre 5 ? ». Ben c’était nous ! Donc à quelques heures près, on aurait été réveillées en pleine nuit par un dégât des eaux, nos affaires ruinées… Sympa ! Comme quoi, POUR UNE FOIS, la vie a décidé de pas me faire de blagounette. Merci à elle

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Dans la maison vide

Par Marine

 

J’sais pas lire.« Alors petite Marine, il paraît que vous déménagez? »
« Ah bon? Non, non… On déménage pas, je crois. »
Je suis sur mon vélo doré, celui qu’on m’avait volé quelques mois plus tôt. En fait j’l’avais oublié sur le trottoir. Papa l’a retrouvé. Je crois. La voisine vient aux nouvelles.

Il y a un panneau « A Vendre », chez nous. Mais moi, je savais pas ce qu’il voulait dire.
J’sais pas lire, j’sais pas écrire. C’est comme ça, et puis c’est tout. C’est la maternelle, c’est comme ça.
« Essaie d’écrire ton prénom, comme je viens de te montrer. »
« Ah ben non, j’peux pas, je sais pas. »
« Mais c’est pas compliqué, Marine, je te demande de recopier ce que je viens d’écrire. M-A-R-I-N-E, comme j’ai fait, là. »
« Mais puisque je te dis que je-sais-pas! »

Bon, ce jour là, j’ai réussi à écrire mon nom. Après force persuasion de maîtresse. Mais je savais toujours pas déchiffrer le panneau « A Vendre ».
Et je savais pas ce qu’il voulait dire.

« Maman, pourquoi Papa il est pas avec nous dans la nouvelle maison? »
« Parce qu’il attend que l’ancienne soit vendue. Il viendra après. »

L’ancienne maison a été vendue. Et Papa s’en est finalement acheté une autre. Plus grande. Plus belle. Avec une véranda. Et un bois derrière. Mais pas avec nous. Pas pour nous. Pour lui. Et pour eux. Puis pour elles. Nous, on avait la chambre d’amis. Mais c’est pas grave. On a tous nos histoires personnelles. Ce qui compte, c’est la façon dont on les assimile et dont on s’en accommode. Est-ce que j’ai souffert? J’avais cinq ans. J’ai pas été malheureuse. Mais c’est marrant, comme une mauvaise chanson, des arrangements faciles, et des paroles mièvres parviennent à sonner juste. A être vraies. Because of you, I never stray too far from the sidewalk. Because of you, I learned to play on the safe side so I don’t get hurt. Because of you, I find it hard to trust not only me, but everyone around me. C’est bluffant. Mais c’est pas grave. On a tous nos histoires familiales. Ce qui compte, c’est la façon dont on les assimile. Et la façon dont on s’en accommode. L’enfance permet ça. Si je ne devais remercier ma mère que pour une chose, c’est sans hésiter pour ce mensonge. Grâce à ce prétexte -et à ma naïveté- c’est passé en douceur. Je me suis accommodée d’une présence syndicale et patronale sans me sentir abandonnée. Même si tout n’était pas rose.

Et finalement, cette maison, je l’ai adorée. Ma nouvelle école était rose. La maison vide, c’était : trois étages, une moquette limée, un carrelage de pharmacie, des araignées géantes, des chambres minuscules. Dans lesquels il a fallu mettre des meubles d’antiquaires, des fauteuils Louis XIII, une armoire Louis XV, un canapé art déco. Des meubles de princesse dans ma chambre. De p’tit gars sportif et intello bien dans sa peau dans celle de mon frère. Ca collait pas bien. Et puis y avait les combles. Le troisième étage. 25m² de salle de jeux. On y jouait aux Playmobil, on avait le bateau pirate. On y avait aussi l’Amstrad 6128, où on jouait au foot. Et à Rick Dangerous. Maman y faisait la sieste, des fois, mais en vrai, c’était notre royaume. Un bateau dans le ciel. La laine de verre, c’était les nuages. On n’avait pas le droit de jouer, dans la laine de verre. « Sinon, vous allez traverser le plafond. Vous pouvez mourir. » C’était le no man’s land, le danger à domicile. Ca faisait peur, mais pas trop. Des nuages jaunes.

La Maison vide, j’y ai habité de mes 6 ans à mes 9 ans et demi. Depuis, quand j’imagine une maison, dans mes rêveries, ou dans mes lectures, c’est la Maison vide. Quand le petit Marcel raconte les aventures de la Duchesse de Brabant, à Combray, c’est dans la Maison vide. Quand je veux visualiser la maison où j’habiterai, son modèle, c’est la Maison vide.

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