Quand le monde s’effondre

Je suis parfois naïve… Le Brexit, Trump, je n’y voyais que des épouvantails destinés à faire trembler les braves citoyens et les inciter à rester dans les clous, un peu la version XXIe siècle des chars soviétiques, à peu près. Je n’y croyais pas… Hier matin, quand Victor m’a réveillée, blasé, pour m’annoncer le résultat, j’ai juste soupiré et haussé les épaules. Que peut-on y faire ? Le monde s’effondre et les livres d’histoire nous jugeront… ou pas ?

Donald Trump envoie un baiser à la foule lors d'un meeting

Il y a 8 ans, quand Obama a été élu, j’étais un peu circonspecte par rapport au cirque qu’on en faisait autour :une nouvelle ère était arrivée, la révolution, tout ça… Et j’ai eu raison. Alors oui, on peut dire que c’était le président le plus cool, si ça vous fait plaisir, mais globalement, on ne vit pas vraiment mieux aux US depuis lui, les Noirs continuent de crever sous les balles des flics assez régulièrement… Et si Trump, c’était la même ?

Donald Trump et Hillary Clinton lors du débat télévisé du Missouri

Je ne crois pas que dans 4 ou 8 ans, on se dira, un peu nostalgiques, que Trump était finalement un bon Président, j’avoue être peu optimiste sur le sujet mais peut-être ne sera-t-il pas “si pire”… C’est pas comme si on avait eu droit à 8 ans de Georges W. Bush. Vous vous souvenez de l’effroi quand il a été (ré) élu ? Comment les médias nous expliquaient à longueur de temps qu’il était bête, inculte, ex alcoolique, au QI inférieur à la moyenne ? 8 ans après la fin de son mandat, on peut commencer à avoir une  idée de l’étendue des dégâts mais même là, ça reste difficile à mesurer dans sa globalité. Par exemple, si on prend les guerres en Afghanistan et Irak, on n’est pas encore capable de mesurer de façon définitive les conséquences. Peut-être que dans 30 ans, Bush sera devenu une anecdote dans l’histoire. Peut-être sera-t-il celui qui a poussé le premier domino de la chute du monde tel que nous le connaissons.

Domino qui chute, le monde s'effondre

Et Trump, donc. Au fond, est-ce si étonnant ? Dans notre prétention à considérer que seuls les rednecks voteraient pour lui, on a cru que ça n’arriverait pas, que les gens n’étaient pas si cons. Il est si facile d’oublier la colère et l’aigreur des déclassés, de ceux qui ont été abandonnés sur le bord de la route, ceux à qui les élites ne parlent pas, les laissant entre les mains des plus grossiers des populistes. Certains estiment que Bernie Sanders aurait réussi, lui, à battre Trump mais je doute. Parce que Sanders, c’est un peu notre Frédéric Lordon ou nos Nuits debout : de belles pensées, une vision académique mais qui ne touche qu’une certaine élite, à l’aise avec les concepts économiques et sociologiques. Une fois de plus, on laisse les déclassés de côté. Pire, on leur crache à la gueule, on les traite d’idiots, d’incultes. Mais est-ce tout à fait de leur faute ? Matez un peu la gueule des systèmes éducatifs, de l’ascenseur social pulvérisé. Faire des études, ça a un coût, tout le monde n’a pas l’opportunité d’en faire, certains sont contraints de passer par un circuit court pour gagner leur vie le plus tôt possible… Ces gens à qui on n’a pas toujours pensé à inculquer le goût de l’apprentissage par soi-même, la curiosité, ceux qui n’ont que la télé comme fenêtre sur le monde. C’est facile de stigmatiser quand on est du bon côté de la barrière.

couverture du livre les intellectuels faussaires de Pascal Boniface

Et pour être honnête, je dois plaider coupable car je suis la première à m’indigner sur l’idiocratie, à cracher à la gueule de la téléréalité ou de Hanouna qui abrutissent les foules sans réellement comprendre que ce ne sont finalement que des symptômes d’un manque de volonté de faire progresser, de faire penser. On s’en fout de la matière grise, ça rapporte pas un kopeck. Du pain et des jeux, comme qui disait, ça marche toujours, voyez… Et c’est peut-être un petit peu notre faute. C’est en tout cas la mienne quand je traite les électeurs (potentiels) de Marine de bas du front, les excitant encore plus, c’est ma faute quand je bâche l’orthographe d’un facho ou assimilé avec qui je m’attrape sur Twitter, lui balançant en sous texte que son avis ne vaut rien car il n’est pas très cultivé, c’est un peu de ma faute aussi quand je ne réagis pas à un post de racisme ordinaire ou qui balance une énième connerie sur le fait que les chômeurs vivent tellement mieux que nous grâce aux allocs, tout ça parce que je ne veux pas me disputer. Cette élection nous apprend au moins ceci : si les personnes ne vont pas vérifier par elles-mêmes les infos car elles n’ont plus confiance aux médias (peut-on réellement leur en vouloir quand on voit les conneries qui passent sur les chaînes d’infos et la culture de l’infotainment ?), essayons de leur apporter un peu de fact checking. Sans mépris de classe.

deux enfants lisent un livre ensemble dans une classe

En attendant, il ne reste plus qu’à serrer les fesses… Et éteindre encore plus sa télé et se déconnecter car la campagne 2017 sera facile pour nos vieux partis : “votez pour nous sinon, vous allez vivre le même sort que les States”.

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Eteins cette chaîne d’info en continu

Depuis quelques temps, l’actualité s’emballe : Nuits debouts, manifestations, les Migrants, la guerre, les attentats… Ça fuse dans tous les sens. En écho au fond, vaguement le Brésil, un peu plus le Brexit, le défilé des milliers d’aspirants candidats aux primaires des Présidentielles qui viennent sur les plateaux répéter toujours les mêmes choses. Difficile de tout suivre, de tout comprendre. Alors allumons la télé sur une chaîne d’info en continu et voyons ce qu’il se passe.

Allumer sa télé pour mettre une chaîne d'info en continu pour comprendre le monde

Alors non, juste non. Plus jeune, je ne ratais pas la grande messe du 20h car, aspirante journaliste, je me devais de suivre l’actualité. Je me la pétais meuf informée car je ne ratais aucun JT ou émission de reportages et le soir, quand il n’y avait plus grand chose à regarder à la télé, je me branchais sur I télé, écoutant distraitement Thierry Dugeon commenter l’actualité. Et c’est ainsi que j’avais vécu la détresse en direct de Jimmy Jean-Louis lors du tremblement de terre à Haïti, un moment violemment malaisant. Mais j’étais au courant et c’était bien ça qui comptait.

Thierry Dugeon, journaliste sur une chaîne d'info en continu, I télé

Sauf que non, toujours. Revenons en arrière, au printemps 2003. J’animais à l’époque une émission sur un radio associative toulousaine avec une petite équipe d’historiens et nous étions avides d’apprendre. Quand l’association a proposé un stage en collaboration avec une télé pirate dans les anciens locaux de la Préfecture aka l’immense squat d’artistes du centre-ville, on a dit oui. A un moment, on se retrouve à faire un exercice où il fallait montrer qu’un coin de Toulouse était nase quand une autre équipe devait précisément montrer l’inverse. Et voici comment en jouant sur les angles et les montages, tu fais passer une place pour un havre de paix et de beauté ou pour un coupe-gorge sinistre et poussiéreux (pour ceux qui connaissent Toulouse, on avait fait ça sur la place St Georges).

La place St Georges à Toulouse

Dire que j’y passais tous les matins pou aller en cours… Toulouse me manque tellement

L’image a un pouvoir insensé : elle fait preuve. Ca existe, j’ai vu les images. Toutes les vidéos complotistes vous démontreront assez facilement que non, l’image n’est pas une preuve. Je ne parlerai pas de trucage ici car tel n’est pas le sujet mais ce n’est pas l’image seule qui raconte l’histoire mais la juxtaposition qui crée le sens. Et vous savez ce que vendent les chaînes d’info ? L’anxiété, la peur, le suspense, l’attente. J’exagère ? Bah posez-vous la question : pourquoi regardons-nous les chaînes d’info ? Pour se tenir au courant de ce qu’il se passe. En somme, s’il ne passe rien, on n’a aucune raison de regarder. Alors on brode, on scénarise. Pendant les attentats, on a beaucoup parlé pour ne rien dire mais ce n’est pas nouveau. A l’époque de l’attentat à Boston, je matais pas mal les chaînes d’info en continu que je mettais en fond pendant que j’écrivais ou jouais à Yahoo! jeux et je passais la soirée sur Itélé à essayer de comprendre le pourquoi du comment. Et j’ai eu droit à ces fulgurances d’un expert en expertise “oh ben vous savez, Obama, il vient d’être réélu et il est Noir alors faudrait peut-être regarder du côté du Tea Party, c’est sans doute un attentat raciste”. Mmmmm… You lose Mr l’expert, revenez la semaine prochaine.

Jolies tasses en porcelaine, service à thé

Sans aucun rapport avec la choucroute, juste que j’aime bien les tasses en porcelaine fleuries

Ah oui, les experts, parlons en. Il paraît normal, pour décrypter la course de l’humanité vers sa destruction finale suite à une terrible guerre de civilisation (oui, à force de regarder ces chaînes, vous en êtes à peu près là), de faire appel à ceux qui ont le savoir. Sauf que… pour faire de la télé, on ne prendra pas forcément la personne la plus compétente mais celle qui passe le mieux à la télé. Pour vous en convaincre, je vous renvoie à la très bonne vidéo d’Usul sur le philosophe, aka BHL, le “philosophe de service” (supplanté depuis quelques temps par Raphaël Enthoven, de ce que je comprends). Les experts qui vous assènent des vérités n’en savent in fine guère plus que vous sur un sujet donné. Prenons par exemple l’expert en aéronautique Christophe Naudin, qui navigue de plateaux en plateaux à chaque avion qui plante. Alors son fait de gloire : il a énoncé en 1er que le MH17 avait sans doute été abattu par un missile Sol-Air. Bien joué… Mais à force de balancer des hypothèses dans l’attente de nouvelles informations, à un moment, tu peux toucher juste. Et si tu te plantes ? Ca fera plaisir aux conspirationnistes qui diront que si, si, c’est un missile, ils l’ont entendu à la télé mais le gouvernement nous ment, ils cachent la vérité. Sinon, pour finir sur Naudin, c’est le même qui a affirmé que la pièce trouvée à la Réunion ne pouvait en aucun cas appartenir au MH370 (alors que si) et il est actuellement mouillé dans l’affaire Air Cocaïne car il a aidé les deux pilotes impliqués à s’évader. Voilà un petit portrait rapide de celui dont vous avalez les paroles.

Les différents scenarii du crash du MH370

Parce que oui, on touche là le souci majeur du média télé : ça va vite, on avale ça sans recul et on finit par imprimer une vision subjective du monde, on finit par avoir peur de son prochain, surtout s’il est basané, on finit par imaginer des plages envahies de burkinis et des métros pleins de burqas, on pleure pour une chemise déchirée ou une Porsche brûlée sans penser aux dizaines ou centaines de familles qui se retrouvent acculées à la misère suite à un licenciement… Parce que eux, en fait, on ne vous les montre pas. On tendra toujours plus volontiers le micro à un Zemmour, nauséabond, menteur et manipulateur mais qui fait le “buzz” qu’à des citoyens lambdas broyés par une machinerie capitaliste, par exemple. Parce que la misère, c’est chiant, c’est pas télégénique alors qu’une bonne polémique qui pue le rance, ça passe : on ne diffuse pas encore en odorama.

Couverture du livre d'Eric Zemmour "Un quinquennat pour rien", chroniques de la guerre de civilisations, un livre qui pue la merde

Ah bah vous voyez, quand je parlais de fantasme de guerre de civilisations (je ne savais même pas que ce livre existait avant de faire une recherche icono pour Zemmour)

Bref, vous avez envie d’être informés ? Alors éteignez cette télé, lisez. Les dépêches AFP si vous voulez du (relatif) factuel, des magazines ou journaux à la pelle et croisez, croisez encore vos sources, toujours. Allez chercher l’info à l’extérieur dans la mesure du possible si votre maîtrise d’une langue étrangère le permet. Parce que rien n’est objectif, il y a toujours des objectifs de vente derrière, ne nous mentons pas. Mais lire étant déjà une activité plus active que simplement regarder (surtout que j’aimerais savoir qui regarde la télé, surtout ces chaînes là, sans faire autre chose en même temps), il est plus facile de mettre en branle son esprit critique… surtout que grâce à Internet, on est toujours qu’à un clic d’une info complémentaire sur quelque chose qui nous interpelle un peu.
Bref, ouvrez-vous, fermez la télé.

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Résiste de France Gall et Bruck Dawit

Alors aujourd’hui, je vais pas vous parler de film mais de comédie musicale. Parce que oui, après être allée à Broadway, j’avais besoin de revoir une comédie musicale à la française pour comparer… Non, en vrai, ma soeur a eu deux places pour Résiste et m’a proposé de l’accompagner car notre dernier concert entre soeur était très certainement… France Gall (ou Starmania, on n’est pas sûres). On boucle la boucle.

Résiste la comédie musicale
Arrivées au Palais des Sports de Paris, je m’étonne un peu : il est pas jeune, jeune, le public quand même… Pas de soucis : malgré son âge un peu avancé, ce public était tout frétillant : ça applaudissait à tout rompre, ça chantait à tue-tête, ça allait se coller à la scène pour les plus grands titres, ça se prenait en selfie pile entre la scène et moi (allez crever avec vos selfies). Ah mais je me rends compte que je vous ai même pas raconté le truc, cet article s’annonce follement décousu ! Donc l’histoire, c’est celle de Maggie, une jeune fille qui vit sa vie en chantant des chansons de Michel Berger et France Gall. En plus clair : France Gall et son compagnon ont pioché des chansons écrites et composées par Michel Berger pour tisser une histoire… Un peu comme Mamma Mia si j’ai bien compris (je l’ai pas vu). Et le challenge était osé, je vais vous dire pourquoi.

Résiste la comédie musicale
Après une petite scène filmée où France Gall joue “Moon”, la grand mère d’une petite fille typique de tous les films et séries ou pubs (donc chiante et écrite par un adulte donc avec des réflexions et des comportements qui ne sont pas de son âge), Mamie annonce qu’elle va raconter l’histoire de Maggie, une jeune fille qui travaille dans un bar, le Lola’s, avec son papa, sa soeur Mandoline, le serveur Tennessee mais c’est la panique ! Il manque des sous et si ça continue, le club va fermer. Maggie va se confier à son amie Angelina et tomber sous le charme du nouveau pianiste Mathis. Chassé croisé amoureux au Lola’s, ça se cherche grave : Mathis et Maggie, Tennessee et Mandoline, Angélina amoureuse d’un mauvais garçon (qu’on ne verra jamais).

Résiste la comédie musicale
Alors maintenant que le décor est posé, dressons le positif et le négatif de cette comédie musicale. En positif, déjà, le travail de chorégraphie réalisé par Marion Motin (la soeur de Margaux, oui). C’est fluide, les corps sont souples, toujours en mouvement. Ca m’a vraiment rappelé la comédie musicale de Broadway où les acteurs qui ne sont pas au premier plan ne s’arrêtent jamais. Musique live aussi, avec un orchestre intégré au décor… Décor d’ailleurs habilement pensé, ça j’ai vraiment bien aimé. Côté chanteurs, la fille du rôle titre (Léa Deleau) s’en sort très bien, mention spéciale aussi à Gwendal Marimoutou (Tennessee) qui chante très bien. Pour les autres, petit bémol pour Mathis qui couaque un peu, Angelina qui avait une élocution un peu approximative (avec mon audition aléatoire, je comprenais pas toujours ce qu’elle chantait), le Père qui a pas mal bafouillé sur les parties parlées.

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Côté mise en scène, y a eu du bon et du moins bon. Les séquences “scènes filmées” et jeu sur scène s’enchaînent bien, le final avec rotoscopie était un peu surprenant mais ça passait. Par contre, plusieurs fois, j’ai été un peu perdue sur scène. On passe d’une scène chantée très dynamique avec une troupe de danseurs qui attire bien l’oeil à une scène parlée où tu cherches qui est en train de parler vu que tu ne repères pas immédiatement les acteurs. J’avoue avoir été très sensible aux chorégraphies, étant plus attentive aux danseurs qu’aux chanteurs plus d’une fois. Quelques scènes m’ont un peu interpelée aussi dont “il jouait du piano debout”, une scène forte où le pianiste… est en arrière plan. Je vous jure, quand les chanteurs ont commencé à chanter, je me suis dit “mais attends, il n’y a pas le pianiste… ah si, pardon !”. Sur cette même chanson, la mise en scène passe soudain un diaporama d’hommes et femmes qui ont marqué le dernier siècle : Mandela, Luther King, Barack Obama (le mec le plus survendu du monde), Mère Teresa, Gandhi il me semble, quelques artistes comme, notamment Freddy Mercury… Alors ok, sympa sauf que la chanson parle d’un artiste en particulier : Elton John… qui ne figure pas dans le diaporama. Bon, soit.

elton_john_france_gall
Le choix des chansons, justement. J’imagine qu’il est très difficile de tirer une comédie musicale d’un vivier de chansons qui n’avaient pas été écrites pour être liées les unes aux autres dans une histoire commune. Du coup, on se retrouve avec pas mal de chansons peu connues comme Mandoline (chanson pour introduire le personnage du même nom mais d’un autre côté, Tennessee n’a pas eu sa chanson alors que je le voyais arriver gros comme une maison) ou 2 chansons d’Angelina Dumas, comédie musicale qui n’a jamais vu le jour et qui était le brouillon de Starmania (mais pour le coup, on pouvait pas prendre des chansons de Starmania vu qu’elles étaient écrites par Plamondon). D’ailleurs, je m’arrête un peu sur le personnage d’Angelina, inspirée par l’histoire vraie de Patricia Hearst. Pourquoi pas hein mais le personnage est un peu mal géré, on commence à entendre parler d’elle quand le père fait « ah, regarde dans le journal, c’est le mec d’Angelina ? ». Mais c’est qui ? Pourquoi il parle d’elle ? La meuf débarque et j’ai mis du temps à comprendre qu’elle n’allait pas servir de moitié au papa veuf mais était la meilleure amie de Maggie.

Angelina dans Résiste comédie musicale

A l’inverse, pas mal de chansons très connues n’ont pas trouvé leur place comme Tout pour la musique, Evidemment, Plus Haut…

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Bref, l’exercice d’écrire une comédie musicale à partir d’un répertoire qui n’est pas fait pour ça paraît hautement casse-gueule et finalement, ça passe même si la 1ère partie est un peu molle, à part la dernière chanson (La Groupie du pianiste) qui commence à lancer le show juste avant un “entracte de 20 minutes” balancé un peu brutalement. Cette petite soirée sympa m’a rappelé une envie que j’ai eu dans le temps : prendre des cours de comédie musicale parce que ça cumule jeu, pas de danse et chanter fort. Le seul truc, c’est que j’ai jamais trouvé un cours où on pouvait aller “pour s’amuser”. Non parce que le but, c’est de se défouler, pas de devenir la nouvelle… hmmm… Maurane ou Yaël Naïm (ok, j’ai dû chercher sur Google pour trouver un nom, je dois vraiment me refaire une culture comédie musicale), c’est juste de bien m’amuser après une journée intense au boulot. Si vous avez une piste, bippez moi !

Ah et du coup, une petite vidéo quand même

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Et nous avons donc le point Hollande

Quelque part, je devrais me réjouir. Si, si. Après avoir pleuré pendant des années sur le fait que les gens de gauche tombaient trop facilement dans l’anti Sarkozysme primaire, j’avais même sorti le point Sarko. Non parce que Sarkozy, on peut lui reprocher des tas de choses, de façon construite et argumentée. Mais non, on préfère taper dans la masse en reprochant tout et rien à celui qui nous gouverne. Alors forcément, aujourd’hui, c’est le point Hollande que je guette.

hollande

Et je suis servie et pas qu’un peu. Bon, j’avoue que celui sur la pluie me fait rire. Pour ceux qui n’ont pas suivi, ça donne “depuis que Hollande est élu, il pleut”. Je n’irai pas contester en étudiant la pluviométrie de ces dix derniers mois en les comparant aux années passées parce que je trouve ça bon enfant. Et que j’ai une vie, quand même. Mais alors pour le reste, on tombe dans la crétinerie la plus complète. Insulte préférée : le flanby, que l’on sort à toutes les sauces (caramel). Je me suis déjà indignée sur ces sobriquets insultants donnés à nos personnels politiques. On vous a déjà dit : pas le physique. Si t’es pas capable de tâcler sur autre chose, c’est peut-être que tu ferais mieux de fermer ta gueule, histoire de pas passer pour plus con que tu ne l’es. Oui, moi, je reste optimiste, je me dis toujours que le Point Hollande (ou le point Sarkozy) ne sont pas la preuve manifeste de la bêtise. Peut-être qu’à ce moment là, l’individu était simplement fatigué et a cédé à la facilité. Naïve, moi ? Naaaaaaaaaan !

holland-sous-la-pluie

Lundi soir, Boston est sous les bombes et Twitter se sent obligé de réagir à tort et à travers mais de réagir quoi qu’il arrive (moi même, je me suis bien moquée des journalistes d’I télé, j’avoue). Quand je tombe sur ce message : “J’imagine la conf de presse de Flamby suite à un tel attentat chez nous. Peur sur la Gaule. #Boston”. Alors forcément, je me suis légèrement énervée, expliquant les bases du respect au jeune homme (sans parler de décence et de sens de l’à propos) mais autant dire que j’ai fait chou blanc. Je lui ai même demandé combien de conférences de presse d’Obama et combien d’Hollande il avait vues, lui qui semblait si expert dans la comm des deux hommes. Je m’attendais à une analyse sémantique poussée voire une analyse corporelle, l’utilisation ou non de verbes d’action, de gestes faibles… Mais non, c’était juste gratuit mais il avait le droit car il avait utilisé le mot “imagine” et que ce n’est que son avis. Perso, je n’appelle pas ça un avis mais juste une attaque gratuite contre un Président qui n’a tellement rien à voir dans cette histoire mais passons.

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Admettons qu’il s’agisse d’un avis. Tu ne peux pas déclarer un truc en balayant toute contre argumentation d’un “c’est mon avis picétou”. Les faits, mon enfant, les faits. On ne parle pas de goûts vestimentaires ou culinaires où on ne peut pas vraiment prêcher un non convaincu. Moi par exemple, tu pourras me vanter tant que tu veux les mérites du roquefort ou du sarouel, je ne mangerai jamais de l’un (ça a un putain de goût de pétrole… Enfin, je suppose que le pétrole doit avoir un peu ce goût là) et ne porterai jamais l’autre (sauf quand je serai vieille et que je serai obligée de remettre des couches). Par contre, un avis politique (ou historique voire culturel) doit se baser sur des faits. C’est quand même pas si compliqué. Si tu avances quelque chose, soit en mesure de le prouver. Hollande est mou dans ses discours ? Ok, j’attends ton analyse sémantique. Non ? Ok alors Hollande est un Président mou ? C’est marrant, y en a d’autres (quoi que ce sont souvent les mêmes in fine) qui le traitent de dictateur, faudrait savoir…

hollande-dictateur

Ah ça, pour taper allègrement sur le tout politique, y a du monde. Sans doute pensez-vous que placer le nom d’un politique dans un commentaire vous fait paraître plus intelligent. Et bien je vais vous révéler un secret : c’est faux.

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Obama we will always love you

Faire un titre reprenant une chanson de Withney Houston presque un an après sa mort, j’ai toujours la palme de la réactivité.

Hier, nous nous sommes tous levés en faisant des galipettes de joie : oueeeeeeeee, Obama est réélu, le monde libre respire. Perso, la nouvelle ne m’a pas vraiment fait l’effet d’une bombe, je n’ai jamais douté de l’issue de ces élections. Je reste sur la sensation que le suspense électoral n’était qu’un scénario concocté par nos amis des médias américains histoire d’épicer un peu tout ça.

Et justement, à propos de médias, ce que je trouve merveilleux dans cette élection, c’est la fabrique du méchant de l’histoire de Mitt Romney. Du moins en France, je n’ai malheureusement pas le temps de faire une étude comparée de la couverture journalistique des élections américaines dans les autres pays (et c’est bien dommage, ce doit être super intéressant). Donc en France, on se passe d’objectivité et on y va à fond pour Obama et contre Romney. D’un côté, un homme élégant, poli, raffiné, cool et noir (on ne se lassera jamais de nous le rappeler), prix Nobel de la paix. De l’autre un Mormon complètement crétin qui veut ouvrir la fenêtre d’un avion parce qu’il a chaud. Au passage, je veux bien son avion parce que moi, j’ai toujours froid là-dedans. En plus, c’est un Républicain comme ce fils de Satan qu’est Bush, imagine le dégénéré total, quoi.

L’affiche est posée, ce sera Super Obama vs Evil Mitt. Parler du fond ? Non mais attendez, les gens, ça les intéresse pas le fond surtout qu’on s’en fout bien, on ne connaît pas grand chose en politique américaine, on se base juste sur la présentation. La politique spectacle, on appelle ça et force est de constater que c’est aussi efficace qu’un blockbuster. On a peur pour Super Obama, il se prend des coups, le Méchant lui fait des sales coups, le ratatine un peu au premier débat, histoire de faire un bon scénario. Jusqu’à l’affrontement final, on retient notre souffle, qui triomphera ? Les Français aiment voir en Obama une sorte d’humaniste éclairé qui sauvera le monde du mortel sable mouvant dans lequel il est en train de s’enfoncer. On repart en pleine Obamania. Oui, oui, c’est bien mais qui peut me dire ce qu’Obama a changé en 4 ans ? L’Irak ? L’Afghanistan ? Guantanamo ? L’économie américaine ? Il y a 4 ans, j’avais déjà souligné qu’on s’emballait un peu promptement. Oh mon Dieu, la vie m’a légèrement donné raison… Mais la machine médiatique a fait oublier tout ça et nous a refait avaler cette belle histoire de sauveur de l’humanité. Et ça marche. Un peu comme Matrix 3, en fait : le 2 était une merde mais pas mal de gens sont allés voir le 3 en espérant un finish incroyable… Bah non.

Alors oui, entre un Démocrate et un Républicain, je respirerai toujours mieux avec le premier mais le monde n’a pas changé… Ni aujourd’hui, ni demain, ni dans un mois ou dans un an. En attendant, si les Français pouvaient autant se passionner dans leur pays que chez les voisins, ce serait teeeeeellement mieux…

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Etre dans l’opposition rend-il forcément con ?

(Titre troll)

Avant, mes opinions politiques étaient celles de l’opposition. Puis le 6 mai, grâce à la victoire de François Hollande (et surtout celle de la gauche aux Législatives,hein…), on change de place : me voici dans le camp du gouvernement et les gens de droite dans l’opposition. Et c’est là qu’on découvre que changer de place ne rend pas plus intelligent.


Quand Sarkozy était au pouvoir, je me suis énervée plusieurs fois contre les attaques physiques à son encontre, les points Sarko, ce moment où on lui colle des responsabilités qu’il n’a pas (genre « un enfant renversé par un chauffard, c’est encore la faute de Sarko). Maintenant que les rôles sont échangés, je constate avec une pointe de soulagement que nos amis de droite ne font pas une opposition plus fine. Passons sur les histoire de Flamby, à nouveau, on constate que notre Président et son gouvernement sont la cause de tous les maux. Et cette nouvelle opposition tombe dans tous les pièges, exaltée par son nouveau rôle. Gueuler contre le gouvernement quand on reçoit son 3e tiers des impôts. Heu, pardon les enfants mais les impôts, vous les avez déclarés avant la fin des législatives, quand la France était encore à droite. Et disons le une fois pour toutes : ça vous fait peut-être mal au cul de payer des impôts mais toutes les aides dont vous avez bénéficiées (moi aussi d’ailleurs) dans votre vie, ça tombe pas du ciel. On a reçu quand on avait besoin, on donne quand on le peut, normal.  Vous allez me dire, les gens de droite n’applaudiront jamais le travail de Hollande, c’est normal. J’ai pas du beaucoup dire en 15 ans de droite « ah mais ça, c’est bien », même si je me force à essayer d’être la plus honnête possible parce que je ne supporte pas la politicaille primaire, de quelque bord qu’elle soit. Tout ce que fait la droite/la gauche, c’est caca beurk ! Oui bien mais tu n’aurais pas un petit argument pour me dire pourquoi c’est de la merde ? Ah ben non. Manifestement, le fait d’être un€ abruti(e) fini(e) qui s’y connaît à peu près autant en politique que moi en biologie moléculaire ne t’encourage pas à fermer ta gueule. Et depuis que tu es dans l’opposition, c’est pire que tout, tu regardes le bout de ton nez avec obstination en te disant que la gauche t’en veut, à toi perso et fait tout pour te pourrir la vie. Même quand tu es un joyeux expat installé en Suisse qui manipule tous les pigeons en omettant de rappeler que tu as été bien proche de l’équipe Sarko à l’époque.


Mais là encore, disons que c’est normal. Mais le pire, le pire, c’est bien la néo opposition composé de ceux qui ont voté Hollande comme ils auraient voté Obama s’ils avaient été Américain en se disant que demain, tout sera différent. Je rappelle à toutes fins utiles qu’un homme politique (ou une femme, tiens) est avant tout un humain, il n’a pas de pouvoirs magiques. En mai dernier, nous étions au beau milieu d’une crise et aucun prévisionniste n’avait envisagé sa fin dès le 07 mai. Notre nouveau gouvernement récupère donc un pays dévasté ou à peu près et va falloir cravacher dur pour remonter la pente. Si vous prenez 15 kilos avec des bourrelets dégueulasses, c’est pas en claquant des doigts que vous allez les perdre, faut faire des efforts. Là, on doit tous se serrer la ceinture. Tous. Les riches plus que les pauvres, c’est au moins juste ! Mais jamais ô grand jamais il n’a été question de ne plus payer d’impôts ! Alors quand je lis le témoignage d’une petite connasse pourrie gâtée sur Rue89 (ce site est devenu une immonde merde où les egos se précipitent pour se la raconter. Une vraie revue d’articles de blog finalement) qui est scandalisée d’être moins payée suite à la fin de l’exonération des heures supps, c’est intolérable, elle a voté Hollande, merde ! Ah ? Ah mais pardon, j’avais pas du tout compris que ça marchait comme ça ! Non parce que moi aussi j’ai voté Hollande alors bon, je dois aller où pour réclamer une exonération d’impôts ? Et qu’il fasse voter les lois qui me plaisent à moi puisque je lui ai donné ma voix. Quoi ? C’est pas comme ça que ça marche ? Je vais payer tous mes impôts l’an prochain ? Oh ben vu ce que j’ai gagné cette année, ça va me faire très mal au cul, je suis scandalisée. Néo opposition, attends-moi ! J’ai tellement envie de grossir les rangs des gros débiles incultes qui ont cru que la gauche ferait sauter les impôts… Juste pour rappel : les impôts ne sont pas une punition.


Bref, tout ça pour dire qu’en ce moment, j’ai vraiment envie de faire marcher la machine à baffe.

PS : J’ai découvert le site « Je suis stupide j’ai voté Hollande » en préparant cet article… via une pub Google Ad ! Ben dis donc, les entrepreneurs saignés à blanc à les entendre ne savent plus quoi faire de leurs sous…

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Triangle amoureux au sommet

François et Ségolène se sont aimés et ont eu quatre enfants. Puis un jour, François a voulu quitter Ségolène pour Valérie mais Ségolène lui a demandé de rester encore un peu, pour faire bonne figure pendant les élections où elle se présentait. Une fois la défaite de Ségolène officielle, François s’envola dans les bras de Valérie, laissant son ancienne compagne affronter seule son échec. Puis François tenta à son tour de devenir Président, Ségolène décida de participer à ses côtés, fidèlement, espérant un geste de gratitude. François lui promit : si elle était élue, il lui offrirait le perchoir. Décision difficile pour Valérie qui ne digère pas la proximité de François et de son ex. Ivre de colère, elle le clame publiquement : son soutien va à l’adversaire de Ségolène, créant une crise familiale sans précédent.

Un résumé d’une storyline de Plus belle la vie ? Non, juste un raccourci de la vie privée de notre Président et des deux femmes de sa vie : Ségolène qui est et restera la mère de ses 4 enfants et Valérie, sa nouvelle compagne que tout le monde déteste déjà. Moi même, j’avoue que je ne l’ai jamais vraiment portée dans mon coeur et ce bien avant cette navrante histoire de tweet. Sans raison particulière, juste une sensation de la femme qui se prend pour la Reine qui m’agaçait légèrement lors des primaires puis des présidentielles. La future Première Dame ne me plaisait guère mais peu importe, je n’allais pas changer mon vote pour elle. Après tout, à quoi ça sert une première dame à part s’accrocher au bras de son compagnon lors des visites diplomatiques à Obama ou à la Reine d’Angleterre ou à prêter son nom à deux ou trois actions caritatives. C’est vrai, depuis Carla, reconnaissons-lui au moins ça, la première dame poursuit sa carrière et Valérie ne compte pas lâcher le stylo. Ok, bien. Mais après ?

Donc je n’aimais guère Valérie et ses airs de reine despotique mais peu m’importait. Je n’ai jamais vraiment apprécié Ségolène non plus et je ne me sentais pas de devoir choisir un camp, les affaires matrimoniales de notre Président ne m’intéressent pas. Et puis le tweet. Soyons clairs, j’ai toujours eu du mal avec le système de parachutage, cette sensation qu’on prend les électeurs pour des cons histoire de placer ses potes, non… Je vous rappelle que j’ai vécu quelques années à Toulouse, sous le municipat de Philippe Douste-Blazy, sublime parachuté qui a toujours prétendu qu’il ne quitterait jamais Toulouse…Et qui est partie en courant au quai d’Orsay dès que l’on lui en a ouvert la porte. J’avais pas voté pour lui (de fait, j’ai jamais voté à Toulouse, j’étais restée citoyenne de ma ville natale) mais qu’on ne me parle plus de parachutage… Alors, Ségolène à la Rochelle, forcément, ça m’a pas plu. Mais il y a une chose qui me déplaît encore plus : l’étalage nauséabond des culottes sales de l’Elysée. Tu es jalouse de l’ex de ton mec, Valérie ? On peut comprendre, c’est humain après tout. Sauf que si tu fais une scène à ton mec en public, peu importe que tu aies raison ou tort, c’est toi qui passera pour la mégère hystérique. Et quand la mégère hystérique est au sommet de l’Etat, ça suscite du commentaire.

Et puis si ça en était resté là… Mais non, le jeune Thomas, qui se sent pousser des ailes depuis le 6 mai, prend la parole, parle de la vie privée de son père en disant que son père n’aime pas que l’on parle de sa vie privée et te traite plus bas que terre. Tu as touché à sa mère, tu n’es plus la bienvenue dans la famille. Un drame matrimonial commun en somme, il n’est jamais aisé d’être la dernière venue, la nouvelle copine. Les enfants de ton mec n’auront toujours qu’une seule mère, tu ne peux rien faire contre ça et t’attaquer publiquement à elle était la pire des erreurs à commettre. Que l’on soit Première Dame ou simple citoyenne dont le nom n’a jamais été imprimé sur un papier journal.

Et maintenant, la France retient son souffle. François ne dit rien et laisse passer l’orage mais il se murmure qu’il a été furieux contre toi. De là à rejouer le drame Cécilia de 2007, il n’y aurait qu’un pas.

Je me demande si François choisirait une actrice, chanteuse… comme nouvelle compagne… Si oui, moi, je vote Valérie Lemercier !

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Je vote pas pour lui, il n’a pas de charisme

Sous titre : j’ai la flemme de lire les programmes donc je vais voter en fonction du « charisme » des candidats.

Autre sous titre : au secours les gens sont cons.

Je m’intéresse à la scène politique depuis plusieurs années maintenant. Modestement, je veux dire, je ne suis toujours pas militante, je me contente d’écouter les débats et d’exprimer un avis si je l’estime suffisamment étayé. Il y a des sujets que je ne maîtrise pas, j’évite de dire des conneries dessus. Je vote donc en mon âme et conscience, pour un programme, pour une vision de la société qui se rapproche de la mienne. Et je me sens tellement brillante d’agir ainsi quand je lis les tonnes de conneries qui font office d’avis politique…

« Non mais tu vas pas voter pour le Flamby quand même ? » Respire par le nez et évite de frapper cet(te) abruti(e). Donc pour toi, la mollesse supposée d’un homme est une excellente raison de ne pas voter pour lui ? Tu préfères un colérique limite hystérique notoire ou une poissonnière tabagique et xénophobe ? Non, je demande hein… Et dis moi, t’aurais pas un peu voté Bayrou en 2007 ? C’est vrai qu’il est incroyable de dynamisme et d’énergie, je comprends bien qu’Hollande ne te séduise pas du tout en comparaison. Je m’étais déjà énervée en 2007 de ces ridicules débats empreints de sobriquets peu flatteurs, passons. Mais sachez que le « tu vas voter pour le nain ? » me met aussi en colère que le Flamby.

Vous êtes dépités : en 2012, aucun candidat ne vous file la chair de poule (dans le bon sens du terme), vous avez la sensation de choisir entre la peste et le choléra. Comme en 2007. Comme en 2002. Comme en 1995 (je m’arrête là, j’etais trop petite en 88). Je vais vous faire une révélation : l’homme ou la femme providentiel n’existe pas. C’est une belle légende politique mais en vrai, nul membre de la scène politique n’a les épaules de supporter vos attentes délirantes. Les personnes montées en épingle de la sorte finissent généralement en pétard mouillé. Je vous avais prévenu en 2008 quand vous voyiez en Obama une sorte de nouveau messie. 4 ans plus tard, Guantanamo est toujours ouvert et il y a toujours des soldats américains en Irak et en Afghanistan. Bouleversifiant le changement…

Le charisme est une saloperie. Prenez le cas de votre entreprise et cherchez le mec qui a monté les échelons par la force de son charisme et qui est payé salement cher… Pour ne rien foutre. Oh, il sait masquer les apparences et c’est là sa principale force, seuls ses collaborateurs directs savent qu’à part remuer les bras et distribuer les sourires, il ne fait rien du tout. Vous voyez ?

L’argument du charisme, c’est ce qui permet à un mec bourré de tics et accro au bling bling de nous représenter sur la scène internationale. C’est ça l’image de la France ? Un gars à Rolex qui balade partout une ancienne mannequin botoxee ? Tu préfères ça à un gars qui garde ses nerfs et maîtrise ses dossiers ? Ce sont les lunettes qui te gênent ? Le fait qu’il ait perdu du poids ? Le fait qu’il fasse son boulot sans se sentir obligé de faire un communiqué de presse dès qu’il termine un dossier ? Tu préfères le fou furieux et sa clique d’idiots incapables d’une once de réflexion. Tu veux une bonne raison de pas voter Sarkozy : va lire la timeline de la Morano et regarde la connerie en face. Inculte, grossière et au gouvernement…

Aucun candidat n’est parfait mais je vais vous faire une révélation : ce ne sont que des hommes et des femmes comme nous. T’es parfait, toi ? Ben eux non plus ! Alors pitié, plutôt que de nous expliquer que le charisme est l’unique raison qui vous fait mettre un bulletin dans une urne, ayez l’honnêteté d’admettre que vous ne connaissez juste rien en politique et que vous avez la flemme de vous pencher sur la question. Vous aurez l’air moins con que de juger les gens sur leur physique.

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Go Hollande, go !

La semaine dernière, François Hollande version 2011 (donc aminci) a fait une annonce fracassante : il est candidat aux primaires socialistes. Bon, ok, tout le monde a dit “oui, c’est bien mais DSK, il a rien à nous dire ?” mais moi, je vais vous faire une confession : je l’aime bien François.

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Mon affection n’a rien de politique, ce n’est qu’un sentiment. Ceux qui me lisent depuis longtemps connaissent mon affection pour les outsiders, les petits poucets, ceux sur qui on n’aurait pas misé un kopeck mais qui, finalement, s’en sortent bien voire mieux que bien. J’ai toujours en tête l’histoire de l’Australien, Steve Bradbury, qui a remporté la
course de vitesse en patinage car tous les autres s’étaient vautrés devant et qu’il n’avait eu qu’à rester debout. On peut débattre sur la qualité de son titre : il a gagné précisément parce qu’il était mauvais et qu’il était bien derrière les autres mais c’est justement ça qui est beau, ce petit aléa du destin qui transforme un loser en winner. Une leçon de vie, même : c’est pas parce que t’es mal barré qu’à la fin, tu ne peux pas devenir champion olympique.

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François, c’est mon outsider chouchou. Parce qu’en plus d’être le petit poucet en qui personne ne croit (à part sa copine et moi), il a une revanche à prendre. Observons un peu la carrière de François. Grand adversaire de Chirac en Corrèze, homme de paille de Jospin en 97 style “tiens, tu gardes le parti pendant que je fais premier ministre”. On sait bien que les chefs de partis, faut s’en méfier un peu comme Balladur ou Sarkozy. Mais non, François fut un fidèle lieutenant. 2007, alors qu’il est encore secrétaire du parti, qui se présente aux élections présidentielles pour le PS ? Sa propre compagne, Ségolène Royal. Une campagne où il se retrouve sur le devant de la scène en tant que “compagnon de”, on se gausse “ahah, François Hollande, première Dame !”, on a droit aux photos de son faux mariage tahitien dans Paris Match. Et finalement, à la fin de la campagne, on apprend que Ségo et lui, c’est fini. Marrant comme nos deux candidats principaux ont triché sur leur statut marital, comme si un divorce pouvait leur faire perdre des points… Je suppose que oui mais là n’est pas le sujet. François, éternel lieutenant, éternel faire-valoir.

 

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Et puis le François 2011 est arrivé. Plus mince, plus sémillant, plus ambitieux. Il veut enfin jouer un premier rôle et moi, je dis oui ! Parce que ce serait une belle revanche et que ça me ferait bien marrer, surtout vis à vis de Ségo que j’aime si peu (voire pas du tout). Et puis, je l’aime bien François. C’est un peu un mec que j’aimerais bien avoir comme oncle, par exemple. Qui nous invite le dimanche à déjeuner chez lui et fait un barbecue, il nous raconte des anecdotes marrantes, fait des traits d’humour… Il paraît qu’il est très drôle. Et comme je n’ai pas beaucoup de tontons (2 dont un que j’ai pas vu depuis 10 ans), forcément, ça me rend sensible.

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Au fond, j’ai envie de voir Hollande comme un nouveau Chirac. Pas pour le côté magouilleur, pas du tout mais pour le côté “mec qu’on pensait fini mais qui finalement massacre tout le monde”. Parce que mine de rien, l’élection de Chirac en 95, ça m’avait fait un peu plaisir pour ça, pour le côté “on l’avait tous enterré, on croyait tous en Balladur et tadan!”. Bon, en 95, je rappelle que j’avais 15 ans et que mon éducation politique, je la faisais essentiellement devant les Guignols donc on comprendra le manque total de pertinence dans mon analyse. Hollande, ce serait un peu un nouveau Chirac en moins tueur (à ce que j’en sais), le Président débonnaire qui prendrait un peu soin de nous, qui raconterait de bonnes blagues à Obama au lieu de faire la gueule dans son coin, qui n’épouserait pas une chanteuse éthérée. Plus qu’un Président, ce serait un super tonton. Mmmm, Corrézien comme Chirac, “tonton” comme on surnommait Mitterrand (ok, ce n’était pas du tout pour les mêmes raisons). Y a que moi qui y vois comme des signes évidents du destin ?

PS : cet article est la pire “analyse” politique du monde mais j’assume.

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T’as peur, dis, t’as peur ?

Il y a 5 ans, je pensais un jour devenir journaliste. Journaliste en quoi, je ne savais pas bien, j’étais plus naturellement attirée par le sportif, le féminin (mais pas la mode ou la beauté, moi, je voulais être chroniqueuse, un peu comme Carrie Bradshaw mais en moins névrosée), l’international. J’avoue que le national ne m’a jamais vraiment intéressée et aujourd’hui encore, je saute assez facilement les pages France. Peut-être parce que j’ai la sensation que l’herbe est toujours plus verte ailleurs ? Peut-être. Mais là n’est pas le
sujet.



J’avais donc cette ambition mais aujourd’hui, j’ai légèrement honte parce que la presse m’exaspère. Mais à un point. J’ai l’impression qu’on écrit tout et son contraire juste pour nous faire peur. Par exemple, la crise. La criiiiiiiiiiiise (en hurlant hystériquement, je vous prie). La garce, elle nous tuera tous. ON perdra tous nos emplois, on ne pourra plus s’acheter de pâtes parce qu’elles seront trop chères, même les coquillettes et puis à la fin, on crèvera tous. Le seul qui peut nous sauver, c’est Obama, tellement qu’on lui file un
prix nobel même pas un an après son élection parce qu’il est plein de volonté. Mais bon, pas de chance, Obama, c’est pas notre Président à nous donc nous, pauvres Français, on a la criiiiiiiiiiiise, on nous balance des chiffres qui font peur comme ceux de l’inflation, du chômage… Tous pauvres demain.

Ceci étant, il vaut mieux être pauvres parce qu’avec toute cette délinquance et cette insécurité, on va tout se faire voler de toute façon. Pourtant, notre gentil gouvernement renvoie tous les impies dans leur pays mais ça ne suffit pas. Peut-être que ça voudrait dire que… non… ça voudrait dire que les délits peuvent être aussi commis par des Français ? Des Français qui ont la nationalité pour de vrai ? Oh ben ça alors ! De toute façon, peu importe, à la vitesse où vont les choses, je vais mourir violée (par 4 individus en même temps) et égorgée au fond d’une rame de RER. Et pauvre.

Quoi que pas sûr, j’ai peut-être une solution de sortie pour éviter cette mort atroce : crever de la grippe A. Les Français sont particulièrement légers sur le sujet, malgré l’atroce pub anxiogène diffusée quotidiennement avec de la musique qui fait peur et des microbes volants. Régulièrement, les journaux nous rappellent l’horreur de cette grippe, que des gens en meurent et tout. Et vous croisez des gens dans la rue avec des masques ? Vous éternuez dans votre coude plutôt que dans vos mains ? Et bien si vous crevez de la grippe, ce sera bien fait pour vous, vous n’aviez qu’à croire les médias, non mais !


Je caricature mais pas tant que ça. Et encore, j’ai pas envisagé l’hypothèse de mourir déchiquetée dans un attentat dans le métro ou pulvérisé dans un crash d’avion parce que les pitots sont tous dysfonctionnels ou que les pilotes se sont endormis. Ou d’autres choses auxquelles je n’ai sans doute pas pensé comme l’anthrax mais ça me paraît passé de mode. Je suis sûre que si j’envoie une lettre avec de la farine dedans, plus personne ne pensera à l’anthrax. C’est bien, une paranoïa en chasse une autre. Comme quoi, toutes les menaces terriblement terrifiantes sont relatives.  Bref, cette course au sensationnalisme effrayant m’agace, on flirte avec la désinformation. Il doit y avoir des cas où on s’y vautre carrément, d’ailleurs. Je n’ai pas besoin qu’on me rappelle tous les jours que c’est la criiiiiiiiiiise, qu’il y a la grippe A, l’insécurité… C’est bien triste certes mais je ne pense pas que ce soit une raison suffisante
pour ne plus sortir de chez moi (même si des fois, je me dis qu’une petite paranoïte aiguë serait sympa comme excuse pour pas aller travailler mais il ne faut pas en abuser sous peine de finir interné). Je suis obligée de sortir de chez moi pour bosser, voir des gens, vivre…



Par contre, ce serait sympa de distribuer quelques bonnes nouvelles de temps en temps… Juste pour voir ce que ça fait.

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