Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Je me suis demandée s’il était pertinent de présenter sur ces modestes pages un classique de la littérature américaine mais vu que dans mon entourage, personne ne connaissait et que *spoil* c’est mon coup de coeur de l’été, voici donc “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” d’Harper Lee.

Couverture du livre "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Si vous lisez tous les articles de ce blog (ohé, ça va,  y en a moins qu’avant et ils sont plus courts qu’à la grande époque), vous aurez noté que je lis assez régulièrement Society, magazine dans lequel je trouve un peu de tout dont un article sur Harper Lee, écrivaine one shot amie de Truman Capote et, apparemment, génie littéraire. Comme j’aime juger par moi-même et que je trouve le livre comme de par hasard chez Cultura quelques jours après avoir lu l’article, j’y vois un signe et hop, dans ma besace.

Harper Lee lors de sa remise de la médaille d'honneur

C’était trop une mamie Malice, je suis sûre

L’histoire : on suit la jeune Scout, 6 ans, qui vit une enfance plutôt heureuse et insouciante à Maycomb, Alabama, avec son frère Jem et son père, Atticus. Un été, les deux enfants se lient d’amitié avec Dill et font les 400 coups, se créant notamment un scénario sur leur mystérieux voisin, Boo. Bref, ça sent bon le cookie maison trempé dans le verre de lait.

des cookies et un verre de lait

L’enfance va, doucement. Nos jeunes héros sont parfois un peu turbulents, leur père bienveillant jusqu’au basculement. Un jour, Scout se bat à la récréation avec un petit garçon qui lui dit que son père “est l’ami des négros”. Même si elle ne comprend pas ce que ça veut dire, elle se fâche et le frappe. Son père la gronde et on apprend qu’Atticus a été commis pour défendre un jeune Noir accusé de viol. A partir de là, on va assister à la violence raciste ordinaire, le village de Maycomb dans tous ses états puis le procès, le tout raconté par Scout.

Gregory Peck est Atticus dans le film tiré du roman "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Et ce livre est une pépite. D’abord pour le portrait de cette Amérique blanche et raciste mais surtout pour la finesse d’écriture. Il y a souvent un énorme problème d’écriture sur les enfants à savoir qu’on sent que ce sont des adultes qui écrivent sur des comportements qu’ils pensent que des enfants pourraient avoir. Ca m’avait particulièrement fait grincer des dents dans les romans de Camilla Lackberg où la fille d’Erica et Patrick marche et parle normalement dès son premier anniversaire. Alors je veux bien admettre que niveau puériculture, je suis pas la reine mais si je me base sur mes petits amours de neveux et nièces ainsi que des enfants qui m’entourent, à un an, la notion de cadeau leur est très étrangère et leur vocabulaire se limite à peu près à “maman” et “papa” et éventuellement “bibi” (mon neveu disait Tata mais je crois que c’était un hasard surtout que moi, c’est tatiiiiiiie). Et si mes deux monstrous marchaient bien à leur premier anniversaire, ça restait un peu hésitant (quoi que Pivoine moins mais elle est carrément plus téméraire que son frère et… ciel, que j’ai violemment rippé dans du hors sujet, là). Vous voyez de quoi je parle ? Ces films, séries ou romans où un gamin de 6 ans va te faire preuve d’une maturité qu’un adulte normalement constitué pourrait lui envier, avec un sens du bien et du mal et celui de l’abnégation et du sacrifice incroyablement développés.

Extrait du film ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Et bien Harper Lee, elle tombe pas dans ce piège là. Je me suis sincèrement attachée à Scout pendant la lecture qui est juste une petite fille de 6 ans qui essaie de comprendre le monde qui l’entoure avec les difficultés que ça représente pour une enfant de 6 ans qui ne comprend pas trop pourquoi les gens n’aiment pas les Noirs et qui s’en fiche un peu car elle est plus intéressée par ses histoires d’enfant. C’est doux-amer, c’est brillant, c’est le livre qui m’a le plus marqué ces derniers temps et que vous devez lire si ce n’est déjà fait.

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Alors, dois-je parler de grands classiques de la littérature sur ces pages ? Quand c’est un tel coup de coeur, c’est oui, trois fois oui. On ne sait jamais, vous êtes peut-être, comme moi, passé à côté de ce petit bijou.

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The art of the brick ou l’éternelle insatisfaction

Ou comment je vais vous parler d’une expo et de la réflexion qui en a découlé.

Samedi, Porte de Versailles. Entre deux gouttes de pluie, Anaïs et moi empruntons l’incroyablement lent tapis roulant du Parc des Expositions pour nous rendre à l’exposition “The art of the brick” de Nathan Sawaya. Il faut savoir que j’ai pas tout à fait guéri ma nostalgie de l’enfance et que tout ce qui est “un jouet détourné pour faire de l’art” me fait pétiller les yeux. C’est donc avec plaisir et impatience que je vais voir cette expo.

the-art-of-the-brick

Alors je vais pas tout vous raconter mais globalement, je l’ai trouvée très intéressante et pas vraiment faite pour les enfants, en fait. Au départ, on découvre des objets du quotidien réalisés en Lego par l’artiste genre ce superbe violoncelle :

Je me suis un peu trouée sur le cadrage de cette photo, désolée

Je me suis un peu trouée sur le cadrage de cette photo, désolée

Intéressant, l’oeuvre paraît plus un travail d’ingénierie (remettre à échelle, gérer le poids des éléments pour éviter qu’ils ne s’effondrent) mais au fur et à mesure que l’on avance dans l’expo, on découvre certaines oeuvres un peu torturées : un personnage brisé “c’est comme ça que je me sens tous les matins”, un autre qui pleure un enfant dans ses bras, une sorte d’autoportrait avec une case en moins… Bref, après les objets du quotidien et une section dédiée à la reproduction d’oeuvres d’arts (très réussi mais ne doit pas forcément parler aux enfants qui n’ont pas forcément la culture pour connaître les oeuvres originales), on rentre un peu dans la section psyché torturée de l’artiste. Intéressant. Mais du coup, je finis par me poser quelques questions…

lego-art

En intro de l’exposition, on voit Nathan Sawaya, tout sourire, expliquant qu’il a plaqué son métier d’avocat dans lequel il n’était pas heureux pour devenir artiste Lego et qu’il a la chance de faire ce qu’il aime. Oui, Nathan, c’est ultra cool, tu as eu des balls, mec, je t’admire pour ça, tu pourrais même devenir mon modèle…

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Mais tu n’es pas heureux, in fine ? Tu te sens toujours frustré, incomplet, perdu parfois. Alors je me doute bien que même quand tu fais un métier que tu adores du plus profond de ton coeur, que tu as réussi à devenir celui/celle que tu voulais être, tous les matins ne sont pas forcément chantants pour autant mais là, en sortant, je lâche à Anaïs un “ah, en fait, il est complètement dépressif” “Complètement !”.

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Est-on condamné à ne jamais être satisfaits ? Soigner une frustration en réveille-t-elle une autre ? Je ne connais pas bien la vie de Sawaya à part son histoire d’avocat qui a tout plaqué pour devenir artiste Lego et il a une compagne qui semble bien charmante pour les représentations que l’on a d’elles (oeuvres personnelles les plus gaies, d’ailleurs). Sur le papier, ça sonne donc plutôt pas mal alors pourquoi tant de frustration ? Si un mec qui a réussi à faire exactement ce qu’il aime se voit comme un Lego fêlé ou rêve de s’arracher la tête pour secouer le bordel dedans avant de la reposer vidée sur son cou*, est-ce que ça veut dire qu’on peut arrêter de courir pour atteindre un rêve qu’on atteindra in fine jamais ?

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En fait, dans le cas de Nathan, entre autre, la question ne me paraît pas être tellement celle ci mais plus : la vie a-t-elle encore un sens quand on arrête de courir après le lièvre ? Nathan n’était pas heureux dans sa vie d’avocat donc il a choisi une autre voie… et réussi. Et maintenant quoi ? Continuer à créer, oui, mais après ? Sommes-nous naturellement programmés à courir après des projets, encore et encore, ou est-ce la société qui nous exhorte tellement à nous sortir les doigts du cul pour réaliser nos rêves et entreprendre qu’on se sent vide une fois nos objectifs atteints ?

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Est-ce que je me prendrais pas un peu trop la tête sur une expo Lego ? Ah oui, ça, c’est fort possible. Mais je n’ai pas les réponses à mes questions précédentes et j’avoue qu’en ce moment, ça me rend un peu dingue.

* Ca me fait fantasmer ça, j’aimerais tant en faire tant.

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Teresa, la pétasse télé noveliste

J’ai une nouvelle passion, dans la grande tradition merdophage qui m’anime : les telenovelas. Enfin, une seule parce que c’est la seule que j’ai pu voir : Teresa. La fille que t’as violemment envie de gifler et c’est ça qu’est bon.

J’ai découvert Teresa par hasard sur IDF1, chaîne dont j’oublie régulièrement l’existence, surtout depuis que mes samedis sont trop pris pour mater les mystères de l’amour et que je ne lis plus le forum des sitcomologues pour la même raison. En fait, nous étions chez Anna avec Anaïs et son cousin fraîchement débarqué de Tahiti (lui l’a trouvé vraiment très frais son débarquement), on zappouille pendant que notre hôtesse nous prépare des crèpes et on tombe là dessus. Le cousin, Fabien, s’anime et nous explique un peu le principe des telenovelas, hyper populaires à Tahiti, et il reconnaît l’actrice, Angelique Boyer, une brune piquante pas du tout refaite, l’héroïne de Teresa.

Je vous pitche un peu l’histoire : Theresa est une pauvresse mexicaine décidée à de sortir de son quartier et de devenir quelqu’un. Son credo, c’est « entre être ou ne pas être, moi, j’ai choisi d’être! ». Theresa est belle et intelligente, elle entreprend des études de droit mais dévorée par son ambition, elle manipule et séduit à tour de bras. Le riche Paulo qui la plaquera quand il découvrira qu’elle est pauvre. Mariano, le futur docteur très sexy (mais très très) mais actuellement chauffeur de taxi. Arturo, le bel avocat et professeur de droit. Fernando, le millionnaire. Evidemment, elle a des ennemis dont Aida, la fille du notaire qui hait Theresa car elle est pauvre et qu’elle est sortie avec Paulo, désormais en couple avec Aida. Entre deux manigances pour grimper à toute vitesse l’échelle sociale, Theresa va s’amuser à torturer la petite Aida (qui le lui rend bien mais qui est nulle en fait).

Mais ce qui est fascinant avec Teresa, c’est sa méchanceté. Ambitieuse et carriériste, elle crache sur la pauvreté avec fureur. Quand Mariano organise un dîner romantique sur le toit de son immeuble, elle fait la gueule, quand il lui dit qu’il va s’acheter un taxi pour travailler à son compte en attendant d’être médecin, elle fait la gueule, elle plaque ses mecs toutes les deux minutes, elle harcèle son père pour qu’il gagne plus d’argent pour qu’il puisse lui en donner. Elle ment à sa famille et ses amis pour récolter de l’argent, elle pique le mec de son amie Louisa, explique à son amie Aurora, amoureuse de Mariano, qu’elle va se marier avec le futur docteur et même qu’ils ont fait l’amour.

Pourtant, si Teresa est une garce, elle reste très droite dans ses bottes. Hors Mariano, elle ne couche pas du tout. Quand le notaire lui propose la bagatelle avec de substantiels avantages, elle lui répond qu’elle veut un homme qui lui assure une belle vie et un statut social mais que cet homme là devrait l’épouser, elle refusait de prendre amant pour arriver à ses fins. Une fois fiancée à Arturo, elle le priera d’aller dormir sur la béquille seul dans sa chambre car « rien avant le mariage, merci ». Ici, on sent quand même que l’action se passe dans un pays latin : très religieux (une vierge marie est accrochée dans le salon pour saluer la mémoire de Rosita, la soeur défunte de Teresa), la mère de Teresa a toujours un tablier autour du cou, sa marraine, veuve, refuse l’idée même de reprendre une vie amoureuse en mémoire de son défunt mari, le notaire refuse que sa maîtresse travaille. D’ailleurs, bien que dévorée par l’ambition, Teresa cherche surtout un bon mari, situation qui paraît normale. Son amie Louisa lui dit même que quand elle (Teresa) aurait fini ses études et pris époux, elle n’aurait plus besoin de travailler, ce qui ne choque pas notre arriviste.

J’ai eu un peu envie de regarder d’autre tele novelas pour voir si cette question d’argent ressortait de façon aussi systématique mais j’ai pas le temps, j’attendrai qu’IDF1 en diffuse quand je suis chez moi. Quoi qu’il en soit, en terme de manipulation, Theresa est une championne. C’est encore mieux que dans les Feux de l’amour (mais elle ne gagne pas toujours, hmm hmmm)

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D’un Z, qui veut dire…

Par Lucas

C’est un sujet que j’ai piqué à mon ami Florian. Il est certain qu’il le développera plus largement et plus intelligemment que moi mais j’avais envie d’évoquer ça : les héros hors la loi.

Bah oui on a tous en tête l’image de ce héros qui enfile les habits du  redresseur de torts.
Mais oui, celui qui vient faire son justicier pour arrêter les vilains pas gentils.
Robin des Bois, Zorro, K2000, Jarod… j’en passe et des plus glamour.

Ce qui est rigolo c’est que ça me rappelle la pièce de Camus, Les Justes.
Le héros hors la loi n’est-il pas justement un juste injustement rejeté ?
Un bonhomme qui s’en contrefout de la justice, celle dispensée selon des principes plus ou moins moraux mais qui a sa propre loi et ses propres impératifs, son éthique et tac. (NB : je comprends mieux pourquoi mes profs s’arrachaient les cheveux face à la présentation de la problématique dans mes copies il y a 10 ans au lycée)

Alors bien sûr, vous allez ricaner et dire : « mais quel idiot ce Lucas, le héros hors la loi, c’est pas un juste, c’est un justicier ».
Ah ouhaièèèèèèèè…
Pas con, j’y avais pas pensé : heureusement que vous  êtes là vous les lecteurs.

Bah alors, quess tu fais Rachida ?
Bah oui.

Le justicier vient suppléer tes effectifs policiers ou judiciaires qui sont teeeeeeeellement nuls.
Le justicier, c’est un mec qui préfère être renié voir carrément mouriiiiiiir  plutôt que se compromettre dans le silence complice face à quelque chose qui le révolte.
De fait, si le juste c’est celui qui respecte  les principes moraux ET la loi, le justicier c’est celui qui n’hésite pas à devenir un délinquant pour défendre ce qui lui parait essentiel.
Ouep, y a une nuance mais je ne sais pas si j’ai réussi à la montrer clairement parce que j’ai un gâteau dans le four.  Bon OK je développe mais seulement parce que c’est vous,  lecteurs intransigeants.

Le justicier c’est le mec qui a son 22 Long rifle et qui bousille les méchants au nom d’une loi morale en perpétuelle évolution…
Evolution, un truc  que le législateur ne peut pas suivre.
Par définition, l’ordre n’est pas en mouvement. Si,si, je vous jure.

Même si c’est cool pour la population, on comprend dès lors que la justice officielle flippe graaaaaave car, d’une part elle perd en légitimité d’autre part le chaos est dans la place…

Et le juste alors en quoi est-il différent ?
Bah le juste c’est en quelque sorte un monsieur qu’il sait ce qui est bon mais qu’il n’a pas les couilles d’agir…

Teu teu teu, me dira le juste qui sommeille en tout lecteur bien offusqué de lire mon accusation.
Teu teu teu, me dira donc le lecteur avec moult arguments.
D’une part il est des justes qui ont agi et même en faisant des trucs illégaux aux yeux de la loi du moment (ce terme « juste » a été utilisé pour définir toute personne ayant sauvé des gens de confession juive pdt la guerre de 39-45) et,
D’autre part, peut-on tuer quelqu’un, même un gros méchant, et garder le caractère juste?
C’est une bonne question, je vous remercie de l’avoir posée. J’en parlerai à mon chat.

En fait, le juste est un modeste, le justicier un mec qui se la pète, un idéaliste qui s’assume
Ou qui cherche à se rassurer sur ses capacités à être utile pour la société en ayant un boulot autrement plus motivant que vérifier les comptes chez Lagardère m’enfin moi j’dis ça j’dis rien.

 Et pour revenir à notre sujet les héros hors la loi sont donc des justiciers parce que c’est plus facile à vendre à TF1.
Surtout que tout un chacun peut s’identifier à ces héros qui sont normaux dans la vie de tous les jours et qui sont méconnaissables en action, ces héros qui viennent tempérer les insuffisances du système. Après tout, avec le jacobinisme français, la société civile n’a pas vraiment son mot à dire en termes juridiques. Seul le legislateur a le droit de dicter la loi et de creer un système.
Mais oui vous savez, ce système tellement injuste, tellement inique et abusif ! Le Héros Hors La Loi vient faire le procès de la Justice ! Ouf, on se sent mieux avec ce gentil hors la loi qui vient remettre les pendules à l’heure ! Celui qui vient vraiment rendre justice selon une moralité indiscutable. Allez bim dans ta gueule la morale républicaine
Du rôle psychothérapeutique du héros…

Je ne fais qu’effleurer le sujet, je vous prie de m’en excuser, mais, à l’heure où la société française est en train de se judiciariser, l’image du héros hors la loi vient apporter un brin de fraicheur. Allez, je vous laisse sur une question parce que je suis taquin  :

  les avocats ne sont-ils pas les justiciers de l’époque moderne ?

Ici je vois parfaitement la téléconférence de mes potes avocats décidant de me zigouiller après ce parallèle facile. C’est dommage je vous aurais bien parlé de mon rêve de les voir plaider un jour déguisés en Robin des Bois…

 

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Oui, mais c’est sa raison d’être

Par Lucas

Bon alors, tout d’abord, je tiens à m’excuser auprès de toi lectrice, lecteur. J’étais en cours pour valider mon cursus et ensuite je n’avais pas de sujet intéressant à te proposer  alors j’ai préféré fermer ma gueule. Certes, j’avais bien pondu un article sur cette cochonnerie hypocrite des publicitaires qui nous prennent pour des abrutis, « le publi-redac », mais je me suis dit que ça n’avait pas sa place sur les pages des Twentiz. Pages dédiées à ce qui fait notre génération ; souvenirs, présent, avenir… Pas de complaisance !

Aujourd’hui, je voudrais évoquer ce moment feurmideuble qu’est la diplomation. Je sais je n’ai aucune imagination et je me centre sur ma personne mais c’est un passage obligé pour tous les vingtenaires. Pour ma part, il se pourrait bien que j’ai tout validé dans mon école, que je sois libre comme Max et que vous disiez même que vous m’avez vu voleeeeeer…

En théorie, une fois diplômé, on est censé sortir des chaines scolaires pour enfiler les chaines du salariat : en français, trouver un boulot et bosser. Dans ma Bizness Cool, c’est encore mieux : on ne trouve pas un boulot, c’est le boulot qui nous trouve. Une bonne moitié est embauchée avant d’être diplômé et un bon quart dans les 3 mois qui suivent. Reste un quart qui va continuer à
chercher l’eldorado  et dont je vais surement faire partie. Bizarrement, être auditeur chez Deloitte, être Marketeux chez Lindt ça me tente moyen…

Toujours est-il que le diplôme c’est, certes, un nouveau départ mais c’est aussi le moment du bilan. Pour ma part, après ma maitrise de Droit j’ai fait la Conférence Berryer, un concours d’éloquence. Or, ce soir là, après avoir fait mon show je me suis rendu compte que, dans le boulot d’avocat, le coté rhéteur me plaisait plus que le coté juridique. C’est ballot vu qu’en Droit des Zaff  on ne plaide qwasiment jamais.

Je suis donc parti en école de commerce et j’ai l’impression d’en sortir plus vide que je n’y suis rentré. Alors, que faire ??
Ici je marque une pause dans mon « moi-je » un brin reulou pour vous parler de Gaëlle une demoiselle que j’ai rencontrée samedi soir.

Gaelle a fait 3 ans d’architecture avt de partir en école d’infirmière. A mes yeux, une entrée en religion, au service des autres. Un apostolat laïc, un dévouement indéniable. Peut-être cherchait-elle tout bonnement à donner du sens à sa vie et trouver sa raison d’être. Et pour elle, ça passait par le fait d’être présente pour les autres. Les gens bénévoles et bienveillants ont-ils un manque de confiance en eux qui les poussent à chercher dans la reconnaissance d’autrui une raison d’aller de l’avant ? Non, pardon,  je pars ds un
délire Luquien…

Je crois qu’en la matière diverses logiques simplistes s’affrontent.
La vie est trop courte pour s’arrêter sur les pbs des autres ?
Oui mais justement, on peut être heureux, trouver son bonheur dans l’aide apportée aux autres.
En fait, ce sont des siècles de religion chrétienne et un hédonisme égoïste qui  s’affrontent ici. Je crois surtout qu’il faut trouver un truc où on peut s’engager à 100% et y croire jusqu’au bout. Ah on me souffle dans l’oreillette que je viens plus ou moins de vous définir l’espoir…

L’espoir… Des jours heureux… Certes, mais le bonheur, quand tu as été élevé ds une famille qui ne manquait de rien, il passe par l’envie de maintenir un certain confort matériel : en français, par la thune (pourquoi ya un h à thune ?). Or les boulots pour y arriver passent par un abonnement à J’aiPasD’Vie.com pendant quelques années.

Quand tu es appelé à bosser 15h/jour pour faire tes preuves, il faut bien trouver quelque chose qui motive. Mes parents passent leur temps à me seriner l’exemple des enfants de leurs amis qui ont fait Etchici, X, etc. Mon père m’a encore vanté les mérites de la fille d’un de ses amis qui, après Dauphine, a été embauchée par une PME dynamique : deux ans plus tard, elle a un taff où elle est responsabilisée à 100% (mon rêve) et où elle est payée… 100 K€. Ca me parait édifiant et je me demande ce qu’elle peut apporter à la boite pour justifier un tel salaire. Dans mon école, on commence à 34K€ et 3 ans plus tard on est à 45-50 en bossant 15 heures par jour. Ya comme un gouffre. Pourtant 45-50 c’est déjà énorme comparé à un Smicard…

Bien sûr vous allez me dire que l’argent ne fait pas le bonheur. Wabon ?  L’argent ne fait pas le bonheur ? Peut-être, mais il y contribue graaaaave ! De là conclure que travailler plus pour gagner plus a été pondu par un épicurien c’est aller un peu vite en besogne. Le sarkozysme n’est pas un hédonisme…

Pour autant, ça ne fait pas avancer mon schmilblick tout ça. Dans un monde de bisounours, je prendrais le RER le matin à bord d’un wagon rigolard où tout le monde se sourirait en chantant « aye ho, aye ho, on va tous au boulot« . Puis j’arriverais dans ma boite pour y passer une journée trépidante avant de partir vers 22H00 poussé par la fatigue et par le balai de la femme de ménage nocturne…  Allez je vous laisse sur une pub qui me fait rigoler…

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Les limites de la liberté d’expression

Janvier 2005, cours de droit du journalisme. Face à nous un avocat (plutôt craca miaou) nous soumet un cas « vous avez rendez-vous avec Nicolas Sarkozy dans un hôtel pour une interview sur son dernier livre quand vous le voyez arriver avec une femme qu’il embrasse, qu’est-ce que vous faites ? ». Là, c’est la lutte droit d’information contre droit à la vie privée. Les journalistes ne peuvent pas tout dire et tout faire, c’est un fait. Mais aujourd’hui, les limites de la liberté d’expression touchent aussi les internautes lambda.

 Depuis quelques temps, la rumeur grandit : Nicolas Sarkozy sortirait avec une journaliste française de type blonde qui a un nom de voiture rouge italienne. Mais la consigne tourne : les journalistes ne doivent pas en parler, la journaliste aurait demandé aux
rédactions de ne plus évoquer sa vie privée. Sur le fond, je peux comprendre que c’est chiant que tout le monde commente sa vie privée. Sur la forme, c’est inévitable : on ne devient pas compagne du Président de la République en toute discrétion. Mais suite au scandale des photos de François Hollande et de sa nouvelle compagne dans « Closer », personne n’ose tirer le premier et il faut s’en référer à la presse étrangère pour en savoir plus. Si les journalistes sont soumis à la loi du droit à la vie privée et ne franchissent pas la ligne rouge, les blogueurs, eux, s’en donnent à cœur joie dans le sous-entendu. On ne dit pas qu’ils sont ensemble mais on fait plein de blagues. Mais ça ne plaît pas à la journaliste qui décide de sévir. Ainsi, le sujet évoqué sur le forum Elle a été censuré à la demande de l’avocate de la journaliste. Je vous aurais bien mis le lien mais le sujet a été supprimé depuis.

 Là, j’avoue que ça me pose un problème. D’après ma cops qui participait à la conversation, ça ne dépassait pas le stade de la rumeur. En gros, une nana a posé la question « vrai ou pas », les gens ont répondu des phrases genre « bah si c’est vrai, il se fait pas chier le père Sarko » ou « on s’en fout, y a les grèves, qu’il s’en occupe ». Bref, rien de bien méchant. Et pourtant, ça a été jugé too much par notre amie. Elle a donc demandé à Elle, hébergeur du forum (et donc responsable du contenu) d’effacer le sujet. Ni plus, ni moins. Les journalistes n’ont pas le droit d’en parler, ok, mais nous ? Au nom de quoi doit-on se taire ? Pour respecter la vie de Mme la voiture rouge ? Mais alors tous les forums n’ont qu’à fermer leur portes, alors, car il y a toujours des sujets sur la vie privée des personnalité, y a qu’à lire les forums de Public et consort. Même le divorce Sarkozy est commenté en long, large et travers, y a un sujet sur la future compagne de Sarko… Et je dirais tant mieux. On a encore le droit de papoter, de languedeputer, non ? Ah ben non. Désormais, les propos des gens comme vous et moi tenus en public sont susceptibles d’être censurés sous peine de poursuite judiciaire ? Ne peut-on plus dire ce que l’on veut ? Bien sûr qu’on flirte avec la limite, le droit à la vie privée mais les commentaires sur la vie privée des personnalités est en général un incontournable des forums. Pourquoi Mme voiture rouge a surréagi ? Oui parce que là, je trouve que c’est un peu fort de café, quand même. Surtout que, selon le mail de l’avocate, c’est pas tant l’histoire avec Sarko qui coince mais qu’on parle de son divorce avec son futur ex mari, donc. Elle n’a pas été le seul site à subir les foudres de l’avocate, comme lu ici.

La loi est pour elle, y a rien à redire. Mais je la trouve bien mauvaise joueuse. On ne peut pas empêcher les gens de parler, de ragoter, surtout sur la vie de notre président de la République. A partir du moment où Cécilia est partie, la liste des nouvelles copines de Sarko s’est allongée de jour en jour. Une réaction aussi « virulente » donne donc à penser que la rumeur n’en est pas une. Ca me rappelle l’épisode Baudis chez TF1 dans l’affaire Allègre : en voulant « tordre » le cou à la rumeur, il en a fait une affaire d’état. Là, c’est
marrant de voir comment les médias contournent le truc, comme 20 minutes qui publie une info sur son site suisse (la loi n’est pas
la même…), tout le monde renvoie vers le Daily mail anglais… Il paraît qu’il existe des photos du couple supposé qui vont paraître à l’étranger.

Là, on touche quand même à une question éthique. Que les journalistes respectent la déontologie journalistique c’est normal. J’avoue que la peoplisation des politiques ne me plaît pas, les photo de paparazzi d’Hollande et de sa nouvelle compagne, je trouvais ça too much. Je pense effectivement que les médias n’ont pas à parler en long, large et travers de la vie privée de Sarko parce qu’au fond, on s’en fout quand même un peu. Même s’il est vrai que sa compagne peut avoir un rôle dans la vie politique française, comme je l’ai déjà dit. Mais peut-on en demander autant aux internautes lambda ? Quand je vais sur un forum, j’ai des devoirs, définis par la charte. Mais c’est vrai que papoter sur ce genre de rumeurs me paraît pas des plus odieux, surtout si personne n’affirme rien. Et quid des bloggeurs ? Pas journalistes mais doivent-ils pour autant respecter la même ligne de conduite que ces derniers ? Pour ma part, j’aurais pas fait d’article sur le sujet, même si j’avoue avoir lancé une sale vanne sur la question dans une de mes listes. Mais demander à des bloggeurs d’enlever les articles sur le sujet, n’est-ce pas un peu trop ? Surtout que les articles de blog ont une durée de vie globalement limitée, surtout pour les blogs tenus à jour quotidiennement. Alors qu’il m’aurait paru plus simple de laisser pisser, Mme Voiture rouge
et son avocate remettent une bonne dose d’huile sur le feu et relancent l’impression que la liberté d’expression en France n’existe plus. Pour ma part, je ne peux nier que Mme Voiture Rouge utilise la loi qui est en effet en sa faveur et sur le principe, on ne peut rien redire sur ça. Mais je trouve ça vraiment exagéré. Sortir un lance-flamme pour tuer une punaise, ça fait plus de dégâts qu’autre chose même si, in fine, les articles et sujets de forum visés ont été retirés.

(quoi, j’ai abusé des méta liens?? Mais euh…)

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Ces gens débordant d’’attention

Par Summer

Premier article chez les vingtenaires ! Angoisse tenace parce qu’en un article je vais me faire détester en moins de deux ! Tant pis… je ne suis plus à ça près. J’ai décidé de râler alors je râle.

Lecteur assidu qui a suivi nos frasques à Nina et moi même avec les 2 vieilles des Deux Magots, j’aimerais aujourd’hui, te faire part d’une autre de mes révoltes inspirées de cette rencontre fructueuse également.

Voilà, ça fait deux mois et demi que je suis en recherche d’emploi. Non, ne t’enfuis pas je vais pas me plaindre de ça ! Je dis volontairement « recherche d’emploi » et non chômage parce que c’est exactement de cela qu’il s’agit. Certains l’ignorent sans doute, mais c’est une activité qui remplit l’emploi du temps d’une journée. Entre les réponses aux annonces correspondant à mon profil et répondant de près ou de loin à mes attentes, et la recherche de contact dans les boites pour lesquelles j’adorerais travailler, je te le dis, lecteur, ça occupe. Y’a bien des moments de relâche, c’est vrai, je suis pas une machine non plus, simplement parce qu’il devient nécessaire de prendre l’air avant de sombrer dans une déprime digne de 10 ans d’analyse chez un psy, genre par exemple après avoir lu « Les diplômes qui donnent du travail » dans le Nouvel Obs. Bien envie de faire un feu de cheminée tout d’un coup, je sais pas pourquoi….

Alors quand en plus on me dit, forcément après un de ces moments de relâche, sans doute pour plus d’impact dans la culpabilité : « mais t’es pas censée (rien que ce mot j’adore déjà) chercher du boulot toi ? » ou pire «  t’as envoyé plein de CV au moins aujourd’hui ? » . C’est vrai que c’est au kilo de CV envoyés qu’il faut raisonner pour savoir si je fais bien mon boulot de recherche d’emploi et si je suis une candidate sérieuse à la palme tant prisée qu’on appelle CDI.

Encore s’il n’y avait que ça, demi mal, mais non, y’a encore tout ces gens si bien attentionné et si bien informé parce que eux ils ont un boulot, comme la petite vieille des Deux Magots, qui entre nous n’a pas la moindre idée de ce que peut être la case chômage du Monopoly de la vie, enfin si je suis méchante, elle sait, parce que la petite fille de la cousine de sa concierge, elle est au chômage depuis deux ans, donc forcément elle sait ce que c’est, et qui parce qu’on lui dit « juriste » crois que tout est acquis sans même savoir ma spécialité, et si j’avais fait droit canonique moi d’abord ? Bon, coup de bol, dans ma spé, normalement y’a du boulot, voire même de plus en plus mais ce qui me tue c’est ces gens qui n’ont pas idée de l’impact que peut avoir leur manière de minimiser les difficultés, genre ma pauvre fille y’a du boulot tu dois vraiment pas être douée pour pas trouver ou ceux qui comme à l’ANPE, maximise les difficultés et vous foute un coup de déprime en deux secondes : « Ah, les Assedics vous on mis en risque peu élevé de chômage prolongé ? Je suis beaucoup moins optimiste moi ! »

Pé***** !

Et puis pour terminer le tableau, les gens vraiment gentils, vraiment plein de bonnes intentions qui pensent à vous et essaient de vous aider dans ce moment de flottement, comme ma Grand-mère qui dès qu’elle entend le mot « propriété intellectuelle » m’appelle comme si elle avait trouvé le St Graal, en me disant « il faut que tu postule ma chérie ! » Sauf que voilà, il cherche un avocat, Mamie, pas un juriste, et je ne suis pas avocat moi !!!

– Mais c’est pas grave, postule quand même, tu sais jamais !

– Si, justement je sais, et j’ai pas envie de passer pour une gourde qui ne sait pas lire une annonce !

Et ça, ben , ça a du mal à faire son chemin dans sa tête et elle n’est pas la seule ! Ah oui, je suis bête, c’est vrai que la valeur d’une candidature dépend du kilo de CV envoyés !

Sauf que voilà, je préfère y aller prudemment mais sûrement, je préfère postuler à des annonces qui correspondent à mon profil (avec la seule réserve des années d’expérience demandées que je ne respecte jamais) en privilégiant une bonne lettre de motiv et en consacrant le reste de mon temps à des candidatures spontanées plutôt que d’envoyer à tords et à travers 150 000 mails telle une spammeuse professionnelle !

Je sais pas l’idée de ne pas complètement me griller dans le milieu avant même d’avoir poussé la porte d’entrée me plait assez ; l’idée de me renseigner un minimum sur la boîte pour laquelle j’envisage de travailler me plait aussi assez histoire de faire une LM appropriée peut être et aussi d’éviter d’arriver le jour de l’entretien la bouche en cœur : «  euh, vous faites quoi vous déjà ? »

Moralité, si les gens débordant de bonnes attentions, parce que c’est le cas en général quand même, c’est pas non plus volontairement méchant, pouvaient deux secondes réfléchir avant de donner des conseils bidons et limite culpabilisant pour certains, ça nous arrangerait grandement, nous les rechercheurs d’emploi ! Parce que contrairement à ce qu’on croit, c’est pas parce qu’on est au chômage qu’on ne sait pas comment on fait pour trouver un boulot !

Le problème c’est qu’en général, on cherche pas UN boulot, mais LE boulot, et ça, ça fait une sacrée différence. 

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Cas de divorce

Bon, c’est dimanche et je suis même pas là mais je pense à toi, lecteur, je t’ai quand même écrit un article. Un article très con, léger comme des bulles de champagne parce que l’été n’est pas fini (ah si, merde… Bon, on fera semblant). Je veux te parler d’une vieille série qui repasse actuellement sur le câble, un monument de la télévision française. Et comme tu n’es pas la moitié d’un abruti, lecteur, tu as compris que je parlais de Cas de divorce (facile, c’était écrit dans le titre). 
Pour ceux qui n’ont jamais cette… chose, je vous explique : prenez un tribunal en carton pâte avec des figurants en tailleurs flashy qui se font visiblement ch***. Au milieu, vous mettez un acteur à la tête de cocker qui fera le journaliste. Avec son micro, il nous explique :  » au tribunal des divorces aujourd’hui M. Lecoq, coiffeur, demande le divorce de sa femme au motif qu’elle est frigide. Celle-ci prétend que le problème vient de la taille du sexe de son mari. Ils sont mariés depuis 3 ans et n’ont pas d’enfants. Le juge Bruguières est chargé de cette affaire.  » Pendant que le journaliste nous raconte ça, on filme le mari et la femme en train de discuter avec leurs avocats respectifs puis le juge entre et les avocats commencent à présenter les faits. Ils sont marrants, ces avocats, un peu hystériques, très années 80 dans leur accoutrement(normal, ça date de ses années là), ils s’emportent pour un rien  » Nous prouverons que c’est MONSIEUR Lecoq qui est responsable de l’échec de ce mariage et NON SA FEMME qui est la victime dans cette histoire.  » Oui, ils hurlent toujours le  » MONSIEUR  » et  » MADAME « , au cas où on les reconnaîtrait pas. En général, Madame est représentée par une femme et monsieur par un homme mais ça arrive (rarement) que ça change.
Bon, les époux viennent à la barre, interrogés par les deux avocats successifs, ils racontent toujours qu’au début, tout était merveilleux en souriant niaisement  » Alain, mon mari, était un homme
merveilleux, prévenant… Jusqu’au jour où… « . Les avocats, ces fripons, adorent poser des questions sur la sexualité du couple parce que dans ces histoires là, y en a toujours un qui refuse  » le devoir conjugal  » et ils ont toujours des bizarreries sexuelles assez marrantes. Genre :  » Madame Lecoq, comment ça se passait sur un plan plus…intime ?
– Le sexe vous voulez dire ? (se tortille sur sa chaise). Oh ben, au début, ça allait mais après, il a commencé à me demander des choses bizarres et comme je voulais pas, il a fini par s’installer dans la chambre d’amis. Par contre Mme Bernard, elle, ça la gênait pas de faire ces trucs bizarres à mon mari ! « .
Bon, après, y a les témoins, tout ça, un pour chaque camp (oui, l’émission dure pas trois heures non plus). Les avocats font leur interrogatoire, contre-interrogatoire. Je les trouve assez hallucinants ces avocats-là. Ils inventent des trucs pas possible, genre  » Mais enfin M. Masson, si vous témoignez aujourd’hui, c’est uniquement parce que vous avez été payé par Madame Lecoq, qui a été autrefois votre maîtresse ! « . Oui, les témoins, soit ils ont couché, soit ils ont été payés, ça marche comme ça pour les avocats du Tribunal des divorces. Et le pire, c’est que 2 fois sur 3, l’autre avocat ne réagit même pas. Sa cliente se fait accuser de toutes les infidélités et l’avocat n’objecte rien, il ne proteste pas, il ne fait pas remarquer que ce sont des suppositions. Enfin, des fois, si, quand même, ils se réveillent.  » Je proteste votre honneur, ce ne sont que des suppositions infondées !  » (oui enfin, je veux pas dire mais des suppositions fondées, ça s’appelle des certitudes).
Bon, alors, il y a les épisodes sans rebondissements (les chiants), et ceux avec (les meilleurs). Les premiers se déroulent sous le schéma classique : présentation du cas, les avocats présentent le dossier, témoignage de celui qui a enclenché la procédure et de son témoin, témoignage de l’autre moitié du couple et son témoin, conclusion des avocats puis  » le juge Bruguière se retire maintenant pour délibérer, nous nous retrouvons dans quelques instants « , explique le journaliste. Puis le juge revient et nous délivre une sentence bien moraliste du genre :  » Si M et Mme Lecoq se retrouvent devant nous aujourd’hui, c’est parce qu’aucun des deux n’a fait l’effort d’aller vers l’autre. Ils sont tous les deux responsables de l’échec de ce mariage. M Lecoq qui n’a pas voulu comprendre pourquoi sa femme refusait de faire l’amour avec son corps recouvert de dragibus, Mme Lecoq qui, plutôt que de chercher à comprendre son mari, a eu une liaison extraconjugale avec le boulanger. Le tribunal prononce donc le divorce au tort partagé des deux époux  » et le juge dit qui a droit à quoi. L’épisode se termine et pendant le générique, on voit l’époux gagnant se réjouir avec son avocat et témoin tandis que le perdant s’engueule avec son témoin ou l’avocat ou les deux.
Mais il y a l’épisode à rebondissement ! Alors ceux-là, ils sont trop forts. En général, tout commence comme un épisode classique mais à un moment, ça dérape. Soit le dernier témoin fait des révélations, genre  » Mlle Delanoix, avouez que vous avez une liaison avec Mr Lecoq !
– Mais non pas du tout, enfin, pour qui me prenez vous ?
– Mademoiselle, je vous rappelle que vous êtes sous serment !
– Mais… excuse-moi Alain mais là, je peux plus mentir… « 
Mais mes préférés, ce sont ceux avec un témoin de dernière minute. Pendant la déposition du dernier témoin (toujours), il peut se passer plusieurs choses. Soit un des deux avocats reçoit un petit mot et commence à s’agiter, tout comme son client, soit un personnage sort de l’assistance et annonce haut et fort  » excusez-moi M. le juge, puis-je témoigner ?
– Mais qui êtes-vous ?
– Je suis Mme Lecontre, la femme du boulanger qui a eu une liaison avec Mme Lecoq et j’ai des révélations importantes sur cette affaire
– Bien, faites ! « .
En général, les révélations arrivent sur les épisodes les plus glauques. Ainsi, on apprend qu’une femme a quitté son mari et son bébé car elle a une maladie dégénérative et qu’elle ne voulait pas que son mari la voit au plus mal, qu’un mec qui se prenait pour un vampire avec en fait une maladie du sang, la porphyrie, qu’une petite fille n’a pas été violée par l’employé de maison repris de justice mais par son propre père (épisode le plus horrible, c’ui-là, même l’avocat du gars, il se casse et renonce à défendre le bonhomme).
Bref, cette série me fait mourir de rire, dès que je vois le générique avec un cœur qui bat avant de se déchirer, je rigole déjà. Je regarde qui sont les avocats (y en a une que j’aime pas, elle a une voix hyper stressante), je regarde l’assistance pour voir s’il y a un plausible témoin de dernière minute. Il faut savoir que cette série est la première estampillée AB… Hé oui, l’ancêtre de Premiers Baisers, c’est ça. Ça doit expliquer des choses !
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Que c’’est indécent !

La vie est une chose vraiment curieuse. En ce moment, je ne cesse de m’émerveiller sur les surprises qu’elle me fait. Enfin, mon ange gardien s’est réveillé et là, il se fait pardonner des looses subies depuis octobre. Après 6 mois de sales coups, là, je cumule les coups de chance.

 

Donc, il y a trois semaines, je commençais un CDD et j’en étais plutôt contente. Un boulot dans le journalisme, c’était rêvé. Mais voilà, au bout d’une semaine et demi, je retrouve mes vieilles angoisses : après, je fais quoi ? On arrive au mois de mai, c’est bientôt les vacances DONC les DRH s’en foutent de ma candidature, ils verront ça plus tard. Dois-je griller ma super idée de candidature maintenant ou attendre septembre ? Et je fais quoi en attendant ? Je commence à me dire que je vais faire de l’interim en attendant septembre de pouvoir me réinscrire à la fac et faire des stages au besoin. Mais m’inscrire en quoi ? Maman, au secours, je suis perdue ! Donc, je commence à emmerder ma sœur : faut qu’on se voie, faut qu’on mette un plan sur pied. Oui, j’ai promue ma sœur « agent de la Nina ».

Jeudi, avant dernier jour de travail, je fais tranquillement mon boulot en vérifiant de temps en temps mes mails. Là, je vois un mail d’un dénommé Simon Jospin intitulé : « stage, urgent », en gros. Je jette un œil, le CV des gens avec qui je vais travailler me pousse à répondre de suite : CELSA, HEC, Science Po (Paris), oh pinaise ! Je VEUX ce stage. Donc je réponds aussi sec : « je suis disponible à partir de demain mais attention à la convention de stage, j’en ai pas ». Une heure plus tard, Simon me remercie de ma réponse rapide et me dit qu’il me recontacte dès que possible.

Le lendemain, alors que je commençais à désespérer, « tititit », mon téléphone sonne, un numéro que je ne connais pas. C’est mon ami Simon ! Il veut me voir de suite, il me propose un entretien samedi mais je refuse : je préfère passer ma journée avec Alex. Donc rendez-vous est pris pour lundi. Lundi matin, téléphone : Simon m’annonce que le rendez-vous est avancé de 30 mn et que je ne le verrai pas puisqu’il travaille (il est avocat). J’aurai donc rendez-vous avec Michel et Karima, deux autres membres de l’association. Comme j’étais prête, cette petite demi-heure ne me gêne pas. J’enfile mon tailleur (oui, j’aime bien mettre des tailleurs donc j’en profite), mes chaussures à talons (là, j’aime moins) et c’est parti. Je trouve le lieu sans trop de problème, j’appelle Michel qui m’introduit dans un appartement, il me présente Karima. Bon, désolée de faire de la discrimination physique mais ces deux là ont une bonne bouille, ce doit être de jeunes trentenaires qui ont l’air d’avoir 25 ans à tout casser. D’ailleurs, à la fin de l’entretien, quand je parle des difficultés que je peux rencontrer à cause de ma tête de Bisounours (disons qu’on me prend toujours pour la petite stagiaire de 20 ans) et Michel me fait : « Ah ben, on a le même problème ! ».

Première phase : qui sont-ils ? Une association qui sera créée dans les prochains jours mise en place par des gens brillants. Leur mission en gros : aider les jeunes à se faire une place dans les milieux politique, économiques et syndicaux. Donc ma mission : une revue de presse quotidienne sur le sujet, faire du lobbying auprès des partis, entreprises et syndicaux, s’entretenir avec des universitaires sur le sujet… Dans mes yeux, des étoiles s’allument. Je vois mon carnet d’adresse qui se remplit. Je vois une envie de m’investir. Je vois des articles passionnants. Je vois des rencontres avec des gens hautement cultivés et intéressants. Ok, c’est vendu, je veux être prise.

Deuxième phase : qui suis-je ? Ah, partie que je commence à maîtriser. Je balance mon press book qui impressionne toujours un peu (oui, en trois ou quatre ans, j’ai multiplié les expériences mais je dois le refaire). J’explique que je suis une grande curieuse qui adore découvrir de nouveaux horizons, d’où mon CV assez particulier (en gros : du sport, du local, du féminin, des relations internationales, de l’universitaire…) mais je détaille. Je suis trop jeune pour m’enfermer dans un style et j’adore m’attaquer à de nouveaux domaines. J’ai une grande capacité d’adaptation et je suis opiniâtre, ça tombe bien. Rien ne me fait peur. Karima m’explique que je dois gérer la rédaction ET la communication, faire la journaliste et l’attachée de presse. Là, grand sourire : « oui, en temps normal, journalistes et attachées de presse ne s’aiment pas. Moi, au contraire, ça me plaît de coiffer plusieurs casquettes. Au niveau de l’expérience, c’est idéal. » Bon, j’avoue, je suis super motivée donc c’est facile de rebondir sur tout ce qu’on me dit pour m’exclamer : « ah ouais, super, je veux ! ». Bon, il y a le petit souci de la non-convention de stage mais on verra. J’explique que je comprends leur démarche : j’ai des amis dans la politique, j’ai connu les syndicats étudiants et à peine sortie de là, j’ai découvert le monde du chômage. J’ai fait un tabac, d’ailleurs, avec la phrase : « J’ai quitté le monde universitaire pour entrer dans celui du chômage », ça les a fait mourir de rire. Comme je suis trop drôle comme fille, je le fais même pas exprès.

Phase trois, la plus surprenante. Mes deux nouveaux amis me disent :

« Maintenant, on va te laisser cinq, dix minutes pour préparer une interview de Michel.

Oui mais sur quel sujet ?

Ben, sur l’association. Mais tu dois faire une interview négative, genre notre association ne sert à rien. Fais ton Fogiel ».

Donc me voilà seule pendant dix minutes et je me prépare à faire ma chienne. En gros, je passe en mode : les jeunes ne sont que des sauvageons qui pètent tout, qui en ont rien à foutre de la politique, de toute façon, et dès qu’on leur propose des solutions pour trouver du boulot (CPE), ils crachent dessus. Nina, odieuse journaliste réac, c’est moi. L’interview commence mais soudain, le ou la candidate suivante appelle donc Michel nous abandonne quelques minutes et Karima me fait :

« Mais tu écris quoi, là ?
Ben, les réponses qu’il me donne.
Ah bon, tu notes tout ?
– Ben oui, on me dit de faire une interview, je le fais à fond. »

Bon, bref, fin de l’interview, on en parle un peu. Michel maîtrise parfaitement bien son discours et me renvoie tous mes arguments à la figure sans la moindre agressivité. Les propos sont simples et cohérents, j’apprends pas mal de choses sur leurs objectifs et l’association, ça me rassure. Le but n’est pas de foutre les vieux dehors mais de permettre aux jeunes d’avoir une représentation équivalente à leur poids dans la société. Je dis :

« Oui, enfin, les questions que j’ai posées doivent être assez classiques.

Ah non, non, pas du tout, certaines ont été très surprenantes ! »

Bon, j’ai essayé de mettre au max des références d’actualité pour montrer que j’avais un peu de culture.

On se sépare là, Michel m’explique qu’ils m’appelleront mercredi pour me donner la réponse car je ne suis pas la seule sur les rangs, une autre personne attend d’ailleurs dans la pièce voisine. Merde, je croyais être la seule sur les rangs. Je pars, plutôt satisfaite de moi-même. Même si j’ai un peu peur de ma non convention de stage, je l’avoue.

Mercredi, 13h, téléphone sonne. C’est Alexandre : « t’as pas de nouvelles ? ». Bah non. 15h30, pas de nouvelles, pas de mails. 16h, toujours rien, c’est le désert. Enfin, le téléphone sonne, je sais que c’est Michel mais mon téléphone refuse de fonctionner. Enfin, on arrive à communiquer et là, il m’annonce la nouvelle : « on voudrait que vous rejoigniez nos rangs ! ». Yes !! En résumé : j’ai été la meilleure. Aujourd’hui, premier déjeuner avec mes nouveaux collègues, j’ai hâte. Je suis extrêmement motivée, ce stage est une chance en or. Je commence de suite et ce jusqu’en septembre, je serai payée 300 euros par mois. C’est pas énorme mais entre un boulot rémunéré n’ayant aucun rapport avec mon métier et ce stage, il n’y avait même pas à hésiter.

Depuis toujours, j’ai pu compter sur ma bonne étoile. Elle avait un peu disparu pendant 6 mois mais là, elle brille à nouveau : vie pro, vie privée, tout me sourit. Bon, il y a une petite ombre au tableau puisque le médecin a confirmé que ma mère avait un lupus mais c’est la forme bénigne de la maladie. Normalement, avec les médicaments, ça ira. Elle a également un accident en sortant de la clinique où elle venait d’apprendre le diagnostic mais seule la portière a morflé (et le malus, aussi, ça fait le deuxième accident en un mois où elle est totalement en faute). Rien de grave, en somme mais quelque part, ces ombres me rassurent un peu. Tant de bonheur, c’est limite indécent.

 
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