Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

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Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

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Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

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Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

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Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

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Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

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J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

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Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

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Ce qui devrait être, ce qui est

Dans ma vie, j’ai un but, un but ultime : régler mon problème du matin. C’est à dire arrêter de ne pas me lever comme il faudrait, arriver au boulot tôt, être pimpante dès l’aube voire même avant (en hiver, à l’aube, je suis déjà levée). Mais force est de constater que j’échoue, inlassablement, tous les matins. Pour lutter contre le snoozing maudit, j’ai tenté une nouvelle technique : mettre direct le réveil à mon heure de lever. Résultat : me suis levée hyper en retard.

Alors forcément, sur le coup, ça m’a pas mis de très très bonne humeur, surtout que je devais me laver les cheveux donc la course dès le réveil, ça me fatigue. Déjà que je traîne une vieille fatigue due à une vie sociale intense (trop)… Bref, alors que je cheminais, cheveux encore mouillés, vers mon boulot, je soupirais intérieurement : bordeyl, je vais jamais arriver à me lever tôt pour faire des trucs. Bon ceci étant, ce n’est pas une surprise. Et là, je réalise que j’ai un énorme problème dans ma vie : je ne vois que mes défauts (ou ce que j’interprète comme tel) et pas mes qualités. En gros, j’essaie d’être ce qui me paraît être le mieux au lieu de travailler sur ce que je suis et mes forces déjà présentes.



Reprenons cette histoire de sommeil. J’avais dit “idéalement, je dois me coucher à 0h30 et me lever à 7h30, ouais !!”. Sauf que dans les faits, ma vie ressemble à ça :



Donc retournons le problème autrement. Dans les faits, peu importe l’heure du réveil, je me lève tard, c’est un fait (enfin, tard, tout est relatif, je travaille quand même). Donc au lieu de prévoir un lever à 7h30, soyons objectifs et plaçons le à 8h30. Et au lieu d’espérer se coucher à 0h30, couchons nous à 1h30 (max), ça fait toujours 7h de sommeil et j’ai le temps d’écrire si je veux. Oui, faut pas se forcer non plus.


Au fond, plutôt que d’essayer d’être ce que je ne suis pas (en l’occurence lève-tôt pour cet exemple), essayons de tirer partie de ce que je suis (couche-tard). Je parle de cet exemple là spécifiquement mais ça marche pour tous les autres domaines de ma vie. Par exemple je ne suis pas quelqu’un de rangé, je vis dans un joyeux bordel permanent mais je retrouve toujours ce que je cherche. L’inconvénient, c’est que la norme est d’avoir des apparts nickels, ce genre d’appart où j’ose même pas m’asseoir de peur de marquer très légèrement le cuir du canapé. Moi, mon appart, j’y vis, j’empile les choses (et je manque cruellement d’espace de rangement mais dès que j’ai réglé mes problèmes de sous, je m’achète une commode). Plutôt que de me lamenter sur le fait que je suis pas la reine du ménage, acceptons les faits. Et passons la serpillère parce que pas rangé n’est pas synonyme de souillon, faut pas déconner non plus (puis ça sent bon quand c’est tout propre). Bref, il faut que j’arrête de stresser en ne focalisant que sur ce qui ne va pas chez moi par rapport à ce qui me paraît être un modèle de perfection et voir ce qui va bien. Sans non plus se réfugier dans une espèce d’autosatisfaction permanente, y a quand même certains défauts qui sont corrigibles, pour peu qu’on s’en donne la peine.

Ceci étant, j’ai décidé de changer de fusil d’épaule. Plutôt que de tenter de travailler sur ces qualités que je n’ai pas et que je n’aurai sans doute jamais (quoi que y a 5 ans, je ne me savais pas sportive et finalement…), travaillons pour gagner en compétence là où j’ai des prédispositions. Et arrêtons de culpabiliser parce qu’il m’est toujours impossible de me lever à 7h30 si j’ai pas une bonne raison de le faire. Y a pas mort d’homme.

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C’est quand qu’il faut aller chez le psy

2011 sera donc l’année du nombrilisme, ai-je décidé en accord avec moi-même. Ca commence bien, je suis d’accord avec moi, n’est-ce pas merveilleux ? Mais du coup, puisque j’ai décidé de me chouchouter, je me pose une question essentielle : puis-je le faire seule ?

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Comme déjà dit X fois, le mois de décembre m’a filé quelques claques dans la gueule. Première victime de mon abattement : mon appart qui ne ressemble sincèrement plus à rien. Je contemple le bordel ambiant en me disant que a) faut vraiment que je m’achète une armoire ou quelque chose et b) ce bordel est quand même significatif de mon état d’esprit. Et quand, le jour de mon départ, j’ai failli pleurer quand la contrôleuse m’a dit que mon chat dérangeait alors que j’étais assise comme une misérable par terre, je me suis demandée si j’étais pas un peu trop sensible en ce moment. Et la réponse est : « bien sûr que si »

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Oh, j’ai de bonnes raisons de l’être, je me suis pris de grosses claques dans la gueule dernièrement et à force de taper sur la cuirasse, elle se fend. Je crois que tout a commencé à cause de mon ancien boulot, celui où je me suis lexomilisée. Traumatisme de devoir prendre des médicaments, très franchement. Traumatisme d’avoir l’impression d’être une merde, de mal faire mon taf vu que certains managers préfèrent appuyer sur ce qui ne va pas plutôt que mettre en avant ce qui va bien. Je suis partie mais j’ai traîné ce traumatisme avec moi. J’en parlais l’autre jour à ma chef actuelle qui m’a répondu « ça se sent clairement qu’il s’est passé quelque chose dans ton ancienne boîte. Ton manque d’assurance au travail, ta peur de déranger, ça correspond pas à ta personnalité ». Maintenant, j’ai la sensation de rebondir mais est-ce vraiment le cas ? Le ver n’est-il pas toujours dans le fruit ?

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Ce manque de confiance gangrène un peu tout le reste, du coup. J’ai longtemps mis l’essentiel de mes oeufs dans le même panier, celui du boulot. Tant que je ne bossais pas, que je n’avais pas un intitulé de poste, j’avais la sensation de ne pas exister. Puis je suis devenue community manager, métier qui excite dans le milieu digitalo-marketing mais qui laisse totalement de glace le reste de l’humanité. 3 ans et demi plus tard, je souris toujours quand on me regarde avec de grands yeux : « community quoi ? ». Mais peu importe l’intitulé, je gagne honnêtement ma vie et le métier me plaît, en plus. Du coup, en me définissant quasi exclusivement par mon métier, quand ça se passe mal, c’est dur à avaler. Surtout que j’y passe 8 à 10h par jour au bureau, voire 12 chez Pubilon. Les derniers mois, je n’étais plus que l’ombre de moi-même, excédée de tout, prise à la gorge. C’est fini, oui, mais reste la blessure, la peur de ne plus être à la hauteur, la peur de me faire engueuler…

 

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Vous allez me dire qu’à priori, le psy, ça ne peut pas faire de mal. Ca reste à débattre. J’ai toujours peur que ça remue une merde qui ne demandait rien ou que je ne puisse plus me passer de cette béquille. Mais surtout, ce que je crains dans l’histoire, c’est de ne pas être dans la bonne démarche. Je m’explique. Je me sens un peu perdue en ce moment et j’ai la sensation que j’attendrais d’un psy qu’il m’apporte les réponses. Que j’aille le voir en lui disant « Hé, Paul (mais s’il s’appelle pas Paul, on ne lui en voudra pas), je suis un peu perdue en ce moment, t’en penses quoi ? » Et Paul me répondrait « Fais ça et tout ira bien » ce qui me ferait dire « Ah mais oui, t’es trop fort, salut! ». Paul n’est pas là pour vivre ma vie à ma place, je sais que c’est pas comme ça que ça marche mais mon impatience naturelle risque de vouloir des réponses tout de suite. Et puis je sais déjà très bien ce qui ne va pas, je mets les mots dessus, je ne me cache pas. Reste une colère et une rancoeur que j’ai un peu de mal à avaler. D’autant que je n’ai en général pas ce défaut là, je digère très bien les choses et je passe à autre chose. Je sais aussi quels mécanismes développer pour me sortir de mes doutes, je sais que je dois me
souvenir des mes réussites professionnelles (et il y en a), des fois où je suis partie du travail le coeur gonflé d’auto satisfaction car j’avais bien travaillé. Me souvenir qu’une semaine avant le marasme aboutissant à la lettre d’avertissement, l’agence avec qui je travaillais voulait m’ériger une statue. Me souvenir d’une autre agence dont le contact me disait « votre agence a vraiment fait de la merde sur ce dossier… sauf toi ». Me rappeler que sur un autre dossier merdique, la commerciale m’a expliqué que mes contacts m’adoraient et étaient ravis de bosser avec moi. Une copine qui a reçu un jour un avertissement et était effondré a été consolée comme suit : « tu fais du très bon boulot, y a juste eu un pépin sur un dossier. En gros, tu en es à 19/20, c’est bien ! ». C’est vrai.

 

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Alors du coup, puisque j’ai les mots pour dire les choses et les clés, je ne sais pas bien quelle légitimité j’aurais à y aller. Peut-être qu’en déversant toute ma colère à  l’écrit via, mettons, un roman ou un article gardé sur mon pc (ça n’aurait pas d’intérêt de le publier), ça suffirait. Je ne sais pas. Je suis face à un mur à escalader et je ne sais pas si je peux le faire seule ou si j’ai besoin d’une courte échelle. Du coup si vous avez un avis, un conseil une expérience sur le sujet, je suis preneuse. Parce que je m’aime mieux en battante, il faut le savoir.

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Liberté d’expression, ça marche à tous les coups ?

Depuis quelques jours, je réfléchis à la liberté d’expression. Pas la mienne, non, en général. Premier cas soumis à ma réflexion : le vilain Stéphane Guillon. Puis deuxième cas : le poète très fleuri Orelsan qui voudrait avorter sa copine infidèle avec son opinel. Entre autre.

Guillon d’abord. Autant le dire de suite, il ne me fait pas rire du tout. Je trouve qu’il se vautre dans la vanne facile et l’autosatisfaction, pile tout ce qui m’énerve. Le fait de savoir qu’il n’animera plus sa chronique sur France Inter l’an prochain ne m’émeut pas vraiment dans la mesure où je ne l’écoutais déjà pas. Ceci étant dit, je tique un peu quand même. Même si je n’aime pas ce qu’il fait, je n’aime pas vraiment la polémique qu’il y a autour de lui. Strauss Kahn n’a pas aimé la chronique que Guillon lui a réservé. C’est pas le premier et sans doute pas le dernier donc pourquoi en faire un tel foin ? Il est vrai que la chronique était trèèèèèèèèèès lourde mais bon, pourquoi ça a été monté en épingle comme ça ? Ca m’échappe. Quoi qu’il en soit, ça me navre qu’une chronique soit arrêtée parce qu’elle fâche les « puissants ». Si c’est la réelle raison de l’arrêt de la chronique parce que là, on arrive un peu dans une impasse : si les gens se mobilisent pour qu’elle reste parce qu’elle gratte justement ceux qui ont du pouvoir, Guillon va devenir indéboulonnable et pas forcément pour de bonnes raisons.

Maintenant, arrivons-en à Orelsan, le monsieur qui chante de belles chansons intitulées sale pute et suce ma bite à la St Valentin. Quand j’ai vu le clip de Sale Pute (que je vous laisse chercher, je vais pas diffuser ça ici), j’ai vraiment cru à une blague. Le mec qui chante avec sa bouteille d’alcool dans la main, c’est sérieux ? Ah oui. Tellement que des blogueuses ont lancé une pétition pour retirer la chanson du net. Chanson tellement assumée par son auteur qu’il a préféré ne pas la mettre sur son album. Premier abord : c’est clair que cette chanson est atroce et qu’il faut arrêter d’encenser un mec qui dit « on verra comme tu suces quand je t’aurai défoncé la mâchoire » ou à peu près. Puis j’ai regardé un peu les débats sur le net et me voilà moins tranchée. D’abord, je rejette l’argument du « ça encourage la violence envers les femmes ». La banaliser, oui, l’encourager, non.  Disons que je
pense qu’il est toujours un peu trop facile d’aller chercher les causes d’une femme battue ou de n’importe quel délit ou crime ailleurs. C’est pas la faute à un chanteur ou à un jeu vidéo, faut
accepter à un moment que les gens sont pleinement responsables de leurs actes. Mais il n’en reste pas moins que ça banalise.

Et la liberté d’expression dans ce cas, on fait quoi ? Pourquoi cette chanson est condamnable et les chansons appelant à casser du flic sont adulées ? En gros, où poser la limite ? C’est vrai que si sale pute s’appelait sale arabe, hop, raciste, ça ne serait pas passé. Alors qu’un sale pute, sale pédé ou sale gouine, ouais. Sale fils de pute aussi. Mais justement, il y a la limite par rapport au racisme, pourquoi les autres injures sont tolérées ? Après réflexion, je trouve que cette chanson devrait juste terminer à la poubelle, d’abord parce qu’elle est mauvaise mais surtout car elle est inutilement violente et agressive. C’est de la haine à de l’état pur et je pense qu’on peut tous s’en passer. Parce qu’au fond, ce qui me dérange le plus là dedans, c’est cette sensation de haine gratuite et nauséabonde qui ne sert et ne dessert rien. Au moins, ça a fait du buzz autour du chanteur mais ça risque de lui coûter. Le gars, qui n’a pas mis cette chanson dans son album est actuellement en tournée et je lui souhaite bien du courage.

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L’ami gay, accessoire tendance?

Par Jane

Petit exercice préparatoire: Comment s’appelle l’ami gay de Carrie dans Sex and the City?

La dernière fois que je me suis posé la question, ça m’a pris un bon quart d’heure (et l’aide de Nina) pour m’en rappeler, et presque l’aide de Wikipedia, qui est absolument fantastique concernant les séries, il n’y a qu’à voir les multiples pages dédiées à « des Jours et des Vies ». Mais je m’égare…

L’ami homosexuel de Carrie, pour ceux qui seraient toujours en train de se poser la question, s’appelle Stanford. Mon nouveau moyen mnémotechnique pour conserver l’information en archive est « il a
le même nom qu’une université américaine ». Depuis j’ai envie de l’appeler Harvard. Ce qui est à peu près aussi glamour.

Quand on décortique son rôle dans la série, Stanford ne sert à rien. Ou presque. Quand Carrie et lui se croisent, ils se conduisent comme s’ils ne pouvaient pas vivre l’un sans l’autre, à grands coups de « ma chérie » et autres surnoms trognons. Sauf qu’en vrai, ce personnage est très secondaire. Il ouvre les portes du New York hype, il permet d’effleurer la sexualité gay, et il se tape des mecs totalement bonnasses à chaque apparition. Mais à part ça? On ne le voit pas durant 10 épisodes, et on ne s’en rend même pas compte. Quand on se rappelle de son existence.

Pourquoi avoir alors intégré un tel personnage à la série? Pour la caution gay? Pour faire passer le message si subversif « on fait une série qui parle de sexe (et de city) et pour être totalement wild on parle même d’homosexualité »?

Pour casser des clichés? Pour le dernier point, c’est plutôt raté, le Stanford en question représentant ce qu’un ami qui aime les hommes appelle communément « les follasses ». Comme si on disait que Paris Hilton représente la féminité. Un peu réducteur.

J’ai donc sorti le mien, d’ami gay, et l’ai analysé en quelques points:  

– Son homosexualité est-elle un critère décisif dans notre amitié?
Quand je l’ai connu, il était hétéro. Il y a eu la phase bi. Maintenant, il est définitivement rangé des vagins. Il y a longtemps, il me parlait de ses copines. Maintenant, de ses copains. Et de plein d’autres choses qui n’ont rien à voir avec la sexualité. Comme des personnes normales.  

– S’il était hétéro, ça changerait quelque chose?
Je l’ai connu hétéro. Puis hétéro hésitant. Puis bi. Puis définitivement homosexuel. Et ça n’a rien changé. Sauf peut-être qu’il y a 10 ans, il ne m’aurait jamais traumatisé en me disant d’un ton léger qu’il y a certaines choses qu’une femme ne fera jamais aussi bien qu’un homme. J’aurais préféré rester dans l’ignorance et l’auto satisfaction.

– Dans le monde réel, ça change quelque chose?
La serveuse lui fait un rentre dedans même pas discret, et ça le fait rire. Il me montre une photo de son mec, et je suis dégoutée d’être une fille. Mais sinon, la différence? Il n’y en a pas. Sauf qu’il n’y aura jamais de tension sexuelle entre nous, donc pas de malentendus.

– Je garde ou je jette?
Si je l’ai choisi juste parce qu’il aimait les hommes, je me dis que j’ai un sérieux problème quand même, et que je devrais plutôt faire une collection de cache-théière pour m’occuper. Ou me poser quelques questions sur mes critères de sélection amicale.

Si je l’ai choisi parce c’est une personne que j’apprécie, indépendamment de tout critère de sexualité, je garde, et précieusement. Comme le reste de mes amis.

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Je ne suis pas une oie, bordel!

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes: je suis un tantinet énervée.

Je passe une année difficile, je prépare des concours, je n’ai pas cette année une vie sociale particulièrement déjantée, (et c’est un euphémisme) par conséquent, quand je sors,  je le fais dans une perspective de détente absolue, de purifiage de cerveau et d’aération de l’esprit.

Or, avant hier soir, il se trouve que je suis allée au cinéma, chose que je n’avais pas faite depuis un certain temps. Alors déja, quand on arrive et qu’on voit qu’une place de cinéma chez gaumont, c’est à 10 euros 20, y’a de quoi calmer son homme, et encore plus sa vingtenairette étudiante fauchée. Monsieur Gaumont n’a manifestement pas compris le principe de la crise, et pourtant c’est pas faute d’avoir à chaque bon dieu de foutue seconde qui passe non pas un, non pas deux, mais une bonne multitude de rappels radio/télé/journaux/zapping/magazines/gens dans le métro qui ne manquent pas de nous flanquer à coups de massue médiatique dans la tête que oui, c’est la crise, oui, c’est la déchéance totale et absolue, même que les américains ils se retrouvent dans la rue et que nous ça devrait pas tarder et que ça va en s’empirant de jour en jour, ça s’empire, et pas que l’argent sale. (mouahaha)

Ensuite, on voit que tiens, c’est moins cher avec une carte imaginaire, ahhhh ça va ptêtre servir à quelque chose finalement d’être une étudiante sans avenir (de lettres, je précise, hein). Et puis on arrive en bas, là où les monsieurs gaumont ils vérifient ton billet, et ils me demandent ma carte imaginaire, et je leur tends, et là, là bien sûr…: « ah bah y’a un problème là mademoiselle parce que normalement avec la carte imaginaire ils donnent une carte ‘bons plans’ et il faut montrer la carte bons plans pour pouvoir bénéficier de la réduction carte imaginaire… » -Silence-. « euhhh jeune homme arrêtez moi si je me trompe mais s’ils donnent la carte bons plans avec la carte imaginaire et que je suis en mesure de vous montrer ma carte imaginaire avec ma petite photo dessus qu’on voit bien que c’est moi même si bon, elle date de trois ou quatre ans mais je n’ai pas tellement changée que ça non plus soyez polis hein, eh bien il me semble que logiquement même si je n’ai pas ici tout de suite la carte bons plans qu’ils m’ont donné avec, cela signifie que j’en suis détentrice théorique non?  » … « euhhh il faut montrer la carte bons plans mademoiselle…, et si vous l’avez pas il faut remonter pour payer le supplément ». Passablement énervée, je lui jette donc mon regard le plus noir et retourne en haut payer ce fucking supplément (et non, je ne lui ai pas mis mon petit poing dans sa grande gueule et lui disant « dégage microbe tu m’gonfles ») et vais donc m’asseoir un chouilla fulminante au fond de ma (petite) salle de cinéma obscure.

Et là, là, commence la séance pub/bandes annonces. Je sais pas vous, mais moi j’ai toujours adoré la séance pub bandes annonces. Déja, parce que les pubs c’était jamais les mêmes qu’à la télé, et y’en avait juste deux ou trois, et toujours pour des glaces ou du chocolat. Et là, devant mes yeux hagards et ma tension qui commençait à sérieusement monter, j’ai assisté à un phénomène qui m’a vraiment, mais vraiment mise hors de moi.Non seulement il n’y a eu presque que des pubs et une seule bande annonce, mais en plus, en plus, en plus (oui, je répète trois fois tellement c’est énorme et scandaleux)…..ils ont passés les mêmes. Si. La même bande annonce pour ce putain de nouveau Disney qui a l’air à chier  (le pauvre Walt doit pleurer dans sa tombe), deux fois, à 2 minutes de décalage. Et la même pub pour HP non pas une, ni deux, ni même trois, mais QUATRE FOIS, bordel de bordel de merde à la con! Oui je sais, ce n’est pas nouveau, même si c’est relativement récent, leur campagnes de pub où le principe est de nous rentrer dans la tête à coup de marteau piqueur et d’inlassables répétitions leurs minables petits slogans qu’accompagne une pathétique petite mélodie (ça rentre bien, les mélodies, dans la mémoire): « mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! » Et je ne sais pas vous, mais moi ,la première fois que j’ai vu ça à la télé, j’ai eu le stupide et naturel réflexe de me dire « tiens, y’a un bug là » de même que dans ma salle de cinéma, au retour de la bande annonce du disney pourri, je me suis retournée vers le projectionniste en pensant « bah alors billy, tu t’es planté, t’as remis la même bobine là! ». Et puis la pub HP est revenue, et revenue encore, et j’ai regardé le visage des gens derrière moi, et ils avaient même pas l’air étonnés, ils regardaient l’écran, c’est tout. Et là je me dis mais jusqu’à où ça va aller? Est ce qu’on se rend compte à quel point ce matraquage télévisuel et médiatique fait de nous des petits cobayes consommateurs soit, ça c’est pas nouveau, mais surtout nous prend pour des cons? Non mais franchement vous allez pas me dire que ça marche non plus!

Vous n’allez pas me dire (sil vous plait ne me dites pas) que vous, entendre : mercurochrome le pansement des héros!mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! » ça vous donne envie d’aller acheter  ces putains de pansements de mmmeeeerrrrddde, et pas plutot d’étrangler le concepteur de la pub et même le gosse qui est dedans avec ces pansements merdiques! (et leur faire bouffer la boite tiens, tant qu’on y est)

Non mais franchement, le disney  là, je m’étais déja rendu compte qu’il avait l’air pourri la première fois, c’est pas en en remettant une couche que ça va me faire changer d’avis, bien au contraire! Qu’il y ait de la pub, soit, nous sommes des consommateurs, c’est la loi du marché blablabla d’accord, mais pitié qu’on arrête de nous gaver comme des oies (qu’on est pas, bordel! cf titre) jusqu’à nous faire péter le bide et les neurones pour pouvoir nous ouvrir et nous bouffer tranquillement avec un délicieux chianti sur l’autel du temple boursouflé de la consommation où des publicitaires ignares et incontinents, trempant dans leur sauce d’auto-satisfaction fétide, se lèchent leurs mains sales  et leur orgueil rempli de merde en se félicitant entre eux à coups de chiffres imbéciles d’être les maîtres d’un monde sans âme et sans vie où l’homme méritant est celui qui parade sur la première marche du podium médiatique pour avoir remporté la médaille d’or de l’accroche-connards!! Bref, je suis énervée.

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Portrait de séducteur

Par Diane

Suite à l’article de Lucas sur la question du contact homme/femme, hommes=rhaaaa tous les mêmes, ils ne pensent qu’à ça!! ;voici un petit développement sur l’agaçant mais non moins fascinant personnage du séducteur. Un petit mix entre mes observations/mes expériences/mes lectures.

Pour la petite touche de culture étymologique, faut savoir que le mot « séducteur », et c’est pas anodin, vient du latin « ducere », qui veut dire, je vous le donne émile….conduire.

Donc dès le départ, un séducteur, ça va vous mener en bateau. ça promet. En plus, en latin toujours, le mot avait aussi le sens de « trompeur »‘… bref le cadre est fixé, allons donc jeter un coup d’oeil sur les spécimens qui nous sont proposés.

Il faut l’avouer, nous nous sommes toutes, un jour ou l’autre ,faites avoir par un séducteur. On a beau être renseignées/prévenues/spirituelles et intelligentes, ce genre de considérations ne rentrent pas en ligne de compte quand le séducteur pointe le bout de son…..nez, et vient titiller nos hormones comme un bougre qu’il est.

Procédons par étapes: les spécimens en liberté:
 
1/LA CONQUETE POUR LA QUANTITE

Le specimen qu’on appelera le Don Juan, c’est celui qui court après un maximun de gonzesses.  Son but: établir un tableau de chasse le plus rempli possible. Et comme tout chasseur, il se rend dans les bois (boites de nuit, soirées et autres) où il peut trouver la masse la plus conséquente de viande à dégommer, il traque, use de petits subterfuges (appeaux, ornements…), il séduit par l’apparence physique et l’opulence,(tu l’as vu ma belle chemise ralph lauren et ma montre à 10 000 balles que y’a 14 fuseaux horaires dessus parce que je voyage beaucoup, tu comprends ») voire par la virtuosité verbale, mais option ringard. (« c’est magnifique, pamela, tes yeux sont couleurs des mers du sud, ça me rappelle mes vacances à Hawai, dans mon yacht privé avec tom et brad ») Le Don Juan vise donc la quantité, est une fois satisfait a une tonne d’excuses toutes prêtes pour déguerpir en vitesse. Le Don Juan est lâche vis à vis de ses conquêtes, et il adooooore briser les beaux petits couples solides. La conquête multiple lui donne un sentiment d’auto-satisfaction très grisant et qui flatte son petit amour propre qui ne vaut pas plus qu’un gros guano de pigeon parisien diarhéïque piteusement étalé sur le capot poussiéreux d’une vieille R5 cabossée. Comme le dit son pote Sganarelle, Don Juan est « l’épouseur du genre humain ».

Citation très parlante à l’appui: «  »j’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres […]il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne […] je me sens un coeur à aimer toute la terre, et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eut d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses » (acte I, scène2)

2/LA CONQUETE POUR LA  QUALITE

Le specimen suivant, le Valmont, contrairement à son prédécesseur, à la séduction plus subtile. Quand le Don Juan cherche la quantité, le Valmont cherche la qualité. Avec lui, tout est dans le défi. Plus la demoiselle sera résistante et difficile à séduire, plus ça va l’interesser et il va tout mettre en oeuvre pour en venir à bout. Pour le Valmont, la séduction est un art
subtil qui nécessite jugeotte et habileté. Autant dire que les mecs qui n’ont ni spiritualité décapante, ni humour fin (blagues de blondes et alphabet roté ne comptent pas), ni art du compliment aussi discret qu’efficacement redoutable, peuvent bien aller se recoucher. La séduction n’est donc pas ici un moyen (le but étant, bien sûr, niquer), mais bien une fin en soi. Il n’y a en principe pas d’affectif, tout est affaire de jeu et de calcul.

Le Valmont s’attaque aux femmes sensibles et spirituelles, et comme plat de résistance se dégustent de gentilles petites dévotes prudes et fidèles. Toujours par esprit de défi, il adooore les femmes mariées. Bref, il sait s’y prendre le cancrelat, et nous laisse bien souvent comme des gourdes incapables de piger ce qu’il a bien pu se passer. C’est le genre de gros panneau dans lequel on tombe la tête la première, voire même on plonge dedans, car notre petit cerveau naïf ne parvient pas à saisir comment peut cohabiter (pour reprendre le cri d’amour du crapaud) dans un seul cerveau (le sien, vous suivez?) la perversion égoïste et une spiritualité transcendantale, parce que putain ils savent y faire, les vils vilains voleurs de volonté vertueuse.

Re-citation à l’appui:(pour ceux qui ne connaissent pas les liaisons dangereuses, Valmont à réussi à mettre à ses pieds une bonne dévote prude et mariée, et du coup; une fois le défi relevé, s’en débarrasse par une lettre, mais une lettre mes amis….virtuose de perversité!) « On s’ennuie de tout, mon ange, c’est une loi de la nature: ce n’est pas ma faute. Depuis quelque temps je t’ai trompée, mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte! ce n’est pas ma faute.[…] Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret: je te reviendrai, peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute. »

 
3/Le SEDUCTEUR MALGRE LUI

Ce troisième specimen, le Dorian Gray, a ça de particulier qu’il exerce une fascination sur tout son entourage, mais sans le chercher. Le pouvoir de séduction réside alors dans l’esthétique (=il est beau comme un dieu, et même si vous le connaissez depuis 4 secondes 3 dixièmes, vous avez une furieuse envie de lui sauter dessus: c’est hystérique, c’est incontrôlable,
mais tout votre corps fébrile veut absolument toucher le sien, chaud, moite, sensuel, vibrant d’une irrésistible puissance mâle et féline….rhhaaaaaa….). Et plus que parler avec lui, vous aller rechercher ce fameux contact, justement. N’importe lequel: lui frôler l’épaule dans l’escalier, la main en servant la salade, toucher son bras en faisant semblant de s’intéresser à son pull (« tiens, c’est doux, c’est du cachemire? »), voire même lui marcher sur le pied, n’importe quoiiiiiiiii!!! Le Dorian Gray vous rend dingue, il aliène complètement votre riche et fertile personnalité pour faire de vous -et involontairement, c’est ça qui est fort- une pure furie en rut dont le sang se met à bouillir dès qu’il approche de moins de 50 cm de vous.

4/Le PRINCE CHARMANT

Bon, bien sûr, comment parler des séducteurs sans évoquer le petit mythe du prince charmant, que selon vos références culturelles vous pourrez appeler Prince Phillipe (belle au bois dormant), Tristan (et Yseult), M. Darcy (orgueil et préjugés + bridget jones)…. Bref le fantasme de la femme raisonnable, de l’homme fidèle, intègre, droit , riche, sensible et beau. Mais bémol étant que souvent que c’est pas franchement l’aventure et la poilade quotidienne avec celui là…

5/CE QUE VEULENT LES FEMMES

Pour mettre tout ça en application, prenons le problème à l’envers, en choisissant un bon exemple de femme qui les a enchainés: Emma Bovary

1er amour d’Emma: son mari, charles. le pti médecin de campagne pépère, aimant et fidèle. Pas très bandant tout ça, pouf, Emma va voir ailleurs. (Charles en crèvera, soit dit en passant)

2ème amour d’Emma: Léon, qui est une sorte de Valmont, avec qui elle a des discussions hautement spirituelles, qui parle à son intrinséque féminité. Communion, harmonie parfaite, mais le truc c’est qu’il est aussi infidèle qu’elle, au final ils se ressemblent trop, pouf léon disparait. Dégoutée des hommes, Emma? Que nenni

3ème amour d’Emma, Rodolphe, l’artiste fascinant….mais aussi absent,  et forcément, l’abence, bah ça fait marcher l’imagination d’Emma qui se peint un homme parfait pendant que lui déguerpit aussitot… Donc que veulent les femmes pour être séduite? elles veulent souffrir! La seule séduction efficace, en somme, est celle qui n’est pas sensée!

Concluons: notons que les vilains séducteurs crèvent tous à la fin (Don Juan, couic, Valmont, couic, Dorian Gray couic -l’avait vendu son âme en échange de son éternelle jeunesse , ça se paye ça mosieur…-) et qu’au final il y a autant de séducteurs différents qu’il y a de femmes voulant être séduites… sic transit gloria mundi

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Ce violent besoin de néant

Par Lucas

Attention ! Cet article une forte connotation déprimatoire à deux balles. Je compte sur vous pour me faire des commentaires bien sentis du genre  » Mais Fuck ! Allez quoi Lucas ! On est pas là pour ça ! Va voir un psy et prend du Nutella ça ira mieux ! » toute action juridique est bien entendue la bienvenue: après tout ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de se marrer.

Cela m’arrive régulièrement depuis 15 ans. Au moins une fois par an. Ce constat que la vie est insignifiante et ridicule, que notre existence n’a aucun sens. Bon d’accord : comme vous pouvez vous en rendre compte, avec un sourire goguenard et narquois, je n’ai jamais eu  le courage ponctuel  de cette lâcheté existentielle : celle qui consiste à mettre fin à ses jours face aux difficulté de la vie. Mais j’y pense souvent en termes techniques…

Comment ne pas se rater ?
Comment éviter des séquelles à vie qui empêcherait des lors de mettre en œuvre une disparition efficace ?
Comment ne pas se condamner à une existence encore plus morbide en raison d’une tentative ratée ?
Quel instrument efficace utiliser ?
Comment ne pas éveiller les soupçons ?
Comment gérer au mieux mes affaires pour que mes proches aient le moins de désagréments relatifs à mon décès et que celui ci passe comme une cadavre à la morgue ?

Etc.

Je me rappelle, une fois, après mon bac, j’avais même pris rendez-vous avec ma banquière et mon notaire, sous le prétexte d’une grosse frayeur en voiture (bidon), « juste au cas où »…

Des rendez-vous techniques pour régler toute ma succession.
Eh oui, que je mette fin à MES jours soit, mais que cela ait des conséquences légales sur les jours des autres, ça, non.

 Je pense que je devrais écrire « le Suicide pour les Nuls ». Le problème, c’est qu’aucun éditeur ne voudra prendre le risque de le publier. Si « ça » devient un best seller, des kyrielles d’avocats, représentants légaux de parents ayant perdu des enfants suicidés, ces avocats donc ne manqueront pas de chercher en moi et en mon éditeur une juste réparation au préjudice moral que j’aurai causé à leurs clients. En m’accusant d’incitation au meurtre. Incitation à l’auto-meurtre, bien sûr…

Mais si il y a un droit à la vie, en quoi y a t-il un devoir à la vie ?

Les gens vont me dire « pense donc à tous les petits nenfants qui sous vivent dans le tiers monde et tu comprendras que tu nages dans le bonheur et que tu n’as pas à te plaindre ».
Bon. Soit. Mais au delà de tout référentiel et de toutes comparaison, au delà de toute dimension extérieure au corps humain, dans le for intérieur de l’être qui se pose la question, c’est quoi le bonheur ? (réfléchissez y donc 3 secondes avant de reprendre votre lecture : c’est quoi le bonheur ?)

La seule raison qui m’ait pousse à ne pas commettre » l’irréparable » (cosmétique détestable, je sais) ce n’était pas le fait de continuer à vivre, malgré tout, histoire d’ être courageux. C’est le fait que mes parents actuels m’aient recueilli à l’âge de 11 ans. Au vu de tous les efforts qu’ils ont fait pour moi, je n’ai pas le droit de mettre fin à ma vie comme ça. Ils ont réussi à me façonner, ils ont réussi à me donner ce sentiment pourtant trop rare dans ma vie de l’autosatisfaction.

La seule autosatisfaction existentielle qui me paraisse légitime en 28 ans, c’est le fait que je me sois sorti les doigts du cul pour ma rééducation post accident. Le bac ? Les diplômes ? Les conquêtes amoureuses ? Ce sont là des épiphénomènes dans le grand fleuve de la vie. Je les trouve insignifiants. Mais par rapport au travail de mes parents, à leurs sacrifices, leurs efforts, je n’ai pas le droit d’aller voir ailleurs si j’y suis…

Au final, si on y réfléchit, une seule autosatisfaction existentielle, une seule raison d’être et exister, ça ne fait quand même pas bézeff en 28 ans d’existence vous ne trouvez pas ?

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