The Heathers


Ce qui est pratique avec Twitter, c’est qu’on peut tout demander dessus. Donc quand je bats le rappel pour avoir un titre de navet, c’est Lil Virgo qui me répond : « mate les Heathers ! ». Ok, un petit coup de baguette magique et le voilà sur le disque dur externe de Vicky (parce qu’on l’a regardé ensemble). Je précise que nous l’avons vu en anglais non sous titré, on n’est pas sûre de toute la compréhension de l’histoire mais je crois qu’on s’en est pas si mal sorties.


Alors au début, je m’attendais à un espèce de Gossip Girls des années 80, un truc qui se passe dans un lycée avec le classique clan des populaires et des autres. Dans ce film, nous avons le groupe des Heathers, trois nanas populaires très BCBG, on a Heather la rouge, la chef un peu, Heather la jaune et Heather la verte (Shannen Doherty pour celle là) et elles intègrent dans leur trio Veronica (Winona Ryder) qui est un peu différente vu que déjà, elle s’appelle Veronica, elle sera la bleue de service. Donc elles s’habillent selon leur couleur et joue au crocket tout en discutant.


Un soir, Veronica sort avec Heather la rouge à une soirée étudiante où Heather est très gentille avec un étudiant alors que Veronica non et elles s’engueulent. De retour chez elle, Veronica est très énervée et là, qui arrive par la fenêtre, façon Dawson ? Jessie, le rebelle de service (Christian Slater) qui a été renvoyé quelques jours de l’école pour avoir tiré à blanc sur deux footballers à la cantine (oui, il est très bien dans sa tête dès le départ). Après une partie de strip crocket, ils décident de tuer Heather la rouge pour venger Veronica. Ils vont chez elle, lui font boire du lait avec du produit bleu genre nettoyant et couic la Heather ! Veronica écrit une fausse lettre de suicide vu qu’elle sait imiter les écritures et c’est le cercle vicieux. Ils commettent un autre double meurtre puis Jessie pète les plombs et veut faire péter l’école en faisant passer ça pour un suicide collectif.

Ce film est juste totalement… surréaliste. Quand j’ai vu le teaser, je m’attendais à un film plutôt drôle, ce qu’il n’est pas du tout puisque ça démarre façon série télé américaine à la Beverly Hills ou autre au lycée (en fait, ça fait furieusement penser à 21 Jumpstreet mais c’est l’effet années 80), il y a toute une scène dans la cafétéria avec les « groupes de pouvoir » : les footballeurs machos et crétins, les geeks, la grosse (oui, elle est toute seule), les fils/filles à papa, les filles à  lunettes impopulaires, les rebelles (dont Jessie) et les Heathers donc. Pour bien qu’on situe tout ce petit monde, on a droit à une scène longuette dans la cafétéria où les Heathers demandent à tout le monde « que ferais-tu avec 5 millions de dollars ».


Puis tout à coup, il y a un premier meurtre et l’enchaînement, avec une prof très baba cool au milieu qui veut parler de suicide à tous les élèves pour pas qu’ils se jettent par la fenêtre, les parents qui sont ridiculement  largués et ne s’occupent pas de leurs gosses… Bref, quelques ressorts comiques émaillent ce film pourtant assez dramatique et on ne sait pas bien s’il faut en rire, en pleurer, à quel degré le regarder si tant est que son auteur en ait prévu plusieurs, de degrés.


Bref, la bande annonce est assez funky, le film beaucoup moins. Mais peut-être n’ai-je pas tout compris… J’ai bien saisi qu’il s’agissait d’une comédie noire mais je crois qu’il manque une pointe de cynisme et d’autodérision pour être un réel monument de comédie noire. Du coup, pof le nanard ! Par contre, je susi impressionnée par la constance du jeu d’acteur de Winona : toujours le regard hagard, toujours la bouche ouvert et l’air perdu. Quoi qu’elle joue… Chapeau.

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Wanted, choisis ton destin, de Timur Bekmambetov (2008).

Par Keira

Bon, je vous le dis tout de suite, avec moi vous allez avoir des critiques de films normalement prévus pour des personnes avec un taux de testostérone élevé.

Je n’y peux rien, j’aime l’action.

Donc, histoire : Wesley Gibson (James McAvoy), loser notoire est un comptable méprisé par sa patronne, son meilleur ami et sa nana. D’ailleurs cette dernière couche avec le meilleur ami, mais il ne dit rien. Tout ça parce que dès qu’il est stressé il fait des crises de panique. Ce jeune homme est contacté par Fox (Angelina Jolie) qui lui annonce que son père, qu’il pensait mort, était un assassin de génie et qu’en réalité, il est mort la veille, Assassiné justement. Et lui doit la suivre pour venger son père et devenir un super tueur aussi.

Ok, je le reconnais, le synopsis est assez pourri. Mais c’est sans compter sur les réflexions de Wesley qui est un personnage très drôle. Du genre qui se méprise à fond. L’autodérision est une chose que j’adore.

Ok, c’est majoritairement un film bourrin. Mais très bien géré. Et très fun.

Ok, Angelina Jolie ne sert à rien. Mais James McAvoy est vraiment très bon, et accessoirement très mignon.

Visuellement ça reprend un peu du Matrix numéro 1 (le seul et l’unique qui vaille la peine d’être mentionné), avec une touche de Die Hard.

Et puis bon, histoire de faire tout ça avec classe, le chef de la ligue des assassins est joué par Morgan Freeman.

Oui, ce film est vraiment, purement, un film d’action, mais ce que j’ai aimé et ce qui m’a fait le regarder plusieurs fois (en dehors de l’acteur principal) c’est cette touche de folie, de fun et cet anti-héros total qu’est Wesley Gibson.

C’est très efficace, ça passe très vite et ça vous scotche au fauteuil. Tout ça avec une fusillade de fin complètement dingue. Que demande le peuple ?

Et pour ceux qui se poseraient la question, oui, je suis vraiment une fille.

Demandez à Nina si vous voulez des preuves.

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Curriculum vitae

Avant de commencer, je vais être claire. Ce site ne sera pas une mine de conseils pour trouver du boulot puisque je suis pas recruteuse. On traite le chômage avec une certaine autodérision.
 
Alors, pour trouver un emploi, nous avons à notre disposition deux outils : le CV et la lettre de motivation. Parlons du premier. J’avoue ne pas du tout me souvenir de la première fois que j’ai fait un CV mais j’étais jeune puisque j’y ai mis mon brevet des collèges et mes babysittings car, à l’époque, ça permettait de mettre deux lignes de plus, pour vous dire la pauvreté de mon pauvre petit curriculum. Mais il faut bien commencer quelque part. A 19 ou 20 ans, je ne peux pas avoir ni beaucoup de diplôme, ni beaucoup d’expérience.

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Honnêtement, rien ne m’énerve plus que de faire un CV. D’abord, la forme. Ce qui est bien, c’est que tout le monde a son avis sur la question et que forcément, la multiplicité des avis vous donnent pas mal de contradictions. « Non, un CV ne doit JAMAIS faire plus d’une page ! », « Non mais ton CV, il vaut mieux qu’il soit écrit assez gros et sur deux pages plutôt que tu serres tout et que tout soit illisible ». Perso, j’ai opté pour les deux pages parce que j’aime bien les documents écrits dans une police lisible et une mise en page
assez aérée, histoire que les infos ressortent. J’ai même mis un peu de couleur (du bleu, je reste sage), histoire que les noms ressortent.

 Cette histoire de longueur de CV m’interpelle et m’horripile. En gros : « ayez de l’expérience, mais que ça tienne sur une page, merci ! ». Du coup, pas mal de mes piges sont passées dans une rubrique « autres médias ». Un gars qui pour qui j’ai pigé récemment m’a fait remarqué que j’avais trop de choses dans la rubrique expérience et du coup, je donne une sensation d’instabilité. Mais bon, moi, je pourrais rester au même endroit, j’en serais la première ravie. J’ai pigé pendant deux ans sur un website pour étudiants mais après, dans la boîte de DRH choupinou, j’ai pu bosser que 3 semaines (alors que j’aurais vraiment aimé plus), c’est une mission. Mais si je refuse tous les CDD de moins de 3 mois parce que « ça fait pas bien sur mon CV, ça fait instable », je suis pas sortie de l’auberge. Parce que si j’en fous pas une, on va me demander aussi comment ça se fait, ça fait la fille paresseuse qui ne fait aucun effort pour taffer. Alors quoi ? En entretien, on peut justifier de cette succession (ou non) d’expérience mais encore faut-il y arriver à l’entretien, n’est-ce pas.
 

Autre rubrique : formation. Bon, on m’a expliqué que les mentions, ça ne sert que si je veux continuer ou reprendre mes études. Mais tous mes diplômes sont avec mention(enfin, pas mon DEUG ou ma licence mais je les ai virés, vu que j’ai la maîtrise dans la même matière) alors ça m’ennuie un peu de les enlever. Parce que ça montre que j’ai bien travaillé, que je suis une bonne élève. Je sais, c’est pas forcément un argument et les recruteurs s’en foutent mais ça flatte mon ego. Sinon, concernant les langues, j’ai fini par virer l’allemand que j’ai pas pratiqué depuis mon bac en 1998 (alors que c’était ma première langue mais je me suis pris un petit 11 au bac et j’ai été vexée donc j’ai laissé tomber). Ich spreche deutsch aber I habe vergessen. Un truc du genre. Evidemment, je reprendrais des cours, ça reviendrait tout seul. Mais j’aimerais mieux apprendre une langue slave parce que je les trouve sexy et qu’en plus, avec
l’élargissement de l’Union Européenne, ça peut toujours servir. Même si la Croatie n’est pas (encore ?) dans l’UE, ça me brancherait bien de l’apprendre. Mais après, mes niveaux sont-ils honnêtes ? J’ai pas vraiment l’occasion de parler anglais ou italien. Evidemment, j’en aurais besoin, ça reviendrait vite. Quant aux loisirs, je comprends même pas qu’on nous demande ça. Enfin, moi, j’aime écrire et lire pour de vrai, c’est plutôt un bon point pour mon métier mais la photo, qui s’en préoccupe ? Un ex petit ami m’avait conseillé de mettre un sport collectif sur mon CV, histoire de montrer que j’ai l’esprit d’équipe et tout ça. Ok sauf qu’à part deux ou trois matchs de basket en 5e, j’ai jamais pratiqué aucun sport co. De toute façon, je suis pas vraiment une sportive, moi, la natation ou la marche (ou le rameur, j’en ai un chez moi), je les aime parce que je peux les faire en automatique et rêvasser en même temps. Allez rêvasser
pendant un match de basket, vous allez rapidement vous retrouver sur le banc de touche !

Dernier point (et non des moindre) : photo ou pas photo. Là, encore, il y a deux écoles et elles me donnent gentiment des conseils, histoire de bien m’embrouiller. Alors, oui, non, peut-être ? Non parce que si je mets ma photo, je présume qu’elle va jouer en ma faveur tellement je suis belle, c’est mal. Mais un recruteur m’a expliqué une fois qu’à CV égal, le candidat qui présentait le mieux l’emportait. Bon, ok, on va mettre une photo où je fais pas trop ma séductrice alors. Je vais au photomaton, clic clac… Ok, je vais trouver une autre photo tant je suis hideuse sur la photo (je me ressemble même pas en plus). Bon, mes photos de soirée, on oublie : j’ai certes un joli sourire mais on sent que mon taux d’alcoolémie n’est pas à zéro. Et quand il l’est, mon décolleté est bien trop plongeant, je peux pas mettre mes seins sur mon CV, tout de même. Et quand je n’ai pas de décolleté, j’ai un boa, on s’en sort pas. Bon, fouillons mes autoportraits webcamiques. Joli sourire mais il manque le dessus de mon crâne. Là, on voit rien. Raaaaaaaaaaaaaaah mais quel casse-tête. Bon, finalement, je choisis une photo pas du tout d’identité où je suis tout sourire… Mais peut-être que ça ne fait pas assez sérieux ?

Bref, ce qui est magique avec le CV, c’est que si vous demandez leur avis à 10 personnes, vous êtes sûrs que vous obtiendrez 10 avis bien différents… et bien contradictoires. De toute façon, quand je cherchais du taf, j’ai pris une leçon de vie : il ne faut pas avoir le CV le mieux présenté… Mais celui qui arrive dans les premiers dans la boîte mail du recruteur.

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Parodie littéraire

Après la parodie au cinéma, voici la parodie littéraire ! Ouais, bon, ok, ce n’est pas nouveau mais comme je viens de lire « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, je vous en parle. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, petit résumé : ce bref roman nous livre une parodie de nos plus grands auteurs contemporains. Grands en terme de chiffre de vente, hein ! Donc à travers 11 chapitres, on suit la même histoire, chaque chapitre reprenant le style littéraire de 11 auteurs français. L’histoire ? Les meilleures plumes de l’éditeur Chiflon sont kidnappées ! Le commissaire Adam Seberg enquête, entre deux crises avec sa bien aimée Clara. 

Dans ce roman, on retrouve les parodies de Bernard Henry Lévi, Christine Angiot, Fred Vargas, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Pascal Sevran, Bernard Werber,
Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder et Anna Gavalda. Et franchement, je me suis bien marrée même si je n’ai pas lu tous ces auteurs. Perso, j’en ai lu 5 sur les 11 mais j’ai plus du tout envie de lire ceux qui me manquent puisque si la parodie est hilarante, ça souligne bien la lourdeur de l’écriture originale. Donc, je lis, je ris mais quand même, ça m’interpelle : pourquoi ? Je veux dire, pourquoi ce livre ? Car il apparaît vite que la motivation du kidnappeur est de faire disparaître ces gens qui ne savent pas écrire et piquent la place de ceux qui, eux, savent.

Là, la parodie, je dirais même plus la satire (avec un i, pas un y, heiiiiin !), prend tout son sens. Il est vrai que ce petit roman souligne de façon très drôle les travers littéraires de nos écrivains français gros vendeurs. Et c’est vrai qu’on ne peut que reconnaître le talent de Fioretto pour souligner les tics de nos auteurs. Entre Werber et ses pléonasmes et redondances, Amélie Nothomb qui truffe ses bouquins de termes de figures linguistiques, Jean-Christophe Grangé et son écriture « crade » à base de cadavres énuclées ou autres, Marc Lévy et sa niaiserie, Gavalda et ses personnages Amélipoulainesques… Bref, j’ai adoré les chapitres d’auteurs que j’avais lu car ça m’a vraiment fait rire. Mais quand même, me
vient en tête le fameux « la critique est facile, l’art difficile ». Ici, l’intérêt du livre n’est pas l’intrigue, globalement très mince, mais la parodie en tant que telle, tout
comme les précédents ouvrages de Fioretto. Scribouillard raté, aigri et jaloux ? Personnellement, des auteurs que j’ai lus, j’avoue que je ne comprends effectivement pas ce qui vaut leur succès. Je trouve les écritures de Gavalda, Werber et Lévy plates, les intrigues ennuyeuses, les dénouements trop prévisibles. Beigbeder, un style génial pour du blogging, pas mieux. Amélie Nothomb, autant j’aime bien ses autofictions, comme on dit, autant ses romans sont trop similaires et ça m’a particulièrement gonflée pour Acide Sulfurique, resucée d’Attentat que j’avais pas aimé. En gros, la beauté et l’intelligence contre la mocheté et la laideur. Alors en faire un roman, c’était déjà beaucoup alors plusieurs… Ca m’a déçue. Surtout que souvent, ses romans, c’est « on s’assoit et on discute ». Et ça, Fioretto l’a bien saisi ! Après, je ne m’érige pas en juge de ce qui mérite d’être publié ou pas, vu que je suis pas éditrice. Moi, je suis lectrice alors je décide juste de ce qui est lisible ou pas et c’est vrai que la rentrée littéraire s’est faite sans moi ou presque ! Si les chiffres des ventes ne sont pas forcément proportionnels à la qualité d’écriture, on en revient toujours au même débat : oui mais lui, il a été édité parce que c’est le fils de, parce qu’il passe à la télé et qu’il vend beaucoup. Finalement, le milieu littéraire n’est pas bien différent des autres milieux artistiques type ciné ou musique : oui, il y a des héritiers et quand on est le fils de, ça aide. Oui, certains tombent en littérature sans qu’on comprenne bien ce qu’ils foutent là, que les autobiographies de Loana ou Lorie sont de vastes fumisteries. Alors, forcément, comme ces milieux artistiques, il est normal que le milieu littéraire ait aussi ses parodies et je dirais même que c’est sain, ça évite la sclérose par manque de recul et d’auto dérision.

Bref, certains diront que ce livre n’est que le reflet de l’aigreur de son auteur qui n’arrive pas à être publié autrement qu’en parodiant. Moi, je m’en fous, je vais pas bouder mon plaisir face à ce bouquin vraiment hilarant. Mais une question me taraude depuis quelques temps concernant le milieu littéraire : quand est-ce que ça sortir le premier remake ou reprise d’un livre déjà existant ? Je parle pas de plagiat, hein, je parle de vraie reprise proclamée ! Après tout, ça me paraît une suite logique…

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Tous victimes !

La semaine dernière, je lisais Le mur des lamentations d’Abiker qui caricature le besoin que l’on a de se faire plaindre. Bon, je vous raconte pas le livre, lis-le, lecteur. Oui, il faut lire, ça détend, ça fait du bien et ça occupe dans le métro. Et dans le train, aussi. Et dans l’avion mais moi, je le prends pas, j’ai trop peur. Mais c’est pas du tout de ça dont je voulais parler ! Mais qu’est-ce que j’adore les digressions, quasiment autant que les métaphores pourries !

Donc je voulais vous parler de cette manie complètement humaine qu’on a de se plaindre. C’est totalement universel. Par exemple, je prends ma famille : mes grands-mères râlent, mes parents râlent, ma sœur râle et moi aussi. Et ce n’est pas spécifique à ma famille. Va dans la rue et tend l’oreille, lecteur, tu n’entendras que des doléances, encore et toujours. « Je paie trop d’impôts pour financer ces feignasses de chômeurs », « y a plus de saisons ma pauv’ dame ! », « dans la rue, y a plus que des voyous », « j’ai un cancer », « je viens de redoubler mon année », « mon prof m’a saqué », « tous des connards »… Bon, vous voyez le topo. Selon les âges et les personnes, les plaintes ne sont pas les mêmes. Par exemple, moi, je peux me plaindre de pas avoir été payée pour mon stage ou que le journalisme est un boulot galère mal considéré, mal payé mais je peux pas me plaindre de me lever trop tôt le matin (pour le moment, je bosse de chez moi donc bon), de perdre une heure dans les transports (pour la même raison) et je peux même pas sortir « tous des connards » puisqu’aucun mec ne me fait chier en ce moment. Et je ne m’en plains pas, c’est reposant de sortir de la guerre des sexes et de regarder ça d’un œil neutre. Surtout que, du coup, je finis par croire que je pourrai me trouver une moitié qui ne m’énervera même pas. Même s’il paraît que les Français sont particulièrement râleurs, c’est une manie mondiale ! Tout le monde a un truc qui cloche toujours, c’est comme ça.

Pourquoi on se plaint ? Pour se faire plaindre, ça paraît logique, mais pas que. Il est vrai qu’il y a des moments où on tombe tous dans le syndrome de la « victime égocentrique » à base de « mon problème est super grave et tu dois compatir ! ». Bon, ça ne me gêne pas de compatir, surtout quand moi, ça va. Alors, j’écoute, je compatis, j’hoche la tête, j’essaie de distraire mais la distraction est à manier avec précaution. Si vous sortez une blagounette pendant que Charlotte se plaint que son Etienne l’a quitté pour Jennifer qui a un prénom de pouffe et des cuisses tellement
énormes que l’une d’entre elles suffirait à éradiquer la famine en Afrique, ça peut vous retomber dessus. Oui, on peut être particulièrement garce avec la rivale, la sale biiiiiiiiiiiip qui a osé nous piquer notre mec. Donc imaginons, Charlotte se plaint qu’Etienne est parti avec cette pétasse et vous, inspirée, vous sortez : « avec de la chance, il se retrouvera étouffé entre ses deux grosses cuisses, ça lui servira de leçon, mouahahahah ! ». Oui, des fois, j’ai un humour vraiment pourri. Mais bon, voilà, j’ai commis l’impair : au lieu de pleurer avec Charlotte, j’ai OSE essayer de dédramatiser la situation, de nier la gravité de la situation ! Parce qu’à force de comprendre la victime et lui prêter une oreille attentive, c’est nous qui devenons sa victime. Charlotte vient de se faire plaquer, elle m’appelle, logique. « Bouhouhou, je suis malheureuse ! ». Ok, j’arrive. Bon, évidemment, en deux heures, c’est pas réglé, il faut le temps. Seulement au bout d’un moment, c’est un peu fatigant de repasser en boucle le CD « Etienne est un gros con » sans avoir le droit d’aborder un nouveau sujet. Mais au bout d’un moment, on en a un peu fait le tour (même en abordant « Jennifer est une pouffe obèse même pas belle ») et ça sert plus à rien de ruminer. Donc on essaie de changer de sujet mais ça passe pas. On passe pour une traître, une indifférente. Mais non,
justement, j’essaie de te faire comprendre que c’est pas en ressassant toujours la même chose que l’on s’en sort ! Je me souviens d’une époque où la pauvre Anne s’était retrouvée à consoler une nana qui avait littéralement pété un plomb après que son mec ait rompu, allant jusqu’à téléphoner à la mère du jeune homme… Après 6 mois de relation ! « Je l’aime, je le déteste, je l’aime, je le déteste… ». Au bout d’un moment, la pauvre Anne n’en pouvait plus. Un soir, on se fait une soirée sex and the city à trois… Bon, ben la fille a comparé tous les personnages masculins à son ex, c’était assez lourd. Et puis, surtout, n’osez pas vous plaindre sinon s’engage une compétition débile.

« Etienne est un enfoiré, il m’a plaqué pour Jennifer !

– Oui bah tu sais, il m’est arrivé la même chose mais moi, ça faisait deux ans que j’étais avec lui…

– Oui mais moi, il m’a piqué des CD !

– Moi, j’ai dû partir de notre appart commun et dormir pendant deux mois chez une copine.

– Oui… Ben, moi, il a violé mon chat !
– … »
Autre cas courant : celui qui se plaint pour quémander des compliments. Quand j’étais au collège, une fille m’avait dit une fois : « Non mais tu vois, Anaïs, elle se plaint pour qu’on lui fasse des compliments. Elle dit qu’elle est grosse pour qu’on lui dise qu’elle est mince et tout ça. ». En observant les faits, j’ai constaté que c’était vrai. Mais c’est risqué parce que si elle continue, elle va finir par se prendre un : « ouais, c’est vrai, t’es grosse, tu fais au moins du 48, non ? ». De façon toute personnelle, quand je me plains, c’est avant tout pour vider mon sac. Et là, quand ça explose, c’est parti : « Putain, fais chier, j’en ai marre ! Je trouve pas de boulot, j’ai plus de tunes, j’ai des factures qui pleuvent, cette putain de CAF qui me verse plus rien alors qu’ils doivent me donner plein de sous, mon asso qui a oublié de me payer, j’ai pas de mecs, mon chat n’arrête pas de vomir sur la moquette, ma mère a un lupus, ma sœur est dépressive, j’ai même
pas demandé à naître ! ». Enfin, voilà, je dis tout en même temps, ce qui me vaut en général la réponse : « heu… Je sais pas quoi te dire ! ». Ben, y a rien à répondre, juste que ça me fait du bien de balancer tout ça, ça soulage, c’est un peu comme mettre la poubelle au vide ordures. Mais bon, en général, quand j’ai des petits soucis, rien ne vaut l’autodérision. Oui, j’ai la lose, alors rions-en ! Faisons des BD mal dessinées sur ma machine à laver qui déconne et mon chat qui vomit (je crois qu’elle me fait de la boulimie, en fait). Au lieu de passer pour la chieuse jamais
contente de service, je passe pour la rigolote ! Parce que se plaindre sans saouler son auditoire, c’est tout un art. Si on tombe dans le larmoyant et le pathétique, les gens vont vite se lasser. Parce que quelqu’un qui ne va que mal, à la fin, on lui demande même plus si ça va car on sait que l’on va lancer la valse des litanies.
Alors faisons comme David : plaignons-nous mais avec panache et humour !

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Sunset Beach

Actuellement en vacances, je suis censée me dorer la pilule au soleil… mais il pleut. Cependant, je veux quand même te parler de soleil et de plage lecteur (même si je ne suis pas au bord de la mer, quoi qu’il arrive). Alors je vais te parler d’une merveilleuse série défunte trop jeune, un mélange d’Alerte à Malibu, des Feux de l’Amour, d’Amour, Gloire et beauté, Dallas, Beverly Hills … (rien qu’avec cette phrase, Google va me ramener de nouveaux lecteurs). Cette série, je vais t’en parler parce que Gauthier l’évoque, parfois, dans ses interventions.

 

On retrouve les éléments de base : une riche famille dont tout le monde convoite la fortune, une Cendrillon, un charmant veuf et son vilain jumeau qui passe son temps à faire semblant de mourir, un sauveteur en maillot rouge, des latinos, des noirs (évidemment, ces gens-là restent entre eux, le métissage, c’est dégoûtant), une vilaine garce qui passe son temps à ouvrir la bouche pour cracher son fiel et écarter les cuisses… Enfin, bref, cette série ressemble un peu à un immense bal masqué qui aurait pour thème « les séries télés ». Je crois qu’il n’y a jamais eu d’extraterrestre mais y a eu une histoire de pierres maudites donc si elle n’avait pas été arrêtée au bout de 3 saisons, je suis
sûre qu’on aurait eu des OVNIS.

Cette série était super drôle car il y avait une certaine autodérision, les personnages s’imaginaient dans de drôles de postures, surtout la peste de
service, Annie. Une fois, elle s’est imaginée en wonder woman mais je ne sais plus pourquoi. Côté scénario, c’était du grand n’importe quoi. Déjà, il y avait Olivia, la femme du riche entrepreneur, mère de Caitlin et Sean (lui était joué par le fils du producteur, il était trop moche mais les nanas se battaient pour lui). Pour vous planter le personnage, Olivia est la fille qu’auraient eu Morticia et Armande Altaï… Malgré son âge avancé, Olivia tombe enceinte… mais de qui ? Oui, elle ne le sait pas, soit de son mari, soit de Cole qui est le petit ami de sa
fille mais quand il couche avec Olivia, il ne sait pas qu’elle est la mère de la dénommée Caitlin, donc. Elle fait donc un test de paternité et j’avoue ne plus me souvenir du résultat, je crois que ce bébé était de Cole mais peu importe car il va s’en passer des choses pour Olivia et son bébé. En effet, parallèlement, sa fille Caitlin tombe enceinte de Cole (ce qui fait que son frère est aussi son beau-fils…et c’est là que vous avalez votre cachet d’aspirine, merci). Mais suite à un accident de voiture, elle perd le bébé mais ne le dit pas à Cole, elle fait semblant d’être,enceinte et demande  à Annie de lui trouver un bébé. Annie qui veut épouser Gregory, le mari d’Olivia, pour une histoire d’héritage, vole le bébé d’Olivia pour le filer à Caitlin… Compliqué, hein ?

Pour décrire Sunset Beach aux pauvres ignares qui ne connaissent pas, j’adorais raconter la scène suivante (il faut savoir que je suis une actrice géniale, je raconte en mimant les personnages et tout, quel spectacle !). Meg, la gentille à qui il n’arrive que des ennuis, se marie avec Ben, écrivain qui n’écrit pas. Il faut savoir que le pauvre Ben était marié à Maria qui a disparu dans un accident de bateau. Le flic de service, qui n’est autre que le frère de Maria, le soupçonne d’avoir voulu tuer sa femme mais, en fait, c’était pas lui mais son jumeau diabolique, Derek. Donc nous voici le jour du mariage et Maria, qui n’est pas morte, en fait, mais est amnésique, va au mariage car elle a sympathisé avec Meg (qui ne sait pas que c’est la première femme de son futur époux). Déjà, la pauvre Maria se retrouve seule en plein orage et elle a très peur car ça lui rappelle son accident, on la voit dans la rue, complètement paniquée… Maria n’est pas blonde mais elle n’a pas eu l’idée d’aller s’abriter, elle reste sous la pluie en faisant : « Oh mon Dieu, j’ai peur ! ». Bon, l’orage  s’arrête et notre amie Maria arrive à l’église, elle va entrer, c’est terrible car tout le monde va la reconnaître… Elle met la main sur la porte, elle pousse et… elle se casse un talon (oui, ne me demandez pas comment elle a fait). C’est trop la honte pour elle, elle ne peut pas rentrer dans l’église comme ça. Alors elle va aux toilettes pour réparer son talon. Oui, Maria, c’est la McGyver de service : elle est suffisamment conne pour rester sous la pluie mais elle pense pouvoir réparer sa chaussure dans les toilettes. Bon, alors là, je me demande bien comment on peut réparer un talon avec de l’eau et du savon ! A la limite, avec du papier toilette, elle aurait pu faire une espèce de glu et coller son talon mais non. De toute façon, une fois aux toilettes, Maria ne pense plus à sa godasse. Elle voit un crucifix au dessus de la porte et prie pour que le mariage de son amie Meg se passe au mieux et que celle-ci soit très heureuse. La prière dans les toilettes, c’est une scène merveilleuse, tout de même ! Mais la pauvre Maria est maudite, voilà que la porte est bloquée donc la voilà qui essaie de passer par la fenêtre
(malgré son talon cassé) mais la pauvre chérie tombe et se cogne, la voilà assommée. Après, je ne sais pas comment elle s’en sort car j’ai raté un ou deux épisodes mais elle arrive pendant la cérémonie et, ô effroi, tout le monde la reconnaît. Donc, aux Etats-Unis, les cérémonies de mariages doivent durer une demi-journée, c’est pas possible ! La fille, elle a le temps de se prendre un orage sur la tête, de s’assommer, de s’évanouir et compagnie mais quand elle arrive dans l’église, c’est toujours pas fini !

Comme tu as pu le remarquer, les scénaristes ne sont pas très respectueux de la religion, un crucifix aux toilettes… Mais il y a pire, y a un prêtre ! Le prêtre, Antonio, c’est le frère de Maria et du policier, il et beau et foutu comme un Dieu. Sans rire, un prêtre comme ça, je vais à l’église tous les dimanches en imaginant que je vais coincer le monsieur au confessionnal pour une brouette d’anthologie. Je suppose qu’Antonio est un prêtre catholique car il ne doit pas céder au péché de chair mais il est tenté par Gaby. Mais Gaby, c’est la fiancée de son frère le policier. Il faut savoir qu’au début de la série, le policier sortait avec la sœur de Gaby, une brune super belle (elle a joué dans Mullholland Drive,
après, la sulfureuse Rita/Camilla) mais Gaby était une méchante et elle a piqué le mec de sa sœur puis après, elle est devenue gentille. Donc, si on résume le policier sortait avec Paula et l’a trompée avec sa sœur, Gaby, avant de sortir avec cette dernière qui plaît au frère du policier, Antonio. Toi y en a suivre ? L’attirance est réciproque et, un jour, ils se retrouvent dans un immeuble en ruine après un attentat. Bon, ils sont enterrés sous les gravats mais ils ont quand même de la place et comme ils pensaient qu’ils allaient mourir, ils copulent. Mais ils ne meurent pas et après, le policier le découvre car il tombe sur une cassette où on les voit en pleine brouette. Oui car malgré l’explosion, la caméra de surveillance continuait à tourner. Du coup, le policier monte une super machination pour faire croire que son frère l’a tué et le mettre en prison mais, à la fin, ils se réconcilient.

Il y a encore plein de folles histoires passionnantes, y a une Noire qui chope une maladie bizarre qui n’existe que dans la série. La méchante noire qui convoite le beau fiancé de la demoiselle lui inocule le virus mais le docteur noir amoureux de la gentille trouve un remède. Alors la méchante trouve un échantillon de sperme du gentil docteur donc elle drogue la gentille et lui fait une insémination artificielle artisanale avec un tube… J’ai trouvé ça dégoûtant, quand même… Après, il me semble que la Noire perd son bébé et la méchante est internée. Il y avait aussi une histoire de bateau qui coule (oui, y a un peu de Titanic dans Sunset Beach) et aussi une super histoire débile de pierres magiques qui tuent les gens qui les approchent en les faisant vieillir mais heureusement, nos héros parviennent à les neutraliser avant d’être trop vieux et ils retrouvent leur jeunesse. Ils ont aussi plagié un peu Scream avec un tueur sur une île qui tue avec un masque sur le visage… C’est un peu les 10 petits nègres, ils se soupçonnent tous mais ils parviennent à fuir. Le problème, c’est que le tueur a réussi à avoir le trop beau gosse de la série, dommage. Après, on apprend que le tueur, c’était Derek, le vilain jumeau de Ben qui voulait tuer Meg comme il avait tenté de le faire avec Maria. Au passage, il s’est tapé les deux en se faisant passer pour son frère mais Meg a des soupçons. A un moment, Derek kidnappe Ben et le retient prisonnier dans un entrepôt, il installe une glace sans tain et
va se taper Meg dans la pièce voisine. Mais après le coït, alors que Derek est on ne sait où, Meg va devant le miroir et se parle : « Mais que se passe-t-il ? Il n’y  plus cette étincelle entre Ben et moi… En plus, quand il va savoir que j’ai couché avec John… » (la dernière phrase était fictive !). Ou car dans Sunset Beach, les
personnages pensent toujours à haute voix et jamais quand il faut. Du style : « Seigneur, si Gregory savait que j’ai kidnappé le bébé d’Olivia pour le donner à Caitlin ! », vous pouvez être sûr que le Gregory l’a entendu. Personnellement, quand j’ai ce genre de pensées, j’évite de les exprimer à haute voix. En même temps, j’ai jamais kidnappé personne !

Cette série est conne, c’est un fait. Pourquoi cet engouement, alors ? En fait, quand nous étions en licence, avec Gauthier, nous avons eu quelques soucis avec des sales langues de pute qui ne cessaient de nous critiquer dans notre dos (moi, j’étais la pauvre naïve qui ne voit pas que son mec est avec elle depuis deux ans rien que pour le sexe… 2 ans pour une histoire de cul, je suis définitivement la déesse de la brouette !). Lassés de toutes ces histoires, on les comparait souvent à Sunset Beach, on s’était auto-surnommés Antonio (le prêtre, c’est amusant quand on connaît la vie monacale de Gauthier et sa passion pour la religion) et Francesca (une connasse qui n’a servi à rien, je crois). De l’autre côté, nos chères amies s’étaient amusées à nous coller des surnoms sortis de cette même série, nous n’avons jamais su qui nous étions. Je suppose qu’elles m’ont assimilées à Annie ou une salope du style. Oui, pour elles, j’étais si obsédée par mon entrecuisse que rien d’autre ne comptait.

Enfin, Sunset Beach est, à mon avis, la meilleure série du style, ne serait-ce que parce qu’elle est courte, contrairement aux Feux de l’Amour qui sont plus vieux que moi. Il y avait pas mal d’autodérision et il est un peu dommage qu’ils l’aient arrêtée, je sens qu’on aurait eu encore des histoires totalement tirées par les cheveux. Mais je pense que le gros défaut de cette série, c’est le manque de coucheries et de changement de partenaires. Oui, malgré les quelques infidélités citées plus haut, la plupart des personnages ont terminé l’histoire avec le même partenaire qu’au début (Gregory-Olivia, Ben-Meg, Caitlin-Cole, Noir-Noire, Latino-Latina…). Alors que, dans les Feux de l’Amour, Victor le moustachu s’est marié 18 fois et s’est tapé toutes les nanas de la série (sauf sa fille, il faut pas déconner) et ça fait 20 ans que ça dure ! Personnellement, je comprends pas ce qu’on lui trouve, à Victor, je le trouve écoeurant, mais bon…

Conclusion, lecteur : pour faire une bonne série, multiplie les couples. Et si tu vires dépressif, télécharge Sunset Beach. Ça ne te sauvera pas mais tu rigoleras au moins un peu.

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Les blogs

 Ecrire un blog peut paraître amusant, comme ça, mais c’est quand même du boulot alors pourquoi le faire ? Mercredi, alors que je faisais semblant de travailler, je me Baladais sur mes blogs fétiches, à savoir celui de Maliki et celui de Nicolin (voir liens).

Ce dernier utilise également over-blog et il avait des problèmes pour mettre en ligne ses planches, je commence donc à poster pour raconter mes propres malheurs à ce sujet. Puis je trouve une nouvelle planche sur ses questions existentielles de blogueur. Intéressée par le sujet, je lui pose la question suivante : « Est-ce que tu n’as pas peur que des nanas te draguent rien que pour être sur ton blog?? Je ne doute absolument pas de ton pouvoir de séduction mais frantico s’était posé la question à un moment et je te demande ton avis à ce sujet. » En effet, sur le blog de Frantico, aujourd’hui abandonné (quelle tristesse), des lectrices le contactaient pour copuler joyeusement avec lui. Pourtant, il se décrivait comme un loser de la drague, un petit gros à lunettes et chauve… Nicolin me répond qu’il pense que, au contraire, ça doit les faire fuir. Personnellement, et je lui fais part de mon avis, je suis convaincu que certain(e)s seraient prêt(e)s à tout pour avoir une certaine célébrité et coucher pour qu’on parle de soi dans un blog que l’on lit tous les jours ne me paraît pas si incongru que ça. D’ailleurs, Nicolin m’avait proposé un deal : « je parle de ton blog si tu parles du mien », j’avais répondu : « pour être dans mon blog, il faut coucher ». Tu vois, Nicolin (car je sais que tu lis cet article vu que je t’ai donné le lien pour le faire), je t’ai menti, je parle quand même de toi, même si je n’ai pas pu tester tes dons d’étalon.

Bon, suite à cette réponse un peu provoc’, il m’invite à aller sur son chat privé pour qu’on discute (je faisais alors toujours semblant de travailler) et la conversation fut, à mon sens, très intéressante car elle soulève plusieurs points intéressants concernant les blogs.

Les blogs sont-ils des instants de vérité ? Vous qui me lisez et qui ne me connaissez pas, êtes-vous sûrs que je sois réellement une jeune fille de 25 ans ? Qui vous dit que mes brouettes et râteaux existent réellement ? Il en va de même pour tous mes amis : sont-ils réels ou le fruit de mon esprit fécond ? Il reste une aura de mystère, un point d’interrogation difficile à effacer. Il y a quelques temps, j’avais participé au tournage d’un film amateur réunissant une certaine communauté parmi laquelle je pensais retrouver la fameuse
Maliki, dont j’ai parlé plus haut. Pour ceux qui auraient la flemme d’aller voir sur son blog, Maliki est une jeune femme à l’âge indéterminé (une vingtenaire, assurément), qui se représente avec des cheveux roses et des oreilles pointues et qui publie une fois par semaine un petit strip sur sa vie. J’aime beaucoup son style, c’est une loseuse comme moi, à savoir qu’il lui arrive des
petits pépins qui font beaucoup rire quand on les prend avec autodérision. Je l’adore d’autant plus qu’elle a deux chats profondément débiles qui feraient passer la mienne pour un félin normal. Je pensais que miss Maliki serait là car je savais qu’elle était amie avec une des actrices du film, elle parle souvent de cette demoiselle dans son blog.

Arrivée sur le tournage, je repère une nana brune avec des mèches rouges (version rouge fluo…) et je me dis : « tiens, c’est peut-être elle, Maliki ! » donc ni une, ni deux, je fonce vers elle et lui demande si j’ai raison. Elle me répond : « Ah non, c’est pas moi… Maliki n’est pas là mais, tu sais, c’est un garçon. »

La foudre est alors descendue du ciel pour me frapper, je la regarde avec ma bouche grande ouverte, mes amygdales impudiquement exposées. Je lui demande de répéter, persuadée d’avoir mal compris et elle me confirme, m’assénant cette terrible sentence : « Tu sais, il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur le net ! ».

Lors de ma conversation virtuelle avec Nicolin, on est un peu parti dans le même délire : qu’est-ce qui te prouve que je suis celui ou celle que je prétends être ? Rien mais est-il vraiment utile de le savoir ? Toi, mon lectorat, as-tu envie de savoir à quoi je ressemble, être sûr que j’existe ? Que mes histoires ne sont pas le fruit de mon imagination fertile ? Bon, évidemment, vu mes histoires pourries, on aura du mal à penser que c’est inventé… J’invite mon nouveau lectorat à lire l’article intitulé « Christophe » dans la catégorie Nina : c’est pas possible d’imaginer un vent pareil, ça ne peut être que du vécu. Mais le doute subsiste.

D’ailleurs, il se cultive. Mercredi soir, j’ai envoyé ma photo à Nicolin vu qu’il m’avait offert un joli dessin, mais pas n’importe quelle photo, celle où je fais ma star. Celle qui m’a valu je ne sais combien de flashes sur meetic. Celle où on ne voit que mes yeux parce que j’ai coupé le décolleté impressionnant qu’il y avait en dessous. Il faut savoir que je ne m’aime pas en photo donc quand j’en trouve une où je suis bien, j’en use et j’en abuse. Mais lui ne m’a pas rendu la pareille, pour « conserver le mystère », a-t-il dit. C’est vrai que je ne
peux pas l’imaginer autrement qu’en dessin, je ne sais pas trop comment je réagirais si je le voyais en photo… Déçue ? Peut-être pas, vu que je m’attends à rien mais c’est vrai qu’il est essentiellement pour moi un personnage dessiné. Cependant, cher Nicolin, si je ne t’ai pas perdu lors des précédents paragraphes, sache que ça me ferait bien plaisir de te croiser dans les rues de Paris, ce serait marrant. Et, non, je ne suis pas une nymphomane en mal de célébrité qui veut à tout prix te coincer dans un coin pour être dans ton blog. Mes exploits sexuels sont déjà évoqués ici et puis je suis pas sûre que ce soit une bonne idée de coucher avec un mec qui a connaissance de mon blog.

Car mon blog, je ne l’ai pas crée pour me taper un maximum de mecs qui se rendraient compte à travers ces lignes que je suis une espèce de déesse du sexe. D’abord, je ne couche pas avec n’importe qui et puis, reste cette question que j’avais posé à Nicolin (qui a beaucoup plus de lecteurs que moi) : n’as-tu pas peur qu’une fille veuille coucher avec toi juste pour être dans ton blog ? Personnellement, je pense être à l’abri mais si un gars qui lit assidûment mon blog venait à me proposer une brouette… Bon, s’il me plaît, je ne pourrai pas dire non mais en ferai-je un article, ensuite ? Pas sûr, même si ça me rapportera un point dans les statistiques qui ne sont pas du tout à mon avantage, en ce moment. D’un autre côté, j’ai pas envie que mes camarades de brouette passés et actuels tombent sur mon blog, je ne suis pas sûre qu’ils soient ravis de savoir que je partage ces moments intimes avec mes lecteurs (peu nombreux, certes)… Et puis je n’ai pas envie qu’ils sachent ce que je pense d’eux.

Alors pourquoi j’écris ce blog ? En fait, l’idée m’est venue un matin où je faisais semblant de travailler (pour changer). En fait, tout est parti de Victoire qui avait un rendez-vous avec un gars de meetic et qui doutait de l’issue de la soirée : ce jeune homme (Fulbert, nous en reparlerons dans la rubrique appropriée) voulait l’amener voir une exposition. Elle m’envoyait donc plusieurs messages dans la journée, râlant sur le fait que Fulbert ne semblait pas porté sur la brouette mais je lui ai dit : « il faut se méfier de l’eau qui dort,
ma Victoire… A mon avis, tu vas l’avoir ta brouette, c’est juste un fétichiste de l’art ! ». C’est fou ce que je peux dire comme bêtises quand je m’ennuie. Le lendemain matin, j’arrive au boulot (en retard), je m’installe à mon pc et me précipite sur notre forum de prédilection, elle m’envoie un message pour me dire que j’avais raison (comme si j’en doutais) et là, m’est venue l’idée des vingtenaires : nous sommes célibataires, nous avons la lose en amour, pour la plupart, nous vivons des histoires qui valent la peine d’être écrites par une future journaliste qui s’emmerde en stage. Tous les ingrédients sont là. Alors je me suis lancée…

Bien sûr, j’aurais pu faire un blog comme Frantico, Nicolin ou Maliki et raconter ma vie au jour le jour car il m’en arrive, des bêtises : la climatisation du train qui tombe en panne, mon troisième orteil du pied droit tout bleu parce qu’un plateau plein de linge humide lui est tombé dessus, mes histoires de téléphone et d’Internet, mes amendes car j’ai perdu ma carte orange… Oui, mais je ne sais pas dessiner. Alors, quitte à faire ce que je fais de mieux, écrire, autant qu’il y ait de la matière. Et avec huit vingtenaires, bientôt neuf, croyez-moi, y a du boulot !

Il y a deux catégories de personnes dans les blogs : ceux qui les écrivent et ceux qui les lisent. Seuls les premiers savent ce qui est vrai ou ne l’est pas mais, au fond, est-ce que c’est vraiment important ?

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