Liste de la fille qui n’est pas enceinte

Finalement, la semaine fut plus light que prévu, ce qui tombe bien vu que mes ovaires ont fait la révolution et aïe quoi.

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– Lundi, Simon a passé son entretien d’évaluation auquel je n’ai pas assisté, bien sûr, mais il en est quand même ressorti deux infos majeures pour moi. D’abord, ma période d’essai
a été validée, me voici très officiellement en CDI. Mais surtout, « bon, on déménage, on part avec les rédactions ». Dans moins d’un mois, à priori, Ioulia, Simon et moi, on aura notre
bureau dans un quartier über class. Le seul truc qui m’ennuie, c’est que les autres ne bougent pas. Et j’ai calculé qu’en terme de temps, c’est pas un super investissement : j’ai une réunion hebdo pour TMF qui se tiendra toujours dans les anciens locaux, 30 minutes de perdues. Pour aller au siège social de TTGP, ça va être plus long aussi. Par contre, pour aller bosser, pas de soucis, le trajet change un peu mais je mettrai autant de temps.

 

– Lundi, toujours, je me rends justement dans les locaux de TTGP pour former deux des éditorialistes de TMF, je vous refais pas le coup du petit scarabée mais c’est carrément ça.
Ca m’amuse toujours un peu de former des nanas qui ont 20 ans de métier et qui m’écoutent avec une grande attention. Et elles ont été adorables en plus. En repartant, je vais saluer la rédac chef de TMF.com « ben tiens, on va déménager, y a plein de produits dans les placards, tu n’as qu’à prendre ce que tu veux ». Youpi ! Alors que prendre. Hum… Il y a une boîte de capotes, là, qui a l’air toute abandonnée… Et il ne m’en reste que deux à la maison et j’ai besoin de refaire rapidement les stocks, ce serait dommage. « Bon, alors, je vais prendre la bougie Nina et heu…les capotes. – Ah ben tu fais ce que tu veux, hein ! ». Toi aussi, assume ta vie sexuelle devant tes collègues. Sinon, ça m’embête qu’un parfum qui s’appelle Nina pue autant, la bougie, elle fait jolie sur mon bureau mais jamais je l’allumerai. En plus, j’ai pris des shampoings pour les garçons du bureau.

– Jeudi, je vais visiter nos futurs bureaux, je tape l’incruste avec la rédaction de l’hebdo télé du groupe. Sur le coup, ils on dû se demander qui j’étais. L’immeuble est très beau, de type haussmannien, il y a une petite cour, très sympa. Les bureaux en eux-mêmes, par contre, je suis un peu moins emballée : les peintures et la moquette sont à refaire, c’est un
peu sombre et bizarrement agencé, faudra voir quand tout sera aménagé. Le seul truc qui me fait peur, c’est la question de l’accueil « on en aura un ? – C’est pas sûr, vous le
partagerez peut-être avec la radio (qui appartient au groupe) en face. » Je sens que ça va être d’un pratique, ça…

– Mercredi soir, je suis au bord de l’agonie du fait de mes ovaires, toujours. 14h mail de Vicky : « on se boit un verre ce soir ? ». Heu…Oui ! « bon, j’essaie de partir à 18h ». Saud que j’apprends en milieu d’après midi que j’ai une réunion éditing de TMF à 17h. Donc forcément, à 18h, j’y suis encore. Bon ben, je vais arrêter de vouloir sortir tôt. Quoi que la veille, j’avais réussi à partir à 18h, encouragé par Simon qui m’a dit en substance : « tu peux y aller, t’as vu ta tête ? ».

 – Samedi soir, il y avait l’anniversaire de Lena. On se retrouve à 18h avec Ioulia pour lui acheter un cadeau et comme des suicidaires que nous sommes, on va faire ça aux
galeries Lafayette. A 18h10 je passe du mode suicidaire au mode « je vais en tuer un ou deux ». Non mais ils peuvent pas faire les courses avant les gens ? Non mais… Après
l’effort, le réconfort. Un petit macaron Ladurée chacune et on va se boire une coupe de champagne dans un bar. Le problème étant que Ioulia et moi, on tient aussi bien l’alcool l’une que l’autre. Heureusement qu’elle était déjà allée chez Lena car s’il avait fallu compter sur moi pour y aller, on serait encore en train de chercher. Ceci étant, la palme du « on s’est perdus, on arrive en retard » revient à Alix et Joy, arrivés à … 0h15 ! Mais bon, on va pas se moquer, hein… huhuhu.

Voilà, petite semaine mais c’est la faute à mon appareil reproducteur qui a protesté vivement de ne pas avoir un petit à nicher. Des fois, être une femme, c’est très très
chiant.

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Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.

 
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