Donner de l’argent, un réel engagement

Depuis le début de l’année, je me questionne, je doute : comment s’engager, comment aider ces causes que je crois justes ? Tenter d’évangéliser, oui, avoir un comportement le plus responsable possible, ok. What else ? Donner des sous ? Je veux bien mais n’est-ce pas se laver les mains d’un sujet donné ?

concept: giving money to a growing pool of donations

Je donne déjà à certaines associations : j’ai une filleule au Vietnam via une association qui aide la scolarisation des jeunes filles (Plan pour ceux que ça intéresserait), j’ai investi pour permettre à une apicultrice d’installer de nouvelles ruches car les abeilles, c’est important (Un toit pour les abeilles), je me suis abonnée à Mediapart et Arrêt sur images, j’ai donné sans hésiter au Secours Populaire quand les jouets pour les enfants ont été très connement saccagés. Je vous dis pas ça pour me la raconter mais plus pour vous inspirer si jamais… Je n’ai pas le portefeuille en pot d’oursin mais j’ai toujours cette impression que je m’achète une bonne conscience, qu’on ne s’engage pas par l’argent.

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Et puis j’ai vu Paul Watson, le capitaine du Sea Sheperd dont je vous parlais hier, le pirate qui a eu ses bateaux confisqués suite à son opér ation dans les Iles Feroe. Lors du débat suivant la projection du Peuple des Orques, il nous expliquait qu’il avait fait un appel au don pour reconstituer sa flotte mais qu’il avait galéré à réunir la somme alors que “j’ai plus de 300 000 dans sur Facebook, si tout le monde avait donné un euro, le prix d’un café, on aurait refait la flotte. On n’a eu que 6000 donateurs à l’arrivée”. Et c’est là que je percute : l’argent, c’est le nerf de la guerre. Quelle que soit la guerre ou le combat.

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Finalement, donner, ce n’est pas tant se laver les mains d’un problème que de donner à ceux qui peuvent agir sur le terrain le moyen de le faire. J’ai beaucoup de respect pour le travail de Watson et Sea Sheperd, par exemple, et je n’ai pas les moyens d’aller sur les îles Feroe m’opposer au massacre des dauphins (enfin, j’ai pas de bateau et je ne sais pas naviguer, je veux dire). Bien sûr, le mieux serait de monter sur un des bateaux pour agir directement mais on ne peut pas toujours participer à tout, être systématiquement sur le terrain. Les sujets qui me touchent ou m’inquiètent sont nombreux et en ne parvenant pas à choisir ma cause, celle pour laquelle je donne mon temps, pourquoi ne pas filer un petit coup de main par ailleurs… en donnant de l’argent. Parce que si je prends Plan ou un toit sur les abeilles, je peux pas donner 2h de mon temps : ma filleule est quasi à l’autre bout du monde et j’y connais rien du tout en abeilles (déjà, c’est étonnant quand on me connaît, je n’y suis pas allergique). Idem pour Mediapart ou Arrêt sur images, je trouve ça bien cette indépendance d’un média mais à part donner des sous, que faire ?

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Alors oui, finalement, je réalise que donner, ce n’est pas juste pour la bonne conscience ou pour faire genre qu’on a aidé. D’abord, oui, on aide. Moins que du bénévolat, certes, mais c’est déjà un pas et un pas drôlement nécessaire, in fine. Alors, tiens, au lieu de dépenser mes sous n’importe comment, pourquoi ne pas donner plus souvent. Parce qu’évangéliser, c’est bien mais filer un petit coup de pouce, c’est mieux. Ce qui ne m’empêchera pas de mettre les mains dans le cambouis le jour où je trouverai ce que je mets en priorité dans les différentes causes qui m’interpellent

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Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

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Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

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Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

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Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

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Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

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Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

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J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

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Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

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PETITE PHILOSOPHIE DE LA CONNERIE

Par Lucas

J’avais écrit cette bafouille du temps où j’étais président-fondateur-membre unique de l’ADC RMS
(Association des Cons de Reims Management School) sur le modèle de l’ADC Sciences Po Paris.


J’avais crée 4 autres personnages, complètement fictifs, pour me donner  un peu de légitimité. Pour faire croire que c’était une vraie assoce, que c’était l’œuvre de plusieurs personnes et non le délire futile d’un pauv’mec abonné à jaipasdvie.com.

En me faisant racketter mon ordi le 11 novembre j’ai du arrêter mais je comptais organiser plein de concours… à la con mais loin de la futilité lutinante de mon BDE malaimé. Par exemple, j’avais offert un magnum de champ à un étudiant qui avait trouvé une devise pour l’école (RMS, The Will Of Opening, The Quest of Managing ;  ce n’est qu’après que j’avais trouvé : RMS, A Larger Vision for A Smaller World)

Bref…
Aujourd’hui, je vous fais donc un article shortissimo où je prends 3 mns pour développer 3 lignes que j’avais écrites il y a 6 mois et ce afin de vous proposer une

Petite Philosophie de la Connerie.

On sait tous, plus ou moins, ce qu’est un con mais quand il s’agit de le définir on est bien embêté. Con est-il seulement une acception vulgaire pour parler d’un idiot ? Cette définition n’est-elle pas limitative ?

La science vient en aide au rédacteur bien embêté pour lui rappeler que l’idiot se définit comme « une personnes ayant un QI inférieur à 25 ». Merci la science mais on est pas plus avancé. L’idiot peut très bien avoir des éclairs de lucidité ou des coups de génie ponctuels. Or, le con est un idiot dans le temps,  un idiot adoubé grâce à des actions répétées. Des faits et gestes démontrant de sa bêtise ou de son inefficacité. Celles-ci peuvent être généralistes ou porter sur un domaine précis et appeler des remarques bateaux :
« Chais pas comment il est dans tel domaine mais en ce qui me concerne c’est un vrai con ». Bon, voila le con défini dans l’espace-temps. On avance… (Je sais déjà ce que vous aller mettre en commentaire : « La philo de Lucas, elle tue des ours polaires »)

Là où l’idiot peut se caractériser par sa nature même d’individu manquant d’intelligence et d’astuce, le con est quand à lui implicitement comparé à une moyenne. L’idiot peut être solitaire mais le con est toujours un être social. On est toujours « défini comme » un con par une tierce personne. il y a donc une relation plus ou moins implicite, plus ou moins franche. D’ailleurs, on peut
très bien être un con qui s’ignore car c’est toujours un jugement porté par autrui sur nous. Notre fierté ne nous incite jamais à s’autoinvectiver… ou alors dans des moments de rage et de manière triviale. (« P’tain mais chuis trop con, j’aurais du y penser ! ») De fait, pour reprendre une grande vérité énoncée par un homme un peu louche au regard clair, en terme de connerie, l’existence précède l’essence (merci Jipé)

Manque d’intelligence disais-je…
Par intelligence, il convient d’entendre le mot au sens littéral : la compréhension d’un domaine donné, d’un sujet abordé ; une faculté à faire les efforts dans le bon sens pour aborder un problème de la manière la plus sure… De la même façon, être en intelligence avec quelqu’un c’est être complice, avoir une mutuelle compréhension sans échanger de paroles, sans que l’artifice du langage ne vienne préciser certaines choses. Aussi fugace qu’une pensée, aussi claire qu’un ruisseau de haute montagne, l’intelligence est un état de vivacité intellectuelle, contrairement à la connerie qui est des plus passives ou, pire, des plus impulsives. Attendez je développe…

Un con est une personne stupide nous dit le dico. Allons donc plus loin et prenons le sens littéral du mot. Face à un acte qui nous désarme, rester stupide c’est demeurer hébété et incapable de réagir. Hébété, c’est à dire béat.
Con, stupide, béat, incapable de réagir… On se rend compte que la connerie s’intègre, de manière triviale dans un manque d’allant et se
caractérise donc par une indolence certaine. Est-ce cette crainte qui pousse mes chers condisciples (en un seul mot) de première année à faire campagne et à se battre pour reprendre le BDE ? Que nenni, voyons. Que vous êtes médisants…

La connerie, on l’a déjà dit, a un caractère social à ne pas dénigrer. On est toujours le con de quelqu’un. Cette personne, qui nous stigmatise, a besoin de réconfort et elle cherche dans l’idiot qui passe un soulagement. Le jugement porté a un rôle implicite : on se félicite de ne pas avoir agi ainsi, on se porte aux nues… De fait, la connerie des autres à un rôle thérapeutique essentiel : telle l’homéopathie, à quand la connerie remboursée par la Sécu ?

Mais encore ?
me direz-vous d’un regard déjà lassé et d’un bâillement subreptice…

L’acception « con » ne doit pas être confondue (au sens littéral du mot et sans jeu de mots) avec « connard ». Dans connard il y a un aspect violent et vindicatif, véhément et rageur qu’on retrouve notamment dans l’interjection : « Mais quel connard ce mec ! ». Le connard se pose comme un exutoire quand le con est défini d’une manière fataliste, des plus neutres, en secouant la tête : « Mais quel cooooon… ».


Le but de l’assoce des Cons n’était pas de  promouvoir la connerie mais d’inciter les lecteurs à prendre un peu de distance sur les choses  voire même de se… détendre un peu. En effet, dans un environnement où les esprits ont été façonnés par des parents oppressants (« Tu réussiras mon enfant !« ) puis par des profs de prépa intransigeants, dans un environnement où l’erreur est à peine tolérée et l’indolence décriée, le fait d’avoir un con sous la main a un rôle indéniable en terme d’apaisement. Toute action ne répondant pas aux canons de la culture « école de commerce » ne peut qu’être l’œuvre d’un con. On se félicite alors de ne pas en être un et on bave de manière plus ou moins subtile sur la brebis égarée. Cette réalité est probablement exportable dans toute entreprise. Le con est un martyr universel…

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La joie des ANPE et des assedics

Octobre 2005, me voici diplômée, je passe donc du statut d’étudiante à celui de chômeuse. Sauf que ça ne va pas durer, ai-je décidé. Donc je ne passerai pas par la case
ANPE/Assedics, non, non, non ! Ma grande naïveté me perdra. 4 mois plus tard, la mort dans l’âme, je finis par me connecter sur le site des assedics et c’est parti, je m’inscris. Je ne me doutais pas alors que je pénétrais dans un univers à vous rendre fou.

 

Je m’inscris, donc. En fait, au départ, j’appelle une dame qui m’explique que je m’inscris sur le net et c’est fini, je reçois tout par la Poste ensuite et tout va bien, merci. Je lui demande au passage s’ils délivrent des conventions de stage, on me répond oui. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Quand je vous le dis que je suis naïve. Premier accroc : je ne
reçois pas les papiers. Inscription + 15 jours, je finis par appeler. Je n’ai guère d’estime pour les services de la Poste (j’ai bossé pour eux, je sais de quoi je parle) mais 15 jours pour une lettre dans un même département, même en début d’année, ce n’est pas normal. Donc, j’appelle :

« Oui Mlle Bartoldi, j’ai pas reçu les papiers.
– Ah, c’est pas normal.
– Je m’en doute.
– Bon, je vous les renvoie ».

Quelques jours plus tard, je les reçois et je comprends, l’adresse n’est pas la bonne puisque mon numéro a le malheur d’avoir un « bis ». J’ouvre et je constate que je suis priée de prendre rendez-vous avec l’ANPE avant le 10. On est le 17. Je prends rendez-vous avec l’ANPE, rendez-vous pris fin janvier. Bon, voilà, ça roule. Naïve moi.

Le jour dit, me voici à l’ANPE, face à une dame qui rentre consciencieusement mon dossier tout en commentant mon CV. Elle trouve bien que j’ai déjà eu deux entretiens, moi, cette
information me fait flipper. Deux en quatre mois, c’est pas brillant ! Pendant qu’elle remplit mon dossier, je lui explique que j’ai besoin d’une convention de stage car je viens d’en
trouver un de trois mois dans un grand groupe Internet. Là, j’ai réveillé la bête.

« Non mais attention, on donne pas de conventions comme ça ! C’est quoi ce stage ?

– Ben un stage de journaliste [comme si j’allais faire un stage d’esthéticienne…]

– Y a un emploi à la clé ?
– Non, je crois pas, il n’en a pas été question.

– Ah mais l’ANPE ne donne des conventions de stage que si le stage est suivi d’un CDD d’au moins 6 mois ».

C’est une blague ? Je veux pas dire mais si une entreprise compte m’embaucher, elle me prend direct en CDD ou CDI, pas en stage ! Conclusion : oui, techniquement, l’ANPE distribue des conventions de stage mais dans les faits, si elle en donne deux par an, c’est le bout du monde. Du coup, mon stage me passe sous le nez.

Deux mois plus tard, second rendez-vous. Oui, les rendez-vous mensuels, c’est un mythe. Je me retrouve face à une dame qui sera mon conseiller référent. Cool, on va pouvoir
avancer. Naïve, moi. Il faut savoir qu’un rendez-vous de ce genre dure 30 minutes. Ma nouvelle conseillère commence par rentrer mon dossier sur l’ordinateur. Mais… euh… on l’a déjà fait la dernière fois, ça… Bon, je me démonte pas.

« Ah, vous êtes journaliste !
– Ben oui.

– Et comment on fait pour trouver du travail dans votre branche ? »

Je regarde autour de moi : non, il n’y a aucune caméra cachée… Elle n’arrête pas de me dire d’aller à l’APEC jeunes diplômés, elle prend 5 bonnes minutes pour m’expliquer
comment y aller, des fois que mappy ne serait pas mon ami. Je veux bien y aller moi mais j’ai des questions. Mais elle s’en fout de mes questions, j’ai qu’à les poser à l’APEC. Ok, elle me file un nouveau rendez-vous un mois et demi plus tard, je repars un peu furieuse : c’est pas qu’une demi-heure, ce soit beaucoup mais franchement, j’aurais su, je serais pas venue.

Le jour du dit rendez-vous, je n’y vais pas car je suis en emploi mais j’avoue que j’oublie totalement de prévenir. Et je ne reçois aucun courrier à ce sujet. En somme, le
rendez-vous me paraît totalement fictif, ce qui m’étonne pas vu que Mme la conseillère n’arrivait pas à s’en sortir avec son ordi. Un mois plus tard, je reçois un courrier « Melle Bartoldi, vous avez rendez-vous avec M. Bidule à l’ANPE d’une ville-qui-n’est-pas-la-mienne ». Hein ? J’appelle.

« Oui mais c’est normal, ça marche par secteur.
– Ok. Mais là, en fait, je suis en stage.
– Vous avez un contrat ?

– Non, il n’a pas encore été fait, c’est pour une association en attente du récépissé de la préfecture.

– Ah ben faut venir alors ».
Oui ben, désolée, j’ai pas le temps.
 

Et c’est la dernière fois que j’ai entendu parler de l’ANPE. Après ce rendez-vous manqué, j’ai été virée des assedics, je me suis réinscrite aussi sec et… rien. Je suis inscrite et
c’est tout, on ne me demande plus rien, si ce n’est de pointer tous les mois. Ce que j’oublie à peu près systématiquement, j’avoue, mais vu que je ne touche aucune allocation chômage, ce n’est pas bien dramatique.

 

Bref, en conclusion de ce petit chapitre, notez : si en journalisme, du travail tu veux trouver, l’ANPE tu dois oublier.

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Toi aussi, t’es un no life ?

L’été dernier, j’ai travaillé pour une asso (non, non, toujours pas reçu mes derniers salaires mais ils m’appellent régulièrement pour me filer des rendez-vous qu’ils annulent) qui cherche à promouvoir la place des 18-35 ans dans la société, en gros. Je faisais des revues de presse et au cours de l’une d’entre elles, j’ai lu un article sur la génération Zapping. En gros, les djeuns d’aujourd’hui sont surconnectés. Là, à l’heure où je vous écris, je surfe sur le net et je regarde la télé. J’écoute pas la radio, faut pas déconner non plus.

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Bref, les djeunz d’aujourd’hui dans lesquels je m’englobe sont en permanence connectés à des tas de gens. Mais cette hypersociabilité n’est-elle pas, paradoxalement, une forme d’autisme ? Je m’explique. Vendredi, au taf, en fin de journée, je vais traîner sur youtube et là, je tombe sur Clément le nolife (youtube en fin d’article). En gros un gamin tête à claque qui drague plein de nanas sur Internet mais en fait, on sent surtout le pauvre type qui n’a pas d’amis. Du coup, je regarde ce reportage (et surtout les 150 parodies) et je me pose la
question : moi mieux que lui ?

Bon, Clément, il a 17 ans et il s’invente une vie genre « je suis un métalleux qui drague des filles sur le net et regarde des pornos parce que les meufs s’inspirent de ça ». Moi, je m’invente pas de vie, je suis Nina qui a un style girl next door, qui lit des blogs et chope des mecs, des fois, mais pas forcément exprès (enfin, j’écume pas les sites de rencontre quoi). Evidemment, quand j’étais au chômage, je passais mes journées sur des blogs et MSN, mes amis les plus proches aujourd’hui sortent de blogs ou de forum (mes vingtenaires chéris, Vicky, Lil Virgo), j’ai pas mal de gens sur mon MSN qui sortent de là aussi. Mais pas que. Ma meilleure amie, Anne, je la connais depuis la maternelle, j’ai d’autres amis que j’ai rencontré autrement. Mais c’est vrai que ça aide à rencontrer des gens mais quelle valeur donner à ces relations là ? Je parle à des gens que je n’ai jamais vues, je leur confie des fois des choses très intimes. Mais la plupart, je ne connais même pas leur nom de famille. Quand Lucas a eu son accident, personne ne m’a prévenue… Normal, on se connaît plus virtuellement que réellement, j’ai jamais rencontré ses amis, ses parents…Heureusement, une de ses amies lit le blog et m’a expliqué ce qu’il se passait. Mais il y a des gens qui rentrent virtuellement dans ma vie, on parle de choses parfois très intimes et parfois, ils en sortent sans que je m’en rende compte. Faut dire qu’une soixantaine de contacts MSN, je peux pas parler à tout le monde non plus.

Personnellement, je ne me considère pas comme une no life. Oui, je suis « surconnectée » comme Clément mais l’ordinateur n’est pas mon seul horizon. Je sors, je lis des livres avec de vraies pages, des magazines (en papier), je regarde la télé, écoute la radio, parle à des gens en chair et en os, je vais voir des expos, des films au cinéma… Bref, j’ai aussi une vie loin de mon écran de pc. Faut dire que Clément, c’est un phénomène. Vendredi, j’ai commencé à regarder quelques parodies de Clément le no life, on en a regardé plein d’autres avec ma future coloc vendredi soir et samedi. D’ailleurs, avec mon camescope acheté une bouchée de pain sur ebay, on a décidé de faire notre version de Clément. Reste qu’à trouver une actrice (oui, on fera la version fille) et d’écrire le scénar et on va se lancer. Oui, il est ridicule mais je parle toute la journée avec des ados qui se couchent à 2h du matin après avoir passé la soirée à chatter avec d’autres membres de la plate forme. Ils changent toutes les semaines de best friends, m’expliquent que leur best, c’est truc ou machin qu’ils connaissent pas, ils « sortent » entre eux sans jamais s’être vus… No life.

Ceci étant, Clément, il est devenu une star, une vraie. Ce youtube, on me l’avait filé sur MSN, y a 150 parodies (des très drôles !). Bon, je n’ose imaginer sa vie depuis, tout le monde doit se foutre de sa gueule au lycée mais il est tellement puant qu’à la limite, je le plains même pas. Puis, en fait, on arrive aux limites du système. Clément ne vit que sur le net, il rêvait de devenir célèbre, il l’est devenu grâce au net. Bon, c’était pas la popularité à laquelle il aspirait mais bordel, qu’est-ce qu’on se marre grâce à lui !! Pour ceux qui vont
sur youtube, je vous conseille de mater les parodies genre Luc, Michou, Jean-Yves, Charles-Henri, Mister Gomme. Bon, c’est hyper addictif mais avec Future coloc, on s’est bien marrées !

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Le vendredi 13 porte-t-il bonheur ou malheur ?

(version audio en fin d’article)

Le vendredi 13, c’est un jour béni pour la Française des jeux, on vous dit que c’est un jour de chance et que tout ira bien, youpi. Alors j’ai décidé de vous présenter mon vendredi 13 pour voir si c’est vrai ou pas. Mais avant, je dois poser plein de trucs.

 

Vendredi dernier, 6 avril, c’était mon anniversaire, donc. Me voilà âgée de 27 ans. C’est con comme un simple changement de chiffres modifie la perception que vous avez de vous et de votre vie, je vous jure. A 26 ans, j’étais une loseuse, à 27, une battante. J’attendais une réponse pour un boulot qui me plaisait énormément mais je pense qu’il y avait un souci dès le départ : où je me sous-estime ou les messieurs qui m’ont convoquée me surestiment. Disons que le boulot était peut-être un peu trop élevé pour une débutante. On me l’aurait donné, j’aurais assumé sans trembler mais c’est vrai que c’est trop beau pour commencer avec des responsabilités, des gens à gérer, tout ça. En gros, je commençais direct vers le haut de l’échelle. Vendredi, donc, le téléphone sonne, sonne, sonne puisque tout le monde me souhaite mon anniversaire, je vais mourir d’angoisse ! 12h : « bonjour, Mme d’une mairie loinloin, vous voulez venir jeudi pour un entretien ? » ben oui madame ! 14h, mail : « Bonjour, monsieur d’une agence de comm, vous voulez venir jeudi pour un entretien ? » Ben oui monsieur ! Donc voilà, jeudi, grosse journée en perspective.

 

Ma journée de jeudi. Partie à 10h de chez moi, je prends le train puis le métro jusqu’à Vaugirard, dans le 15e. L’entretien se déroule comme dans un rêve, le genre d’entretiens que j’adore où on devient super potes avec le recruteur, je suis à l’aise, lui aussi, tout va bien. Du coup, mon sourire est spontané et j’oublie mes cheveux oranges. Puis j’ai mis le joli sautoir de ma mamie. Il me demande de lui rendre un rédactionnel, je lui précise que je dois aller à un autre entretien donc j’ai jusqu’au lendemain matin. Ok ! Réponse ? Le lendemain, le vendredi 13, donc. De là, je pars jusqu’à Montparnasse où je mange en lisant le Nouvel Obs, histoire de me la jouer intello à deux balles. 13h, je repars prendre le RER à Châtelet. Arrivée à Nanterre, je me rends compte que j’ai pas un billet pour aller jusqu’à Cergy donc je descends vite acheter un nouveau billet. 8 euros l’expédition en zone 5, youpi. Arrivée à Cergy, terminus, le bus part sous mon nez donc 20 mn d’attente, je vais boire un coca. C’est bon, j’ai encore le temps. Je prends finalement le bus (hop, encore quelques sous de moins) et 6 minutes plus tard, me voilà devant une mairie toute neuve qui sent encore la peinture du Val d’Oise. C’est mignon ce coin du Val d’Oise, ça fait très campagne. Je serais pétée de tune, j’achèterais bien une petite maison dans le coin pour des week-end semi campagnards (mais je suis pas du tout pétée de tune). Bon, l’entretien commence avec 45 mn de retard, je poireaute dans un bureau avec mon Nouvel Obs. Là, un couple de djeuns arrivent dans le bureau pour voir l’employée qui y était, la maman de la fille, et ils viennent me taper la bise. Je suis un peu étonnée mais bien amusée par cette scène. Bon entretien on ne peut plus classique avec deux femmes à base de « vos qualités, vos défauts ». J’ai un rédactionnel à faire pour mardi, réponse le 23.

Donc revenons au vendredi 13. Je devais donc avoir une réponse pour l’entretien de la veille, celui du matin. Je me lève pour envoyer mon rédactionnel et on croise les doigts. Ce jour-là, j’avais trois rendez-vous de programmés : 14h, Summer, 16h30 Lola et en début de soirée, l’asso pour être payée (enfiiiiiiiiiiin). 10h, texto de Summer « j’ai un dégât des eaux chez moi, on se voit pas ». Bon, le vendredi 13, c’est la lose. Je finis mon rédactionnel et je l’envoie. Je devais écrire un article expliquant les flux RSS (mais simplement, hein) et imaginer une animation pour un site pour ado. Au début, je voulais faire un truc sur les présidentielles genre « si tu étais président, tu ferais quoi ? » mais trop casse gueule. Ado, on a souvent les idées politiques de ses parents et ça aurait pu vite partir aux disputes en comm et autres donc à éviter. Ma sœur me fait parvenir la newsletter des 0-25 ans qui identifient les tendances. J’aperçois un truc sur Levi’s. Levi’s -> fringues. Crée tes propres fringues ? Fringues -> déguisement. Déguises-toi et montre nous ça ? Plus trop d’actu… Déguisement -> super héros. Evidemment, bingo ! Entre la sortie de Spiderman 3 et l’arrivée imminente d’Heroes sur TF1, c’est dans l’air du temps. Ok, je fais mes trucs et j’envoie. Maintenant, j’attends.

Ma sœur passe sa journée à me mailer/appeler/MSNer car elle a oublié son portable. D’habitude, elle est plus zen. 15h et des brouettes, téléphone, c’est le président de l’asso : « ouais ben désolée, pfff, pfff, on peut pas se voir ce soir, pfff, pfff, j’ai un dégât des eaux, pfff, pfff, je te laisse, pfff, je te rappelle ! ». Alors on résume : 2 des 3 personnes que je dois voir ont une fuite d’eau donc :

– je porte la poisse
– c’est le vendredi 13 qu’est pourri

– c’est une excuse à la mode (enfin, je dis pas ça pour Summer car elle n’avait pas de raison de pas me voir, heing !).

16h30, je retrouve Lola qui n’a pas eu de fuite d’eau. On discute, ma sœur appelle (encore), on discute, téléphone sonne, un numéro bizarre genre 3577.

« Allo ?

Oui, Nina, c’est Claude (le recruteur du jeudi matin). Bon, j’ai une bonne nouvelle pour vous. C’est bon, vous êtes prise. Tu commences lundi ? »

Là, je me sens toute bizarre, je le raconterai plus tard car cet article est déjà long, ce qu’est la sensation de passer de chômeuse à travailleuse.

Alors voilà, lundi à 9h, je commence ma vie « d’animatrice de communauté » et en CDI, s’il vous plaît ! C’est un boulot très intéressant où il faut des qualités rédactionnelles puisqu’il y a de l’écrit mais faut aussi avoir des idées pour animer des communautés, mettre en place des concours, animations, organiser des chats et communiquer autour de tout ça. Bref, beaucoup de choses. Je bosserai pour une agence de comm qui travaille pour un opérateur qui a la même couleur que mes cheveux. Du coup, forcément, la vie de ce blog risque d’en pâtir, je sais pas encore à quel niveau. Je pense que l’article quotidien sera encore gérable mais bon, je répondrai plus aux comms aussi souvent. Mais je continuerai d’y répondre, promis.

Donc réponse : le vendredi 13, il porte chance qu’à moi mais de façon complètement égoïste, je suis ravie, ravie, ravie.


(article dédié à E. puisque c’est elle qui m’avait fait parvenir l’annonce pour cet emploi)

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Et voilà…

Pour la première fois en un an et plus, la cata : je n’ai aucun article de prêt pour ce blog. Des idées d’articles, j’en ai plein les tiroirs mais je n’ai pas vraiment le temps de les écrire, j’ai du boulot par-dessus la tête. Et en plus, ce soir, je m’en suis rajoutée : l’association va mettre en place une soirée mi octobre, j’ai demandé que mon stage soit allongé jusque là pour que je puisse participer à la préparation de cette soirée. Parce que je n’ai jamais fait ça et que ça me branche. Puis j’ai un gros projet à mettre sur pied aussi, un gros boulot en perspective.
 

Mais je ne t’oublie pas lecteur. Je sais que si je ne poste pas, tu vas t’inquiéter. Tu vas te dire que je suis morte, que je déprime ou que j’ai passé une folle nuit dans les bras d’un homme. Et bien même pas. Je ne suis ni morte, ni dépressive et je n’ai aucune vie sexuelle. Enfin, si, j’en ai une avec ma propre personne et j’avoue que je me trouve bon coup, je marque à tous les coups.

Alors, je vais écrire un article plein de riens, des conneries histoire de t’occuper en ce vendredi car je sais que tu pars en vacances parce qu’on arrive au mois d’août. Tu vas m’abandonner, lecteur, tu rateras ma folle nuit d’amour avec Sagamore… ou pas. Tu vas rater mon embauche dans une prestigieuse rédaction… ou pas. Tu vas rater des articles super drôles, bien tournés et tout. Tu vas rater mon article sur l’épilation (spéciale dédicace à un lecteur). Tu vas rater des articles sur ma folle vie, sur mon boulot, sur ce que je pense sur tout et n’importe quoi. Et oui, lecteur, quand tu seras sur la plage à te rôtir les miches, moi, je serai enfermée dans mon appart devant mon bureau, mon ventilo à gauche et mon brumisateur à droite. Oui, je suis une fille qui utilise son espace de façon ergonomique.

Moi, je ne suis jamais partie en vacances en août. Dans ma famille, on partait du 15 au 30 juillet, à peu près parce qu’après, y a vraiment trop de monde et chez les Bartoldi, on aime pas le monde. Surtout à la plage. Parce que les chiens à leur mémère qui font leur trou à 2 cm de notre serviette, ça fait chier. Les gens qui viennent s’étaler limite sur notre serviette aussi. En août, moi, j’allais en centre aéré avec quelques gamins de la té-ci, ça m’apprenais la vie. J’ai appris beaucoup de chose en centre aéré : faire des crocodiles en perle, des bracelets brésiliens ou comment mettre une capote, comment on roule une pelle et comment on joue à action ou action (parce qu’on s’en fout de la vérité, on veut juste s’embrasser sous la tente). J’ai aussi appris à faire du sel coloré qu’on met dans des bouteilles, c’est joli, ça décore. On préparait aussi un spectacle pour la fin du centre aéré, on dansait, on chantait, on jouait des petits sketches, c’était marrant.

Moi, mes « vacances » sont terminées, je suis rentrée hier sur Paris avec des coups de soleil partout, une vraie touriste allemande. Maintenant, ça va mieux, je suis bronzée et trop canon… Faudrait que je bronze plus souvent, tiens, même si c’est pas bon pour ma peau. Pendant mes « vacances », je me suis levée tous les jours à 8h15. Aujourd’hui, première matinée sur Paris, j’ai lamentablement quitté ma couche à … 12h. Mais Dieu s’est vengé, il m’a fait faire un cauchemar horrible. Au début, j’allais au cinéma avec Gaugau voir Superman Returns, avec un super ascenseur qui monte dans les nuages. En sortant de la séance, je me rends compte que j’avais pas mis mes lunettes. Je rentre chez moi et là, je me rends compte que j’ai une espèce de bulle d’eau sur mon iris gauche. Ca fait comme une lentille super épaisse et qui commence à éclaircir le bleu de mon œil. Après, je vais dans une espèce d’endroit où je suis censée avoir un cours de je sais pas quoi. Là, j’ai mal à l’œil, je me regarde dans la glace et c’est l’horreur : le bleu est en train de se diluer dans le blanc de l’œil, la pupille commence à se brouiller aussi. Je montre mon œil à la prof, je veux à tout prix aller à l’infirmerie, surtout que la bulle d’eau se forme aussi à droite. Je suis morte de trouille, j’ai peur de perdre la vue. La prof me dit que c’est très grave, une maladie qui touche une personne sur 6 millions, à peu près, que je vais perdre mes yeux et tout. Je veux aller à l’infirmerie mais c’est le bordel en cours, personne ne m’écoute. Et là, arrive mon père, je lui montre mes yeux et il me dit : « mais non, c’est pas grave ! ». Et là, mon réveil (re)sonne, merci !

Mais bon, même si je me levais tôt chez mes parents et que je bossais, c’était quand même un peu les vacances, je travaillais le matin dans le jardin puis quand j’avais trop chaud, j’allais faire un plouf dans la piscine. Kenya jouait tranquille dans le jardin avec Clio, la petite chatonne de mes parents. Faut savoir qu’au début, ma bestiole ne voulait pas que l’autre l’approche, elle lui soufflait dessus et se barrait en courant si l’autre l’approchait. A la fin, Kenya lui foutait de sacrées claques à Clio mais c’était juste pour jouer. Au vu de la canicule et tout, j’ai finalement laissé ma cro-crotte à mes parents pour le mois d’août et je culpabilise à mort. J’ai l’impression de l’avoir abandonnée. Mais bon, c’est comme un gosse : si j’avais des enfants, ne les laisserais-je pas chez papi mamie pour profiter encore un peu de la campagne ? Si, sans doute. En plus, ça lui a évité de se taper le train et tout. Bon, le train, ça va, il était climatisé mais le métro, lui, non. Et pour bien en profiter, la conductrice nous a fait descendre à mi parcours en nous demandant de prendre le suivant. Je sais pas si tu as remarqué, lecteur, mais l’été, le métro, ça sent la sueur et les pieds, ça pue, quoi.

Et puis voilà. Je ne sais plus quoi raconter, il est tard et je vais aller me coucher, j’ai bobo la tête. Demain, j’ai plein de boulot, je sens que ça va déborder un peu sur le week-end. Mais comme Gaugau est pas là, j’aurai pas grand-chose à faire, même si je dois voir Tatiana et peut-être une autre copine.

Tu trouves pas que ma vie est passionnante, lecteur ?
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Workin’ girl

Comme tu le sais, lecteur, depuis un mois maintenant (juste ciel, que ça passe vite !) je suis en stage. Bon, évidemment, c’est un stage donc sous payé mais déjà payé. Surtout que l’association vient d’être créée et les mecs me payent de leur poche. D’ailleurs, samedi, j’ai eu mon premier salaire, en liquide. Oui, la préfecture n’ayant toujours pas fourni de récépissé, l’association ne peut ouvrir un compte en banque et me payer avec les sous qu’il y a dessus. Que fais-je ? Je travaille sur la problématique de la place des jeunes dans la société et leur sous-représentation dans les milieux économiques, politiques et syndicaux. Plus concrètement, je fais une revue de presse deux fois par semaine sur le sujet (au début, c’était quotidien), je rédige des articles à partir de synthèses du CEREQ ou autres, je prépare des interviews que je ferai par la suite, je mets sur le site mes articles et ceux des autres et je me retrouve même attachée de presse officielle de l’association. Et j’interdis aux quelques journalistes mâles qui traînent sur le blog de dire que, du coup, je suis devenue très intime avec des tas de journalistes. Je m’appelle pas Elsa Linux, moi, je suce que si je veux (et qui je veux). Donc pour 300 euros par mois, vous avez une Nina journaliste, webmastrice et attachée de presse. Quelle promo !

 

Ce boulot a des avantages et des inconvénients. D’abord, je travaille chez moi ce qui fait que je ne perds pas de temps dans les transports. A peine levée, habillée, nettoyée, je peux me mettre à bosser avec mon petit capuccino et mes biscuits petit déjeuner au chocolat et céréales. Des fois, je me fais aussi un petit jus d’orange pressé maison. Comme je suis libre de mes horaires, je déjeune de temps en temps avec Gauthier ou Sab, je dois voir Zoé aussi pour qu’on se remette à jour côté potins. Mais travailler à domicile, c’est ne voir personne. C’est passer la journée devant un ordi à communiquer avec l’extérieur que par ce biais là. Et y a des jours où c’est un peu pesant. La seule différence avec ma période de chômage, c’est que je n’ai pas le droit de me lever après midi (déjà, après 9h, ça craint du boudin) et que j’ai des choses à faire donc les journées passent à la vitesse la lumière et c’est pas plus mal. En plus, comme je bosse chez moi, je n’ai pas tellement de frais de bouffe et tout ça, sauf quand je vais manger avec Gaugau, je peux traîner toute la journée en jogging et T-shirt, ne même pas me maquiller… Mais du coup, je fume beaucoup plus que si je travaillais dans un bureau avec obligation de sortir pour avoir ma dose de nicotine.

Par contre, ce qui me fait très peur dans ce boulot, c’est qu’il me rende un peu dépressive. Pourquoi je dis ça ? C’est très simple : tous les jours, je travaille sur le fait que nous sommes une génération qui n’a aucune chance d’atteindre le niveau de confort de la précédente. Que nos salaires serviront surtout à aider nos parents à avoir leur retraite. Que nous finirons par perdre les acquis sociaux de nos parents genre la retraite, les 35 heures… car sinon, on va droit dans le mur. Je lis tous les jours qu’il n’y a pas de place en politique pour les jeunes, que les éléphants du parti, comme ils aiment dire, refusent de céder leur place. Et dans les syndicats, c’est encore pire : la moyenne d’âge est de 57 ans ! D’ailleurs, vous remarquerez que pour le CPE, les syndics ont fait grève en annonçant qu’ils se battaient « pour leurs enfants », ça montre bien l’âge des syndiqués. Quant au marché du travail, même pas la peine d’en parler, plus je lis et plus j’ai envie de changer de branche. Pourquoi j’ai pas fait une école de commerce hein ? Bon, certes, je suis aussi motivée par le commerce que par le curling mais bon, ça ouvre plus de portes que la fac. Mais bon, pas de panique, le chômage des jeunes a baissé. Mais on reste quand même les premières victimes, youpi you ! Elle est où la Seine ?

 

Sinon, dans l’asso, je ne vois surtout que les deux chefs, Simon et Michel et même carrément plus Michel. Il m’a à la bonne, lui, on s’appelle deux à trois fois par jour pour le boulot, vaut mieux qu’on s’entende. Samedi, on s’est fait une petite réunion à une terrasse de café, on a surtout parlé de la société actuelle et tout ça… Bref, j’ai la côte mais je ne sais pas pourquoi, trois hypothèses :

– je suis trop belle, il veut m’épouser (mais c’est pas du tout réciproque)

– je suis trop intelligente et il est super fan de moi, il adore qu’on discute ensemble

– il est homo et sent la gay friendly en moi. Oui parce que j’ai des doutes. D’abord, j’ai trouvé chez lui les mêmes allumettes que la boîte gay où on va. Puis sa sonnerie de portable, c’est Madonna. Ca, si c’est pas une preuve à charge !

Toujours est-il qu’un mois plus tard, il y a encore plein de gens que je n’ai pas rencontrés comme le concepteur du site, le photographe-graphiste, la nana qui travaille sur les solidarités intergénérationnelles… En fait, ce qu’il y a de fantastique dans cette asso, c’est que je suis vraiment la prolétaire de service. Petit extrait d’un dialogue en réunion :

« Ce serait bien qu’on parle à quelqu’un du Ministère de l’Education. Tu connais personne ?

– Si bien sûr. Je connais aussi le vice-président de ni pute ni soumise, un directeur de cabinet, mon ex est réalisateur de clips vidéos… »

C’est simple, dès qu’une phrase commence par « tu connais pas quelqu’un qui… », je n’écoute pas la fin. Je n’ai pas d’amis dans les ministères ni dans les hautes sphères. Je connais plein d’étudiants, par contre, s’ils veulent, mais y en a pas besoin. De la même façon, quand ils commencent : « ouais, je vais le contacter par les anciens d’HEC. Nina, si tu as besoin, je te filerai ma carte Science Po pour aller à la BU », moi, je regarde en l’air. Et quand ils parlent de leur week-end, c’est du « oui, là, je bosse pour mon 5ème DEA. » Heu… Moi, j’en ai même pas un. Bon, ben je suis définitivement complexée.

 Seul point qui me rassure : toutes les nanas de l’asso sont canons. Je pense avoir été recrutée uniquement sur mon CV et mon talent lors de l’entretien mais j’espère être au niveau de ces demoiselles. Après tout, si on m’a pris pour faire l’attachée de presse, c’est que je dois assurer et être toute séduisante ! (lectrice, si tu es attachée de presse, ne le prend pas comme une attaque personnelle).
 

Encore trois mois. Un trimestre. C’est bon de pas se préoccuper de son avenir pendant une petite période, c’est reposant. Enfin, si, je m’en préoccupe mais je suis plus sereine. En plus, petit élément super flatteur. L’autre soir, le directeur de publication d’un webzine où je bosse vient me parler sur MSN, il me demande gentiment ce que je deviens, je lui raconte ma vie et il me fait : « tu sais, tes articles et ton talent nous manquent. Tu comptes revenir ? A moins que tu trouves que notre petite structure ne convient plus à ton talent ». Ohlala, je deviens une vraie star, moi. Je ne compte pas abandonner le webzine, faut que je gère tout en même temps. Parce que, mine de rien, changer de sujet de temps en temps, ça fait du bien. Et se sentir désirée à ce point, ça motive. Se sentir à la hauteur, voilà un sentiment qui me va comme un gant.

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Le physique de l’’emploi

Il y a quelques temps, je lisais le blog de B. qui expliquait que, souvent, les attachées de presse sont des filles super jolies. Dans les faits, je travaille avec deux attachées de presse dans l’asso où je suis, deux brunettes franchement agréables à regarder. En journalisme, selon les rédactions, y a quand même un physique type. Alors, question : est-ce que j’ai le physique de l’emploi.

 physique-emploi

Bon, globalement, quand je me regarde dans la glace, qu’est-ce que je vois ? Une fille de 26 ans qui en fait facilement 3 ou 4 de moins avec de longs cheveux châtains clairs incroyablement soyeux (merci Nutri Gloss, ton shampoing, ton masque capillaire…) et de grands yeux bleus. Une vraie tête de bisounours. Je ne sais pas ce que pensent les gens quand ils me voient mais je crois pas faire peur, bien au contraire. Souvent, j’inspire confiance aux gens, ce qui fait que j’ai rapidement droit à des confidences parfois très intimes. Pour le reste, pas grand-chose à dire. Je suis petite avec des épaules larges, des seins assez volumineux, une silhouette charnue. Des fois, j’ai l’impression d’avoir un corps de femme avec un visage juvénile. Bon, alors, ce physique là, qu’en fais-je ?

Mon physique peut être un inconvénient dans mon boulot, surtout ma tête de jeune fille à peine sortie de l’adolescence. On ne me prend pas toujours au sérieux au premier abord. Quand j’étais journaliste rugby, j’avais couvert une des demi-finales pro D2. A la fin du match, je pars dans les vestiaires pour interviewer les joueurs, mon job, quoi. Arrivée devant la porte, le vigile me bloque en me regardant genre : « et tu crois aller où minette ? ». Je sors donc mon papier prouvant que je suis journaliste : « Heu… je voudrais aller interviewer les joueurs, je suis journaliste… ». Souvent, quand les gens me voient arriver, ils sourient, genre : « oh, qu’elle est jolie la petite fille, qu’est-ce qu’elle veut ? ». Heureusement, cet a priori sur ma trombine passe assez vite quand je commence mon métier parce que je suis une pro.

Mais mon physique devient rapidement un avantage. Mon côté « on dirait presque une ado » m’attire la sympathie des gens qui me prennent rapidement sous leurs ailes. Déjà, quand j’interviewe les gens, j’ai le sourire donc ça les met pas mal en confiance. Je me souviens, quand j’ai couvert le match de barrage l’an dernier, je vais voir un joueur d’Aurillac. Pour ceux qui ne suivent pas, Aurillac a fait une très bonne première mi-temps mais suite à une erreur de ce joueur en deuxième mi-temps, ils se sont pris un essai et, à partir de là, ça a été la bérézina, Pau marquant essais sur essais. J’arrive donc à approcher le joueur qui me pleure limite dans les bras. A la fin de l’interview, je lui adresse un ultime sourire et lui fait comprendre que des erreurs, on en fait tous et que leur fin de saison a été impeccable, pas de regrets à avoir.

Les gens me prennent donc sous leur aile. Quand je bossais pour le canard de ma ville natale, j’ai fait un reportage sur un spectacle monté par une troupe de théâtre locale très active. Du coup, la chef de la troupe m’a pris en affection et m’appelait dès qu’il y avait un truc à faire, allant jusqu’à organiser la conférence de presse de la rentrée juste pour moi. Mine de rien, grâce à cette femme, j’ai fait un nombre assez impressionnant de papiers qui m’a valu les éloges du rédac’ chef par intérim (celui qui a pris les rênes du journal pendant les vacances). Lui, il m’adorait. Il a croisé ma mère lors d’un dîner, récemment, il lui a parlé de moi pendant tout le repas. Ca fait plaisir de voir qu’on marque les gens, comme ça. Pareil quand je faisais mon stage rugby, l’entraîneur d’Aurillac m’avait pris sous son aile. Après la finale, j’attendais dans le couloir et il me dit : « Bon, tu veux interviewer qui ? Je te l’envoie ! ». Qu’il est bon de travailler dans ses conditions.

C’est triste à dire mais le physique est un atout dans ce métier quand on est amené à rencontrer des gens. Un journaliste qui fait la gueule et qui balance ses questions sans faire attention au mec qui répond en face, ça va pas passer. Pour moi, une bonne interview, c’est celle où le mec en face de moi finit par oublier le cadre strict de l’interview et se lâche un peu. Le problème, c’est que le journalisme passe de plus en plus par téléphone aujourd’hui (ou pire, par Internet) et que, mine de rien, ces médias cassent un peu la sympathie qui peut se créer entre l’interviewé et le journaliste. Dans ma vie, j’ai croisé pas mal de journalistes, par la force des choses et, souvent, ce qu’il en ressort, c’est que le journaliste est quelqu’un d’aspect peu soigné. Vous auriez vu la touche de mon prof de journalisme à l’IEP, une pure catastrophe. Il était très sympa mais la première fois qu’il nous a fait cours, j’ai cru qu’il était venu en pyjama… Personnellement, je suis toujours soignée, question d’habitude, je trouve que c’est une question de politesse. Je me vois mal rencontrer quelqu’un avec le cheveu sale et habillée comme pour aller au supermarché. De toute façon, j’ai jamais les cheveux sales, c’est un truc que je ne supporte pas (tout comme le reste de ma personne, d’ailleurs). C’est con mais il est plus facile de se confier à une personne avenante. Et pas la peine de dire : « han, mais non, le physique ne compte pas ! ». Quand vous rencontrez quelqu’un, c’est la première chose que l’on voit et quelqu’un qui se néglige, ça fait de suite mauvais effet.

Encore, moi, j’ai de la « chance », je veux pas faire de télé donc j’ai pas d’impératif physique. Il y a quelques années, j’avais maté avec Anne un « Ca se discute » spécial « les femmes journalistes ». Invitée (entre autres) : Elisabeth Quin, la madame cinéma de Paris Première. Je suis pas super fan de la demoiselle, ça me fait un peu rire de casser l’intellectualisme d’un film dans un verbiage pompeux qui ne veut pas dire grand-chose, une fois analysé. Mais peu importe. La demoiselle explique qu’elle sort toute pimpante de son école de journalisme et explique qu’elle veut faire de la télé et là, on lui répond qu’elle n’a pas trop la tête pour. Bon, je ne suis pas une experte de la beauté féminine mais Elisabeth Quin me paraît pas repoussante. Alors, c’est sûr, elle n’a pas le glamour d’une présentatrice de LCI mais c’est super révélateur. Pour être journaliste à la télé, faut d’abord être canon. Tous les soirs, je regarde le 20 heures sur Direct 8 : y a que de nanas plutôt jolies mais pas forcément très douées. Entre les cafouillages et les phrases tellement longues qu’on ne sait plus où elles commencent et où elles finissent et surtout qui ne veulent rien dire… Mais je note. Plutôt que d’investir dans des cours de diction et de français, je vais investir chez L’Oréal, ses shampoings et ses soins pour le visage me rendront esthétiquement capable de présenter un JT. J’exagère ? Vous avez déjà vu une présentatrice de JT moche, vous ? Oui, bon, ok, y en a mais de moins en moins, la nouvelle génération se doit d’être glamour et topless dans Voici.

Le journalisme, c’est un travail qui intègre pas mal de relations avec l’autre (le public, l’interviewé, la personne qu’on va micro-trotter…J’adore les néologismes). C’est sûr que quand on travaille à Elle qui est l’image même du Glamour quadra, on peut décemment pas bosser avec le cheveux sale et le jean sans marque informe. Mais quand même, la première qualité du journalisme n’est-elle pas d’informer ? Perso, j’ai pas suivi de cours de stylisme durant ma formation et pourtant, je sais que mon physique doit véhiculer l’image du journal ou de l’entreprise pour laquelle je bosse. Quelque part, le journaliste est le VRP de son titre.
Sur ce, je vais ramer un peu, suis pas sûre que des bras flasques soient bons pour la marque du futur journal qui m’embauchera.
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Que c’’est indécent !

La vie est une chose vraiment curieuse. En ce moment, je ne cesse de m’émerveiller sur les surprises qu’elle me fait. Enfin, mon ange gardien s’est réveillé et là, il se fait pardonner des looses subies depuis octobre. Après 6 mois de sales coups, là, je cumule les coups de chance.

 

Donc, il y a trois semaines, je commençais un CDD et j’en étais plutôt contente. Un boulot dans le journalisme, c’était rêvé. Mais voilà, au bout d’une semaine et demi, je retrouve mes vieilles angoisses : après, je fais quoi ? On arrive au mois de mai, c’est bientôt les vacances DONC les DRH s’en foutent de ma candidature, ils verront ça plus tard. Dois-je griller ma super idée de candidature maintenant ou attendre septembre ? Et je fais quoi en attendant ? Je commence à me dire que je vais faire de l’interim en attendant septembre de pouvoir me réinscrire à la fac et faire des stages au besoin. Mais m’inscrire en quoi ? Maman, au secours, je suis perdue ! Donc, je commence à emmerder ma sœur : faut qu’on se voie, faut qu’on mette un plan sur pied. Oui, j’ai promue ma sœur « agent de la Nina ».

Jeudi, avant dernier jour de travail, je fais tranquillement mon boulot en vérifiant de temps en temps mes mails. Là, je vois un mail d’un dénommé Simon Jospin intitulé : « stage, urgent », en gros. Je jette un œil, le CV des gens avec qui je vais travailler me pousse à répondre de suite : CELSA, HEC, Science Po (Paris), oh pinaise ! Je VEUX ce stage. Donc je réponds aussi sec : « je suis disponible à partir de demain mais attention à la convention de stage, j’en ai pas ». Une heure plus tard, Simon me remercie de ma réponse rapide et me dit qu’il me recontacte dès que possible.

Le lendemain, alors que je commençais à désespérer, « tititit », mon téléphone sonne, un numéro que je ne connais pas. C’est mon ami Simon ! Il veut me voir de suite, il me propose un entretien samedi mais je refuse : je préfère passer ma journée avec Alex. Donc rendez-vous est pris pour lundi. Lundi matin, téléphone : Simon m’annonce que le rendez-vous est avancé de 30 mn et que je ne le verrai pas puisqu’il travaille (il est avocat). J’aurai donc rendez-vous avec Michel et Karima, deux autres membres de l’association. Comme j’étais prête, cette petite demi-heure ne me gêne pas. J’enfile mon tailleur (oui, j’aime bien mettre des tailleurs donc j’en profite), mes chaussures à talons (là, j’aime moins) et c’est parti. Je trouve le lieu sans trop de problème, j’appelle Michel qui m’introduit dans un appartement, il me présente Karima. Bon, désolée de faire de la discrimination physique mais ces deux là ont une bonne bouille, ce doit être de jeunes trentenaires qui ont l’air d’avoir 25 ans à tout casser. D’ailleurs, à la fin de l’entretien, quand je parle des difficultés que je peux rencontrer à cause de ma tête de Bisounours (disons qu’on me prend toujours pour la petite stagiaire de 20 ans) et Michel me fait : « Ah ben, on a le même problème ! ».

Première phase : qui sont-ils ? Une association qui sera créée dans les prochains jours mise en place par des gens brillants. Leur mission en gros : aider les jeunes à se faire une place dans les milieux politique, économiques et syndicaux. Donc ma mission : une revue de presse quotidienne sur le sujet, faire du lobbying auprès des partis, entreprises et syndicaux, s’entretenir avec des universitaires sur le sujet… Dans mes yeux, des étoiles s’allument. Je vois mon carnet d’adresse qui se remplit. Je vois une envie de m’investir. Je vois des articles passionnants. Je vois des rencontres avec des gens hautement cultivés et intéressants. Ok, c’est vendu, je veux être prise.

Deuxième phase : qui suis-je ? Ah, partie que je commence à maîtriser. Je balance mon press book qui impressionne toujours un peu (oui, en trois ou quatre ans, j’ai multiplié les expériences mais je dois le refaire). J’explique que je suis une grande curieuse qui adore découvrir de nouveaux horizons, d’où mon CV assez particulier (en gros : du sport, du local, du féminin, des relations internationales, de l’universitaire…) mais je détaille. Je suis trop jeune pour m’enfermer dans un style et j’adore m’attaquer à de nouveaux domaines. J’ai une grande capacité d’adaptation et je suis opiniâtre, ça tombe bien. Rien ne me fait peur. Karima m’explique que je dois gérer la rédaction ET la communication, faire la journaliste et l’attachée de presse. Là, grand sourire : « oui, en temps normal, journalistes et attachées de presse ne s’aiment pas. Moi, au contraire, ça me plaît de coiffer plusieurs casquettes. Au niveau de l’expérience, c’est idéal. » Bon, j’avoue, je suis super motivée donc c’est facile de rebondir sur tout ce qu’on me dit pour m’exclamer : « ah ouais, super, je veux ! ». Bon, il y a le petit souci de la non-convention de stage mais on verra. J’explique que je comprends leur démarche : j’ai des amis dans la politique, j’ai connu les syndicats étudiants et à peine sortie de là, j’ai découvert le monde du chômage. J’ai fait un tabac, d’ailleurs, avec la phrase : « J’ai quitté le monde universitaire pour entrer dans celui du chômage », ça les a fait mourir de rire. Comme je suis trop drôle comme fille, je le fais même pas exprès.

Phase trois, la plus surprenante. Mes deux nouveaux amis me disent :

« Maintenant, on va te laisser cinq, dix minutes pour préparer une interview de Michel.

Oui mais sur quel sujet ?

Ben, sur l’association. Mais tu dois faire une interview négative, genre notre association ne sert à rien. Fais ton Fogiel ».

Donc me voilà seule pendant dix minutes et je me prépare à faire ma chienne. En gros, je passe en mode : les jeunes ne sont que des sauvageons qui pètent tout, qui en ont rien à foutre de la politique, de toute façon, et dès qu’on leur propose des solutions pour trouver du boulot (CPE), ils crachent dessus. Nina, odieuse journaliste réac, c’est moi. L’interview commence mais soudain, le ou la candidate suivante appelle donc Michel nous abandonne quelques minutes et Karima me fait :

« Mais tu écris quoi, là ?
Ben, les réponses qu’il me donne.
Ah bon, tu notes tout ?
– Ben oui, on me dit de faire une interview, je le fais à fond. »

Bon, bref, fin de l’interview, on en parle un peu. Michel maîtrise parfaitement bien son discours et me renvoie tous mes arguments à la figure sans la moindre agressivité. Les propos sont simples et cohérents, j’apprends pas mal de choses sur leurs objectifs et l’association, ça me rassure. Le but n’est pas de foutre les vieux dehors mais de permettre aux jeunes d’avoir une représentation équivalente à leur poids dans la société. Je dis :

« Oui, enfin, les questions que j’ai posées doivent être assez classiques.

Ah non, non, pas du tout, certaines ont été très surprenantes ! »

Bon, j’ai essayé de mettre au max des références d’actualité pour montrer que j’avais un peu de culture.

On se sépare là, Michel m’explique qu’ils m’appelleront mercredi pour me donner la réponse car je ne suis pas la seule sur les rangs, une autre personne attend d’ailleurs dans la pièce voisine. Merde, je croyais être la seule sur les rangs. Je pars, plutôt satisfaite de moi-même. Même si j’ai un peu peur de ma non convention de stage, je l’avoue.

Mercredi, 13h, téléphone sonne. C’est Alexandre : « t’as pas de nouvelles ? ». Bah non. 15h30, pas de nouvelles, pas de mails. 16h, toujours rien, c’est le désert. Enfin, le téléphone sonne, je sais que c’est Michel mais mon téléphone refuse de fonctionner. Enfin, on arrive à communiquer et là, il m’annonce la nouvelle : « on voudrait que vous rejoigniez nos rangs ! ». Yes !! En résumé : j’ai été la meilleure. Aujourd’hui, premier déjeuner avec mes nouveaux collègues, j’ai hâte. Je suis extrêmement motivée, ce stage est une chance en or. Je commence de suite et ce jusqu’en septembre, je serai payée 300 euros par mois. C’est pas énorme mais entre un boulot rémunéré n’ayant aucun rapport avec mon métier et ce stage, il n’y avait même pas à hésiter.

Depuis toujours, j’ai pu compter sur ma bonne étoile. Elle avait un peu disparu pendant 6 mois mais là, elle brille à nouveau : vie pro, vie privée, tout me sourit. Bon, il y a une petite ombre au tableau puisque le médecin a confirmé que ma mère avait un lupus mais c’est la forme bénigne de la maladie. Normalement, avec les médicaments, ça ira. Elle a également un accident en sortant de la clinique où elle venait d’apprendre le diagnostic mais seule la portière a morflé (et le malus, aussi, ça fait le deuxième accident en un mois où elle est totalement en faute). Rien de grave, en somme mais quelque part, ces ombres me rassurent un peu. Tant de bonheur, c’est limite indécent.

 
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