J’ai testé pour vous les grandes eaux nocturne de Versailles (version déluge)

Des fois, dans la vie, je suis inspirée. Comme en ce vendredi 13 septembre où je vois passer une pub Internet qui m’interpelle : le lendemain, c’est la dernière séance des grandes eaux nocturnes de Versailles qu’on souhaitait voir avec Anaïs. Quelques instants plus tard, j’avais en ma possession deux entrées pour le lendemain. Le dit lendemain, 18h, alors que je regarde la pluie tomber dru sur Paris, j’ai un léger doute quant au bien fondé de mon idée. Mais bon, c’est parti, on y va.

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A droite, Anaïs, douillettement recouverte d’un anorak et abrité par un parapluie rose fuchsia. A gauche, Nina, revêtu d’un pull surmonté d’un gilet à capuche et d’une veste en cuir. Aux pieds, j’ai mes baskets les plus étanches, dans mes mains, mon appareil photo adoré pour un shooting nocturne et humide. J’ai peur de rien. Arrivées une heure en avance, on essaie de trouver un café où on se fait pas traiter comme d’invisibles petits insectes histoire de s’hydrater avant la tempête. Il pleut, il pleut. C’est peut-être pas d’hydratation dont j’aurais dû me préoccuper. Mais bon, puisqu’on est là, on y va, même pas peur ! Surtout qu’on est bien couvertes, on devrait survivre.

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La soirée débute, on commence à déambuler dans les jardins. Pas de bassin de Neptune qui est en travaux, on tourne, on vire. Le site étant immense, la foule se disperse de façon fluide, j’arrive à prendre des photos sans trop de gens dessus (je déteste avoir des gens sur mes photos, surtout des gens que je connais pas et qui ne font aucun effort pour se pousser. Voire passent devant l’appareil pendant que j’appuie sur le bouton). Et je m’en sors pas si mal en photos nocturne.

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On patauge, on fait de grandes enjambées pour éviter les flaques, on met un peu les bras sur le côté pour patiner sur la boue mais on s’en sort. J’y vois plus grand chose à cause de toute l’eau sur mes lunettes (note pour moi-même : gérer le dossier lentilles au plus vite) mais la petite ambiance apocalypse est assez sympa, cette balade a un côté irréel, accentué par la musique de Lully et la fumée provoquée par de la neige carbonique, la semi obscurité… Ouais, j’avoue, j’aime bien.

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Côté irréel, on a croisé l’exposition Penone et là, j’avoue que j’étais limite en flip. La nuit, la pluie, des arbres morts avec des pierres dedans sur un champ sous un ciel noir… Je me sens limite dans un film d’horreur, je m’attends à me faire attaquer par des esprits à tout moment… A un moment, sur le pré principal, un spectacle pyrotechnique se déclenche à coup de grosses flammes, je pars dans un délire d’interprétation sur les 4 éléments. Le feu, c’est le feu, l’eau, les grandes eaux de Versailles, la Terre représentée par le minéral des pierres dans les arbres et les arbres représentent le vent, l’air. Je suis un génie. A propos d’art contemporain, citons également les étranges tentacules en boudin d’air dressées dans quelques couloirs qui ont beaucoup amusées Anaïs mais c’était avant de voir des étranges colonnes (toujours en boudin d’air) avec les Fables de la Fontaine dessus parce que là, niveau phallique, on faisait difficilement mieux (ou pire ?)

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Bref, on se balade de bosquets en bosquets, sautant par dessus les flaques, de fontaines illuminées en fontaines illuminées. Sur la fin, on arrive à l’Orangerie mais on a à peine le temps de mettre les pieds dedans que nous voilà invitées à ressortir car le feu d’artifice ne va pas tarder à entrer. On court rapidement dans le bâtiment pour jeter un oeil puis on se rend au pied du château pour admirer le feu d’artifice. Avec jolie vue sur la galerie des glaces, ça me donne envie de retourner faire une grosse visite du Château, je crois qu’il y a justement des visites nocturnes. Un joli feu d’artifice où je ressens un peu le froid pour la première fois de la soirée (on ne marchait plus) mais ça fait toujours plaisir, surtout que j’avais pas assisté à un feu d’artifice depuis 2009, je crois…

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Conclusion ? L’an prochain, je veux bien y retourner… Mais sans la pluie quand même, mes baskets font la gueule et je n’ai échappé à la mort que grâce à l’action conjuguée d’une douche brûlante et d’un bon grog. Comme ça, le lendemain, j’ai pu profiter de la journée du patrimoine à la chocolaterie de Noisiel. D’ailleurs, je vous colle quelques photos (je m’éclate avec mes pêle-mêle, y a pas à dire)

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L’instinct de l’art

L’art, vaste sujet s’il en est. Tout être humain, quelle que soit sa culture, son vécu a une sensibilité à l’art, dans le sens large du terme. Evidemment, on a tous des préférences : je suis plus musique que cinéma, j’aime la photo, la peinture de la Renaissance italienne, la littérature mais pas tout… Bref, en matière d’art, aucune œuvre ne fait l’unanimité, on aime ou pas, on peut expliquer nos goûts et dégoûts si on nous demande (quoi que…). Parce qu’au fond, l’appréciation de l’art reste instinctive, du moins pour moi.

Le cas le plus flagrant de mon instinct en matière d’art concerne l’art contemporain (vaste mot pour désigner des choses très très différentes, je sais). Je n’ai jamais fait d’histoire de l’art, j’ai quelques connaissances mais elles ne sont pas pointues. Du coup, quand je vois une œuvre abstraite, elle me parle ou pas. Quand je vais à une expo, je préfère ne pas connaître d’abord la démarche de l’artiste pour ne pas me laisser polluer. Je sais, ça paraît un peu illogique : comment peut-on apprécier une œuvre si on ne connaît pas le processus qui l’a fait naître ? Mais moi, j’aime d’abord voir, me faire un avis instinctif et apprendre après le pourquoi du comment. Je ne suis pas une technicienne de l’art, je ne suis pas émue devant un Dali parce que de prime abord, ça ne me parle pas. Ses œuvres ne me laissent pas indifférente puisque quand je les vois, je ne me sens pas très à l’aise, c’est dérangeant et là, on peut au moins dire que l’artiste a déclenché une émotion. Mais me taper un musée Dali, je suis pas sûre. Alors dire qu’on n’aime pas Dali, c’est un peu un sacrilège mais c’est instinctif. De la
même façon, j’en ai parlé à Summer l’autre jour qui m’expliquait que petite, elle était allée voir une expo Van Gogh qu’elle avait détesté. Et c’est vrai que Van Gogh, ça fout vraiment mal à
l’aise à regarder.

Alors évidemment, si je dis que j’aime pas Dali et qu’on me traite d’inculte, honnêtement, oui. J’ai vraiment un fond minuscule de connaissances sur le sujet mais je pourrais pas soutenir une vraie conversation sur le sujet. Mais on aura beau m’expliquer sa technique, sa démarche, la symbolique d’un des tableaux, ça ne changera rien au fait qu’instinctivement, je n’aime pas. Je parle peinture mais ça marche pour tout. La musique par exemple. Quand j’achète un CD, je l’écoute d’une traite : si aucun titre n’accroche mon oreille c’est mauvais, mauvais signe. Comme je suis magnanime, je refais une écoute mais pas de doute : mauvais album. Et parfois, une écoute et je suis bouleversée, poils qui se hérissent, émotion. Récemment, j’ai écouté Erika Janunger et là, énorme coup de foudre. Bien sûr, je change d’avis parfois, une chanson que j’aimais pas de prime abord et à force de l’entendre, je finis par bien l’aimer mais je ne l’adorerai jamais, ça, c’est certain.

Allons plus loin. Parfois, la connaissance « scientifique » d’une œuvre artistique peut gâcher le plaisir. Quand on regarde/écoute une œuvre en étant attentif à la technique, en la replaçant dans la vie de l’artiste, on s’attache parfois trop aux détails et pas assez l’œuvre en elle-même. Les détails ont leur valeur, oui, mais ils sont à étudier dans un second temps. Par exemple, quand je regarde un De Vinci, je prends d’abord connaissance du tableau en entier avant de chercher le détail, le sfumato… Tout comme un morceau de musique, je l’écoute d’abord avant d’être plus sensible à la rythmique, au travail de tel ou tel instrument, la production… C’est comme la cuisine. Quand je mange un plat, je me régale (ou pas), je m’amuse pas à deviner quelles sont les épices dans la sauce et en déterminer la proportion de chaque. Si je trouve ça trop délicieux, je demande la recette. Sinon tant pis, je cuisine jamais de toute façon. Bon, évidemment, des fois, connaître la vie de l’auteur permet de donner un éclairage encore plus intéressant sur sa vie comme là, je lis un livre sur l’enfance de Moravia, un livre-entretien qu’il a eu avec sa deuxième épouse, Dacia Maraini. Ben je le trouve encore plus fascinant. Non pas qu’il ait eu une vie fascinante mais juste que ça le rend encore plus humain. Mais en lisant ses romans (j’en ai encore en attente, héhé), je n’y penserai peut-être pas.

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