Pourquoi la drague de rue fait chier

Et que vous seriez fort aimables d’arrêter de nous faire subir ça, bordel à queue. J’en ai déjà parlé sur mon blog quelques fois par le passé mais c’était y a longtemps et j’aime à me répéter parfois car comme disait une ancienne collègue commerciale “répéter, c’est convaincre”. Donc on note : la drague de rue, c’est chiant. Et non, ça ne fait pas plaisir, désolée de vous l’apprendre.

Drague de rue

En 37 ans d’existence donc 25 avec des seins, j’ai réalisé un truc, mmmm, intéressant. Je ne me fais draguer que quand je dégage une certaine vulnérabilité. C’est quand je suis en jogging, quand je suis rêveuse et que j’ai baissé mes défenses. Et du coup, maintenant, quand un mec m’adresse la parole pour me draguer, je flippe “merde, j’ai l’air vulnérable”. Alors ouverture des épaules, technique de sophrologie du tigre et on repart. Car la drague de rue se caractérise par son manque de sincérité neuf fois sur dix.

Un homme importune une femme dans la rue pour la draguer

Reprenons. Je suis dans la rue et un mec vient m’aborder. Que sait-il de moi ? Je suis dans cette rue à ce moment donné et à priori, il doit me trouver un peu jolie (ou cherche juste à me rappeler à qui appartient la rue). Point. Et je trouve ça insultant autant pour moi que pour lui. Moi parce que manifestement, l’emballage est suffisant, on s’en fout du reste. Lui parce qu’il ne s’intéresse qu’à l’emballage. Si j’inverse les rôles, pourquoi j’irais draguer un inconnu. Il y a cet homme, bien joli, avec sa petite barbe, ses lunettes, son joli nez, tout ce que j’aime. Mais après ? D’abord, il peut être en couple donc soit il est fidèle et je l’ai juste dérangé pour rien, soit il a une meuf mais j’ai pas forcément prévu d’être sa maîtresse (dans l’hypothèse où il serait réceptif à ma demande). Mais ça, ce n’est qu’une donnée parmi tant d’autres. Peut-être que je vais lui parler à un moment où il est anxieux car il va à un entretien et se le répète dans sa tête. Peut-être est-il en colère. Peut-être est-il en train de tisser une jolie histoire dans sa tête dans laquelle je n’ai rien à faire, peut-être qu’il est triste car il a appris une mauvaise nouvelle… Je ne connais pas son état psychique et peut-être que je vais tomber au pire moment et qu’il n’a juste pas envie de subir ça juste parce qu’il est sorti de chez lui et que je l’ai trouvé fort appétissant. Mais ce n’est pas tout. Peut-être qu’il est raciste et/ou homophobe, peut-être qu’il est violent, peut-être qu’il est macho, peut-être qu’il a des passions dans la vie qui ne me parlent pas du tout, peut-être qu’il adore Hanouna et les anges de la téléréalité, peut-être qu’il écoute Jul en boucle chez lui, peut-être qu’il ne boit pas d’alcool… (c’est pas un défaut ça mais on risque d’avoir un léger souci de compatibilité). Ce que j’aime chez un homme, c’est pas juste sa jolie frimousse et son petit cul frétillant, non. C’est un tout. Alors ce joli garçon, au pire, je le prends en photo mentale et je m’en servirai pour l’un ou l’autre de mes romans. Ou je l’oublierai parce que ce n’est pas très important.

Hernano Fuentes Sense 8 Alfonso Herrera

Ensuite, la drague dans la rue, ça me rappelle ma vulnérabilité, comme je disais. Ça me rappelle ma période de journaliste en plein micro-trottoir. Lors de mon premier micro-trottoir, je me jetais à la tête de tout le monde avec un taux de réussite très bas. Alors j’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai pris des gens immobiles : ceux qui attendent, ceux qui rêvent, ceux qui traînent… Bref, ceux qui sont peu attentifs et n’oseront me dire non car ils ne sont pas en action. Une femme l’avait souligné lors de la vidéo indigne de Guillaume Pley en mode PUA “abuser de la confiance des femmes pour les embrasser de force”, vous savez, le “je peux te poser trois questions ?”, cette femme avait relevé que les femmes abordées étaient soient assises soit au distributeur automatique donc pas en position de s’enfuir… donc en position de vulnérabilité.

Draguer dans la rue

Et puis, ça me rappelle assez méchamment que dans la rue, je suis pas dans mon espace, j’en ai déjà parlé. En gros, je pénètre un univers masculin, je suis priée d’être disponible, souriante et polie sinon, j’aurai droit à ma petite insulte.

Des hommes matent une femme qui passe

Mais surtout, le point chiant de la drague de rue, c’est le non. Jean-Michel dragueur décide de m’aborder, je lui indique que je suis pas intéressée (quand j’entends, je suis devenue une ninja du j’entends pas…) mais pas de bol, je suis tombée sur la version lourde qui veut savoir pourquoi je ne veux pas aller boire un café avec lui. T’as déjà un mec ? Pas grave, je suis pas jaloux, mouarfffff ! Tu vas bosser ? Ben donne ton numéro, je t’appelle et on se voit après ! Je vous jure, c’est insupportable. Parce que le coup du petit copain, ça m’est arrivé de le sortir en période de célibat par politesse. Parce que oui, j’ai pas forcément envie de dire cash au mec que sa gueule me revient pas et que j’ai pas envie de prolonger cette conversation, merci, au revoir. C’est quand même pas dur à piger, il me semble. “Oui mais si le mec était beau, tu dirais pas ça…”. Non, un mec qui me colle et me saoule, je vois pas trop comment je pourrais le trouver autrement que flippant, en fait…

Krysten Ritter - Jessica Jones

Bref, vous trouvez une femme bien mignonne dans la rue et vous pensez que c’est la mère de vos futurs enfants ? C’est votre droit. Elle vous envoie quelques regards invitant à la conversation ? Vous pouvez lui répondre. Sinon, foutez-nous la paix. Parce que si vous avez le droit de nous trouver jolie, nous avons le droit de ne pas être intéressées et de ne pas prendre d’insultes pour ça ou de devoir se justifier pendant dix bonnes minutes alors qu’on a franchement autre chose à faire. Même si on n’a rien à faire, d’ailleurs, ce sera quoi qu’il en soit plus sympa que de commencer à flipper parce qu’un mec nous colle et qu’on ne sait pas s’il va pas finir par nous agresser parce qu’on n’a pas envie de lui.

Femme agressée dans la rue

Et pour les chouineurs qui comprennent pas la différence entre jeu de séduction et harcèlement, le projet crocodile vous expliquera ça très bien, hop !

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Chercher un job, c’est comme chercher l’amour

J’ai une passion dans la vie : trouver des théories et des analogies à la con. Aujourd’hui, dans la série les idées débiles de Nina : la recherche d’emploi, c’est comme la recherche d’amour. Et vous allez voir que j’ai raison parce que sinon, je vous expliquerais pas ma théorie.

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Chercher un travail, c’est quoi ? Trouver un poste qui nous convienne et nous plaise, dans lequel on va s’épanouir. Alors, comment trouver un boulot ? D’abord, notre CV qui raconte notre vie en détail, on met nos atouts en avant du genre « moi, je sais faire ça, puis ça, puis ça ». Evidemment, personne dans son CV n’indiquera ce qu’il ne sait pas faire ou mal faire. Comme en amour. Ce serait très honnête de votre part que vous êtes un amant de merde, que vous savez pas embrasser ou que vos pieds refoulent grave quoi que vous fassiez mais en général, on préfère que l’autre le découvre après. Comme au boulot. La ponctualité, c’est pas votre truc ? Vous supportez pas l’autorité ? Vous êtes feignant et de toute façon, vous n’êtes bon à rien de 9h à 11h30 et de 14h à 16h ? Ben, vous n’allez pas le dire en entretien, sauf si vous voulez pas le job. Puis aller à un entretien, c’est comme aller à un rendez-vous galant, on se soigne. Moi, je mets de beaux dessous et de beaux dessus. Parce que mieux je me sens dans mon string, plus à l’aise et souriante je suis et mine de rien, une candidate qui sourit, c’est mieux qu’une candidate qui fait la gueule (lapalissade). Je me pomponne même plus pour un entretien que pour un rendez-vous parce que je vais rarement à un rendez-vous galant en tailleur. Je devrais, remarque, j’adore, les
tailleurs.

Mais pour trouver THE job comme pour trouver THE only one, on ne veut pas n’importe quoi non plus. Je veux un job journalistique comme je veux un mec un tant soit peu cultivé (sinon, je m’emmerde). On a finalement les mêmes outils : sites de rencontres vs sites de recherche d’emploi ou de stage, comme le disait Enzo, réseau d’amis, de connaissances… Mon 1er entretien, c’était une connaissance qui m’avait convoquée. Les derniers, ce sont des réponses à des annonces. Parfois, une rencontre au hasard mais là, c’est plus rare. Une fois, j’ai tenté de taper l’incruste dans un groupe de journalistes de Muteen assis à côté de Le Froid et moi dans le Marais, je me suis pris un fantastique vent.

Et puis en matière d’emploi comme en matière d’amour, y a ce petit truc qui fait que ça le fera ou pas. Au delà des simples compétences, un chercheur d’emploi est un individu doté d’un caractère et ça passe ou ça casse. Moi, je suis la nana vive et expansive, ça plaît ou pas. Evidemment, dans les entretiens, j’évite d’être trop moi dans mon expansivité, ce qui pourrait être pris pour de la nervosité alors que c’est juste que je suis désespérément spontanée (et bruyante). Ce doit être mon côté fille du sud, je sais pas… Mais bon, j’évite les « hiiiiiiiiiii ! » cru-cruche en entretiens et de parler avec mes multiples voix, comme je le fais tout le temps. Donc, le recruteur (ou la recruteuse) ou moi, on s’aime ou on s’aime pas. Enfin, c’est lui qui décide à l’arrivée parce que si moi, je l’aime très fort, je pourrai pas essayer de le convaincre s’il a choisi quelqu’un d’autre. « T’es sûr ? Allez, Jean-Roger, déconne pas, souviens toi comme c’était fort entre nous lors de cet entretien, quand nous avons parlé de l’avenir de la presse Internet. Comme j’ai ri sincèrement à ta blague sur l’immobilisme des Français. Rien que d’y repenser, j’en ruine ma culotte. Ne me dis pas que l’autre grognasse, elle t’a fait tant d’effets, je ne te croirai pas. Ah, salopard, tu as pris le meilleur de moi et tu me jettes comme une merde, cruel, bouhouhou ! ». Ouais, non, ça le fait pas. Au pire, je peux demander pourquoi pas moi mais tout de même. Je pourrai même pas crever les pneus de sa voiture car il m’en a préféré un(e) autre…

Bref, chercher un emploi, c’est se rendre le plus désirable possible, tant sur le papier qu’en vrai. Faire miroiter la possibilité d’une belle histoire dès la lettre de motivation, montrer comme les lendemains chanteront quand nous cheminerons main dans la main, regardant le soleil se lever sur une mer d’huile… Que c’est plus la peine de chercher, que je suis là. Que je suis le choix évident. Que je serai la mère de futurs articles bien tournés (oui, je vais pas lui faire des gosses en vrai à mon employeur, je sais pas si ce serait bien vu par mes collègues). Que je mettrai mon génie créatif et mes bonnes idées au service de l’entreprise.

Alors tu m’épou… euh embauches ?

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