La lettre de motivation

Alors, maintenant qu’on a un CV parfait ou à peu près, il faut rédiger cette lettre. En sachant qu’il y a à peu près une chance sur trois qu’elle soit lue. Non parce qu’il ne faut pas être naïf. Le recruteur lit votre CV et s’il plaît, il jette un œil sur la lettre de motivation. Là, elle peut faire la différence mais si le CV n’est pas bon dès le départ, la lettre ne servira à rien. Hé oui. Mais c’est pas pour autant qu’il faut s’en dispenser.

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Alors, à quoi ressemble une jolie lettre de motivation ? Bon, on met notre adresse à gauche, histoire que le recruteur sache qui parle. La date à droite, la personne à qui l’on s’adresse en dessous. Avant de commencer votre prose, surtout, précisez ce que vous lui voulez, à la personne. Non parce que ne croyez pas que le recruteur va lire votre lettre jusqu’au bout pour apprendre à la fin que vous cherchez un stage ou un job. Non, il veut le savoir de suite et on le comprend donc on lui mâche le travail. Soyons humains et
charitables.

Maintenant qu’on a clairement défini à qui on parle et ce qu’on lui veut, il est temps de prendre la parole, justement, d’écrire ce texte qui fait que le recruteur nous voudra. Car une lettre de motivation me fait souvent l’effet d’une demande en mariage : toi, moi, nous pour l’éternité. Ne vois-tu pas à quel point notre union ne peut être que parfaite, mon amour ? Mais dans la séduction comme en recherche d’emploi, faut un peu de subtilité. Un « Seigneur, mademoiselle, votre beauté est telle que j’ai cru un instant être plongé en plein rêve » vaudra toujours mieux qu’un « oh, zyva, meuf, comme t’es trop bonne ! ». Parce qu’il faut d’abord flatter l’entreprise. Nous sommes les dragueurs, nous devons la brosser dans le sens du poil. Je veux travailler chez vous parce que votre entreprise est prestigieuse, perspectives d’avenir, rigueur et professionnalisme, philosophie du travail que nous partageons… Bon, le recruteur n’est pas dupe, il sait que j’ai envoyé la même lettre à pas mal de gens, c’est le jeu. Mais faisons semblant quand même.

Bon, après avoir flatté la belle (entreprise), il faut la convaincre qu’elle ne trouvera pas mieux que nous donc allons-y pour l’exposition de nos qualités et talents. On exhibe nos diplômes comme d’autres leurs biceps, on en met plein la vue avec nos expériences et nos compétences mais il ne faut point trop en faire. Nous sommes des séducteurs, pas des dragueurs lourds de bord de plage. George Clooney plutôt qu’Aldo Maccione. D’ailleurs, ce je n’est rien sans ce nous auquel nous aspirons. Là, il faut expliquer ce que je peux
apporter à l’entreprise, ce que nous ferions de beau ensemble. Un site Internet riche en contenu, des articles écrits d’une plume acérée et cynique ou légère et amusante (ça dépend qui vous visez aussi), un reportage parfaitement soigné, une émission radio dont le concept ne peut que séduire… On vend du rêve, quoi ! Mais de façon convaincante tout de même. On promet pas un voyage au
bout du monde quand on est RMIste, par exemple. 

Bien sûr, dans toute tentative de séduction, les mots comptent surtout quand, comme moi, vous travaillez dans un métier de l’écrit. Aucune faute d’orthographe ou de grammaire ne doit passer, ce serait comme un rot au milieu d’un dîner romantique, c’est inenvisageable. Au-delà de ça, le choix des mots est important. Les répétitions, c’est pénible à lire, on évite. Mais surtout n’utilisons pas un mot pour un autre et ne faisons pas dans le ronflant. On cherche l’efficacité donc certains mots pompeux peuvent être évités. Je crois que la méthode la plus efficace est encore de rester le plus proche possible de son style habituel, ça évitera les phrases lourdes et les tournures suspectes. Personnellement, il y a des mots que je n’ai pas l’habitude d’utiliser, je vais pas les mettre dans ma lettre de motivation juste pour faire genre. C’est quand même moi que je vends, à l’arrivée, pas mon voisin.

Enfin, le truc pour laquelle je suis super mauvaise : la conclusion. Bon, j’indique que j’attends une réponse avec un « dans l’attente
d’une réponse de votre part », ce qui ne veut pas dire que je le relancerai pas si j’ai pas de nouvelles. J’indique aussi que je suis libre quand il veut, où il veut « je suis disponible pour tout entretien ». Par contre, à la fin, trouvons la bonne formule de politesse. Moi, j’aime bien le cordialement mais pour un recruteur, ça le fait pas donc je lui envoie mes salutations distinguées et je le prie de les accepter.

Voilà, ma lettre est déjà finie mais elle doit faire moins d’une page aussi (donc être plus courte que cet article) donc ça va vite. On relit. Pas de fautes ? Notre numéro est le bon ? Je m’adresse à la bonne personne ? Alors, c’est parti, on clique sur envoi.

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Petits conseils pour mâles en chasse sur meetic (et autres)

Messieurs, des fois, je vous maltraite, je vous taquine et je m’en excuse. Alors pour me faire pardonner (parce que je vous aime bien), je vous donne quelques tuyaux pour vous faire remarquer dans la jungle meeticienne (ou tout autre site du style). Parce que voilà, quand on est une fille sur ce genre de site, on est hyper sollicitées donc, forcément, on se montre sélectives.

Toi, homme, tu as décidé de prendre ta vie amoureuse en main et de te trouver une moitié sur le net. Déjà étape 1 : le pseudo. Alors si tu veux faire de l’humour, assure-toi que ce soit vraiment drôle sinon, ça va faire fuir. Lucie me fait la liste détaillée des pseudos qu’elle trouve ridicule et figure-toi que je partage son avis. Tu évites les trucs du genre « tuningforever », « Zidaneestleroi » ou je sais pas quoi d’autres… Déjà, tu as une rubrique exprès pour étaler tes passions, ne le fais pas en pseudo non plus. Ah et tant qu’à faire, évite les « trobogoss » « jesuisuperbeau » et compagnie. Déjà, j’aime pas les prétentieux et tu me permettras d’en juger par moi-même. Surtout qu’en général, je

veux pas dire mais ceux qui s’appellent comme ça ont vraiment des tronches de cake. Enfin, j’aurais tendance à te dire d’éviter les Pierre238, Luc3527 ou Petitcoeur56. Comment tu veux sortir du lot si tu affiches dès le départ que des tas de gens ont le même pseudo que toi ?

 

Ensuite, tu remplis ton profil. Alors, j’aurais tendance à te conseiller de dire la vérité. Bon, tu peux te rajouter un centimètre ou deux, prendre ou perdre un kilo ou deux mais pas trop quand même. Parce que je vais te dire, si tu rencontres une nana, que tu lui as dit que tu avais 27 ans, aux cheveux longs et que tu faisais 1m85 et que la nana se retrouve face à un quinqua à moitié chauve d’1m65, elle va se casser. Faudrait voir à pas trop nous prendre pour des connes. Pareil pour tes loisirs, dis pas que tu es un fana de littérature si tu crois que Proust est un pilote de Formule 1 au nom mal orthographié. Parce que moi, personnellement, si je vois qu’un mec partage le même loisir que moi, forcément, je vais lui en parler…  

 

Puis arrive la question de l’annonce. Que mettre, que mettre ? Alors bannis de suite les « je cherche la femme de ma vie, j’espère que c’est toi » parce que ça fait un peu 150 fois qu’on voit ça. Evitez aussi de citer des paroles de chansons parce que moi, une annonce de type : « Je ne dirai qu’une chose : je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai (Cabrel) ». Parce que même si vous avez l’honnêteté de citer votre source, moi, le mec qui ne met que ça en annonce, ça pue le type qui n’a aucune personnalité et n’est même pas foutu de définir ce qu’il veut ou non. Bon, ok, l’exercice de l’annonce est difficile et peu de nanas la lisent mais quand même, un peu d’efforts, merde. Il faut privilégier l’humour. N’hésite pas à te montrer exigeant dès le départ : si tu cherches un type particulier de fille, fais le savoir, ça fera gagner du temps à tout le monde. Et évite les fautes d’orthographe ou, pire, le SMS. C’est une langue que tout le monde ne parle pas…

 

Bon, après, le choix de la photo. Alors tu étais peut-être très beau cet été sur la plage, torse poil et bronzage impecc mais peu de filles cherchent un Aldo Maccione. Ça marchera si tu veux juste baiser mais si tu cherches la femme de ta vie, mets des photos qui ressemblent plus à ton toi de tous les jours. Oui, DES photos, j’insiste sur le pluriel parce qu’une photo où le mec est super beau, me demande si y a pas un peu tromperie sur la marchandise, tu vois ? Genre « c’est la seule photo où je suis potable, depuis, j’ai pris 10 ans et 30 kg ». Evite les photos de type identité, aussi, les femmes recherchent rarement des employés sur meetic. De la même façon, tu trouves peut-être que tu étais sublime, déguisé en John Travolta dans la fièvre du samedi soir à l’anniversaire de ta cousine mais en fait, non. Sois toi, bordel, montre toi tel que tu es tous les jours !

 

Bon, voilà, ton profil est tout beau, maintenant, à la chasse. Alors, tu as à ta dispo un outil génial : le mail. Mais alors ça aussi, ça se maîtrise. Le copier/coller, j’aime
pas. Bon, on va me dire : « ouais mais pour 50 mails envoyés, y a une réponse alors à la guerre comme à la guerre ». Sauf que ça sert à quoi que je me fasse chier à faire une annonce pour sortir du lot si le mec envoie tellement de mails que je suis même pas sûre qu’il ait lu mon profil ? J’en ai reçu un, comme ça, une fois, le mec disait clairement « oui, je fais du copier /coller mais après, si tu me réponds, je ferai l’effort de ne parler qu’à toi », un truc du genre. Bon point. Sauf que quand je vais sur son profil, je vois qu’il a reçu 250 visites en 24h donc l’envoi est tellement massif que j’ai pas envie de lui répondre. Après, il faut comprendre qu’un mail, c’est pas un chat. Sur le site de l’Obs, y en a un qui m’a envoyé en tout une demi-douzaine de mails qui disaient « bsr » ou « bjr ». Non mais il pense sérieusement que je vais répondre ? Alors à force de recevoir des trucs comme ça ou des « coucou, ça va ? », j’ai mis comme annonce : « moi, ce que j’aime dans la vie, c’est recevoir des mails de plus de trois mots ». Joueuse, je suis. Donc pas la peine d’en faire des caisses mais montre que c’est la fille qui t’intéresse, pas n’importe laquelle dans le lot.

 

Ensuite, le chat. Pareil, soigne ton approche. Une fille sur meetic peut avoir une dizaine de chats simultanés donc si tu attaques par un banal « bonsoir », t’as intérêt à être le sosie de Brad Pitt pour qu’elle réponde. Une petite blagounette, un petit « j’ai vu sur ton profil que… », un truc pour montrer qu’elle t’intéresse et que tu as envie de la découvrir. Et surtout, évite les « je cherche une fille à qui faire l’amour, intéressée ». Moi, j’aime bien que les gens se présentent avant de m’annoncer qu’ils veulent me brouetter. La politesse n’a jamais tué personne !

 

Enfin, voilà, je crois qu’en tant que fille, ce qui me plaît chez un meetic boy, c’est la personnalité. En gros, je veux pas d’un mec qui n’a rien à dire d’original parce qu’au fond, il veut juste tirer son coup, peu importe la nana derrière.

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Haro sur le poil

Deuxième sketch de mon one woman show que peut-être qu’un jour, je le ferai pour de vrai mais faut pas rêver non plus. Spéciale dédicace à Aston!

 

La puberté, c’est une sacrée vacherie, surtout pour les filles. Bon ok, on a les seins qui poussent et on peut jouer à Pamela Anderson mais on a aussi nos règles et surtout, on a des poils qui arrivent. Parce que dans notre pays, une belle fille se doit d’être glabre. Non mais imaginez Adriana Karembeu avec des aisselles velues… De suite, ça le fait plus. D’ailleurs, que fait une fille qui a un rendez-vous galant qui doit se finir par une folle nuit torride ? Elle s’épile ! Et c’est le début des emmerdes.

 

Nous avons à notre disposition plusieurs moyens d’éradiquer le poil. Il y a d’abord la méthode non douloureuse, à savoir le rasoir mais faut voir la tête de notre papounet quand il récupère son rasoir plein de poils qui sont pas à lui. Et puis les poils de filles, c’est comme les poils de mecs, plus on les rase, plus ils repoussent et ça repousse dur. Du coup, on a de vraies brosses à récurer sous les bras ensuite. Dans la même catégorie, on a la crème dépilatoire. Alors, ça, c’est fantastique : rapide, en 10 minutes, c’est fait. Voire même 3 minutes pour les nouvelles qui sont à la pointe de la technologie. Mais y a un souci, et un souci de taille : ça pue. Oui, l’odeur d’ammoniaque sous les bras et même ailleurs, y a mieux pour séduire un homme. Et puis ça repousse vite parce que le poil, il est juste coupé, pas arraché. Normalement, sur la notice, y a marqué de rincer sans savonner. Oui ben vu l’odeur, moi, j’utilise toute ma bouteille de savon parce que bon…

 

Non, l’épilation, la vraie, c’est arracher le poil avec la racine qui va avec. Et là, je peux vous dire que toutes les publicités qui vous garantissent une épilation sans douleur ont été faites par des hommes qui ne se sont jamais épilées. Ou des femmes écolo new age qui militent pour l’intégrité de leur corps. Non, je plaisante, y a des écolos épilées, arrêtons de catégoriser les gens un peu.

 

Je me souviens, quand j’étais ado, ma mère m’amena toute fière chez l’esthéticienne pour la première fois de ma vie. J’en suis ressortie avec les jambes à moitié épilées et la larmouillette à l’œil. Une horreur, une torture. Là, j’ai envisagé sérieusement de vivre dans un monde où mes jambes seraient poilues et mes aisselles hirsutes. Mais la mode et l’esthétique on eut raison de moi, me voilà à pleurer en me faisant le maillot comme toute jeune fille qui se respecte.

 

Ca fait plus de dix ans que je m’épile et j’ai tout testé. D’abord la cire. Alors là, faut souligner un grand progrès puisqu’on est passé d’un truc épais qui pue à une douce cire au thé vert… Mais même si ça sent bon, qu’est-ce que ça fait mal. Non mais c’est pas humain de s’arracher les poils comme ça. En plus, la cire, ça colle, on en fout partout et il faut régulièrement aller la réchauffer sinon, ça ne marche pas. Mais attention, si c’est trop chaud, on se brûle. Oui, l’épilation, c’est le fantasme de tout masochiste qui se respecte.

 

Cependant, l’épilation est un vrai problème de société. Si, si ! On nous sort donc des épilateurs électriques censés être anti-douleur. Bon, déjà, au lieu de mettre de la cire partout, c’est des poils qu’il faut ramasser. Comme si j’avais pas assez de poils avec le chat, je rajoute les miens ! Et ça se glisse partout, cette saloperie ! Plus vous en enlevez, plus il y en a qui viennent. Ils se reproduisent entre eux ou quoi ? Quant à l’aspect anti douleur, on doit pas avoir la même définition. Le Petit Robert, il est d’accord avec moi pourtant, c’est que ça doit pas faire mal. Alors j’en conclus que les larmes qui coulent de mes yeux à chaque poil arraché, c’est juste du psychologique. Mais non, je pleure pas la mort atroce de mes poils, arrachés de mes jambes où ils vivaient peinards !

 

Mais en fait, le problème, c’est l’existence même de ces poils. Non mais on nous bourre le mou avec l’évolution. L’évolution, l’évolution, mon œil ! Parce que vous pouvez me dire à quoi ça nous sert les poils aujourd’hui ? Encore les mecs, ils peuvent s’en servir pour prouver leur virilité et jouer les Aldo Maccione à la plage… Bien que les poils dans le dos, on a fait plus glamour. Mais nous ? Nous ? Franchement, quand je me les enlève, ces foutus poils, ça m’empêche pas de vivre ! Alors pourquoi on les a encore ? Vous allez me dire que c’est comme les dents de sagesse, ça sert à rien mais on les a. Ok, mais les dents de sagesse, on les enlève une fois, pas une fois par mois ! Et encore, quand je dis une fois par mois, je suis gentille parce qu’à la fin du mois, ça recommence à devenir la jungle sous les bras et dans les collants. Si on les a arraché ces foutus poils, c’est bien qu’on en voulait plus. Alors pourquoi ils s’obstinent à revenir ? Ca doit être un coup de Dieu, ça : ça lui a pas suffi de nous imposer les règles pour nous punir du péché original, il nous oblige à pratiquer une dépoilade mensuelle pour bien qu’on comprenne notre douleur. Mais, Dieu, si tu veux, moi, je mange plus de pommes de ma vie, je l’ai bien comprise la leçon ! Tu m’écoutes ? (regarde sous les bras) Ouais, ok, parle à mon cul, ma tête est malade !

 

Bon, c’est pas tout ça les enfants mais j’ai un rendez-vous ce soir… Mais avant, j’ai un tête à tête avec mon épilateur. Ah la vie de femme, c’est pas tous les jours rose !

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