Comment se déconstruire ?

Bonne année tout le monde ! On continue 2018 comme j’avais fini 2017 : en étant la reloue qui disserte sur les oppressions et plus spécifiquement sur le féminisme. Seulement, je me rends compte que peu importe comment j’emballe le paquet, c’est souvent ressenti comme une agression, t’as beau écrire en toutes lettres “arrêtez avec vos not all men”, des hommes débarquent à CHAQUE fois m’expliquer que eux ne sont pas comme ça, pia pia pia. On finit même par me dire que je suis extrême… Je pense que vous ne savez pas ce que c’est l’extrême (comme quand vous placez Mélenchon à  l’extrême gauche, par exemple…). Mais j’ai eu moi même ces réticences et je me demande : qu’est-ce qui m’a fait évoluer ? Comment se déconstruire ?

Se déconstruire

L’éducation nous apprend à rentrer dans un cadre, à ne pas faire de vagues parce que “ça sert à rien”. C’est curieusement très ancré ça alors que les preuves du contraire pullulent, des preuves qui ont même parfois eu lieu de notre vivant. Vous vous souvenez le CPE, par exemple. Le souci est que Hollande nous a bien fait le coup de la grenouille dans l’eau qui bout au fur et à mesure : son étiquette “gauche” fièrement brocardé sur sa poitrine, il a commencé à nous faire une politique de droite ni vu ni connu, nous envoyant défiler pour le mariage pour tous. Une jolie cause sans nul doute mais quand on voit comment ils ont dégainé du 49.3 pour éviter tout débat “houleux”, ça fait un peu mal au cul pour nos camarades LGBT de s’être faits insulter pendant quasi un an pour une mesure qui aurait pu passer beaucoup plus vite… Bref, désormais, la mythologie veut que les manifestations ne servent à rien, que la rue n’a jamais rien obtenu. Même les congés payés de 1936, on te raconte que c’est arrivé comme ça mais on oublie la grève générale qui les a précédé pour inciter le Front Populaire à tenir sa promesse…

Grève générale de mai à juin 36 pour les congés payés

Bref, on apprend toute notre vie qu’on n’obtient rien par la force ou la violence, qu’il faut demander poliment. J’aime beaucoup la politesse, vraiment, tout comme le savoir-vivre MAIS ça ne fonctionne pas quand il s’agit de rééquilibrer une balance. Parce que personne ne veut lâcher ses mini privilèges. Un truc qui m’a toujours choquée par exemple, c’est tout ce qui touche les allocs. J’ai remarqué que ceux qui crachaient le plus sur les allocataires sont ceux qui le sont, justement. Je me souviens d’une discussion où une nana nous sortait le discours merdeux classique “non mais les étrangers, ils viennent pour prendre nos allocs alors que nous, on a rien !” et son mec de lui rappeler qu’il était lui-même au RSA alors qu’il bossait au black. C’est fou cette mythologie de “ils ont tout, nous n’avons rien” quand on sait que le RSA s’élève aujourd’hui à 545 €/mois, bon courage pour vivre avec ça. Du coup, comment on renonce à ses petits privilèges acquis soit-disant de haute lutte pour mieux partager le gâteau ?

Gâteau en billet de banque

Le bon goût <3

Ah oui, parce qu’il y a ça, aussi : le mérite et la galère. Je sais pas pourquoi mais dès qu’on parle des difficultés structurelles d’un groupe dominé, t’as toujours un membre du groupe dominant qui va chialer pour dire qu’il en a chié aussi. Tenez, sur mon article sur les privilèges, un petit blanc est venu chialer parce qu’il n’a pas de meuf ni d’amis. On a beau sortir toutes les études, stats et co, le petit Blanc a pas de copine alors tu n’as pas le droit de dire qu’il est privilégié. En tant que femme, tu risques l’agression sexuelle chez toi, dans la rue, au travail mais lui, une fille lui a dit non alors ça va, hein, ce sont les femmes qui mènent le jeu. Sauf que parler de groupes privilégiés vs groupes oppressés, ce n’est pas nier la galère des uns et des autres. J’ai mis un an et demi à trouver un emploi en CDI après mon bac+5 (certes pas acheté dans une école info-comm-marketing) malgré ma blanchité, issue d’un milieu aisé et bourgeois, ma bonne éducation et ma validité. Mais je sais pertinemment que j’ai quand même eu des atouts pour mettre facilement mon premier pied à l’étrier et depuis, je ne galère pas vraiment dans ma carrière. Finalement, mes principaux obstacles ont été dus à de mauvais choix imputables uniquement à ma personne.

Le mauvais choix

Alors ok mais comment je me suis déconstruite, moi ? Si tant est que mon expérience puisse servir, bien sûr. Parce que y a beaucoup de hasards de la vie dans mon histoire : je suis allée dans une fac rouge qui m’a permis de fréquenter des gens très différents, donc des syndicalistes étudiants, les gens de gauche que j’ai fréquentés, des gens de gauche radicale, mon Victor, le “Politburo” (c’est comme ça que j’appelle mon groupe d’action dans mes conversations, personne ne comprend jamais)… et Twitter, plus que n’importe quel réseau social avec tous les threads des concernés que j’ai pu lire, les débats auxquels je ne participais pas… en écoutant les gens. Ecouter… tiens, voilà un élément intéressant, on s’y arrêtera une prochaine fois (parce que cet article est déjà trop long)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Commencer un roman

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du fait de finir un livre… niveau lecture et un twittos m’avait dit, un peu taquin “je croyais que tu parlais de finir d’écrire un livre”. Et non parce que j’ai du mal pour cause de “la vie professionnelle, ça fatigue une Nina”. Par contre, il y a quelque chose que je fais super bien : commencer un roman … à écrire. Et c’est une sensation merveilleuse.

commencer un roman

Petit tour sur mon Drive : j’ai 25 ébauches de roman. Je n’avais pas fait l’effort de compter avant de débuter cet article et je suis sidérée. 25 embryons d’histoires… Bon ok, sur les 25, y en a 2 paires, c’est le même sauf que j’ai choisi de refaire l’histoire et certains ne comptent même pas une page mais quand même. Certains ne verront jamais le jour : je me suis lancée la fleur au fusil de la motivation mais j’ai très vite laissé tomber. Je ne finirai donc jamais l’histoire de Jérôme et Valentine, ni celle d’Audrey, en plein marasme dans sa vie (c’était une relative autobiographie de mon début d’année 2011, c’est certainement pour ça que je m’en suis arrêtée là mais j’ai récupéré le prénom d’Audrey parce que je l’aime vraiment bien), ni d’autres que je regarde, circonspecte : c’est moi qui ai commencé à écrire ce truc là ?

tampon "mauvais manuscrit" humour

Parce que dans la vie, j’ai un don et presque une malédiction : une imagination de malade. L’inspiration me bombarde en permanence. Lire un magazine et y trouver un fait divers qui serait une super histoire, naviguer nonchalamment de reportages en reportages sur Youtube et trouver un récit incroyable, surprendre une conversation entre deux personnes, m’interroger sur une chose incongrue vue ou aperçue. Parfois, j’essaie de construire un roman sur une personnalité particulière, un trait de caractère qui me fascine (pas forcément dans le bon sens du terme genre “je suis fascinée par Poutine parce qu’il ferait un personnage de roman incroyable”). Et n’oublions la source principale de mon imagination : mes rêves.

un femme dort sur un nuage et rêve

Genre ça se passe à la montagne, “je” suis l’héroïne de l’histoire. C’est confus, c’est la nuit et j’ai fait du ski (passionnant), il y a l’Hiver (allegro non molto) de Vivaldi et deux mecs qui m’ennuient, ça vire à l’agression mais l’Homme arrive. Je sais que je l’ai repoussé tantôt, un quinqua puissant et marié et qui porte un grand manteau mais là, il vient de me sauver alors je cède, reconnaissante et ivre de lui, sur cette même musique de Vivaldi. Le lendemain, j’arrive au boulot, exaltée, je commence à réfléchir à quoi faire de cette histoire. Après avoir imaginé une histoire proche de Black Swan, je suis retournée à ma data chérie et j’ai laissé tomber. Par contre, si j’écris une sitcom (voire une télénovela parce que y a souvent une histoire de meuf jeune, pauvre mais belle et du riche plus âgé qui craque sur elle au delà des barrières sociales), je m’en resservirai.

teresa et mariano, couple phare de la telenovela Teresa

Il y a cette histoire dans un chalet perdu au milieu de nulle part, il y a un scientifique, de jeunes gens dont “moi”, il y a de la neige (je rêve souvent de neige, tiens), des séances d’hypnose et au fur et à mesure de l’histoire, on découvre que le scientifique nous fait régresser par l’hypnose dans nos vies antérieures car nous avions tous été dans ce chalet dans notre ancienne vie et il y a eu un meurtre, le scientifique cherchait donc le pouvoir alors que le passé et le présent se mélangeait pour nos jeunes. A la fin du rêve, je me retrouvais soudain devant la télé et cette histoire était un film que je regardais et, tandis que j’arrangeais un bouquet de fleurs, je me désolais de ne pas avoir eu l’idée de cette histoire en premier. Evidemment, en me réveillant, j’étais exaltée car si, c’était mon idée à moi. Arrivée à la fac, je commençais à vite prendre des notes pour ne pas oublier… Pour finalement me rendre compte que c’était plutôt une idée de merde en fait.

Une femme assise sur un nuage avec une tablette lit

Mais j’aime commencer un nouveau roman. Poser le personnage principal, qu’il s’agisse de Guillaume, Maja,  Daniela, Ezialis, Audrey (3 fois), Allegra, Annabel (oui, j’écris plus facilement à travers une héroïne). Ils vivent à Paris, Rome, Stockholm, New York ou dans un royaume qui n’existe pas en vrai. Ils débutent leur histoire sans savoir ce qui va leur arriver, inconscients qu’ils commencent ici l’aventure de leur vie, heureuse ou malheureuse. Il n’y a que moi qui sais, moi qui tisse leur destin, qui pense à un aléa à ajouter au récit alors que je me douche ou même que je suis aux toilettes. Ecrire à un aspect grisant, on a droit de vie ou de mort sur des personnages, on place sur leur chemin dès micro événements qui feront toutes la différence. On voit naître sur l’écran cette histoire qu’on a en tête, se matérialiser cette histoire qu’on avait envie de raconter depuis des lustres.

une maman lit un livre à sa petite fille avant de dormir

Et puis… À suivre.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le labyrinthe de Wes Ball

Parfois, je me fais piéger par un synopsis comme celui du Labyrinthe. Je vous fais le pitch : des jeunes gens se retrouvent prisonniers dans un labyrinthe mystérieux aux murs qui bougent et plein de pièges. Comment s’en sortir ? Je lis ça et je dis “oh, un remake de Cube, un de mes films préférés !”. Et bien… Non, pas du tout.

labyrinthe

Reprenons l’histoire en détaillant un peu : un jeune garçon se réveille dans une boîte qui monte, monte et le fait arriver au milieu d’une sorte de prairie. Accueilli par des brutasses viriles qui le secouent un peu et ricanent bêtement quand il se met à courir pour leur échapper. Bienvenue chez les bourrins ! Bref, le nouveau est un peu perdu, le gentil chef le prend par la main pour lui expliquer un peu le truc : on ne sait pas où on est, on est au coeur d’un labyrinthe et comme on arrive pas à en sortir, on a organisé une société, chacun doit mettre la main à la patte et chacun sa fonction.

LabINT

Mais le nouveau, il écoute pas trop parce que lui, il veut aller voir le labyrinthe, ça le titille. D’ailleurs y a des mecs qui en surgissent en courant ! “Hé mais moi, je peux pas aller dans le labyrinthe et eux, ils peuvent ?”. Finement observé jeune homme. Donc on apprend que parmi la communauté du labyrinthe, on a les coureurs, des gens qui courent dans le labyrinthe en journée pour tenter de trouver une sortie en traçant un plan du labyrinthe découvert au fur et à mesure de leur course mais bon, le labyrinthe se meut tous les jours… Mmmm… Du coup, pardon ma question mais à quoi ça sert de faire le plan d’un truc qui change tous les jours ? Bon, en fait, ça change mais pas trop, apparemment. On apprend qu’il faut pas rester la nuit dans le labyrinthe parce qu’il y a de grosses bêtes qui tuent ceux qui ne reviennent pas. La nuit tombe, les portes du labyrinthe se ferment.

le_labyrinthe

Bon, je vous passe un peu les détails, le nouveau se souvient soudain de son nom, Thomas, puis le lendemain, il se fait agresser un peu gratos par un des coureurs qui est contaminé par une sorte de méga insecte qui traîne dans le labyrinthe. Il devient donc fou et pour s’en débarrasser, on le jette dans le labyrinthe à l’heure de la fermeture des portes pour qu’il se fasse déchiqueter par les bêtes qui traînent là dedans la nuit. Le lendemain, le coureur rescapé part au petit trot avec le chef du camp pour continuer à tracer un plan qui ne servira à rien puisque, pour rappel, ça bouge toutes les nuits. Un petit point sur le chef du camp : les habitants du labyrinthe oscillent entre adolescents et jeunes adultes et le chef, le premier arrivé, doit bien friser la quarantaine. Pourquoi, on ne saura jamais. Bon, évidemment, vous devinez aisément que ça se passe pas bien, le big chef (Alby) est blessé par le méga insecte qui rend fou. Alors que les portes se ferment, il est proche de la sortie du labyrinthe avec l’autre coureur mais ils ne peuvent franchir les 10 derniers mètres, aaaaaaah… Alors ni un ni deux, Thomas se jette là dedans pour les aider et se fait pourrir la gueule par l’autre coureur qui lui expliquent qu’ils vont tous crever. Bon quitte à être là, ils tractent le boss en haut d’un mur puis courent un peu à droite à gauche au lieu de rester à l’abri avec papy Alby. Comme Thomas est trop fort, il arrive à éclater une bestiole, une sorte d’araignée mécanique.

le_labyrinthe_les_concept-arts_des_griffeurs_7

Le lendemain, ils reviennent triomphants au village, larguent Alby à l’infirmerie puis vont un peu discuter avec tout le monde, deux camps se forment, les camps du “ohlala, le nouveau, il change la donne, on est trop content” et le camp des “vous avez énervé les gens qui nous surveillent en cassant leur jouet, ils vont se venger”. Bon, là, Thomas est puni car il a fait n’importe quoi et on le condamne à adhérer au groupe des coureurs… Ah ben si désobéir implique que je vais avoir en punition ce que je veux dès le départ, je vais foutre le dawa plus souvent, moi ! Ils retournent dans la labyrinthe et vont voir la bestiole éclatée… Sur celle-ci, ils trouvent un cylindre avec les mêmes initiales que sur leur rationnement et le chiffre 7. Mais ils n’ont pas le temps de se taper dans la main que des cris viennent du village : la cage arrive ! Normalement, elle ne remonte qu’une fois par mois et là, cette fois-ci, il y a une fille dedans avec un étrange message : “ce sera la dernière”. Quel est donc ce message mystérieux ? Oui, ils se posent vraiment la question, je situe pas bien quel mot ils ne comprennent pas…

kaya

Bon, là, la situation est tendue : dans un village rempli d’ados et jeunes ados qui vivent en auto gestion, on envoie une fille, sosie raté de Kirsten Stewart. Une fille au milieu d’ados qui s’ennuient un peu et sont là depuis plusieurs années pour certains… Vous voyez où je veux en venir ? C’est un peu comme les Schtroumpfs quand Gargamel a créé la Schtroumpfette et l’a balancé dans le village des Schtroumpfs sauf que là, je suis pas sûre qu’ils se contentent de lui offrir des fleurs… Mais Thomas pense reconnaître la fille : c’est Bella de Twilight celle dont il rêve toutes les nuits depuis son arrivée (deux fois donc). D’ailleurs, alors que la demoiselle, à peine réveillée, se réfugie en haut d’une plateforme et lapide tous ceux qui essaient de monter (je disais quoi à propos de la Schtroumpfette ?), elle accepte que Thomas monte car il ne lui est pas inconnu.

feature-maze

Bon, la fille a une fiole dans sa poche et Thomas se dit que, tiens, c’est l’antidote contre les mégainsectes qui rendent fous donc il va soigner Alby qui n’a pas été re largué dans le labyrinthe parce que bon, il est fou mais c’est le chef, quoi. Thomas lui injecte la substance étrange et, oh dis donc, ça marche ! Et un problème de réglé, merci la fille d’avoir si opportunément ramené l’antidote.

TheMazeRunner

Bon, re course dans le labyrinthe, Thomas et le coureur vont vers le secteur 7, rapport au numéro du truc piqué sur la méga araignée et ça tombe incroyablement bien, c’était une sorte de clé. Ils ont eu chaud, c’est le seul bout qui n’a pas été broyé dis donc. Bon, ça ressemble une sortie donc on va ramener les autres et tenter de passer par là. Mais ça va pas être si simple : de retour au village, le personnage antagoniste, aka le gros bourrin pilier de l’équipe de foot qui parle mieux avec ses muscles qu’avec sa bouche, a un peu monté tout le monde contre Thomas et ses potes en disant qu’il fallait rien changer sinon le labyrinthe allait se venger. Thomas se retrouve donc enfermé avec quasi Bella, l’autre coureur, Jojen Reed et un gamin un peu chiant qui dit à Thomas « tu vois, ça, c’est une petite statue que j’ai sculpté de mes parents par rapport à mes souvenirs. Si jamais je meurs et que tu arrives à t’enfuir, j’aimerais que tu la donnes à mes parents… » « Mais non, tu mourras pas ! ». Voyons : un personnage secondaire mi sympathique mi agaçant qui parle de sa mort sans aucune raison et donne un objet à transmettre « si jamais »… Bien sûr qu’il va crever !

The-Maze-Runner-Thomas-Chuck

Finalement, ils sortent de là et foncent dans le secteur 7 du labyrinthe, ils se battent entre eux, ils se battent contre les araignées, ils rentrent dans un labo plein de morts donc une dame que voyait souvent Thomas dans ses visions et à la fin, le bourrin veut tuer Thomas mais tue le gamin énervant à la place. OH PUTAIN JE M’Y ATTENDAIS TELLEMENT PAS ! Le bourrin meurt à son tour et les survivants (Thomas, la fille, l’autre coureur et Jojen Reed) découvrent une vidéo qui leur explique qu’en fait, c’est la guerre dehors et pour les préserver, on les a foutus là le temps que ça se calme et que s’ils étaient intelligents, ils s’en sortiraient. Donc pour préserver l’humanité, vous foutez ce qu’il en reste dans un labyrinthe avec des méga araignées et des méga insectes tueurs. MAIS JE ! Ils sont récupérés par un hélicoptère et découvrent alors le labyrinthe de loin. Mais en fait, ça encore, c’est un leurre : la dame censée être morte ne l’était pas ! A suivre.

The-Maze-Runner)

Je pensais voir le remake de l’un de mes films préférés, je me retrouve face à un énième film pour ados à 4 ou 5 films, histoire de rentabiliser la franchise. Le pire, c’est que quelques temps plus tard, j’ai récidivé avec Divergente (je savais pas ce que c’était, le titre m’a attirée), je vous en parlerai une prochaine fois, tiens.

Rendez-vous sur Hellocoton !

A l’impératif

Parfois, je médiatise. J’aime bien ça, moi, médiatiser, c’est stratégique. Non parce que l’annonceur, il veut choper des gens en particulier donc tu dois jouer avec les données socio démographiques, centres d’intérêt, mots clés, créer différentes campagnes et jouer sur les curseurs pour balancer la sauce là où ça clique et couper là où ça n’intéresse pas. Une sorte de jeu.

S0260_Voice

Alors forcément, depuis que je médiatise, je scrute un peu de près ce qui circule sur ma colonne de droite sur Facebook, colonne que je ne regardais pour ainsi dire jamais auparavant (et que je n’utilisais que pour couper les pubs Groupon). Mais à présent, je suis attentive, je suis les yeux grands ouverts… et je me sens agressée. Agressée par tous ces impératifs : découvrez ! Likez ! Aimez ! Partagez ! Dites-nous ! Gagnez. Wow tu te calmes, on n’est pas à l’armée ici !

police-academy-4-01-g

Bien entendu, c’est pas nouveau, j’usais déjà des impératifs à l’époque où je ne faisais qu’écrire des statuts pour mes pages Facebook. Pas trop car je n’aime pas vraiment ça, je joue plus sur l’incitation ou l’interrogation. En gros, je ne dis pas cliquez pour en savoir plus ! mais cliquez pour en savoir plus. Sans “!”. Je n’ai jamais vraiment aimé les statuts incitant directement à une action (“likez”, “partagez”, “commentez”), j’essaie d’inciter de façon plus douce, plus insidieuse. Oui, l’engagement sur un post est une donnée qui compte. Oui, mes campagnes étant pilotées au clic, j’ai intérêt que ça s’excite à un moment et plutôt bien…

cliquez

La pub est-elle donc un caporal chef ? Ou pire le serpent du Livre de la jungle qui nous endort avant de nous jeter quelques verbes à l’impératif ? Sommes-nous de dociles moutons qui nous exécutons en suivant les directives gentiment assénées par la publicité ? Achète ! Déguste ! Savoure ! Sens ! Vois ! Je veux souvent me voir au-dessus de la mêlée, je n’achète pas les choses en fonction de leur pub (mais je peux en boycotter si la pub me rend dingue). Mais j’achète. Qu’est-ce qui va me faire prendre un produit plutôt qu’un autre ? Le prix, parfois mais aussi l’envie créée par la pub. Genre j’ai acheté le legging minceur Mixa, celui avec Sonia Rolland dans la pub (genre la nana qui fait un 34 et te dit qu’elle veut mincir…). J’ai honte… Le double impératif portez et mincissez ! m’a eue.

sonia_rolland

Parce qu’au fond, ne restons-nous pas dans un état enfantin d’obéissance ? De douce obéissance, je dirais. Parce que des fois, oui, il est bon de se laisser guider, que quelqu’un nous prenne par la main et qu’on fasse sans se poser de questions. Mais trop d’impératif tue-t-il l’effet de guide ? A force de lire des “aimez !”, “partagez !” etc., j’ai juste envie de dire merde. MEEEEEEERDE ! Laissez-moi, je veux pas vous aimer, vous partager, c’est même pas demandé très gentiment en plus… Et puis pourquoi je te likerais toi plutôt qu’un autre, hein ? Si tu me donnes rien que tes infos corpo, bof bof…

http://www.dreamstime.com/-image2493604

Peut-être que le mouton en a marre, ne veut plus être mené sans raison. Marre des textes stéréotypés forts en impératif et point d’exclamation. Marre d’être une consommatrice lambda face à une marque sans âme. Marketeux, unissons nous pour donner de l’affect à nos petits consommateurs et fans. Eux aussi ont besoin d’un peu de tendresse !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Liste de la fille qui est officiellement guérie

« Votre genou est guéri, vous n’avez plus aucune contre-indication, vous pouvez reprendre une activité normale”. Yeaaaaaaaaah !! Une bonne conclusion à deux semaines survoltées, je suis épuisée, je veux dormiiiiiiiir. D’ailleurs l’activité du blog s’en est fortement ressentie.

– Vous aussi, vous avez entamé votre hibernation ?


– Petit jeu statistique : mon voisin de bureau de droite est malade. Mon voisin de bureau de gauche est malade. J’ai passé la nuit avec un mec malade (qui n’est aucun de mes voisins de bureau). A votre avis, j’ai combien de chance de pas choper la crève ?

– Entendu pour de vrai “Hé, t’as vu Afro Samouraï resurection ?”. Je trouve que l’idée même d’avoir créé un truc comme est violente alors penser qu’il y en a eu au moins deux…

– “Ah mais en fait; vous êtes hyperlaxe”. Oui, monsieur le chirurgien, c’est possible, je sais pas ce que ça veut dire. Alors voilà, vendredi, j’ai appris que j’avais une très grande souplesse des articulations, ce qui faisait que j’étais naturellement douée pour la natation, la danse et la contorsion. Bon, pour la danse, j’ai aucune coordination et la contorsion, je me suis jamais lancée dedans. Mais je ne savais pas qu’il n’était pas normal de pouvoir quasi toucher son avant-bras avec son pouce juste en tordant le poignet. Du coup, le chirurgien m’a pliée dans tous les sens pour montrer à ma mère qui a dit “bééééééééééé ! Je vais vomir”. J’en prends pour 10 ans de psychanalyse…

– Dans la série “AAAAAH QUE LE MONDE EST PETIT!” (souvenez-vous, la chanson qui reste dans la tête), encore un fait incroyable. Semaine dernière, je vais dîner avec mes anciens collègues de chez Pubilon et retrouve entre autre Ethan que j’avais pas vu depuis une éternité et demie. Il me demande où je bosse, je lui révèle le nom de ma boîte et là “non mais attends, tu bosses rue Robespierre ?” Heu bé oui… “Ah mais attends, je suis au 17 !” Moi au 19. Bon ben du coup, on va se faire des déjs !

– Le problème quand tu cumules des nuits de 4 à 6h (avec une pointe à 7) pendant 10 jours, ben tu finis par avoir envie de pleurer tellement t’as sommeil.

– La semaine dernière, j’ai expérimenté un truc de dingue : un atterrissage parfait. Aéroport de Marseille, j’étais côté hublot (ouais!) donc je suivais l’atterrissage de près. On s’approche de la piste, on est juste au-dessus, je me recroqueville un peu en attendant le choc et là… Le pilote ouvre les volets des ailes. On avait atterri, je n’ai absolument rien senti. Au retour, ce fut bien plus brutal.

– Leçon de vie sur Twitter hier, il paraît qu’un homme qui vous dit que vous êtes jolie, c’est une agression, un antiféminisme total et que je suis la reine des connes de ne pas voir le mal, que j’ai, je cite “si peu réfléchi à la place d’une femme dans une société d’hommes”. C’est un peu là que j’ai eu envie de m’injecter de la testostérone tellement j’ai eu mal à mes ovaires. Ceci étant, si quelqu’un comprend cette indignation, qu’il parle. Enfin, apparemment, qu’un homme me parle de mon physique, c’est avilissant (parce que nous, les femmes, ne regardons que la beauté intérieure, bien entendu)

– Mercredi soirée haïtienne très sympa au centre de Wallonie rue Quincampoix. C’est jusqu’à ce soir, je vous conseille. Y a trois volets : une expo photo sur Haïti, un spectacle de danse et un concert. Le spectacle de danse est très bon, je vous le conseille chaleureusement.

– Ma mère a laissé les robes de mariée de ma soeur dans ma chambre. Non, elle ne m’envoie pas de message. Mais oui, j’ai terriblement envie de les essayer… Comme ça, hop, je résous le fantasme de porter la belle robe blanche et j’ai encore une raison de moins de me marier.

– J’ai envie de faire du kayak, quelqu’un en fait ici ? (en petite couronne parisienne, ça m’arrangerait bien).

– Ne critiquez jamais flash sur Twitter, vous allez vous faire insulter par des développeurs flash. Par contre la SNCF, vous pouvez, les contrôleurs ne sont pas branchés réseaux sociaux apparemment.

– Rester professionnelle en toutes circonstances, voilà qui n’est pas aisé. Du genre lundi, j’ai rendez-vous avec mon big client, une marque de luxe. Je vais aux toilettes (que ma vie est passionnante) et là, le drame. En fait, j’avais mis mon pantalon sans bouton et pour pas que la braguette glisse, faut la remonter d’un coup sec. Evidemment, le chariot m’est resté dans les mains, a plus braguette ! Remercions cependant le ciel de m’avoir donné la bonne idée de porter une tunique ce jour là. Néanmoins, je me suis pas sentie hyper à l’aise jusqu’à ce que je rentre.

– A l’aéroport, on a fouillé mon sac aux portiques à l’aller et au retour… Je crois que j’ai une gueule de terroriste.

– Dans mon boulot, je dois parfois faire preuve de polyvalence. Alors quand j’ai réussi à monter un onglet facebook via la plateforme d’un de nos prestataires en mettant un css nickel, j’étais super fière de moi. Bon ok, j’ai un peu appelé un développeur à l’aide mais à la fin, je lisais le css comme un roman de Guillaume Musso, facilement mais sans plaisir aucun. Surtout que les onglets en question, ils étaient en italien, espagnol et allemand. Va mélanger du css, du html et une langue que tu maîtrises pas, toi.

– Pour finir, mon nouveau fantasme masculin (la beauté intérieure, tout ça) (cette bouche, mmmm, cette bouche) (c’est celui que j’ai mis en photo plus haut, Jon Kortajarena) :

Rendez-vous sur Hellocoton !

Paranoïa, on est sûr qu’on n’en revient pas

[Impossible de trouver la chanson dont est extrait le titre… Mais j’ai pas trop cherché non plus]

Lundi soir, retour de soirée, ligne 9, 23h45, je crois (par là). Je suis plongée dans mon livre quand un homme s’assied face à moi, je ne fais pas trop attention, prise dans mon livre. Le métro repart et là, je sens un truc qui me touche les jambes. Oh mince, c’est quoi encore ce délire ?


D’abord, c’est le sac à dos qu’il a sur les genoux qui me frôlent. Je ne dis rien, je ne vois pas le mal. Seulement voilà, le mec en face s’affaisse genre je dors et sa jambe se glisse entre les miennes. Heu ? Bon je me recule un peu sur mon siège en regardant discrètement le monsieur. Ouais, non, évidemment, ce n’est pas précisément mon type de mec, je tape pas dans la cinquantaine. Au fur et à mesure du trajet, ses jambes s’installent autour des miennes, une entre les miennes, l’autre à l’extérieur, je feins de ne rien remarquer. Il a l’air
de s’endormir donc soit il ne le fait pas exprès, soit il guette une réaction de ma part et il n’en aura aucune. Evidemment, c’est là que je me rends compte que je suis en train de lire Lolita de Nabokov. Sauf que même si je fais pas mes 29 ans, j’ai clairement plus le corps d’une jeune ado avec des seins naissants. De toute façon, à l’adolescence, j’avais déjà plein de seins.



Ma station, je me désembrique comme je peux, pas forcément aimablement et je pars sans même le regarder. Mais je suis turlupinée. Le mec avait vraiment l’air de somnoler, ses mains sont restées apparentes et croisées sur sa poitrine (à un moment, j’ai cru que l’une d’entre elles me touchaient mais c’était toujours son sac à dos). D’un autre côté, ce sac, là, il ne cachait rien ? Ceci étant, j’ai du mal à concevoir d’être encore tombée sur un pervers, malgré ma lecture. D’abord lire Lolita n’est pas un signe de perversion quelle qu’elle soit, c’est juste de la culture. Ensuite, je pense avoir eu mon compte, merci. Mais finalement, ce qui m’ennuie le plus, c’est de me poser la question. Est-ce que j’ai pas un peu la manie de voir le mal partout ? Non parce que des frottement de genoux, c’est quand même pas super violent, il m’arrive d’être plus intime avec des inconnus aux heures de pointes.



Au fond, je trouve assez triste de se sentir agressée au moindre effleurement, de se demander si c’est accidentel ou non. Et qu’à chaque fois, on parte dans le bon vieux laïus du « mais merde, j’ai le droit de sortir dans la rue et de lire du Nabokov sans être emmerdée ! ». Ce qui arrive relativement souvent genre hier, personne ne m’a tripotée, effleurée ou quoi que ce soit du style. Le seul contact physique avec des hommes se sont limités à des effleurements de doigts quand on m’a tendu un briquet (parce que j’oublie toujours le mien) ou le ticket du Monoprix. D’ailleurs qu’est-ce qu’il était choupi le caissier dis donc. En fait, je me demande si faut pas prendre le laïus à l’envers : « mais merde, un corps étranger a le droit de m’effleurer (par accident, je précise) sans que de suite, je me sente victime d’harcèlement sexuel ».




Bref, en attendant, je ne sais toujours pas si je suis paranoïaque ou aimant à pervers. Et si je devrais donc mettre une couverture opaque sur mon livre.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Et si on changeait de stratégie

Aujourd’hui, c’est grève. Comme la semaine dernière. Comme depuis trois week-end sur le réseau nord ouest du transilien. En fait, ça fait près de 10 mois qu’on se prend régulièrement des grèves et j’avoue que je suis à un tel niveau de blasement que j’en suis tombée dans l’indifférence. Pas de train ? Pas grave, je prends le bus, y en a un qui m’arrange pas si mal. Y a qu’à minuit, quand je suis chargée, que ça m’amuse moins. Mais au bout de 10 mois, force est de constater qu’on ne peut plus continuer comme ça. Le week-end dernier a eu lieu la nuit des écoles : en gros les instits de primaires veulent protester et invitent donc parents et élèves à camper dans les établissement en réalisant diverses activités comme lecture, dictée, maths, dans une ambiance bon enfant. Alors là, j’ai tendance à dire oui ! C’est ce que j’appelle la contestation intelligente car les instits prennent le temps d’expliquer le pourquoi du comment de leur mécontentement, de montrer un peu leur quotidien, même si c’est dans une atmosphère festive. Alors que si je prends les grèves RATP et SNCF, puisque ce sont deus services que j’utilise, je ne sais rien. Si je veux m’informer, je suis priée d’aller lire le journal. Aucun tract distribué, rien. Du coup, ça devient de plus en plus nébuleux. Par exemple, ça fait donc 3 week-ends d’affilée qu’il y a une grève sur le réseau nord ouest, un train par heure voire heure et demie. Alors ok, mais pourquoi ? J’avais d’abord pensé à une agression mais ce n’est pas ça. Selon Simon, c’est une histoire d’heures en plus qui sont qualifiées de complémentaires et les cheminots voudraient qu’elles soient qualifiées de supplémentaires puisque les deuxièmes sont plus avantageuses que les premières. Mais mon père a vu un reportage où il aurait été question d’une cafète déplacée. Sur le coup, il m’a dit ça, j’ai explosé de rire. Mais si c’est vraiment pour ça, là, j’ai juste envie de dynamiter le siège de SUD vu que c’est lui qui fout le bordel. Alors voilà où nous en sommes : 10 mois de grèves plus ou moins régulières, des revendications rapportées dans les journaux, un gouvernement totalement indifférent, des usagers usés… Y a que moi qui me dis qu’il faudrait vraiment trouver une nouvelle voie de contestation ? Alors, ok, les transports gratuits ces jours là, c’est interdit, ça, maintenant, je le sais. Mais pourquoi opposer systématiquement usagers et grévistes ? Pourquoi les grévistes ne vont pas à la rencontre de ces usagers pour expliquer leur cause ? A la limite, tant qu’à y être, organisons des animations dans les trains, métros, postes… pour expliquer le métier. Ok, on est là mais on va t’expliquer pourquoi on n’est pas content. Et pourquoi pas un grand barbecue en guise de manifestation après le boulot ? Mine de rien, ça va en faire de la foule et les grévistes gagnent en sympathie. Alors j’entends déjà les « non mais attends, les revendications n’aboutiront jamais comme ça ! ». C’est sûr que les grève old school, dix mois plus tard, on voit bien leur efficacité : aucune. Je crois vraiment qu’on est à la fin du syndicalisme à la papa. D’ailleurs, quand on voit que la moyenne d’âge des syndiqués est de 57 ans, y a clairement une cassure entre les anciens et les jeunes travailleurs. Certains fins esprits à la capacité d’analyse étonnante vont encore me dire leur fétiche « pfff, et t’oses te dire de gauche » mais hiiiiiiin ! c’est pas le sujet. Je pense juste qu’après 10 mois après les premières grèves de la fonction publique, les gens qui ne sont pas concernés s’en foutent au mieux, sont vraiment remontés à cause des inconvénients qu’ils subissent depuis tout ce temps au pire. D’autant que les routiers s’y mettent aussi et là, de suite, ça parle à tous les gens qui font le plein : l’essence, c’est trop cher, faut faire quelque chose. Comme d’habitude dans ces cas là, le gouvernement  a joué le pourrissement et a gagné. Alors, on change la donne ou on garde les œillères ? En attendant, moi, j’aime bien aller bosser en bus, je crois que je vais faire ça tout l’été !

Rendez-vous sur Hellocoton !

De toute façon, c’est de la merde ce que tu fais

C’est l’hiver et les trolls sont de sortie. A priori, ils n’hibernent donc pas. J’en vois partout sur les blogs. Comme on dit, c’est un peu le revers de la médaille, on ne peut pas passer au travers même si je ne comprends toujours pas. Alors attention, les trolls ne sont pas des gens qui ne sont pas du même avis que le bloggeur. Le troll est celui qui poste un comm insultant sans donner une vraie adresse mail et certains poussent même le vice à cacher leur IP. Oui, il y a des trolls professionnels.

 undefined

Pour ma part, j’ai pris le parti d’effacer les comms en question. Je pars du principe que si la personne n’a pas la politesse de se présenter et de me parler sans m’insulter, je n’aurai pas la politesse de respecter sa liberté d’expression. Au début, j’étais parfois touchée par ces méchancetés. Et oui, derrière l’écran, il y a une vraie fille qui, selon les périodes, a la sensibilité à fleur de peau. Maintenant moins. Déjà, je vais plutôt très bien en ce moment, mes soucis sont de l’ordre de l’accessoire donc des insultes anonymes me font l’effet d’une piqûre de moustique : c’est pas agréable mais on oublie vite. C’est vrai que des fois, je trouve un peu débile le principe du « c’est comme ça, tu peux pas y couper », vu que j’estime que n’importe quel bloggeur a le droit au respect comme n’importe quelle personne. Mais quelque part, c’est logique : à partir du moment où on prend le risque de faire quelque chose, on a le droit à des mauvais esprits.

Il est vrai que j’ai pris plus d’insultes méchantes et gratuites sur ce blog que dans tout le reste de ma vie. Non pas que je sois différente mais en vrai, quand je parle, on voit quand je ne me prends pas au sérieux, ce qui n’est pas forcément le cas à l’écrit. Du coup, on peut passer que je pète plus haut que mon cul alors que je tiendrais le même discours oralement, ça passerait différemment. De la même façon, quand on me connaît en vrai, l’image qu’on a de moi est plus complète et subtile. Sur un blog, on ne peut pas tout montrer de soi et je ne le souhaite pas pour ma part. En vrai, je peux être aussi très cash et secouer les gens pas très gentiment mais ce n’est pas que je me trouve mieux qu’eux, c’est le principe de l’électrochoc. Etre toujours gentille n’est pas aider les gens. Si je prends la peine de discuter une heure avec une personne et de la secouer, c’est que je tiens à elle sinon, je prendrais même pas la peine de lui parler. Donc oui, on juge sur les éléments qu’on a, je n’y peux rien et tant pis.

Mais surtout, il y a autre chose : j’ai pris le parti de me créer un espace de parole public. Il y a eu des fois où j’ai été tentée de fermer mon blog pour ne plus du tout me faire agresser pour peanuts par des gens que je ne connais pas (ou que je connais et qui parlent anonymement derrière leur cache IP), revenir dans mon anonymat total où les gens me causent correctement. Mais à ce niveau là, plus personne ne fait rien. Prenons n’importe quel artiste (je ne me mets pas dans cette catégorie, hein) qui fait son métier. Forcément, il ne fera pas l’unanimité vu qu’on ne la fait jamais. La seule œuvre qui a récolté l’unanimité, à ma connaissance, c’est l’élégance du hérisson de Muriel Barbery, j’ai beaucoup aimé, aussi. Dès qu’on s’expose, on est forcément objet de critique. Ca doit quand même faire mal de passer des jours et des nuits à se défoncer sur un truc et entendre 3 connards qui ne sont pas capables d’en faire autant démonter ça en deux minutes « c’est vraiment de la merde ». Ceci étant, je peux pas juger, je n’ai pas toujours été tendre avec des oeuvres que je n’ai pas aimées du tout. Même si je ne le dis jamais directement à la personne concernée vu que je connais pas tous les artistes produisant un truc.

 

Alors quoi ? Doit-on ne rien faire et rester sagement dans son coin pour être sûr d’éviter les crachats ? Mais si tout le monde fait ça, ça va devenir épouvantable. Bien sûr, ce serait exagéré de dire que les blogs sont nécessaires à la bonne santé d’une nation, ce n’est pas de la culture avec un grand C. Pourtant, c’est un espace de parole facile à créer et ce serait dommage que certains disparaissent à cause de 3 insultes. J’en ai parlé cette semaine avec Babillages (par mail) et Sonia (par comms interposés) qui en subissent pas mal en ce moment et je trouve dommage qu’elles (comme d’autres) perdent un peu de plaisir à
blogger à cause de ça. Babillages se demandait même si son blog valait vraiment la peine. Mais si les gens viennent vous lire tous les jours, les filles, c’est pas par charité. Des blogs, il en existe tellement que si un ne nous plaît pas, il suffit de ne pas y aller, ce n’est pas difficile. On ne pourra jamais empêcher les trolls mais si on doit tous se taire pour ne plus être importunés, c’est vraiment faire gagner les sauvageons du net. Quand on produit quelque chose, même des écrits qui n’ont aucune prétention littéraire, il faut s’attendre à ça. Mais au moins, on fait quelque chose. Et ça ne pourra jamais plaire à tout le monde. Et quand mon chef Simon me dit que TGGP devrait racheter mon blog, je me dis que je dis pas que des conneries, quand même. Même si j’en dis beaucoup mais des fois, c’est fait exprès !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Petit guide de survie en milieu urbain

Lecteur et surtout lectrice, tu le sais, la ville est une jungle avec plein de messieurs mal intentionnés à notre égard. Oui, on est belles et désirables mais on est nées comme ça, pas la peine de nous le faire savoir goujatement. Pour éviter ce genre de désagrément, il faut mettre au point la « je te vois pas attitude ».

brune.jpg

Globalement, j’ai jamais eu de problèmes majeurs dans la rue. Des dragueurs relous, oui, mais des agressions jamais. Le pire était le slave bourré qui m’a bien collée mais je m’en suis sortie comme une fleur. Jeudi soir, je rentre d’une soirée chelou (j’aimerais qu’un jour on m’explique pourquoi un mec fait semblant d’avoir super envie de me revoir pour m’effacer de MSN juste après alors que moi, je demandais rien du tout), je vois un mec pas clair du tout sur le quai. Il commence à me regarder d’une façon qui me plaît pas, je pressens le lourd. Donc je monte dans le métro et hop, je sors l’arme ultime : le livre. Oui, le livre, c’est mieux que le lecteur mp3. Pourquoi ? Parce que ça occupe les yeux. Vous évitez de croiser le regard du pervers sans que ça ait l’air fait exprès. Là, ça n’a pas raté, le mec s’est assis en face de moi et quand il a vu que je l’ignorais, il est parti emmerder une autre nana (puis une autre quand la première est partie, j’adore le concept). Moi, j’observais le manège derrière mon livre. Ca marche.

J’ai remarqué que l’attitude joue énormément dans le rapport que l’on a avec les autres dans la rue. De façon générale, j’ai de bons rapports avec l’autre. Je sais qu’il y a un ou deux connards qui vont mettre en comm « tu te fais pas draguer parce que t’es un thon, t’es insignifiante, personne te voit ». Hé bé non ! Dans la rue, je me fais arrêter tous les 2 mètres par des gens qui veulent un renseignement, une direction (les inconscients). C’est hallucinant, c’est tout le temps, mais c’est gentil. Je me fais draguer comme n’importe quelle fille mais en général, c’est gentil, des « vous êtes charmantes » et co mais personne ne m’agresse à part le slave (un autre a essayé de m’embrasser aussi mas j’ai esquivé et il a pas été violent). Alors, certes, je dois avoir une bonne tête mais quand même. En fait, j’ai une théorie : si vous avez peur de vous faire agresser, ça vous arrivera forcément. Question d’attitude. Anecdote perso : en 2005, je rentre chez moi, à Toulouse, en passant par une petite rue. Il fait nuit, il fait froid, il est 23h ou minuit, je sais plus. Je marche peinarde quand je repère une nana devant moi : elle a entendu mon pas et accélère. Du coup, j’accélère aussi, jusqu’à la faire limite courir. Je sais, j’ai été garce mais j’ai pas pu m’en empêcher car si elle s’était retournée, elle m’aurait vue moi et n’aurait pas eu peur. Moi, j’ai fait qu’à la faire courir un peu mais j’aurais été très conne, j’aurais pu l’emmerder plus.

Une personne dans la rue voit à votre démarche, vos regards et tout dans quel état d’esprit vous êtes. Il est plus facile d’aller «taquiner » une nana qui n’ose pas regarder devant elle, qui semble toute timide, donc fragile. Donc facile à impressionner. Donc proie. Donc pour éviter les relous en tout genre, y a pas de secrets : faut être conquérante. Mais pas trop non plus. Perso, je n’avais jamais réfléchi à mon attitude jusqu’à cette histoire de jeudi. Je marche en regardant un peu partout autour de moi, légèrement papillon (mais en fait, c’est que je vois rien, myopie forever), je marche d’un pas décidé, dans ma bulle. S’il le faut, j’ai foutu des tas de vents à des mecs sans m’en rendre compte. Je suis aimable quand on me parle, je donne des directions quand je les connais, je souris et remercie quand on me fait un compliment mais je ferme la porte à ceux qui veulent plus. Non, je n’ai pas le temps de boire un café, réponds-je avec un sourire, oui, je suis fiancée, dis-je avec un autre sourire. Et voilà, le mec me sourit aussi et n’insiste pas.

Ce serait donc ça le secret d’une vie sereine en milieu urbain ? Avoir l’air cool et détendue ? Concentrer son regard sur quelque chose pour avoir une bonne raison de pas voir le gros relou qui essaie de choper notre regard pour nous saouler ? Ben… on dirait bien que oui ! En tout cas, il est vrai que quand je marche dans la rue, j’ai jamais peur de me faire agresser ou autre. Je dois pas avoir une tête à ça.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pauvre petite chose

Par Mister BigCertains d’entre vous entendent parler de Mister Big, voient mon nom apparaître de ci de là, et, pour les plus curieux qui ont cliqué sur les archives, je représente aussi quelques rares articles. Le pourquoi du comment de cette présence épisodique est simple : la vie et ses déboires. En ce moment, mon meilleur ami vit une de ces périodes difficile où tout semble s’acharner sur lui. Moi, je l’ai vécu entre septembre 2005 et Janvier 2006. Il me semble vous avoir promis, dans une de mes rares apparitions (qui a dit « j’ai vu la vierge ??? »), de vous raconter le pourquoi du comment. Et bien le voilà.

Prenez un Mister Big heureux en amour, avec un CDI lui permettant de poser le préavis de départ de son appart pour aménager avec son cher et tendre, des zozios qui chantent, le soleil qui brille, etc etc… Ca, c’était moi l’été dernier. Et là, cruel comme un enfant qui arrache ses ailes à une mouche pour voir combien de temps elle va survivre sans, le destin a décidé que j’étais trop gâté depuis trop longtemps et m’a fait payé mon bonheur au prix fort.

Premier acte : je te quitte. Pour moi, le vent a tourné le temps d’un WE. J’étais casé, suffisamment alcoolique pour sortir presque tous les WE avec Gauthier, le reste du temps partagé entre son boulot et l’homme que j’aimais, et tout semblait parfait. Fin octobre, je devais quitter ma coloc pour me créer un nid douillet avec mon homme. Et là, à la mi-septembre, sans crier gare, en rentrant d’une journée passée avec des amis, voilà que j’entends un « je ne t’aime plus, ça peut plus durer comme ça ». Un coup de vent sur un château de carte, et vlan, plus rien ! J’étais largué. Lui, le lendemain, prenait le train pour rentrer chez papa-maman et me laissait seul avec un préavis pour nulle part et un hébètement sans fin face à ce qui me tombait sur la gueule. Bon, vous me direz, on se fait tous larguer. Avoir son univers entier qui s’effondre, c’est probablement arrivé à tous ceux qui lisent ces lignes, on y survit. Ca, je suis d’accord avec vous. Mais ce n’était que le premier acte.

Acte deux : tu m’passes ton portable ? Environ 15 jours après m’être fait méchamment lourdé, Gauthier me sort un vendredi soir et on noie nos pensées dans la vodka, mère au sein si réconfortant quand tout va de travers… 5h du mat : faudrait que je rentre, je bosse à midi (hé oui, même le samedi !) Qu’à cela ne tienne : je vais rentrer à pieds, 20 minutes de marche, ça va me dégriser. Je bise tout le monde et hop ! Je décolle… je fais 100mètres, et là, au rond point, une voiture s’arrête, un jeune homme d’obédience nord-africaine (oui, on appelle ça du politiquement correcte, car si j’avais dit un reubeu, on m’aurait traité de raciste ! mais j’y peux rien, moi, si je me suis po fait agressé par un suédois !!!) descend du coté passager et m’apostrophe en me disant « ma voiture est tombée en panne ! Tu peux me passer ton portable ? » « heu… j’ai plus de forfait, désolé ! » D’habitude, ça suffit pour que le type me lâche. Ben pas ce coup-là !  Il continue à m’importuner, moi j’avance, puis d’un coup, je sens une main sur mon épaule gauche genre « tu vas me regarder que tu le veuilles ou pas ! », je tourne légèrement la tête, et, sûrement soucieux que ma coupe de cheveux tienne en place, le type me pulvérise une grande giclée de laque ! Sauf que la laque, c’était une bombe lacrymo, et que c’est pas mes cheveux qui étaient visés, mais mes yeux. Et il avait bien calculé son coup : il me l’a collé à deux centimètres de l’œil gauche et m’en a pulvérisé sur toute la gueule ! Mais pas de chance, suis pas un pédé, moi ! La surprise passée, je me retourne et je lui lance un « t’avais bien calculé ton coup, connard ! » Enfin… courageux, mais pas téméraire, le gars ! Il était déjà en train de courir à toutes jambes pour retourner retrouver son pote dans la voiture soit disant en panne ! Tout fout le camp ! Il m’agresse et oublie même d’essayer de me faucher mon portable que je tiens pourtant dans la main ! Bref… il aura fallu 8 à 10 secondes pour que la lacrymo commence à faire effet, mais après, elle a pas fait semblant de brûler ! Heureusement pour moi, la mère d’un pote habitait la rue d’à coté, donc j’ai foncé chez elle, je l’ai réveillé et j’ai rincé tout ça ! Aucune de mes lentilles n’avaient disparu, mes yeux allaient mieux, et le lendemain, me suis réveillé avec le plus merveilleux peeling qui ne m’ait jamais été fait ! En un mois, je me retrouve largué puis agressé. Ca commence bien.

Acte trois : Toit et moi. Entre toutes ces émotions (car, en plus de ça, mon ex m’a joué pendant presque deux mois le grand jeu du « je sais plus si je sais que je sais pas si je sais vraiment si j’aurais pas mieux fait de savoir avant car au final je me demande si je t’aime pas toujours ») et mon boulot, me voilà arrivé à la fin de mon préavis et toujours pas d’appartement en vue ! Premier novembre : Mister Big remplit un garde meuble et amène ses dernières affaires chez la mère du pote qui m’avait recueillit après l’agression. Que cette femme soit canonisée ! Elle m’a hébergé pendant un mois, et ça m’a énormément aidé ! Mais en décembre, elle avait de la famille qui arrivait, je pouvais pas rester. Un copain connaissant mon problème m’avait proposé une colocation provisoire, je bondis donc sur l’occasion : je prends mon baluchon sous le bras et je passe décembre chez lui. Mais là aussi, chaque chose a une fin. Début janvier, toujours SDF, j’échoue chez Océane chez qui j’avais déjà dormi quelques WE. Mais, détail intéressant, elle aussi lâchait son appart, donc j’avais jusqu’à la fin janvier pour trouver quelque chose, même une vieille niche pour chien, sinon c’était vraiment la rue ! Chez Emma, je repère quelques offres sympa d’appart sur internet, je visite, je visite, mais rien. Je dois en visiter un dernier. Mais le jour même, on m’appelle une heure avant pour me dire « ben on a pas encore récupéré les clefs, on vous prévient dès qu’on les a ». J’étais en deuxième position pour le visiter. Je vais à l’endroit, je regarde l’immeuble, et, me sentant aculé, je décide de prendre le susdit appart sans même l’avoir visité, vu que je n’étais pas prioritaire pour le voir et donc le prendre. Je n’avais jamais fait ça de ma vie, mais aux grands maux les grands remèdes : je joue la Causette à l’agence, qui accepte, puis refuse, mais me promet (-craché-juré !) de me le faire visiter en tout tout premier ! Je visite, je signe ! Et voilà comment j’ai enfin mis fin à presque trois mois de SDFisme mondain.

A tout ceci je rajouterai d’importants problèmes d’argent en Novembre, des pressions à mon boulot de merde, Gauthier qui part pour Paris, mon ex qui me tourmente, et même des morpions en décembre, tant qu’à y être. Mis bout à bout, tout ça, ça use, et ça use même beaucoup. J’étais assez souvent dans un état second, j’ai même décompressé une fois au boulot (pour plus de définitions, demandez à Emma, c’est elle l’infirmière psy !), et je lançais même un « qu’est-ce que je serais mieux si j’étais mort » à l’occasion. Heureusement, ceux qui me connaissent vous le diront, j’ai un moral solide et une personnalité assez prononcée pour dire ce genre de chose mais jamais passer à l’acte ! C’était une sorte d’exutoire à mes idées noires. D’ailleurs on riait beaucoup de nos malheurs avec Gauthier à l’époque en les abordant de façon tragi-comique genre « je me suiciderai jamais, mais si un bus avait la bonne idée de perdre le contrôle et de me faucher au passage, ça serait pas une mauvaise idée… » Bref, je ferai pas un « acte quatre » pour tout ça, mais j’ai été à deux doigts de la dépression nerveuse, et c’est bien parce que j’ai une volonté d’acier, un moral à tout épreuve et des gens qui m’entourent que j’ai réussi à dépasser tout ça ! Maintenant, je finis de me reconstruire, que ça soit au niveau de mon cocon à moi (mon appart, en gros !) comme de penser les plaies de mon cœur et de réaliser tout ce qui m’est arrivé en l’espace de quelques mois. Le prochain acte sera de réellement faire quelque chose de ma vie. Dans l’immédiat, je garde mon boulot de merde le temps de finir de me reconstruire (et surtout de tout payer !) et après, je tente de trouver ma voie. Mais ma priorité number one maintenant, c’est d’être égoïste et de ne penser qu’à moi. J’ai toujours pensé aux autres, taché de leur faire plaisir, tout sacrifié pour mon mec, et voilà où ça m’a mené ! Je passe en premier, désormais. Quand je vivrai la vie que je veux vivre, là, je pourrai penser aux autres.

Voilà en gros un aperçu de la vie de Mister Big et de ses petits tracas. Présentations et explications faites, je vais enfin pouvoir plus participer à ce blog !

Rendez-vous sur Hellocoton !