Et si on arrêtait de mentir sur la perfection au travail ?

Vendredi après-midi, je traînasse un peu sur LinkedIn, activité que j’avais délaissée suite à la signature de mon nouveau contrat tellement j’en pétais. En cause ? Cette fable permanente de l’hyper réussite sans faille, ces gens qui ne sont que réussite et confiance en soi. Sauf que nous faire croire que la perfection au travail existe est juste la meilleure façon de nous fragiliser. Et si on changeait un petit peu les règles du jeu ?

La perfection au travail, seule voie de réussite ?

Je n’aime pas le monde du travail, qui n’est qu’une longue souffrance sans fin, mâtinée d’humiliation, stress, burn out, bored out et tout ça. Sauf que socialement, c’est moyen admis de balancer ça tant on est dressés à la réussite. Déjà à l’école, t’avais des profs bien vachards qui aimaient bien classer les copies par notes, lisant les passages les plus moisis des copies les moins bien notées. Et comme à cet âge là, t’es une belle graine d’ordures, on riait tous bêtement quand le prof nous désignait du doigt le cancre. Oui, j’ai eu des profs merveilleux (enfin, là, c’est une en particulier). Bref, dès l’enfance, tu apprends qu’il y a les bons, les nuls, et le ventre mou. Tu dois aspirer à être sur le haut du panier tout en ricanant de ceux qui n’y arrivent pas. Un peu le même principe que la téléréalité finalement où on prend un plaisir pervers à voir des gens censément idiots nous rassurer sur nos propres capacités. Je dis “censément” parce que filmez n’importe qui pendant 22h/24 (c’est toujours ça le ratio ?), vous pourrez compiler des moments de lapsus ou fautes de français sans grande difficulté.

Nabilla ou l'inculture des candidats de téléréalité

Mais c’est pas le sujet. J’ai récemment changé de taf et, surprise, mon poste a complètement évolué par rapport à ce qui était prévu donc j’apprends… et je réalise des tâches en même temps donc je me sens régulièrement dans la peau d’une jongleuse funambule… Métaphore qui prend tout son sens quand on connaît mon sens incroyable de l’équilibre (je n’en ai aucun). Donc je tâtonne et j’ai moyen confiance en moi (moyen comme pas du tout), d’autant que j’ai un management qui peut passer 10 minutes à me reprocher un imprécision plutôt que de retenir que les clients sont contents de moi et que je m’en sors avec les honneurs compte tenu du fait qu’on me met sur un nouveau métier et que la seule meuf qui maîtrisait bien les bails est partie. Bref, je vais me lancer dans la rédaction d’articles d’empowerment, histoire de me dire qu’il faudrait que je fasse ci ou ça au boulot pour sortir de tout ça et que je n’en ferai rien parce que voilà…

L'empowerment, prendre le pouvoir au travail

Comme vous l’avez compris, j’ai passé un mois de septembre tendax. Mais vraiment. Mais je ne suis pas tout à fait innocente dans l’histoire, j’ai un tort. Un tort de ouf et il va falloir que j’arrête avec ça : je mets les gens sur un piédestal. Enfin, certains. Peut-être est-ce un relent de mes années d’école avec les très bons élèves et les cancres (et que j’ai ce putain de syndrome de la bonne élève qui me nuit énormément car je suis incapable de lâcher le moindre lest) mais en gros, j’ai tendance à classer mes collègues en “très bons” ou “nuls”, sans grande nuance. Or n’oublions jamais que nous sommes tous le nul de quelqu’un d’autre et que j’ai l’impression qu’un grand classique du monde du travail (du moins dans mon univers impitoyable des agences de pub) que tous les autres services sont nuls et qu’il n’y a que le nôtre qui sauve les meubles (lol). Mais moi, je veux surtout vous parler de ce que je perçois comme “très bons”. Non, pardon “parfaits en toute circonstance” alors que moi, je fais des bêtises et que je suis la pire des loseuses. Ah oui, non mais par moments, je suis à ça de me préparer à un entretien préalable au licenciement pour une faute d’orthographe dans un mail, je suis la reine de l’autoflagellation. Du coup, au coeur de la “tourmente” (qui, après coup, s’est vraiment révélé être une tempête dans un verre d’eau), je me suis mise d’autant la pression parce qu’on m’avait présentée celle que je remplaçais comme une “pépite”, une “grande perte pour l’agence”. Hashtag sérénité, voyez. Alors que je lorgnais vers les toilettes en me demandant si je pouvais aller y pleurer discrètement, ma nouvelle collègue chouchoute me rassura “ah mais la fille que tu remplaces, elle s’en est pris dans la gueule bien pire, t’inquiète !”. Et je réalisais une nouvelle fois que nul n’était parfait, même ceux que je déposais délicatement sur le Panthéon de la réussite.

Athena, statue chevaliers du zodiaque

Parce que les échecs, on n’en parle pas ou alors s’ils sont un élément d’une success story, vous savez, ce côté, “aujourd’hui, c’est l’un des noms qui comptent dans la société, CEO de la start up de rêve mais avant, il a échoué, bla bla bla”, ces parcours flamboyants dont on est tous censés rêver (non) et qui ont le monopole de la réussite. On croit qu’on est le seuls à se tromper, à échouer (encore qu’il faudrait définir ce qu’est l’échec) et le tout bien encouragé par nos managers qui vont toujours aller nous pécher l’exemple de tel.le ou tel.le collègue qui fait autant que nous voire plus sans se plaindre (les managers oublient souvent que l’on se parle entre nous, au passage). Alors oui, celui-ci ou celle-la s’en sort peut-être mieux que nous mais… eux aussi, parfois, se sont plantés. Et ce n’est pas si grave car on ne sauve pas des vies.

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La tentation de Dante

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Ca vous est déjà arrivé, quand vous êtes avec quelqu’un, de vous demander si vous ne vous fourvoyez pas? Nina disait, la semaine dernière, que Ben avait beaucoup de qualités… Pour peu qu’il vive à Paris, il serait idéal. Moi ça me dérangeait pas. Je rencontre trop rarement des gens qui me plaisent. Mais, et si je rencontrais quelqu’un aussi bien que Benoît, mais à Paris, du coup? Ce serait pas un peu trop de
bonheur, ça?

Un soir, je suis invitée chez une amie, Sarah, pour son anniversaire. Prenant Audrey (une ancienne colocataire) sous le bras, je m’y rends. J’y rencontrai Dante (ce passé simple est dédié à Summer, je sais qu’elle aime qu’on emploie ce temps dans les articles). Dante, donc. Ouais vous foutez pas de mes pseudos, ils sont pas si éloignés que ça de la réalité. Dante il était beau. Il était grand. Il faisait de la musique. Il aimait les films d’action américains. Il avait un t-shirt orange avec Superman dessus. A ce stade de ma démonstration, je tiens à rappeler que non, Marine n’a pas 15 ans, mais bien 25. Dante il était marrant, et discuter avec lui dans la soirée fut très agréable.
Même moi je crois que j’étais classe. Quand on connaît mes mésaventures culottesques et épilatoire, on se rend compte que c’est beaucoup beaucoup BEAUCOUP, venant de moi.  J’étais assez chic. Et mondaine. Dans une soirée où je connaissais quasi-personne, la présence d’Audrey était salutaire au début. Celle de Sarah aussi, bien évidemment. Sa mère, avec ces pseudos que je donne à mes copines, j’ai l’impression d’être au collège. C’est vrai, quoi, qui n’a jamais été « amie pour la vie avec Audrey », ou trop adoré les Doc violettes d’une Sarah? Bref. Mais Dante, c’était la bonne surprise. Un mec bien. Intéressant. Sympa. Tout bien. A côté de ça, je m’en fous, j’ai un mec. Ouais il habite loin, mais c’est mon mec, jsuis sa nana. Ouaip ouaip. Avant la soirée, je me gargarisais déjà de ce statut de fille à copain, mais qui s’en vante pas, juste qu’il existe et que ça la rend radieuse. Première fois que je peux avoir cette posture, j’en jubilais. Même Sarah, qui la semaine précédente m’avait dit « tu fais chier, je voulais te présenter quelqu’un moi!!! », me rendait fière de moi. Eh ouais. Plus besoin!
Eh ouais.
Au détour d’une conversation passionnante avec Dante au sujet des films de John McTiernan, celui-ci me demande d’arrêter de parler, parce que, je le cite « la seule chose chiante que t’aies dite depuis tout à l’heure c’est ‘mon copain blablabla' ». Rire gêné. Mais merde, ouais mon Ben il est trop bien. Dante est pas mal, il est devant moi, mais Benoît, bien. Benoît, à moi. Moi, pour Benoît. Benoît, là avant. Benoît, plein de qualités mortelles.
Benoît loin.
Sarah en remet une couche. « Putain tu sais pas ce que tu rates, Dante c’est un coup fabuleux. Super agréable, attentionné, tout »
Rhhhhaaaaaaa je vais exploser!
Je tiens bon. « Dante, tu repars par où? » « Ah ben je vais du côté de *la place qui est à 20 mètres de chez toi* c’est là que j’habite. Si tu veux on rentre en taxi ensemble. Tiens mon numéro,
et mon mail, à l’agence de pub où je bosse. »  Ciel ciel ciel…

Non, je n’ai pas craqué. Ma culotte – LA guest-star de cette saga -, je suis la seule à l’avoir vue ce soir là. En fait, j’ai même pas pensé en termes de craquer. Du moins sur le vif. Quand je suis rentrée, j’ai fait un mail à Benoît relevant d’un body call caractéristique. Réussi en plus. Un truc que seule une fille à 2 doigts du coma éthylique pourrait écrire. J’étais contente. Mon Benoît il était drôlement bien. Et drôlement chic. Et drôlement intéressant. Et drôlement rigolo. Et drôlement loin.  Ca c’est ce que j’ai pensé au réveil, entre « aspirriiiiiine ma têêêêêteuh » et « où sont les toilettes ».

Bordel mais quelle conne. Y a un mec bien juste en bas de chez moi. Mignon. Bon coup. Fan de moi. Mais qu’est-ce que j’ai fait????? Et là j’ai regretté. Je me suis demandé ce qui clochait chez moi, de ne pas être foutue de trouver un mec bien pendant des années, d’en trouver 2 coup sur coup en l’espace d’1 mois, et de choisir celui qui habite à 6000 km. Ouais je me suis trouvée conne. A bouffer du foin.
Ce que je n’ai pas fait, d’ailleurs, le foin aurait trouvé aussi sec le chemin des chiottes via mon oesophage. Oui, j’étais malade. Personne n’était disponible pour me parler. Or laisser quelqu’un ruminer pendant sa gueule de bois, chers lecteurs (vous 6), c’est in-ter-dit. INTERDIT.

J’ai bad-trippé pendant toute une soirée, partagée entre une envie terrible de parler avec Benoît, un énervement croissant à son égard, pour tout ce qu’il était, et l’envie d’appeler Dante.
Le lendemain – je n’avais toujours rien fait, trop déprimée et malade pour ça – je parlais avec Benoît. Enfin… je MSNais avec lui, donc, vu que mes exploits digestifs du week-end m’avaient tellement détruit la gorge que j’arrivais ni à parler ni à avaler la moindre nourriture. Envie de pleurer, en face, il est de bonne humeur. Il se fout de moi, il me taquine, il est gentil. Il m’énerve. Il est adorable, je le trouve insupportable. Il me console, je l’envoie chier. Il me fait livrer un repas, je lui dis que je suis mal par rapport à Dante. Ce que je vomis, désormais, ce sont des mots.
Il est abattu, je me sens mal. Il essaie de me comprendre, je n’arrive plus à trouver mes mots. Il pense que je lui demande de me larguer, je panique. Bordel mais quelle conne. Y a un mec bien juste en face de moi. Mignon. Bon coup. Fan de moi. Mais qu’est-ce que j’ai fait????? Et là j’ai regretté. Je me suis demandé ce qui clochait chez
moi, de ne pas être foutue de voir quand un mec est un mec bien. Je me serais giflée. C’était ce genre de crypto-mélodrame que seul Internet sait créer. Je parlais la semaine dernière de l’importance des téléphones portables dans l’expression des sentiments amoureux (et surtout lubriques, il faut bien l’admettre). Pour cet épisode, ce sera la webcam. Je voyais Benoît encaisser et être mal. Et moi je me sentais plus légère. Facile, non? Tout cela restait silencieux. Ni lui ni moi ne parlions. On se voyait mais nos réactions restaient sans paroles. Putain mais faut pas laisser quelqu’un ruminer pendant une gueule de bois, c’est IN-TER-DIT!

Dante, je l’ai plus revu. C’est lui qui a pas donné de nouvelles.
Benoît, je l’ai revu. Des nouvelles, ça oui, j’en ai eues. J’en ai donné aussi.
Ce soir-là, à la soirée de Sarah, pour la première fois de ma vie, j’avais quelqu’un dans ma vie. Première fois que j’ai cette posture. Je pensais jubiler, mais le lendemain, ça m’a fait peur comme jamais.

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Hommage à Aaron Spelling

Aaron est un vieux monsieur et il est mort cette semaine à je ne sais quel âge. De toute façon, ce type, il a toujours eu l’air vieux. Un peu comme Rainier. On dit qu’il a bien vieilli, erreur. C’est que jeune, il faisait déjà vieux. Bref, notre pauvre Aaron a passé l’arme à gauche et c’est un peu l’occasion de revenir sur sa merveilleuse production télévisuelle.

aaron_spelling

Bon, si vous fouillez sur le net, vous constaterez que le monsieur a produit beaucoup de séries donc certaines que je ne connais pas, je me concentrerai donc sur celles que j’ai eu l’occasion de voir (et de suivre, même des fois). Dans sa prime jeunesse, Aaron a produit Starsky et Hutch, série dont je me souviens peu. Me souviens en fait du générique, de la voiture puis du générique « Starsky et Hutch, tananananan ». Puis Starsky et Hutch, ils se tapaient une nana chacun par épisode. Après, dans le rayon vieilles séries, y a aussi « Drôles de
dames » et « la croisière s’amuse ». Là, de suite, ça me parle plus, merci les re-re-re-re-re-rediffusions. « Drôles de dames », d’abord, ou comment créer une série dont le concept est de montrer des nanas bien roulées en petit bustiers et mini short. Quoi que je dis, je suis mauvaise langue : y en avait une des trois qui était toujours habillée en mémère, elle était chiante d’ailleurs. C’était un peu la maman du groupe, celle qui sermonnait les autres, la chef. Donc la gonflante pas trop jolie toujours en pantalon.

Ensuite, la croisière s’amuse, on quitte le domaine policier, avec son inoubliable générique. Ou comment une bande de moches profitent d’être sur un bateau pour se taper leur lot de bonnasse. Je veux pas être méchante mais sur leur love boat, moi, je m’en serais tapée aucun ! Y avait que la blondinette qui était mignonne mais elle puait la cruche à 3 km à la ronde. Déjà, on découvrait la passion d’Aaron pour les histoires d’amour compliquées, les cocufiages, les « mais quand je reviens au Mexique, je te fais un coucou ». Des tas de bonnasses

s’ébattent au bord de la piscine tandis que le soir, à la pleine lune (oui, c’est toujours la pleine lune sur le love boat), des couples s’embrassent sur le pont et se jurent de s’aimer pour toujours. Le schéma est souvent le même : soit des couples en mal d’amour qui se retrouvent, soit des célibataires qui se conquièrent. Des fois, ce sont des anciens amants qui se retrouvent.
Puis évidemment, les membres de l’équipage ont leur petite histoire aussi : une fiancée dans chaque port, quoi. Moi, j’avoue que ce que j’adorais dans cette série, quand j’étais petite, c’était le départ, avec les confettis, les cotillons et tout le tralala.

Bon ensuite, y a eu Dynastie et Hooker mais ça, je connais pas donc passons direct à la série culte, celle qui a fait d’Aaron Spelling un pépé pété de tunes, celle qui nous a fait rêver durant notre adolescence, celle qui fait que des tas de gamins s’appellent Brandon, Brenda et Dylan. Hé oui, je veux bien sûr parler de Bervely Hills. Tout commence avec l’arrivée des jumeaux Brandon et Brenda qui viennent tout droit du Minnesota, Etat bouseux et enneigé, apparemment, pour l’ensoleillée Californie. Les parents sont parfaits, la maison est parfaite et les

gamins font de gentilles conneries. Mais bon, on commence à glisser peu à peu dans la perversion. Les couples se mélangent, Kelly, la blondasse chiante, sort avec Steve, Dylan, Brandon, Dylan, re-Brandon puis je sais plus qui, j’ai arrêté de regarder. Brenda, la super héroïne qui dégage très vite, elle vit une grande histoire d’amour destructrice avec Dylan. Brandon est tellement parfait qu’on jubile dès qu’il lui arrive une merde. Non, mais il agaçant le premier de la classe président des élèves qui ne se tape que des bonnes notes et qui en plus travaille au café du coin pour se gagner de l’argent. Il a une tête à claque. Après, il y a aussi le merveilleux personnage de Donna, jouée par la fille de Spelling himself. Vu sa gueule, elle, soit elle couchait, soit elle avait un père producteur pour arriver à faire quelque chose. La maigre Donna aux gros yeux est donc super amoureuse de David mais elle veut pas coucher le mariage, elle est super prude et va à l’église tous les dimanche. Quand on sait que la fille qui la joue a dû déjà divorcer quatre ou cinq fois et s’est tapé la moitié des mecs de la série en coulisses, ça laisse rêveur. Bref, Beverly Hills, c’est un peu de l’érotique pour ado : ils baisent tous les uns avec les autres sur des riffs de guitare, ils se roulent des pelles dans les piscines et roulent dans des belles voitures. La pauvreté, ça n’existe pas à Beverly Hills, ça fait tâche.

Pour un public plus adulte, Spelling nous ressort Bervely Hills version trentenaire : Melrose Place, le lupanar made in California. Alors là, si vous cherchez à retrouver qui a couché avec qui, prévoyez une bonne réserve de diantalvic, c’est assez violent. Bon, en fait, non, c’est pas compliqué : tout le monde a couché avec tout le monde. Déjà, y a Amanda, la super blonde transfuge de Hooker. Ouais, dans le petit univers d’Aaron, les acteurs naviguent d’une série à l’autre. Donc, elle, c’est un peu la Victor Newman de service, elle s’est tapée tout le monde, sauf l’homo de service (qui finit par dégager, d’ailleurs). Après, y a plein de gens qui vont et viennent dans même pas une dizaine d’apparts, ils s’installent ensemble, se séparent, se réinstallent avec quelqu’un d’autre ailleurs, échangent les apparts… Limite, je me demande si les acteurs rentraient pas dans un appart au pif en disant que c’était le leur. Bref, chaque épisode commençait par une scène de baise, chaque épisode se terminait avec une scène de baise (toujours les riffs de guitare). Entre temps, ils s’engueulaient, ils complotaient, ils s’aimaient, se détestaient, ils faisaient des plans machiavéliques… Non parce que dans Melrose Place, y a les méchants et les moins méchants. Bon, de temps en temps, on file une petite explication sur leur enfance et tout ça, le « mais pourquoi sont-ils aussi méchants ? ». Ils se marient comme nous, on prend le métro, tout ça pour divorcer deux épisodes plus tard parce que monsieur a fauté avec la voisine. N’empêche qu’un immeuble où il n’y a que des gens beaux, ça me fait rêver !

Ensuite, il y a eu des ratés genre Sunset Beach (moi, j’adorais mais j’étais à peu près la seule) et un truc qui s’appelait « Pacific Palissade » ou un truc comme ça que j’ai découvert récemment sur le câble ou comment refaire un nouveau Beverly Hills avec des jeunes beaux et des jeunes riches (mais y a des pauvres, aussi). Dans ces deux séries, on découvre le petit frère de Tori. Lui, pareil : soit il couchait, soit il avait un papa producteur parce que dans le genre pas

terrible, hein… Enfin, citons la dernière série en date de M. Spelling : trois bonnasses habillées d’un rien qui luttent contre le mal. Enfin, non, y en a une qui n’est pas habillée en pouff mais elle est toujours enceinte, aussi…Non, c’est pas Drôle de dames, c’est Charmed. Ou comment réutiliser un concept éculé pour se faire de la tune.

 

Bref, chez Aaron, on retrouvait un peu toujours les mêmes trucs : des riches très riches qui côtoyaient parfois des pauvres très pauvres qui venaient au lycée en bus scolaire (oh les nazes !), des ethnies qui se mélangent pas, des nanas habillées d’un rien et des mecs qui passent leurs journées à se doucher pour qu’on voit leurs pectoraux. Des gens qui copulent, tout le temps, de préférence sur des riffs de guitare. Des histoires de couples glauquissimes censées être passionnées et romantiques. Ben quoi, c’est pas parce que j’ai baisé avec le voisin dans la piscine que je t’aime pas mon amour… Et si on se mariait, tiens ? De l’amour au rabais entre riches et très riches, entre beaux et très beaux. Chez Aaron, on est soit médecins, publicistes ou serveurs, pour les ratés. Mais c’est pas grave, les ratés, ils finissent toujours pas intégrer la super agence de pub où tout l’immeuble bosse. Ce qui est fantastique c’est que, chez Aaron, en trente ans de carrière, y a que la coiffure et les tenues des personnages qui ont changé.

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