Rush de Ron Howard

Encore une chronique ciné, je dois être possédée. Et 3e biopic en plus. Résumons : une fille non cinéphile qui n’aime pas les biopics en a vu 3 en moins d’un mois. Merci Oman Air ! Donc pour accompagner mon vol et après avoir maté le Majordome, je passe sans transition à Rush, donc. Petite précision avant de poursuivre : j’adoooore la Formule 1, je fus même très calée il fut un temps. Donc un film sur la Formule 1 retraçant la rivalité Niki Lauda/ James Hunt, ça me faisait un peu frétiller.

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Il faut savoir que niveau film de course de voiture, j’en étais restée à Driven, immense nanard de et avec Silvester Stallone où les voitures de courses faisaient trois loopings avant de retomber sur la piste ou se naufrager dans un lac à 2 km de la piste. Je partais donc de très loin. Venons en à l’histoire : dans les années 70, deux pilotes se croisent sur les pistes de catégories mineures : Niki Lauda, Autrichien, génie de la mécanique et de l’ingénierie, légèrement psychorigide, et James Hunt, blondinet un peu chien fou et tombeur de ses dames. Point acteur : ils sont vraiment très bons, Lauda est limite flippant de ressemblance. Ce dernier est une très belle façon de rentrer un peu (mais point trop) dans les détails techniques, Lauda devant son talent en grande partie à son génie dans le réglage de la monoplace.
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Curieusement, contrairement à la plupart des biopics où je ne peux m’empêcher de m’interroger sur ce qui est vrai et ce qui est fictionnel, j’ai pas ce léger agacement de « non mais là, c’est trop gros ! ». Eventuellement sur une scène où Hunt va péter la gueule d’un journaliste qui a posé une sale question à Lauda mais basta. Parce que la réalisation mixe scènes jouées et images d’archives, ancrant le récit dans la réalité. L’histoire s’attache particulièrement au championnat 76 où les deux pilotes se mènent la vie dure sur la piste. Si Hunt est à la peine en début de championnat, sa voiture ne lui permettant pas de faire jeu égal avec son grand rival. Mais les courses s’enchaînent, Hunt revient en lice, Lauda fait invalider l’une des victoires de son compétiteur pour non conformité de sa monoplace… Bref, la lutte fait rage, l’ambiance n’est pas toujours au beau fixe entre les deux hommes mais ça reste correct. Jusqu’au grand prix d’Allemagne où, suite à un accident, Niki est gravement brûlé (je spoile pas, c’est l’histoire de sa vie).
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Tout est amené de façon efficace : on « voit » quelques pilotes de l’époque, notamment dans les commentaires des journalistes sportifs aposés sur les images d’archives. Bon, on peut légèrement regretter l’absence de Jody Scheckter dans l’histoire, pilote classé second de ce championnat (du moins jusqu’au grand prix d’Allemagne) pour mieux se concentrer sur les deux héros de l’histoire mais c’est du détail. J’avais peur d’un film un peu sensationnaliste, notamment sur l’accident de Lauda mais non. C’est tout simplement juste. Après, je suis pas sûre que le film parle à ceux qui ne s’intéressent pas à la Formule 1 mais si vous en avez assez des courses où, à la fin, c’est Sebastian Vettel qui gagne, ce film vous fera beaucoup de bien.

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En province, on a même l’électricité !

Petite, j’étais une grande publivore devant l’éternel, hors de question de me coucher sans avoir regardé la page de pub de 20h30. Depuis, j’ai grandi et je trouve plus d’agacement que d’émerveillement dans ces satanées pages de pubs. Et ce qui m’horripile le plus ? L’image de la province.


J’ai beau être parisienne depuis bientôt 4 ans (quand j’y pense, c’est fou !), je continue à expliquer à tous les gens que je rencontre que je viens du sud. Et la plupart me répondent : « ah bon ? Et l’est où ton accent ? », ce qui me donne envie de pleurer car mon accent du sud ouest était un facteur sympathie indéniable. Maintenant, on ne me demande même plus d’où je viens, je trouve ça d’un triste. Mais bon, je garde ma fierté de fille du sud ouest, je suis contente quand on vent des Airbus, que les équipes de rugby de pas loin de chez moi gagnent des matchs, que plein de Toulousains soient en équipe nationale de rugby et je serais presque émue de savoir que Toulouse (le Téfécé, comme on dit) a battu Bordeaux en foot si je ne détestais pas ce sport. Enfin, ok, c’est pas le sport en lui-même que j’aime pas, c’est tout ce qu’il y a autour.

Alors forcément, quand je vois ma région réduite à des images d’Epinal, je grince des dents. Souvenez vous la pub Rondelé avec Maïté et ses copains qui parlent des bonnes choses et notamment cette bonne femme en tablier immaculé et chignon strict genre « paysanne du XVIIIe siècle dans l’imaginaire collectif » qui ramasse des herbes en les disposant dans son beau panier en osier en disant « la ciboulette, peut-être… ». Alors déjà, j’ai beau ne pas être un as du jardinage, je SAIS que l’herbe et la terre, ça ne va pas du tout de pair avec un tablier blanc. A l’époque, je me demandais où se passait la scène car en France, en vrai, personne ne va ramasser la ciboulette avec un beau tablier démodé et un panier en osier bien garni.

 

Nouvelle pub qui me fait hurler, celle de la twingo XV de France (ou rugby, je ne sais trop) où on voit une classe de crétins qui répètent en imitant l’accent du sud « Engtre lé PERcheeeeeeuh ! ». Alors déjà, en temps qu’ex stagiaire en journalisme rugbystique, on dit rarement « entre les perches », la plupart des journalistes restent avec le « entre les poteaux ». Mais surtout, je suis étonnée que les publicistes parisiens qui ont une si belle image de la province (le Parisien qui « apprend » le provincial avec l’accent, pardon mais ça me fait hurler) n’aient pas tilté qu’il y avait aussi des équipes de rugby hors sud ouest. Y en a aussi dans le sud est et même deux en région parisienne qui évoluent en professionnel (le deuxième, c’est le Racing Metro 92). Plutôt que de mal imiter notre accent et mettre en avant un vocabulaire rugbystique peu usité, ils n’avaient qu’à faire appel à des joueurs de la région, tiens. Ah, c’est sûr, c’est plus cher mais ça m’aurait un peu moins énervée car dès que je vois la couillasse à la télé qui commence à répéter toute fière
« engtre lé PERcheeeeeeeuh ! Engtre lé PERcheeeeeeeeeuh ! », j’ai envie de l’attraper par les cheveux, la jeter par terre et lui donner des coups de pied en lui expliquant que dans mon pays, personne ne parle comme ça en vrai.

Et je suppose que nos amis du Pays Basque doivent aussi être fatigués par le pépé qui « goss goss » avec sa patate ou, à l’époque, la sale gosse qui répétait du basque quand on lui servait du Ossau Iraty.


Parfois, quand je vois la province qu’ils nous sortent dans les pubs, je me demande s’ils ne sont pas allés tourner leur film dans les régions rurales du fin fond de la Chine. Parce qu’à Toulouse, par exemple, on a quand même l’eau et l’électricité courantes, on a même l’ADSL et nous, en plus, on construit des avions ! Alors la province d’un autre siècle, ce serait bien d’arrêter un peu de nous la servir.

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