C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ca va être greluche. Mais pire.
J'ai un vice. Oh rien de bien grave, je reste l'oie blanche de ce blog qui refuse les kits SM en promo et qui s'offusque du langage cru de Bastien. Mais j'ai un vice. Les peopleries. C'est une drogue, c'est affreux. L'autre jour, Perez H., qui est mon meilleur ami du virtuel après Nina, annonçait une "nouvelle dont on se fout" (c'est la définition officielle de "peoplerie") : Patrick Swayze est atteint d'un cancer du pancréas, il n'en a plus pour 5 semaines.
Pour la moitié qui s'en fout de Patrick Swayze, pas la peine de lire plus loin. Quoique non, restez mes mignons.
Je m'explique : Patrick Swayze, quelque part, on s'en fout.
Acteur de seconde zone, qui a brillé à la fin des années 80, au début des années 90 pour ses rôles de "minet-à-ado" dans 3 films, en gros :
- Dirty Dancing, rôle d'un mono de danse au muscle saillant, qui se fend d'un petit détournement de mineur entre deux mambos, qui danse en pantalon moulax noir - pour le folklore années 60 - et torse nu. 1987, l'homme objet dans toute sa splendeur.
- Ghost, rôle de l'amoureux qui s'envoie sa meuf en faisant de la poterie tellement qu'il l'aime et qui revient de l'au-delà pour lui redire combien tellement qu'il l'aime. Le muscle saille moins, le jeu est encore plus monolithique, et la sexyness de Patrick tient avant tout à son rôle de golden-boy new-yorkais qui habite TriBeCa dans un loft de FOLIE (rien que de repenser à ce loft j'en mouille ma culotte, voyez-vous). 1992, le lover.
- Point Break, rôle de gourou altermondialiste fan de surf et un brin bad boy (il braque des banques). Là, on salue l'ingéniosité des costumiers d'avoir fait à Patrick une coiffure qui lui tombe sur les yeux, ça évite l'embarras face à l'inexistence de son regard. 1993, l'époque à laquelle on pense encore que surfer, c'est cool, on se pose pas la question de la conversation du gonze.
Visuellement, ça donnait ça :
Fugace, la carrière. Mais après ça, combien de nanas ont essayé de s'entraîner à faire "la danse de la fin" de Dirty Dancing dans les boums? Des fois qu'un jour elles croisent Patrick, elles seraient préparées. Combien de mecs ont emballé sur Unchained Melody dans ces mêmes boums? Laissez tomber, si les nanas fermaient les yeux en vous embrassant, c'est parce qu'elles imaginaient Patrick S. et ses bras musclés les soulevant comme des brindilles pour leur faire l'amour fougueusement dans un loft de 200 m2 sur TriBeCa.
Bref, tout ça pour dire à quel point ces personnes avec lesquelles on a grandi mentalement en viennent à prendre un peu de place dans nos coeurs. Pas forcément beaucoup, hein. Quand c'est beaucoup, ça s'appelle être fan. Quand c'est trop, ça s'appelle être psychopathe. Mais sans tomber dans le fanatisme ou la folie, ce sont des personnes (personnages?) qui ont compté. Quelque part, on les a oubliées, remisées dans le coin "niaiseries adolescentes" de notre cerveau, ce coin qu'on dépoussière avec nostalgie de temps à autre (souvent pour moi). Mais par ailleurs, quand on les perd définitivement, sans avoir la même tristesse que quand on perd un proche, on se rend compte que c'est un repère de notre enfance/adolescence qui s'en va. Et grandir, des fois, c'est chiant.
Alors oui, la maladie de Patrick Swayze, on s'en fout, c'est certes cruel mais pas forcément plus que ce qui a touché Chantal Sébire, après tout. Mais Patrick Swayze, j'ai dû m'endormir un paquet de fois en rêvant à lui quand j'avais 12 ans. Je ne parle donc pas de l'alcoolo fumeur compulsif au visage ravagé qu'on voit aujourd'hui, mais bien d'un Johnny Castle ou d'un Sam Whitman. Ca en fait presque un proche, un ami de la famille - celle qui est dans ma tête. En somme, la mort annoncée d'un fantasme d'adolescente, c'est aussi nous rappeler que tempus fugit, et ça c'est vachement triste, des fois.
Annonces préliminaires : désolée de te laisser béton des fois, Nina, j'ai comme qui dirait un peu du pain sur la planche en ce moment. Désolée de pas avoir répondu sur mes précédents posts, promis, je m'y mets prochainement. A l'attention de akrak qui disait que j'aimais pas les homems et que la pub Kookaï était faite pour moi. Comment dire... Kookaï ne passera pas par moi, d'une (et on voit bien que t'es un mec t'as pas vu le rapport pétasserie/prix de la chose), de deux, trop je te respecte, man.
Bref.
Est-ce que la naïveté est un défaut touchant ou un véritable cadavre dans le placard?
Je demande ça en tant que naïve de première catégorie. Quand j'étais petite ma demie-sœur m'avait fait pleurer en m'expliquant que mon père m'avait trouvée dans une poubelle. Et elle m'a enregistrée sur K7 audio, la salope (à la fois, depuis, elle a pas vraiment changé d'âge mental, Carole, si tu me lis, c'est pour toi). Ce fut le début du drame de ma vie. Depuis, je fais face, comme je peux. Le "comme je peux" signifie que je fais ce que je peux pour sauver la face quand je fais preuve d'une crédulité alarmante. Mais c'est dur. Des fois, j'ai des profs qui se foutent de moi. Souvent, je fais suivre les mails qui me disent que la vie d'une petite fille atteinte d'une maladie rare en dépend. Mais le pire, c'est avec un mec. C'est-à-dire qu'à ce stade, ou bien je suis une oie blanche, ou bien j'ai une très mauvaise opinion de mon mec. Ou bien je suis conne (option qui recouvre les 2 premières propositions)
Pour des raisons évidentes de clarté et de conventions sexuées, dans les dialogues qui vont suivre, les interventions masculines seront en bleu, les interventions marines en rose.
Épisode1, Marine, envoie-moi une photo de toi dénudée.
aka les relations à distance, on fait ce qu'on peut.
Génial elle est tellement belle que je l'ai mise sur mon frigo. (screenshot dudit frigo à l'appui)
Bleh?
Première réaction interloquée, dépassée. C'était avant le drame. Que voici. Après un temps de réflexion, et Benoît étant un TSS notoire (cf. rubrique afférente, vous y comprendrez donc que Benoit vit en colocation avec 3 autres étudiants mâles), je panique. OUI, je panique, je me dis pas "vanne trop naze". Je tremble de rage à l'idée de Mohammed, le coloc iranien s'extasiant sur ma chute de reins, je me vois en Paris Hilton du pauvre qui aurait pas dû faire confiance, qui se retrouve en pâture face au monde entier, mais pas assez connue pour en tirer les bénéfices, je lui raccroche au nez. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle. Je laisse sonner. Il me rappelle... oui ça a duré longtemps.
Épisode 2, Marine, pourquoi on n'a jamais utilisé de sextoys?
C'est vrai, ça, pourquoi? On devise sur les avantages comparés des menottes, des godes-mais-surtout-pas-réalistes... bref, discussion sans grand intérêt que tout le monde a pu avoir à un moment de sa vie.
Le lendemain : Marine, j'ai pas arrêté de penser à cette histoire de menottes, alors du coup, je suis tout content, j'ai acheté un kit SM en promo sur internet... En promo. En promo. Promo en. EN PROMO.
Je refuse de faire les soldes pour les fringues - c'est vrai, quoi, je fais 38 aux pieds, 36 en haut, 38-40 en bas... bref, les soldes ne sont pas une option pour moi. Donc pour moi, si j'ai pas de pognon, c'est H&M et Gap, et tant pis pour les marques, ce sera quand je serai riche, mais jamais un truc au rabais. Alors pour un vibral, tu te doutes direct que no way, quoi.
Bref, ma réaction (que je schématise un brin) : Gneeeeuuuhhh???
Ben oui, là aussi j'y ai cru, la promo, le plug en mauvais plastoc, la boule pour mettre dans la bouche façon "Bring out the Gimp", la totale. Effet tue-l'amour garanti. D'un coup, j'ai béni la relation à distance et le bonheur immense que constituait une nuit avec mon Ratatouille en peluche dans mon lit une place en buvant une Verveine Menthe. Chacun son style pour tuer l'amour, me direz-vous.
Une heure après, je suis encore à lui trouver une solution: a/se faire rembourser sur son compte, b/faire opposition sur sa CB et tout brûler, c/créer une annonce sur E-Bay (me disant au passage que merde pendant qu'on y est ce goujat serait capable de m'acheter un rabbit d'occase sur E-Bay, s'il tombe dans la promo)
Épisode 3, Marine, t'es là chez toi demain entre 14 et 17h?
Naaaan j'y crois pas, tu me fais livrer des fleurs ou bien?
- Euh non, des enceintes pour mon pote Jérome. Je les ai pétées par accident l'autre jour...
- Hé?
- Je les fais livrer chez toi, tu les apporteras la prochaine fois que tu viens (rappel : il vit en Amérique)
- HÉ????
- C'est un peu gros par contre (visionnage de la page Amazon : le bébé fait 1m20 par 80 cm par 50 cm)
- HÉÉÉÉÉÉÉÉ!!!!!!!!!!! (je vis dans 2 mètres cubes)
Ca dure une bonne heure trente, au bout desquelles je fais exprès d'être pas chez moi demain, qu'il a qu'à se carrer au cul ses enceintes (sic), que c'était acheté sur CraigsList depuis 15 jours mais qu'il avait pas jugé nécessaire de m'en parler, qu'il me paie un billet d'avion si j'accepte de réceptionner le colis, mais que globalement, il fait se faire foutre super profond avant tout. J'en tremble de rage.
- Euh ouais, en fait non, juste, je te fais livrer des fleurs pour la St Valentin... Putain j'ai honte c'était trop facile...
Du coup, dans ces conditions, la Saint-Valentin est plutôt rock n roll voyez-vous : une blagouze débile, un trashage en règle, un pot de fleurs pour finir. Sobre et décalé. Pour la première fois de ma vie où je suis maquée ce jour là, je trouve que c'est plutôt funkos.
Mais la morale de cette histoire selon Benoît est plutôt amère... Un jour, tu sortiras avec un mec qui te trompera et tu verras rien, ma pauvre chérie.
Mis à part que ça permet à mon entourage de se marrer un bon coup à mes dépens régulièrement, et que ça fait de moi un assez bon public, c'est touchant ou bien c'est un putain de cadavre dans le placard?
Qui dit TSS (Thésard en Sciences Sociales, donc) dit pauvre et savant. L'exact opposé du Golden Boy. Pourquoi en Sciences Sociales? Parce que... depuis quand les rats de laboratoire ont-ils une vie sexuelle? Non franchement, ça se saurait.
(Pardon pour nos amis mathématiciens qui nous lisent, ils sont, j'en suis sûre, très nombreux, des bisous)

La mise en bouche.
Le TSS étant un crevard, tu peux un peu le trouver n'importe où, et pas seulement aux soirées étudiantes (dieu merci). Alors : vernissage d'expo, magasin de fringues, resto japonais entre potes, pub, boîte, soirées privées chez des amis (le TSS est d'ailleurs un accessoire assez fréquent Golden Boy, en revanche, l'inverse est assez peu vérifié, allez savoir pourquoi), mais aussi train, aire d'autoroute, blogs, facebook, forêt, en train de nourrir des poules, et enfin l'inévitable bibliothèque. Pour ma part, j'ai rencontré mon TSS dans le 3e cas de figure, le resto (japonais). Comment attirer l'attention du TSS sur toi? Très simple. Un peu comme le Golden Boy, il fonctionne au strass et paillettes, sauf que c'est pas le même strass, pas les mêmes paillettes. Pour lui, tu dois irradier d'intelligence, de bagout, de conversation (et même s'il te trouve conne, il te trouvera de la personnalité, c'est suffisant pour l'exciter). Quand il lance un sujet de conversation, rebondit, soit pour abonder dans son sens, le plus souvent, il sera flatté, soit pour creuser un peu, et ouvrir sur un autre sujet, qui te correspond mieux, dans lequel tu es plus spécialisée (même si c'est les tarifs de la french manucure, l'essentiel est qu'il voie que tu es calée dans un domaine). Parfois, sois en désaccord, ça crée du débat, de la conversation. Une règle d'or, valable ici encore plus qu'avec tout le reste de la gent masculine : l'eye-contact. Le TSS est en général chaud bouillant comme une baraque à frites, il fonctionne à l'eye-contact, et n'attendra pas plus d'autres avances de ta part qu'il ne t'en fera. Si tout va bien, l'eye-contact sera suivi dès que vous serez suffisamment isolés d'un "mouth-contact", si vous me passez l'expression.
Les points positifs
- il a de la conversation, il a toujours une opinion sur tout. Quel que soit le sujet sur lequel tu l'entreprend, le TSS saura te répondre en réfléchissant et pas machinalement.
- il est curieux (franchement, sinon, il ferait pas une thèse), donc à l'écoute de tes attentes,
- il est cultivé, ce qui évite l'écueil fâcheux du "Kikoo" en début de mail, ou de la phrase choc de type "tu me fais chaviré, j'arêtes pas de pensé à toi". En somme, il gère son orthographe, et peut même te parler de tel poème auquel tu lui fais penser plutôt qu'un baratin à deux balles pour te lever. Ce qui ne le rend pas vieux jeu pour autant, je rappelle qu'il est curieux, il est donc ouvert à toute proposition.
- c'est un super coup : honnêtement, il mène une vie d'étudiant alcoolique qui sort tout le temps, alors que tous ses amis sont déjà cadres, et tout le monde sait que dans ce milieu, faut coucher pour réussir... il a de la pratique. Et comme il est curieux, et qu'il apprend vite... je te laisse faire l'addition, ça vaut le détour. Et comme le TSS n'a pas forcément d'emploi du temps fixe, il n'a rien contre le concept de la journée au lit "repos-causette-baise", et contre l'idée de tester toutes les combinaisons possibles de cette trilogie (causette-repos-baise/baise-repos-causette/repos-baise-repos/baise-causette-baise/baise-baise-baise et j'en passe...)
- il mène une vie d'étudiant alcoolique depuis trop longtemps finalement : le cas échéant, il n'aura pas peur de l'engagement.
Les points négatifs
- il est pauvre. Il voudra bien t'inviter, mais si c'est pas cher. Mais la plupart du temps, il te parlera amoureusement de Simone de Beauvoir, et vous partagerez l'addition. Ne t'attends pas à atterrir dans un palace quand il te dit "viens chez moi", tu navigueras entre les canettes de bière de ses colocs, la PS2 jonchée sur le sol (la Wii? ouais c'est cool, mais j 'ai pas les moyens, je vais chez mon pote qui bosse dans la finance), les bouquins ouverts traînant un peu partout... Vous dormirez sur un matelas à même le sol. Mais les colocs sont pas chiants (eux-mêmes sont TSS) des fois que tu sois un peu bruyante pendant l'acte.
- il est pauvre, et il vit au-dessus de ses moyens. Méfiance, les problèmes financiers, ça peut tuer un couple. Dès le début, mets les limites. Et puis le côté chien fou qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, ça peut devenir lassant.
- s'il est thésard en sciences sociales, c'est qu'il est dépressif, d'une manière ou d'une autre. Il faut vouloir le partager avec sa psy, et accepter qu'une tierce personne lui permette de verbaliser votre histoire (en même temps, toi, tu as tes copines, alors bon)
- il a de la conversation mais il fait chieeeeer. Il a un avis sur tout, il a surtout un avis, comme dirait l'artiste. Parfois, ça peut confiner au mépris, si tu connais pas cette référence pourtant "juste évidente". Franchement, il y a suffisamment de points d'achoppement dans un couple, ça fait un peu mal de trouver en plus à s'engueuler sur la place de la pensée bourdieusienne dans la gestion des rapports sociaux actuels. (en même temps, on peut reconnaître que plus d'engueulades = plus de réconciliations = plus d'effusions de sentiments et plus de réconciliations sur l'oreiller)
Le SAV
Le TSS est un ex formidable, un des mieux sur le marché
- il n'a pas peur du "revenez-y" si jamais tu n'as personne et lui non plus... après faut savoir gérer, c'est sûr
- il n'est pas rancunier, et ne sera jamais (trop) fâché si tu lui envoies un mail d'insultes ou même ton poing dans la gueule (il ne sait que trop à quel point nos cultures occidentales post-modernes influent sur nos comportements sociaux)
- qui voudra toujours boire un café avec toi (du moment qu'additions séparées, ceci cela), te conseiller sur tes futures histoires de mecs (il demandera peut-être même conseil à sa psy pour toi), aller à une expo, ou à un concert. Bref, c'est comme le pote homo, sauf que là, c'est ton ex. Pour lui "on reste amis" signifie vraiment "on reste amis" et pas seulement "dégage poufiasse".
Par Marine
Le Golden Boy marche au strass paillettes. Ceux de son monde. Comprendre anorexique/bien sapée/qui fait bien en public.
J'ai rencontré le Golden Boy en période faste, je venais de perdre 5 kgs.

La mise en bouche
Tu rencontres le Golden Boy en soirée. Son domaine de chasse privilégié est le seven-to-one, mais il étend ses capacités à toutes les boîtes de nuit, ainsi qu'aux amies d'amis, lors des dîners.
J'ai rencontré le mien dans le dernier cas de figure. Comment attirer l'attention du Golden Boy? Sois mondaine, parle fort, mais ponctue tes phrases de légers gloussements pour ne pas faire trop
rentre-dedans (après tout, c'est une fille qu'il recherche, pas un pote de bar pour la Coupe du Monde de rugby), circule entre les convives, virevolte, et dans un battement de cils, fais
comprendre que tu es intéressée. Sans plus. Car le Golden Boy fonctionne au date. Il veut du rendement, mais si tout se joue le premier soir, c'est trop facile pour lui, le goût du défi n'y est
pas, l'envie est trop vite assouvie. Or toi, tu veux une histoire avec le Golden Boy (ou pas). Donc tu lui donnes ton numéro, tu attends qu'il te rappelle, tu le fais patienter : ça s'appelle se
donner de la valeur ajoutée, c'est essentiel pour le Golden Boy. Chez lui, la maxime "A ne désire B que si B est désiré par C" n'a jamais été plus vraie. Le rendez-vous fixé, à toi de jouer. Des
petites choses à savoir sur le Golden Boy, tout de même.
Les points positifs :
- il alimente seul la conversation, il a le contact facile, il te mettra à l'aise, te posera des questions, répondra aux tiennes, bref, en l'espace d'une heure, c'est la meilleure amie dont tu
avais toujours rêvé, mais dans un corps d'homme, avec les hormones qui vont avec. Et, gros plus par rapport à la meilleure amie (nonobstant la masculinité), il ne t'abreuve pas de doutes
existentiels, mais plutôt d'anecdotes marrantes. Le rêve.
- il roule en BMW (et même si tu sais que c'est mal d'être superficiel, tu ne peux pas t'empêcher de penser à Tom Cruise dans la Firme) (d'autant plus que mon Golden Boy n'était pas beaucoup plus
grand et avait le même genre d'yeux)
- il est beau, il a le regard franc, il soigne son allure et dans le fond, tu es super fière d'être pendue au bras d'un mec aussi beau, aussi classe, aussi sexy... eeeeeh salope! t'arrêtes de
mater le cul de mon homme, toi, oui???
- il est riche il T'INVITE, et non par machisme : c'est normal, s'il gagne plus que toi, que lui mette un peu plus la main au portefeuille
- il prend les devants, mène la danse, fait des compliments avec une grande spontanéité, veut t'offrir des cadeaux, ne voit que toi, te prend en photo sur son portable (oui bon, j'y peux rien,
c'est le monde moderne)... en 4 mots, tu te sens belle. Tu es séduite. Tu aimes être séduite.
Les points négatifs :
- se méfier des contrefaçons : ça a l'air d'un Golden Boy, ça parle comme un Golden Boy, ça a 2 portables et un Blackberry comme un Golden Boy (c'est kéké comme un Golden Boy)... mais ça porte
une chemise Yves Dorsey (vous savez le stand au milieu de la Gare Montparnasse, entre le métro et les Grandes Lignes?). Bon, n'est pas Patrick Bateman qui veut. L'intérêt, c'est qu'on a moins de
chances de vous retrouver découpée en morceaux dans une benne à ordures. L'inconvénient, c'est que de la chemise Yves Dorsey au rencard à l'Indiana Café d'Opéra, il n'y a qu'un pas.
- Opéra, justement. L'ensemble du quartier. C'est celui qu'il préfère.
- il est consumériste. Parfois sans discernement (voir le premier point de cette rubrique). La culture? Pas le temps. La politique, la société? Ouais ouais... il regarde Zone Interdite et
Capital, quoi...
- il cause il cause ... c'est tout ce qu'il sait faire... quoique... passée la période d'essai, la conversation, essentiellement centrée autour de lui, tourne un peu à vide. Et les monts et les
merveilles, tu les attends encore.
- il est bavard, certes... sauf au pieu. Et il est pressé. Pas de période de découverte. Pas de réflexion sur les attentes de sa partenaire. Il pourrait t'enculer à sec, ce serait aussi bien pour
lui (si vous me permettez d'être vulgaire)
- il n'a pas le temps. Pour toi. Il te le fera comprendre au moment de la rupture, d'ailleurs. Entre son boulot, le judo, ses seven-to-one... Il n'a que les week-ends pour se détendre devant sa
Wii en fumant des clopes et en bouffant des pizzas... Tu n'as pas ta place dans ce schéma.
Le SAV :
Il faut rester ami avec le Golden Boy, et ce pour 3 raisons
- il ne s'encombre pas de sentiments superflus, il te quitte, il te quitte. C'est simple et carré. Il te fera pas espérer si y a pas lieu. Un mec franc et sain (au moins dans la rupture). Ceci
étant, tu pourras toujours l'exhiber comme un trophée (je sais c'est mal, mais quand-même)
- il se fait chier à sa pause déjeuner (voire pendant qu'il bosse). Par conséquent, il sera toujours d'une compagnie fort appréciable quand toi, tu es cloué au lit malade, et que personne n'est
dispo sur MSN ou par téléphone.
- le Golden Boy, même après la rupture, saura rester un conseiller bancaire (et un traducteur bancaire) d'exception.
Par Marine
Ceci est un coup de gueule.
Pas contre les grèves.
Pas en faveur des grèves non plus.
Cela fait maintenant pas mal de jours que je suis bloquée chez moi. Quand on habite le nord de Paris, les 3 lignes desservant le reste de la ville sont bloquées. Ceux qui ont dit que la 12
fonctionnait à un rythme de 1 rame toutes les 40 minutes vous ont menti. Le service n'est pas assuré. Ceux qui ont dit que la 4 fonctionnait presque normalement ont menti. Elle fonctionne à peu
près 1 jour sur 2. Hier, c'était 1 rame toutes les 25 minutes. Ca fait cher payé pour boire un verre vers Montorgueil, je me suis abstenue. Je pourrais me servir de mes pieds mais la perspective
d'une pneumonie m'enchante trop peu. Je reste travailler chez moi. Ne pensez pas que ce soit de gaîté de coeur. Mais il est vrai que je peux me le permettre, ce qui n'est pas le cas de tous ceux
qui sont bloqués par ce mouvement, j'en conviens totalement.
Mais quand je regarde Facebook, à titre d'exemple, avec tout le respect je dois à certains de mes 'Friends', avec tout le respect que je vous dois, même à certains Vingtenaires, ça me fait
gerber. "Pour que les connards de la RATP et de la SNCF soient remplacés par des machines", "Pour que les enfoirés de grévistes soient fusillés au Père Lachaise"... Ce ne sont que les titres.
Vous les trouvez amusants? Ou en phase avec votre haine? Moi ils me font bondir. Ils me dépriment. Avant de vous trouver super drôles et follement spirituels parce que merde, vous avez mis 2h à
rentrer chez vous, réfléchissez aux présupposés de ces phrases et à leur caractère scandaleux. Ce sont des propos haineux, ni plus ni moins, et certainement pas légers. "La grève me fait chier",
ou "Je m'en fous des grèves, je rentre chez moi en hélicoptère", c'est une chose (le coup de l'hélico est même plutôt rigolo). "Je veux tuer tous les grévistes", même dit au second degré, ce
n'est pas acceptable. C'est très grave et malsain. Je n'aime pas les positions du type "en tant qu'historienne", ou "en tant que...", comme si on s'octroyait une quelconque voix au chapitre par
ce procédé. Mais j'ai effectivement fait des études d'histoire qui me permettent de juger la position de certains qui auraient mieux fait d'en faire autant.
"Pour qu'on réponde au droit de grève par un droit de licencier". Lu sur je ne sais quel groupe. Cher ami, ce n'est plus un droit de grève dans ce cas. Et ce n'est plus du sarkozysme. C'est du
Mac-Mahonisme.
"Pour qu'on fasse fusiller ces cons comme les Communards qui ont pris en otage la France". Là, je bondis. La rhétorique versaillaise est gerbante. Même Thiers en a rougi après coup. Ceux qui se
réclament de cette rhétorique savent-ils seulement ce qu'étaient les revendications des Communards, ou ne font-ils qu'un amalgame facile avec ces trotskards qu'ils méprisent tant? Ce ne sont que
des questions innocentes.
Evidemment, je ne vous ferai pas l'insulte de resservir le cliché selon lequel ce sont ces "connards" qui nous ont garanti certains droits aujourd'hui, parce que je ne veux pas me placer dans la
filiation de ceux qui rêvent d'un "Décembre 2007" ou d'un "Mai 2008" (position à peu près aussi naze). Traduction : Marine n'est ni à la LCR, ni à LO, ni rien de tout ça, merci.
Ce qu'il y a derrière est très simple. L'argument de la "prise en otage" tient compte de ce que les revendications des grévistes nuisent à ceux qui ne peuvent plus aller travailler. Mais
pensez-vous que les grévistes n'aient que pour objectif de faire du mal aux bons travailleurs? J'avoue très sincèrement que je ne suis convaincue ni de l'utilité de cette grève (Sarkozy ne cèdera
pas, et faire chuter le gouvernement est sans intérêt puisque, actuellement, ce n'est pas le gouvernement qui gouverne, mais le président), ni de l'inutilité d'une réforme des régimes spéciaux
(même si j'aimerais assez peu que mon chauffeur de TGV ait 65 ans et une presbytie aggravée, pour tout vous dire). Mais ce qui est derrière ça, c'est la dichotomie entre une France qui travaille,
et une qui serait rétrograde et anti-travail. Je ne fais que retranscrire ce que j'ai lu, je précise (j'espère que ce disclaimer sera perçu). Seulement, le travail n'est pas la seule valeur
morale dans ce bas monde, et c'est pourtant l'impression que j'ai en lisant ces forums de discussion. Si les grévistes nous bloquent c'est bien pour mettre en évidence la notion de service
public. Pour signifier que s'ils sont à notre service, ils ne sont pas nos domestiques et que eux aussi peuvent en chier. Un service public, c'est fondamental à la bonne marche de l'Etat civil.
Quand il n'y a plus ce service public assuré, tout le monde en chie, c'est la logique même d'une grève que de chercher à mettre en évidence ceci. Je sais que je ne convainc personne, mais je m'en
fous. Cette grève m'emmerde et je ne suis pas convaincue par les revendications des grévistes, mais je les respecte. Au final, pourquoi cet article somme toute aussi stérile que ce que j'ai lu?
Parce que ce qui ressort de tout ça, c'est surtout la dichotomie entre une "bonne" France, celle qui travaille, et une "mauvaise" France, celle qui prend en otage la première et qui par ailleurs
ne fout rien. Mais depuis quand les grévistes ne veulent qu'emmerder le monde gratuitement? Je comprends l'agacement à être bloqué chez soi, mais la notion de respect me paraît plus importante
que cela. Et la rhétorique de haine et de division en deux de la France me déprime encore plus que l'isolement chez moi.
Et oui, je suis dans la fonction publique. A l'attention de tous ceux qui considèrent les fonctionnaires comme des connards de privilégiés : on a un boulot fixe et garanti jusqu'à la retraite.
Mais échangeriez-vous ce travail qui vous fait gagner en 6 mois ce que je mets 18 mois à gagner, ce que certains mettent plus à gagner? Je ne pense pas. Echangeriez-vous notre condition de
"privilégiés" contre vos 2 semaines dans un hôtel au soleil au moment des vacances? Je ne pense pas. J'aurais bien participé à la grève contre la loi LRU. Parce que, et je sais de quoi je parle,
cette réforme va nuire aux universités, et, une fois n'est pas coutume, les étudiants qui manifestent ne disent pas que des conneries. Je ne le ferai pas car je n'en ai tout simplement pas les
moyens.
Vous me reprocherez de vous servir des clichés honteux. Vous aurez raison. Comme la dernière fois que je l'ai fait. A ceci près que la dernière fois je plaisantais. Aujourd'hui, j'assume
pleinement la partialité de mes propos, écrits sur un coup de sang. Qu'ils soient clichés est délibéré. Ce n'est qu'une réponse aux horreurs et aux insanités que je lis et entends partout.
Ensemble, tout est devenu possible. Même une France divisée qui hait ou méprise l'autre. Je vous méprise dans votre rhétorique minable, autant que je respecte les grévistes. Bien à vous,






