Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

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La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...


Vendredi 2 mai 2008

Par Bobby


Note à moi même : "par Bobby" > merde, pourquoi j'ai choisi ce pseudo ridicule ?


Bon, tu vois, cher lecteur, il y a des gens qui aiment vivre le présent comme il vient, profiter de l'instant, savourer chaque seconde et les "maintenant". Je n'en fais pas partie. Je suis plutôt de ceux qui vivent en retrospectif, qui n'aiment pas (ou ne savent pas) ne pas penser à la suite, ou à ce qui a eu lieu avant. Je suis de ceux qui aiment, entre autre, faire des bilans sur leur vie. Les bilans, c'est super pratique. On peut faire des bilans sur les dernières années qu'on a vécu, ou bien sur des périodes beaucoup plus courtes. En fait, ça dépend des besoins. Par exemple, là, je suis en mode bilan sur ces dernières semaines, notamment sur ma vie sentimentale.

Ca pourrait se présenter de la façon suivante :


- relation éclair et rupture difficile avec Louka (cause : Louka est un connard, et en plus il joue de l'accordéon et fait du patinage artistique)

- échec de mes trois assauts sur des mecs de ma promo à la fac (cause : hétérosexualité des proies visées)

- soirée hautement foireuse (cause : me suis fait draguer par des jumeaux bourrés qui pensaient que j'étais assez démoli pour ne pas réaliser qu'ils venaient me voir à tour de rôle, en me faisant croire qu'ils étaient une seule personne)

- avortement d'une éventuelle relation avec William (cause : William est super sympa mais moche)


Ouais, bon, ok, cet article est plus un prétexte pour te raconter ma vie, cher lecteur, qu'une véritable réflexion empreinte de pertinence et de lucidité sur mon rapport à la temporalité, et les racines psychologiques du besoin de bilans qu'ont certains individus. Il se trouve que je viens de raccrocher au téléphone avec un ex, que je pète un cable en contemplant le champ de bataille qu'est mon coeur, que je doute quant à ce que je vais faire plus tard...


Ceci dit, les bilans, ça marche aussi sur d'autres choses que la vie amoureuse. Par exemple, si je fais le bilan de ces derniers jours (tournage intensif avec une bonne équipe d'acteurs et de techniciens, du bon matos, une organisation pointilleuse), je pourrais me dire que :


- je ne suis peut être pas fait pour être réalisateur (on m'appelle MONSIEUR je-doute-tout-le-temps)

- les hétéros sont vraiment cons

- je devrais peut-être aller dormir au lieu d'écrire cet article (5 nuits qu'on dort à 5 dans mon appart pour une personne)


Du coup, je ferais une extension de ce bilan partiel en l'associant à un bilan général (et biaisé) de toute ma vie, qui viserait à auto-tester ma détermination à survivre dans le milieu du cinéma : suis-je apte à gérer une équipe, ai-je une réelle autorité sur les autres, est-ce que mon film va être réussi (ce qui se traduit dans ces moments là par : suis-je bon à quelque chose ?) ? Je viens de raccrocher avec un ex qui m'appelle pour me dire qu'il n'aime pas le titre de mon film, qu'il trouve ça moche et inutilement dérangeant. OK, génial. Durée de la discussion : 55 minutes. A partir d'un simple reproche, on en vient à s'engueuler sur nous, on fait le bilan sur notre relation passée et présente et future. C'est fou, parfois c'est juste un rien qui va mal, et on verse un bon coup d'huile dessus, et rien ne va plus.


Pourtant ce tournage s'est plutôt bien passé. Pourtant les gens ont tous dit qu'ils voulaient qu'on rebosse ensemble. Pourtant il me plait ce titre de film. Pourtant il est attachant, cet ex. Pourtant j'ai fait la fête hier soir, et même si Léa s'est envoyée un des acteurs dans ma cuisine et ma salle de bain, pendant qu'on était dans un état proche du coma, c'était franchement cool de se lâcher, de tout oublier, d'exploser ma chasse d'eau et de n'en avoir rien à foutre, de faire du bruit à en déchirer les tympans de la voisine du dessous, etc. Pourtant je me fous d'être célibataire parce que je suis super bien comme ça.


C'est une autre façon de voir les choses, et mine de rien, en quelques lignes, si on cherche ce qu'il y a de positif dans sa vie, on peut réussir à se remonter le moral à soi-même. Parfois, ça peut faire davantage de bien qu'un bilan peu objectif, dans lequel on se lance avec, déjà en tête, le but inavoué de se faire du mal.


PS : ceci dit, message adressé à So Long et Nina, avec qui j'ai passé récemment une soirée -qu'il faudrait détailler dans un article entier- pour la remise de prix des Vlogs (blogs vidéos), si vous recroisez le beau serveur gay (ou du moins présumé gay), kidnappez-le, séquestrez-le, et prévenez moi....


Lundi 17 mars 2008
Par Bobby
 

Forcément, la tecktonik, comment ne pas en parler ? Elle a envahi les rues virtuelles d'internet, puis le monde réel. Les TCK (tecktonik killers) sont partout, et à moins que vous ne soyez des extraterrestres, vous en avez obligatoirement entendu parler.

Puisque je suis le benjamin de la bande des Vingtenaires, je me dévoue pour parler de cet intéressant phénomène de mode, à travers mon propre vécu. Attention lecteurs, dans la phrase qui vient, je vais me la péter grave. Il se trouve en effet que je suis un véritable dieu de la danse quand j'arrive dans une boîte de nuit. [c'est bon, le mode péteux est passé]. Sans blague, j'ai jamais pris de cours de danse mais je me débrouille franchement bien. Ok, ça reste de la danse « de boîte », me direz-vous. Ce à quoi je répondrai : certes.

Mais il n'empêche que petit à petit, et ce sans avoir jamais entendu dire que ça portait un nom à Paris, j'ai commencé à bouger mes bras dans tous les sens sur les dance-floors. D'abord, ça restait très anarchique. Puis, Rudolphe, une amie, m'a dit : « ah mais tu sais y a une danse comme ça, ça s'appelle la tectonique ». Alors, moi, direct, je vais sur google en rentrant chez moi, je cherche « danse tectonique », je ne trouve rien. Forcément. Ca s'écrit « tecktonik ». Haha. La feinte.

Et je découvre les vidéos de Jey-Jey, Cali, Spoke, etc. Des petits minets de banlieue parisienne se filmant chez eux (chambre, garage et autres lieux non moins glamours) en train d'exécuter des mouvements bizarre sur de la techno. Ok, bon. Pas fute-futes les mecs, a priori. Un look un peu bizarre, m'enfin, guère pire que les autres modes lycéennes. Avec ma meilleue amie, Léa, toujours en province, on décide de s'y mettre. On va en boîte, on attaque avec maints moulinets brachiaux, et là, hallucinant, un mec se ramène et commence à frapper Léa en criant : « arrête de danser comme ça, ça me saoule trop ». Ok. Le mec, on le connait ni d'Eve ni d'Adam, mais on laisse couler. Bizarre, quand même, la réaction des gens.

 

Finalement, j'arrive à Paris en octobre dernier. Le soir de mon emménagement, un type me contacte, il veut faire un reportage et il cherche un scénariste. Vu que je suis inscrit sur pas mal de forums et autres sites de cinéma, je suppose que c'est là-bas qu'il a trouvé mes coordonnées. Le sujet de son reportage ? La tecktonik, bien sûr.

Me voilà donc à retrouver les stars du mouvement, qui ont impulsé cette vague au Metropolis lors de soirées éponymes. Je fais la connaissance « en réel » de Jey-Jey et Cali, entre autre, afin de mieux cerner leur façon d'être pour m'aider dans l'écriture du scénario (il se trouve au passage que Cali me rappelle Joàn, mon amoureux de Cuba, dont je te parlerai, cher lecteur, très prochainement...). Vous imaginez mon état, tout émoustillé le petit Bobby. A la fin de l'entrevue, dans un élan de sociabilité inouïe, plein d'espoir, je lance au dit 'Cali' :

« Bon ben, puisqu'on va bosser ensemble sur ce film, tu pourras m'apprendre les mouvements, haha. » [le « haha » permets de me préparer à un éventuel refus, genre « mais non de toute façon je disais ça pour rire]

Ce à quoi il me répond :

« Ben pour ça, vous regarderez nos vidéos sur internet. »

Connard. Déjà j'ai qu'un an de plus que toi, alors pas la peine de me vouvoyer, et puisque c'est ça, je hais ta danse pourrie. Voilà, en gros, mon expérience avec la chose.

 

D'un côté, on a les addicts de la tecktonik, tranche d'âge 12-15 ans (voire plus jeune encore). De l'autre, une vague écrasante anti-tecktonik. Alors certes, ces jeunes 'rebelles' renvoient une image hautement superficielle et gélifiée de toute une génération. Certes, les mouvements de bras, ça fait bizarre. M'enfin, je me demande, pourquoi une telle animosité à leur égard ? En quoi sont-ils plus ridicules que les danseurs de hip-hop, par exemple ?

Il faudrait alors distinguer deux choses radicalement différentes, que l'on amalgamme sans doute un peu :

-       la tecktonik elle-même, qui est à la fois un titre de soirées ayant lieu au Metropolis, une marque de vêtement et de boisson énergétique, qui renvoie à un code vestimentaire, une façon de se coiffer, de se comporter, bref, une MODE

-         la danse electro, qui est un prolongement corporel de la musique electro, et peut s'exécuter sans slim, sans crête, ou sans avoir des joues de minet imberbe, bref, une simple DANSE

 

Pour ma part, quand il m'arrive de sortir le soir, je n'obéis en rien au cliché 'tecktonik', pourtant je fais à peu près la même chose qu'eux avec mon corps, sans mettre le même nom dessus. On a pas forcément besoin, même si on a vingt ans, d'être rangé dans une case, genre « cool », « rockeur », « clubbeur », « gothique », ou que sais-je encore. Même au lycée, je n'avais pas l'impression de faire partie de ces cercles bien délimités. Un jour j'aime le rock, un jour j'aime la pop, un jour je vais en boîte, un jour j'écoute de grands classiques. Forcément, pour être intégré parmi les autres, ça n'aide pas.

A moins de ne fréquenter que des schizoïdes pluri-fonctionnels.

Et en exclu, la vidéo tecktonic fait par Nina que vous êtes cordialement invités à regarder parce que j'ai passé 5h à la monter, bordel !

Mardi 11 mars 2008
Par Bobby
 

Le deuxième semestre commence, j'ai gonflé mon emploi du temps à bloc (12 cours au lieu de 5, c'est à dire 36h par semaine, ce qui me vaut les regards étonnés de mes petits camarades sortant tout juste du bac ; oui parce que je t'explique, après deux ans d'égarement -prépa + fac de philo- j'ai recommencé à zéro ; et donc, qu'on puisse aimer étudier, les boutonneux de 17-18 ans, ça les épate) et, forcément, je commence à fatiguer au bout d'une semaine et demi. D'autant que le soir je mène ma petite vie de débauche, du coup ça n'arrange rien. Si tu connaissais la musique stupide de mon réveil, cher lecteur, genre je suis une mélodie douce mais super agaçante, tu la haïrais tout comme moi.

 

[note à moi-même : sur les conseils avisés de Tante Summer, ne pas oublier que je n'ai plus le droit d'insulter ni d'emmerder le lecteur]

 

Bref, surmenage rapide (parce qu'en plus de ça j'ai tourné un court métrage en province, j'en prépare un autre sur Paris, je gère mon propre site et j'essaye de finir mon bouquin tout en cherchant un éditeur, sans compter les 2h de métro minimum chaque jour), et voilà que les maladies reviennent à l'assaut de ce pauvre organisme fragilisé. Mon médecin m'a dit que si je continuais à faire des angines, on allait m'enlever les amygdales. Du coup je les aies engueulées, ces connes : arrêtez de chopper des conneries où sinon vous allez jarter et ça va pas être une partie de plaisir, ni pour vous, ni pour moi. Ceux qui chouignent parce qu'ils vont se faire retirer les dents de sagesse me font bien rire, maintenant.

 

Longue introduction, donc, pour te dire que j'entame cette article en buvant un efferalgan corsé (oui, je mets très peu d'eau, le goût est plus dégueulasse mais y en a moins à boire, chacun ses petits trucs). Pour me donner du courage, je me suis promis un cran de chocolat à la tarte citron meringuée (oui oui, c'est une véritable tuerie, la tablette est un cadeau de maman ce weekend à l'occasion de mon retour momentané en province parmis d'autres victuailles  – à ce propos, il faudra que je pense à te parler du chaos familial qui règne chez eux depuis mon départ en octobre dernier), dans la vie il faut savoir se faire plaisir.

 

Si je m'accorde le droit à une page de traitement de texte, et une seule, pour chaque article, ça signifie qu'il me reste moins d'une demi-page pour te dresser, cher lecteur, un petit panorama de mon quartier. Parce que le milieu naturel d'un vingtenaire, c'est rudement important.

 

Commençons par les voisins les plus proches : sur le pallier d'en face, un mystérieux LE PORC, jeune homme invisible qui, lorsqu'après mon arrivée j'ai frappé à toutes les portes de l'étage pour quémander une connection internet (sans laquelle je ne saurais vivre), m'a reçu en peignoir à 16h, genre en plein plan cul. A côté de chez lui, un vieil homo, ancien styliste, m'a aidé à recharger mon portable pour que j'appelle mes parents lorsque EDF m'a coupé l'électricité (je ne payais pas les factures, forcément). Même qu'il m'a raconté les différentes morts ayant eu lieu dans l'immeuble : une fille qui s'est jetée par la fenêtre au 4e, après quoi sa mère venait chaque jour hanter les escaliers en hurlant de désespoir, et un type, à deux portes de chez moi, qui est mort chez lui après un coma éthylique et s'est décomposé dans sa moquette (qu'il a fallu découper autour de lui pour emmener le corps). Ensuite, vient le personnage le plus intéressant : Ungoliant*, ma voisine du dessous. Le jour de mon emménagement, elle est venue frapper chez moi en menaçant d'appeler la police si le « bordel » ne cessait pas immédiatement (il était 19h, et j'installais mon clic-clac, honte à moi et à mon manque de respect d'autrui). Depuis, elle et moi, c'est une guerre sans merci. J'en reparlerai ultérieurement. Descendons quelques étages. Il y a un type au premier, genre hacker japonais, qui se promène en robe de chambre et en fumant lentement, très étrange. Ensuite, dans la rue, un traiteur chinois tenu par toute une famille (père, mère, fils -fort mignon-, et fille, et depuis peu le bébé de cette dernière). Eux ils sont hyper-polis. Pas chaleureux du tout, non, polis. On est là pour payer, manger, et partir. Avec le sourire.

 

[deuxième note à moi-même : une seule page de traitement de texte ne suffira pas...]

 

Un peu plus loin, la boulangerie. Ma boulangère est une petite grosse aux cheveux rouges, complètement folle à force de vendre du pain et des croissants. Exemple d'un de ses monologues : « Oui ? Oui ? Bon-bonjour ? C'est ? C'est pour ? Un ? Un croissant aux amande ? Alors, oui. Oui. Un croi-ssant. Aux a-mandes. Oui. Un, oui, c'est tout ? Un croi- donc oui. 1 euro 20. Oui voi-là. C'est – ça. Oui, au re-voir. Oui. » Je me mords les lèvres jusqu'au sang pour ne pas éclater de rire devant elle. Un peu plus loin encore, enfin, on trouve la pharmacie, tenue par un grand black de plus de deux mètres, qui parle avec une voix à la fois douce et flippante.

 

Bref, encore une fois, j'évolue parmis des dingues. Il n'y a qu'ici que je me sens bien, dans mon élément.

 

Au prochain épisode, je vous en dirai plus sur l'avancée de ma bataille de drague à l'égard du sosie blond de Louis Garrel qui est dans ma promo et si, oui ou non, il finira dans mon lit (pour l'instant, j'ai son numéro, c'est déjà ça).

 
 
 

*Ungoliant : dans les écrits de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), il s'agit d'une araignée mythique géante issue des ténèbres. Or ma voisine lui ressemble étrangement...

Lundi 25 février 2008
Par Bobby
 
Alors voilà. Ca y est. Moi aussi, donc.
 

Cher lecteur (ne m'en veux pas de prendre mes aises comme ça avec toi, d'entrée de jeu, mais il se trouve que je te connais depuis un moment), histoire de mettre les choses au clair, je vais essayer de me présenter à toi succinctement (parce que toi, en revanche, tu ne me connais pas).

 

Il se trouve que je suis un peu surpris. Figure-toi qu'il y a un peu moins de deux ans, je découvrais sur la toile le blog des Vingtenaires, tout émoustillé depuis ma province natale et du haut de mes dix-huit ans et demi. Et voilà, le temps donne un petit coup d'accélération -pas peur des radars, lui, il peut se la couler douce- et nous nous retrouvons ici, maintenant. Paf, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'ai vingt ans et un mois, et me voilà membre de la bande. Il faut dire qu'à l'époque où j'ai découvert le blog, j'ai quand même eu le culot de rencontrer la Déesse Mère (= Nina, la très vénérée), et de manger des cannelés avec elle d'autres vingtenaires à la terrasse d'un café. Rien que ça, et oui. Le cannelé, ça aide à ouvrir des portes.

 

Voilà donc qui constitue sans doute un peu de « sang neuf » dans cette chouette équipe (il semblerait que je sois le plus jeune Vingtenaire qui ait jamais existé, et tu m'en vois plus que ravi !). Et il y a beaucoup à dire.

Parce qu'à vingt ans, on se sent pas du tout comme Lorie dans sa chanson, pour qui « rien n'est impossible », et surtout, ce qui a le don de me plonger dans un état dubitatif profond, « on traverse le monde en chantant ». Non ma chérie, pas vraiment, essaye encore.

Parfois il me semble que les autres et moi, on vit pas dans le même monde. Par exemple, l'autre soir, je regardais les NRJ Music Awards sur TF1, et là, j'ai découvert, sidéré, dans quel monde on vivait (il était temps, me diras-tu cher lecteur, mais je t'emmerde, laisse moi débarquer de ma planète comme je veux). Il faut savoir, aussi, que je ne regarde jamais la télé, pour la simple et bonne raison que c'est nul et que, de toute façon, je n'en ai pas. Donc, me voilà hypnotisé devant la maudite lucarne chez Alex, mon meilleur ami qui étudie les particules quantiques et qui est super-méga-intelligent, même que si tu lui parles français, anglais, allemand, espagnol, italien, suédois, russe, arabe, chinois ou japonais, et ben il comprend. Et là, tout à coup, je réalise que, dans le même monde, il existe à la fois des trucs comme Mickael Youn, Rihanna, Benjamin Castaldi, et les particules quantiques. Et que même, si ça se trouve, et là je vais te demander une effort d'abstraction intense, Benjamin Castaldi est composé de particules quantiques.

 

Evidemment, lecteur, il y aura des moments où tu me trouveras sans doute un peu naïf, un peu immature, mais c'est normal, tout à fait normal. J'ai, comme pas mal de gens de mon âge, mes liaisons foireuses et inintéressantes, et je prendrai un malin plaisir à te les raconter. Par exemple, le soir du jour de l'An, on se retrouve avec Alex et son mec chez une amie à nous, Léa. Léa travaille dans le-fast-food-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Non, pas celui-là, l'autre. Tu me comprends, hein ? Donc, pendant l'apéro, je lui parle de Louka (je sais, je sais, j'essaye de ne pas t'assomer à coup de prénoms, mais j'ai une vie sociale très épanouie), un collègue à elle avec qui on avait passé plusieurs soirées et que je trouve franchement mignon. Et Léa, comme si de rien n'était, me balance qu'il est homo et me trouve mignon aussi, qu'elle le sait depuis un moment mais que, à chaque fois, elle oublie de me le dire. Cinq minutes plus tard, le téléphone de Léa se met à vibrer, Léa est aux toilettes, je décroche. « Salut, c'est Louka. » En quelques secondes, j'ai le temps de me liquéfier et d'apprendre qu'il passera la fin de soirée avec nous. Bref, je passe sur les détails (j'aurai l'occasion de revenir dessus ultérieurement), on s'embrasse sauvagement, on ne se quitte plus, les vacances se terminent, je dois rentrer sur Paris et l'abandonner en province pendant quinze jours, drame absolu, il me donne sa gourmette pour que je pense à lui, en échange je lui passe ma chaîne autour du cou, puis je reçois une lettre d'amour des plus touchantes, des plus sincères, et quelques jours plus tard, hop, tout est fini.

Tu sais lecteur, dans les films on ne voit pas les gens enlever la gourmette de leur poignet pour la rendre à l'autre. On ne voit pas les gens enlever la photo de l'autre, celle qu'ils avaient glissé dans leur portefeuille. On ne voit pas les gens cacher la lettre reçue et mise en évidence sur le bureau, pour ne plus la voir, pour passer à autre chose. On est allé trop vite, c'est sûr. Au final je regrette moins la personne (un inconnu de plus, avec qui on faisait semblant de bien se connaître, de se comprendre), que des petits gestes magiques.

Ceux avec écrit « vus à la télé » dessus.
 

(je te mets le lien du clip de Lorie, pour que tu dormes moins bête ce soir, cher lecteur) :


Lundi 25 février 2008
Pseudo : Bobby
Age : 20 ans

Signe astro : Capricorne

Profession :  heu... suis juste étudiant en cinéma, voilà...

Situation amoureuse : une relation qui commence à peine, après un loooonnnng célibat... Je croise les doigts. [...] Bref, quinze jours à peine après écriture de cette fiche, elle n'est déjà plus d'actualité : veuillez comprendre ici qu'une nouvelle phase de célibat vient d'être entamée...
Le principal trait de mon caractère: justement, le trait principal de mon caractère c'est que, petit pustule d'égocentrisme que je suis, je passe mon temps à chercher quel pourrait bien être le principal trait de mon caractère.

La qualité que je désire chez un homme: je sais pas trop ce que je désire, mais je sais ce que je ne veux pas ! Vous savez, ce côté « je sais, moi, alors écoute, je t'explique, comme ça toi aussi tu sauras, ahlàlà, c'est cool que je sois là ». Par contre, un mec qui écoute quand on lui parle, qui écoute vraiment, c'est rare, et plutôt chouette.

La qualité que je désire chez une femme : bon, vous allez me prendre pour un bébé, mais j'aime bien le côté maternel des filles (ouais bon ok, ça dépend des filles) ; enfin en tout cas j'aime bien qu'elles soient gentilles avec moi... (sérieusement, les filles du 21e siècle, parfois vous êtes flippantes)
Ce que j'apprécie le plus chez mes amis : on se connaît, on se fait confiance, on peut tout se dire et toujours se comprendre, on peut se disputer, ce n'est pas grave, on se perdra pas de vue pour autant, on se pardonne toujours ; c'est le temps qui fait ça...

Mon principal défaut : hum. Principal semble signifier qu'il faut en choisir un dans le tas... Bon, qui se porte volontaire ? Toi là, t'es qui ? Le manque de confiance en soi ? Ok, adjugé vendu.
Ma principale qualité : j'aimerais dire la lucidité mais, en toute lucidité, je ne suis pas quelqu'un de lucide.

Ce que je voudrais être: ah ben maintenant que j'ai appris à être moi, je vais pas tout recommencer en étant quelqu'un d'autre ou autre chose hein ! Et puis quoi encore ?

Où aimerais-je vivre ? : à Paris (ça tombe bien, j'y vis)

Si vous étiez une chanson : November has come, de Gorillaz

Si vous étiez un livre : A la recherche du Temps Perdu (ouais, je sais, ça en jette hein ? J'en suis au Côté de Guermantes là, je patine un peu...)

Si vous étiez un poème : El Desdichado

Si vous étiez un film : Persona de Bergman, ou bien Inland Empire, de Lynch

Si vous étiez un arbre : un Bouleau, parce que c'est joli

Si vous étiez une fleur : une saxifrage (la fleur que les peintres n'arrivaient jamais à peindre et qui les rendait fous)

Si vous étiez un animal : une salamandre, un triton, une grenouille... un truc gluant avec des yeux rigolos quoi...

La réforme que j'estime le plus : Heu... j'ai toujours eu peur qu'on me pose une question comme ça...

Le don de la nature que je voudrais avoir : ben j'aurais aimé être un peu plus sportif, mais même en restant devant mon ordi à écrire tout le temps, il se trouve que j'ai des fesses musclées et tout à fait divines, allez savoir pourquoi !
Comment j'aimerais mourir : 
comme Ruy Blas et sa petite copine, ravagés par le poison dans les bras l'un de l'autre... C'est beau, hein ?

 
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