C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Mercredi midi, je déjeune chez mes parents devant le JT de 13h de France 2. J'avoue que je ne regarde plus du tout les infos télé depuis pas mal de temps et je ne m'en porte pas plus mal, finalement. Donc, là, reportage écolo « youpi, sauvons la planète en faisant des économies, remplaçons l'eau potable des WC, de la douche et de la machine à laver par de l'eau de pluie ! ». Ouais, génial, moi, je suis pour. Et là, reportage chez un mec de Toulouse qui a une baraque comme je n'en aurai jamais qui a installé un système hyper onéreux pour pouvoir récupérer l'eau de pluie. Alors les économies, je pense qu'il en verra la couleur dans 10 ans mais surtout, je pense pas que la mairie de Plumes soit très contente si j'installe ça sur le trottoir...
Autres choses vues à la télé : les Enfoirés et le sidaction. Le principe : des artistes généralement en pleine promo viennent chanter leur chanson en groupe en répétant à longueur d'émission qu'on doit acheter le CD et même faire des dons. « On compte sur vous ! ».
Alors, là, je commence à saturer de cette espèce de culpabilisation systématique. L'écologie, ça m'intéresse, je fais des efforts mais arrive un moment où une célibataire locataire ne peut pas faire plus. Acheter des produits au format familial ? Super, je finirai par en jeter la moitié ! Installer des panneaux solaires pour avoir de l'énergie ? Bah tiens, ça va me coûter l'équivalent d'un loyer annuel pour un studio où je ne compte pas passer ma vie. Acheter bio ? Tu veux que je te parle de mon pouvoir d'achat ? Donc, tu l'as compris, pour être écolo, faut être riche car sinon, c'est plus compliqué. Alors évidemment, je prends jamais l'avion ni la voiture, on dira que ça compense.
Et comme si on me faisait pas assez culpabiliser avec tous mes déchets et le fait que j'ai pas le solaire chez moi, on vient encore me demander d'acheter des CD ou de faire des dons parce que moi, j'ai la chance d'avoir un toit au dessus de ma tête et de la bouffe au frais et que je suis séronégative. Je comprends bien que la recherche a besoin de fonds et que les restos du cœur ne peuvent pas tourner sans rien, c'est pas le problème. Mais là, je regarde les 4400 et je vois l'énorme « appelez le 110 », impératif. Et j'avoue que quelque part, cette volonté de demander aux petites gens, dans le sens financier du terme, ça m'énerve. Prenons les Enfoirés : une quarantaine d'artistes globalement tous en promo (tiens, Céline Dion sort un nouvel album et revient après 14 ans d'absence, par exemple) chantent globalement faux pendant deux heures en répétant à l'envi qu'acheter leur CD, ça équivaut à 5 repas. Alors, perso, le CD, faudrait plutôt me payer pour que je l'écoute. L'autre matin, je descends de ma chambre et rejoins ma mère dans la cuisine, elle écoute un truc atroce, chanté faux, une reprise de je ne sais plus quel tube « ah non, c'est nul ! C'est quoi que tu écoutes ? ». Ben, c'étaient les Enfoirés alors perso, je préfère donner direct les 20 euros aux Restos qu'acheter un CD inaudible où les artistes chantent leur propre chanson et ne donnent que 2h de leur temps et leurs droits d'auteur. Mais ont-ils déjà donné de l'argent ? Ont-ils déjà distribué des repas direct sur place ? Les Enfoirés, en plus, c'est pas n'importe qui qui y chante ! Parce que figurez-vous que pour y entrer, il faut y être invité. En gros, si tu es un artiste pas très connu mais que t'as envie de participer, ben non, tant pis pour toi. Pour le sidaction, on prend globalement les mêmes et on recommence.
Alors évidemment, on me dira que tout ça, c'est comme le téléthon, ça permet de parler de la cause, tout ça, tout ça. Ouais ok, je le concède, il ne faut pas oublier la recherche, les gens qui n'ont pas de quoi vivre... Sauf que la dernière fois que j'ai fait un don pour Aides suite à un démarchage dans la rue, je me suis retrouvé avec un don de 40 euros mensuel alors que je pensais que c'était juste pour une fois. Et la seule façon que j'ai eu de l'arrêter fut de demander à ma conseillère financière de bloquer le prélèvement vu que sur mon espace Internet, il n'y avait rien pour le stopper.
Alors oui, je veux bien donner pour le sidaction, le téléthon, les Enfoirés, les mecs dans le métro... Mais faudrait-il encore que j'en ai les moyens. Quand je vois que ma grand-mère qui reçoit 400 euros de retraite par mois donne 15 euros chaque année au Téléthon, je trouve qu'il y a une certaine indécence à voir des mecs gagner des millions d'euros par an nous supplier de donner.
Dimanche matin, la semaine dernière, alors qu'il fait encore nuit et que je suis pas couchée, je décide de regarder le GP de F1 tout en finissant de monter ma vidéo de la technoparade (5h de travail, je rappelle). Erreur fatale : ne pas avoir coupé le son.
J'aime la F1, je l'ai sans doute déjà dit. Je regarde depuis pas mal d'années, j'ai eu la chance d connaître les années Kiosque, c'est à dire la F1 payante sur plusieurs canaux. Les deux commentateurs, Patrick Tambay et Jean-Luc Roy, étaient sobres, efficaces, rigolards. Evidemment, ils avaient un petit faible pour les pilotes français et, à l'époque, l'équipe Prost mais ça restait léger. Mais depuis quelques années, la retransmission payante n'existe plus et je dois subir les journalistes de TF1 et leur favoritisme même pas déguisé. Alors quand en plus, on rajoute du chauvinisme, t'as envie de les frapper.
Déjà, on a de la chance, ils ont enlevé l'insupportable Van Vliet pour mettre à sa place le jeune Christophe Malbranque qui est le seul à faire son boulot correctement. Van Vliet, c'était le mec qui se prenait un peu pour M. Loyal du cirque, il pensait que plus il mettait de R, plus la scène était dramatique. Du coup, ça donnait : « c'est un terrrrrrrrrrrrrible coup du sorrrrrrrrrt pour la Ferrrrrrrrrrrrarrrrrrrrri de Schumarrrrrrrrrrrerrrrrrrr ! ». Jacques Lafitte (autre commentateur, accessoirement ancien pilote) et lui ne savaient que dire qu'une seule chose « c'est la bérézina ». Surtout à l'époque de la moins bonne forme de Ferrari, équipe chouchoute de nos amis avant l'arrivée de Renault. Donc dès que Ferrari ne gagnait pas « c'est la bérézina, c'est la bérrrrrrrrrrrézina, terrrrrrrrrrrrrible ! ».
Cette année, nouveauté : un Français est de retour dans le championnat, Sébastien Bourdais pilotera une toro rosso qui n'est pas précisément la meilleure voiture du plateau mais c'est vrai que c'est pas si mal. Et alors, là, les commentateurs, ils en peuvent plus, je pense sincèrement qu'ils ont utilisé énormément de kleenex durant la course. Et je ne dis pas ça parce qu'ils ont pleuré d'émotion, hein... Je vous explique un peu la course pour ceux qui n'ont pas vu : premier grand prix de la saison, les règlements ont changé (comme d'habitude), les pilotes ont perdu de l'aide au pilotage, les voitures sont nouvelles, il n'y a pas eu de GP depuis octobre... Donc c'est ce qu'on appelle un grand prix pas élimination. Les pilotes se plantent, on des soucis techniques et le petit Sébastien monte dans le classement. Peu importe ce qu'il se passe devant lui, peu importe qui est en tête, Sébastien est dans les points. Et là, c'est un festival de mauvaise foi et de ridicule :
« Oui mais si les pilotes sont éliminés, c'est leur faute aussi.
- De toute façon, Sébastien, c'est un finisseur, un finisseur, oui, oui !
- Et dire qu'il fait ça avec une voiture de l'an passé ! Imaginez ce que ça va donner avec une nouvelle voiture ! ».
Evidemment, ce qui devait arriver arriva, la voiture lâcha. Alors là, j'ai cru qu'ils allaient nous faire un suicide collectif tellement c'était le drame. Que les principaux acteurs du championnat aient abandonné, genre le champion du monde en titre Raikkönen, ils s'en foutent mais qu'un pilote au volant d'une voiture plutôt moyenne (pour rester polie) abandonne, là, c'est la fin du monde, immolons nous en cœur, taillons nous les veines, jetons nous sous la mercedes d'Hamilton. C'est trop insupportable ! Mais le mieux, c'est le déluge de mauvaise foi qui continue. Genre Moncet qui continue avec son histoire de finisseur « ah, il a abandonné mais c'est un finisseur, Sébastien, il aurait pu, il aurait fini le grand prix ! ». Alors je rappelle pour les plus étourdis d'entre vous que le métier d'un pilote de Formule consiste notamment à courir un grand prix de bout en bout et de finir en bonne place. Donc le fait que Seb soit un finisseur, c'est un peu normal ! On a jamais vu un pilote garer sa monoplace avant la fin d'un grand prix parce que ça le saoule... Et Lafitte qui continue : « ouais, c'est vraiment bête mais il peut vraiment rien, le pauvre Sébastien, c'est sa mécanique qui l'a trahi ». Traduction : les autres, ils ont pété leur moteur parce qu'ils l'ont trop sollicité mais Sébastien, son moteur, il a claqué tout seul. Bah tiens.
Alors, honnêtement, je ne dénigre pas la présence de Bourdais en F1, tant mieux pour lui, c'est mérité. Mais bon sang, il conduit une voiture qui ne lui permettra jamais de gagner un GP à moins d'une avalanche d'incidents techniques alors restons raisonnables. Parce que là, c'est proprement insupportable.
Et pour la peine, je remets ma vidéo technoparade parce que 5 heures !!
(article garanti 0% coup de gueule ou récriminations d’aucune sorte)
Lundi, jour de parution du Elle, je m’empresse donc d’entamer ma lecture. 40ème page, je tombe sur un article qui m’interpelle. Non, pas celui sur « recasons Patrick Bruel », on s’en fout. Celui sur la colère, là. Résumé : la colère, c’est hype, tout le monde est en colère et même un psy nous explique que la psychanalyse a tout faux de penser que c’est le sexe qui nous guide alors que c’est la colère. Si tu veux, je suis pas psy, je vais pas approuver ou contester. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette « mode », très entre guillemet, de la colère.
Faut dire ce qui est : en ce moment, l’ambiance est pourrie. Non, ce n’est pas lié à la grève parce que mine de rien, sorti de l’Ile de France et ceux qui prennent le train, ça n’a pas touché tout le monde. Et puis, surtout, ça date d’avant. Sarkozy ? Mais il a encore une majorité d’opinion positive (55% le 17 novembre selon Le Monde) donc normalement, si vous demandez aux gens comment ça va, vous avez un petit peu plus de chance de tomber sur quelqu’un qui va bien que quelqu’un qui va pas. Et puis y a pas qu’en France que ça va pas, j’ai l’impression que la grogne est partout. En Allemagne, c’est la grève aussi, en Belgique, y a même plus de gouvernement et on se demande vers quoi on va. C’est même pas l’hiver puisque la crise belge ne date pas d’hier. Sur facebook, y a plein de groupes à base de ras le bol : marre des gens qui restent à gauche sur l’escalator (j’en suis), marre des gens qui marchent lentement dans la rue (j’en suis), marre des abrutis congénitaux qui écoutent toutes leurs sonneries de portable en public (j’en suis), je crois avoir vu un marre de ceux qui écoutent la musique en public sans écouteurs (j’en suis pas mais j’en pense pas moins). Je suis même dans le groupe « marre des gens qui râlent contre els gens qui râlent ». Bref « moi » (moi, moi mais moi, toi, moi, lui, le moi, quoi) et les autres, on s’aime plus. Tous des cons sauf moi, je l’ai déjà dit.
Mais j’en pète de toute cette colère. De cette haine de l’autre. Je ne parlerai pas des débats sur la grève, Marine a déjà démontré les accès ultimes de la connerie haineuse, on va pas y revenir dessus. J’ai un autre exemple. Grâce à LilVirgo, j’ai découvert une perle de connerie et de haine de l’autre, sur le site du Figaro. Au départ, un article (si on peut appeler ça comme ça) dont je vous fais le résumé : il y a un projet de déménagement de l’EHESS à Aubervilliers, dans le mythique 9-3 pour désamiantage de leurs locaux actuels mais les chercheurs ne veulent pas quitter Paris pour un no man’s land (on les mettrait en pleine friche industrielle). La journaliste se gausse : « huhuhu, ils étudient la banlieue et ne veulent pas y aller, bel exemple ». Et là, c’est parti pour le défoulement en règle anti-« sociologue de gauche » puisque c’est bien connu que pour être sociologue, c’est carrément impossible si t’es pas de gauche. Heureusement, quelques commentateurs plus intelligents que la moyenne ont élevé le débat en faisant remarquer que : a) A l’EHESS, il n’y a pas que des sociologues et que tous les sociologues ne bossent pas sur la banlieue, b) si c’étaient au sociologues de régler tous les problèmes de société, à quoi servent donc les politiques ? c) Aubervilliers, c’est pas le problème, c’est la déconnexion entre élite intellectuelle parisienne et l’EHESS. Et puis se taper une heure de transport pour aller à la bibliothèque de son bureau, ça fait chier. Sans oublier que les chercheurs sont en général profs et que donner des cours àAubervilliers où il n’y a pas de campus et de fac, ça sert à rien. Mais de déluge de fiel sur les « chercheurs gauchos qui veulent même pas aller en banlieue alors que depuis le temps qu’on les paye, ils auraient pu trouver la solution » a été la goutte d’eau. J’ai arrêté de parler politique sur le net, c’est impossible de pas se faire agresser dès que t’as pas la même avis que l’autre. Ce qui est compliqué sur un forum où il y a plusieurs personnes. Evidemment, je dirais que le problème du net est qu’on ne voit pas physiquement la personne, on a même parfois tendance à oublier qu’il y a une personne en chair et en os derrière l’écran qui n’est pas obligée d’apprécier les insultes. Mais l’agressivité est partout, cette colère contre l’autre.
Et plus j’y pense, moins je comprends. Angoisse pour l’avenir ? Possible. Il est vrai que si je regarde ma situation perso, salaire sympa sans exploser les scores et que je m’inquiète de mon pouvoir d’achat avec les hausses annoncées des produits laitiers et céréaliers, je n’ose imaginer dans quel état de nerfs sont les gens qui gagnent moins que moi et vivent en région parisienne. Parce qu’à salaire égal, en province, j’aurais un T2 peinarde. Sans parler des guerres, de la pollution et tout ça… Le matin, on se lève, on se prend une avalanche de mauvaises nouvelles. Mais c’est pas nouveau, ça. Alors pourquoi j’ai la sensation qu’aujourd’hui, en particulier, on est à deux doigts de se taper dessus pour des conneries ? D’où ça sort ? J’arrive pas à situer. Mais j’aimerais bien que ça se calme un peu parce que ça en devient invivable.
Bien que je ne sois pas Birmane réprimée, je me permets de reparler de grève mais de façon un peu ludique car après tout, on va arrêter de se la jouer sérieux, rigolons un peu. Donc me voici dans la tourmente, au cœur du cyclone. Ce n’était pas la première grève que je subissais mais celle la était bien terrible, je devais m’organiser.
Bon puisque c’est la galère, ce n’est pas la peine de partir à l’aube. Déjà, je me démerde pour venir bosser, c’est pas si mal. Et puis si j’arrive vraiment tard, je mettrai ça sur le dos des grèves. Donc je pars tranquille de chez moi. Bizarrement, il fait beau. Non parce que je dois marcher 15 mn pour rejoindre un métro donc 5 à 10 dehors… Arrivée à la station, je m’arrête acheter Elle. Ben oui, les attentes seront longues alors bon…Mais j’ai de la chance, je peux prendre des lignes qui marchent encore (ou à peu près) et au départ, en plus. Première rame part 5 minutes après que j’ai posé mes fesses dedans, j’attends pas trop à la correspondance non plus. Arrivée à la correspondance suivante, par contre, la ligne que je dois prendre ne marche pas donc je finis à pied. Un petit quart d’heure mais il fait beau.
Le soir, j’ai la bonne idée de partir tôt mais en fait, c’était pas une bonne idée. Je refais le même trajet. Après mon quart d’heure de marche, j’arrive à la station « la prochaine rame passe dans 25 mn ». Putaiiiiiiiiiiiiiiin. L’autre ligne refonctionne mais c’est pire donc je reviens sur la première et patiente. Elle est mon amie. En face, la rame passe, si y en a un qui pète, la rame explose. Une vieille à côté de moi qui a très envie de parler commence à commenter « ohlala, tout le monde n’a pas pu monter ».J’essaie de la rassurer, lui rappelant qu’il y a une grosse station juste avant la nôtre, les gens seront descendus. Voilà notre rame. Bondée. Pas grave, on monte. Dans le métro, quasi que des touristes, ça parle dans toutes les langues. J’envoie un peu chier une dame qui s’appuie lourdement sur la barre centrale, m’empêchant de m’y accrocher. Mais si ce premier bout de trajet se passe bien, la suite par contre… Arrivée sur le quai de l’autre ligne, c’est la cohue. Que 10 minutes d’attente, ça gère. La rame arrive, c’est bondé, les gens montent et je me retrouve sur le quai face à une foule compacte. Prochaine rame ? 25 mn. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Alors on va y aller en finesse, on pousse dans le tas, c’est le Chabal powaaaaaaaaaaaaaaaa. Bon, je rentre mon pied, c’est bon, ça passe. Sauf que les portes se referment et j’ai le bras tendu vers le haut, y a pas de place pour le redescendre. A chaque station, ça fait un peu piscine à vague humaine, on est poussé dans tous les sens. Le premier qui a le mal de mer, je le décalque ! On ne me vomit pas dessus. Mes 15 mn de marche, quelques courses. J’ai mis 2h pour rentrer contre 40 minutes en temps normal.
Le lendemain, je la joue autrement. Partie (très) tardivement, c’est surtout au retour que je vais décaler mon départ : puisque de toute façon, faut attendre, autant ne pas le faire aux heures de pointes. Donc me voici à 19h30 sur le quai et là, j’attends à peine quelques minutes. Idem à la correspondance. Du coup, je me voici rentrée plus vite. En me décalant, j’ai croisé du monde, bien sûr, mais moins globalement. Toujours pas mal de touristes… Ben ouais, quand tu viens passer tes vacances dans une capitale, c’est pas une grève qui va t’empêcher de visiter. Parce que les touristes descendent rarement en lointaine banlieue.
Bref, les choses reprennent leur cours normal, j’ai craint un instant qu’on revive le remake de cet hiver (3 semaines de grève donc) parce que ça va deux jours, je fais contre mauvaise fortune bon cœur mais faut pas pousser mémé dans les orties. Moi, j’ai pu aller travailler sans (trop) de soucis, ce ne fut pas le cas de beaucoup de gens. Bon, j’en ai honteusement profité pour faire des mini grasses mat, je pourrais pousser la mauvaise foi à dire que c’est en solidarité avec les cheminots mais honnêtement, jeudi et vendredi matin, la seule chose avec laquelle j’étais solidaire, c’était mon lit. Et c’était trop bon !
Je ne souhaite pas débattre des raisons de la grève car chacun va avoir son petit avis selon sa position donc je pressens le truc stérile. Non, moi, je vais parler de grève en tant que telle. Ca faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu une, depuis l’hiver dernier, de mémoire. Mais là, elle est gigantesque, celle là. Je sais pas en province mais à Paris, c’est le cataclysme annoncé, plein de gens vont rester bloqués chez eux, tout ça, tout ça. Du coup, quelle que soit la cause défendue, les gens ne sont pas vraiment ravis de la situation. Demain, tendez l’oreille, je vous parie que plus d’une personne sur deux pestera « font chier à la SNCF, ils en foutent pas une et nous, on a le droit d’aller bosser ». Au milieu, il y aura sans doute une petite brunette également excédée qui va pester en attendant son métro… Parce que moi, je veux bien écouter leur cause mais je veux bien aller bosser puisque les régimes spéciaux, tout ça, ça ne me concerne absolument pas. Ce qui me concerne, moi, c’est mon loyer… Solidarité ? Mais ce n’est pas mon corps de métier. Je veux bien être solidaire mais pas n’importe comment.
Ca me rappelle la fac. J’étais au Mirail, fac rouge cramoisie. J’ai subi deux piquets de grève, un dès la première année, un en 2e année de maîtrise, j’avais plus cours donc c’était moins dramatique. Mais la première, je l’ai mal vécue, je me suis sentie prise en otage. On ne pouvait plus accéder aux salles de cours à cause des piquets, donc, on se faisait traiter de fasciste si on ne partageait pas leurs revendications. Autant vous dire que ce genre de comportement n’aide pas à compatir à la situation, loin de là. Surtout que ça virait au n’importe quoi « on est contre le rapport Attali, le 3-5-8 et puis on veut une maison des étudiants dans tous les quartiers et les transports gratuits ! » Et pourquoi pas une visite gratuite dans un salon de massage ? Un syndicaliste m’avait expliqué un jour que c’était le principe de demander un bras pour obtenir une main… Mouais. Sauf qu’à l’arrivée, leurs premières victimes furent les étudiants qui, démotivés par 3 semaines de grève dures ont laissé tomber.
Du coup, je me pose la question de l’utilisation de la grève. Bien entendu, remettre en cause le droit de grève serait un grave problème. Surtout quand on a fait histoire. Maintenant, la question est : quand faut-il faire grève et comment ? C’est vrai que quand la SNCF ou la Poste font grève, forcément, ça se voit. Quand il s’agit d’une petite PME, beaucoup moins. Mais il est vrai qu’être victime de ces grèves, ça agace. L’hiver dernier, il n’y avait quasi plus de train pendant 3 semaines par chez moi car ils refusaient les nouvelles horaires… Sauf que ce sont les mêmes qu’avant ! Là, y a sans doute aussi un problème de communication sur les causes de la grève, ça nous paraît ridicule, du coup, infondé et juste agaçant. Bien sûr, le service minimum est une solution. Ma mère est infirmière, si elle fait grève, elle doit quand même travailler, tout comme les pompiers, par exemple… Bon, ok, entre un train et un hôpital, c’est pas la même utilité mais tout de même. J’avoue que je n’aime pas cette sensation d’être prise en otage, d’est obligée de « compatir » à une cause. A la fac, on était « face en grève » pour une poignée qui empêche les autres de bosser.
Mais surtout, la question essentielle que je me pose est : trop de grève tue-t-il la grève ? On n’écoute plus les revendications, on en a marre. Y a qu’à voir les commentaires sur mon article sur les problèmes de transport, c’est sorti plusieurs fois. Par ailleurs, je me demande si toutes ces grèves ne risquent pas d’amoindrir les revendications futures ? Il est vrai que des grèves ont permis de mettre fin à certains trucs comme le CNE. Mais je sais pas si se battre contre toutes les évolutions est forcément une bonne chose. Ok, le CNE n’était pas une bonne proposition mais il y a des systèmes qui ne fonctionnent plus… N’est-il pas possible de se concerter avant de protester ? Des fois, j’aimerais que les syndicats soient aussi force de proposition plutôt que de contestation, on avancerait plus. Parce que bon, dire non, c’est bien mais on peut plus rester dans l’état où nous sommes…
Enfin, bref, en attendant, bon courage à ceux qui doivent prendre les transports en commun aujourd’hui, je sens qu’on va pas s’ennuyer…






