C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Pendant longtemps, je fus inculte, je ne savais pas. Je n'étais pas initiée et ne riait pas quand les autres faisaient des blagues sur le sujet. Puis un jour, je sus et là, depuis, je ris avec les autres.
Tout commença par cette vidéo montrée par Simon (on travaille toujours très sérieusement)
Et là, comprenant que cette vidéo n'était pas une farce mais un réel extrait d'une œuvre avec Chuck Norris, j'ai enfin compris l'engouement pour cette personne. Je l'avoue, je ne l'ai jamais regardé Walker Texas Rangers et pour cause : déjà le générique. Le côté héros solitaire redresseur de torts, ça m'a toujours saoulée. Surtout quand le redresseur de torts est un pro Bush affirmé et qu'il officie au Texas, ça me fait peur. Yohann, à l'époque, m'avait expliqué que dans cette merveilleuse série, les méchants étaient toujours des asiatiques, pour le côté politiquement correct. Donc voilà pourquoi je ne regardais pas.
Puis Simon m'a initiée aux joies des paroles fulgurantes de Chuck. Tu me connais lecteur, tu sais à quel point j'adore les merdes télévisuelles, je les regarde avec délectation, je les brocarde. C'est une passion assez commune, y a qu'à voir comment LilVirgo et Vicky suivaient avec enthousiasme Alerte à Malibu avec moi, comme SoLong et moi parlons d'Hélène et les garçons et ses suites pour se remémorer qui a fait quoi avec qui, comme j'ai contaminée PinkLady avec les 5 sœurs (là, ils ont mis un transsexuel qui zozotte, c'est trop bon)... Sur le net, j'ai aussi vu sur des forums des amateurs de nanars. Bref, on a tous en nous une certaine merdophilie, la même qui fera que Cindy Sander va vendre des milliers de singles et qu'on va tous devoir danser sur Papillon de lumière sur les dancefloor cet été.
Mais pourquoi on est fan de Chuck, comme ça, pourquoi tant de fans clubs, de groupes facebook ou autres ? Mais parce qu'on arrive aux confins du ridicule. Franchement, comment peut-on rester de marbre devant de telles répliques magiques, si profondes, si inoubliables. Evidemment, le risque serait de se faire intoxiquer par une forte dose de bushisme mais alors là, on sort la carte magique du second degré : on se fout de l'intrigue, on ne fait qu'attendre, stylo à la main, la réplique culte du jour. Deuxième risque : tomber sur un épisode nul mais pas suffisamment pour se marrer pour se marrer et donc perdre quelques minutes de notre précieux temps. Au moins, ça repose le cerveau et si on coupe juste après, notre temps de cerveau disponible ne sera pas alloué à Coca. Franchement, après une dure semaine de labeur, une détente du cerveau, c'est nécessaire.
Je t'avoue que depuis mon initiation, j'ai toujours pas regardé Walker texas rangers parce que le dimanche, je regarde pas trop la télé, surtout à cette heure là. Ceci étant, j'ai fouillé un peu sur youtube pour essayer de choper de nouvelles répliques cultes parce qu'au boulot, on n'arrête pas de dire « je mets les pieds où je veux, et c'est souvent dans la gueule » et il nous faudrait de nouvelles phrases cultes en français. Oui parce qu'on a plein d'expressions polonaises genre maintenant, face à une situation complexe genre se rendre compte que 2 mois pour commander le mobilier de la stagiaire, c'est pas suffisant (si, si, ils m'ont entendue au service fourniture), on soupire « non mais c'est ceski film là ! ». Parce qu'en Pologne, quand tu vas voir un film auquel tu comprends rien, tu appelles ça un film tchèque (ceski), comme nous, on parle de film ousbek. Mais Ioulia m'en a soumis une nouvelle. A voir !
Au départ, j'avais prévu de te parler d'un sujet léger où il serait question de levrette dans les séries télé mais finalement, ce sera pour la semaine prochaine. Là, je vais plutôt évoquer un sujet qui m'a fait bondir et quand un truc m'énerve, faut que ça sorte.
Actuellement à Paris se tient l'exposition « Paris sous l'occupation », des photographies idylliques d'un Paris pendant la guerre prise par le photographe du journal collabo Signal André Zucca. Et voilà que ça polémique : on ne prévient pas assez le visiteur de cet aspect propagandiste et même qu'on voudrait nous faire croire que la France sous l'occupation, c'était pas si horrible. Alors là, ça me gonfle. De un, figurez-vous que pendant la guerre, les gens sortaient aussi de leur maison, avaient une vie... Oui, c'était pas la période la plus heureuse de leur vie mais ces photos montrent aussi une réalité. Sans parler de l'intérêt pédagogique : selon l'angle de vue, on peut montrer tout un tas de réalités. De deux, faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Le contexte de l'époque, on le connaît, c'est même écrit sur l'affiche OCCUPATION. Si les gens qui vont voir l'expo prennent ce qu'ils voient pour argent comptant, on n'y peut rien non plus mais je pense qu'on est tous capables d'avoir suffisamment de recul pour comprendre le choix du photographe.
Cette histoire est une nouvelle anecdote à rajouter au lourd dossier du « le politiquement correct rend con ». J'ai l'impression qu'aujourd'hui, on vit dans une espèce de parano : quoi que tu dises, fais gaffe car on aura vite fait de te prendre pour un raciste, un homophobe ou pire, un nazi. Ce qui fait que le catalogue des blagues qu'on peut raconter se réduit à peau de chagrin, il nous reste les Totos et les blagues carambar, le reste est choquant. Je suis d'accord sur le fait qu'on ne peut pas tout dire et tout faire mais faut arrêter de pousser mémé dans les orties. Quand je dis par exemple : « ahlala, ces Italiens, tous des dragueurs », je pense qu'il est facile de comprendre que c'est une vanne et ne sort en général pas de nulle part mais je ne pense pas réellement que tous les Italiens sont comme ça. Allez, j'écluse les clichés, comme ça, ce sera fait : les Français sont sales et râleurs, les Ecossais radins, les Anglais boivent du thé at five o' clock, les Noirs et les Corses sont feignants, les Arabes voleurs, les Asiatiques fourbes, les Espagnols fiers, les Portugais fort en ménage et maçonnerie, les Grecs sont tous pédés (à se demander comment on peut encore croiser des Grecs, ce doit être héréditaire), les Scandinaves disciplinés, les Japonais racistes... Bon, je vais pas épiloguer 107 ans. Mais la phrase précédente est une horreur : tuez la, elle est xénophobe !
Bon, si on peut se passer des blagues vaseuses sur les nationalités (ou les pédés, les hommes, les femmes...), le cas de cette expo me paraît scandaleux. Il est vrai qu'en France, on a du mal à parler de la collaboration : tous résistants, c'est bien connu ! Montrer que beaucoup de Français continuaient leur vie pendant la guerre, sans résister, mais quel scandale, mon Dieu ! D'ailleurs, tant qu'on y est, on devrait brûler tous les films et tableaux tournés par les Allemands sous le IIIe Reich, des fois que des musées ou des chaînes de télé décideraient de les montrer. Le juif Süss ne doit jamais être montré, c'est une pure horreur. Tant pis si, analysé en cours, ce serait un exemple très pertinent de l'utilisation de l'art comme outil de propagande. On ne sait jamais, on est tellement cons qu'on est condamné à tout prendre au premier degré.
Bref, y a des jours où la société clean, ça me fatigue un peu. Déjà qu'on n'a plus le droit de critiquer les artistes sans risquer de se prendre un pain dans la gueule, surtout quand c'est Cali. On ne doit plus dire du mal de personne et dès que tu sors des lignes, tu es prié de présenter des excuses. Récemment, Cauet s'est un peu déchaîné contre l'attachée de presse de Sheryfa Luna. En gros, la demoiselle était venue à son émission radio et s'est tirée en plein milieu à la demande de son attachée de presse lui faisant remarquer que c'était l'heure de partir. Or la chanteuse était arrivée une heure en retard et a dû partir avant l'heure prévue. L'animateur s'est énervé, tapant au passage sur les attachées de presse. Bon, ok, c'est du Cauet et ce n'était pas fin mais voilà, on lui demande de présenter publiquement des excuses, ce qu'il a fait. Or pour le coup, même si mettre toutes les attachées de presse dans le même panier n'est pas intelligent du tout, il a raison sur le fond : la chanteuse s'était engagée à être là de telle heure à telle heure et son attachée de presse ne lui a pas permis de respecter son engagement. Et elle, elle n'a pas eu à présenter des excuses publiquement alors que c'est son métier de respecter ce genre d'engagement.
Bref, aujourd'hui, ne dis plus de mal de personne, même si tu le penses, c'est politiquement incorrect. Ne fais pas d'exposition sur la France sous l'occupation, pas plus que sur l'esclavage, la colonisation, on va dire que t'es collabo. Ah, tant qu'à faire, ne fais pas de reportage sur la Chine actuellement, on va dire que tu soutiens ce pays qui nie les droits de l'homme. Heureusement, il nous reste un havre de paix : le dimanche après-midi, regarde Drucker, le pays où tout le monde est beau, gentil, et roupille sur un canapé à côté du chien de l'animateur.
Pauvre France.
Et c’est là que je veux en venir. A quoi servent aujourd’hui les critiques, qu’ils soient littéraires, ciné… Déjà, à la télé, les critiques sont très, mais alors très rares, la plupart des émissions faisant l’éloge des artistes invités. Finalement, la seule émission où on ose dire que leur album est pas top, c’est chez Ruquier car chez Fogiel, c’est la personne qu’on attaque, pas son travail. Dans les magazines, tout est relatif. Déjà, dans la presse féminine, on ne critique rien, mais alors rien : tout est bien. Ca tombe bien, c’est ce que dit le dossier de presse alors… Faut dire que c’est un milieu très susceptible : ose dire du mal de la marque A, tu perds tous leurs budgets pub. Quant aux pages cultures, je crois n’avoir lu qu’une poignée de critiques légèrement négatives. Moi, j’aimerais vivre dans un monde où toutes les œuvres sont bien mais faut pas rêver. Bien sûr, d’autres revues sont plus cassantes mais voilà, dès qu’on dit du mal, c’est parti pour un « la critique est facile, l’art est difficile. » ou encore « les critiques sont des artistes ratés ». Peut-être mais faut se rendre compte que c’est un vrai métier, pas l’expression d’une frustration. Par exemple, moi, je ne serais pas vraiment capable d’être critique, je me sais trop subjective. J’ai des goûts pas mal arrêtés en matière de musique, littérature, cinéma… Par exemple, Amy Winehouse, perso, je supporte mal. Ca croasse, elle chante mollement, j’aime pas. Mais si je devais rédiger une chronique musique, je ne pourrais pas juste dire « moi, j’aime pas ». Il faudrait que je parle de l’instrumentation, du travail de production, des influences… Bref, être critique, c’est pas un truc qu’on fait sans une solide culture générale de l’art en question. Quand je vais voir un film, j’aime ou pas, selon si je suis prise par l’histoire ou pas. Le reste ne m’intéresse pas forcément, je peux voir les belles images, les effets de mise en scène, oui, mais je ne suis pas tout à fait au point.
Bien sûr, l’objectivité n’existe pas et je ne prétends même pas le contraire. Mais si je regarde ma culture cinématographique (ouais,ok, c’est un peu mon complexe) et qu’on me met devant un chef d’œuvre du 7e art, je fais quoi ? Je le compare aux daubes que j’ai pu voir ? Parce que non seulement je ne vois pas beaucoup de films mais en plus, j’ai un talent certain pour choisir les mauvais. En gros donnez moi à manger du caviar, je vais comparer ça à des œufs de lump. Mais pour en revenir au point de départ de cet article, je me pose quand même de sacrées questions. N’est-il plus aujourd’hui permis de dire d’une œuvre qu’on la trouve médiocre sans se retrouver victime de l’artiste en question ? Ne peut-on pas dire que tout son album n’est pas un bijou (ce qui est le cas de tous les albums, il n’y en a pas un où j’aime tous les titres sans exception et je dirais que c’est normal) ? Les artistes doivent-ils être des individus totalement épargnés par la critique alors que n’importe quel travailleur doit en essuyer ? Et au nom de quoi, je vous prie ? Très honnêtement, quand j’aime un artiste, je vais acheter son œuvre, même si j’en entends de mauvaises critiques. Les mauvaises critiques, ça me sert surtout à décliner l’invite pour aller voir un film qui me tentait pas au départ « nan mais dans Voici, ils ont dit que c’était nul alors hein… ». Alors bien sûr, il y a le problème du « détesté par la critique, applaudi par le public ». Mais ça, j’en parlerai une prochaine fois.
PS : Je sors d’un repas de famille : 2 coupes de champagne + 1 verre de rouge + 1 verre de blanc, je vais faire la sieste.
La vidéo Cali vs Zemmour et Nalleau, au passage :
Vendredi soir, je me suis doucement endormie devant Earl, la nouvelle série de M6. Je vous fais le pitch : un sale type (dans tous les sens du terme) gagne 100 000 dollars à un jeu à gratter et se fait renverser de suite par une voiture et perd le billet. En regardant une émission de télé, il comprend que c’est à cause de son karma et décide de réparer tout ce qu’il a fait de mal dans sa vie. A peine a-t-il réalisé sa première bonne action qu’il retrouve le billet. A partir de là, il s’active à réparer tout le mal qu’il a commis. Dès qu’il recule, il lui arrive une merde.
J’avoue que l’idée me plaît. J’aime bien la notion de karma mais pas sur plusieurs vies parce qu’avoir une vie de merde parce que dans une autre vie, on a été une sous merde. En gros, si tu as l’âme d’Hitler, tu vas grave en chier. Un bébé, ça me paraît une chose toute innocente qui a toute sa vie pour bien ou mal faire… Bon, bref, c’est pas là où je veux en venir, je veux parler des bonnes et mauvaises actions de ma vie présente.
Qui n’a jamais dit « la vie est injuste » parce qu’il fait les choses bien alors que quelqu’un qui se comporte comme le pire des connards réussit ? Hé oui, la vie est injuste et c’est comme ça. Qui peut-on ? Rien. Pour ma part, j’essaie de toujours me comporter bien, selon ma morale. Oui, ma morale, on a chacun la sienne. Mon but dans la vie est de ne pas faire souffrir les gens et de toujours pouvoir me regarder dans la glace quoi que je fasse. Mais voilà, je réfléchissais à cette histoire de karma et l’idée me plaît vraiment bien, même si je sais que dans les faits, ça ne marche pas comme ça. Il y a quelques temps, je me disais « si on avait le physique de son âme, certains ne s’en sortiraient pas si bien ». C’est un peu la même idée. En gros, plus tu fais des choses bien, plus il t’arrive des choses bien et vice et versa. En gros, pour réussir dans la vie, faut être bon. Pas forcément en faisant des dons à tout va, on peut être bon et pauvre, aussi, ça n’empêche rien. Mais en étant attentif aux autres, des petits gestes qui paraissent anodins mais qui font plaisir. Du genre aider sa voisine à monter ses paquets. Pour nous, c’est rien mais elle, ça lui a rendu bien service. Rend la vie des autres plus belle et ça améliorera la tienne.
Du coup, je me dis que je pourrais faire des trucs pour améliorer la vie des autres et donc la mienne. Mais là, y a comme qui dirait une couille dans le potage. Si j’agis pour rendre ma vie plus agréable, c’est de l’égoïsme. Ca ne fait pas très noble, tout à coup. Parce que pour avoir un joli karma, il faudrait faire tout ça sans arrière pensée, par pur altruisme. Mais si on agit comme Earl pour nettoyer son propre karma, on se sert alors des autres pour sa propre cause. Ma voisine est contente que je lui ai monté ses paquets mais au fond, je m’en fous de ses paquets et d’elle, j’ai fait ça juste pour gagner des points de karma. Alors donc si mon karma est parfait, ma voisine, elle peut crever la bouche ouverte avec ses paquets, je les lui monterai pas.
Finalement, à bien y réfléchir, l’idée est séduisante de prime abord mais si on creuse, c’est l’individualisme ultime. Je t’aide parce que ça m’aide. Je suis une belle personne car t’as eu besoin de moi. C’est un peu étrange de se dire que du coup, l’égoïsme devient une qualité. Oui, il pousserait à l’altruisme mais tout se fait avec arrière pensée… Et là, on atteint le degré ultime : a-t-on un beau karma parce qu’on fait tout pour qu’il le soit ou parce qu’on fait les choses gratuitement, sans y penser ?
Non, en fait, c’est trop compliqué le karma. Je vais plutôt me faire à l’idée que la vie est injuste même si je crois quand même au retour de bâton : on ne peut pas se comporter comme la pire des ordures sans que ça nous revienne un jour à la gueule… Enfin, j’espère !
C’est l’hiver et les trolls sont de sortie. A priori, ils n’hibernent donc pas. J’en vois partout sur les blogs. Comme on dit, c’est un peu le revers de la médaille, on ne peut pas passer au travers même si je ne comprends toujours pas. Alors attention, les trolls ne sont pas des gens qui ne sont pas du même avis que le bloggeur. Le troll est celui qui poste un comm insultant sans donner une vraie adresse mail et certains poussent même le vice à cacher leur IP. Oui, il y a des trolls professionnels.
Pour ma part, j’ai pris le parti d’effacer les comms en question. Je pars du principe que si la personne n’a pas la politesse de se présenter et de me parler sans m’insulter, je n’aurai pas la politesse de respecter sa liberté d’expression. Au début, j’étais parfois touchée par ces méchancetés. Et oui, derrière l’écran, il y a une vraie fille qui, selon les périodes, a la sensibilité à fleur de peau. Maintenant moins. Déjà, je vais plutôt très bien en ce moment, mes soucis sont de l’ordre de l’accessoire donc des insultes anonymes me font l’effet d’une piqûre de moustique : c’est pas agréable mais on oublie vite. C’est vrai que des fois, je trouve un peu débile le principe du « c’est comme ça, tu peux pas y couper », vu que j’estime que n’importe quel bloggeur a le droit au respect comme n’importe quelle personne. Mais quelque part, c’est logique : à partir du moment où on prend le risque de faire quelque chose, on a le droit à des mauvais esprits.
Il est vrai que j’ai pris plus d’insultes méchantes et gratuites sur ce blog que dans tout le reste de ma vie. Non pas que je sois différente mais en vrai, quand je parle, on voit quand je ne me prends pas au sérieux, ce qui n’est pas forcément le cas à l’écrit. Du coup, on peut passer que je pète plus haut que mon cul alors que je tiendrais le même discours oralement, ça passerait différemment. De la même façon, quand on me connaît en vrai, l’image qu’on a de moi est plus complète et subtile. Sur un blog, on ne peut pas tout montrer de soi et je ne le souhaite pas pour ma part. En vrai, je peux être aussi très cash et secouer les gens pas très gentiment mais ce n’est pas que je me trouve mieux qu’eux, c’est le principe de l’électrochoc. Etre toujours gentille n’est pas aider les gens. Si je prends la peine de discuter une heure avec une personne et de la secouer, c’est que je tiens à elle sinon, je prendrais même pas la peine de lui parler. Donc oui, on juge sur les éléments qu’on a, je n’y peux rien et tant pis.
Mais surtout, il y a autre chose : j’ai pris le parti de me créer un espace de parole public. Il y a eu des fois où j’ai été tentée de fermer mon blog pour ne plus du tout me faire agresser pour peanuts par des gens que je ne connais pas (ou que je connais et qui parlent anonymement derrière leur cache IP), revenir dans mon anonymat total où les gens me causent correctement. Mais à ce niveau là, plus personne ne fait rien. Prenons n’importe quel artiste (je ne me mets pas dans cette catégorie, hein) qui fait son métier. Forcément, il ne fera pas l’unanimité vu qu’on ne la fait jamais. La seule œuvre qui a récolté l’unanimité, à ma connaissance, c’est l’élégance du hérisson de Muriel Barbery, j’ai beaucoup aimé, aussi. Dès qu’on s’expose, on est forcément objet de critique. Ca doit quand même faire mal de passer des jours et des nuits à se défoncer sur un truc et entendre 3 connards qui ne sont pas capables d’en faire autant démonter ça en deux minutes « c’est vraiment de la merde ». Ceci étant, je peux pas juger, je n'ai pas toujours été tendre avec des oeuvres que je n'ai pas aimées du tout. Même si je ne le dis jamais directement à la personne concernée vu que je connais pas tous les artistes produisant un truc.
Alors quoi ? Doit-on ne rien faire et rester sagement dans son coin pour être sûr d’éviter les crachats ? Mais si tout le monde fait ça, ça va devenir épouvantable. Bien sûr, ce serait exagéré de dire que les blogs sont nécessaires à la bonne santé d’une nation, ce n’est pas de la culture avec un grand C. Pourtant, c’est un espace de parole facile à créer et ce serait dommage que certains disparaissent à cause de 3 insultes. J’en ai parlé cette semaine avec Babillages (par mail) et Sonia (par comms interposés) qui en subissent pas mal en ce moment et je trouve dommage qu’elles (comme d’autres) perdent un peu de plaisir à blogger à cause de ça. Babillages se demandait même si son blog valait vraiment la peine. Mais si les gens viennent vous lire tous les jours, les filles, c’est pas par charité. Des blogs, il en existe tellement que si un ne nous plaît pas, il suffit de ne pas y aller, ce n’est pas difficile. On ne pourra jamais empêcher les trolls mais si on doit tous se taire pour ne plus être importunés, c’est vraiment faire gagner les sauvageons du net. Quand on produit quelque chose, même des écrits qui n’ont aucune prétention littéraire, il faut s’attendre à ça. Mais au moins, on fait quelque chose. Et ça ne pourra jamais plaire à tout le monde. Et quand mon chef Simon me dit que TGGP devrait racheter mon blog, je me dis que je dis pas que des conneries, quand même. Même si j'en dis beaucoup mais des fois, c'est fait exprès !






