C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Phénomènes culturels

Depuis hier, je suis dans mon pays et je revis. Enfin du calme, plus de stress, plus rien, je suis zen. Même si le retour a été une véritable épreuve mais je raconterai ça demain, histoire de rajouter une nouvelle page au dossier « j’ai la loose ! »


sud-ouest.png


Hier soir, ma mère me propose de regarder un DVD avec eux, j’avais au choix Millenium, éliminé car trop long. Il faut savoir que mon voyage en train ne m’ayant pas permis de finir ma nuit comme à l’accoutumée (il part à 7h54, parfait pour roupiller une partie du trajet), j’étais un peu claquée genre à 18h30, enroulée dans une couverture, je me suis légèrement endormie en lisant mon magazine.  Nous avions aussi au choix Première Etoile, une comédie française qui est « dans la lignée de Rasta Rocket ». Autant petite, j’avais adoré ce film (pas revu depuis, je sais pas si j’aimerais toujours, tiens), autant un Rasta Rocket version française, ça me fait un peu peur, malgré le mec qui a l’air beau gosse sur la jaquette (à vérifier sans lunettes de soleil). Du coup nous reste le dernier spectacle des Chevaliers du Fiel « La brigade des feuilles ».


les_chevaliers_du_fiel_la_brigade_des_feuilles.jpg


En regardant le spectacle qui m’a bien fait rire (il tape pas mal sur les syndicats, ça devrait plaire à quelques uns…), une question surgit : mais comment ces mecs là peuvent marcher en dehors de Midi Pyrénées ? La plupart des vannes concernent les bleds d’ici à part une référence à Narbonne qui est en Languedoc mais qu’on connaît tous puisque c’est la première plage que l’on croise en partant de Toulouse (une heure et demie, ça fait rêver hein ?). Par exemple vanne sur Rodez ou Millau que vous connaissez sans doute de nom (Millau, vous avez intérêt, avec le viaduc, quand même). Par contre Caussade ou Labastide St Pierre, je suis moins sûre. Oh, je sais ce que vous vous dites à part vous, avoir une maison secondaire à Labastide St Pierre, ça doit être sympa tellement ça sonne bien.  Persoa, les seuls souvenirs que j’en ai ne sont plutôt pas bons (ma cousine et sa famille y vivaient quand nous étions petites et y avait un sale chien à côté, genre mini chien teigneux, qui venait toujours aboyer quand on allait chez ma tante et je le détestais) . Mais ouais, le nom sent bon le sud, c’est vrai.


Caussade.jpg


Et je ne vous parle pas du sketch de la chanson en patois. Même moi, j’ai été un peu larguée alors que mes parents se roulaient par terre de rire. Oh, je pourrais pleurer  sur le fait que c’est encore une langue qui va se perdre. Imagine, lecteur, si j’avais su parler le patois… J’aurais maîtrisé la langue de mes ancêtres, celle de ma génération (on va dire le verlan. J’ai droit, je suis pas musulmane*) et il fut une époque où je gérais incroyablement bien le sms. J’ai un peu perdu depuis mais sa revi1 vit (lol). Enfin, je m’égare, je me rêvais pont entre les générations. Donc pour en revenir à mon histoire de Chevaliers du Fiel, je me demande si c’est facilement exportable. J’avais vu leur spectacle « L’assassin est dans la salle » sur Paris Première donc manifestement oui. Après tout, peu importe qu’on soit déjà allés ou non à Caussade ou à Rodez, on peut comprendre ce qu’il se trame derrière. On pourrait remplacer par Berck ou Sainghin en Mélantois (si, ça existe) et on comprendrait de suite mieux. Evidemment, je ne suis pas certaine de l’effet comique du coup vu que nos amis ont quand même un accent du sud bien audible, ça pourrait créer un décalage étrange… Un espèce de bienvenu chez les chtis bis… Heu non…


bienvenue-chez-les-ch-tis.jpg


Bref, tout ça pour dire que me voici de retour dans mon pays et j’ai déjà envie de dire que je ne reviendrai jamais à Paris. Ce qui est faux bien entendu mais quand je vois à quelle vitesse je me suis toute détendue… Et ça va durer  quasi jusqu’en 2010.


* Pour les 3 excités du fond qui googlisent les mots du genre « musulmane » ou « immigration » ou que sais-je encore juste pour venir crier au racisme, je précise que le contenu de cette parenthèse est une référence à une actualité

Publié dans : Phénomènes culturels
Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 14:07

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Hier, j’ai donc fait ma maline en expliquant que héhé, ahah, j’ai fini un vilain bouquin et que depuis, j’en ai lu deux. Et bien parmi ces deux, il y avait Tribulation d’une caissière d’Anna Sam, super vite lu mais bien écrit et qui m’a fait réfléchir sur deux ou trois points. Ce qui va nous faire 2 ou 3 articles et voici le premier : les achats honteux au supermarché.



Anna consacre donc un chapitre aux achats honteux, ce que l’on n’ose pas trop exhiber devant la caissière parce que hum hum… Parmi ceux-ci, les préservatifs et autres lubrifiants. Pour être tout à fait honnête avec vous, ce n’est effectivement pas ce que je passe en caisse d’un air triomphant. Ce n’est pas tant qu’il est gênant d’avoir une vie sexuelle (je dirais que de ce point de vue là, on pourrait limite faire des envieux), c’est juste d’exposer ce fait à des regards parfois un peu inquisiteurs. Pink avait fait une BD sur le sujet, par exemple. Et même si je fais ma fille super libre, tout ça, y a toujours un petit moment de gêne. Lundi, par exemple, je vais faire des courses. J’avais prévu un 5 à 7 (enfin, un 22-0h plutôt) avec un charmant jeune homme, j’achète de quoi dépoiler la bête (moi, pas lui, je ne dépoile pas mes invités) et en cherchant du dentifrice (là, sans rapport, je n’en avais juste quasi plus, mon tube agonisait), je tombe sur le rayon capotes et je regarde, forcément. Oh waaah, ça a l’air top les capotes super supra lubrifiés, une lubrification continue durant tout l’acte. Ah mais super, paie ton arnaque : comme l’emballage est un peu différent, t’en as 10 dans la boîte pour le même prix que celles de 12. Oh, une boîte avec des cotillons dessinés dessus pour de folles parties avec plein de capotes rigolotes à l’intérieur (dont des à la fraise, yeurk !). Je prends ? Je prends pas ? Je prends ? Ouais bon, il m’en reste à la maison, on attendra Noël, ça passera presque inaperçu. Parce que y a quand même quelque chose qui m’échappe légèrement dans toute cette histoire. Il est de notoriété publique que les gens ne sont pas particulièrement à l’aise dans l’achat de capotes en supermarché. Alors pourquoi ils mettent des packagings argentés, fluos, que tu reconnais à 10 lieux à la ronde ? Pour nous apprendre à assumer notre vie sexuelle ?



Bref, je m’étends sur les capotes mais c’est d’un autre truc que je voulais parler, surtout, c’est du papier toilette, ze PQ. Alors Anna nous explique que les gens ont relativement honte d’acheter du PQ, ce qui me dépasse légèrement. Oui, lecteur, vois-tu, comme tout être humain, je dois évacuer les déchets de mon corps et comme je ne vomis que très rarement (depuis presque 3 ans, je crois), il faut bien que j’utilise les voies que la nature m’a donnée. Oui, j’évacue, je défèque et après ? J’ai la décence de m’essuyer après m’être adonné à mes bas instincts et alors ? Je pousse même le vice à repartir avec mon paquet sous le bras vu que ça prend une poche en entier…



Idem pour les tampons. Oui, j’ai mes règles, je les ai même une fois par mois et après ? Je ne vais pas rougir devant la caissière qui vit, généralement, la même chose que moi régulièrement, qui doit aussi mettre tampon ou serviette. Au pire, ma caissière apprendra que je ne suis pas enceinte mais je ne pense pas que cette info (ou son inverse) l’intéresse particulièrement. Je n’ai pas honte du vide mon utérus !



Mais je trouve ces petites pudeurs assez marrantes, au fond. On a beau avoir des milliers d’années d’évolution derrière nous, évoquer de façon dérivée notre nature humaine et nos plus bas besoins fait toujours rougir. Ceci étant, parfois, j’apprécierais un peu plus de pudeur sur le sujet genre ce serait merveilleux que des hommes arrêtent de pisser dans les couloirs du métro. Non mais c’est vrai ! En temps que femme, je suis censée avoir une plus petite vessie que vous messieurs et j’arrive à me retenir jusqu’à trouver des toilettes, je pense que ça n’est pas au dessus de vos forces d’en faire autant. Si ?

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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 15:04

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Je suis une téléauditrice. En gros, la télé, je ne la regarde que peu, je l’écoute plus (quoi qu’écoute, écoute, je devrais plutôt dire entendre mais bon…). Et donc forcément, j’entends les pubs qui se répètent, encore et encore, avec toujours la même musique, vient le moment où j’en viens à détester ladite musique, même celle que j’aimais pourtant au départ.



Pour choisir une bonne musique de film, faut un thème marquant, répétitif, quelque chose qui reste en tête. Contrairement aux reportages (qui soit dit en passant recyclent quand même régulièrement les mêmes thèmes) la pub peut choisir des musiques  à paroles, souvent des chansons étant ou ayant été un succès populaire, à part certaines marques qui trouvent un petit groupe inconnu pour le propulser au sommet comme Levis, par exemple. On récupère le refrain avec l’intro au besoin pour la partie parlée et c’est parti. Ainsi, dès que je vous dis Alice, vous répondez : « houhou ! ». Chanson que j’aimais bien au départ mais qui a fini par me gonfler, même si choisir une chanson qui répète « you’re not the one for me », je trouve ça assez grandiose. Et il me semble avoir entendu « Fuck you » de Lily Allen dans une autre mais je me trompe peut-être, Lily Allen faisant régulièrement la même chanson. Des fois, on a même droit à plusieurs chansons pour une même marque. Alors que le crédit mutuel tourne depuis plusieurs années avec la fille qui chantait le rêve bleu d’Aladin, le crédit agricole change à chaque pub, laissant ses conseillers faire un mauvais playback sur des chansons ultra connues, sans doute un hommage foireux à On connaît la chanson. Quand je dis hommage, je veux dire « ça a super trop bien marché pour ce film, on le reprend, on ne pourra pas se planter ». Mouais, mouais, mouais…



Encore que quand le pubeux se contente de reprendre la chanson originale, on évite le pire. Le pire ? Alors il y a deux catégories de pire. En un les reprises de chansons connues par d’obscurs groupes ou chanteurs globalement mauvais. C’est particulièrement le cas pour des pubs Eaux jeunes, je me souviens d’une reprise agaçante de Gloria, il y en a eu tant d’autres depuis, je ne m’en souviens même pas. Mais bon sang, pourquoi ces mauvaises reprises ? J’aime les reprises, globalement, je suis une fana des playlists de Paris Dernière mais là, non, ça fait un peu groupe de lycéens qui font leur première scène à la fête de l’école. Plus qu’une reprise, je préfère parler d’une copie tirée sur une photocopieuse plus vieille que moi.



Mais le pire du pire du pire, ce sont les chansons créées spécialement pour l’occasion, un peu comme en radio. Par exemple, on carglass répare carglass remplace qui a fait le saut radio/télé sans se casser le cul : on reprend le même texte, la même chanson insupportable, on colle un gogol et une nana extatique et voilà. D’ailleurs, vous avez remarqué qu’ils ont remplacé Olivier depuis quelques temps ? Mais il faut bien comprendre quelque chose : les chanteurs de pubs sont les plus mauvais du monde ou à peu près. Je vous ai déjà parlé de ma haine viscérale des pubs Velouté et de leur ritournelle insupportable, je n’achèterai pas ses yaourts tant qu’ils continueront (de toute façon, je préfère les Gervitas). Mais là, je crois que j’ai trouvé pire. Si, si. Une pub qui me rend hystérique dès qu’elle passe et qui me reste en tête tout le lendemain, j’ai bien nommé l’inaudible « Ange ou démon » avec une chanteuse au vilain filet qui me rappelle mes premiers cours de violoncelle, quand je devais travailler sur la corde du la que je n’aimais pas. Moi, j’aimais le do, plus puissant. Bref, je ne sais pas qui est la demoiselle à la voix de crécelle mais c’est affreux. De toute façon, toute cette pub est ratée, cheap… Pauvre Uma Thurman.



Mais le pire, dans tout ça, c’est que je suis un peu trop fan des pubs pour les zapper systématiquement… « Je suis ange ou démon et c’est là mon secreeeeeet ! »

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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /2009 03:33

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Cet été, comme chaque année, TF1 nous a sorti du programme fort, intellectuel, permettant de réfléchir à notre condition d’humain… Non, je déconne, TF1 nous a sorti de la merde racoleuse. Je veux parler ici de deux programmes en particulier : Secret Story, que j’avais déjà évoqué, et Mon incroyable fiancé 2. Et cette  année, on joue sur les tableaux de l’homo et bi sexualité, ouah ! Que de tolérance chez TF1… Ou pas.


 


Commençons par Mon incroyable fiancé 2, le plus homo des deux programmes… et le plus ouvertement homophobe. Voici un peu le topo : Christopher pense assister à une émission type Bachelor mais non, il doit faire croire à toute sa famille qu’il est tombé amoureux de l’autre candidat masculin, Emeric, un gros lourdaud(pas physiquement, cette fois-ci, on va pas se moquer des gros à chaque fois non plus). Emeric est bien sûr un acteur qui en rajoute des masses dans l’homophobie, refusant de jouer le jeu car ça touche à sa virilité, se demandant s’il doit jouer les Zaza Napoli. Pour en rajouter une lichette, on leur met dans les pattes deux ex Queer, vous savez, l’émission ou des gays option grandes folles têtes à claques reprenaient en main un hétéro beauf. Et évidemment, ils ont choisi Benjamin, le plus insupportable de tous. Et voilà qu’on organise une gay party avec des clones des Village people, des travestis et trans… En gros une gay pride à domicile sans aides ni act up qui lancent des capotes. D’ailleurs à ce sujet, pourquoi j’ai pas eu de capotes à la gaypride cette année ? Le seul à ne pas plonger la tête la première dans l’homophobie, c’est finalement le vrai candidat qui prend ça plutôt tranquillement même si dans les extraits, on voit ses parents effondrés par la nouvelle.



Autre cas d’études, Secret Story qui joue là clairement sur la bisexualité, réelle ou supposée, j’en sais rien, de certains candidats. Ainsi, nous avons eu droit à FX (le Vincent McDoom famélique de service) qui, après avoir roulé de grosses pelles baveuses à Cindy serait amoureux de Didier, le mari d’Elise qui ne serait pas tout à fait indifférent au charme de FX. Ca fait des nœuds dans vos neurones, c’est normal. On lance aussi l’idée que peut-être que Vanessa est amoureuse d’Emilie et on confie à Jonathan, l’Einstein de la maison (ahahah !) de faire croire à FX qu’il est attiré par lui. Et y a Cindy dont le secret est qu’elle est bisexuelle, sans oublier les rumeurs sur la transexualité d’Angie. Mais, ça, c’est chaque année pareil, la cagole pleine de nichons et de lèvres se fait toujours buzzer sur ça. De prime abord, on pourrait se dire que ces joyeuses sexualités peuvent plutôt être encourageantes, qu’on comprend enfin que l’hétérosexualité n’est pas une fatalité… Ouais, enfin, on est sur TF1. Parce que ses amours supposées homosexuelles (dans les faits, il n’y a rien du tout) sont commentées par le grivois Benjamin Castaldi donc de suite, ça fleure bon la moquerie et, au fond l’homophobie.



Parce qu’au fond, le seul but de ces émissions est de montrer des bêtes de foire, dans tout ce qu’il y a de méprisant dans cette expression. On se moque du manque de vocabulaire des candidats, du QI de moule desséchée sur un rocher de Vanessa et Kevin, de l’épaisseur du maquillage posé sur la tronche d’Emilie, de la vulgarité de Cindy, du languedeputage de FX…et des manières efféminées de Nicolas. Bref, rien dans ces programmes n’encourage à l’acceptation et à la tolérance puisqu’au contraire, on caricature la sexualité de ces personnes pour en faire des éléments de spectacle. Un peu comme les reportages sur les nudistes où le but n’est pas de faire connaître la cause mais bien de montrer des culs et des seins.

Publié dans : Phénomènes culturels
Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /2009 10:36

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L'autre jour, le vendredi 26 juin très précisément, j'avais rendez-vous pour d&jeuner en ville avec un pote. En cheminant, je croise le panneau suivant du Parisien : « Exclusif : Michael Jackson est mort ! ». Réflexe : super, paie ton exclusivité, ça fait 3h que tout le monde me saoule avec Michael Jackson, au point même que l'idée d'écouter une seule de ses chansons à l'heure actuelle me donne la nausée. Oui, le moutonisme émotionnel me fatigue car je me demanderai toujours si tous ces gens qui criaient leur peine sur FB ou twitter avaient ne serait-ce qu'un titre du chanteur sur leur ipod et s'ils avaient pensé à lui durant les 3 années précédentes. Je n'en suis pas sûre.



Bref , je souriais à cette exclusivité mais il est vrai que la plupart des titres parlaient de la mort de Farrah Fawcett, Michael étant mort plus tard dans la soirée, les journaux étaient déjà sous presse. Alors que les internautes se gargarisent d'avoir eu l'exclu et battus les journalistes (on ne parlera pas ici de tous les fakes qui ont circulé sur twitter, la moitié des people sont morts cette semaine là grâce à eux... ahem...), je me suis posée la question : et si cette extrême rapidité de l'info sauvait la presse papier en la transformant ? Oui, moi, j'y vois carrément une solution positive à tout ça.



Partant du principe que le pire travers du journalisme est la course au scoop, Internet est aujourd'hui le meilleur moyen d'évacuer cette dimension de la presse papier. Prenez n'importe quel journal en ligne, ils ont tous annoncé des conneries, tous. Internautes zélés vs journalistes web sous pression : égalité. Je me souviens y a une dizaine de jours que Le Monde annonçait en une qu'on avait retrouvé la boîte noire de l'AF447, faux ! Aucune rédaction n'est à l'abri. C'est sans doute mal mais j'y reviendrai une prochaine fois dessus, là n'est pas le sujet. Toutes les infos chaudes-brûlantes étant disponibles limite en temps réel sur le web, pourquoi ne pas les évacuer totalement du papier pour ne laisser la place qu'aux analyses poussées, aux éditos et chroniques ? Evacuer le factuel pour aller au-delà ? Après tout, qui achète les journaux aujourd'hui pour n'avoir que le factuel, disponible sur le web et dans les gratuits ? Ah, évidemment, bon argument qui tombe : tout le monde n'a pas le net ou les gratuits. C'est vrai. Ceci étant, soyons fous, imaginons le modèle suivant : prenons le Matin plus, par exemple, co financé par le Monde et Courrier International qui était mon chouchou à l'époque. Oui, depuis, j'ai déménagé et je n'ai plus de gratuits dans ma gare de départ, seulement dans celle d'arrivée mais comme je ne sais pas encore lire en marchant, ça ne me serait guère utile. Bref, peu importe. Imaginons donc que chaque exemplaire du Monde soit vendu avec son petit Matin plus avec d'un côté un cahier bref et factuel, de l'autre, de vraies analyses.



Ce qui me navre dans le journalisme d'aujourd'hui, c'est la surenchère émotionnelle et le brodage sur du vide. J'avoue lire de plus en plus la presse en ligne et de moins en moins la presse papier (c'est mal) mais quand je vois qu'on est capable de tirer un papier de 2 000 signes sur le moindre débris trouvé (ou pas d'ailleurs) de l'AF447, qu'on est capable de publier une photo de tache d'huile flottant sur l'océan nous expliquant que c'est le lieu du crash (alors que non)... Bref, par moment, j'ai juste envie d'hurler stop. Bien que ça m'inspire, cette surenchère émotionnelle et pas qu'un peu, j'en reparlerai d'ailleurs (je suis chiante à annoncer des dizaines d'articles que je vais peut-être oublier d'ailleurs). Seulement émotion et journalisme, arrive un moment où ça coince. Parce qu'on va tellement fouiller les poubelles, tellement courir après la moindre bribe d'émotion qu'à la fin, on publie n'importe quoi. Et quand on est pris la main dans le sac, on colle un petit démenti mais s'excuser, non mais ça va oui ? On travaille dans l'urgence, nous, on n'a pas le temps de vérifier nos sources. Tu crois qu'ils le font à la concurrence, non mais !



Bref, je rêve d'un journalisme papier réfléchi et analytique, moins dans l'émotion, la surface, l'urgence. Evidemment, ça ne veut pas dire que le journalisme Internet est forcément mauvais. Je suis une fan convaincue de Rue89 (et de ses commentateurs plutôt fins dans l'ensemble, j'ai toujours envie de leur faire des bisous).


Une révolution est à faire et ça fait un moment qu'elle est nécessaire. Mais qui osera franchir le pas ?

Publié dans : Phénomènes culturels
Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /2009 14:28

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