Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

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C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...


Dimanche 18 mai 2008

L'art, vaste sujet s'il en est. Tout être humain, quelle que soit sa culture, son vécu a une sensibilité à l'art, dans le sens large du terme. Evidemment, on a tous des préférences : je suis plus musique que cinéma, j'aime la photo, la peinture de la Renaissance italienne, la littérature mais pas tout... Bref, en matière d'art, aucune œuvre ne fait l'unanimité, on aime ou pas, on peut expliquer nos goûts et dégoûts si on nous demande (quoi que...). Parce qu'au fond, l'appréciation de l'art reste instinctive, du moins pour moi.

Le cas le plus flagrant de mon instinct en matière d'art concerne l'art contemporain (vaste mot pour désigner des choses très très différentes, je sais). Je n'ai jamais fait d'histoire de l'art, j'ai quelques connaissances mais elles ne sont pas pointues. Du coup, quand je vois une œuvre abstraite, elle me parle ou pas. Quand je vais à une expo, je préfère ne pas connaître d'abord la démarche de l'auteur pour ne pas me laisser polluer. Je sais, ça paraît un peu illogique : comment peut-on apprécier une œuvre si on ne connaît pas le processus qui l'a fait naître ? Mais moi, j'aime d'abord voir, me faire un avis instinctif et apprendre après le pourquoi du comment. Je ne suis pas une technicienne de l'art, je ne suis pas émue devant un Dali parce que de prime abord, ça ne me parle pas. Ses œuvres ne me laissent pas indifférente puisque quand je les vois, je ne me sens pas très à l'aise, c'est dérangeant et là, on peut au moins dire que l'artiste a déclenché une émotion. Mais me taper un musée Dali, je suis pas sûre. Alors dire qu'on n'aime pas Dali, c'est un peu un sacrilège mais c'est instinctif. De la même façon, j'en ai parlé à Summer l'autre jour qui m'expliquait que petite, elle était allée voir une expo Van Gogh qu'elle avait détesté. Et c'est vrai que Van Gogh, ça fout vraiment mal à l'aise à regarder.


Alors évidemment, si je dis que j'aime pas Dali et qu'on me traite d'inculte, honnêtement, oui. J'ai vraiment un fond minuscule de connaissances sur le sujet mais je pourrais pas soutenir une vraie conversation sur le sujet. Mais on aura beau m'expliquer sa technique, sa démarche, la symbolique d'un des tableaux, ça ne changera rien au fait qu'instinctivement, je n'aime pas. Je parle peinture mais ça marche pour tout. La musique par exemple. Quand j'achète un CD, je l'écoute d'une traite : si aucun titre n'accroche mon oreille c'est mauvais, mauvais signe. Comme je suis magnanime, je refais une écoute mais pas de doute : mauvais album. Et parfois, une écoute et je suis bouleversée, poils qui se hérissent, émotion. Récemment, j'ai écouté Erika Janunger et là, énorme coup de foudre. Bien sûr, je change d'avis parfois, une chanson que j'aimais pas de prime abord et à force de l'entendre, je finis par bien l'aimer mais je ne l'adorerai jamais, ça, c'est certain.


Allons plus loin. Parfois, la connaissance « scientifique » d'une œuvre artistique peut gâcher le plaisir. Quand on regarde/écoute une œuvre en étant attentif à la technique, en la replaçant dans la vie de l'artiste, on s'attache parfois trop aux détails et pas assez l'œuvre en elle-même. Les détails ont leur valeur, oui, mais ils sont à étudier dans un second temps. Par exemple, quand je regarde un De Vinci, je prends d'abord connaissance du tableau en entier avant de chercher le détail, le sfumato... Tout comme un morceau de musique, je l'écoute d'abord avant d'être plus sensible à la rythmique, au travail de tel ou tel instrument, la production... C'est comme la cuisine. Quand je mange un plat, je me régale (ou pas), je m'amuse pas à deviner quelles sont les épices dans la sauce et en déterminer la proportion de chaque. Si je trouve ça trop délicieux, je demande la recette. Sinon tant pis, je cuisine jamais de toute façon. Bon, évidemment, des fois, connaître la vie de l'auteur permet de donner un éclairage encore plus intéressant sur sa vie comme là, je lis un livre sur l'enfance de Moravia, un livre-entretien qu'il a eu avec sa deuxième épouse, Dacia Maraini. Ben je le trouve encore plus fascinant. Non pas qu'il ait eu une vie fascinante mais juste que ça le rend encore plus humain. Mais en lisant ses romans (j'en ai encore en attente, héhé), je n'y penserai peut-être pas.

Dimanche 27 avril 2008

Il y a quelques temps est sorti le film Astérix et les jeux olympiques que je n'ai pas vu. Les critiques ont massacré ce film et globalement le public aussi même s'il fut très nombreux à se rendre dans les salles. Alors, là, je me suis demandé : est-il si courant que critiques et grand publics soient opposés que les uns et les autres ne s'écoutent plus. A moins qu'ils n'aient pas les mêmes buts quand ils vont au cinéma.


Qu'est-ce que le cinéma ? Ca dépend. Ca peut être un art avec des films très torturés, compliqués, soignés. Par exemple, j'ai regardé Le mépris avec Gabriel l'autre jour, film que je voulais voir depuis que j'avais lu le roman de Moravia, mon romancier préféré. Sur le coup, on est un peu surpris, on apprécie les prises de vues, le jeu de perspective... Mais c'est surtout le lendemain qu'on s'est dit que, ouais, il est quand même fort ce film. Un peu comme Mulholland Drive : on sort de là circonspect puis après réflexion, on se dit qu'on a passé un bon moment de cinéma.


Mais le cinéma est aussi un divertissement. Le cinéma pop corn comme on dit. On laisse le cerveau à l'entrée de la salle et on se laisse aller pendant deux heures, en espérant qu'on rigolera ou qu'on frissonnera, selon le genre. Aussi vite vu, aussi vite digéré. C'est un peu comme la bédé, finalement, c'est un art avec du bon et du moins bon, du très soigné ou des traits simples...Dans le cas d'Astérix ou encore Bienvenu chez les ch'tis (que j'ai pas vu non plus mais après avoir lu tous les commentaires sur le sujet, j'ai plus envie de le voir, surtout que je connais la fin), c'est vrai qu'on va pas s'extasier sur l'image ou le scénario.Mais devinez quoi : c'est pas fait pour. Alors évidemment, quand on est critique de cinéma et qu'on est payé pour avoir une haute opinion du 7e art, on a du mal à s'extasier sur ce genre de films. Mais je trouve souvent qu'on oublie le but du film : divertir. Si je suis allée voir « Il était une fois » au cinéma, ce n'était pas pour réfléchir ou pour en prendre plein la vue, c'était juste pour passer un bon moment. D'ailleurs, il est pas mal du tout ce film, surtout pour les jeunes filles de notre âge, nourries aux dessins animés Disney à la Cendrillon ou la Belle au bois dormant.


Alors du coup, peut-on forcément conclure que le grand public a mauvais goût. Selon Bourdieu pour qui le bon goût est défini selon des critères bourgeois, oui, bien sûr. Mais soyons nuancés. Evidemment que des films grands publics ne réunissent pas les ingrédients d'un grand film, au sens artistique du terme. Mais peut-on réellement reprocher aux gens de payer 9 euros pour voir un film qui va les divertir durant deux heures ? Evidemment, on peut trouver déprimant le succès d'un navet intégral comme Astérix tout comme on peut regretter le succès de Cauet à la télé. Moi, ça, ça me navre vraiment. Mais d'un autre côté, moi aussi je regarde des merdes télévisuelles, je regarde des séries qui me font rire à leurs dépens, des émissions de télé réalité où on peut se moquer des candidats (Next ou l'ile de la tentation mais pas la star ac, faut pas exagérer non plus). Et puis y a parfois des documentaires qui sortent de l'ordinaire comme l'odyssée de la vie qui m'avait réellement scotchée.


Bref, pourquoi à tout prix brocarder le cinéma populaire ? D'autant que les films salement rabaissés aujourd'hui seront peut-être les films cultes de demain, un peu comme les Valseuses. Bon, après, y a des films qui sont universellement nuls, genre « on se calme et on boit frais à St Tropez ». Non mais déjà, qui a pu trouver un tel titre ? Rien que ça, ça donne pas envie de le voir. Mais finalement, même s'il est à peu près sûr que cet Astérix là ne restera pas dans les annales, y a quand même des gens qui l'ont apprécié. Si, si, j'ai vu des avis positifs ! Alors peut-on reprocher à ces gens là d'avoir un humour de merde et qu'ils devraient avoir honte d'avoir filé de l'argent à une daube pareille ? Et bien, si eux ont passé un bon moment, n'est-ce pas tout ce qui compte. Et puis être bon public, c'est une qualité, c'est agréable de pouvoir rire de tout, aussi.

Dimanche 20 avril 2008

Des fois, le soir, quand je sors pas, j'aime regarder des séries, quand je dors pas lamentablement devant. Et souvent, ces séries sont américaines, même si je ne néglige pas les bonnes daubes françaises comme les 5 sœurs ou les Vacances de l'amour. L'autre soir, avec Naughty, on commentait via MSN Californication et la demoiselle en a même fait deux article ( et ). De là, on a eu une grande conversation sur la levrette dans les séries


Depuis quelques années, la mode est aux séries « trash » à base de sex, drug et rock'n roll. A l'époque, il y avait six feet under puis Nip/Tuck, Californication et autres où les scènes de sexe sont volontairement explicites. C'est pas comme Desperate housewives où les scènes de cul sont symbolisés par les deux amants s'écrasant violemment sur le matelas. Et comme les scènes sont explicites, on décide d'aller au bout de l'ultime trasherie en mettant les personnages en levrette. En général, c'est le signe d'une sexualité bestiale, virile et hors mariage. Parce qu'en général, dans ces séries, ils ne font que l'amour entre époux (et en général, c'est ennuyeux), le jeudi soir à 22h47 et dans la pénombre, s'il vous plaît.


Dans les cas de trasheries ultimes, il est même question de sodomie. Ohlala dis donc, ça rigole plus. En fait, si, ça rigole quand même. Genre on peut facilement voir les indices pour savoir si le héros tombe amoureux : il découvre qu'il peut faire l'amour (déjà, on change de vocabulaire) en regardant la belle dans les yeux et pas dans les fesses et qu'il est même pas obligé de lui tirer les cheveux. Pour savoir s'il est un peu ou très amoureux, il suffit de compter les bougies allumées autour du lit. J'ai toujours admiré ce détail. Dans ma vie, il me semble que j'allumerais la dernière des 100 bougies, la première serait déjà morte et mon amoureux endormi depuis longtemps. Bref, on se moque mais c'est bien l'idée : à force de subversivité, ces séries tombent dans le cliché qui ne trouble plus guère personne.


Ceci étant, je me demande : pourquoi la levrette ? Bon, ok, ça rappelle l'imagerie porno où ce type de position est plus que répandu et je pense qu'il n'y a pas plus d'explication à trouver. Bon, les scènes de cul dans ce genre de séries sont bien plus courtes, souvent qu'une courte série d'image d'à peine une minute pour montrer que le héros est une bête virile, mâchoires serrées qui s'accroche de ses bras puissants aux hanches de sa partenaire qui ouvre grand la bouche pour faire comprendre au spectateur qu'elle prend son pied. Parfois, les femmes prennent le dessus, faut pas exagérer non plus. Là, le message est clair « je suis une dominatrice, laisse moi faire poulet ». En général, c'est le fait des hyprasexuelles tendance mantes religieuses. Par exemple, dans Nip/Tuck, la femme qui prend le dessus, c'est forcément la méchante de l'histoire, ça ne rate jamais. Tu comprends une fille qui domine notre héros pro de la levrette, elle est forcément malsaine. A la différence à la limite de Californication où Hank se fait souvent dominer mais j'ai l'impression que c'est plus par feignantise qu'autre chose. Ouais, Hank, c'est un peu un paresseux, bonjour l'arnaque ! Y a que quand il a le nez plein qu'il se décide un peu à faire son travail.


Bref, dans les séries américaines, on ne sexe pas n'importe comment non plus, ça dépend de la cible. En gros, moins tu cherches la ménagère de moins de 50 ans, plus tu levrettes. Alors question : à quand une levrette dans Desperate Housewives ?

Dimanche 16 mars 2008

Je me suis demandée si j’allais faire un article léger ou un sérieux aujourd’hui et comme je m’en suis voulue d’avoir déprimé tout le monde avec mon article de jeudi, je vais partir dans le comique. Alors je vais te parler d’une série mortelle que j’ai découverte un peu par accident récemment. Quand je dis mortelle, ça veut dire tarte et ce sont celles que je préfère.

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Le pitch : un docteur a 5 filles et retrouve un fils (mais on sait pas encore si c’est vraiment le sien ou pas, y a un mystère) et évidemment, nos 5 demoiselles ont des maris et/ou des amants et des amis aussi. Le bon docteur lui-même a une jeune fiancée et travaille dans un hôpital dont il est directeur où y a plein de monde. Donc, c’est magique : t’as plein de gens de plein de générations donc ça fait plein d’histoires. Je précise que cette série est commise par Marathon, les mêmes qui ont fait Sous le soleil. L’action se passe naturellement dans le sud de la France, à Nice.

 

Bon maintenant que j’ai posé la base, rigolons un peu avec les quelques épisodes que j’ai vus. J’en ai pas vus beaucoup mais y a déjà de quoi dire. Déjà, c’est une série super open car il y a plein de mélanges ethniques. Par exemple, on a Manu, la petite dernière qui a un petit kaïra du 9-2 (Neuilly quoi) qui ne fréquente que des Blacks dont un qui a une coupe afro proprement hallucinante. On a également Béné, la 2e, blonde (les deux premières sont blondes, les 3 dernières brunes), mère au foyer catho coincée qui sort direct de La vie est un long fleuve tranquille. Ben figurez vous que la Béné, elle roule une pelle à un Arabe qui n’est même pas son mari ! Bon, c’est un Arabe en chemise genre golden boy mais imaginez le truc, c’est révolutionnaire pour un programme télé !

 

Après, on a les histoire abracadabrantesques. Par exemple, Lucie qui est la troisième, il lui en arrive des choses. Déjà, j’adore l’actrice genre expression monochrome qui fait toujours les yeux ronds, la mâchoire serrée quoi qu’il lui arrive. C’est la sœur un peu dark genre médecin le jour, strip teaseuse la nuit car elle adore se foutre à poil devant des hommes et écrit ça dans son roman autofictionnel que sa sœur, Manu, lit comme ça, ça nous fait une belle confrontation. Mais Lucie, à un moment, elle se fait droguer par un homme qui la prend en photo à poil et c’est terrible car il la fait chanter et tout. On a aussi l’histoire du papa qui se fait empoisonner à petit feu. Mais là, on a le super élément : la mamie qui tire les cartes. Comme si le scénario était trop plein de suspense, pour le rendre moins anxiogène, on met mamie qui tire les cartes et va nous raconter tout ce qu’il va se passer pour pas qu’on ait trop peur « oh mon Dieu, quelqu’un va essayer d’empoisonner Pierre ! ». Du coup, Léa et Elise, les deux dernières sœurs courent vite à l’hôpital et empêchent leur père de manger le plat. Mais en fait, c’est l’infirmière en chef qui veut le tuer, celle là même qui lui emmène tous ses plats. Elle est trop in love de lui et n’a pas supporté qu’il demande une doctoresse de l’âge d’une de ses filles en mariage. Alors elle empoisonne sa volvic mais au moment où le docteur allait la boire, y a son fils illégitime qui arrive et boit le verre car il a trop soif et manque de mourir. Du coup, l’infirmière, découverte, essaie de se tuer en finissant la volvic.

 

Tiens, parlons du fils illégitime. Alors le vrai fils illégitime, c’est Lucas. En descendant à Nice pour retrouver son père, il prend en stop Tom mais ils ont un accident et comme Tom croit que Lucas est mort, il prend sa place dans la famille du docteur mais en vrai, Lucas, il est pas mort et on sent bien qu’il va sortir du coma et revenir. En plus, Tom, il est amoureux de Lucie qui est censée être sa sœur alors je vous dis pas le schmiblick. Y a aussi une histoire de mec qui aurait tué sa femme aussi mais on sait pas trop et ça, j’ai pas trop compris mais celui-là, il a un mec attaché dans sa cave, j’ai pas compris qui c’était parce que je rate pas mal d’épisodes quand même.

 

Bref, comme vous l’avez compris, j’adore ce genre de séries juste pour le plaisir de les résumer. Bon, je suis pas trop parce que je n’ai pas que ça à faire de ma vie mais là, je sens qu’on tient une vraie série culte, un peu comme Plus belle la vie. Mais celle-là, je l’ai jamais vue mais promis, un jour, je m’y mettrai et je vous raconterai.

Dimanche 2 mars 2008
Cette semaine, j’ai entamé la lecture du roman « les deux amis » de Moravia. En fait, il ne s’agit pas tout à fait d’un roman mais de notes que l’écrivain a pris pour un projet de roman qui n’a jamais vu le jour. Là, ces bouts de roman (qui ont fini par dériver pour donner naissance au sublime Le mépris) ont été réunis dans un livre avec une très bonne préface qui parle un peu des tourments de Moravia l’écrivain en temps de guerre qui réfléchit sur la société italienne dans laquelle il évolue. Et là, forcément, ça m’interpelle.

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Un écrivain se nourrit toujours de son entourage, de ce qu’il voit, observe, pense… Aujourd’hui, quand j’écris, je me nourris donc plus ou moins consciemment de la société du XXIe siècle. Je vis en France donc la guerre, je ne la vois qu’à la télé, je ne la vis pas. Je ne vais certainement pas m’en plaindre, bien entendu. Mais quand je lis les auteurs écrivant an temps de guerre ou juste après, on saisit toute l’incompréhension de l’homme face à cette violence inouïe. Par exemple, Moravia et les deux amis, il y a en fait trois manuscrits, un situant l’action pendant la guerre avec les alertes aériennes, les refuges anti aériens puis ensuite après la guerre, quand le communisme est la nouvelle voie politique. D’ailleurs, Moravia, de gauche, a toujours été assez sceptique face au communisme et n’a jamais osé publier ce roman. Dommage car la deuxième version, la plus aboutie, est un vrai bijou, une histoire des plus machiavélique.

 

Quand je regarde la littérature actuelle, je me rends compte que le sujet de la guerre fait toujours autant recette. Pas plus tard que l’an dernier, le Goncourt a été attribué à Jonathan Littell et ses Bienveillantes, le récit d’un officier allemand pendant la seconde guerre mondiale. On sent que l’auteur s’est énormément documenté pour rendre ses propos le plus réaliste possible et franchement, on ne peut qu’apprécier ce travail là. Mais force est de constater que, souvent, la haute littérature, si j’ose dire, concerne les guerres (tout comme les films mais je vais pas développer ce point dans cet article sinon, je vais faire une vraie dissert). Pourquoi mais pourquoi ? Outre le côté incompréhension de la violence, la guerre permet de montrer des héros commettre des actes dont ils ne se sentaient pas capables pour leur survie, de mettre en scène des gens ordinaires devenir des héros. Oui parce qu’à vue de nez, je dirais que, globalement, les romans sur les guerres mondiales et particulièrement la Seconde mettent en scène des résistants face à la barbarie plutôt que des collabos. Pourtant, quand je lis le Conformiste de Moravia ou Les bienveillantes de Littell, je trouve que l’autre côté est tout aussi passionnant. Posture plus dangereuse ? Certains vont dire que parler au nom des « méchants », c’est légitimer un peu leurs actions mais cette posture angélique me gonfle. Si tout le monde avait été résistant, ça se serait su. On retrouve souvent dans la littérature de guerre une espèce d’exaltation de l’héroïsme. Sans doute que la vie quotidienne, celle où il ne se passe rien de notable, n’intéresse plus guère. Pourtant, quand on lit des Zola, Flaubert ou Maupassant, qu’on aime ou pas, ça reste des sources fantastiques en histoire sociale, il y a de quoi dire.

 

Pour en revenir au sujet de départ, je pense que pour tout scribouillard qui se respecte, vivre en temps de guerre est forcément source de milliers et de milliers d’idées. Témoin de son temps, l’écrivain vit des choses extraordinaires en temps de guerre donc forcément, rien qu’en écrivant le récit de sa vie à ce moment là, il a des milliers d’interrogation, sujets de réflexion ou autre. Pourtant, il me semble que notre époque n’est pas non lus dénuée d’intérêt même si on ne vit pas sous la menace d’attaques aériennes ou autres. Pourquoi les écrivains d’aujourd’hui (mais pas qu’eux, le cinéma aussi et parfois la musique) vont toujours puiser dans notre background historique pour réaliser leurs histoires ? Bien sûr qu’en temps de guerre, le quotidien est transfiguré. Mais quand je lis L’élégance du hérisson ou les yeux jaunes du crocodile, je me dis que notre vie d’aujourd’hui, y compris dans sa routine, est sujet de roman, pour peu qu’on sache la reporter avec talent.

 
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