C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Là, de prime abord, ce titre est effrayant, inquiétant et surréaliste mais oui, je te confirme, il y a un lien entre les lofteurs et autres « stars » et les bloggeurs, du moins ceux qui s'affirment influents. Je ne vais pas me défouler sur cette notion aujourd'hui, ce n'est pas trop le sujet, quoi que...
Alors, quel est donc le point commun entre ces deux entités. Bon, déjà, il y a le fait qu'on ne connaît jamais vraiment leur vrai nom. Par exemple, il y a Loana du loft et Nina des vingtenaires, des gens qu'on appelle par leur pseudo mais dont personne ne connaît le vrai nom, finalement. Mais en fait, ce n'est pas tant ça le point commun que je voulais évoquer parce que ça ne ferait pas un article à part entière mais plutôt le phénomène de « je suis célèbre... dans ma tête ». J'ai eu l'occasion de croiser un lofteur dans une soirée, j'en avais parlé à l'époque, celui qui fornique dans une piscine et le mec se sentait plus péter. Se rend-il qu'il est juste un gros naze dont plus personne ne se souvient ou presque ? Que si on ne m'avait pas dit « hé, c'est machin », je me serais dit au mieux « tiens mais ce mec me dit quelque chose, j'ai dû le croiser quelque part » mais pas plus.
Et bien le bloggeur « influent », c'est pareil. Au départ, le blog était un petit espace de parole avec une personne qui écrit pour raconter sa vie, se créer une vitrine professionnelle, etc. Aujourd'hui, pour pas mal, le but est de choper des cadeaux à la louche, être invité aux soirées ultra VIP, jouer à mort le racolage et le « buzz » pour attirer le visiteur, tout ça, tout ça. Le bloggeur, comme le lofteur, se pense important et célèbre et que même qu'il a le pouvoir de dégommer une marque, un film ou une personne. Par exemple, si moi, je te dis qu'un film est nul, forcément, tu vas me croire et ne pas y aller. Mais si je te dis qu'un film est bien, tu vas y aller. C'est pour ça que je trouve normal que les marques me brossent dans le sens du poil et que si elles font un faux pas, je vais les assassiner car j'ai le pouvoir.
Ce que j'aime surtout, c'est la sensation d'être célèbre. Les blogs les plus lus font en moyenne 10 000 visiteurs uniques donc un certain pourcentage vient de google. En gros, il arrive régulièrement que des gens lisent votre blog sans savoir qui vous êtes et sans forcément lire ce que vous avez dit en dehors de l'article qui les intéressait. Alors c'est sûr que si je dis que l'appareil photo XY est tout pourri et que je suis bien placée sur google, le consommateur qui hésite à l'acheter tombera sur mon avis en premier ou pas loin. Mais s'il se contente de mon avis sans en consulter d'autres, il n'est pas bien malin.
Mais le must, quand même, ce sont les guerres entre bloggeurs. C'est un peu à qui tapera le plus fort, à qui va virtuellement assassiner qui... Alors nous sommes supposés lire tout le monde sinon tu ne comprends pas les piques limite private jokes qui font rire tous les commentateurs sauf toi car tu ne comprends pas qui est visé par « j'aime toutes les tortues sauf celles qui sont attirées par le turquoise alors que ça leur va pas du tout ». C'est comme les guéguerres des lofteurs et assimilés qui essayaient de se discréditer les uns les autres pour gagner sauf que le bloggeur, il ne gagne rien. Au mieux, il fait baisser les stars de sa cible mais en général, c'est l'effet inverse que cela produit. En gros, le bloggeur met en scène ses disputes en espérant que ça va fasciner tout le monde car tu comprends, il est une célébrité, on aime quand ça saigne.
Mais surtout le bloggeur est un peu un ringard comme les lofteurs. Parce qu'il veut tellement exister qu'il y a de quoi se moquer de lui, de ses crises existentielles parce qu'il n'a pas été invité à telle ou telle soirée ou parce que telle marque l'a snobée, sa volonté de soigner la forme plus que le fond, parler du dernier album de Madonna juste parce que ça va ramener du clic alors qu'il déteste Madonna. Les outils marketings, les tuyaux, on finit toujours par les connaître, c'est pas si compliqué. Mais vendre son âme pour une notoriété fantasmée, ce n'est pas forcément mieux que de se faire filmer toute la journée pour une émission de téléréalité. Surtout que sorti du milieu des bloggeurs, nous ne sommes plus personne. D'ailleurs, si tu n'évolue pas dans le milieu pub-market-comm voire journalisme parisien, c'est à peu près certain que quand tu commences ta phrase par « j'ai déjeuné avec tel bloggeur la semaine dernière et tout », on ne sache pas du tout de qui tu parles.
PS : Un autre article sur le sujet que j'ai bien aimé
Parfois dans la vie, on est un peu triste et on se dit qu'on est stupide d'être triste pour « si peu ». Mais le si peu, c'est une chose très relative. Hier soir, j'étais sur MSN (en hors ligne, je précise pour ceux qui m'auraient pas vue connectée) quand ma Vicky vient me parler. Et là « ce soir, j'ai besoin de ton soutien affectif : je tue Vicky ».
Curieusement, ça m'a un peu minée. Je respecte sa décision et ne ferait pas de chantage affectif pour qu'elle reprenne son blog, ce serait ridicule. Mais ce soir, j'ai le sentiment de fin d'époque. Oh, personnellement, la Vicky, je continuerai à la voir, on a déjà deux week-end en amoureuses de prévu, des soirées... Donc techniquement, la fille derrière la blogueuse ne me manquera pas puisqu'on continuera à se voir. Mais quand même, Vicky, c'était un peu ma chouchoute de la blogosphère, ma chérichounette à moi. Quelque part, c'est normal que je vive bien mon célibat, j'ai tout l'amour et l'affection dont j'ai besoin. Quand ça va, on se voit, quand ça va pas aussi, elle m'a même vue pleurer (ce qui est assez rare vu qu'en général, je pleure en cachette... Quoi que bon, là, j'ai pas pleuré depuis un bail mais je vais pas aller me forcer non plus). Elle est arrivée dans ma vie pile au bon moment, quand j'étais au fond de trou sous la vase. Depuis, je suis devenue quelqu'un de bien à mes yeux (enfin, mieux qu'avant) et je me dis qu'elle est pas étrangère à tout ça.
Bon, fin de l'éloge de la personne, elle n'est pas morte en vrai, c'est juste son blog. Mais tu vois, la blogosphère, c'est pas rose. Souvent, ça sent mauvais et ça ressemble à un mauvais épisode des feux de l'amour. Machin s'est engueulé avec truc qui déteste bidule. Et vas-y que ça trolle, ça règle ses comptes à mots couverts ou pas...Alors du coup, je me sens bien dans notre coin, avec les copains vingtenaires et les blogs amis (lesquels ? Mate les liens). Je suis un peu sortie des histoires de blogs compliquées et c'est pas plus mal.
Mais quelque part, je la comprends, Vicky. Y a des jours où ça saoule d'être Nina, aussi. D'un autre côté, ce blog reste mon bébé et pour le moment, j'ai aucune raison d'arrêter. Je m'expose plus vraiment, je raconte parfois des conneries sur ma vie sur mon autre blog mais à coup d'un article par semaine (alors que j'en ai plein en préparation en train de moisir mais, incroyable, travailler prend du temps). Mais je me sers plus du blog pour me psychanalyser parce qu'en fait, tout va plutôt bien dans ma vie. J'ai parfois la sensation que le personnage de Nina se dissout un peu et du coup, ça m'a redonné un nouvel élan. Sans parler des séries, ça m'amuse, ça, surtout celle de l'homme. Faut que je prépare des trucs pour l'été, d'ailleurs, genre une saga comme celle de Marine mais là, de suite, j'ai pas l'inspiration.
Mais revenons en à Vicky, quelle égocentrique cette Nina ! Ca me chafouine bêtement que la demoiselle quitte notre blogobulle, sans doute une espèce de nostalgie. D'un autre côté, de façon totalement égoïste, je me dis que Vicky, je la partagerai plus avec ses centaines de lecteurs. Juste avec Babysitter et la girlie team mais là, ça va, je veux bien prêter.
Bye bye ma chérichounette. On se retrouve dans la real life très vite ! Tu veux manger quoi dimanche au fait ? En attendant, je garde ton araignée,
qu'elle se sente pas abandonnée !
Oyé oyé, lecteurs et lectrices, je vous annonce en ce vendredi une grande révolution : l’arrivée de nouveaux rédacteurs. Jusque là, tu vas me dire que tu vois pas la révolution, que c’est pas la première fois que de nouveaux rédacteurs arrivent mais là, si, y a du changement et je vais t’expliquer.
D’abord, nous allons passer à 11. Mais surtout les deux nouveaux arrivants, des garçons, ont tous les deux 20 ans. Des vingtenaires tous frais. L’un gay, l’autre hétéro mais ça n’a pas tellement d’importance. Le premier, que tu découvriras lundi, je le connais depuis une paille, genre un an et demi, je crois, nous avions dégusté ensemble un cannelé au Louvres en rigolant. Il m’avait dit « quand j’aurai 20 ans, je rejoindrai les vingtenaires ! ». Et il n’a pas oublié ses paroles. Sur le coup, je t’avoue que j’ai un peu hésité car j’avais un peu peur de l’écart entre lui et les autres rédacteurs. Mais dans la foulée, j’ai reçu la candidature d’un autre jeune homme dont je connais les écrits. Deux vingtenaires de 20 ans, là, je suis.
Quel est l’intérêt ? Mais de parler de tout une période que je n’ai jamais traité parce que quand j’avais 20 ans, j’avais pas de blog. J’avais un site internet pourri où je ne racontais pas ma vie. Et finalement, quand tu vois la gueule du site en question (non, tu la verras pas, en fait), ça fait super peur genre y avait des gifs animés partout et autres gadgets genre « moi, je maîtrises trop, tu vois, je fais un site dynamique ! ». Mais y avait quand même pas de dauphins, faudrait voir à pas déconner non plus. Donc bref, pour un blog qui s’appelle les vingtenaires, il manquait quand même une moitié de décennie, une moitié qui n’est pas anodine. La première partie du vingtenariat, ce sont les études, l’insouciance, des questionnements particuliers… A une époque, j’envisageais de faire un peu un « ce qu’il s’est passé avant » mais sincèrement, je me souviens pas de tout, j’ai des anecdotes, bien sûr, mais quel intérêt de vous raconter en différé la fois où j’étais à la fac et alors…
Alors voilà la relève. Ils vont nous raconter leur quotidien de jeune de 20 ans en 2008. Alors évidemment, vous allez me dire que c’est bien trop téstostéroneux, tout ça (non, ça existe pas comme mot) et qu’en plus, 11, c’est bizarre comme chiffre. C’est vrai que du coup, je me demande si je devrais pas recruter une jeunette de 20 ans (ou un peu plus) pour rééquilivrer le tout, peut-être refaire une vingtenaire academy. Je verrai. Je vais déjà bichonner un peu nos petits jeunes ceux qui seront toujours vingtenaires en 2010. Ca ferait presque une chanson. Finalement, je ne pensais pas rajeunir la rédaction il y a quelques mois. Finalement, aujourd’hui, ça paraît une évidence. Mais pas de panique, les lol et autres joyeusetés du genre sont bannis, on recrute de qualité quand même. Sexe, fête et exams, ok, mais on n’est pas sur un skyblog !
Moi en tout cas, j’ai hâte, ça va me rappeler des souvenirs et je pourrais faire des commentaires genre « ah ouais, je me souviens, une fois, quand j’étais à la fac… ». Une petite cure de jouvence quoi.
Je vais te faire une révélation : le travail, ça occupe. Quand j’étais au chômage, je pouvais répondre aux comms, quasi en temps réel mais là, ce n’est plus le cas. En journée, je me connecte pas à l’administration et le soir, je suis un peu claquée et j’ai très envie de glander voire faire une sieste post job. Et puis passer la journée sur des forums et des blogs, ça donne pas super envie d’y passer en plus la soirée. Surtout que j’ai des tas de choses à faire à mon boulot, surtout en ce moment où nous avons énormément d’outils à mettre en place pour offrir une communauté tip top à nos internautes. Hé oui, je te l’avoue, lecteur, je bichonne d’autres internautes que toi.
Pourtant, je ne suis pas en désamour. Je passe plusieurs fois dans la journée te lire, je te parle même des fois un peu mais c’est vrai qu’on est loin du temps où je te parlais toute la journée. Je sais que tu me comprends et que tu ne m’en veux pas, je n’attends pas que tu me dises « mais euh Nina, c’est normal » ou qu’à l’inverse, tu me fasses une scène parce que je te répondrais que mon boulot passe quand même avant mon blog, même si j’y suis attachée affectivement. Ben ouais, Nina, c’est vraiment mon moi parisien, ça fait quasiment trois ans, maintenant. 3 ans mon Dieu, ça me paraît si court et en même temps, c’est une éternité. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que « ah, si on m’avais dit, je l’aurais pas cru », tout ça. Elle est un peu loin la fillette de 25 ans qui débarque dans la très grand’ ville et qui découvre son pouvoir de séduction. Tu sais des fois, quand je relis mes premiers articles, je me demande comment j’ai pu écrire des trucs pareils. Je me demande si j’ai pas été un peu trop trash, quelquefois, sans doute. Ca te faisait plus réagir, forcément. Mais tu vois, je parle moins de sexe (surtout du mien) et t’es quand même plus nombreux, t’es juste plus silencieux. Tu sais, avant, dès qu’un article n’atteignait que la vingtaine de comms, je paniquais. Maintenant, c’est un peu normal. Forcément, on se demande (oui, on, je suis pas la seule à écrire ici) pourquoi, si ce qu’on dit, c’est de la merde, qu’on est passé à côté. Là, je peux pas vraiment répondre, je constate juste que le nombre de lecteurs est constant et que la majorité n’est pas un lectorat google alors même si on dit des conneries, tu continues à nous suivre.
Donc je disais que ces derniers temps, je t’ai un peu négligé. Mais c’est vrai que tenir un blog quand tout va bien, curieusement, c’est moins facile. Déjà, y a plein de trucs de mon boulot que je peux pas te raconter ici parce que ça se raconte pas et c’est tout. C’est vrai qu’en ce moment, ma vie est toute calme, je suis sereine et de bonne humeur donc pas trop de sujets qui m’énervent, de questionnements existentiels… Alors c’est vrai que forcément, ça fait pas mal d’articles en moins, même si j’ai plein d’articles entamés à finir sur plein de trucs. Et puis, il faut que je refasse le design mais depuis la version 2 d’over blog, j’ai peur de mettre les mains dans le cambouis et de tout casser.
Pour en revenir à nos rapports (lalalala), des fois, on ne se comprend pas. Je suis une fille de caractère, je ne suis pas forcément une gentille fille qui acquiesce à tout de peur de me fâcher avec les gens. Ca peut peut-être surprendre, je suis parfois brute de décoffrage mais je suis comme ça dans la vraie vie, je me prive pas pour partager mon avis, c’est même un peu beaucoup pour ça que j’ai un blog. Certains d’entre toi ne m’épargnent pas non plus. C’est le jeu du net, des fois, je me demande si les gens se rendent compte qu’il y a des vrais gens derrière les mots, je sais pas. Mais bon c’est vrai qu’en ce moment, je suis bien dans mes pompes alors je fais le tri, je me prends pas la tête. Tu sais, je crois que depuis la création de ce blog, c’est ma plus longue période de sérénité. J’ai un boulot qui me plaît, des perspectives, des envies, des projets. Là, le prochain gros dossier, c’est mon déménagement, va falloir que je me jette à l’eau, je t’en parlerai d’ailleurs parce que c’est un peu mon facteur d’angoisse du moment.
Bref, à partir de maintenant, je vais te bichonner un peu plus, répondre aux comms plus régulièrement parce que j’ai cru ne jamais rattraper ton retard. Ne me dis pas que je te dois rien, tout ça. Ce n’est qu’une question de politesse : tu prends du temps pour me parler, il est normal que je te réponde.
Deux ans et demi que je blogue, j’en ai vu et lu des choses. Maintenant, c’est même mon métier les blogs, c’est dingue. Mais je ne vais pas faire un bilan bloguesque, ça, je le ferai quand ce sera l’annif du blog. Non, je veux parler du comportement étrange de certains blogueurs. A savoir vivre sa vie pour son blog.
Il y a quelques temps, je discutais sur MSN avec une grande consommatrice de blogs et on en vient à parler d’un blogueur que j’analyse en 2 mn de la façon suivante : « ce qui est triste, c’est que maintenant, il fait ça juste pour remplir son blog. ». Peu importe de qui je parlais, ça pourrait être pas mal de gens. Je ne compte pas régler mes comptes (surtout que c’est un bloggeur qui n’est ou ne fut pas proche de moi) mais de présenter une dérive que j’ai observée avec d’autres personnes. Un blog, c’est quoi ? En gros un espace perso où on peut partager ses passions ou raconter sa vie, entre autres. Moi, je parle des blogs de type journaux intimes comme le mien. Donc le but premier du blog, c’est de créer un journal extime (© Kamui dans un vieux commentaire, je sais plus du tout où, sorry !) où on partage tout ce que l’on veut partager. Sa vie amoureuse, sexuelle, pro, ses pensées, ses joies et ses peines, ses délires et tout ça. Aujourd’hui, je m’en sers surtout pour partager mes visions de la société, étaler mes opinions. Ma sexualité est devenue un sujet annexe, souvent évoquée sous forme de blague (héééééé, ma maman me croit lesbienne !). Mais de mes derniers amants/mecs, vous n’avez rien su ou si peu. Sans doute car aujourd’hui, j’assume suffisamment sa sexualité pour ne pas avoir besoin de la raconter, que je suis sûre de ma séduction et que je n’ai plus besoin d’étaler mon tableau de chasse. Bref, bref.
Quand je lis les blogs de certains, je note certaines « déviances ». Des gens qui nous semblaient sincères au départ mais qui tombent dans un espèce de cercle vicieux : vite, il doit m’arriver des trucs pour alimenter mon blog. Et faire les courses à la supérette et avoir la caissière qui dit bonjour/merci/au revoir, ça compte pas. Il faut qu’il m’arrive des trucs de ouf genre j’ai baisé avec George Clooney, j’ai fait un coma éthylique, j’ai pris une nouvelle drogue top démente qui vient tout juste de sortir et qui fait faire des bulles (ah, merde, en fait, c’était un bout de savon, je me sens flouée, là), j’ai été embauchée rédac chef au Monde, j’ai gagné au loto… Bon, ok, je grossis considérablement le trait, là, mais vous saisissez la substance. En gros, le rapport s’inverse. Avant, on faisait des choses et on les racontait sur son blog. Maintenant, on fait des choses pour les raconter sur son blog. On n’est plus soi mais on est « machin le blogueur », une identité qui prend le pas sur la nôtre.
Des fois, je me demande si je ne suis pas dans ce schéma aussi mais vu ce que ma vie est excitante en ce moment, je crois pas. Non parce que je voudrais vous mettre du croustillant, je serais retournée sur meetic, pour commencer. Puis je fréquenterais des milieux interlopes pour vous raconter tout ça, aussi. Là, j’avoue que ma vie a été plus subversive que ça : je me lève, je bosse, je rentre, je papote un peu, je me couche. No sex. De toute façon, en ce moment, j’ai pas envie de séduire. Là, le côté trépidant, inédit, qui fait rêver, j’ai pas. Et je vais franchement pas provoquer pour avoir trois lecteurs de plus, j’ai pas le temps et puis j’ai pas envie de jouer un rôle, ici comme ailleurs. Je m’étais perdue de vue y a quelques temps (sans rapport avec le blog, ça avait commencé avant), je me suis retrouvée enfin, c’est pas pour recommencer.
Mais surtout, ce genre de comportement m’interpelle. Pourquoi ? Il y a des gens dont c’est le métier de se créer un personnage, je pense à des blogs BD ou d’acteurs et d’actrices. Là, je comprends, c’est normal. Mais les autres ? Les comme moi qui ont une vie normale, un métier qui n’appelle pas à se créer un univers, à se vendre, pourquoi se laisser embarquer dans ce jeu ? Bien sûr que le nombre de lecteurs qui croît, c’est exaltant. Bien sûr que ça fait plaisir de voir que nos tribulations suscitent la curiosité ou l’envie ou la réprobation. Ca peut permettre à des gens de se poser des questions. Mais à nous, ça nous apporte quoi ? Je n’ai pas envie d’être Nina à part entière, je suis plus que ça et je refuse de livrer ce plus en pâture pour attirer plus de lecteurs. Je pourrais vous parler de mes pratiques solitaires, tout vous détailler. Je pourrais coucher avec tous les mecs qui m’allument pour faire monter mes stats. Mais pourquoi ? Pour prouver que j’existe ? Mais j’existais avant ce blog et j’existerais après lui, seul mon pseudo disparaîtra dans les limbes virtuelles. Des fois, je me demande si ces personnes s’arrêtent sur leur vie, si elles réfléchissent à ça et ce qu’elles en pensent. Je parle de vraies introspections, pas d’un article sur un blog pour récolter des « mais non, t’es génial(e), change pas ». Parce que même si je t’aime beaucoup lecteur, tu ne me connais pas comme moi je me connais, normal. Tu ne sais que ce que je te dis, tu n’es pas dans ma tête. Sinon, ce serait invivable, tous ces gens qui squattent ma boîte crânienne. Bien sûr que j’ai eu ce travers à une époque, je mentirais en prétendant le contraire mais aujourd’hui, quand je vois les guéguerres entre blogs pour avoir trois lecteurs de plus et tout ça, je préfère me retirer de tout ça. Ma vie n’est pas trash, ça ronronne comme une Kenya. Et alors ? C’est ma vie, je l’assume pleinement.
En guise de conclusion, une « révélation ». Et même deux. Arrêtons de prendre les lecteurs pour des cons, ils voient souvent quand on joue un rôle, quand on perd notre sincérité. Et ça les fait fuir. Perso, j’adore les blogs simples où je me reconnais, je me marre plus en lisant les tribulation d’une Lalie ou d’une Vicky que de gens qui grossissent tellement le trait que ça finit par me gonfler. Et enfin, grande phrase à méditer : y a aussi une vie en dehors des blogs.
PS : Cet article n'est dirigé contre personne, si vous vous sentez visé(e), je n'y peux rien donc pas la peine de se défouler en comm, heiiiiiiiin





