C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

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Quand on est en recherche d'emploi, le problème, c'est qu'on a quand même pas mal de temps libre pour cogiter et plus le temps passe, plus le sujet de l'emploi prend une place prépondérante dans les pensées. Mais au lieu de se demander comment faire pour trouver un boulot, on passe à « mais que me manque-t-il, bon sang ? ». Et là, on se dit qu'un nouveau diplôme, ça règlerait peut-être tous les soucis.
Octobre 2005, me voici titulaire d'un master professionnel de journalisme, un bac+5, quoi. Dans ma vision naïve et optimiste du monde, je crois sincèrement que ça va m'ouvrir des portes. Résultat : pas du tout. D'abord parce que des bac+5, y en a des wagons entiers, y compris dans le journalisme. Ensuite, ayant fait mes études sur Toulouse, j'ai un gros problème de réseau. Alors un jour de déprime, je me suis dit : « pourquoi ne pas reprendre mes études ? ». L'idée : faire un diplôme reconnu de journalisme ce qui m'apporterait prestige ou à peu près et surtout réseau. Je fouille un peu sur le net et je trouve un diplôme pas mal : un master professionnel de journalisme à l'IPJ, reconnu donc par la profession et qui se fait sur Paris, youpi. Alors sur le papier, l'idée est bonne mais dans les faits, les preuves que c'est une fausse bonne idée s'accumulent :
- la rentrée est en octobre donc en attendant, je peux trouver un boulot. J'espère trouver un boulot. Me dire que je vais rester encore 6 mois désoeuvrée me donne envie d'aller me recoucher.
- j'ai déjà un master professionnel de journalisme et forcément, ça va plus plomber mon dossier de candidature « mais mademoiselle, pourquoi vous voulez présenter ce diplôme alors que vous en avez un équivalent ? ». Même si je sors mon argumentaire réseau et tout ça, je me doute qu'entre une candidate qui a déjà son bac +5 et un qui ne l'a pas encore, je suis forcément éliminée.
- je peux « omettre » d'indiquer mon bac+5 mais il faut justifier les trous dans le CV. Il y a bien mon stage de rugby mais vu que le stage suivant était une vaste blague, ça fait quand même des trous à combler. Sans compter l'année suivante de recherche d'emploi. C'est mal parti.
Donc déjà, je pars avec un mauvais dossier. Mais surtout, je n'ai pas la bonne démarche. Arrive un moment où le diplôme n'est plus si utile mais il vaut mieux mettre l'accent sur l'expérience. Oui, évidemment, ça aide pour le réseau mais il existe d'autres façons de le peaufiner. D'autant qu'un diplôme supplémentaire, c'est un peu reculer pour mieux sauter : 9 mois de cours donc 3 de stages. Ca repose au niveau de la recherche d'emploi mais une fois qu'on est lancé, est-il intelligent de s'arrêter tout ce temps ? Je n'en suis pas certaine. Rien ne dit qu'à la fin de cette année scolaire là, j'ai du travail mais à un moment, il faut arrêter de marcher sur le côté. Surtout que faire deux fois la même chose ne me paraît pas vraiment l'idée la plus pertinente du monde.
Arrive un moment où il faut se jeter dans le bain. Alors reprendre ses études, finalement, ce n'est pas une bonne idée.

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Lors de mes recherches d'emploi, on m'a proposé des stages. Souci majeur dans mon cas : je n'étais plus étudiante donc pas de convention. Du coup, j'ai envisagé de me réinscrire à la fac juste pour faire des stages. Mais est-ce bien utile ?
Octobre 2005, me voici officiellement diplômée d'un master professionnel de journalisme. Soyons honnête, ce diplôme ne vaut pas grand-chose mais deux expériences peuvent être mises en valeur : la création d'un journal de la promo (conception, écriture, réalisation, mise en page...) mais surtout mon stage. Pendant deux mois et demi, me voici rédactrice stagiaire spécialisée dans le rugby. J'avais enchaîné sur un autre stage mais tellement vide et inutile que je l'ai même pas mis sur mon CV. Ce stage n'était bien sûr pas le premier. En tant qu'étudiante, j'apprécie l'intérêt des stages : on est certes mal payés (voire pas payé du tout) mais au moins, on fait le métier comme n'importe quel employé, on grossit le pressbook, on apprend. Je ne le dirai jamais assez, on apprend 100 fois plus de choses en stage que dans un amphi comme par exemple : suis-je faite pour le métier que je vise ? L'histoire de Tatiana est très éclairante sur la question.
Mais une fois diplômée, dois-je encore postuler pour des stages ? Enfin, postuler également pour des stages, cela va sans dire. Au début de ma recherche d'emploi, j'avais une position très claire : je suis une grande fille à la recherche de son premier emploi, les stages, c'est fini. Sauf que le temps passe et on se rend compte qu'on ne décroche pas de job. Et là, le stage devient soudain un peu plus tentant : ok, ça paie pas le loyer mais ça comble les trous sur le CV, ça fait une expérience en plus et éventuellement le réseau qu'il nous faut. Evidemment, on hésite car ça représente quand même une régression par rapport à ce que l'on vise et surtout une crainte : pendant notre stage, on va chercher moins activement (voire plus du tout) vu qu'on est occupé. Est-ce une bonne idée de se retirer temporairement du marché du travail ?
Par ailleurs, les stages sont vite un cercle infernal. J'en avais déjà parlé à l'époque où j'avais rencontré Emilie Maume dont le livre Profession stagiaire m'avait limite donné envie de vomir. Des gens de 30 ans, surdiplômés, sont toujours en stage car ils ne trouvent pas d'emploi. Quand je lis dans ce même livre un mec du Nouvel Obs dire « les stagiaires, j'ai honte de ce qu'on les paie alors qu'ils arrivent avant nous et finissent toujours à pas d'heure ». Quand je lis aussi que les grandes entreprises tournent à 25% de stagiaires toute l'année, main d'œuvre pas chère... C'est dans ces moments là que j'avais envie de tout laisser tomber.
Et pourtant, le stage m'a semblé parfois une solution provisoire intéressante. Expérience, réseau mais surtout vie active. J'ai déjà expliqué le planning du chômeur alors à l'idée d'avoir des horaires, de quoi faire pendant mes journées... Ben ouais, arrive un moment où on accepte de rentrer dans le cercle vicieux. Ce qui fait que pendant une poignée de mois, on ne passe plus pour le branleur de service qui est suspect à force de ne pas trouver, la larve en jogging. Même si dire « je suis stagiaire », ça fait pas toujours rêver, on a enfin de quoi raconter en soirées, des anecdotes de bureau qui ne datent pas d'il y a un an. Alors certains diront que, forcément, l'Etat va pas se pencher sur cet épineux problème des stages, qu'un stage, ce n'est pas un vrai boulot. C'est vrai. Mais franchement, quand tu as le choix entre passer tes journées chez toi à prospecter en ramassant un RMI et exercer ton métier pour une somme à peu près équivalente, tu finis par ne plus hésiter. C'est certes reculer pour mieux sauter puisqu'il faudra bien chercher à nouveau mais on ne sait jamais : lors du stage, il est possible de rencontrer les bonnes personnes. Et ça fait toujours une ligne de plus au CV, un argument de plus pour séduire ton futur employeur.

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Il y a 15 jours, je vous parlais de ce regain de motivation qui nous bouge les fesses en période de chômage, les idées pullulent. Mais toutes les idées sont-elles saines ? A l'époque où je cherchais du taf, Gildas de Modo m'avait conseillé de regarder Le Couperet, le film de Costa-Gavras avec un José Garcia époustouflant. Le chômeur est-il condamné à la psychopathie ?
L'histoire : un chômeur hypra spécialisé en chimie du papier décide de passer une fausse annonce pour éliminer les chômeurs qui ont le même profil que lui et terminer par assassiner le mec dont il convoite la place. Je vous dis pas s'il va jusqu'au bout du truc, il suffit de voir le film pour le savoir. J'ai vu ce film un peu avant le jour où je me suis retrouvée en phase finale d'entretiens avec juste une fille en face de moi. Et forcément, j'y ai pensé. Si elle n'avait pas été là, moi, j'aurais eu mon taf, ce n'est pas juste...
En délirant sur la question, je me suis amusée à imaginer dans la peau du personnage du film et dans ma filière, le travail est tel que j'aurais pas pu tuer tout le monde, il y a trop de candidats potentiels. Pas du tout déprimant comme pensée, ça, tiens, on est à peu près des milliers à avoir le même profil. Finalement, finir 2e, c'est un tout petit peu flatteur quand même. Mais la flatterie, on s'en fout, j'ai pas eu le boulot alors sur le coup, je l'ai détestée et je me dis qu'elle aurait pas existé, c'est moi qui aurais eu le job. Et c'est pas la première fois qu'il y avait juste une personne entre le poste pour lequel je postulais et moi.
Je connaissais son visage, à la fille. Malheureusement, j'ai eu l'entretien après elle. Sinon, j'aurais pu l'attendre à la sortie, la suivre discrètement et la pousser sous la première voiture venue. Puis je n'aurais qu'à attendre qu'on m'appelle pour me dire que j'ai le poste. Evidemment, au moment où je la pousse sous la voiture, je ne sais pas encore qui de nous deux a officiellement le poste, je vais peut-être commettre un homicide pour rien. Mais tant pis, j'en ai marre de mon chômage, faut ce qu'il faut. C'est la jungle, pas de règles.
Bien évidemment, même si j'avais passé l'entretien en premier, j'aurais été incapable de faire ça, vous vous en doutez. Seulement, en regardant le film, on se demande à quel moment on sera suffisamment désespéré pour commencer à envisager des méthodes peu orthodoxes. Bien sûr, Le Couperet est un film qui exagère forcément un peu le trait mais en le voyant, je ressentais la même angoisse que le personnage, ces entretiens qui se suivent et se ressemblent, se rendre compte qu'on n'est pas unique, loin de là. Je sais qu'à un moment, j'avais fait la stratégique erreur de traîner sur le forum du site categorynet qui m'a donné furieusement envie de me jeter par la fenêtre. Bon évidemment, habitant au rez-de-chaussée, je risquais pas grand-chose. Mais quand je voyais des gens avoir fait les écoles reconnues expliquer que ça faisait 10 ans qu'ils couraient avec les piges pour tenter d'avoir de quoi vivre, ça me foutait vraiment l'estomac à l'envers. Moi, avec mon master de province qui vient juste d'être créé, je suis une sous-merde. Et encore, c'est généreux. La liste des gens ayant plus d'expérience et de diplômes prestigieux ne cesse de s'allonger, j'ai l'impression de voir le tsunami se former au loin et me foncer dessus. Comment se sortir du lot face à tous ces surdiplômés, surexpérimentés ? Ca veut dire que je dois attendre comme eux 10 ans de galère pour avoir enfin la chance de, peut-être, décrocher un emploi qui ressemble à quelque chose ?
Comment voulez-vous qu'on vire pas psychopathe quand on découvre ça ?
Une place vient de se libérer au sein de votre rédaction ? Vous cherchez une nouvelle pigiste pleine de bonnes idées qui peut faire renaître une de vos rubriques ?
Je vous propose mes services.
- Jeune mais expérimentée
Du haut de mes 26 ans, j'ai accumulé pas mal d'expérience. Etudiante, je traquais déjà la possibilité d'apprendre. Mais pour ne pas être en reste, j'ai passé un master 2 de journalisme à l'IEP de Toulouse.
Sur mon CV, vous constaterez des expériences aussi diverses que variées, du sportif au féminin, en passant par le géopolitique. Parce que ces domaines me plaisent, mes magazines féminins se mêlent à mes magazines d'actu.
J'ai, jusqu'à présent, refusé de me cantonner à un domaine, de peur de me fermer des portes. Je pense en effet que tout(e) bon(ne) journaliste doit être capable d'écrire sur n'importe quel sujet sans que le lecteur soit lésé. Car si je suis aujourd'hui journaliste, c'est essentiellement par curiosité et désir d'apprendre, encore et toujours. Chaque article est l'occasion pour moi d'apprendre quelque chose et de partager mon nouveau savoir aux lecteurs.
A 26 ans, j'ai quitté depuis un an les bancs de l'université et j'ai toutes les qualités de la jeunesse. J'ai des idées, de l'enthousiasme et je peux faire des nuits de 5h sans que ça se voit le lendemain. Motivée, je ne travaille pas en gardant un œil sur la montre : je ne pars que lorsque le travail est terminé.
- Une blogueuse reconnue
Je tiens plusieurs blogs qui ont un certain succès, le plus connu étant les vingtenaires (www.vingtenaires.com) lu en moyenne par 1500 visiteurs uniques par jour, soit l'équivalent d'un Olympia. Sociologue improvisée, j'analyse ma vie et celle des autres, j'observe mon entourage, les gens dans la rue et j'écris. Bien intégrée dans la blogosphère, je maîtrise parfaitement cet univers, vrai phénomène médiatique. Outre les articles et émissions qui y sont consacrés, les blogueurs sont aujourd'hui des références pour les journalistes. J'ai ainsi été interrogée plusieurs fois par des journaux comme Zurban ou Technik'art.
Ce blog illustre :
- ma capacité à avoir plein d'idées car un article par jour, ça n'est pas toujours évident
- ma capacité à gérer les autres rédacteurs, à édifier un calendrier des publications
- susciter l'intérêt de plus d'un millier de lecteurs qui viennent tous les jours à l'heure du café pour connaître ma vision de la vie.
Ecrits en une demi heure environ sans aucune documentation, ces articles pourraient être développés et faire de vrais dossiers pour vos journaux. Mais pour ne pas m'enfermer dans ce style, je viens de créer un nouveau blog qui me permet d'écrire sur tous les sujets qui me tiennent à cœur. Plutôt que d'attendre qu'on me laisse de l'espace dans un journal pour écrire, je me crée mon propre espace de communication.
- Une démarche originale
Vous lisez mon plaidoyer pour ma personne et vous devez vous dire que ma démarche est inventive, peut-être risquée. Mais je sais que je dois être la trentième personne de la journée à vous envoyer une candidature spontanée et je vous épargnerai une lettre de motivation stéréotypée. J'ai donc choisi une démarche plus amusante afin d'attirer votre attention sur ma candidature, qui n'en demeure pas moins sérieuse. Je suis idéalement à la recherche d'un poste fixe (CDD ou CDI) mais aussi de piges. Comme vous avez pu le constater en allant voir mes blogs, je ne manque pas d'idées.
Je joins à ce communiqué mon CV avec mes coordonnées, je me tiens à votre disposition pour tout entretien.
Je vous remercie de l'intérêt que vous porterez à ma candidature. Dans l'attente d'une réponse de votre part,
Cordialement
Nina Bartoldi





