C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Comme je suis une fille qui n'est pas du tout à la page, j'ai découvert très récemment la série How I met your mother que tout le monde adore. Bon, ok, j'avoue, moi aussi, j'adore, j'ai légèrement honte. Oui, faudra un jour que je comprenne pourquoi je déteste à ce point tout ce qui est médiatique et pourquoi aimer un truc populaire me donne la sensation d'être un mouton. Bref, dans un épisode de la saison 4, les deux personnages féminins se rendent dans un bar pour fêter l'anniversaire d'une autre fille, une woo girl.




Qu'est-ce que la woo girl ? C'est la nana qui, en soirée, se sent obligée de montrer qu'elle existe, qui crie « woooo » en levant les bras dès qu'un truc se passe. En très gros. Et vers la fin de l'épisode, une de nos héroïnes explique à son amie mariée qui n'est pas woo du tout ce qui se cache derrière le woo : le mal être.


Alors, j'ai réfléchi. Dès le début de l'épisode, je me dis qu'il n'y a rien de plus pathétique qu'une woo girl et je dis ça essentiellement parce que j'en fus une. Et j'en fus une quand ? Précisément au moment où ça n'allait pas dans ma vie, quand j'étais au chômage, loseuse, déprimée et globalement alcoolique. Je voulais néanmoins prouver au monde entier (qui n'en avait rien à battre) que j'étais une fille trop heureuse de vivre qui sait faire la fête et qui se dit qu'en levant les bras et en criant woo ! on va tromper notre monde. Et bien bonne nouvelle, on arrive à tromper le monde car le monde n'en a rien à faire des dindes décérébrées (et des dindons, ça marche pour les mecs aussi) qui crient en levant les bras. Au pire, on ressentira un peu de pitié pour elles en se disant qu'elles pensent être les reines du monde alors qu'elles sont juste reines des bouffonnes. Je sais, je l'ai été.




Au-delà du phénomène woo girl, ce qui est intéressant de voir, c'est à quel point notre société exècre ce qui ne va pas et qu'il faut toujours être prêt à faire la fête, à l'éclate, même si on a vaguement envie de prendre un tube de somnifère et de dormir les quelques prochains mois histoire que les choses se décantent. Oui, quand je déprime, moi, je veux juste dormir longtemps, longtemps parce que quand je dors, je ne pense pas. Mais ça, ça ne se dit pas, il faut vivre la vie comme James Dean, à fond la caisse. Ou t'es fêtard ou tu es le plus sinistre individu du monde et interdit de dire que tu n'as pas envie de sortir, la fête règlera tous tes problèmes.




Alors on sort et on fait semblant car la plupart des gens se contentent des apparences : elle fait la fête donc elle va bien, elle attend d'être seule chez elle pour pleurer malgré tous les woo qu'elle a proféré durant la soirée en levant les bras et en buvant ce qu'on lui offrait. Ses amis ne s'inquiètent donc pas pour elle, elle donne le change, tout va bien, merci bien. Je me souviens de l'impression de vide à l'époque : plus je faisais la fête, plus je me sentais seule et désemparée et le cercle ne semblait jamais se briser. Une fille fêtarde doit toujours avoir envie de sortir, ne jamais dire non parce qu'elle déprime parce que déprimer n'est pas woo. On croit tromper son monde mais finalement, on ne trompe que ceux qui veulent être trompés et qui ont besoin de nous pour supporter leur propre détresse.




Bref, plus quelqu'un fait la fête de façon ostentatoire, plus ça me déprime, au fond. Je me demande si finalement, être bien dans sa peau, ce n'est pas, tout simplement, vouloir ne pas se faire remarquer dans la mesure du possible. On peut s'amuser sans gesticuler pour que tout le monde le constate. Parce que tout est là : quand on est bien dans sa peau, on n'a strictement rien à prouver à personne.

 

NB : Cet article est nase mais je l'avais en réserve et j'ai pas eu le courage d'écrire hier soir donc vala.

Publié dans : Et le reste
Lundi 2 février 2009

Voir les 12 commentaires - Ecrire un commentaire

Hier soir, j'ai comaté devant des épisodes de série sur mon ordinateur. En fait, depuis le déménagement, j'ai une vie trop géniale : le soir, je rentre, je lance des séries sur mon pc, je dors sur mon canapé (j'ai pas encore reçu mon lit, je vous raconterai cette histoire plus tard)... Une vraie no life. Et hier soir, je me mets la saison 5 de Six Feet Under, les derniers épisodes. Je ne vais pas trop raconter pour ceux qui n'ont pas vu mais comme on peut s'y attendre, un des personnages principaux meurt. Et pendant l'épisode de son enterrement, comme une conne, j'ai pleuré, un peu. Et franchement, ça fait du bien.


Depuis quelques temps, je cumule les petites tracasseries et vexations en tout genre. Déjà, y a eu le déménagement, légèrement usant pour les nerfs et encore, tout s'est bien passé. Mais bon, le vase se remplit, tout doucement, imperceptiblement et là, je commence à frémir. Quand arrivera la goutte d'eau en trop ? Parce que parfois, y a des endroits où pleurer est plus qu'inconvenant... Genre au bureau. Ou alors faut être juste à côté des toilettes pour avoir le temps de se cacher pour pleurer.


Il y a quelques jours, un peu avant le déménagement, je crois, je flirtais avec la grosse fatigue, un peu un ras le bol général doublé du stress du « j'aurais jamais fini mes cartons à temps » (ai-je finalement réussi ? Teasing !). En gros, rien de trop grave pour pleurer mais une envie de vider le vase quand même. D'abord, pleurer un bon coup, ça fait mieux dormir ensuite. Mais voilà, comme je suis du genre « je suis forte, rien ne me touche », je suis plus du genre à bloquer mes larmes qu'à les provoquer.


D'ailleurs, pleurer n'est pas à la mode. On a bien les cours de rire ou en gros, on se met en cercle et on se bidonne pour se détendre. Ouais mais pourquoi personne ne fait pareil pour pleurer ? Un peu comme les saignées dans le temps pour vider les mauvaises humeurs mais en moins violent ? Non, pleurer, c'est le mal, c'est le malheur, on ne pleure pas. Pourtant, des fois, ça ferait du bien. Sans attendre un vrai malheur, juste pour vider le vase. Non mais c'est vrai, faut jamais pleurer, pleurer, c'est la faiblesse, le mal, gna gna gna et résultat, on bloque, on bloque, et on finit par pleurer parce qu'on a cassé son mug.

Quand j'étais en maîtrise de science po, on avait un cours de philosophie moderne et le prof nous parlait de Rousseau : « Et alors, là, Rousseau raconte qu'il a eu une espèce de révélation, il s'est assis sur un rocher et il s'est mis à pleurer. Oui, au XVIIIe siècle, on pleurait beaucoup ». D'ailleurs, le prof ressort cette phrase tous les ans. Et là, je me dis que les Lumières n'ont pas usurpé leur nom. Le XXe et à priori le XXIe sont trop des siècles de contrôle des émotions. Il ne faut pas pleurer en public, pas rire trop fort (enfin, c'est vrai que certains ont des gloussements insupportables), pas dévoiler ses sentiments amoureux pour ne pas effrayer l'autre, pas trop étaler son bonheur, son malheur, et blablabla. Sois neutre et indifférent, merci. Et bien, je trouve ça triste. Y a 15 jours, ma sœur m'a appelée en larmes car une de ses meilleures amies venait d'accoucher et elle était très heureuse « Bouhouhou, j'arrive pas à m'arrêter !!

- Ben, profite, pleure un bon coup, pour une fois que c'est une bonne raison de pleurer ! ».


Bref, je me demande si on ne gagnerait pas à revenir à plus de sensibilité, à arrêter de se la jouer surhommes alors que nous ne sommes pas des robots. Quand le vase est plein, il faut le vider. Tout le monde pleure mais certains se cachent juste mieux que d'autre.

Publié dans : Et le reste
Jeudi 20 novembre 2008

Voir les 11 commentaires - Ecrire un commentaire

Vu que Tatiana a un peu ouvert le débat hier, je poursuis aujourd'hui avec un article qui me trottait dans la tête depuis trois semaines, à savoir la volonté parfois trop manifeste de montrer à certains que, non, non, nous ne sommes pas homophobes.


Il y a trois semaines, mes parents sont montés sur Paris, on se retrouve donc tous les quatre, les parents, Alice et moi, sans Anthony qui était à la caserne, mon presque-frère Yoann et sa copine à qui j'avais donné un pseudo je crois mais j'ai oublié donc on va l'appeler Blanche. Le samedi soir doivent nous rejoindre Thibault, mon jeune cousin qui vient de s'installer sur Paris et... Théo son mec. L'homosexualité de mon cousin n'est pas une nouveauté, on le sait depuis qu'il a 15 ans, on connaît tous Théo mais voilà, on sent comme un flottement... Quand la famille Bartoldi arrive au restaurant, en avance, Thibault et Théo ne sont pas là. On va à notre table de 8, une table rectangulaire et là, au lieu de s'installer les 6 ensemble, mes parents décident de laisser une place vide entre eux et nous pour y placer le couple « pour pas qu'ils se sentent exclus »; Sympa mais j'ai trouvé ça tellement pas naturel de laisser ces deux places en plein milieu que je me suis dit que niveau intégration, on repassera.


Parfois, notre volonté de bien faire amène à une situation grotesque qui peut mettre les gens mal à l'aise. Je me souviens de la fois où j'étais allée prendre un verre entre amis. Dans le lot, mon ex (depuis pas très longtemps) et sa nouvelle copine. Dans une volonté de montrer que je n'étais pas hostile à la nouvelle arrivée, j'en ai fait des caisses, essayant de l'intégrer tant que faire au groupe en lui posant plein de questions... Trèèèèèèèès naturel, tout ça. Pourquoi essaie-t-on de prouver à tout prix notre largeur d'esprit, tenter de prouver par notre comportement que « mais non, ça ne me gêne pas du tout » alors que notre gentillesse et notre amabilité poussées à l'extrême montre bien que même si ça ne nous gêne pas, on n'est pas super à l'aise, on a peur d'être maladroits.


D'un autre côté, on peut avoir peur de passer pour quelqu'un d'indifférent. Quand j'étais en maîtrise science po, j'avais comme copine Amina, voilée. Bon, sur le coup, j'avais pas super fait gaffe, je croyais que c'était une sorte de turban mais non, Amina était voilée. Et la seule fois où j'ai abordé le sujet avec elle, c'est quand elle a arrêté de le mettre l'année suivant pour se couvrir avec des bandanas. « Tu sais, si je continue de le porter, ça va me freiner dans ma carrière donc je l'ai enlevé ». Des gens m'ont demandé pourquoi je ne lui en avais pas parlé avant mais je n'en voyais pas l'intérêt. Autant lui demander pourquoi elle est musulmane, tiens. Vu que le sujet religion n'est jamais venu sur le tapis, je n'ai pas cherché à savoir.


Des fois, je me dis que le politiquement correct nous bouffe un peu et dicte des comportements que nous ne devrions pas avoir. Si Thibault avec été en couple avec Théa, personne n'aurait eu l'idée de laisser deux places en plein milieu de la table. Parce que tu comprends, on n'est pas homophobes, on veut le leur montrer. Pour moi, ne pas être homophobe, c'est traiter les gens comme n'importe qui, sans commenter leur choix sexuels ni rien. Souvent, on se sent même obligé de préciser « tu vois, Jean-Louis, mon copain pédé... », « et alors Léonard, mon ami juif... ». Si dans certains cas, la précision peut être utile si le fait qu'il soit gay ou juif ait une incidence, la plupart du temps, on a l'impression que c'est une façon pas du tout subtile de faire remarquer que hé! je suis super tolérant. Hé, tu ne trouves pas bizarre de préciser que t'as des amis juifs ou gays alors que ça n'a aucun rapport avec la conversation ? Parce que moi, si.


Au fond, je me dis que le jour où le fait qu'on soit homo, hétéro, athée, chrétien, musulman, gros, maigre, noir, blanc... Bref que toutes ces données n'auront aucune espèce d'importance, ce jour là, la guerre contre toute forme de discrimination sera gagnée. Mais sincèrement, je n'y crois pas une seconde. Sans doute car nous sommes trop habitués à cataloguer les gens, à les faire rentrer dans des cases. On est définis par notre sexualité, religion, couleur de peau, de cheveux, silhouette, profession, niveau d'étude, logement, nombre d'enfants... Mais si déjà, on pouvait éviter de commenter ces états de fait, ce serait peut-être un petit plus.

NB : J'adore la pub ci dessus.

Publié dans : Et le reste
Mardi 21 octobre 2008

Voir les 13 commentaires - Ecrire un commentaire
Récemment, j'ai eu une révélation : être réaliste, mature, adulte, c'est chiant. Je ne sais plus bien pourquoi j'ai pensé ça tout à coup mais ça m'a paru évident. Du coup, je me demande s'il est possible de revenir à l'état de naïveté ou s'il est déjà trop tard.

Force est de constater qu'en ce moment, ça ne tourne pas très rond le monde. On peut parler de politique mais pas que, c'est général : entre la pollution, la misère d'un côté et les richesses extrêmes de l'autre, l'impression qu'on ne pourra jamais s'en sortir... Bref, tout ça, c'est moche, bouh. Si on se recentre sur nos cas personnels, on a tous des sujets d'inquiétude : trouver du boulot, trouver une moitié pour construire une vie matrimoniale, améliorer ses conditions de vie... Ou prendre soin de sa santé aussi. Bref, on a de quoi se ronger les sangs. Y a des jours, je soupire : « c'était mieux quand j'étais petite ». C'est vrai, mes problèmes d'enfant, même s'ils me paraissaient dramatique sur le coup (mon voisin de classe m'avait piqué mon crayon rose et je savais pas comment le lui reprendre), on se dit que l'insouciance, c'est beau.


Evidemment, une fois adulte, on ne peut pas trop perdre le sens des réalités. Faut bien payer les factures. J'avoue que cette année, ça m'a déprimé de payer les impôts. Pas tellement pour la somme, c'est light cette année, mais parce que je me rappelle quand j'étais en terminale et que tout ce côté administratif me faisait flipper. Y a 10 ans, j'en avais peur, aujourd'hui, c'est ma réalité. Je suis une adulte à part entière, je ne suis plus la petite fille qui grandit dans le jupon de papa maman. Je dois être responsable, gérer mon budget. Et dans quelques années, ce sera à mon tour de gérer un petit être qui sera la chair de ma chair, le sang de mon sang. Faudra être responsable pour deux. Déprimant, dit comme ça, même si je suis persuadée que la maternité est source de joies que je ne peux pas imaginer à l'heure actuelle.


Mais je crois que ce qui me déprime le plus, c'est qu'on n'a plus le droit d'être optimiste de nos jours. De façon générale, je suis du genre à voir la vie en rose, le verre plus plein que vide même si des fois, j'ai des coups de blues. Mais une fois passé, je relativise. J'ai perdu ma carte bleue ? Ben, du coup, je fais des économies, je ne vais pas dépenser mon argent n'importe comment. J'ai fait un scandale à free pour qu'ils m'envoient un technicien qui n'a fait que changer ma prise électrique (la 4e en 2 ans et demi). Bon, au moins, j'aurai pas à attendre 3 semaines qu'ils se décident de me l'envoyer. Mes amies vont mal ? J'essaie de les rassurer, de leur expliquer que, peut-être, dans trois mois, elles se rendront compte que leur malheur du moment était finalement un mal pour un bien. Prenons un exemple personnel : il y a deux ans, j'avais passé un entretien pour un poste qui me plaisait vraiment et qui m'avait échappé d'un rien. Sur le coup, je l'ai super mal vécu, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C'est bien de pleurer, des fois, ça soulage. Un an et demi plus tard, je me rends compte que j'aurais eu ce poste là, je ne serais pas où j'en suis aujourd'hui, j'aurais un salaire inférieur à celui que j'ai actuellement et en plus, je pense que les perspectives d'évolution seraient moins intéressantes. Là, je suis dans un groupe de presse tentaculaire et les possibilités de promotions internes sont nombreuses. Dans ce job là, je n'aurais pas pu avoir mieux, une fois embauchée.


Pourtant, dès que vous faites preuve d'optimisme, on vous tape sur les doigts, on vous traite de naïve, comme si c'était une insulte. Oui, il faut toujours envisager le pire pour ne pas être déçu, ne jamais trop se réjouir, toujours trouver le gris dans le rose. Et ça me saoule, à force. La vie est une chienne, ok, il n'y a aucune règle ni justice mais après tout, si j'ai envie de croire aux lendemains qui chantent, si j'ai envie de croire que le mec que je viens de rencontrer est fait pour moi ? Si j'ai envie de croire qu'en me bougeant comme il faut, je vais avoir une promo ? Franchement qui ça dérange ? Je ne dis pas qu'il faut vivre en dehors des réalité, dépenser le double de son salaire parce que la vie est belle, ce n'est PAS une bonne idée. Je dis juste qu'il faut arrêter de bouder son plaisir. J'ai rencontré un mec qui me donne des papillons au ventre ? Je savoure au lieu de me dire que je ne dois pas m'emballer, que ça peut foirer, blablabla. Si ça ne dure pas, je vais regretter de ne pas avoir profité à fond, en plus. J'ai envie de voir les choses en grand, d'être optimiste, limite naïve, et alors ? Si je tombe et que je me fais mal, c'est la vie. Je peux me faire mal aussi sans rien faire et me trouver nulle de végéter. Puis toujours envisager le pire, ça aigrit. Je préfère croire qu'il y a une espèce de justice en ce bas monde et que si je fais les choses biens, ça se paiera forcément un jour ou l'autre. Et si ce n'est pas le cas ? Peu importe, ce qui compte, c'est l'enthousiasme qui est le mien quand je fais la chose. Arrêtons de bouder notre plaisir. Sinon, à ce tarif là, on ne fera plus rien au prétexte que la vie est une chienne.

Publié dans : Et le reste
Lundi 8 septembre 2008

Voir les 8 commentaires - Ecrire un commentaire

C'est pas juste ! Déjà enfants, on percevait à quel point la vie n'était pas toujours tendre avec les gentils et que parfois, les méchants gagnaient haut la main. Longtemps,j'ai laissé ma rancune et mes désirs de vengeance de côté, me disant que la vie finirait par me venger car on ne peut pas s'en tirer quand on est un beau salaud. Ou salope, au choix. Maintenant, je suis (hélas) adulte et j'ai bien compris que ça ne marchait pas toujours comme ça.

Comme tout un chacun, j'ai des principes et des règles. En un mot, je peux tout faire tant que je peux encore me regarder dans une glace. Je me bats dans la mesure de mes moyens pour faire mon petit bonhomme de chemin mais quand je vois les routes que prennent d'autres qui finissent par me passer devant, j'ai comme un sale goût dans la bouche. Peu importe le mérite, vaut mieux parfois la combine.


Est-ce que vous vous souvenez du maillon faible, le jeu de Boccolini ? Je trouve que c'est une assez bonne métaphore de la société finalement : ce n'est pas le meilleur qui gagne mais celui qui a été assez malin pour se faire discret jusqu'à ce que ce soit son heure. Si on prend l'exemple de la politique française, c'est carrément ça. Prenons nos deux candidats du second tour, Nicolas et Ségolène. Honnêtement, à l'heure actuelle, je ne sais pas lequel je méprise le plus tant je les trouve aussi minables l'un que l'autre. D'un côté Ségolène qui s'est incrustée en cours de route alors que les éléphants du parti s'étaient épuisé sur le référendum européen et qui a remporté tranquillement la mise. Plus d'un an et demi après, j'en pleure encore. A droite, Sarko qui reste quand même un phénomène : il n'était ni le plus beau, ni le plus intelligent, il avait son lot d'ennemis, les journalistes le détestent et le descendent régulièrement, malgré le mythe de la presse complice. Je dirais même que Sarko, il est globalement un peu crétin et que s'il n'avait pas de beaux discours écrits par des mecs un peu plus évolués, il ne serait rien de rien. D'ailleurs, y a qu'à voir les résultats dès qu'il improvise, le « quand y a des grèves, personne ne s'en aperçoit », j'ai un peu envie de lui suggérer de vivre ma vie une semaine en période de grève qu'on rigole. Et encore, je dis ça, je suis vraiment pas la plus pénalisée dans l'histoire.


Je parle politique mais c'est partout pareil. Bien sûr, il y a un facteur chance : être là au bon endroit et au bon moment, ça aide énormément. Mais honnêtement, est-ce que personne ici n'a été dégoûté par une promotion, une carrière fulgurante qu'a eu quelqu'un d'objectivement moins doué que nous. Et oui mais le talent, ça ne suffit pas, faut aussi savoir tirer les bonnes ficelles. Prenons par exemple le monde de la télé. Quand Audrey Pulvar, la présentatrice antillaise du 19-20 de France 3 qui est une belle femme même si elle s'économise pas mal sur le sourire, explique sur le plateau de Pif Paf que le directeur de LCI lui a dit clairement « tu es très douée et compétente mais elle, elle est plus jolie que toi donc c'est elle qui l'emporte », ça démange un peu. Si je prends Melissa Theriau, elle n'a pas de diplômes de journaliste, elle a un niveau inférieur au mien mais elle a sa belle gueule et la voilà propulsée présentatrice de Zone Interdite. Bon, franchement, je m'en fous vu que la télé ne m'a jamais intéressée (du moins pas la présentation d'un JT) mais je peux comprendre qu'une fille parfaitement formée, très compétente mais moins jolie l'ait un peu en travers de la gorge.


Moralité : en fait, il n'y en a pas vraiment. Ca fait partie du jeu et on n'y peut rien. Mais je pense que plutôt que de maudire dans son coin celui qui a mieux réussi en prenant des chemins détournés, il faut aussi se remettre en question et se bouger le popotin. Notre premier et seul allié dans une ascension sociale, c'est nous mêmes et il est tout à fait possible de tirer des ficelles sans pour autant se dégoûter soi même. Alors au lieu de vomir sur celui qui nous a grillé la politesse, on regarde comme il a fait et on retient la leçon : ça nous servira forcément un jour ou l'autre.

Et comme je m'en lasse pas :

Publié dans : Et le reste
Jeudi 14 août 2008

Voir les 11 commentaires - Ecrire un commentaire

W3C

  • Flux RSS des articles

Liens

 
Blog : Parents & enfants sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus