C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
(article écrit en speed alors forcément, on va pas faire dans le sérieux)
Samedi, PaulK nous a posé une grande question existentielle : comment péter en toute discrétion. Seulement arrive un moment dans le couple où le « en toute discrétion », on s'en tamponne le coquillard. Et je trouve que c'est une vraie étape dans la vie d'un couple.
Mes parents : 32 ans de relations amoureuses, 31 ans de mariage en juin. Oui, mes parents se sont mariés au bout d'un an et trois mois de relations et 31 ans plus tard, ils sont encore ensemble. Faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais revenons à mes parents. Ma mère est du genre facétieuse, elle aime faire des blagounettes avec ses gaz. Ayant le pet silencieux mais odorant, elle lâche une caisse et se barre en gloussant. Ainsi, une fois, Yohann et Alice regardaient la télé, ma mère passe et lâche un pet. Les deux constatent l'odeur et commencent à s'engueuler « non mais dis que c'est toi ! - Mais non, c'est toi ! ». Ca aurait pu durer longtemps si, en passant, je n'avais pas vue ma mère planquée dans la pièce voisine en train de se marrer un bon coup. Mais son jeu ultime, c'est de péter au lit. Mon père m' a expliqué ça : « tu vois, le soir, quand on lit au lit et que ta mère commence à soulever les draps et à les agiter l'air de rien, c'est pour faire partager ! ».
Cet article ne dira pas si je suis une digne héritière de ma mère. De toute façon, en tant que princesse, forcément, je ne pète pas. Mais c'est vrai que dans un couple, arrive un moment où on se relâche au niveau de la perfection apparente. Au début du couple, on se veut impeccable en dehors ET en dedans. On pète en cachette pour ne pas montrer à sa douce nouvelle moitié que nous aussi, on doit expulser des gaz (sinon on explose, selon l'adage populaire). D'ailleurs, à bien y penser, qui nous a imposé une pudeur à ce niveau là. Qu'on mette la main devant la bouche pour bailler ou roter, je comprends mais après, c'est naturel. Alors c'est vrai que le pet sort par notre orifice le moins « noble » et qu'on va pas mettre la main devant mais puisqu'on pète tous, pourquoi cette pudeur ?
Mais la question reste : dois-je me lâcher en premier ou attendre que l'autre lance le premier pet en toute décontraction ? Bon, évidemment, en tant que fille pudique de ce genre de choses, jamais je ne le ferai le premier pet. Déjà que je dis pas je t'aime en premier mais là, c'est pire. Et pourquoi pas faire pipi la porte ouverte tant qu'on y est ? D'un autre côté, péter en toute indiscrétion en présence de l'être aimé n'est-il pas un signe qu'on se sent bien, en confiance. Un peu comme dans les payas arabes où on rote après le repas en signe de politesse, pour dire qu'on a bien mangé. Ben, là, c'est le « je pète sans me cacher avec toi parce que je me sens bien, en confiance ». Bon, ok, c'est dramatiquement pas romantique cette histoire mais franchement, votre mec pète à vos côtés de façon bruyante, vous l'engueulez ?
Bref, je crois que dans la vie d'un couple, c'est aussi une étape. Celle où on fait tomber le masque de la perfection. C'est aussi à peu près à ce moment là que les poils commencent à ne plus être éradiqués de près avant un rendez-vous avec votre mec. Certains vont s'écrier « ah la routine...horrible...pas glamour ! ». Mais les gars, réveillez-vous, on vit pas dans Melrose Place. Moi, en vrai, quand je me lève, j'ai pas le brushing et le maquillage nickel parce que si je m'endors avec mon maquillage, par un effet physique inévitable, il se retrouve le lendemain au milieu des joues. Même que souvent, le matin, quand on se lève, on sent mauvais de la bouche même si je comprends pas trop d'où ça vient vu qu'on se lave les dents le soir. Même que le matin, la première chose que j'ai envie de faire, c'est pas de me vautrer avec mon compagnon aux tablettes de chocolat dans mes draps en satin imprimé léopard, non. Ce que je veux faire en premier, souvent, c'est pipi.
Alors si un jour, votre mec pète bruyamment devant vous et que ça lui paraît normal, au lieu de vous alarmer, soyez heureuse : il est bien avec vous. Mais respirez par la bouche quelques instants, quand même, on ne sait jamais...
EDIT en forme de PS : est-ce le grand air breton qui m'a fait perdre la tête ou mes 28 ans mais j'ai oublié que le lundi, c'était
enfer de la mode. Bon ben je vous le mets demain et double mea culpa car j'y aurais pensé, vous n'auriez pas eu d'article sur le paix
Depuis que je travaille sur des forums, je lis toujours la même histoire qui me fait globalement hurler. Celle d'une jeune fille tout à fait normale (ça marche aussi avec un mec, tu peux t'identifier à mon héroïne, lecteur mâle) qui raconte ses difficultés de couple avec la sentinelle question : « et maintenant, que vais-je faire ? ». Et quand tu lis certaines histoires, la fille, t'as juste envie de la prendre par la peau du cul et la sortir de là.
L'amour, c'est compliqué. Comme Summer l'a dit, il ne s'agit pas de jeter l'éponge à la première crise. Mais y a des limites à tout. Qu'on doive faire des concessions, c'est normal mais sacrifier son amour propre pour un connard égocentrique ou un fou furieux narcissique et méprisant, là, je dis non. Certaines femmes essuient des insultes, coups et autres humiliations et viennent le regard hagard « heu, vous pensez que je dois lui donner une autre chance ? ». Des fois, j'ai l'impression qu'il n'y a de la chance que pour la racaille. Pas au sens « habitant de banlieue », dans le sens étymologique du terme, je parle. Il y a par exemple l'histoire de la fille qui invite une de ses amies à dîner et à la fin du repas, son mec, torché, roule des pelles à l'invitée, sous l'œil de sa « bien aimée ». Très entre guillemets. Ou celle plaquée par son mari qui revient quelques mois plus tard, la gueule enfarinée. Il ré emménage et depuis, la traite plus bas que terre.
Des histoires comme ça, j'ai de quoi en faire une encyclopédie. Oh, j'entends déjà les « non mais l'amour rend aveugle, tu sais » et compagnie mais arrive un moment où je me demande si on n'est pas carrément dans le syndrome de Stockholm. Ces femmes souffrent, elles viennent se confier à des inconnus pour être aidées mais le pire, c'est que dès que tu leur fais remarquer qu'elles doivent se tirer, une fois sur deux, elles réagissent mal à base de « mais tu peux pas comprendre, je l'aime ! ». Si, je peux comprendre mais faudrait pas oublier un truc : aimer l'autre ne veut pas dire qu'on ne s'aime plus soi. Renoncer à ce point à son ego, à son amour propre, je ne comprends pas, in fine. Vaut-il mieux être mal accompagnée que seule ? La société stigmatise-t-elle tellement le célibat qu'on préfère se caser avec le premier connard venu plutôt que d'attendre une belle opportunité ?
Pour moi, un couple, c'est un système de concession équilibré. Concessions, pas sacrifices. Comment voulez-vous que ça marche si l'un fait tous les efforts et l'autre pas du tout. Arrive forcément un moment où ça va rompre. Je n'ai pas la naïveté de croire qu'il suffit de s'aimer pour que tout marche : avec Guillaume 1er, on avait une bonne relation, une très bonne entente mais fallait parfois se recentrer l'un et l'autre pour notre épanouissement commun. Par exemple, il passait un peu moins de temps dans ses jeux de rôle pour le passer avec moi. Mais je respectais aussi sa passion et ne l'empêchait pas de jouer. Pas de sacrifice.
Au fond, tout ça me fait penser à un énorme manque de confiance en soi : youpi, j'ai un petit ami, je vais pas le faire fuir. Non parce que c'est pas comme si ça m'arrivait tous les jours. Alors il est pas parfait mais qui l'est hein ? Hihihi ahaha...ahem. Mais non. Non, non, non ! Personne ne mérite d'être traité comme le dernier des paillassons miteux. N'importe qui peut trouver une moitié qui la traite à sa juste valeur, pour peu qu'on s'en donne la peine. Et déjà, avoir conscience qu'on n'est pas une bouse, c'est un pas en avant. Franchement, se faire marcher sur les pieds, ce n'est pas de l'amour. Et même, quelqu'un qui se laisse faire sans jamais rien dire, ça finit par lasser le bourreau qui ira voir ailleurs à la première occasion. Mais oui, c'est logique : qui, ici, peut dire qu'il a envie de passer sa vie avec une personne sans le moindre caractère qui dit toujours oui à tout ? Pas moi en tout cas. Mais pas avec quelqu'un qui dit non tout le temps non plus !
Allez, on se regarde dans la glace : on n'est pas si mal, n'est-ce pas ? Sans parler de nos qualités de cœur et de caractère. Alors maintenant, on arrête de se brader. On mérite tous une moitié qui nous traite à notre juste valeur. Comme dirait Claudia (ou Pénélope ou Jennifer ou qui tu veux) : « Parce que je le vaux bien ».
Tu trouves mon titre pourri ? Moi aussi, à vrai dire. Mais quel sujet se cache derrière cette formule opaque ? Alors, j’aimerais te parler de l’éternelle opposition entre la sainte et la pute qui fait de nous les insupportables schizophrènes des années 2000. Mais cette fois, je ne te parlerai pas des hommes mais bien des femmes et du regard qu’elles ont sur leur propre sexualité.
Depuis maintenant 5 mois, je travaille sur des sites féminins avec des forums love and sex très développés. Or j’ai l’impression au fil du temps qu’il y a deux profils types : l’hypersexuelle limite nympho obligatoirement femme fontaine ou la prude qui dort dans un pyjama en coton fermé jusqu’au cou. Entre, le no man’s land ? Ben, de celles qui s’expriment, globalement, oui. Il y a les garces et les moralisatrices et ça s’affronte. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir que finalement, la femme n’est pas très tolérante vis-à-vis de sa propre sexualité.
On dit souvent que l’homme nous prend soit pour une salope et nous attribue donc le rôle de l’amante, soit pour une sainte et nous voici promue mère de ses futurs enfants. Et bien figure toi que chez les femmes, c’est pas mieux. A les lire, « faire l’amour » (en opposition à baiser qui se fait sans amour) empêche toute fantaisie. A une discussion sur les sextoys, une a répondu : « pour moi, l’amour, c’est pas ça. Je préfère la tendresse des bras de mon amour des à jouets ». Mais madame, où est-il écrit que l’un empêche l’autre ? En fait, les femmes sont encore pire que les hommes sur la question. Elles n’aiment pas trop la notion de sexe pour le sexe et ont tendance à vite classer les filles qui pratiquent ce genre de choses dans la catégorie « salope ». Quant à celles qui osent avoir du sexe fantaisiste avec leur mec (genre en pleine lumière) alors là, c’est très simple « tu ne sais pas ce qu’est l’amour ! Ce n’est pas ça ! ». Ben, moi, j’aime avec des menottes, na.
Des fois, je suis un peu désespérée par cette dichotomie entre sexualité de célibataire et sexualité de couple. On baise ou on fait l’amour mais ce n’est pas juste une question de vocabulaire ! Avec ton amant, tu as droit de donner libre cours à tes pulsions les plus profondes, à être toi, en somme. Avec ton amour, tu peux exprimer ton amour et ta tendresse mais t’es gentille, tu laisses tes menottes et ton anneau vibrant dans ta boîte à trésors. Mieux, tu la donnes vu que de toute façon, tu ne feras plus l’amour qu’avec ton cher et tendre donc tes menottes, tu ne t’en serviras plus jamais, bien entendu !
Ben, vous voulez que je vous dise ? Je trouve que dans ces conditions, faire l’amour, c’est frustrant. Je ne dis pas qu’à chaque fois, faut jouer les contorsionnistes de l’extrême mais j’ai pas envie d’une sexualité sage parce que tu comprends, on s’aime donc on se respecte donc laisse cet anneau vibrant tranquille. On peut tout à fait s’aimer, se respecter et jouer à des jeux coquins qui nous excitent tous les deux. Je dirais même que c’est justement ça, le respect, accepter les désirs de l’autre, essayer de réaliser ses fantasmes avec lui (et vice et versa, bien entendu). On aime jouer tous les deux, s’aimer ne doit pas nous empêcher de le faire, bien au contraire. Se révéler tel que nous sommes dans nos pulsions les plus profondes, n’est-ce pas un gage d’amour, un signe d’abandon ? C’est quand même étrange de trouver plus facile de se lâcher dans les bras d’un inconnu que celui de son amoureux.
Peur de gâcher l’image virginale qu’il a de nous ? Mais si cette image est fausse, y a pas comme un problème dès le départ. Franchement, la vie de couple, je ne vois pas ça comme un immense mensonge. Si j’aime faire l’amour sous les portes cochères, pourquoi je devrais cacher ça alors qu’en plus, y a vraiment pas de quoi rougir, sous prétexte que s’envoyer en l’air sous une porte cochère, c’est pas romantique ? Ah bah d’abord, je peux trouver ça très romantique et d’un (vous n’avez jamais vu le film Fatale ?) et de 2, révélation : être en couple n’interdit pas la jouissance. Hé oui, aujourd’hui, on peut être en couple et « faire l’amour » pour notre plaisir et pas juste pour se reproduire. On peut même adopter des pratiques qui empêchent toute reproduction… (je laisse à chacun le soin d’imaginer de quoi je parle ici).
Et puis avoir une sainte ET une salope à la maison, c’est un peu un comble de bonheur pour un mec, non ?
Il y a quelques mois, j’ai lu un article sur les folles passions amoureuses. En substance : on s’est installés ensemble après la première nuit, je suis tombée enceinte au bout de 2h et on l’a gardé… Bref, des histoires d’amour fulgurantes et qui tiennent en plus. Moi, au bout de 4 ans, j’ai pas été foutue de vivre avec mon mec et la moindre perspective d’engagement m’effraie.
Petit topo de mon ambiance affective actuelle. Je passe mes journées sur des forums à lire des histoires d’amour qui finissent mal (et des fois très mal), dans ma famille, une de mes tantes est en pleine rupture, une autre n’est pas tellement mieux. Du coup, l’amour toujours, j’ai du mal à y croire, malgré le bel exemple de mes parents. Mais ça devient tellement une exception que mon père a même demandé à ma maman l’autre soir s’ils étaient normaux. Du coup, je suis une effrayée de l’amour. A peine je sors avec un mec que je commence à serrer les fesses en attendant que ça casse parce que les histoires d’amour finissent mal, en général. Quoi que le couple qui a chanté ça (les Rita Mitsouko, pour ceux qui remettent pas) fut un couple sans histoire séparé uniquement par la mort. Comme quoi…
Dire que je suis une trouillarde affective me paraît encore gentil. M’installer avec lui ? Mais si ça marche pas, ça va être trop galère de rendre l’appart. Le mariage ? Faudrait voir à économiser pour le divorce. Les enfants ? Je serai incapable de les élever seule. Bref, je vois la vie en rose, comme vous pouvez le voir. Mais finalement, je me demande si ce n’est pas eux qui ont raison. La vie est courte, si on tergiverse à vie, on ne fait plus rien. Tout est risqué, à n’en pas douter mais qu’on s’installe ensemble au bout de 6 mois ou au bout de 2 ans, avons-nous réellement plus de garanties ? Evidemment, moi qui suis une flippée, je dirais que 6 mois, c’est trop tôt, je suis pas prête, gna gna gna. Mais je pourrai dire la même chose au bout de 2 ans à ce tarif là, dégainant le fatal « mais si ça marche pas ? ». Mais le temps n’est une garantie de rien, d’une part. D’autre part, évidemment qu’il y a des risques que ça ne marche pas, c’est comme tout. Par exemple, quand j’ai décidé de quitter mon ancien job pour le nouveau, j’aurais pu ne pas m’entendre avec mes collègues et souffrir. A l’arrivée, je suis gagnante sur toute la ligne. D’ailleurs, là, je dois former encore deux journalistes au blog, genre les nanas qui auraient 150 trucs à m’apprendre tant elles ont du métier et c’est moi le petit scarabée qui vais partager mon savoir. Houuuuuuuu. La vie est une question de risque, si on recule au premier si, on ne fait rien et on a une vie médiocre. Par le passé, j’ai aimé, j’ai souffert, j’ai fini par me relever. Aujourd’hui, malgré les larmes versées, je ne regrette pas d’avoir foncé.
Alors peut-être qu’il faudrait que je jette ma carapace, que j’arrête de dire « non mais ça marchera pas de toute façon » parce qu’on ne sait jamais. La vie n’est pas qu’une peau de vache. Des gens qui s’installent ensemble, voire font des bébés (mais là, c’est quand même un level très élevé pour moi, faut pas déconner), ça n’a rien d’exceptionnel, ça arrive tous les jours. Je ne suis pas plus inapte à la vie en couple que ces gens là. Après tout, avec Guillaume, on vivait officieusement ensemble dans mon appart de 28 m² et on ne s’est jamais engueulés. On avait nos petites règles de vie : on faisait chacun les courses une semaine sur deux, par exemple, on se partageait les tâches ménagères, on faisait parfois des trucs ensemble, parfois des trucs de notre côté, selon nos envies ou nos impératifs. Ouais les étudiants, ça révise et ça écrit des mémoires, des fois. Bien sûr que ce n’était pas tous les jours faciles quand même mais ça n’empêche pas que ça marchait quand même.
Bon, évidemment, c’est facile de dire ça quand on est célibataire, bien sûr, j’ai pas la pression, là. Je me vois mal demander un bébé à un de mes amants ou alors ce serait pour me débarrasser de lui. Pas très classe. Le tout, finalement, c’est de ne pas vivre en fonction d’un calendrier « au bout de 3 mois, je le présente à ma sœur, à 6, à mes parents, au bout d’un an, on vit ensemble puis un an et demi, on se pacse. Au bout de 3 ans, on fait un bébé ». Finalement, c’est ridicule d’essayer de rationaliser et planifier une relation sentimentale parce qu’au fond, c’est impossible. Si l’envie de vivre à deux est là, pourquoi céder aux sirènes du pessimisme. Si ça marche pas, au moins, j’aurais tenté, pas de regrets. Après tout, on connaît des gens qui se marient au bout d’un mois et feraient même un bébé, selon les rumeurs. Mais bon, je soupçonne Nicolas d’avoir engrossé Carla par accident et de vite réparer les dégâts en l’épousant. C’est quand même un super rapide. Un vrai Speedy Gonzales !
Suite et fin du cycle infidélité. Jusqu’à présent, nous avions parlé du comment. Mais avec Enzo, notre grande discussion sur le sujet tournait essentiellement autour du pourquoi et nous étions d’accord sur le sujet : prendre un amant/une maîtresse uniquement pour baiser n’a pas le moindre intérêt.
Du haut de mes 27 ans, je peux fièrement dire que je n’ai jamais été infidèle, ce qui ne veut pas dire que je ne le serai jamais. J’espère mais il suffit de dire jamais pour que ça arrive donc je ne dis rien. Mais il me paraît inconcevable d’avoir un amant « juste comme ça », je ne vois pas l’intérêt. Pour moi, un amant, c’est un coup de cœur irrésistible, il ne peut en être autrement. Si je regarde l’histoire avec mon terrible démon tentateur, je crevais d’envie de lui, c’est clair mais ce n’était pas juste un homme qui me plaisait physiquement, il y avait une connivence entre nous, un feeling. Je ne dis pas qu’il était également attiré par moi, je dis juste qu’il y avait une bonne entente. Bon, il est vrai que pour ma part, je suis du genre « je veux pouvoir me regarder dans la glace le matin » donc prendre un amant juste pour me faire secouer le cocotier, j’ai des doutes. A moins que ce ne soit un accord entre mon chéri et moi, après tout, allez savoir.
Puisque je n’ai pas vraiment d’expérience en la matière (enfin, il m’est arrivée d’être maîtresse mais parfois en méconnaissance totale de cause), je vais parler des expériences des autres. Comme vous le savez, je m’occupe du forum de TMF.com et c’est fou comme l’infidélité, ça fait causer. Je commence à animer un (tout petit) peu le site d’un autre journal féminin, moins trendy et plus familial dans l’esprit et là, pareil. Sur les parentaux, Ioulia observe le même phénomène. Il y a grosso modo deux écoles :
- j’ai pris un amant pour retrouver les délices du début, les sensations d’une relation qui commence. Certaines postent même pour dire qu’elles veulent un amant, point. Je ne les juge pas, je trouve juste ça toujours un peu curieux comme idée. « Tu vois, ce matin, je me suis réveillée et j’ai voulu un amant ». Je ne suis pas assez naïve pour ne pas savoir que des tas de femmes mariées hantent meetic et co pour se trouver un amant mais je ne cesse de me demander comment on est prise de cette idée. En tant que célibataire, ça m’arrive bien sûr, mais en couple, ne vaut-il mieux pas essayer de ranimer la flamme avec son officiel avant de décider comme ça qu’on allait se prendre un officieux ? N’ayant pas été en couple pendant une dizaine d’années, j’ai pas la réponse.
- j’ai craqué sur quelqu’un, j’ai pas pu résister. Là, ça me paraît plus naturel. Quand on est en couple, il est assez naturel d’avoir des élans vers d’autres personnes. Ce que j’ai mal vécu à l’époque avec mon démon tentateur, aujourd’hui, je le vivrais mieux. Avoir des désirs, ce n’est pas être coupable. Après, à chacun de voir ses limites. Les miennes étaient clairement définies : je ne voulais en aucun cas blesser Guillaume et comme je ne sais absolument pas mentir, j’aurais pu me tatouer « infidèle » sur le front que ça n’aurait pas été plus flagrant. La morale ? On s’arrange tous de la morale, on le sait bien. Même si la question m’a taraudée longtemps après : ai-je été bridée par mon amour pour Guillaume et donc ma volonté de ne jamais lui faire de mal volontairement ou par la morale ? Qui de l’œuf ou de la poule ? C’est un peu pareil.
Je lis les histoires de ces femmes, parfois de ces hommes. Il est très facile de condamner dans l’absolu, de dire que c’est mal. Bon, si le couple s’est entendu comme ça, c’est leur problème mais c’est rarement le cas. Je les lis et leur souffrance est flagrante. Ils et elles sont partagées entre leur amour pour leur officiel et celui pour l’officieux, ils sont dans le désespoir : trop d’amour, impossible de choisir et ça fait deux voire trois malheureux, si le cocu est au courant. Et c’est quand je lis ça que je me demande si je serais même capable d’être infidèle. Je me connais, je suis hypersensible et si je ne conçois l’infidélité que dans un coup de cœur, ça veut dire que je ressens, si ce n’est de l’amour, du moins une grande affection pour l’amant. Tout ça donne une soupe de sentiments indigeste et impossible à avaler pour moi. Je préfère fuir la complexité autant que possible. Du coup, quand je lis tout ça, je compatis au malheur des autres mais je me dis que le jeu n’en vaut pas forcément la chandelle, du moins pour moi. En même temps, j’écris cet article et je m’amuse de constater que je me sens presque obligée de justifier mes penchants fidèles.
Drôle d’époque. Mais n’oubliez pas, les infidèles, d’effacer vos textos adultérins.






