Il y a une phrase qu'on entend souvent lorsque nous sommes célibataires « je ne comprends pas pourquoi tu es célibataire ». Ce qui constitue en soi un compliment, ça sous entend que nous avons toutes les cartes en main pour trouver une moitié mais tant de condescendance... Ca fait grincer les dents.
Le célibat n'est ni une maladie ni une tare, à priori, mais socialement, ce n'est pas si bien admis que ça, apparemment. Les gens ne conçoivent pas que le célibat peut aussi être un choix et non une croix à porter. Pourquoi suis-je célibataire ? As-tu seulement envisagé que c'était un choix personnel ? Dois-je forcément dire nous pour que tu arrêtes de te préoccuper de mon sort ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et pourquoi il y aurait une raison précise, pour commencer ?
Parfois, je regarde des émissions comme Confessions Intimes. J'en ai honte. Autant j'assume mon visionnage de pas mal d'émissions merdiques, autant ce genre de programme me rend malade à regarder, je me trouve aussi déplacée que les gens qui regardent un accident en espérant voir du sang. Parce qu'au fond, c'est pareil : des couples qui ne s'aiment plus se battent devant les caméras, s'insultent mais nous expliquent qu'ils restent ensemble par amour (au moins oui) ou pour les enfants. Je ne suis pas sûre que voir ses parents s'insulter soit une bonne chose pour un enfant mais je ne suis pas pédopsy, peut-être ai-je tort. Alors, forcément, quand je vois ça, ça calme un peu mes envies de couple à tout prix.
Evidemment que parfois, on a envie de bras compatissants après une dure journée, de juste dormir avec quelqu'un sans être obligée de passer à la casserole, de faire des projets à deux... Mais je ne suis pas prête à le faire à n'importe quel prix. Sans vouloir péter plus haut que mon cul, je me sais jolie, drôle et j'ai une bonne situation, je ne vais pas me jeter au cou du premier qui dit oui juste pour ne plus être la célibataire de service.
Je peux aussi des donner des réponses au pourquoi. Outre le fait que je n'ai pas envie de m'engager avec n'importe qui (comme la plupart des gens, je n'enfonce qu'une porte ouverte), pour trouver quelqu'un, faut faire des rencontres et y a des moments où c'est pas facile, facile. Je commence un nouveau boulot, je ne sors jamais avant 19h30-20h et après, j'ai juste envie de rentrer me coucher. Oui, j'ai pas eu de vacances depuis Noël (dans une merveilleuse ambiance où j'ai passé mon temps à courir les magasins et à consoler ma mère qui pleurait souvent), je suis physiquement à bout. Je perds littéralement la tête, je tape mon code de carte bleue sur mon digicode, je me retrouve dans le métro sans me souvenir d'avoir pris le train... Heureusement, les vacances arrivent. Mais voilà, je n'ai ni le temps ni envie de chercher pour le moment.
Mais au fond, peu importe les pourquoi et les parce que. Répondre au pourquoi serait se justifier alors que je n'ai à me justifier de rien. Je ne ressens pas la morsure de la solitude et je ne vois pas vraiment comment je pourrais vu que je suis très entourée par mes amis et mes amants. Célibataire, oui, seule, non. Autant j'ai mal vécu mon absence d'emploi qui me faisait sentir incomplète (« c'est quoi ta profession ? - Heu ben je n'en ai pas... - Ah... »). Mais là encore, travail et amour se rejoignent. On ne sait pas toujours pourquoi ça ne le fait pas malgré la qualité de notre profil. Quoi que si je continue dans la comparaison, peut-être qu'en amour comme dans le travail, j'ai peut-être pas focalisé sur le bon truc. J'ai par exemple longtemps cru que mon diplôme était un argument vente mais que je souffrais d'un manque de réseau alors qu'aujourd'hui, je me rends bien compte que mon diplôme ne m'a servi strictement à rien mais ça, j'y reviendrai ailleurs. Peut-être qu'en amour aussi, je me focalise peut-être trop sur un truc, pensant que c'est un atout ou un défaut et qu'en fait, non, ce n'est pas ça. Bien qu'il me semble avoir isolé un point intéressant à ce sujet et j'y reviendrai une autre fois.
Quoi qu'il en soit, j'ai décidé aujourd'hui de répondre n'importe quoi à cette question. Le prochain qui me pose la question, je me demande s'il n'entendra pas un « parce que je suis hermaphrodite et que j'ai aussi un pénis, ça en effraie plus d'un... ». Très distingué.
















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