C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
(NB:tous les personnages décrits dans cet article sont des personnages on ne peut plus malheureusement et piteusement REELS dont n'ont été modifiés ou inventés que les noms)
1/Benjamin est un petit garçon de 8 ans dont les parents ont décidé de l'envoyer en colonie de vacances, où il se trouve que j'oeuvrais en tant que joyeuse animatrice avec tout le packaging chansonspetitsjeuxmoyensjeuxgra
2/Micheline a 28 ans (oui, je sais, comment peut-on décemment avoir 28 ans et s'appeler Micheline, mais laissez moi tranquille un peu, c'est mon article j'fais c'que je veux), des yeux bleus, des gros nichons (wouuuouuu, rien qu'avec ces mots là et l'aide de google,j'ai dû récolter quelque 15478 lecteurs en plus), et absolument aucun amour propre ni même sale d'ailleurs. Micheline est cultivée, elle fait des études, et ne fréquente que des gens cultivés, mais surtout pas intelligents. Ce qu'elle aime, c'est jouer. Et particulièrement avec ceux qui eux ne veulent pas jouer. Elle aime faire croire aux garçons qu'elle est fragile et ingénue, et surtout qu'elle est disponible. Elle aime s'asseoir sur leurs genoux, jouer un peu avec leurs cheveux en riant à leurs blagues et soupirer sur son "physique ingrat" et sur ses "kilos en trop" pour les entendre dire que "elle est fooollle voyons, elle est super belle comme fille", [NB: un petit coup de culture confiture pour briller en société: quand quelqu'un vous dit "mais j'suis trop mooooche" dans l'unique espoir de vous voir affirmer le contraire, ça s'appelle un Chleuasme] tout cela bien sûr, pour finir, une fois que le garçon en question aura mis sa personne et sa dignité à ses pieds en lui déclamant des sonnets qu'il aura lui même écrits à la gloire de ses gros nichons (wouuouuu, 14874 nouveaux lecteurs), par lui signifier qu' elle n'a absolument aucun sentiment pour lui mais qu'on reste amis, hein, surtout.
3/Louis a 52 ans. C'est un fringant homme mûr, dans la force de l'âge. Il fait du sport et s'active beaucoup, et il a plein d'amis. Louis, son super kiff, (car Louis sait parler aux jeunes), c'est le pouvoir. Il est atteint d'une certaine et pathologique névrose qui fait qu'à 6 ans déja, quand Mozart composait ses premières oeuvres, le petit Louis persistait à se prendre pour Napoléon, ce dont il a d'ailleurs gardé quelques séquelles qu'il tentera de compenser avec des talonettes. Armé de sa folie des grandeurs, ainsi que de sa rolex et de son nouveau jouet qu'il a fait venir directement d'iltalie, (livré avec la guitare) Louis pense qu'il sait tout et peut tout faire. Avec l'aide de Dieu et du Public,un jour peut-être il règnera sur la terre et tous les connards qui la peuplent. Amen.
4/Jean Jacques Rousseau disait: "la jeunesse est le temps d'étudier la sagesse. La vieillesse est le temps de la pratiquer". ....et Huguette n'a manifestement pas bien saisi la chose. Huguette a 80 ans, elle est à la retraite et habite un petit appartement parisien. Huguette, ce qu'elle aime, c'est son caniche nain "pépètte" qui, lui, n'aime personne. Pépètte est un chien délicat et de caractère, il ne faut point le contrarier, même s'il jappe lamentablement à la gueule de tout ce qui bouge et pond des étrons puantesques en plein milieu de la rue, sur lesquels on ne manquera pas de venir joyeusement glisser alors qu'on est en blanc, et en jupe bien sûr. Et tandis que son insupportable roquet prend bien le temps de renifler en vrac tous les poteaux du coin, mes jambes (en y laissant bien sûr au passage un peu de canigou au canard laqué du repas du midi qui était resté dans ses adorables bouclettes de menton) et le cul des autres petites merdes chihuahuasantes qui polluent les rues et le calme de nos appartements, Huguette finit tranquillement son paquet de gâteaux et, sans même jeter un coup d'oeil à la poubelle qui lui tend son sac à 2 mètres de là, le balance par terre avant de se remettre en route en évitant soigneusement l'étron encore fumant de son gremlins fétide. Bref, je suis consciente que l'expérience est un atout majeur de la vie, qu'elle forge l'esprit, qu'elle aide à se définir une morale, des principes de vie; que c'est en faisant des erreurs, en souffrant et en expérimentant les choses qu'on peut vraiment en saisir les enjeux et en tirer les leçons qui s'en imposent, mais quand même, y'a des fois, j'ai juste ces quelques mots (tellement vrais) de Brassens qui me reviennent en tête... Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan
Par Diane
Plantage de décor : j'étais il y a peu en train de déjeuner avec mes amies Gudule et Cunégonde, cette dernière nous contant ses aventures avec ce qu'elle appelle son « amant », qui équivaut en langage de djeuns contemporains, -d'après ce que j'ai pu lire dans cosmo en tous cas- au très populaire « sex friend », c'est à dire un jeune étalon avec lequel on biscote ardemment de temps en temps, quand on en a envie, sans attaches affectives intensives, et sans qu'il aie à venir nourrir le Chat Perceval quand on part en vacances. Devant le récit de ses biscotades légères et libidineuses, je vis soudain Gudule pousser de gros soupirs et nous avouer toute penaude que, elle qui était en couple sûr stable solide depuis plus de 5 ans, elle qui nous contait souvent ses petites joies concubinantes (et je ne vous raconte pas toutes les allusions tendancieuses qu'on peut tirer de ce néologisme là), eh bien elle, en écoutant Cunégonde, sentit soudain le démon de l'envie s'emparer d'elle. Elle enrage, elle en désespoir, elle en mollesse ennemie de son petit couple gentillet option ikéa et dimanche en famille.
Alors moi, je compare.
1/Gudule soupire sur l'étiolement de la passion qui aux premiers temps de leurs florissantes amours enflammait leurs âmes et leurs libidos. Elle se rappelle, l'œil humide et lointain, les temps où Childebert aurait creusé la terre jusqu'après sa mort pour couvrir son corps d'or et de lumière...
Aujourd'hui Childebert, Humain trop humain, se gratte les coudes devant le match de foot et se tripote le bide qui grossit au fur et à mesure des descentes de bières.
2/Les Passions de l'âme ont déserté son quotidien, et elle nous rappelle qu'être en couple signifie également subir tout un tas de petits désagréments matériels tels que la belle-mère qui critique ta ratatouille (vous mettez trop de poivrons, Gudule !), le caniche quipuequipète de la dite belle mère à sortir, et surtout à supporter, ou encore les moultes névroses que votre cher compagnon prendra bien soin de vous imposer.
3/Gudule nous avoue qu'elle jalouse aussi ce petit goût de liberté qui a déserté ses pensées. Etre en couple, c'est être, d'une façon ou d'une autre, attaché à l'autre. Si l'on veut tout d'un coup partir à l'autre bout du monde, là où on dit qu'il y fait toujours beau (c'est là que migrent les oiseaux), il faut penser à l'autre (et si lui il veut pas ? je pars quand même ou pas ?). Ou, à échelle plus réduite, si j'ai envie de sortir le soir, de partir en week end avec une amie, il faut toujours prévenir l'autre, avoir en quelque sorte « des comptes à rendre », elle sent que ça enlève à sa vie une sorte de spontanéité.Et à passer sa vie aux chaud dans ses pantoufles
il se pourrait alors que vos amours s'essoufflent...
Et voilà t'y pas que Cunégonde en rajoute une couche que ouaaaiiis c'est top kiffe cool la vibe le sex friend. Alors moi, je m'interroge
CRITIQUE DE LA LIAISON PURE
Cunégonde nous affirme donc que l'hédonisme est un humanisme, qu'elle se consacre à la jouissance totale et sans entraves morales ou matérielles, qu'avec son « amant », vu qu'il n'y a pas d'attaches, elle se sent d'une liberté totale et se permet plus de choses, laisse parler ses fantasmes et ses instincts, sans se réprouver, et je ne parle pas que de biscotage, bande de pervers libidineux que vous êtes. Etant donné qu'elle ne se sent pas redevable vis à vis de lui, qu'elle ne cherche pas particulièrement à lui prouver quelque chose, à attester qu'elle est une fille bien et intelligente et spirituelle et morale et que sais-je encore, elle se sent totalement désinhibée et par conséquent laisse s'exprimer ses instincts que la bonne morale ou la Métaphysique des mœurs réprouveraient. Mais à passer sa vie à jouir de ses instincts, se pourrait-il alors que cet amour soit vain? (excusez moi lecteurs, d'avoir pour mes refrains, pris, l'esprit joueur, goût à l'alexandrin...)Et là, voyant Cunégonde empêtrée dans ses chimères et sachant que l'Avenir d'une illusion n'est jamais rose, je me sentis immédiatement investie d'une mission de plombage d'ambiance et de raisonnage caractérisé. Je lui sortis donc, en contrepoint de son éloge de la folie et peut-être aussi pour rassurer notre larmoyante Gudule prête à s'enfuir à Acapulco avec Miguelito le serveur Mexicain du bar, deux arguments :
1/L'authenticité : je me demande : le fait d'être totalement désinhibé, sans entraves aucune, est-il facteur d'authenticité ? Est-ce être vraiment soi que de ne pas se réfréner ? Est-ce que notre raison, notre morale ne fait pas partie de nous autant que nos vices ?
2/L'intimité : et là, c'est à mon humble avis l'argument en béton, celui qui fait s'écrouler les 99 autres pro-amant-coupdevent qu'on avait pu énumérer avant. La légèreté, la liberté totale de mouvements, la pure indépendance peut aussi avoir ses inconvénients, la légèreté à son revers qui est la solitude, le manque de solidité. Ne pas avoir d'épaule sur laquelle pleurer ses états d'âmes, ne pas avoir quelqu'un qui aie besoin de nous, bref ne pas connaître ce petit frisson serein, cet étrange sensation d'harmonie et d'apaisement qui nous traverse quand on entend la voix ou quand on sent l'odeur de l'autre sur un vêtement laissé là, c'est quand même louper un sacré bout d'essentiel.
Et me voilà lancée devant mes deux amies sceptiques dans une critique ou plutot un éloge d'une hypothétique et idéale liaison dialectique, qui serait faite bien sûr d'un dialogue entre la liaison pure et la liaison pratique, où seraient habilement mêlés l'intime et le léger, et où une heureuse Cunédule roucoulerait des jours heureux en compagnie d'un homme à la fois raisonnable et exalté, une sorte de Roméo pantouflard qui ferait la cuisine en lui récitant du Lamartine.
Et Cunégonde de me répliquer : « A quoi ça sert d'en discuter de toute façon, puisque je suis heureuse » ....Les gens heureux sont désespérants.Salomé est un mythe. Et comme tout mythe, elle est le reflet de ce qui perturbe nos âmes. Elle est dans tous les esprits, que ce soit l'esprit des hommes qui en sont victimes, ou celui des femmes qui sont tiraillées entre l'envie de la maudire ou de devenir elle. Petite piqure de rappel. Qui est Salomé?
Salomé est une princesse juive évoquée dans un épisode de la bible. Sa môman ayant épousé le tétrarque Hérode (qui n'était autre que le frère de son mari originel), le saint Jean-Baptiste s'était opposé à cette union en disant que franchement, épouser le frère de son mari, c'est pas très cool. La môman en question n'ayant pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds par un moralisateur hippie aux cheveux longs, elle a ordonné à sa fille, Salomé,de danser devant Hérode. La danse de la jeune fille fut un tel enivrement des sens qu 'Hérode lui promit sur le champ ce qu'elle voudrait, fut-ce la moitié de son royaume. La jeune demoiselle lui a demandé, je vous le donne Emile.... la tête du saint sur un plateau. (et au sens propre du terme) Et de ce petit épisode biblique mineur (quelques lignes seulement), l'imaginaire humain en a tiré un mythe, et a fait de Salomé l'incarnation absolue de la femme fatale, fascinante et dangereuse, le fantasme masculin à l'état pur.
Salomé est la femme-enfant. Elle marche pieds nus et porte en elle l'insouciance et la naïveté et une sorte d'instinctivité d'enfant pas encore éduqué, est capable de répondre à une déclaration d'amour enflammée d'un homme au désespoir qui mettra sa vie et son âme à ses pieds un "c'est gentil" agrémenté d'un petit rire cristallin et cabotin, et ne prend jamais rien au sérieux. Elle joue avec la vie autant qu'avec les hommes qui lui vouent la leur.
Salomé est la femme sensuelle. Elle matérialise en elle tous les instincts de la chair, et soupire la luxure aux corps transis d'un désir moite et irrépréssible. Elle s'exprime avec son corps, et ses mouvements sont ceux d'une créature libre et sans entraves, qui ne se met aucune limite ni aucune contrainte.
Elle ne brille pas par son esprit. Elle n'est qu"un corps, une enveloppe sublime et vide que les hommes pourront remplir de leur imagination. Ce n'est pas que Salomé n'aie pas d'esprit, c'est qu'elle a celui que l'homme lui choisit, et lui invente. Idéaliser la femme ne revient pas à l'immatérialiser. Au contraire, ce n'est pas le corps qui est exclu mais le reste: non l'enveloppe mais le contenu, auquel l'homme préfère substituer sa propre version.
Salomé est une étrangère. Elle a le charme mystérieux de l'orient, une odeur d'épices et de fleurs rares, et l'envoutant langage de l'inconnu.
Salomé est dangereuse. Elle n'est pas offerte, elle est à conquérir, et même quand elle se donne, rien n'est jamais certain, elle reste un être libre, pour lequel la fidélité est contre-nature car elle signifie une retenue de ses instincts. Et elle ne se retient jamais. Elle est à la fois cruelle et fascinante, elle est "la femme essentielle et hors du temps, la bête vénéneuse et nue, la serve absolue du diable" (Huysmans), qui cristallise toutes les craintes de l'homme à propos d'un sexe qui l'attire et le repousse tout à la fois (le temps où la femme était l'incarnation du diable n'est pas si loin que ça, finalement...). Chez Salomé, l'être disparaît sous l'apparence, elle séduit les âmes romantiques car elle stimule l'imagination. Elle incarne le mystère, l'ambiguité physique et morale, l'équivoque et le danger, et elle est la manifestation du désir de l'homme de fuir l'ennui et de sa soif d'absolu, de connaître l'abandon aux forces obscures et irrationnelles.
Elle est le pouvoir démoniaque de la séduction féminine. Elle et ses copines Eve, Circé, Dalila, Hélène, Cléopâtre et bien d'autres "prouvent assez que,depuis le commencement du monde, elles sont faites pour combattre l'idéal, humilier l'homme et perdre les empires" (Flaubert, le sexe faible). Elle dispose de l'esprit des hommes comme il lui plaît, elle charme, séduit, ensorcèle jusqu'à ce que la folie vienne leur titiller l'âme.
Et le pire, c'est qu'il ne s'agit pas ici du bon vieux lieu commun de l'homme aveuglé par l'amour. La plupart du temps, l'homme réalise ce qu'elle fait de lui, il sait et assiste à sa propre déchéance sans pouvoir rien y faire, ou plutôt sans vouloir rien y faire car elle éveille en lui la jouissance absolue, celle qui combine la jouissance du l'âme, du corps et de l'esthète, quitte à tout se faire piétiner après. Et la femme là dedans me direz vous?
Eh bien la femme, elle lutte, elle lutte entre la tentation d'envoyer balader tous ses principes moraux pour devenir elle aussi cette enviable incarnation du désir masculin (car, si on est dotée d'une plastique adaptée, devenir Salomé n'est pas si dur que ça au final: il suffit de n'avoir plus aucune considération pour l'autre et de ne rien dévoiler de soi et pouf, on devient une mystérieuse et irrésistible sirène indomptable) ....et celle (la tentation hein, suivez un peu) de votre petite conscience morale qui vous dit que, au final, il vaut mieux être aimée que vénérée, car l'amour naît de ce que l'on est et la vénération de ce qu'il s'imagine qu'on est... Bref, Salomé est insupportable dans tous les sens du terme, elle est (encore une dernière et après j'arrête avec les citations, mais j'y peux rien, c'est trop beau Huysmans) "la deité symbolique de l'indestructible luxure, la déesse de l'immortelle hystérie, la beauté maudite, élue entre toutes. La bête monstrueuse, indifférente, irresponsable, insensible, empoissonnant tout ce qui l'approche, tout ce qui la voit, tout ce qu'elle touche..." , elle est là, présente dans tous les fantasmes masculins et les tentations féminines, elle nous sublime et nous gâche la vie à la fois, et c'est insssuppoooorrtaaaaaable!!!!
Un beau matin tiède de printemps, je me réveillai ma foi plutôt de bon poil,l'oeil vif et le petit coeur gonflé d'une matinale espérance en l'avenir proche, à savoir la journée à venir. Après avoir envoyé un petit doigt de pied en éclaireur hors de la couette pour vérifier si le milieu extérieur n'était pas trop hostile et avoir constaté avec satisfaction que la température ambiante y était plutôt douillette, je me lançais donc d'un seul élan volontaire et décidé hors de mon lit , bien décidée à empoigner la vie, la coeur léger et le bagage mince.
Bon, dans mon cas, j'avoue qu'après m'avoir pris quelques "ta gueule pétasse", "occupe toi de ton cul" et autres joyeusetés dans la tronche, ça a un peu refroidi mes ardeurs justicières du coup...
Françaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes,Pierre, pierrot, lecteurs chéris mon amour,
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c'était chouette."






