C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Par Diane

Un beau matin de juillet que les petits zoziaux zoziautaient et que le gros soleil soleillait, Bob le grillon se promenait dans un petit champ de lavande aux senteurs exquises qui fragrait à ne plus se sentir sentir sous un beau ciel de provence. Tandis qu'il lustrait un peu ses pattes en jetant un coup d'antennes au dehors pour détecter la présence d'un éventuel casse croute dans les environs, ne voilà t'y pas qu'il croise, au détour d'un brin de lavande chatouilleur, son vieux cousin Bill.
Ravi de croiser son vieux cousin, il s'apprêtait à aller le saluer et éventuellement lui proposer une chasse aux termites (très goûtus avec un peu de ketchup), quand il s'arrêta, étonné de voir son cousin l'air contrarié, aux prises avec une mini-tronçonneuse (à l'échelle grillonesque, précisons le). Il s'avança alors vers lui:

-"Salut à toi cousin Bill! "-claironna t'il-, "comment te portes tu donc?"

-"Très bien cousin Bob," lui répondit le premier, toujours visiblement concentré sur l'insolite objet qu'il tenait entre ses pattes. Il le jaugeait, le soupesait, et appuyait sur un ou deux boutons histoire de voir ce qu'ils déclenchaient.

-"Et dis moi cousin, la curiosité me saisit: que comptes tu donc faire avec cette tronçonneuse?"

-"Oh, ça," répondit Bill en souriant, "vois tu, c'est pour me couper les pattes. Mais en réalité, je me trouve devant quelques petits problèmes techniques. Tout d'abord, l'engin me semble peu maniable. Et de plus, si je le tiens d'une patte pour m'en couper une autre (et ainsi de suite), avec quoi vais-je le tenir pour me couper la dernière?
Non, vraiment, c'est un gros problème..." et là dessus il prit un air taciturne et commença une série de manipulations avec son thorax en s'aidant d'un caillou pour tenter de faire tenir la tronçonneuse sans les pattes, échouant à chaque tentative et poussant des gros soupirs de mécontentement.
Bob, de plus en plus décontenancé, lui tint à peu près ce langage:

-"Mais dis moi Bill, pourquoi veux tu diable te couper les pattes??"
Ce dernier prit un air étonné, et, sans cesser de trifouiller sa machine, lui répondit, légèrement agacé:

-"Mais voyons, c'est pour faire comme Cricri!"
-"Cricri?"
-"Mais oui, Cricri le grand Grillon sauveur de tous les grillons! mais de quel champ de lavande sors tu donc?"
Sortant du champ de lavande voisin, Bob interloqué avoua n'avoir jamais entendu parler du grand Cricri, et avoua derechef ne pas bien saisir qui était ce grand Cricri. Un ami à lui? Le propriétaire de la réserve des termites?

Bill, lachant une seconde sa machine, soupira et lui répondit:
"nononon, tu comprends tout de travers. Le grand Cricri est notre sauveur. Il sait tout et contrôle tout. Le grand Cricri est amour."
-"...et c'est ton grand  Cricri d'amour qui veut te couper les pattes pour te sauver? Il te l'a demandé? Je ne saisis toujours pas..."

-"Mais non voyons, je ne l'ai jamais rencontré, personne ne l'a jamais rencontré."

-"Mais comment sais tu qu'il existes alors?"

-"je le sais, c'est tout."

-Cette réponse le laissant perplexe mais voyant qu'il n'obtiendrait pas davantage sur le sujet, Bob relança Bill sur cette histoire de pattes coupées qui décidemment l'intriguait beaucoup.

-"Eh bien vois tu, le grand Cricri lors de sa grande traversée du champ de lavande maudit, se fit couper les pattes par une moisonneuse batteuse de tous les diables.Et après, elles ont repoussé presque instantanément!  Ainsi, pour être un bon grillon, je dois aussi me couper les pattes. C'est parfaitement logique. " ....et, prenant un air docte (car il allait à l'école grillonesque), il ajouta: "oui, parfaitement logique, tous les philosophes te le diront, c'est une méthode imparable qui s'appelle syllogique. Les chats sont mortels, socrate est mortel donc socrate est un chat. parfaitement logique, te dis-je, donc il faut que je me coupe les pattes" et sur ces belles et doctes paroles il reprit son instrument.
Bob écarquilla les antennes et répondit à Bill, la voix un peu échauffée:

-"je ne sais pas qui est ce chat Socrate, mais je peux te dire que vouloir se couper les pattes à cause d'un champ de lavande maudit et d'une moisonneuse batteuse, c'est bien bêt....c'est bien humain! et que vas tu bien pouvoir faire sans tes pattes? MMmm? Comment te déplacer? comment attraper les termites? tu n'aurais plus l'air d'un grillon! A vrai dire, tu n'auras plus l'air de rien! Je refuse de te laisser faire ça!" et là dessus Bob entrepris de lui oter la tronçonneuse des pattes.

Bill se facha tout rouge:
-"EEeeehh mais dis donc, veux tu lacher ça! Occupe toi donc de ce qui te regarde! Si je veux me couper les pattes, c'est mon affaire! c'est ma liberté individuelle de grillon! Et si j'ai envie d'être un grillon sans pattes, pourquoi ne le pourrais je pas, puisque c'est mon choix?"
Bob, estomaqué, balbutia: "m-m-mmais, parce que ce choix là va t'empêcher de pouvoir faire d'autres choix dans ta vie! que oui, je ne suis pas toi, mais je suis un  grillon, je suis ton cousin, et je n'ai pas envie que tu deviennes un thorax grillonant, un semblant de grillon! Et pour tes petits grilloneaux, hein? Crois tu vraiment que te couper les pattes soit dans leur meilleur intérêt?

Bill souffla en reprenant vigoureusement sa dangereuse machine: -"Rhhoo, laisse moi tranquille! De toute façon, réfléchis un peu: si je coupe mes pattes, elles vont repousser, comme celles du grand Cricri! Ainsi j'aurais mes pattes, je suis un bon grillon, ,et j'aurais ma piscine de termites grillées promise à tout bon grillon." Et là dessus il s'éloigna.

Bob, à court d'arguments, ne sachant que répondre à l'imparable logique de son cousin, se mit à marcher, pensif, dans ce champ de lavande dont le parfum commençait à faiblir. Au bout de quelques brins, il croisa un groupe de trois grillons en pleine conversation, dont l'un tenait un couteau suisse, l'autre un katana et le troisième une pierre à aiguiser.
Il commença à faire quelques pas en leur direction, puis se ravisa. N'ayant sur lui qu'un peu de bon sens, il décida de tourner les pattes et de retourner dans son champ.
Publié dans : Diane
Lundi 29 juin 2009

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Par Diane

Parce que de temps en temps il fait bon prêcher pour sa paroisse et se rappeler ce pourquoi et ce en quoi l'on croit.
J'ai acquis avec le temps une sorte de conviction qui me fait dire que l'homme ne peut pas vivre sans une sorte de croyance, sans avoir foi en  quelque chose. Sinon c'est juste trop dur, d'avancer sans savoir ou, ni pourquoi.
Pour beaucoup, ça va être la foi en un dieu. Soit. Personnellement, Dieu, je n'y crois pas. Et la meilleure "preuve" que je puisse trouver à mon sens à la non-existence de Dieu, bah c'est tout simplement que j'aimerais mieux y croire. Le sens de la vie, la vie après la mort....dieu donne un peu trop toutes les réponses à nos angoisses les plus profondes pour être crédible, à mon sens je le répète.
Pour ceux qui ne croient pas en dieu, il reste d'autres choses en quoi croire: certains vont croire en la raison, d'autres au hasard, d'autres encore aux mathématiques, et vont chercher là dedans les explications à leurs questions existentielles. Il y a des hommes capables d'expliquer tout l'univers avec une équation.
En ce qui me concerne, je suis plutot du genre rationnel, et j'ai tendance à aller chercher les réponses à mes questions dans les livres. Quand je ressens un besoin particulier, je me dirige vers ma bibliothèque ou celle des autres et va y puiser de quoi le combler, ou du moins en partie.

Parfois, il m'arrive de ne pas comprendre un comportement humain. Le mien, celui d'un autre. Alors je me penche vers ceux qui ont passé du temps et de l'encre à tenter d''expliquer ce genre de choses. Psychologie, psychanalyse, neuro-biologie (vulgarisé, hein...)...chacun y va de sa petite théorie. Et que je crois en l'une ou en l'autre ou pas, ça donne toujours des clés d'explication.

Parfois, encore, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, on a envie d'y échapper quelques instants, et je me dirige alors vers Sherlock holmes, Philéas Fogg, M. Jourdain,  Rodrigue....rien que le fait de tourner les pages a quelque chose de confortant, chaque froissement de page tournée nous éloignant un peu plus du lourd fardeau du temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre.

Et puis parfois, toujours, souvent me vient l'envie de ce sentiment très étrange -que je ne me suis jamais parvenu à expliquer mais dont j'espère ardemment qu'il ne disparaitra jamais- que je ressens parfois, au fil de mes lectures. Je lis, mes yeux parcourent les lignes, et puis tout à coup, au détour d'un vers, d'une virgule, ou même sur le suspens d'un mot, je m'arrète, sans même m'en rendre compte, et je retiens mon souffle un moment, de peur de la voir s'échapper, cette petite émotion fugitive mais d'une densité émotionelle et esthétique extraordinaire, que faute de mieux (et qu'on me pardonne  la banalité de l'expression) j'appellerai simplement la beauté du mot. Le mot qui dans un tout autre contexte n'est rien qu'un signe, un assemblage de lettres arbitraire à qui l'on a donné un sens, mais qui à cet endroit précis du texte s'auréole d'une sorte de magie fugace qui nous maintient en l'air quelques secondes, nous fait lever les yeux du texte et suspendre notre lecture un instant, en tentant de la retenir encore un peu.
Ces petits instants là sont rares et précieux dans une oeuvre. A mon sens, on reconnait un bon écrivain à ce qu'il est capable, ne serais-ce qu'une fois, d'engendrer de tels instants.
Allez, je vous en donne un des miens, ne serais-ce que pour mon plaisir égoiste de le relire. (Par une sorte de superstition je pense, je ne relis pas trop souvent mes petits moments de beautés fugaces préférés, je crois que j'ai peur que si je les lis trop souvent, ils vont s'échapper)
Dans l'acte V scène 5 de Cyrano de Bergerac, à la toute fin, Christian est mort depuis longtemps, Cyrano n'a jamais avoué son amour à Roxanne, et continue tous les samedis à aller la voir au couvent où elle s'est recluse. Ce samedi ci, Cyrano a été victime d'une attaque, il arrive au couvent blessé (sans que Roxanne ne le voit, il dissimule sa blessure), et agit comme d'habitude, tout en sachant que la mort n'est pas loin. Le soir tombe, ils sont dehors, un soir d'automne, et regardent les feuilles mortes tomber.

ROXANE
A ce moment, un peu de brise fait tomber les feuilles.

CYRANO
Les feuilles !

ROXANE, levant la tête, et regardant au loin, dans les
allées

Elles sont d'un blond vénitien.
Regardez-les tomber.

CYRANO
Comme elles tombent bien !
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d'un vol !


Voilà, juste quelques vers, et peut-être qu'à vous cela ne fait strictement rien, mais à moi cela me hérisse jusque les poils du nez.

Alors voilà pourquoi, voilà pourquoi à tous ceux qui me répètent et me répèteront que la littérature, ça ne sert à rien, que ce n'est pas "utile", que ce n'est pas ça qui va relancer l'économie, qu'il faut faire S si on a des bonnes notes en maths même si on n'a absolument aucun intérêt en la matière, à tous ceux là je leur répondrais que nous n'avons pas la même notion de l' "utilité", voilà tout. Qu'il y en a qui n'ont pas pour but absolu dans la vie de faire plein de fric.
Notre président à répondu aux plaintes des enseignants sur les réformes de l'enseignement que ces réformes allaient permettre de les payer plus. Les enseignants lui ont répondu que l'argent ne faisait pas partie de leurs revendications, et  que ce qu'ils voulaient c'était des formations solides et des professeurs compétents dans leur matière. Mais peut-il simplement saisir cela? Que le progrès puisse consister en autre chose qu'avoir un plus haut salaire?
Je n'ai pas envie que cet article dérive en pamphlet politique, déja parce que je ne m'en sens pas capable, et ensuite parce que ça m'emmerderait profondément, mais il faut avouer que il y en a un qui a particulièrement le don de m'énerver, quand il s'"y met.

Donc je me permettrais juste de répondre aux propos de notre président dans un discours fait à Lyon en 2007:
« L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de la Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle ! »

Je ne sais pas vous, mais moi j'ai pas particulièrement envie de vivre dans un monde où les professeurs de français lisent la princesse de Clèves et la guichetière Biba. Et à mon humble avis cela relève d'un esprit aussi étriqué que stupide de penser qu'il faille un bac + 5 pour apprécier un livre, un film ou un tableau. L'art et la culture, c'est pour tous, et il revient à certains de les rendre abordables à d'autres, de les rendre compréhensibles.

Et pour conclure, je ne résiste pas à vous citer quelques passages de Victor Hugo à propos de Napoléon le Petit (Napoléon III) qui pourront vous sembler un brin familiers et qui parlent d'eux mêmes.

" Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.  Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.  L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé."
Publié dans : Diane
Mardi 21 avril 2009

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Par Diane

Chers et bien aimés petit lecteurs,
En ce moment, je vous avoue que je n'aie pas vraiment vraiment le temps de me lancer dans de grands articles métaphysico-philosophiques de 578 lignes comme vous les attendez ardemment, j'en suis sûre. Alors en attendant, je vous propose juste une petite anecdote courte et légère pour nous aérer l'esprit et se foutre un peu de la gueule du monde comme il se doit.
Attentionnn, tattataaaaaa, aujourd'hui: SuperDiane fait de l'esprit.

Tout à l'heure, je me baladais sur l'avenue le coeur ouvert à l'inconnu, et je vois une chose qui a toujours particulièrement eu le don de me réjouir, qu'un pequenaud égosanstrique s'est garé en double file
1/dans une rue en double sens, qui n'a que deux voies, donc une pour chaque sens
2/et en plus que de l'autre côté de la rue, y'a de la place pour se garer.
Et là dessus, voilà t"'y pas qu'un autre specimen du même type, voit la chose, et du coup se gare juste derrière lui.
Il sort de sa bagnole, et ayant surement remarqué mon regard appuyé et dépité dans sa direction, me lance un aimable et jovial:
"quoi, qu'esse qui y'a?"

[il me faut ici faire une petite parenthèse explicative. Ayant constaté que l'énergumène avait en gros vu l'autre faire une connerie et en avait profité pour suivre le mouvement, il m'est tout de suite venue à l'esprit une image que vous mes chers petits lecteurs cultivés aurez tout de suite repérée]

Bref, je lui réponds donc: "Vous connaissez Panurge?"

Ce à quoi il baragouine un truc du genre "quoi cé quoi ça?"

Moi: "Vous devriez lire Rabelais"

Lui: "hey tu m'insultes là ou quoi?"

Moi: "ah non, je me moque de vous, c'est différent"

Lui me gratifie alors d'un magnifique et poétique: "mais dégage connasse!"

Moi, avec un large sourire à l'appui agrémenté de cette jouissance absolue et totale de celui qui est tout fier de la blagounette qu'il s'apprète à faire: "ahhh ça par contre, c'est une insulte"

Et sur ce je m'en retourne avec la bénédiction énergique et quelques autres rimes en "-asse" de notre petit mouton.
Bon, c'est peut-être puéril de ma part, mais c'est une des rares fois de ma vie où ça m'a amusée de me faire insulter...
Publié dans : Diane
Mardi 24 février 2009

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Par Diane

Cher petit lecteur, aujourd'hui j'ai une petite anecdote à te raconter. Une petite anecdote anodine comme ça arrive tous les jours, mais que, quand on y réflechit vraiment, pour un être humain est beaucoup plus déprimante que toutes ces soi-disant catastrophes rrrrhhhaaaaaabanquespouvoird'
achatchomage qu'on nous sert tellement à tous les rateliers que ça en devient presque banal.

Bref, cet après midi, j'étais à la défense où une quantité impressionnante  de gens sans pouvoir d'achat se ruaient les uns sur/sous/dans les autres et les magasins en pleine folie de soldes. [c'est quand même fou ce phénomène de société moderne et pourtant fichtrement néaderthalien que sont les soldes. On se croirait dans un documentaire animalier sur planète: " la femelle, en période de rut soldesque, a tous ses sens en alerte. Elle développe un instinct particulier et aiguise finement son mode d'action. Quand elle a repéré sa proie, elle observe, les narines à l'affut du moindre chanel n° 5 alentour, son périmètre d'action. Elle guette soigneusement les autres femelles potentiellement rivales avant de fondre en un éclair sur sa proie, non sans écharper à coup de talons aiguilles dans le tibia tout danger potentiel qui s'approcherai un peu trop près de la cible repérée". Bref j'ai l'impression que toute ton éducation, les dures années de labeur des parents, des professeurs, des nounous et de pratique intensive du bouddhisme tout d'un coup ça compte plus, on fait pouce, et c'est retour à la jungle. Fin de la parenthèse]

Bref, moi j'y étais pour aller m'acheter le dernier Thorgal que tout le monde il a oublié de me l'offrir à noel, donc je le fais moi même, non mais.

Mais là n'est pas l'intérêt principal, j'y viens, un peu de patience. Faut bien vous faire mariner un peu, hein, sinon c'est pas drôle, et puis c'est tellement déprimant que rien qu'à l'écrire, je tire une tronche de quatre mètres de long.

Donc, je suis sur le chemin de retour chez moi, quand dans le RER je croise un jeune homme de ma connaissance, camarade de fac, qu'il se trouve qu'on prépare le même concours.

Et le jeune homme en question me raconte qu'il y a quelques mois, il était à la BU (= bibliothèque universitaire pour les intimes) dans la salle de prêt et que deux jeunes hommes à l'air préoccupé sont venus lui demander un service.

En gros: "rrhhaaa on a un partiel demain, et on a absolument besoin de codes civils mais on peut pas emprunter de bouquins, est ce que tu peux silteplait les emprunter pour nous c"'est super important"
Alors lui, méfiant, leur demande l'assurrance qu'ils rendront les bouquins, ils promettent, et alors il leur fait confiance, et emprunte les bouquins sous son nom.

Et voilà, quelques temps après, il reçoit un courrier de la BU lui demandant de rembourser le Code civil qu'il n'a pas rendu...
Et là je me demande: mais comment est ce qu'on peut faire ça? En plus cette raclure de bidet est censé être étudiant en DROIT! Il étudie le droit, qui est tout de même fondé sur l'idée de JUSTICE, et il se permet un truc pareil...

Ces temps ci, je suis entourée autant que vous tous par un cortège médiatique d'infos toutes plus joyeuses les unes que les autres, entre  le mot à 5 lettres qui fait peur à tout le monde, (et ne pas le citer est le meilleur moyen de se rendre compte à quel point on nous l'a bien fourré dans le crâne: vous l'aurez tous reconnu...), le chomage, les déboires de nos chers ministres.....eh bien je crois que c'est la chose la plus déprimante que j'ai pu entendre.

Et après, on se met à la place de mon camarade de promo: la prochaine fois, qu'est ce que je fais? Est ce que j'ai eu tort de vouloir faire confiance gratuitement à un autre être humain? Est ce que je préfère devenir super méfiant, me fermer comme une huitre et dire non à tout ce qu'un inconnu me demandera, ou alors est ce que je préfère me faire avoir de temps en temps, et garder confiance en l'autre?

Bref, quoi qu'il en soit, si par un grand hasard le petit con qui n'a pas rendu ce livre échouait sur ce blog et lisait ces quelques lignes, je tiens, du fin fond de mon être vers l'espèce de bouillie putride et inconsistante qui te sert de conscience, à t'exprimer l'expression de mon plus profond mépris.
Publié dans : Diane
Vendredi 16 janvier 2009

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Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes: je suis un tantinet énervée.
Je passe une année difficile, je prépare des concours, je n'ai pas cette année une vie sociale particulièrement déjantée, (et c'est un euphémisme) par conséquent, quand je sors,  je le fais dans une perspective de détente absolue, de purifiage de cerveau et d'aération de l'esprit.
Or, avant hier soir, il se trouve que je suis allée au cinéma, chose que je n'avais pas faite depuis un certain temps.
Alors déja, quand on arrive et qu'on voit qu'une place de cinéma chez gaumont, c'"est à 10 euros 20, y'a de quoi calmer son homme, et encore plus sa vingtenairette étudiante fauchée. Monsieur Gaumont n'a manifestement pas compris le principe de la crise, et pourtant c'est pas faute d'avoir à chaque bon dieu de foutue seconde qui passe non pas un, non pas deux, mais une bonne multitude de rappels radio/télé/journaux/zapping/
magazines/gens dans le métro qui ne manquent pas de nous flanquer à coups de massue médiatique dans la tête que oui, c'est la crise, oui, c'est la déchéance totale et absolue, même que les américains ils se retrouvent dans la rue et que nous ça devrait pas tarder et que ça va en s'empirant de jour en jour, ça s'empire, et pas que l"argent sale. (mouahaha)
Ensuite, on voit que tiens, c'est moins cher avec une carte imaginaire, ahhhh ça va ptêtre servir à quelque chose finalement d'être une étudiante sans avenir (de lettres, je précise, hein). Et puis on arrive en bas, là où les monsieurs gaumont ils vérifient ton billet, et ils me demandent ma carte imaginaire, et je leur tends, et là, là bien sûr...: "ah bah y'a un problème là mademoiselle parce que normalement avec la carte imaginaire ils donnent une carte 'bons plans' et il faut montrer la carte bons plans pour pouvoir bénéficier de la réduction carte imaginaire..." -Silence-. "euhhh jeune homme arrêtez moi si je me trompe mais s'ils donnent la carte bons plans avec la carte imaginaire et que je suis en mesure de vous montrer ma carte imaginaire avec ma petite photo dessus qu'on voit bien que c'est moi même si bon, elle date de trois ou quatre ans mais je n'ai pas tellement changée que ça non plus soyez polis hein, eh bien il me semble que logiquement même si je n'ai pas ici tout de suite la carte bons plans qu'ils m'ont donné avec, cela signifie que j'en suis détentrice théorique non? " ... "euhhh il faut montrer la carte bons plans mademoiselle..., et si vous l'avez pas il faut remonter pour payer le supplément".
Passablement énervée, je lui jette donc mon regard le plus noir et retourne en haut payer ce fucking supplément (et non, je ne lui ai pas mis mon petit poing dans sa grande gueule et lui disant "dégage microbe tu m'gonfles") et vais donc m'asseoir un chouilla fulminante au fond de ma (petite) salle de cinéma obscure.
Et là, là, commence la séance pub/bandes annonces.
Je sais pas vous, mais moi j'ai toujours adoré la séance pub bandes annonces. Déja, parce que les pubs c'était jamais les mêmes qu'à la télé, et y'en avait juste deux ou trois, et toujours pour des glaces ou du chocolat.
Et là, devant mes yeux hagards et ma tension qui commençait à sérieusement monter, j'ai assisté à un phénomène qui m'a vraiment, mais vraiment mise hors de moi.

 Non seulement il n'y a eu presque que des pubs et une seule bande annonce, mais en plus, en plus, en plus (oui, je répète trois fois tellement c'est énorme et scandaleux).....ils ont passés les mêmes. Si. La même bande annonce pour ce putain de nouveau Disney qui a l'air à chier  (le pauvre Walt doit pleurer dans sa tombe), deux fois, à 2 minutes de décalage. Et la même pub pour HP non pas une, ni deux, ni même trois, mais QUATRE FOIS, bordel de bordel de merde à la con!
Oui je sais, ce n'est pas nouveau, même si c'est relativement récent, leur campagnes de pub où le principe est de nous rentrer dans la tête à coup de marteau piqueur et d'inlassables répétitions leurs minables petits slogans qu'accompagne une pathétique petite mélodie (ça rentre bien, les mélodies, dans la mémoire): "mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros!"

Et je ne sais pas vous, mais moi ,la première fois que j'ai vu ça à la télé, j'ai eu le stupide et naturel réflexe de me dire "tiens, y'a un bug là" de même que dans ma salle de cinéma, au retour de la bande annonce du disney pourri, je me suis retournée vers le projectionniste en pensant "bah alors billy, tu t'es planté, t'as remis la même bobine là!". Et puis la pub HP est revenue, et revenue encore, et j'ai regardé le visage des gens derrière moi, et ils avaient même pas l'air étonnés, ils regardaient l'écran, c'est tout.
Et là je me dis mais jusqu'à où ça va aller? Est ce qu'on se rend compte à quel point ce matraquage télévisuel et médiatique fait de nous des petits cobayes consommateurs soit, ça c'est pas nouveau, mais surtout nous prend pour des cons?
Non mais franchement vous allez pas me dire que ça marche non plus! Vous n'allez pas me dire (sil vous plait ne me dites pas) que vous, entendre : mercurochrome le pansement des héros!mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros! mercurochrome le pansement des héros!" ça vous donne envie d'aller acheter  ces putains de pansements de mmmeeeerrrrddde, et pas plutot d'étrangler le concepteur de la pub et même le gosse qui est dedans avec ces pansements merdiques! (et leur faire bouffer la boite tiens, tant qu'on y est)

Non mais franchement, le disney  là, je m'étais déja rendu compte qu'il avait l'air pourri la première fois, c'est pas en en remettant une couche que ça va me faire changer d'avis, bien au contraire!
Qu'il y ait de la pub, soit, nous sommes des consommateurs, c'est la loi du marché blablabla d'accord, mais pitié qu'on arrête de nous gaver comme des oies (qu'on est pas, bordel! cf titre) jusqu'à nous faire péter le bide et les neurones pour pouvoir nous ouvrir et nous bouffer tranquillement avec un délicieux chianti sur l'autel du temple boursouflé de la consommation où des publicitaires ignares et incontinents, trempant dans leur sauce d'auto-satisfaction fétide, se lèchent leurs mains sales  et leur orgueil rempli de merde en se félicitant entre eux à coups de chiffres imbéciles d'être les maîtres d'un monde sans âme et sans vie où l'homme méritant est celui qui parade sur la première marche du podium médiatique pour avoir remporté la médaille d'or de l'accroche-connards!!
Bref, je suis énervée.
Publié dans : Diane
Mardi 9 décembre 2008

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