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La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Par Tatiana

A la suite d'une note lu sur le blog du 
nectardunet qui parlait de partir vivre ailleurs j'ai donc voulu partager avec elle et donc avec vous mon expérience propre. 

Cela fait maintenant plus de sept mois que je suis à Santiago au Chili et je commence à avoir du recul par rapport à mon expatriation. Déjà, certains d'entre vous qui n'aurait pas lu tous les épisodes se demandent pourquoi donc j'ai choisi ce pays ? Surtout en ce moment quand on voit ce qui s'y passe.  Il faut dire que j'ai pas eu bien le choix, enfin j'avais le choix de ne pas tomber amoureuse d'un chilien ou de décider de ne pas continuer avec lui. Mais comme je suis du genre impulsive et que j'y croyais, j'ai décidé de tout laisser tomber et de venir vivre avec lui. Choix que je ne regrette pas du tout et si c'était à refaire je le referais. 

Cependant, je suis plus nuancée sur mon expérience du pays. Genre j'aurais rencontré un australien ou autre ça aurait été pas plus mal. Je pense que l'expatriation tu la vis différemment selon si c'est toi qui choisis la destination ou pas. Moi par exemple, j'aurais pas choisi un pays où y a des megaséismes, et où il fait très froid l'hiver et très chaud l'été. Du coup je vis parfois mal les moments de blues car ils me sont en quelque sorte imposés dans le sens où à la base j'étais pas attirée par ce pays. Je pense que ça me rend aussi très critique sur la société chilienne. Ce qui m'amène à ma deuxième réflexion : c'est différent de venir vivre en vacances quelque part et d'y vivre. Quand je suis venue au Chili la première fois c'était juste pour les vacances. J'ai rencontré des gens sympas et mon mec actuel. Tout de suite quand je l'ai rencontré, comme ça commençait comme une histoire sérieuse, je me suis posée la question "est-ce que je pourrais vivre ici ?" Et je dois avouer qu'au début je me disais que oui sans problèmes. Ça n'avait pas tellement l'air différent de l'Europe. En plus le Chili c'est pas la Colombie, c'est un pays où il n'y a pas tellement de violence et stable. Après sept mois passé ici mon jugement est tout autre. Sauf concernant la sécurité, parce qu'après être revenu du Brésil, je confirme qu'ici c'est sûr. La société fonctionne de toute autre manière et la culture n'a rien à voir. Dur dur de s'adapter donc. Premier exemple flagrant qui est pour moi un gros obstacle à mon intégration ici : le monde du travail. Ici nous avons une société ultra libérale où tout est régit par la loi de l'offre et de la demande. Pour vous dire même dans les super marchés les prix varient chaque semaine selon si les produits se vendent bien ou pas. Forcément les salaires sont très bas et par exemple dans ma profession le salaire moyen c'est 300 000 pesos soit 450 euros à peu près. Certains vont me dire que c'est pas comparable car la vie est moins chère. A ceux-là je dirai que non c'est pas possible de vivre avec ça. Donc moi, en bonne française, je me refuse de travailler pour un salaire de misère et me faire exploiter. La conséquence c'est de vivre un peu en marge de la société, et donc de se sentir pas vraiment intégrée. Ensuite on a la culture qui reste très latine avec une vie centrée sur la famille et pas sur les amis. Mais je connais d'autres personnes qui vivent leur expatriation mieux que moi parce qu'elles travaillent, qu'elles ont des amis, ou qu'elles kiffent la vie de famille. 

Il parait qu'il y a trois étapes psychologiques lors de l'expatriation : une phase d'excitation du à la découverte, une phase rejet du pays pendant laquelle on commence à tout détester et on veut rentrer chez nous, et la dernière qui est la phase où on s'adapte et prend ses marques. Moi je suis passée par toutes ces phases et je me trouve entre la deuxième et la troisième. Non pas que la France me manque tant que ça (à part le fromage et d'autres trucs, je tuerais pour un morceau de st nectair), mais pendant un moment je me sentais tellement rejetée par le pays que je me suis mise à le détester. je ne voulais plus parler espagnol et tout. 


Mais ne soyons pas tellement négatif car l'expatriation ça a du bon. D'abord ça t'ouvre l'esprit. C'est bien de voir d'autre modèle de fonctionnement que son propre pays, ça permet aussi de prendre du recul. On se dit "ah oui tiens c'est pas bête ça ils devraient faire ça en France". On découvre une autre culture, on rencontre des gens nouveaux (même si ça devient pas des super amis c'est toujours cool). On apprend une nouvelle langue. Pour ma part je parlais que 3 ou 4 mots d'espagnol en arrivant ici et maintenant je parle mieux espagnol qu'anglais. pour vous dire j'utilise même le subjonctif. The classe quoi ! Au final je pense qu'on ne sort jamais totalement perdant d'une expatriation, on va forcément apprendre quelque chose. Ne serait-ce qu'on ne veut pas vivre définitivement dans le pays où l'on se trouve.  

Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 10:18

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