Hier, j’ai donc fait ma maline en expliquant que héhé, ahah, j’ai
fini un vilain bouquin et que depuis, j’en ai lu deux. Et bien parmi ces deux, il y avait Tribulation d’une caissière d’Anna Sam, super vite lu mais bien écrit et qui m’a fait réfléchir sur
deux ou trois points. Ce qui va nous faire 2 ou 3 articles et voici le premier : les achats honteux au supermarché.
Anna consacre donc un chapitre aux achats honteux, ce que l’on n’ose pas trop exhiber devant la caissière parce que hum hum… Parmi ceux-ci, les préservatifs et
autres lubrifiants. Pour être tout à fait honnête avec vous, ce n’est effectivement pas ce que je passe en caisse d’un air triomphant. Ce n’est pas tant qu’il est gênant d’avoir une vie sexuelle
(je dirais que de ce point de vue là, on pourrait limite faire des envieux), c’est juste d’exposer ce fait à des regards parfois un peu inquisiteurs. Pink avait fait une BD sur le sujet, par exemple. Et même si je fais ma fille super
libre, tout ça, y a toujours un petit moment de gêne. Lundi, par exemple, je vais faire des courses. J’avais prévu un 5 à 7 (enfin, un 22-0h plutôt) avec un charmant jeune homme, j’achète de quoi
dépoiler la bête (moi, pas lui, je ne dépoile pas mes invités) et en cherchant du dentifrice (là, sans rapport, je n’en avais juste quasi plus, mon tube agonisait), je tombe sur le rayon capotes
et je regarde, forcément. Oh waaah, ça a l’air top les capotes super supra lubrifiés, une lubrification continue durant tout l’acte. Ah mais super, paie ton arnaque : comme l’emballage est
un peu différent, t’en as 10 dans la boîte pour le même prix que celles de 12. Oh, une boîte avec des cotillons dessinés dessus pour de folles parties avec plein de capotes rigolotes à
l’intérieur (dont des à la fraise, yeurk !). Je prends ? Je prends pas ? Je prends ? Ouais bon, il m’en reste à la maison, on attendra Noël, ça passera presque inaperçu. Parce
que y a quand même quelque chose qui m’échappe légèrement dans toute cette histoire. Il est de notoriété publique que les gens ne sont pas particulièrement à l’aise dans l’achat de capotes en
supermarché. Alors pourquoi ils mettent des packagings argentés, fluos, que tu reconnais à 10 lieux à la ronde ? Pour nous apprendre à assumer notre vie sexuelle ?
Bref, je m’étends sur les capotes mais c’est d’un autre truc que je voulais parler, surtout, c’est du papier toilette, ze PQ. Alors Anna nous explique que les gens
ont relativement honte d’acheter du PQ, ce qui me dépasse légèrement. Oui, lecteur, vois-tu, comme tout être humain, je dois évacuer les déchets de mon corps et comme je ne vomis que très
rarement (depuis presque 3 ans, je crois), il faut bien que j’utilise les voies que la nature m’a donnée. Oui, j’évacue, je défèque et après ? J’ai la décence de m’essuyer après m’être
adonné à mes bas instincts et alors ? Je pousse même le vice à repartir avec mon paquet sous le bras vu que ça prend une poche en entier…
Idem pour les tampons. Oui, j’ai mes règles, je les ai même une fois par mois et après ? Je ne vais pas rougir devant la caissière qui vit, généralement, la
même chose que moi régulièrement, qui doit aussi mettre tampon ou serviette. Au pire, ma caissière apprendra que je ne suis pas enceinte mais je ne pense pas que cette info (ou son inverse)
l’intéresse particulièrement. Je n’ai pas honte du vide mon utérus !
Mais je trouve ces petites pudeurs assez marrantes, au fond. On a beau avoir des milliers d’années d’évolution derrière nous, évoquer de façon dérivée notre nature
humaine et nos plus bas besoins fait toujours rougir. Ceci étant, parfois, j’apprécierais un peu plus de pudeur sur le sujet genre ce serait merveilleux que des hommes arrêtent de pisser dans les
couloirs du métro. Non mais c’est vrai ! En temps que femme, je suis censée avoir une plus petite vessie que vous messieurs et j’arrive à me retenir jusqu’à trouver des toilettes, je pense
que ça n’est pas au dessus de vos forces d’en faire autant. Si ?
Publié dans : Phénomènes culturels
Jeudi 26 novembre 2009
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15:04
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