C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.
Premier article chez les vingtenaires ! Angoisse tenace parce qu’en un article je vais me faire détester en moins de deux ! Tant pis… je ne suis plus à ça près. J’ai décidé de râler alors je râle.
Lecteur assidu qui a suivi nos frasques à Nina et moi même avec les 2 vieilles des Deux Magots, j’aimerais aujourd’hui, te faire part d’une autre de mes révoltes inspirées de cette rencontre fructueuse également.
Voilà, ça fait deux mois et demi que je suis en recherche d’emploi. Non, ne t’enfuis pas je vais pas me plaindre de ça ! Je dis volontairement « recherche d’emploi » et non chômage parce que c’est exactement de cela qu’il s’agit. Certains l’ignorent sans doute, mais c’est une activité qui remplit l’emploi du temps d’une journée. Entre les réponses aux annonces correspondant à mon profil et répondant de près ou de loin à mes attentes, et la recherche de contact dans les boites pour lesquelles j’adorerais travailler, je te le dis, lecteur, ça occupe. Y’a bien des moments de relâche, c’est vrai, je suis pas une machine non plus, simplement parce qu’il devient nécessaire de prendre l’air avant de sombrer dans une déprime digne de 10 ans d’analyse chez un psy, genre par exemple après avoir lu « Les diplômes qui donnent du travail » dans le Nouvel Obs. Bien envie de faire un feu de cheminée tout d’un coup, je sais pas pourquoi….
Alors quand en plus on me dit, forcément après un de ces moments de relâche, sans doute pour plus d’impact dans la culpabilité : « mais t’es pas censée (rien que ce mot j’adore déjà) chercher du boulot toi ? » ou pire « t’as envoyé plein de CV au moins aujourd’hui ? » . C’est vrai que c’est au kilo de CV envoyés qu’il faut raisonner pour savoir si je fais bien mon boulot de recherche d’emploi et si je suis une candidate sérieuse à la palme tant prisée qu’on appelle CDI.
Encore s’il n’y avait que ça, demi mal, mais non, y’a encore tout ces gens si bien attentionné et si bien informé parce que eux ils ont un boulot, comme la petite vieille des Deux Magots, qui entre nous n’a pas la moindre idée de ce que peut être la case chômage du Monopoly de la vie, enfin si je suis méchante, elle sait, parce que la petite fille de la cousine de sa concierge, elle est au chômage depuis deux ans, donc forcément elle sait ce que c’est, et qui parce qu’on lui dit « juriste » crois que tout est acquis sans même savoir ma spécialité, et si j’avais fait droit canonique moi d’abord ? Bon, coup de bol, dans ma spé, normalement y’a du boulot, voire même de plus en plus mais ce qui me tue c’est ces gens qui n’ont pas idée de l’impact que peut avoir leur manière de minimiser les difficultés, genre ma pauvre fille y’a du boulot tu dois vraiment pas être douée pour pas trouver ou ceux qui comme à l’ANPE, maximise les difficultés et vous foute un coup de déprime en deux secondes : « Ah, les Assedics vous on mis en risque peu élevé de chômage prolongé ? Je suis beaucoup moins optimiste moi ! »
Et puis pour terminer le tableau, les gens vraiment gentils, vraiment plein de bonnes intentions qui pensent à vous et essaient de vous aider dans ce moment de flottement, comme ma Grand-mère qui dès qu’elle entend le mot « propriété intellectuelle » m’appelle comme si elle avait trouvé le St Graal, en me disant « il faut que tu postule ma chérie ! »
Sauf que voilà, il cherche un avocat, Mamie, pas un juriste, et je ne suis pas avocat moi !!!
- Mais c’est pas grave, postule quand même, tu sais jamais !
- Si, justement je sais, et j’ai pas envie de passer pour une gourde qui ne sait pas lire une annonce !
Et ça, ben , ça a du mal à faire son chemin dans sa tête et elle n’est pas la seule ! Ah oui, je suis bête, c’est vrai que la valeur d’une candidature dépend du kilo de CV envoyés !
Sauf que voilà, je préfère y aller prudemment mais sûrement, je préfère postuler à des annonces qui correspondent à mon profil (avec la seule réserve des années d’expérience demandées que je ne respecte jamais) en privilégiant une bonne lettre de motiv et en consacrant le reste de mon temps à des candidatures spontanées plutôt que d’envoyer à tords et à travers 150 000 mails telle une spammeuse professionnelle !
Je sais pas l’idée de ne pas complètement me griller dans le milieu avant même d’avoir poussé la porte d’entrée me plait assez ; l’idée de me renseigner un minimum sur la boîte pour laquelle j’envisage de travailler me plait aussi assez histoire de faire une LM appropriée peut être et aussi d’éviter d’arriver le jour de l’entretien la bouche en cœur : « euh, vous faites quoi vous déjà ? »
Moralité, si les gens débordant de bonnes attentions, parce que c’est le cas en général quand même, c’est pas non plus volontairement méchant, pouvaient deux secondes réfléchir avant de donner des conseils bidons et limite culpabilisant pour certains, ça nous arrangerait grandement, nous les rechercheurs d’emploi ! Parce que contrairement à ce qu’on croit, c’est pas parce qu’on est au chômage qu’on ne sait pas comment on fait pour trouver un boulot !
Le problème c’est qu’en général, on cherche pas UN boulot, mais LE boulot, et ça, ça fait une sacrée différence.






