C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.
Janvier 2004, cours de sociologie politique avec un prof tout gris. Je vous jure, la première fois que je l’ai vu, j’ai cru avoir un problème de vue… Donc, dans son cours, le monsieur nous dresse la liste des facteurs influant sur le vote des gens : région de naissance, éducation, milieux fréquentés, affection ou inimitié envers le candidat… Bref, des facteurs, y en a tout plein et il nous le prouve, tableau de corrélations à l’appui. Or ce qui n’influence pas, par contre, c’est la télé. Et bien oui. Pour l’élection de De Gaulle en 58, ils ont étudié les foyers télévisés et les autres et à l’arrivée, ça n’a rien changé. Les médias non influents ? Selon un chercheur américain* dont j’ai oublié le nom et vu que mes cours de socio sont décédés en même temps que mon disque dur et que j’ai la flemme de chercher, vous saurez pas qui. Donc ce monsieur a étudié l’influence des médias sur le vote et voici sa conclusion : ça n’a pas d’influence sur ceux qui ont déjà une opinion. Et je plussoie, comme on dit maintenant. Prenons le cas d’une citoyenne lambda, moi. Imaginons que je regarde l’émission « j’ai une question à vous poser » avec M. Sarkozy comme invité. Et bien, même si j’avoue que ce mec est fort à l’oral, quoi qu’il fasse ou quoi qu’il dise, j’ai allumé la télé SACHANT que je ne voterai pas pour lui. Et ce n’est pas deux heures de show télévisé qui vont me faire changer d’avis. Qu’il soit bon ou pas. D’ailleurs, je me demande dans quelle mesure un audimat ne vaut pas autant qu’un sondage puisqu’on a plus de facilité à regarder une personnalité politique qui a les mêmes idées que nous que leurs contradicteurs. Par exemple, mes parents ne regardent jamais les gens du PS ou presque. Et je pense que ce ne sont pas les seuls. Bref, je pense que les gens ayant un avis arrêté ne pourront en aucun cas être influencés par les médias, quels qu’ils soient. Par ailleurs, si on y regarde de plus près : en 2002, Le Pen n’a eu droit à quasi aucune tribune dans la presse : il arrive au deuxième tour. En 2005, les médias sont à fond pour le oui au référendum, c’est le non qui passe. En 2002, le 3e homme, c’était Chevènement. Qui ça ? Actuellement, c’est Bayrou, on verra fin avril ce qu’il en est.
Je vous entends déjà des voix s’élever : « non mais attends, en 2002, l’insécurité, tout ça, machin ». Je ne le nie pas. Il est vrai que les journaux télés ont donné une image peu plaisante de la France, où les vieux se font piller et rosser par des jeunes, voire même violer comme super Mamie. Les sauvageons ont pris possession de la banlieue et lorgnent désormais sur nos jolis quartiers résidentiels, il faut les bouter hors de nos quartiers et les laisser dans leurs ghettos, que diable ! Mais là, encore, je me pose la question d’un terrain favorable ou non pour accueillir ce genre de théories. Dans mon cas, je regarde les infos comme les autres et l’insécurité ne m’a pas fait changer mon vote en 2002. Là, je suis totalement catastrophée par la campagne de Ségolène Royal, censée être « ma » candidate et je commence très sérieusement à lorgner les autres candidatures pour trouver une échappatoire parce que là, c’est plus possible. Et me sortez pas le couplet du « han, 2002 t’a pas suffi ?? ». Ben merde alors, c’est ma faute aussi si elle se chie dans les grandes largeurs ? Et je ne suis pas victime de l’hypermédiatisation de ses bourdes, elle ne m’a JAMAIS convaincue, ni aujourd'hui, ni quand elle s’est prononcée contre le mariage homo car « de façon toute personnelle, je suis contre le mariage ». Super mais c’était pas la question. Bref, je m’éloigne de mon propos. Ce que je veux dire c’est que ceux qui ont voté en 2002 l’auraient-ils fait sans l’hypermédiatisation de l’insécurité ? Je pense que si certains hésitaient à le faire et ont finalement été poussés par certains faits d’actualité, effectivement, faut arrêter de se voiler la face. Oui, ce visage de la France fait peur, il est dérangeant et laid. Mais ouvrons un peu les yeux, c’est pas trois journaux et deux reportages qui ont crée ce rejet de la France Black Blanc Beur, comme on dit. Oui, la télé (surtout elle) véhicule des clichés sur les djeunz de banlieue parce que ce sont pas tous des trafiquants qui font des tournantes dans les caves. Mais les médias ne sont pas le seuls responsables non plus. C’est tellement facile de se racheter une virginité en trouvant un coupable idéal mais à la libération, beaucoup se sont cachés derrière les pendus pour plus qu’on les voit. Désolée, chuis à fond dans la seconde guerre mondiale, en ce moment, même dans Hannibal Lecter qui est un film qui puire.
Bref, je n’ai pas voté Le Pen en 2002 et je le ferai pas en 2007. J’ai pas voté Jospin non plus à l’époque mais je vois pas en quoi je serais responsable de son échec. C’est pas moi qui me suis abstenue ou qui ai chié ma campagne dans les grandes largeurs. Parce qu’il faudrait un peu arrêté de croire que c’est toujours la faute de l’autre. La France n’est pas une terre de tolérance et c’est pas la faute des médias. C’est plus profond que ça.
Commentaires
Bien sûr que les médias (tous confondus) ont une influence sur le vote des gens et bien sûr que ce n'est pas non plus la seule influence.
Pour prendre un cas récent, est-ce qu'il n"était pas évident pour tout le monde que Ségolène Royal serait la candidate du PS bien avant les primaires ? Elle a quand même été l'objet d'une surmédiatisation, elle a été vue bien plus que DSK ou Fabius et les gens du PS ont été limite "obligés" de la désigner candidate au vu de cet engouement médiatique.
Pour le "non" à la Constitution, effectivement les médias traditionnels faisaient tous la publicité du "oui" mais le "non" s'est constitué ailleurs : sur Internet (qui se pose de plus en plus en contre-pouvoir des médias).
Evidemment, ce n'est pas une influence simple genre "Sarkozy vient te parler, tu vites Sarkozy" mais la vision du monde, ou du pays, que tu te fais, elle passe par le filtre des médias, et des journaux télé pour la plupart des gens.
L'opinion se construit donc selon les choix éditoriaux des journaux télé, selon l'ordre dans lequel sont traités les sujets, selon l'importance qui est donnée à chacun.
Et ça, c'est pas dur à voir non plus. Pendant un moment, on a parlé de l'Ethiopie et montré la misère là-bas. Ben direct il y a eu des grands mouvements, collecte de riz et tout ça. Un mois après on en parlait plus et c'est sorti de la tête des gens.
(et donc si, un grand mouvement médiatique sur l'insécurité, ça favorise Lepen, il y avait des gens qui n'avaient jamais eu de problème dans leur village et qui voyaient la France comme une jungle, cette vision ils l'avaient bien prise quelque part..)
Prendre les journalistes comme seuls responsables des élections, c'est naïf, évidemment. Mais nier l'influence des médias sur les gens, c'est quand même vachement déresponsabilisant pour les journalistes.
Après, ton exemple sur l'Ethiopie est intéressant mais hors sujet. Donner une image de la France n'a rien à voir avec un sujet qui se retrouve propulsé en une. Tu parles toi-mêmes des contre-pouvoirs médiatiques comme Internet mais ce n'est vraiment pas le seul. Tu as une telle diversité dans le paysage médiatique français qu'ils ne peuvent pas tous aller dans le même sens. Et tu choisis ton média de prédilection en fonction de tes opinions de base.
Après, me fais pas dire ce que j'ai pas dit non plus, j'ai pas dit que les journalistes n'avaient eu aucune influence. Juste que chacun devrait regarder la poutre qu'il a dans son oeil avant de chasser la paille dans celle du voisin.
Et puis la télévision de 1968 n'est pas celle de 2007 !!!
Le journalistes ne sont pas responsable de tout mais certains (a tf1 notamment), doivent prendre un peu plus leur responsabilité en se positionnant et s'affirmant clairement pour tel ou tel candidat (il faut de la... transparence ... :) )
Sinon, selon les mesures médiamétries de février, si on mesure le temps de parole, le candidat de TF1 n'est pas Sarko mais... Bayrou! Comme quoi, quand on a décidé qu'une chaîne était partisane...
En te lisant je constate que nous faisons partie des quelque 50% de Français qui, selon un sondage récent, disent qu'ils ne savent pas encore pour qui ils vont voter au 1er tour. Sondage à prendre avec des pincettes car un grand nombre de ces 50% savent très bien pour qui ils ne vont PAS voter. Perso je voudrais bien que Bové obtienne ses 500 signatures, mais j'ai des doutes que ce soit possible sauf miracle : son staff a bien précisé que c'était aux militants de base, aux enthousiastes qui ont signé la pétition de soutien d'aller rencontrer les élus pour obtenir des signatures, car eux n'ont ni le temps ni l'argent de sillonner la France pour le faire à leur place. Mais, hélas, il est plus facile de signer une pétition que de décrocher son téléphone. (Petite parenthèse attristée)
Sur l'influence des médias je suis partagé, car les travaux que tu cites datent d'avant Internet. Certes, "tout le monde n'a pas Internet", comme on l'entend tous les jours, mais il se trouve que la population internaute aujourd'hui est de celles qui ont le plus d'influence sur les hésitants : les 25-35 ans, les jeunes retraités des classes moyennes... En fait je pense qu'il y a une articulation entre les médias traditionnels et Internet qui est difficile à quantifier mais qui mériterait une analyse socio-anthropologique. Pour quelqu'un qui a construit sa conviction en surfant sur Internet, le média papier, l'émission qu'on recommande aux amis, peuvent servir de "supports de propagande". Exemple : j'ai regardé le "J'ai 1 question à vous poser" de Ségolène Royal, avec beaucoup d'anxiété au départ car j'étais convaincu qu'elle allait se planter... Or elle a fait un "sans faute", je ne suis pas le seul à le reconnaître, et je me suis rendu compte que sa candidature pouvait tenir la route. Qui vivra verra... Mais ce que je veux dire, c'est que j'ai parlé de mon enthousiasme au bureau, à des amis sur Internet, à des gens qui ont dit "tu crois?" et qui sont allés regarder l'émission en différé. C'est une utilisation du média qui n'a jamais été étudiée quantitativement.
Pour le reste, je dis que je sais pas encore pour qui je vais voter mais j'ai quand même une grosse idée, vu pour qui je voterai pas, en effet. Après, Bové, il aura ses voix, c'est démago de filer ses voix à ce mec. Moi, je trouve scandaleux qu'il se présente, il est pas censé être en prison?? Désolée mais pour moi, c'est un bouffon.
Après, je pense que de toute façon, quand tu es contre un candidat, tu le flingueras quoi qu'il arrive. Ségo, ses détracteurs lui ont reproché d'être allée voir l'homme handicapé, genre "c'est démago, c'est calculé. Elle s'attendait à ce qu'il se lève et marche? Mouahahah!".
Après, je pense qu'Internet, encore plus que les médias, tu cherches ce qui va dans ton sens. Tu lis les blogs qui te ressembles, les webzines qui pensent comme toi... Non, je pense sincèrement qu'on surestime le net, surtout qu"on trouve de telles conneries dessus qu'il faut prendre pas mal de choses avec des pincettes.
Après, les indécis, je fais officiellement partie des indécis mais parce que je préfère attendre avant de me prononcer, des fois que (des fois que quoi, je sais pas). Mais bon, j'ai jamais caché mes opinions politique et y a 90% chance que je vote Ségo.
Après, je crois qu'il ne faut pas non plus exagérer l'influence des médias. Je trouve que c'est toujours l'argument trop facile "c'est la faute aux médias" qui évite à tout le monde, et aux politiques en premier, de se poser des questions sur ce qu'il s'est passé. Les Français se sont détournés de Jospin car on parlait trop insécurité? Et si, tout simplement, il avait fait une très mauvaise campagne??
1/ hihi t'es trop mignonne en train de défendre ton milieu alors que personne t'a accusé ;) on dirait moi en train de défendre les profs dans un PMU dela "france qui travaille avec ses mains pour le smic".
il est évident que les médias ne font pas le vote. la meilleure preuve c'estle référendum sur le traité européen : le france dit non alors que 80% des médias ont fait le forcing pour le oui au mépris de toute déonthologie.
et pourtant on ne peut pas nier que le pouvoir des médias est réel EN THEORIE. quand on voit les audiences des grandes chaines nationale, le taux d'éoute des grandes radios. quant on sait que l'essentiel de ces médias se concentre dans 3-4 grands groupes de médias (et quand on sait que les lagardère and co.sont des potes des chirac et sarko)....
mais bon je pense que fondamentalement on vit dans une démocratie mature où les pressions sont moinsfortes que l'intime conviction. et surtout les médias ont moins d'emprise au quotidien que les discussions dans les familles ou dans les cercles d'amis...
Pour le reste, je suis 100% d'accord avec toi. Je ne nie pas un pouvoir des médias, je pense même qu'en tant que journaliste, ce serait grave de le faire mais gardons à l'esprit que les gens ne sont pas des idiots finis qui votent juste en fonction de ce que leur dit la télé. Et selon la sociologie du vote, l'entourage a effectivement beaucoup plus d'influence que les médias.
la médiatisation est un phénomène indéniable qui donne un pouvoir aux médias également, dont ils prennent de plus en plus conscience. je suis pas d'accord avec ton article nina, parce que je pense effectivement que tu tords le bâton dans l'autre sens pour contourner une diabolisation à l'extrême. mais sans déconner : l'exemple de 1958, je le trouve pas à propos : les conditions d'accès aux médias, de massification etc. n'ont rien à voir en 2007 avec ce qu'elles étaient en 58, du coup, l'analyse ne peut pas être la même (à mon avis).
après, je pense que j'ai pas le temps de trop développer, je suis à la bourre pour rejoindre mon père, mais l'idée globale de ce que je veux dire, c'est que là où à mon avis ton analyse pèche, c'est que 1/ralphy : c'est ua niveau des indécis que ça joue, 2/c'est pas minéaire tout ça, c'est pas je te dis x pas bien/je vote y, y a des jeux d'influences compliqués, mais dans lesquels la presse joue un rôle central (pas que la presse télévisée d'ailleurs). toutes ses formes, d'ailleurs. et c'est clairement déterminant en période électorale où la persuasion se fait sur une image publique relayée par...
voilà. pas clair. sorry. c'est que mon avis, à prendre ou à laisser.
Pour le reste, je suis désolée mais je vois pas en quoi Internet peut changer la donne ou autre. Franchement, les gens que je connais ne sont pas influencés par les médias outre mesure. Je trouve que tu diabolises vraiment trop la presse et que tu lui donnes un rôle incroyable, là. Non parce qu'en gros, moi, si je bosse dans un journal, je vous fais voter pour qui je veux, c'est intéressant.
Et après, on dit que je suis méga élitiste et que je prends les gens pour des cons mais finalement... Oui, pour les indécis mais là où Lazarsfeld a tjrs raison, c'est que l'entourage (cercle familial ou professionnel) a beaucoup plus d'influence que les médias, ne serait ce que parce qu'il y a une interactivité entre les deux partis et je ne peux être que d'accord. Après, je vois pas où j'ai dit qu'on votait X parce qu'Y pas bien...
Nous avons une conscience politique, et le plus souvent un avis arrêté mais argumenté sur la question. Et que même quand on vote blanc ou qu'on s'abstient c'est pas forcément parce qu'on a pas réfléchi ou qu'on a fait une grosse chouille la veille et qu'on s'est levé à 20h01. Ca, c'est pour les gens dont je pense tu parles dans ton article.
Mais il reste la foule, celle dont comme le dit si bien Terry Pratchett "le QI moyen est égal à celui de la personne dont le QI est le plus bas, divisé par le nombre d'individus constituant la foule".
Ceux-là quand on leur parle d'insécurité ils imaginent des immigrés, et croyez-moi pour eux un immigré c'est pas un Suédois ou un Danois, qui font des tournantes, braquent des commerces et brûlent des MacDo (un intrus s'est glissé dans les trois éléments suivantes, sauras-tu le retrouver ami lecteur ?). Et ces gens-là quand ils ont voté à droite ou à l'extreme droite, bah ils étaient tout fiers de leur vote qui a fait disparaitre l'insécurité la semaine suivante.
C'est marrant moi j'étais certain que les chiffres de l'insécurité et la hausse de la délinquance étaient dus à la hausse des vols de portable, et que si l'insécurité a disparu la semaine suivante c'est juste parce que des personnes peu scrupuleuses ont demandé à PPD et David d'arrêter d'en parler sauf pour dire que a y'est y'en a plus...
Au royaume des aveugles, le borgne est roi.
Après, je vois pas de quoi tu parles rapport à l'insécurité qui a disparu. Il me semble que depuis 5 ans, le sujet revient régulièrement sur le devant de la scène, y compris hors élections présidentielles...
La télévision n'aurais pas d'influence sur ceux qui ont déjà un avis, mais la plupart des gens sont hésitants, une majorité même. Ce théorème n'est sûrement valable que dans le cas où les médias ne diffusent pas le même message systématiquement (ce qui est le cas d'une propagande).
Je pense que le référendum serait passé s'il le gouvernement n'était pas si peu populaire à cette époque. Ce qui me fait poser cette question ; sommes-nous bien placé pour voter au mieux ?
Ben, il faut voir clairement que malgré le soin que les médias ont pris de dire que ce vote n'avait rien à voir avec le gouvernement, les gens ont voté non pour le sanctionner. Comme quoi, même devant la télé, on n'entend que ce qu'on veut...
c'est la définition de l'aristocratie ça...
si on commence à penser ça on est pas sortis de l'aubergine...
Ben, le problème d'un vote non universel qui ne donnerait le droit de vote qu'à ceux qui sont éclairés, c'est que ces derniers n'ont pas toujours prise avec la réalité des "petites gens", si j'ose dire. Et plutôt qu'aristocratie, je parlerais d'oligarchie...
On est tous d'accord, ce ne sont pas les media qui votent, ce sont les électeurs. Après, les fameux électeurs, il faut bien qu'ils se fassent une opinion, basée sur bcp trop de critères, comme l'opinion des parents, l'histoire, leur situation familiale/professionnelle, leurs amis, les infos qui les touchent, etc. Donc les informations qu'ils recoivent, elles viennent bien de qq part...
Pour exemple, le référendum je l'ai suivi aussi via les media. Et perso, j'étais bien paumé ds cette constit' de chais-plu-combien de pages, et malheureusemt, les media (dont Chirac himself) ne m'ont pas du tout éclairci les idées, loin de là ! Au final, j'ai voté oui, sur les explications de mon père ! Donc pr les autres indécis comme moi, ils ont sans doute choisi le "ds le doute, ne change rien", CQFD (selon moi).
Ensuite, pr 2002, il faut évidemmt reconnaitre que toutes les infos du moment tournaient effectivement autour de l'insécurité, et du bordel ambiant (enfin com dab) que le(s) gouvernement(s) ne savai(en)t pas gérer. Moralité : soit tu votais pour tes idées (auxquelles tu crois dur comme fer), soit tu votais "pour changer" (perso Besancenot), soit tu votais extreme, ou pire : tu votais pas ! Résultat: votes dispersés à gauche (mea culpa), à droite quasi-com dab, et extreme droite, stable comme dab.
Tout ça pour dire, qu'évidemment quand tu crois à qqch, tu poursuis tes idées (les fameux militants). Mais quand tu crois à qqch sans te reconnaitre ds les personnes qu'on te présente, ben tu te sens paumé ! Ex: toi (& moi aussi) avec Ségolène. Donc tu te retrouves pas loin des indécis, à lorgner Bayrou pcq "pourquoi pas ? pas pire". Et là les media, ben ils t'apportent l'information. Donc ils ont bien une certaine influence...
Attention, j'ai pas dit qu'on était des moutons à écouter religieusement PPD ou Claire pdt le dîner familial (encore que y'en a), juste qu'une opinion, ça se forge, et que toutes tes sources d'information (ou le manque justement) peuvent jouer...
Bon en tout cas, ça sera un article à réaction à classer dans les annales :)
Sinon, moi aussi, j'ai voté Besancenot mais pas mea culpa, je suis désolée. J'ai pas voté Jospin parce qu'il a fait une mauvaise campagne et faudrait que le PS arrête de chercher des coupables ailleurs. Ca les arrange bien de dire que c la faute des médias, ça leur évite de se remettre en cause.
Sinon, pour Bayrou, je trouve qu'il mène une bonne campagne mais, finalement, ce qui m'a presque convaincu de voter pour lui, ce ne sont pas les médias mais une conversation que j'ai eu avec une copine vendredi soir qui a eu des arguments qui m'ont fait réfléchir. Donc encore le cercle des relations.
Mais après, je crois que je vais mettre en majuscule la phrase où je dis que oui, les médias jouent mais pas que parce qu'apparemment, personne ne la lit celle là.
Mais les interactions sont compliquées, en 2002 peut-être que si les médias avaient montré plus que Le Pen pouvait être au second tour, les gens n'auraient pas pensé à un éternel second tour gauche-droite et aurait pensé "vote utile" ou "aller voter tout court" dans une sorte d'échange d'opinion entre la masse et chaque individu. Car au fond au moins une personne sur deux ne voulait pas d'un tel second tour. Et dans ces conditions montrer aux gens qu'il y a un risque peut influencer leur décision tout en n'allant pas à leur encontre (au passage rien qu'en employant le mot "risque" ça implique que je ne voulait pas ça -> partialité). D'un autre côté, cette influence laisserait moins de place aux partis secondaires, ce qui n'est pas très juste. Si la diffusion de sondages étaient interdite (elle l'est encore?) c'était justement pour que les gens décident dans leur coin ou en cercle restreint mais pas en ayant une connaissance ne serait-ce qu'approximative de ce que pensent tout le monde afin que chacun donne son avis et pas celui des autres.
La manière de présenter l'info peut aussi poser un problème de neutralité. A propos de l'insécurité, il y avait eu en 2002 l'histoire marquante du père tué par des jeunes alors qu'il venait défendre son fils rackété. On parlait donc de l'insécurité, du manque de policiers, etc. A "Arrêt sur Images" on apprenait que le lendemain du meurtre il était connu que la victime était armée d'un cutter, élément tû par la presse afin de ne pas sous-entendre que la victime nationale aurait pu avoir un rôle actif dans son drame. Par contre comme pour ton interview dont on a retenu qu'une phrase qui allait dans le sens de l'article à écrire, on égrainait les meurtres. Les médias n'ont pas tout dit, il y a eu mensonge par omission.
C'est comme les abus d'enfants et les prêtres ou maîtres d'école. Ce n'est pas vraiment le plombier ou l'analyste-programmeur qui pourra abuser dans son coin des enfants des autres. C'est le contexte de la fonction qui permet à la déviance de s'exprimer, non la fonction elle-même qui par contre marque les gens quand ces actes sont commis. Des éléments touchant la compagne présidentielle présentés de la manière précédente sont intrinsèquement partiellement biaisés.
L'absence de neutralité des médias n'est pas une question simple, elle peut être "justfiée" d'une certaine manière (Jospin risque de ne pas être au second tour! et un traitement égalitaire pour 40 candidats déclarés en précampagne ne simplifierait rien pour les électeurs -> plus de précampagne dans les médias? alors Sarko parle comme Ministre ou futur candidat?) comme elle peut être utilisée à des fins néfastes (régimes autoritaires), comme elle peut être nulle (Balladur au second tour en 95, oui pour la constitution européenne, parce qu'elle reflétait ce que les gens de la télé pensait?), comme elle peut attirer l'attention sur un point précis et prévilégier des candidats par rapport à d'autres. En plus un journaliste/présentateur qui ne dit pas son opinion mais qui risque de la trahir involontairement dans ses propos est-il par conséquent plus neutre que quelqu'un qui ne cache pas son engagement et dont on sait que ses propos sont orientés?
L'influence dépend des situations quoi se présentent aux gens.
Je rejoins aussi des commentaires sur deux points : l'étude avec l'élection en 58, c'est gentil mais les débuts de l'usage de la télé pour une élection présidentielle qui devaient être récents et la manière de faire campagne qui a certainement changé, ce n'est plus pertinent comme analyse (ton prof me rappelle un vieux chercheur qui trouve que les chercheurs de maintenant sont nuls car les "vrais" chercheurs font leurs calculs à la main, pas avec des ordinateurs). NB : de Gaulle a été élu en 58 par 80000 grands électeurs. Il n'y a avait pas encore de suffrage universel direct.
Par ailleurs, les élections se jouent principalement sur les indécis.
Après, je pense que quand tu votes, faut quand mêm prendre la responsabilité de ton choix. Tu donnes ta voix à quelqu'un, ça veut dire que tu envisages qu'il soit au second tour. Le Pen n'a pas vraiment perdu de voix entre les deux tours, ce qui montre que pas mal de gens ont confirmé leur vote, ce qui tend à prouver que ça n'a pas tellement été un vote spontané de colère mais une réelle volonté. Après, on verra ce qu'il se passera en 2007 mais si on se retrouve avec Le Pen au 2nd tour, on pourra pas dire qu'ils ne connaissaient pas les risques. D'autant qu'en 2002, on était plusieurs à craindre ce second tour là donc bon...C'était pas si irréaliste que ça. Sinon, les sondages sont interdits les 15 derniers jours de la campagne. Mais franchement, ça change toutes les semaines, dur de s'y retrouver.
Sinon, les médias mentent par omission? Parce qu'Arrêt sur Image, c'est quoi? Pour la pédophilie, sinon, ton exemple est plus que curieux, n'importe quel personne pédophile peut trouver ce qu'il veut, qu'il soit plombier ou prof. Juste qu'il ne prospectera pas au même endroit...
Aujourd'hui, il y a une telle pluralité dans les médias que je ne vois pas comment on peut dire qu'ils poussent dans un sens ou dans un autre. Si tu lis Libé ou le Figaro, tu seras poussé dans deux sens différents. Après, on nous dit "oui mais TF1, ils sont à droite et ils sont les plus regardés!". Mais peut-être aussi que la France est un pays de droite et que les gens regardent TF1 tout simplement parce qu'ils s'y reconnaissent.
Sinon, je vois pas pourquoi un journaliste devrait afficher ses opinions politiques s'il ne le souhaite pas. Je me demande bien pourquoi on persiste à mettre des isoloirs vu que cacher ses opinions politiques est limite un crime. Surtout qu'un journaliste, quel qu'il soit, travaille toujours dans une rédaction. Si je bosse au Figaro (j'y ai postulé, comme les autres titres), j'écrirai des journaux dans la lignée éditoriale, donc plutôt de droite, alors que je suis de gauche.
Sinon, 58, la télé est justement une nouveauté. Tout le monde me ressert l'argument d'Internet auj mais la télé de 58 est l'Internet d'auj.Et c'est pas ma faute si y a pas eu de vraies études sur le sujet depuis mais je vous en prie, lancez-vous. Parce que vous me reprochez tjrs de pas me baser sur des faits et quand je le fais... Ah ben, tiens, aussi!
Et oui, la campagne de Jospin n'était pas super bien réussie, mais je ne crois aps que voter besançenot permettait d'aller vers une résolution concrête des problèmes.
Et je pense qu'à l'élection, faut arrêter de regarder à quoi ressemble le brushing, mais plutôt, à quoi ressemble le programme.
Ceux qui partagent le programme du PS doivent voter PS, que ce soit Ségo, DSK, LF, Hollande ou même la brebis de ma voisine. De même pour les militants de l'UMP...
Quand on sait pour qui on va voter, on va regarder son candidat pour le soutenir, préparer des arguments à ses opposants, on va lire des blogs de sympathisant pour mettre d'autres mots sur ce qu'on ressent, et si on écoute un tant soit peu le discours de l'adversaire, ça sera pour en chercher les failles. Soit.
L'indécis, il fait quoi dans tout ça ? Soti tout le monde a raison, soit tout le monde a tort. La famille est de droite, y'a cette copine qui a d'excellents arguments de Gauche...
La façon de choisir les infos des médias jettent le trouble... TF1, par exemple, chaque petit fait fera la couverture et plongera les auditeurs dans un sentiment d'insécurité, alors que si on regarde à grand échelle, ses évênements peuvent très bien se réveler des évênements minimes, non représentatifs.
Comme les sondages, les médias ne sont pas toujours représentatifs de la réalité, mais le fait qu'ils influent sur leurs auditeurs est indubitable. En les convainquant, en les révoltant, en se décrédibilisant auprès d'eux. Alors oui, il y a une influence, mais comment, c'est très aléatoire...
Pour le reste, je pense auj qu'en 2002, j'ai "mal" voté. Non pas à cause du second tour mais parce qu'aujourd'hui, je trouve Besancenot et consort beaucoup trop extrémistes et je ne leur donnerai plus ma voix. Mais en 2002, c'est justement en lisant les programmes que j'ai voté car je n'ai pas d'affection particulière pour Besancenot. Maintenant, on vote certes pour un programme mais la personne élue sera Président(e), elle aura quand même des responsabilités et on ne peut pas y mettre n'importe qui non plus. Bon, après, faut pas tout exagérer non plus : Ségo, elle fait gaffe sur gaffe mais c'est pas non plus une nazie ou une folle dangereuse. Je pense juste qu'elle n'a pas les épaules.
Ensuite, je suis un exemple type d'une schyzophrénie électorale : famille de droite, milieu universitaire de gauche. Finalement, je suis plus à gauche, je ne sais pas pourquoi. Enfin, je sais que j'ai plus d'affinités avec les idées et partis de gauche mais pourquoi je me suis retrouvée à gauche de l'échiquier politique après une éducation politique de droite ? Surtout que je suis pas vraiment en conflit avec mes parents, c'est pas un acte de rébellion.
Après, comme j'ai dit 18 fois, j'ai pas dit que je niais totalement l'influence des médias (j'ai voulu mettre cette phrase en gros mais ça marche pas, les mystères de l'informatique...) mais je crois qu'on a tous notre responsabilité dans ce qu'il se passe et qu'au lieu de dire que c la faute de l'autre, prendre aussi ses responsabilités.
N'es tu justement pas influancée lorsque tu dis "la catastrophique campagne de Segolene Royal" ? Qu'est ce qui fais que aujourd'hui tu as ce point de vue , sinon les médias , puisque je ne pense pas que tu la suives tous les jours ?
Aie , pas taper .
Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)
Je pense que fermer les yeux à ce point sur ses bourdes est assez malhonnête. Même le PS est allé rechercher Jospin pour la sauver.
Les journalistes politiques s'interrogent sur leur discrédit
Comment faire son métier si les internautes éditorialisent et quand les téléspectateurs posent eux-mêmes les questions ?
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C'est une expérience que les journalistes politiques font presque tous les jours, en reportage, au café, dans les dîners privés où l'on parle de l'élection présidentielle. La question vient en général très vite : " Alors, qui va gagner ? " Quelques minutes plus tard, arrive la critique : " Vous, les médias parisiens, vous vous trompez toujours ! " Entre ce statut de supposé devin et la réputation de mauvais expert, le piège est toujours inextricable.
" Nous avons un véritable problème de crédibilité depuis le 21 avril 2002, évidemment accentué depuis la campagne référendaire de 2005, reconnaît Renaud Dély, directeur adjoint de la rédaction de Libération. On nous reproche notre arrogance, on nous soupçonne de vouloir orienter les votes et parfois, dans le même temps, de ne pas assez le faire. " Il se souvient ainsi qu'au lendemain de l'élimination de Lionel Jospin par Jean-Marie Le Pen, au premier tour de la présidentielle de 2002, les lecteurs de Libération faisaient ce type de reproche à leur journal : " Vous ne nous aviez pas dit que Le Pen pouvait l'emporter. Si vous l'aviez fait, nous n'aurions pas voté pour Besancenot, Laguiller, Chevènement, Taubira, etc. "
Lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, ce fut pire encore. Les journalistes politiques, et les médias plus globalement, furent accusés d'arrogance, de méconnaissance des réalités quotidiennes, de militantisme en faveur du traité. De connivence, en somme, avec ce que Jean-François Kahn a appelé " la bullocratie ", version moderne de l'establishment.
Le discrédit qui touchait les responsables politiques a donc atteint les médias eux-mêmes et l'irruption d'Internet a fait le reste. Les journalistes ne sont pas insensibles à cette critique qui les touche désormais de plein fouet. " Il faut bien reconnaître que nous nous trompons régulièrement, souligne Laurent Bazin, ancien de LCI et d'Europe 1, aujourd'hui journaliste à i-Télé. Mais la critique qui nous est portée est plus profonde encore : les citoyens ont le sentiment que les journalistes et les politiques se sont mis en boucle pour ne parler que de choses qui les intéressent, eux. "
Le phénomène était déjà perceptible depuis une bonne dizaine d'années. En 1995, la critique sur la " balladurisation des esprits " fut d'abord adressée aux médias et aux sondeurs, coupables d'avoir prédit la victoire du premier ministre sur Jacques Chirac. Elle s'est depuis largement amplifiée. Désormais, une part des électeurs votent aussi contre le candidat qu'ils perçoivent comme étant celui des médias. La création de ce forum constant qu'est Internet a rendu cette contestation bien plus percutante et directe en offrant à tous la possibilité d'être un éditorialiste en puissance. " Du coup, constate Laurent Bazin, les citoyens voudraient pouvoir nous juger comme ils jugent les politiques. "
Chacun constate ainsi l'agressivité des courriels et des discussions d'internautes sur la politique. " La suspicion est aujourd'hui devenue très violente, souligne Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express et éditorialiste à LCI. " Ce qui me frappe souvent, c'est que les gens ne se contentent pas de critiquer, de vous soupçonner d'être pour Sarkozy ou pour Royal. Ils veulent aussi affaiblir les journalistes, réclament des sanctions, votre démission ou votre licenciement. " Quitte à s'adoucir ensuite lorsque le journaliste débat personnellement avec eux ou... est effectivement sanctionné.
Alain Duhamel, le plus célèbre des journalistes politiques de par sa longévité sur les écrans, les ondes et dans les journaux, était ainsi régulièrement vilipendé sur le Web. On lui reprochait son conformisme, ses réseaux, son rejet de Ségolène Royal. On le soupçonnait de sarkozysme, aussi. Jusqu'à ce qu'une vidéo circule sur le Web le montrant, en novembre 2006, devant des étudiants de Sciences Po à qui il glissait qu'il voterait pour François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle. Mis à l'écart de France 2 et RTL pour cette raison, jeudi 15 février, le même Duhamel voit aujourd'hui une partie de ses anciens contempteurs prendre sa défense...
Une nouveauté, cependant : la classe politique elle-même a intégré cette critique générale des médias. " Après avoir asservi la télévision, note Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne et éditorialiste à la télévision, les politiques ont été asservis par elle. Ils ont accepté n'importe quoi pour passer deux minutes sur les écrans et se sont retrouvés les victimes de journalistes de l'audiovisuel parfois sans culture politique. " Il assure ainsi : " Ma plus grande honte reste d'avoir vu Michel Rocard accepter de répondre à la question de l'animateur Thierry Ardisson : "Est-ce que sucer, c'est tromper ?" " Mais la société du spectacle ayant achevé de discréditer la politique, elle s'est retrouvée elle-même soumise à l'exaspération des citoyens.
Les conseillers en marketing politique et les élus ayant pris conscience de ce grand mouvement antimédias, arrive maintenant une nouvelle phase. Désormais, les candidats peuvent se tailler un succès facile dans les meetings en moquant les journalistes. M. Bayrou en a fait l'un de ses arguments les plus constants. Le 8 février, Ségolène Royal a évoqué violemment ses adversaires " et leurs relais dans les médias ". Le 15 février, interrogée par la presse sur la démission de son conseiller économique Eric Besson, elle a pris à témoin les salariés d'une usine près d'Amiens qu'elle visitait : " Vous connaissez M. Besson ? Personne ne connaît M. Besson ! Moi, je m'occupe des vrais problèmes... " Et l'on a même vu Nicolas Sarkozy, pourtant omniprésent dans la presse, se plaindre d'y être maltraité...
Dans ce contexte de défiance généralisée, l'initiative de TF1 de remplacer les journalistes politiques par un panel d'électeurs pour ses grandes émissions de campagne n'est donc apparue que comme un signal supplémentaire du discrédit qui touche la profession. Rares pourtant sont les journalistes qui contestent l'intérêt de faire intervenir auditeurs ou téléspectateurs. " Les critiques qui nous sont faites ne sont pas toujours injustifiées, reconnaît Catherine Nay, éditorialiste à Europe 1, et la certitude que le peuple ne ment pas est bien ancrée. " Tous citent aussi l'émission de Jacques Chirac devant un panel de jeunes, sur TF1, lors du débat référendaire de 2005, comme un exemple révélateur du désarroi présidentiel - " Je ne vous comprends pas ", avait avoué le président à ses jeunes interlocuteurs - qu'aucun journaliste n'aurait sans doute pu révéler.
Mais beaucoup craignent que la méthode ne soit qu'une façon d'éviter le questionnement. En somme, assure Christophe Barbier, que " la démocratie participative appliquée aux médias ne soit qu'une manière efficace d'échapper à la confrontation. " Les responsables politiques, aguerris aux mécanismes de la télévision, faisant face à des citoyens qui restent des novices devant l'instrument. " Partout en Europe, souligne ainsi Michaël Darmon, journaliste à France 2, les responsables politiques se soumettent aux interrogations précises des journalistes. En France, les politiques n'ont que le débat à la bouche. Mais ils délégitiment ce questionnement dès qu'il devient gênant. "
Les journalistes ont enfin noté que la critique à laquelle ils sont désormais soumis les a rendus plus frileux. " Nous avons intégré le fait que nous pouvions nous tromper, constate Renaud Dély, et nous envisageons désormais avec application toutes les hypothèses. On voit ainsi des journaux titrer - je caricature à peine - "Ségolène décolle" et trois jours après "Ségolène s'écroule". Est-ce un progrès ou une confusion supplémentaire ? "
Raphaëlle Bacqué
A propos du mensonge par omission, c'est sûr que "Arrêt sur Image" n'est pas non plus un royaume de transparence vis à vis de la transmission totale de l'information, il suffit de voir les disparitions inexpliquées de chroniqueurs. Mais il reste que la petite info sur le cutter avait été cachée de peur que public pense qu'on essaie de minimiser l'affaire.
Pour l'histoire de 58, tu aurais fait l'analogie entre internet fait nouveau comme la télévision à l'époque, ça serait peut-être mieux passé mais là ça faisait vraiment recherche d'une preuve à tout prix. S'il n'y a pas d'études sur le sujet, sincèrement il vaut mieux éviter d'en sortir une. Avec l'étude qui montre que les médias n'influencent pas ce qui ont déjà choisi alors que ce sont les indécis qui font penchés la balance, ce sont les deux seuls vrais reproches que je fais à ton article Nina. Pour le reste la relation médias/influence est complexe et on a des exemples d'influence et d'absence d'influence.
Sur le sujet d'internet durant la campagne tu m'as fait penser à deux trucs intéressants :
1) je ne lis pas ce qui la concerne sur internet, au fond à travers la presse écrite et télévisée on peut espérer avoir un intermédiaire critique entre le candidat et nous et si c'est bien fait des intermédiaires de gauche et de droite, alors que sur internet on aura de tout, dont de l'info partisane plus facilement.
2) l'usage d'internet est-il le même dans toutes les classes sociales? S'agit-il donc vraiment d'une autre opinion à disposition de tout le monde et utilisée de la même manière, on peut en douter. De même la majorité des gens lit-elle plusieurs journaux pouvant présenter des opinions différentes ou pour toute une partie de la population les sources d'information se limitent à un JT + éventuellement un journal qu'ils considèrent comme neutre + de temps en temps un débat politique?
Je pensais à l'étiquette politique du journaliste car à la télé ça me semble moins tranché que dans la presse écrite. Donc dès lors qu'on apprend l'info, il est normal de se demander si ça n'apparaissait pas dans les propos du journaliste. Cependant c'était nul que je dise ça parce que Drucker avec Baroin et Ockrent avec Kouchner, ça ne déteint pas et elles font bien leur boulot.
J'espère que ce sera moins long cette fois mon com!
Après, je sais pas où tu as vu que l'étude de 58 ne portait que sur les gens déjà convaincus car ce n'est pas le cas. C vraiment fascinant comme les gens ne lisent vraiment que ce qu'ils veulent.
Sinon, Duhamel a déclaré dans un cadre privé être pro Bayrou et il a sauté... Décidément, c'est fou comme en tant que journaliste, on n'a le droit n'avoir ni des opinions ni des croyances.
En 58 il y avait une chaîne de télévision et quelques décrochages régionaux apparemment, mais tout était sous contrôle de l'État, internet de ce point de vue là est assez différent. Perso si t'avais dit que les médias n'influençaient pas les gens qui ont déjà leur avis, je ne t'aurais pas sauté dessus. S'il fallait donner des références partout, les articles deviendraient illisibles, c'est sûr, mais là je persiste et signe, on peut douter de la pertinence de l'étude.
J'ai lu après pour l'article du monde et c'est dommage pour Duhamel, dans le journal régional que prenait mon père, on trouvait des articles nationaux, ce sont ceux que je lisaient et il faisait partie de ces auteurs. Mais malheureusement principe de précaution. A Toulon, à des législatives un vote a été annulé car Karl Zéro avait appelé à voter contre le FN à Toulon et celui-ci, battu de peu, avait obtenu une nouvelle élection. Il a été rebattu. Ce qu'a fait Duhamel en novembre est loin d'être aussi important et il est regrettable qu'il y ait un manque de confiance en lui mais un candidat ou un membre d'un autre parti que celui de Bayrou ne pourrait-il pas se montrer mauvais-joueur et faire référence à la vidéo en mettant en cause son honnêteté intellectuelle? Ça peut être perçu comme un risque aux yeux de certains employeurs.
Ensuite, tu dis dans un précédent comm que les journalistes devraient annoncer leur couleur politique et là, maintenant, tu dis précisément l'inverse parce que bon, "les gens pourraient porter plainte". Mais ya personne qui peut comprendre que les journalistes sont des hommes et des femmes comme les autres? Parce que figure-toi qu'obtenir la carte de presse ne nous enlève pas le droit de vote. L'histoire de Duhamel me scandalise car il a dit ça dans un cadre privé, il n'a fait aucun prosélytisme pour l'UDF. Faut arrêter 30 seconde l'hypocrisie. Oui, il a le droit d'avoir ses opinions et de les exprimer dans un cadre privé.
- Pour 2002 : insécurité surmédiatisée+mauvaise campagne de Jospin+prolifération des candidats=Le pen.
- Je suis conseiller municipal, j'étais aux bureaux de vote en 2002. Un électeur sur 10 environ ne prenait que les 5 premiers bulletins "parce qu'il y en avait trop"! Jospin n'était pas dans les 5 premiers. Le Pen non plus, mais les gens qui votent Le pen savent pour qui voter.
- Les médias ont surmédiatisés l'insécurité, évidemment pour aller dans le sens de la droite. Mais souvenez-vous de leur mea culpa entre les 2 tours : la plupart reconnaissait être allé trop loin. Du coup, TOUS sont tombés sur le Pen, c'en était même honteux dans une démocratie. Et je dis ça en haïssant Le Pen et ses idées.
- Segolène aurait bien besoin d'être un peu brouettée non?!...
Bises Nina.
Sinon, les médias de gauche ont bien chargé la mule sur les médias dit de droite mais franchement, je regardait la télé comme les autres en 2002, je lisais la presse et je n'ai jamais eu ce sentiment d'insécurité... Après, par contre, là où je suis d'accord, c que les médias ont un vrai souci avec Le Pen et qu'il sait très bien en faire un atout: "on me musèle, on s'acharne sur moi". Alors qu'il suffirait de lui accorder la parole pour que les gens se rendent compte pour quoi ils votent (le quoi désignant le programme et non la personne)
Tu sais, je prends pas les gens pour des débiles, juste je faisais part d'une expérience qui m'avait d'ailleurs atterré. Je crois vraiment que 2002 c'était le grand n'importe quoi.
Maintenant comment faire pour que 2007 ne le soit pas?..
Donc je disais que sous-entendre que le placement des bulletins a joué, ça veut dire que les gens sont arrivés au bureau de vote sans savoir pour qui voter et s'en sont remis au hasard. Je ne trouve pas ça très flatteur, même au contraire. Je crois qu'on est tous soumis à des influences mais faut pas en chercher n'importe où non plus... Et s'il pleut, ça rapporte des voix à la droite ou à la gauche?
Après, je sais pas si on aura autant de candidats ou pas en 2007. Y en a 40 pour le moment mais combien passeront l'épreuve des signatures?
en gros, je vais pas continuer, trop de gens ont parlé, mais je tenais à dire : je comprends que les propos mielleux fielleux en nombre ici puissent t'agacer, mais tu me fais dire ce que je n'ai pas dit. du coup, ça flingue le débat et c'est dommage. pour l'étude de 58 pourquoi elle est périmée? ben simplement parce qu'elle a 50 ans, pardi. après, c'est vrai que c'est con qu'il y en ait pas d'autre.
chuis saoulée, là, je recommencerai plus tard. ou plutôt on papotera autour d'un chocolat, ce sera plus constructif que ce foin, à mon avis.
Après, l'étude de 58, je pense pas qu'elle soit si périmée que ça. Celle de Lazarsfeld date des années 40 et personne n'est venue s'y opposer, comme quoi... Je pense que l'étude de 58, à l'époque où on a moins le choix des médias, est justement intéressante car, à l'époque, y avait pas de corrélation entre vote et possession de la télé. Aujourd'hui, on a tous ou presque la télé donc impossible de tenter une quelconque corrélation mais si on faisait une corrélation Internet-vote, on constaterait à nouveau qu'il n'y a aucune corrélation.
J'avais oublié de parler de Balladur, aussi, candidat des médias en 95. Ca fait au moins trois scrutins où l'option choisie par les médias ne passe pas... Etonnant, non?
Et tu sais, une étude il y a deux ans à peu près est sortie, je me souviens plus du tout des références, désolé. Elle montrait que la droite récoltait plus de voix les jours de pluie, et la gauche les jours de beau temps. Véridique.
Tout ça pour dire qu'un frange non négligeable des gens se décide sur des critères complètement subjectifs. Et bien sûr, ça, les sondages ne peuvent pas le deviner, pas plus que les médias. C'est incroyable, mais c'est la réalité.
Sinon, ce qui me fascine dans vos réponses, à tous, c'est que vous parlez toujours de "gens". Finalement, on est tous exceptionnels, ici, alors...
Ce sont effectivement des hommes et des femmes qui ont le droit d'avoir une opinion et qui font leur boulot correctement donc je répète C'ÉTAIT NUL QUE JE DISE ÇA. Maintenant il y en a que ça peut déranger, alors principe de précaution...
Bonne soirée
Désolé que tu refuses que des "gens" puissent ne pas être si sûrs d'eux avant de glisser leur bulletin.
Mais d'accord que pourque chacun fasse ce qui lui plait! ;-)
Je disais : je constate juste qu'en une 30aine de comms, tout le monde dit, en gros : "moi, je suis pas influençable mais les autres...". Bah, oui, ils sont chiants ces autres à pas faire comme nous, à trop regarder TF1 et tout ça. Bizarre que personne n'en connaisse par ailleurs. Les gens que je connais qui ont voté Le Pen (jusque dans ma propre famille), ça n'a pas été une réaction à ce qu'ils voyaient à la télé, c'est une conviction personnelle.
Sinon, pour les corélations, cf ma réponse au dessus. Il y a des corélations qui ne veulent rien dire si on ne les analyse pas plus en profondeur. Par exemple : il existe une corélation entre type de sol du lieu où tu vis et ta façon de voter. Ce qui ne veut pas dire que c'est le fait que le sol soit plus calcaire ou marécageux qui va influencer ton vote mais le fait que ce type de sol impose un type d'habitat particulier (isolé ou regroupé) et là, ça joue sur l'élection.
Je m'arrête et je file profiter de mon dimanche sans election! Bises et sourire.
Enfin, toujours est-il qu'il serait assez interessant de refaire le même genre d'étude maintenant. Pour voir justement comment cela a evolué.
Au final, il y a peut être aussi un certain role inverse qui se joue. Les gens se mefie, lorsqu'ils pensent (a tord ou a raison, ce n'est pas forcement a moi d'en decider) que les "médias" ont choisis leur(s) candidat(s). Ils pensent peut être que l'on veut les "arnaquer", donc se tourne souvent vers une troisieme voie, des que quelqu'un leur tire une (vraie ou fausse) sonnette d'alarme.
Comme Chirac en 95 ou Bayrou maintenant.
Apres, ce genre de sonnette d'alarme est peut être d'autant plus efficace, vu un certain climat de mefiance qu'il semble y avoir chez nous.
Apres, pour eviter de dire les gens, j'avoue que pour l'instant, je m'interesse, mais je n'ai pas encore choisis. Je sais que je choisirais réelement dans les dernieres semaines des élections, car nous auront eu leur tract avec leur profession de foi et tout. Oui, je suis un peu un mauvais client pour les statisticiens des institus de sondage.
Par contre pour les indecis de la derniere heures, je peux comprendre. Pour les européenes, je n'ai choisis que dans l'isoloire le bulletin que j'ai mis, alors je crois que l'on ne peut pas faire mieux :)
P.S: C'est mon premier message ici, j'espere ne pas avoir été trop un boulet dans ce que j'ai dit.
UMP: Au fait, je ne pense pas être personelement influencé par les médias dans mes choix électoraux. Mais au fait, combien de gens répondraient qu'ils se sentent influencé si on faisait ce genre de sondage? A mon avis, 0...
Maintenant, je sais pas si les gens iront jusqu'à voter "contre" les médias juste pour les faire chier, je trouve ça extrême. Perso, l'avenir du pays m'importe plus que de donner raison ou tort à des journalistes.
Sinon, officiellement, je fais partie des indécises mais honnêtement, y a 9 chances sur 10 que je vote PS. Et je sais pour qui je voterai pas.
Sinon, pour les présidentielles de 2002, j'ai hésité jusqu'au jour du scrutin mais j'ai pris tous les bulletins qui m'intéressaient, pas juste les premiers...
De même, aucune "petite gens" ne va au parlement faire adopter des lois. Il ya des relais, des gens en qui tu accorde ta confiance (par le vote), des gens "mieux placés" que toi sans pour autant être déconnectés de la réalité. Le système de vote entre également en jeu (je pense à un article là dessus, désolé pour la pub).
PS: tu ne sais pas lire mon pseudo mais j'espère que tu connais cet ingénieux système appelé "copier/coller" qui peut d'aider dans de nombreuses situations.
Allez, cette fois plouf!
Sinon, l'objectivité en matière de journalisme est bien plus un voeu pieux qu'une réalité... :/ C'est pas pour rien qu'on classe les journaux politiques à droite et à gauche, comme ça, pas de surprise! ;)
Mon propos tenait plus en :
Prenons l'exemple d'aujourd'hui. Quand deux candidats s'installent, avec des sondages assez importants, de l'ordre de 30 %, que les journaux s'interessent à eux justement à cause des sondages.
Si a ce moment là un autre pretendant arrive et dit regarder, on vous arnaque, les médias cherche a verrouiller la presidentielle avec deux candidats, ben consciement on peut se dire "c'est vrai qu'il n'a pas tord, je me suis un peu laisser endormir". Et hop, ce troisieme candidat gagne une certaine confiance, comme étant un autre recours qu'un choix qui peut paraitre imposer par d'autre (ce que l'on aime pas trop généralement). Et celui ci grimpe dans les sondages. Mais cela ne veux pas dire que le candidat va toujours au bout. Ca possede un certain merite de recuperer des indecis.
Personellement, je prends aussi toujours tous les bulletins, même si il y en a des tas, comme pour les dernieres elections européenes.
Quand je disais que je n'avais pas choisis, je me laisse le choix, mais oui, en effet, je sais aussi pour quels candidats je ne voterais pas. Mais dans les restant mon choix n'est absolument pas fait.
Erratum: Dans mon message precedent lorsque j'ai dit que j'avais choisis au dernier moment pour les européenes, c'était pour le referendum.
Perso, je me méfie de ces candidats "surprises". En 2002, je l'ai déjà dit, c'était Chevènement. Finalement, il s'est retrouvé être un pétard mouillé. N'accordons pas aux médias le pouvoir de faire la pluie et le beau temps en politique.
Concernant Mr Duhamel, je trouve aussi un peu fort qu'il ait été mis de coté. La seul chose que j'aurais trouvé logique c'est qu'il soit mis de coté uniquement pour l'emission de France 2 ou Mr Bayrou était l'invité. Ca evite les confusions possible et les doutes. Pour le reste, c'est un peu fort.






Je t'invite à jouer au jeu vidéo TROPICO et d'organiser des élections libres pour voir comment on influence le public. Il y a des idées intéressantes.
Sinon, effectivement, le but est de séduire les indécis mais j'ai l'impression qu'il y en a de moins en moins ou alors je fréquente des gens hyper politisés. Perso, je me dirais indécise puisque je suis pas encore convaincue de mon choix mais d'un autre côté, je crois que j'ai beau dire, je finirai par voter PS.