C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
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En tant que journaliste, je me dois d’être au top de l’actualité donc aujourd’hui, je vais vous parler de l’abbé Pierre, hé oui. Hier, je me lève aux petites heures de l’après-midi (hum, no comment !), j’éteins la radio avant qu’elle ne m’énerve, je trafique et puis, à un moment, je décide d’allumer la télé. Là, en lieu et place des téléfilms débiles de l’après-midi, l’abbé Pierre. Enfin sa biographie narrée par Patrick Poivre d’Arvor. Un coup d’œil sur le site du Monde et c’est bon, j’ai compris : il est mort.
Alors le but de cet article n’est pas de vous raconter la vie de ce monsieur, de réaliser une hagiographie comme on en verra 150 sur les blogs dans les prochains jours. Alors comment parler d’une « célébrité » décédée sans parler de sa vie, me demandes-tu, lecteur ? Mais en te parlant du traitement journalistique de l’événement, of course.
Alors voilà, l’abbé est à peine décédé que TF1 nous gratifie d’un beau reportage émouvant avec la voix sensuelle de PPDA qui narre les événements de la vie de l’homme qui dit non à la pauvreté en cet hiver 54. Ironie du sort, il est mort l’hiver où des jeunes bruyants avaient lancé leur propre initiatives des villages de tentes, les enfants de Don Quichotte. Puisque c’est pas le sujet de l’article, je donne viteuf mon avis sur le sujet, tiens. C’est vrai que la méthode est discutable, que ça faisait très bobo qui s’engagent, tout ça. Mais franchement, est-ce que c’est important tout ça ? Le gouvernement a (ENFIN) réagi en proposant des lois. Bon, après, on peut discuter de leur efficacité. Mais revenons à notre abbé.
L’abbé Pierre, c’est un peu le vieil oncle qu’on voit à Noël, on l’aime bien même si on sent qu’il glisse un peu vers l’âge où les souvenirs se font brumeux et le dentier baladeur. Le genre qu’on installe en bout de table et qu’on feindra de ne pas écouter pendant qu’il vous raconte sa guerre (une mondiale, Algérie, vous avez le choix) et qui s’assoupira avant le café. Mais on l’aime toujours bien. D’ailleurs, il était depuis si longtemps personnalité préférée des Français que je me demande encore pourquoi on persistait à poser la question aux gens. Et voilà, comme un homme de son âge, il est décédé. Le Français chéri disparaît, il s’agit de pas se louper, maintenant.
Comme vous pouvez vous en douter, les reportages sur sa mort étaient prêts depuis longtemps, on rajoute deux, trois images de l’hôpital où il est décédé et hop, on vous tient tout un JT ! Car il faut savoir que dans les rédactions, y en a plein de nécrologies de prêtes. Y a les classiques : Fidel Castro (ça va se révéler utile très bientôt, je pense) ou Boris Eltsine, je suppose qu’ils en ont déjà faite une sur Benoît XVI… Et des plus étonnantes. Quand j’ai emménage à Paris en avril 2005, j’ai partagé mon appart 15 jours avec Clara qui faisait alors un stage à France 3. Elle m’a montré la liste des nécrologies prêtes et c’était marrant : Rainier (ah, ils s’en sont servis), Philippe Noiret (ah, ils s’en sont servis), Jean Paul II (ils ont plus rien en rayon !) mais aussi Liza Minelli ! Bon, ok, elle est rongée par l’alcool mémé mais elle est encore verte : son dernier mari l’a quittée car elle le battait !
Bon, évidemment, il faut les réactualiser, des fois parce que bon, la nécrologie de JP II, ça devait faire 10 ans qu’elle était prête et il en a eu du temps pour faire des choses, pépé. Parce qu’il était peut-être mourant mais quand même ! Alors là, pour remettre au goût du jour vos nécrologies, pas de panique, il suffit d’embaucher quelques stagiaires, vous leur filez les reportages sur votre moribond et ils vous remontent ça. C’est la magie du journalisme.
Enfin, une personnalité qui meurt, comme ça, ça fait toujours un peu bizarre. Je ne dirai pas que ça me fait de la peine parce que, franchement, c’est pas vrai. Mais c’est un peu comme l’arbre que j’avais devant ma fenêtre et qu’un jour, on a abattu parce qu’il était mort : il faisait partie de mon paysage et le fait qu’il ne soit pas là m’étonne… Pendant deux ou trois jours. Puis on s’habitue, on se souvient même plus de l’ancien arbre, depuis qu’ils en ont mis un nouveau. Une autre personne prendra sa place dans le classement des Français préférés, peut-être Zidane, peut-être un autre, qu’est-ce qu’on s’en fout, au fond.
En attendant, ça me fait penser que mon armoire explose, va falloir que je trie, je pense qu’Emmaüs sera ravi de récupérer des fringues que je mets plus. Bien que je re-rentre dans certains de mes pantalons, ça en fait autant à garder. Hé ouais, moi, de plus fumer, ça me fait même pas grossir !






