Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Lundi 4 décembre 2006
Par Lucas

 


 Nous sommes en 1994 et Kristin Scott Thomas lévite dans Quatre Mariages et Un Enterrement. Vous souvenez-vous ? Mais oui… Bien sur que oui ; vous vous en souvenez. Le personnage de la noble Fiona, aux antipodes du snobisme, diaphane et princière. Kristin Scott Thomas jouait ce rôle à la perfection, insupportable d'aristocratie, racée, sublimée par la glace bleutée de ses postures altières. La phrase scalpel, les remarques acerbes, les regards de vipères : elle était insupportable. Insupportablement belle. Mon adolescence et moi sommes sortis du cinéma, la bouche ouverte, songeur. Elle avait 34 ans, j'en avais 15, j'étais amoureux.
 

NB : si toi aussi lecteur tu n'en peux plus de la tonalité niaise des articles de Lucas, tu peux demander son transfert sur un kikoolol skyblog. N'hésite surtout pas, les comm' c'est fait pour ça aussi.

 

Je me faisais la remarque l'autre jour, au resto, après que des copines et moi ayons lâché quelque putasserie sur une nana, une blondasse de 23 ans qui sort avec un quadra.

Je me faisais encore la remarque hier soir en écoutant Philippe Labro nous parler de son dernier bouquin, Franz et Clara, un livre qui raconte l'histoire d'amour entre un enfant de 12 ans et une jeune femme de 20 ans. Cette remarque, elle tient en une question : Pourquoi sommes-nous circonspects, en amour, quand la différence d'age est importante ?

 

Qu'est ce qui nous gêne dans une histoire où les deux amoureux ont 10 ou 20 ans d'écart ? Le fait que l'un vieillisse trop vite et que le bel amour finisse un jour ? Le fait que les envies ne soient plus les mêmes au bout de quelque temps ? Le fait que le plus jeune découvre un jour que son alter ego est devenu une vieille peau et qu'il y ait rejet ? Serait-ce cette crainte qui pousse à refuser la relation ?  Et alors ? S'il y a rejet justement, il y aura eu tout de même des moments heureux. Pourquoi ne pas les chérir et envoyer chier les gens qui bavent leurs "on te l'avait bien dit".

 

En effet, quand j'en parle avec des vingtenaires (jeunes ou moins jeunes) j'ai l'impression que nous sommes déjà de vieux reacs aigris jetant un regard acide sur des amoureux heureux. On voit le mal partout. On associe la jeunesse à la naïveté "il est avec elle pour son cul, il n'en a rien faire d'elle, elle est trop naïve". Bon d'accord, mais si elle est heureuse comme ça ? On va peut être la laisser, non ? A croire qu'à 20 ans passés, on refuse les amours insouciantes. L'amour serait donc une chose trop sérieuse pour qu'on se permette une aventure avec quelqu'un de plus âgé, une aventure audacieuse et intense, qui sorte peut-être de l'ordinaire… Vas y, paye ta quête d'absolu.

 

Pour ma part, samedi, j'ai croisé Kristin Scott Thomas, Avenue Victor Hugo. Elle m'a vu et m'a plus ou moins reconnu. Dans son français parfait de parisienne de vingt cinq ans, elle m'a demandé si je n'étais pas le fameux Lucas des Vingtenaires. J'ai souri et je lui ai pris le bras pour mieux faire glisser ma main vers la sienne. Vous n'imaginez pas comme il est difficile de cacher sa maladresse et son émotion derrière des gestes doux mais qu'on souhaite déterminés. A-t-elle vraiment été dupe ? Je ne pense pas. Elle a bien senti le tremblement de mes doigts sur sa peau… Pour autant, elle a été surprise... Etonnée tout d'abord, intriguée ensuite, joueuse enfin. A tel point qu'elle m'a laissé faire, souriante, sans poser de questions, ne sachant pas vraiment si cette situation était ridicule ou magique. Peut-être les deux. Mon regard a su faire taire en elle les hésitations et j'ai déposé un bisou "juste assez" dans son cou. Un toucher léger, juste assez câlin pour lui faire oublier toute velléité de fuir, un toucher qui ne soit pas trop tendre non plus pour éviter qu'elle ne se laisse trop aller. Un bisou doux, sur le fil, un bidoux qui l'a laissée sereine tant elle goûtait pleinement au surréalisme de la situation. Petit îlot de tendresse sur le trottoir sombre de l'avenue. Entrelacement de sensations et sentiments contradictoires, des incertitudes bouillonnantes et enivrantes. Je me suis extrait des effluves de son parfum et elle m'a souri. Puis elle a pris mon bras et nous avons marché jusqu'à chez elle.


 
 

Newsletter

Inscription à la newsletter

W3C

  • Flux RSS des articles
 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus