Amateur du titre clair et percutant, je sens déjà que tu as arrêté la lecteur de cet article et j'avoue que mon titre est un peu nase mais embrayons. Car
aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'Hadopi. Oh non, je ne me lancerai pas dans une analyse juridique de la chose, j'ai suivi un jour et demi de cours de droit dans ma vie (droit des médias
en plus) alors autant vous dire que commenter une loi signifierait dire beaucoup de conneries. Plus que d'ordinaire.
Si je devais faire un bon vieux cliché sur la politique française, je dirais : en gros, la gauche, c'est la prévention, la droite, la répression. Très
réducteur certes mais quand j'ai suivi l'histoire Hadopi, je me suis dit qu'on était en plein cliché. Alors puisqu'il faut parler téléchargement (je trouve le terme piratage un peu too much),
j'exprime vite fait ma position sur le sujet comme ça, ce sera fait : oui, je télécharge. Globalement peu, je peux passer 6 mois sans rien récupérer sur mon pc. De façon générale, je
télécharge des films (peu) et des séries (plus), sachant que je n'aurais jamais acheté le DVD de l'un ou de l'autre et que si je n'attends pas leur passage en télé, c'est parce qu'entre le
boulot, les sorties, le sport, je ne peux pas être chez moi tous les soirs à 20h30 ou 21h pour mater tel film ou telle série. Une fois regardé, je jette pour pas encombrer mon pc. Donc je
n'aurais jamais acheté les DVD de ces productions, c'est un peu cher pour une utilisation unique.
Idem pour certains titres musicaux. Il m'est arrivé de découvrir via téléchargement ou échange de MP3 des artistes dont je suis finalement allée acheter le CD
uniquement pour les « supporter » et qu'ils en fassent d'autres, je pense à Jorane, Apocalyptica, Mansfield Tya. D'autres dont j'ai téléchargé l'album, écouté une fois et jeté aussi sec vu qu'à part une chanson sympa, le reste était inaudible. 20 euros la
chanson, ça fait cher. D'ailleurs au sujet des artistes qu'on spolie, je vous invite à lire ce petit article que j'ai trouvé très drôle sur le prix de la Bruelmania. Si, apparemment,
ça existe encore.
Alors pour protéger nos artistes, on nous sort Hadopi, tatan ! Sur le fond, régulariser le téléchargement, why not. Sur la forme, cette loi a un défaut
gigantesque : elle est faite par des gens qui n'y connaissent rien. Le streaming ? Ah mais non, on va pas statuer dessus parce qu'en fait, on ne sait pas ce que c'est. Puis tous les
gens qui téléchargent, on va les menacer, héhé ! Ouais ok, je veux bien mais si on télécharge des contenus gratuits ou que l'on a payé, comment ils vont savoir ? Non parce qu'ils
peuvent surveiller mes débits, y a pas marqué « attention, téléchargement de ko illégaux ! ». Bref, dès le départ, ça me faisait un peu penser à l'architecte dans Astérix et
Cléopâtre qui bâtit ses monuments un peu n'importe comment. Si les bases ne sont pas bonnes, ça s'effondre. D'ailleurs, avec la suppression de la partie sanction du texte tout en gardant les
avertissements par mails et recommandés (bonjour le gaspillage de temps et d'argent), ça devient limite grand guignolesque.
Mais au fond, ce qui m'énerve dans cette loi, ce n'est pas le côté « je te tape sur les doigts » mais vraiment cette volonté d'être parti direct dans la
sanction sans chercher des idées de compromis. Il y a certes Itunes mais jusqu'à présent, entre la qualité du mp3, son prix sans qu'on ait pour autant le support matériel, ça ne valait pas
tellement la peine. IL y a un site intéressant, Beezy, qui permet de télécharger de la musique gratuitement contre 10 à 15 secondes de visionnage pub. Ce qu'on subit sur n'importe quel site de toute façon.
Bref, qu'on essaie de régulariser le téléchargement, je veux bien. Mais bon sang, est-ce si difficile de se dire qu'on peut trouver des solutions qui arrangeraient
tout le monde au lieu de menacer tout le monde de couper l'accès au net ? Je connais des tas de gens qui ne seraient pas titillés à l'idée de payer un forfait par mois permettant des
téléchargements, pourquoi personne ne l'envisage ? Un jour, il va falloir que nos bonnes vieilles industries du disque (et du cinéma qui est encore plus touché) se réveillent et changent
leurs méthodes de travail. Parce que la révolution numérique, ils l'ont complètement loupée. Et ça risque pas de s'arranger en restant buté de la sorte.
Pour finir, un article drôlement sympa sur le piratage, il faut le
lire.
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