C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.
(Lecteurs chéris et lecteurs pas chéris aussi, je te rappelle que tout ceci n'est qu'une fiction donc cette scène n'a jamais eu lieu en vrai. Mais tu vas voir que j'ai intégré des éléments du réel, essaie de deviner lesquels).

Recommandé par des Influenceurs
Nous voici donc sortis du café et je ne sais plus du tout à quoi m'attendre. J'avais sorti le grand jeu de l'odiosité et normalement, le mec devrait partir en se disant que je suis une connasse et ciao. Les hommes préfèrent-ils donc réellement les chieuses ? Ou alors il veut finir notre joute verbale sur un autre terrain ? Larguée, je suis.

On s'enfonce petit à petit dans la rive gauche, du côté de St Germain, en discutant littérature, pour changer. Apparemment, les tensions se sont calmées. Alors qu'on marche, mon nez commence à me chatouiller. Ca m'arrive souvent, je laisse faire. Zut, mes yeux commencent à frotter. Plus de doutes : j'entame un épisode allergique. Je fouille dans mes poches et y pêche un malheureux kleenex déjà entamé. Ok, avec de la chance, ça ne va pas durer.
« Kchou ! Kchou ! »
J'ai un éternuement très mignon, entre le chaton et la petite fille et là, ça attendrit toujours un peu mais faut voir à ne pas en abuser...Parce que là, je suis en pleine rafale d'éternuements, ça n'arrête plus et mon nez commence à couler. En général, il y a une loi mathématique qui dit que le pouvoir de séduction est inversement proportionnel à la morve qui coule de mon nez. Et là, mon pauvre kleenex a déjà perdu la guerre, il se disperse en lambeau et je n'en ai pas d'autres. En un mot : c'est la loose.
Mon compagnon de balade (oui, avec un b et pas avec un m prononcé avec un nez pris) semble fort impressionné par ma décrépitude soudaine et à chaque éternuement, fait un imperceptible pas sur le côté pour s'éloigner de moi.
« Heu... Ca va ?
- Oui...gggg... C'est rien...gggg... Allergies... »
Je ne le sens pas super ravi de la nouvelle mais peu importe, faut que je trouve un remplaçant à mon kleenex et accessoirement que je me lave les mains... Oui, à ce moment là du récit, j'ai perdu tout mon glamour, mon pouvoir de séduction, mon charisme, tout ce que tu veux. Je suis le Titanic et la fuite, elle vient de mon nez.
« T'as pas un bouchoir...gggg... ?
- Non... Tiens, y a un marchand de journaux, ils en vendent des fois, viens. »
Il ne me prend pas par la main, ce qui est compréhensible puisque là, elle est totalement sinistrée, mais m'amène quand même au kiosquier qui, oui, vend des kleenex. J'en déplie un tout propre et souffle de tout mon cœur dedans. Y a vraiment des fois où je suis impressionnée par les prouesses du corps humain : comment ai-je pu fabriquer autant de miasmes en si peu de temps.
« Bon, écoute, on va rentrer, je pense, c'est mieux pour toi.
- Nan, nan... ggg... Ca ba aller...gggg... Ca ba pazer, je le sais...gggg...
- Oui mais non mais là, c'est pas possible. Les nez qui coulent, ça m'écoeurent. »
Je le regarde par-dessus mon mouchoir : effectivement, il est légèrement vert. Mais j'avoue que là, je suis tellement préoccupée par mon allergie que je m'en fiche un peu. Il était bien trop tôt dans notre relation pour qu'il me voie dans cet état, c'était clair que ça ne pouvait pas durer. Les faiblesses et les nez qui coulent, jamais au premier rendez-vous. Déjà que vomir au deuxième n'est pas toujours une bonne idée [c'est du vécu, souviens toi]...
Alors on se quitte. On ne se donne pas nos numéros, on se dit quand même à une prochaine des fois qu'on se croiserait par hasard dans la rue. En attendant, vu que je me retrouve avez un nez tout irrité, je doute de pouvoir attraper quelqu'un de suite, de suite. Pourtant la prochaine fois, je vais à la bibliothèque.





