C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.
Par Bobby
Oui, encore un 'vieux' film. Cette fois, c'est à cause d'une semaine passée en province chez papa-maman, dévoré par les moustiques pendant un tournage expérimental en forêt. Du coup, Bobby la Bidouille n'a pas le temps d'aller au ciné et resort ses films favoris : Les Idiots.
Celui-ci est particulier. Il n'a pas eu autant d'impact que The Hours ou 21 grammes. Il ne pouvait pas plaire au grand public, en quelque sorte. Le synopsis est le suivant : un groupe d'individus décide d'expérimenter, en autarcie, un plan presque macchiavélique : vivre en jouant à être malades mentaux. Pour cela, aller dans des lieux publics et agir comme des « idiots » pour choquer et déranger les gens. Dans la vie privée, également, chaque membre du groupe doit retrouver et exploiter son « idiot intérieur ». Le film dénonce en cela l'hypocrisie sociale, les limites de cette expérience (in)humaine, le regard que l'on porte sur soi, sur les autres.
MAIS, ce n'est pas tout. Le film, réalisé par Lars von Triers, appartient à la mouvance que le cinéaste a lancé avec son ami Thomas Vinterberg, nommée DOGMA. En gros, c'est une charte qui impose d'aller à contre courant des grands artifices cinématographiques en vogue, en revenant à la matière brut du film : aucun éclairage, pas d'équipe technique (un caméraman et un preneur de son), pas d'accessoires, ni de musiques, ni de retouches de l'image ou du son. Résultat, à première vue, ça ressemble à un film de famille.
Sauf que ce n'est pas un travail d'amateur. Il s'agit là d'une vaste entreprise, minutieuse, courageuse, permettant d'exploiter avec les acteurs la vérité même du jeu, et des personnages. En effet, en l'absence de lumières à régler (ce qui prend en général des heures), le réalisateur a pu consacrer davantage de temps au jeu de ses comédiens. Ce qui fait qu'au début, certes, on est un peu déboussolés, avant d'être rapidement absorbés par l'histoire, la force poignante des sentiments mis en scènes. Lars von Triers en agace plus d'un. On juge souvent que son travail est « facile ». Je ne pense pas, au contraire, que ce soit si simple que ça. Et j'avoue avoir pleuré comme jamais lors de la séquence finale, peut être plus encore que devant Dancer in the Dark.
Dans le même ordre idée, je vous conseille Festen, de Thomas Vinterberg. Tout aussi puissant et déconcertant.





