Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Vendredi 28 mars 2008

Par Bastien


Récemment un article de Nina sur les miss humiliées qui retournent vers le Jules cogneur tous les quatre matins prônant, voire réclamant le pardon (un petit lien vers l'article en question) m'a fait réagir au point d'en écrire un article. Pourquoi sommes nous si souvent réticent a l'idée de tout recommencer, remettre les pendules à zéro et partir à pétaouchnoque pour se refaire une santé.


Les raisons de partir ne manquent pas, un boulot de merde, une situation familiale déplorable, une absence de lien social, un malaise plus quelconque, un événement ponctuel comme le décès d'un proche, la fin d'une relation... Nous pensons tous plus ou moins souvent à tout plaquer pour aller voir ailleurs si on y est. Mais pourquoi ce doux rêve se concrétise si rarement ?


Tout d'abord il est possible dans certains cas de s'auto persuader de certaines choses. L'amour est le macro exemple. Par essence on ne peut pas aimer quelqu'un qui nous apporte rien, si le type vous dénigre, vous humilie voire vous tape, sans aucun réel bon coté l'amour ne peut pas exister. L'illusion de l'amour par contre quant à elle peut tout à fait être là. Quand on entend le discours habituel "non mais il a un bon fond" ou "c'est juste une mauvaise passe" on peut être sûr que les dames cherchent plus à s'en convaincre elles-mêmes qu'à convaincre leur interlocuteur. Mais pourquoi s'auto persuader de choses que l'on sait au fond de soi, plus ou moins profondément, fausses.


D'après moi, et je n'engage que moi dans ce raisonnement, la peur de l'inconnu est la charnière de ce problème. Si Raymond vous cogne, ne mange pas la bouffe que vous faites et vous insulte a la première occasion au moins il est là tous les jours et il ramène un peu de thune, sans oublier le toit qui va avec. Partir serait risquer donc de perdre ces choses. D'ailleurs au passage c'est sûrement de la que vient l'auto persuasion de l'amour, je reste pour le confort matériel mais vu que ça n'est pas génial de ne rester que pour cela je me dit qu'il y a forcement autre chose. La question est donc de savoir s'il y a plus a gagner ou à perdre en partant. Et avant le départ comment avoir sa réponse ? Et même si les risques que le deal soit au final négatif est très faible il est tout de même présent et donc crée cette peur de l'inconnu.


Il existe aussi d'autres raisons qui peuvent nous pousser à rester. Pour continuer sur la ménagère les enfants sont un facteur important. Pour connaître ça au sein même de ma famille certaines miss se disent "des que le petit dernier a fini ses études je file !". Mais dans ce cas précis le petit dernier en question est mon cousin de 18 ans. Il reste encore quelques années. Existe t-il une alternative ? Le problème financier est réel et il ne faut pas l'occulter. Je n'ai pas de réponse générale a cette question, il existe forcement une solution par problème mais elles sont parfois dures à trouver. Obliger l'enfant à travailler, demander une pension au juge pour les études... Encore une fois sachant que la balance risque de tomber vers le moins on préfère ne pas s'y risquer.


Mais cela ne concerne pas que la ménagère. Je me suis souvent demandé pourquoi un type qui se suicide n'a pas préféré à cette solution un aller simple pour Ouagadougou ou Sao Paulo. Quitte à tout plaquer pour de bon autant retenter sa chance, on a tout à gagner. Si le type est poursuivi par des démons intérieurs ("mon Dieu, je l'ai tué, qu'est ce que je vais devenir.." ou "Non, tais toi, tu n'es que dans ma tête, tu n'existes pas sale monstre !!") là encore ça se comprend, mais le gars surendetté qui a épousé le mauvais lot et dont les amis se foutent, lui pourquoi il plaque pas tout histoire d'aller se faire frire des grillons au Botswana ? Là je ne pense pas que ce soit la peur de l'inconnu car on ne peut dire que l'on connaisse la mort comme sa poche. La seule raison rationnelle que je puisse trouver est que les types ne pensent pas à cette alternative, ou se disent que changer de vie ça n'est pas si simple. Etrange ceci dit.


Et même sans être toujours dans l'extrême, si vous n'avez plus rien de bon à faire là où vous êtes pourquoi ne pas bouger ne serait ce que de quelques centaines de kilomètres, à l'autre bout de la France histoire de rencontrer de nouvelles têtes, une nouvelle vie, un nouveau job...


Pour finir je citerai Desproges "Si partir c'est mourir un peu, dans certains cas rester c'est se pousser au suicide."

 

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