Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Mardi 11 mars 2008
Par Bobby
 

Le deuxième semestre commence, j'ai gonflé mon emploi du temps à bloc (12 cours au lieu de 5, c'est à dire 36h par semaine, ce qui me vaut les regards étonnés de mes petits camarades sortant tout juste du bac ; oui parce que je t'explique, après deux ans d'égarement -prépa + fac de philo- j'ai recommencé à zéro ; et donc, qu'on puisse aimer étudier, les boutonneux de 17-18 ans, ça les épate) et, forcément, je commence à fatiguer au bout d'une semaine et demi. D'autant que le soir je mène ma petite vie de débauche, du coup ça n'arrange rien. Si tu connaissais la musique stupide de mon réveil, cher lecteur, genre je suis une mélodie douce mais super agaçante, tu la haïrais tout comme moi.

 

[note à moi-même : sur les conseils avisés de Tante Summer, ne pas oublier que je n'ai plus le droit d'insulter ni d'emmerder le lecteur]

 

Bref, surmenage rapide (parce qu'en plus de ça j'ai tourné un court métrage en province, j'en prépare un autre sur Paris, je gère mon propre site et j'essaye de finir mon bouquin tout en cherchant un éditeur, sans compter les 2h de métro minimum chaque jour), et voilà que les maladies reviennent à l'assaut de ce pauvre organisme fragilisé. Mon médecin m'a dit que si je continuais à faire des angines, on allait m'enlever les amygdales. Du coup je les aies engueulées, ces connes : arrêtez de chopper des conneries où sinon vous allez jarter et ça va pas être une partie de plaisir, ni pour vous, ni pour moi. Ceux qui chouignent parce qu'ils vont se faire retirer les dents de sagesse me font bien rire, maintenant.

 

Longue introduction, donc, pour te dire que j'entame cette article en buvant un efferalgan corsé (oui, je mets très peu d'eau, le goût est plus dégueulasse mais y en a moins à boire, chacun ses petits trucs). Pour me donner du courage, je me suis promis un cran de chocolat à la tarte citron meringuée (oui oui, c'est une véritable tuerie, la tablette est un cadeau de maman ce weekend à l'occasion de mon retour momentané en province parmis d'autres victuailles  – à ce propos, il faudra que je pense à te parler du chaos familial qui règne chez eux depuis mon départ en octobre dernier), dans la vie il faut savoir se faire plaisir.

 

Si je m'accorde le droit à une page de traitement de texte, et une seule, pour chaque article, ça signifie qu'il me reste moins d'une demi-page pour te dresser, cher lecteur, un petit panorama de mon quartier. Parce que le milieu naturel d'un vingtenaire, c'est rudement important.

 

Commençons par les voisins les plus proches : sur le pallier d'en face, un mystérieux LE PORC, jeune homme invisible qui, lorsqu'après mon arrivée j'ai frappé à toutes les portes de l'étage pour quémander une connection internet (sans laquelle je ne saurais vivre), m'a reçu en peignoir à 16h, genre en plein plan cul. A côté de chez lui, un vieil homo, ancien styliste, m'a aidé à recharger mon portable pour que j'appelle mes parents lorsque EDF m'a coupé l'électricité (je ne payais pas les factures, forcément). Même qu'il m'a raconté les différentes morts ayant eu lieu dans l'immeuble : une fille qui s'est jetée par la fenêtre au 4e, après quoi sa mère venait chaque jour hanter les escaliers en hurlant de désespoir, et un type, à deux portes de chez moi, qui est mort chez lui après un coma éthylique et s'est décomposé dans sa moquette (qu'il a fallu découper autour de lui pour emmener le corps). Ensuite, vient le personnage le plus intéressant : Ungoliant*, ma voisine du dessous. Le jour de mon emménagement, elle est venue frapper chez moi en menaçant d'appeler la police si le « bordel » ne cessait pas immédiatement (il était 19h, et j'installais mon clic-clac, honte à moi et à mon manque de respect d'autrui). Depuis, elle et moi, c'est une guerre sans merci. J'en reparlerai ultérieurement. Descendons quelques étages. Il y a un type au premier, genre hacker japonais, qui se promène en robe de chambre et en fumant lentement, très étrange. Ensuite, dans la rue, un traiteur chinois tenu par toute une famille (père, mère, fils -fort mignon-, et fille, et depuis peu le bébé de cette dernière). Eux ils sont hyper-polis. Pas chaleureux du tout, non, polis. On est là pour payer, manger, et partir. Avec le sourire.

 

[deuxième note à moi-même : une seule page de traitement de texte ne suffira pas...]

 

Un peu plus loin, la boulangerie. Ma boulangère est une petite grosse aux cheveux rouges, complètement folle à force de vendre du pain et des croissants. Exemple d'un de ses monologues : « Oui ? Oui ? Bon-bonjour ? C'est ? C'est pour ? Un ? Un croissant aux amande ? Alors, oui. Oui. Un croi-ssant. Aux a-mandes. Oui. Un, oui, c'est tout ? Un croi- donc oui. 1 euro 20. Oui voi-là. C'est – ça. Oui, au re-voir. Oui. » Je me mords les lèvres jusqu'au sang pour ne pas éclater de rire devant elle. Un peu plus loin encore, enfin, on trouve la pharmacie, tenue par un grand black de plus de deux mètres, qui parle avec une voix à la fois douce et flippante.

 

Bref, encore une fois, j'évolue parmis des dingues. Il n'y a qu'ici que je me sens bien, dans mon élément.

 

Au prochain épisode, je vous en dirai plus sur l'avancée de ma bataille de drague à l'égard du sosie blond de Louis Garrel qui est dans ma promo et si, oui ou non, il finira dans mon lit (pour l'instant, j'ai son numéro, c'est déjà ça).

 
 
 

*Ungoliant : dans les écrits de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), il s'agit d'une araignée mythique géante issue des ténèbres. Or ma voisine lui ressemble étrangement...

 

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