C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Cher lecteur (ne m'en veux pas de prendre mes aises comme ça avec toi, d'entrée de jeu, mais il se trouve que je te connais depuis un moment), histoire de mettre les choses au clair, je vais essayer de me présenter à toi succinctement (parce que toi, en revanche, tu ne me connais pas).
Il se trouve que je suis un peu surpris. Figure-toi qu'il y a un peu moins de deux ans, je découvrais sur la toile le blog des Vingtenaires, tout émoustillé depuis ma province natale et du haut de mes dix-huit ans et demi. Et voilà, le temps donne un petit coup d'accélération -pas peur des radars, lui, il peut se la couler douce- et nous nous retrouvons ici, maintenant. Paf, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'ai vingt ans et un mois, et me voilà membre de la bande. Il faut dire qu'à l'époque où j'ai découvert le blog, j'ai quand même eu le culot de rencontrer la Déesse Mère (= Nina, la très vénérée), et de manger des cannelés avec elle d'autres vingtenaires à la terrasse d'un café. Rien que ça, et oui. Le cannelé, ça aide à ouvrir des portes.
Voilà donc qui constitue sans doute un peu de « sang neuf » dans cette chouette équipe (il semblerait que je sois le plus jeune Vingtenaire qui ait jamais existé, et tu m'en vois plus que ravi !). Et il y a beaucoup à dire.
Parce qu'à vingt ans, on se sent pas du tout comme Lorie dans sa chanson, pour qui « rien n'est impossible », et surtout, ce qui a le don de me plonger dans un état dubitatif profond, « on traverse le monde en chantant ». Non ma chérie, pas vraiment, essaye encore.
Parfois il me semble que les autres et moi, on vit pas dans le même monde. Par exemple, l'autre soir, je regardais les NRJ Music Awards sur TF1, et là, j'ai découvert, sidéré, dans quel monde on vivait (il était temps, me diras-tu cher lecteur, mais je t'emmerde, laisse moi débarquer de ma planète comme je veux). Il faut savoir, aussi, que je ne regarde jamais la télé, pour la simple et bonne raison que c'est nul et que, de toute façon, je n'en ai pas. Donc, me voilà hypnotisé devant la maudite lucarne chez Alex, mon meilleur ami qui étudie les particules quantiques et qui est super-méga-intelligent, même que si tu lui parles français, anglais, allemand, espagnol, italien, suédois, russe, arabe, chinois ou japonais, et ben il comprend. Et là, tout à coup, je réalise que, dans le même monde, il existe à la fois des trucs comme Mickael Youn, Rihanna, Benjamin Castaldi, et les particules quantiques. Et que même, si ça se trouve, et là je vais te demander une effort d'abstraction intense, Benjamin Castaldi est composé de particules quantiques.
Evidemment, lecteur, il y aura des moments où tu me trouveras sans doute un peu naïf, un peu immature, mais c'est normal, tout à fait normal. J'ai, comme pas mal de gens de mon âge, mes liaisons foireuses et inintéressantes, et je prendrai un malin plaisir à te les raconter. Par exemple, le soir du jour de l'An, on se retrouve avec Alex et son mec chez une amie à nous, Léa. Léa travaille dans le-fast-food-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Non, pas celui-là, l'autre. Tu me comprends, hein ? Donc, pendant l'apéro, je lui parle de Louka (je sais, je sais, j'essaye de ne pas t'assomer à coup de prénoms, mais j'ai une vie sociale très épanouie), un collègue à elle avec qui on avait passé plusieurs soirées et que je trouve franchement mignon. Et Léa, comme si de rien n'était, me balance qu'il est homo et me trouve mignon aussi, qu'elle le sait depuis un moment mais que, à chaque fois, elle oublie de me le dire. Cinq minutes plus tard, le téléphone de Léa se met à vibrer, Léa est aux toilettes, je décroche. « Salut, c'est Louka. » En quelques secondes, j'ai le temps de me liquéfier et d'apprendre qu'il passera la fin de soirée avec nous. Bref, je passe sur les détails (j'aurai l'occasion de revenir dessus ultérieurement), on s'embrasse sauvagement, on ne se quitte plus, les vacances se terminent, je dois rentrer sur Paris et l'abandonner en province pendant quinze jours, drame absolu, il me donne sa gourmette pour que je pense à lui, en échange je lui passe ma chaîne autour du cou, puis je reçois une lettre d'amour des plus touchantes, des plus sincères, et quelques jours plus tard, hop, tout est fini.
Tu sais lecteur, dans les films on ne voit pas les gens enlever la gourmette de leur poignet pour la rendre à l'autre. On ne voit pas les gens enlever la photo de l'autre, celle qu'ils avaient glissé dans leur portefeuille. On ne voit pas les gens cacher la lettre reçue et mise en évidence sur le bureau, pour ne plus la voir, pour passer à autre chose. On est allé trop vite, c'est sûr. Au final je regrette moins la personne (un inconnu de plus, avec qui on faisait semblant de bien se connaître, de se comprendre), que des petits gestes magiques.
(je te mets le lien du clip de Lorie, pour que tu dormes moins bête ce soir, cher lecteur) :







