(Je rappelle à mon cher lectorat que cet article est fictif et qu’en vrai, je ne cherche pas un
homme de façon active)
J’avais dit la semaine dernière que j’allais parler de la drague en roller mais j’avais oublié ce grand événement
commercialo-romantique (oxymore). Franchement, je sais pas comment j’ai fait car quand on travaille pour un magazine féminin, on en bouffe de la St Valentin.
Me voici donc célibataire à la St Valentin, ce qui devrait m’émouvoir mais en février, moi, j’ai pas l’âme romantique puisque la qualité principale que je cherche chez un homme à
l’heure actuelle, c’est la chaleur qu’il dégage. Ceci étant, grâce à la St Valentin, placée judicieusement entre Noël et Pâques, nous voilà soudain dans une zone pleine de cœurs, de cupidons
potelés, de roses rouges, de chocolats en forme de cœur…Alors n’est-ce pas le moment idéal pour trouver un homme ?
En tant que jeune fille romantique élevée aux contes de fées, j’attends beaucoup de la St Valentin et ce dès l’adolescence. Ah oui, je me souviens des St Valentin de mon
adolescence, un jour interminable où on attend un geste d’amour d’un amoureux transi secret qui nous offrirait une rose ou glisserait une lettre enflammée dans notre sac de cours. En plus, moi, à
mon époque, le langage SMS n’existait pas donc j’aurais pu recevoir une lettre au pire bourrée de fautes mais avec des mots entiers, quand même. Mais voilà, jamais personne ne s’est
déclaré.
Quelques années plus tard (la pudeur m’interdit de dire combien), voilà que je suis célibataire et me languis de mon prince. Nous sommes le 14 février, je me lève. Je n’ai rien
prévu pour la soirée des fois qu’un homme décide à m’inviter dans la journée pour un dîner romantique. UN homme sans doute prétentieux vu qu’il faut réserver à l’avance pour aller dans un resto
dont le nom ne commence pas par Mac ou Quick ou un pragmatique qui a plusieurs cibles à inviter. Et puis le speed dating de la St Valentin, ça fait trop aigrie du Cupidon. Je regarde mon
portable : pas de sms de déclaration d’amour. J’arrive au boulot, jette mon sac et regarde mes mails : pas de déclaration. Je regarde les recoins de mon bureau (bon les cachettes sont
pas nombreuses), rien. Bon, c’est que 10h, on va pas s’inquiéter. A 15h, j’ai des envies d’émasculation. Mais le problème, c’est que mon amoureux transi anonyme que j’attends, il est anonyme
justement donc ça va être dur pour m’en prendre à ses attributs masculins. 17h, j’ai compris, c’est bon, personne ne va se déclarer, m’offrir des roses ou des chocolats. Je rentre dare-dare chez
moi, ouvre ma boîte aux lettres, le cœur battant… Bon ben voilà, la seule personne à m’écrire en ce jour maudit, c’est EDF. Ok, je vais passer la soirée à manger de la haagen dasz en matant
Prison Break où le beau Wenworth est pédé. Les mecs, c’est vraiment tous des connards. Oh, un bruit dans la rue ! Un homme viendrait-il faire la sérénade sous ma fenêtre ? Les pas
s’approchent… toujours plus près… La personne est devant ma fenêtre… Merde, elle s’arrête pas. J’ai des envies de faire bouffer son arc à un cupidon.
Alors, vous allez me dire « non mais oh, Nina, tu n’arrêtes pas de nous saouler avec ton égalité des sexes, t’as qu’à la faire ta déclaration, toi ! ». Alors là, je
dis non et d’abord pour trois raisons. La première est que je suis une princesse romantique et que si les princesses romantiques étaient entreprenantes, ça se saurait. Ensuite, il paraît curieux
d’offrir des roses, des chocolats ou une carte rose avec plein de cœurs à un mec. Enfin, et là, on touche la vraie meilleure raison du monde : j’ai pas de cible. Je ne me déclare pas à
n’importe qui, moi, surtout que souvenons nous que je cherche THE mec, celui que je peux présenter à mes parents et même lui faire un bébé, tiens. Céder à l’impulsion de la St Valentin
m’éloignerait du droit chemin vers ce prince tant convoité.
Conclusion : la St Valentin, ça pue et je déteste les angelots. En vrai, la St Valentin, je m’en foutais mais cette année, j’en mange à toutes les sauces de par mon job et
j’ai hâte qu’on passe à autre chose. Au moins, la fashion week, je peux mater les tenues et dire si j’aime ou pas. Alors que les cartes de la St Valentin, je peux les mater et les trouver toutes
moches.
La semaine prochaine, déçue de ne pas avoir reçu de déclaration, je ferai donc du roller.
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