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La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Lundi soir, je comate devant la télé quand apparaît sur mon écran « the beauty and the geek ». Tiens, tiens, matons un peu. Bon, je vous résume le concept : 8 pouffes, 8 geeks, ils font équipe et le meilleur couple remporte de l’argent… Donc postulat de départ : les nanas sont bonnes donc connes. Oui, je préfère bonne à belles parce qu’elles sont pas forcément très jolies de visage. Y en a une, elle ressemble vachement à l’héroïne de Dead like me, avec une tête toute carrée, bof. Elle est conne en plus mais d’une force ! Donc d’un côté, 8 bonnasses bonnes, de l’autre, 8 intellos moches. Ca voudrait dire qu’on ne peut pas être beau et intelligent à la fois ? Ben merde alors !


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Je brocarde (gentiment) cette émission mais c’est assez révélateur de notre société, je trouve. Les nanas sont toutes bonnasses et blondes, sauf une black qui nous fait la minorité visible. Et même double minorité visible : noire et brune, ouch ! Mais c’est là qu’on voit que les brunes sont pas forcément les plus intelligentes vu qu’elle a été éliminée. Donc d’un côté, les bombasses blondasses siliconées, mannequins ou assimilées de profession répondant au doux nom de Jennylee, Cecille, Megan, Tori… C’est marrant, autant Cécile en français, je trouve ça classe, autant en américain, ça fait nom de playmate. De l’autre, Scooter, Mario, Nathan, des binoclards moches. Et pourtant, j’aime les binoclards, moi. Ici, le mot geek est à prendre dans le sens de « super intello qui cartonne dans ses études », bizarrement. Maintenant, j’éteins ma télé et je regarde ma vie. A quoi ressemblaient les premiers de mes classes ? Tiens, ils n’étaient pas tous lunetteux-boutonneux-moches. Prenons par exemple Julien, un gars avec qui je faisais de la radio. Physiquement : mignon, regard de braise, grand, petit cul à mourir. Intelligence : très au dessus de la moyenne, hypra cultivé, super intéressant sans jamais être pédant. Et cerise sur le gâteau, une voix grave méga sex. Dans ma vie actuelle, si je prends les vingtenaires, mes amis, je les trouve super brillants (y a qu’à lire nos articles), on a tous faits des études supérieures, y en a même une qui a un parcours universitaire bluffant. Ben physiquement, ils sont tous séduisants. Oui, je sais, vous n’en savez rien mais vous n’avez qu’à me croire sur parole.

Pourquoi est-on obligé d’être une ravissante idiote ? Ne peut-on pas être une ravissante intelligente ? C’est quoi le problème, en fait ? La perfection n’est pas de ce monde, certes, mais diviser le monde entre beaux et cons et moches et intelligents, c’est vraiment trop binaire. On peut avoir des tas d’autres défauts. Serait-ce de la jalousie de penser qu’une belle fille est forcément bête ? Idem pour un mec d’ailleurs. Une personne qui gagne son pain grâce à sa plastique, on la classera automatiquement dans la catégorie « rien dans le ciboulot ». Mais qu’en sait-on ? Qui a déjà parlé à Cindy Crawford, Monica Bellucci, Angelina Jolie, Brad Pitt, Jean-Baptiste Elissade (hiiiiiii !) ou le mec tout nu de la pub Lacoste (hiiiiiiiii !) ? Bah pas moi. Donc difficile de juger de leur intelligence, de leur culture. C’est sans doute pour se rassurer, se dire qu’on a quelque chose que eux n’ont pas, na ! Ca leur apprendra à être si beaux, non mais.

C’est vrai que la beauté est souvent coupable, comme si on payait le fait d’être beau par autre chose. Une fille qui se soigne est forcément superficielle donc forcément conne. Des fois, je m’amuse en pensant à l’image que je peux donner dans le métro par rapport à mes lectures. En schématisant un peu : Cosmo : conne, Le Monde : intelligente, un roman girlie : conne, un essai sur l’assassinat d’Alexandre Litvinenko : intelligente (alors qu’il est écrit comme un vrai polar ce bouquin). Du coup, je me demande si mes lectures me rendent également plus jolies ou plus moches, de la même façon. Cosmo : conne mais jolie, Le Monde : intelligente mais fade, un roman girlie : conne mais jolie, un essai sur l’assassinat d’Alexandre Litvinenko : intelligente mais fade. On vire au n’importe quoi, là, je sais, c’est justement ce que j’essaie de démontrer. Je regarde « the geek and the beauty » (je sais pas dans quel ordre c’est, les mots, on s’en fout), je me sens moite-moite. Je sais répondre à toutes les questions des filles et des mecs, je peux vouloir faire du sport pour m’entretenir et m’intéresser à l’informatique, c’est pas antinomique. Superficielle et légère d’un côté, grave et profonde de l’autre, c’est moi. Et je ne pense en aucun cas être une exception.

Alors, aujourd’hui, disons le haut et fort : « on peut être beau ET intelligent. Et sympa en plus ! »

Publié dans : De l'art ou du lard
Mercredi 10 octobre 2007

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