La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.
Il y a des jours comme ça, où je me pose des questions cons. Aujourd’hui, réfléchissons ensemble sur la mode car j’ai l’impression que depuis quelques années, on ne fait plus que
ressortir les vieilles fripes du carton pour les remettre à la une. Aucune innovation, aucune audace… Bref, les modeux ne servent-ils plus aujourd’hui qu’à nous dire quelle fringue ressortir
?
J’avoue ne pas suivre la mode. En général, pour la connaître, je rentre dans un magasin et je regarde ce qu’il y a. Par exemple, cet hiver, je rentre dans une boutique et c’est un déluge de gris, de noir et d’aubergine. Quelle déprime. Je n’ai rien contre ces couleurs là, je mets même très (trop) souvent du noir mais j’aime bien avoir un peu de pétard aussi. Cet été, c’est plus flashy, youpi ! Sauf que le jaune fluo et le vert pelouse, je peux pas en mettre, ça ne me va pas du tout au teint. Ca peut me servir à la limite si je veux pas aller bosser genre « regarde ma tête, ça se voit que je suis malade ». De la même façon, j’aime pas les slims ou les leggins, même si, dixit ma sœur « ohlala, tes jambes sont tellement blanches que j’ai cru que tu avais mis des leggins ». Mais c’est la mode d’être blanche, non ?
Bon, bref, je ne suis pas une modeuse et j’avoue que je m’en fous. J’ai pas forcément les moyens d’avoir un dressing avec tout ce qui est à la mode et ce qui ne l’est plus mais qu’on garde parce que ça reviendra. Puis je pense être assez grande pour décider de ce que j’ai envie de porter ou pas. J’achète ce que j’aime, pas ce qui se porte pour être in. Mais il n’en reste pas moins que j’ai souvent l’impression que la mode est une vaste blague et que l’innovation est absente depuis quelques années. Tiens, si on remettait à jour les sixties, seventies, eighties, nineties… La mode des années 2000 est-elle condamnée à ne piocher que dans ce qui a été fait à la fin du XXe siècle ? Le délire et l’originalité ne sont-ils réservés qu’aux défilés ? Ce robes psychédéliques immettables ne sont-elles faites que pour dire qu’on fait des défilés avec plein de gens prout-prout ? On est loin des tenues des films de SF.
Au-delà de ça, je me demande sincèrement à quoi sert la mode. A part de marqueur social, je vois pas. Oui parce que, soyons honnêtes, nous n’avons pas tous les moyens d’être une parfaite fashionista. Non parce que la pochette léop ard Dolce & Gabbana, je veux bien la trimballer en soirée mais à 1770 euros, je vais devoir la voler puisque mon salaire net est inférieur à ça (mon salaire brut aussi d’ailleurs). Heureusement, pas de panique, pour les fashionistas (j’aime bien ce mot) fauchées ou, pire, pauvres, on peut désormais louer des sacs trop chers sur sacdeluxe.fr, environ 20 euros les 15 jours, youhou ! Parfois, j’ai l’impression que la mode n’est ni plus ni moins que l’illustration de la théorie de Bourdieu sur le bon goût : ce sont les normes bourgeoises qui dictent ce qui est beau ou pas. Les fringues Jenifer ou Gemo, c’est moche. Mais pas mal de gens n’ont pas forcément les moyens d’aller s’habiller ailleurs. L’habiller plouc n’est pas forcément un choix. C’est d’ailleurs pour ça que je supporte pas les connards et connasses qui se moquent des fringues cheap des autres. File leur ton porte monnaie, je suis sûre qu’elles s’habilleront de suite mieux.
Pour ma part, je ne cours pas après les marques, je m’habille dans les magasins genre H&M, Promod ou Etam et je n’en éprouve pas la moindre honte (ni fierté). Je suis classique dans ma façon de m’habiller et je me sens bien comme ça. Bien sûr, je crève d’envie d’avoir suffisamment de tune pour faire une razzia chez des Filles à la Vanille ou Copain copines car j’adore leurs fringues assez décalées, que je rêve de robes très Marilyn avec un grand chapeau et des lunettes pour me la jouer star. Mais pour le moment, je ne gagne pas des milles et des cents même si mon salaire est tout à fait correct, surtout pour un début. D’un autre côté, il est vrai que quand il me reste de l’argent à la fin du mois, je le dépense beaucoup plus (et même trop) facilement au rayon librairie de la FNAC que chez Zara ou dans des boutiques créateurs. Est-ce que ça fait de moi une personne à ne pas fréquenter publiquement ? Qu’on n’invite pas aux soirées parce qu’elle a trois trains de retard sur la mode ? Mmmm, j’avoue que ceux qui font leur liste d’invités en fonction de ceux que disent John Galliano, Jean-Paul Gauthier, Donatella Versace (mouarfff !) et consort, ils peuvent ne pas m’inviter, ce sera un service à me rendre !
La prochaine fois, je vous expliquerai qu’être ringard, c’est in. Sortez vos tongs en plastiques et shorts à fleurs !
Commentaires