La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.
Dans la vie, j’ai plusieurs sphères : boulot, famille, amours (enfin euh…) et amis. Tout ça n’est pas imperméable, bien entendu. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de la sphère amicale. En fait quand un(e) ami(e) déconne, faut-il l’engueuler ou pas ?
Début janvier, après une rupture pas bien violente mais qui fait un peu chier quand même, j’ai la bonne idée d’aller me consoler dans les bras d’un ancien amant. Arrivée 23h30, départ de chez lui 0h30 parce que le monsieur m’a gentiment indiqué qu’il avait encore du boulot et que si je voulais bien partir… Je raconte ça à Lucie qui s’énerve : « je te préviens que si tu le revois celui-là, tu vas avoir affaire à moi ». Gloups ! Ce qui est bien, c’est que si ma conscience me lâche à la perspective d’une brouette, la perspective de me prendre un tir par Lucie me calme instantanément. Non parce que Lucie, c’est une amie du genre « putain mais t’as fini tes conneries, oui ? ». Dans le genre secouage de puces, on fait difficilement mieux.
Ce n’est pas toujours facile de jouer la méchante copine. Ben oui, c’est plus facile de toujours acquiescer genre « je suis ton amie que tu adores parce que je te contredis jamais ». Sauf que quand on est amie, on est pas censé dire à ceux qu’on considère comme tels qu’ils déconnent quand ils le font ? C’est pas évident comme question. Par exemple, j’ai une copine qui « sort » avec un type pas toujours très correct avec elle, y a des fois où il me fout bien les boules quand même et je me prive pas pour le faire remarquer à la copine. C’était pareil avec Zoé à l’époque, des fois, je m’énervais un peu : « mais tu bloques ta vie pour lui des fois qu’il t’appelle à 23h parce qu’il a envie de te voir. Tu sors plus, tu vois plus personne, tout ça pour même pas le voir ! ». Donc en tant qu’amie, mon rôle est de souligner que certaine situations sont pas normales, quand même. Mais. Oui, il y a un mais. Non parce que je suis quand même pas leur mère à ces demoiselles donc une fois que j’ai souligné la connardise de ces messieurs et que j’ai fait mon laïus « mais te laisse pas traiter comme ça, impose-toi », ben, il n’est pas décent d’insister. Enfin, je crois.
Parce que leur vie n’est pas la mienne et même si j’ai pas envie de les voir malheureuses à cause de M. Connard, je vais pas non plus camper chez elles pour vérifier qu’elles ne le voient pas quand même. Parce que je suis pas leur mère, comme je disais, et puis qui suis-je pour décider si tel mec est bien ou pas ? Même quand il prouve sa connardise de façon flagrante, parfois. Mais j’ai exposé mon avis et point. Je les appelle pas toute la nuit pour vérifier qu’elles sont seules parce que la nuit, je dors, d’abord. Puis je suis censée être amie, pas tôlière. Après tout, moi aussi, j’ai eu des connards, je suis pas forcément la mieux placée pour faire la leçon. Et même quand mes copines viennent pleurer sur mon épaule, j’évite le glacial « ah ben je te l’avais bien dit ! » bien sec genre « et ben c’est ta faute, t’avais qu’à arrêter quand je l’ai dit ! ». Non, je suis pas une vraie méchante copine. Parce que j’aimerais me planter quand je dis « c’est un connard qui te fera souffrir », j’aime mieux quand mes copines sont heureuses parce que le bonheur, c’est toujours un peu contagieux. Et puis j’aime bien qu’on me montre que « non, regarde, les mecs biens, c’est pas un mythe, je sors avec l’un d’entre eux ! ». Bon, je dis ça mais j’en ai eu des biens aussi, hein ! Non parce que faut pas croire que j’essaie de démontrer à mes copines que leurs mecs sont des enfoirés parce que je suis jalouse d’elles, c’est pas ça du tout.
Donc voilà, ma copine en ce moment, je lui ai dit 150 fois que « il te respecte pas, envoie le chieeeeeeeeeer ! », elle a reconnu que des fois, il avait été en dessous de tout. Mais maintenant, si elle retourne dans ses bras, suis-je censée lui faire la gueule ? L’engueuler comme du poisson pourri ? Lui rappeler pourquoi c’est un connard ? Ou alors me taire, juste signaler que je n’approuve pas et attendre de voir. Après tout, peut-être qu’il se rattrapera. Sinon, on fera une soirée kleenex, c’est pas mes préférées mais l’amitié, c’est pas que quand tout va bien.
Bref, copine, tu fais ce que tu veux (mais notre contrat court toujours, mouarf !), je ne t’engueulerai pas. Parce que je suis pas ta mère, quoi, et j’aime pas engueuler les gens, j’ai suffisamment à faire avec Kenya !
Ben, c carrément ça. J'ai donné mon avis, après, j'impose rien et même, ça me fait chier de jouer les mères supérieures. Ca me fait de la peine de voir mes amies malheureuses à cause d'un type mais les harceler ne servira à rien. De toute façon, ça me fatigue vite de jouer les bonnes consciences!! ;) Après tout, on apprend de nos "erreurs", on dira.
Oui, je trouve que tu as une bonne définition. Le but, pour ma part, ce n'est pas du tout de faire la morale, surtout que c pas comme si j'avais jamais fait de conneries, juste souligner ce qui va pas. Après, comme tu dis, en tant qu'amie, je dois respecter le choix des miens, même si je suis pas d'accord. Sinon, ça s'appelle un tyran.
Oui, carrément. C carrément humain de pas aller, pas la peine de se cacher. Et l'amitié, c'est aussi être là pour l'autre quand il va pas bien, ça marche dans les deux sens.
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