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La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

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Qu’il est beau ! Quand il me parle en me regardant dans les yeux, je fonds comme neige au soleil… Que j’aimerais que ses grandes mains découvrent les recoins les plus intimes de mon corps, que j’aimerais que mes enfants lui ressemblent, portent son nom… Mais que pense-t-il de moi ? A-t-il envie de partager ses gênes avec moi… ou au moins une nuit, une semaine, pour commencer ? La meilleure façon de le savoir est de demander… Encore faut-il oser !
 
 
Hier soir, après avoir roucoulé toute la soirée avec mon correspondant virtuel, voilà Athéna qui vient me parler : « as-tu déjà fantasmé sur un de tes amis sans qu’il ne se passe rien ? Â» Oui, ça m’est déjà arrivé. Pourquoi ? Parce que soit j’étais déjà en couple, soit j’ai pas osé faire le premier pas (enfin si, une fois, je l’ai fait mais de façon tellement discrète qu’il n’y a que moi qui ai pris conscience du jeu de séduction). Athéna me parle d’un garçon qui lui plaît mais elle préfère le laisser venir plutôt que de tenter quoi que ce soit : « tu comprends, dans ma vie, dès que j’ai eu un coup de cÅ“ur comme ça, je me suis pris un râteau Â». Et alors ? lui ai-je demandé. Après tout, je ne crois pas en la fatalité : parce qu’il me plaît, je vais me ramasser ? Vaut-il mieux, comme elle m’a dit, se déclarer auprès de mecs moins bien, quitte à apprendre à les aimer ensuite, que se prendre un vent par l’objet de nos désirs ?
 
Rien n’est plus compliqué que de déclarer ses sentiments, j’en conviens. Je suis particulièrement nulle en la matière. Revenons sur ce jeune homme que j’ai « dragué Â», celui que j’ai évoque au-dessus. Rapidement, il s’appelle Bertrand, il est super séduisant et ne s’en rend pas compte. Au début, je n’avais pas fait particulièrement attention à lui car j’étais une patate mariée et surtout qu’il traînait avec un pur beau gosse que, lui, j’avais bien repéré. Mais après qu’il m’eut roté à la figure, son image de playboy en a pris un coup et je commençais à sympathiser avec le petit Bertrand aux yeux bleu-vert-gris. Au début du second semestre, je lui propose de lui envoyer les cours par mail (je les retape le soir) car, en tant que pion, il rate deux jours. Il me promet un resto pour me remercier. Les jours passent et je le trouve de plus en plus mignon… Mais non, je suis une patate mariée, je suis une patate mariée ! Mais il est tellement adorable, il m’envoie un mail pour mon anniversaire. Je dois résister ! Mais au retour de ces vacances d’avril, alors que j’étais résolue à tuer dans l’œuf tout désir pour lui, il vient me parler, il pleut, ses yeux sont gris et je fonds complètement.
 
Une fois célibataire, il est temps de partir à l’abordage du Bertrand. Bon, comme il part juste après le dernier examen, pas possible de tenter quoi que ce soit lors des soirées post-exams. Ensuite, je le croise par hasard lors de la fête de la musique, il est beau, j’en peux plus ! Il me dit qu’il veut à tout prix qu’on se fasse ce resto qu’il me doit. Une semaine après, il m’envoie un mail : « félicitations pour ta mention (à ma maîtrise), on se le fait quand ce resto ? Â» donc je lui réponds et… Plus rien. J’en parle à Anne qui me dit d’attaquer : « mais attends, il est clairement intéressé, propose-lui d’aller boire un café ! Â». Mais non, comme une conne, je n’ose pas… Et là, je trouve LE plan merdique : je lui avais prêté un livre, ce serait sympa qu’il me le rende et, au passage, on irait au resto… Finalement, on s’est pas vus de l’été, il m’a rendu mon livre à la rentrée en glissant au passage qu’il n’était plus célibataire. Bien fait pour moi.
 
Pourtant, dans ma tête, tout était réglé comme du papier à musique : on allait au resto, puis après, je lui proposais d’aller boire un verre chez moi… Bon, de un, le resto n’a jamais eu lieu, de deux, je suis pas sûre que j’aurais eu le courage.
 
Mais nous sommes idiotes de se bloquer, comme ça, qu’est-ce qu’on risque ? Un râteau. Et alors, est-ce que ça a déjà tué quelqu’un ? Non (pas à ma connaissance, du moins). Je me souviens de ce râteau mangé en juillet… Ben, ça ne me fait plus rien du tout. Sur le coup, ça vexe mais après tout, il faut faire la part des choses : on ne peut pas plaire à tous les hommes. Les plus belles femmes du monde ont pris des râteaux, même Monica Bellucci ! Remarque, je serais belle comme Monica Bellucci, j’allumerais tous les hommes et, forcément, je me prendrais une claque ou deux. Ça fait partie de la vie.
 
Athéna me rétorqua : « oui mais je n’ai pas envie de perdre son amitié Â». Ma puce, tu le connais depuis moins d’un mois, si tu ne tentes rien maintenant, tu ne le feras jamais et je ne sais pas si une amitié aussi ambiguë est souhaitable. Si ce gars en vaut la peine, s’il ne partage pas tes sentiments, il n’en restera pas moins ton ami. Vois-tu, il y a sept ans, j’ai rencontré un grand brun bien mignon, extrêmement sympathique. Très courageuse, j’ai demandé à une copine de tâter le terrain. Bon, du coup, elle y est allée cash. Quand le gars lui a dit : « elle est drôlement bien habillée Nina, aujourd'hui Â», elle lui a répondu : « Et tu crois qu’elle a fait ça pour le Pape, banane ? Â». Du coup, ce jeune homme est venu me parler, je me suis pris mon vent. J’ai omis de dire que ce garçon s’appelle Gauthier et c’est mon moumour adoré aujourd'hui (je précise qu’à l’époque, ça ne se voyait pas du tout qu’il était gay).
 
Sinon, récemment, rappelons le cas Julien, mon nouveau meilleur ami de la vie. Sauf qu’au fond, son amitié, je m’en tapais. Ce n’est pas ça que je voulais avec lui, je voulais qu’on se mélange un peu, qu’on fasse un bout de chemin ensemble, plus ou moins long… A partir du moment où il y a eu ce râteau, il est venu me parler une ou deux fois puis plus rien. Je voulais lui écrire le mois dernier pour avoir de ses nouvelles : étant avec Arnaud, ça ne faisait pas le plan drague foireux. Mais finalement… au fond, ai-je envie d’être amie avec lui ou ai-je envie de lui tout court ? Bon, là, mes ardeurs vis-à-vis du jeune homme sont bien calmées, voilà sans doute pourquoi je ne fais aucun effort pour prendre de ses nouvelles (il n’en fait pas non plus). Alors, oui, techniquement, j’ai perdu son amitié mais en même temps, nos rapports n’ont jamais été purement amicaux.
 
Alors, voilà, se déclarer c’est perdre quoi ? A la limite, la face, mais on s’en remet et en général plus vite qu’on ne le croit. Il ne faut pas oublier que les hommes ne sont pas forcément plus forts que nous dans ce domaine. Je comprends les hommes qui se plaignent : « c’est toujours à nous de faire le premier pas Â». Oui, pourquoi ? Et surtout pourquoi sommes-nous toujours passives ? Sommes-nous condamnées à attendre d’être choisies plutôt que de choisir ? Doit-on se priver de l’objet de notre désir uniquement parce qu’il ne s’est pas déclaré ? Je ne crois pas.
 
Après, je ne dis pas que c’est facile. Cependant, il faut arrêter de croire que nous ne sommes pas la hauteur de l’objet de notre désir. Surtout que, s’il le faut, de son côté, il se pâme d’amour en attendant qu’on ose enfin lui révéler nos sentiments. Rater une histoire uniquement parce qu’on n’a pas osé, c’est idiot, tout de même.
Publié dans : Sexe et séduction
Samedi 15 octobre 2005

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