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La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Par Bobby 

Il y a des films comme ça qui vous posent problème, parce qu'ils commencent et paf, vous vous dites : « non, je n'aime pas, ça n'est pas assez ambigu, je devine ce qui se passe et les personnages me confirment aussitôt que ce que je pense est vrai, c'est dommage ». Ca manque de subtilité. Pour un film qui traite un sujet aussi éminemment actuel et délicat, c'est d'autant plus pénible. Et puis, Hafsia Herzi, on l'a découverte récemment dans La Graine et le Mulet, un autre film qui confronte la culture arabe et la France, et qu'on a très envie de comparer à Française.  L'un nous immerge dans une banlieue, l'autre nous emmène au Maroc (plans magnifique d'un pays aux paysages époustouflants).

Et puis, après une série de déception, la fin arrive, et cette dernière scène, étrange, déconcertante. Le film, aussitôt, atteint une autre dimension, éclairé tout entier par cette touche finale. Dès lors on ne sait plus trop si on a aimé ou pas.
 

Une question se pose : doit-on traiter un tel sujet -l'intégration des immigrés et des enfants d'immigrés en France- de manière frontale et abrupte, sous prétexte qu'il s'agit d'un sujet d'actualité ? Et voilà que la maitresse parle des origines de la petite Sofia, protagoniste du film, et voilà qu'on nous présente les différences entre la vie en France et au Maroc, et une petite fille de dire « je comprends pas, t'es française, africaine, marocaine ou arabe ? », et - STOP ! Laissez-nous comprendre les choses par nous-mêmes ! On SAIT très bien que les enfants et les petits enfants d'immigrés sont français et peuvent en être fiers. Le montrer à ce point, ça frise parfois le ridicule (Sofia criant « je suis française » comme l'homme éléphant criait « je ne suis pas un animal »... un peu pathétique) ou du moins, le fameux politiquement correct. 

Est-ce le genre de film qu'on fait pour plaire, sous couvert de bons sentiments ? Ce genre de film qui n'apporte pas grand chose, à part, ici, la reconnaissance des maghrébins à l'écran (tous plus beaux les uns que les autres -ç'en est, encore une fois, un peu ridicule- aucun accent, tous déprimés comme le sont ces bons vieux français)... 

Et Hafsia Herzi nous avait habitués à mieux, par son jeu dans La Graine et le Mulet. Ici, c'est un cortège de comédiens médiocres, au jeu alourdi par des dialogues totalement artificiels. La direction d'acteur reste un talent qui n'est pas donné à tout le monde. Seule exception notoire du casting : Aymen Saïdi, qui interprête le frère de Sofia, à la fois adorable et juste (et très craquant). 

La Graine et le Mulet avait une personnalité, une puissance. Ici, c'est un petit drame social gentillet, pas méchant, mais pas très intéressant non plus.  
publié dans : Chronique cinéma
Dimanche 1 juin 2008

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