Par Lucas
Je sais bien. Ca vous fait penser à Orgueil et Préjugés un tel titre. Je ne fais rien qu'à copier. Bouh, pas bien. Jane Austen va sortir de son caveau et venir me donner une malédiction.
Bon, Prétention et Modestie parce que j'ai été taxé ces jours ci de prétention et ça m'énerve. Non pas parce que c'est faux ; je suis surement prétentieux, m'enfin ce n'est pas avec mes études de merde et le fait qu'à 29 ans je n'bosse toujours pas que je peux me la raconter. Mais bon ce genre de pseudo débat stérile avec moi-même n'a aucun intérêt : revenons au sujet.
Ca me fait râler, mais il s'avère qu'en Douce France, on voue un culte à la médiocrité.
Alors là bien sûr, vous allez dire :
"Mais il est pas bien Lucas, il nous prend tous pour des demeurés ou quoi ? Elle a raison la nana qui dit qu'il est prétentieux. Faut qu'il se soigne !"
Alors, oui, je sais bien : les magazines nous abreuvent d'exemples de gens qui ont réussi, de Challenge à Capital en passant même par Le Monde. Pour autant, certaines lectrices, certains lecteurs reconnaitront qu'en France il ne faut pas avouer qu'on est doué, efficace, ou au dessus de la moyenne dans un domaine donné sinon on est tout de suite taxé de vaniteux, d'orgueilleux, de mec qui se sent plus pêter. Parce que reconnaitre soi même son talent en France, et bah c'est pas bien. Attention ! Je ne dis pas le clamer et s'en gargariser. Je dis : simplement le reconnaître.
Culture de la médiocrité où personne ne doit sortir du rang, égalité portée aux nues...
Cette culture, c'était celle qui dominait en France et elle en train de changer grâce notamment à des média agressifs (l'Entreprise qui invite ses lecteurs à se lancer, par exemple, et qui a senti qu'il y avait une place à occuper, un marché pour les publications dédiées à l'entrepreneuriat).
Avant, il ne fallait pas chercher à aller plus loin à faire progresser ou changer les choses. Paye ton cours "Comment lutter contre la résistance au changement ?"
Si les autres disent du bien de vous il ne faut pas les encenser. A la rigueur, on peut rester silencieux. Mais il faut mieux les contredire avec un p'tit sourire de mauvaise foi. Assumer qu'on est bon dans un domaine donné c'est mal. En France, il faut rentrer dans le rang personne ne doit dépasser
Et je suis persuadé que la religion catholique a eu un rôle là dedans.
Sinon, pourquoi les pays de culture protestante voire anglicane ont un rapport différent à la réussite, qu'elle soit financière ou plus largement sociale ?
Comment expliquer que ce soit en Angleterre qu'il y ait eu en premier la révolution industrielle ?
Wiki nous propose 3 éléments de réponse :
- l'empire colonial,
- la spécialisation industrielle précoce,
- la puissance financière.
J'en rajouterai un 4eme qui me parait prépondérant : l'anglicanisme, religion qui ne reniait pas l'enrichissement personnel.
Cette volonté de réussite, on la retrouve aux Zetats Zunis mais là ils ont d'autres arguments : un peuple d'aventuriers, de preneurs de risques au départ. Ca vous façonne une culture cet état
d'esprit...
Donc je résume. La religion catholique est responsable de tous les vices de la terre et elle a trouvé un ferment utile dans la culture française qui a mis en avant le coté égalité plus que la liberté et a transformé la fraternité en assistanat. Plus prosaïquement on retombe sur le bon vieux dilemme entre égalitarisme et élitisme. Je sens que ce genre de paragraphe va susciter des réactions à foison...
Voila c'était mon dernier article sur les Vingtenaires. Depuis mon coma/accident, je ne me sens plus en phase avec les lecteurs (mais l'ai-je jamais été ?) et un
peu trop enclin aux délires perso là où la ligne éditoriale est plus carrée. Je ne me sens pas vraiment dans le trip 20's et vos comm sur les derniers articles voire vos silences le
montrent. Ca tombe bien Nina veut recruter de jeunes plumes. Ca tombe encore mieux, je vais avoir 29 ans, le 3 août. Vieux vingtenaire, vieux vingtenaire lève ton verre...
Je vais donc sombrer dans l'égoïsme vaniteux et essayer d'écrire une histoire. Une vraie. Ca fait bien dix ans que mes amis me pressent de le faire : il est grand temps de leur faire lire
un truc afin qu'ils se rendent compte qu'écrire des articles c'est bien joli mais avoir le talent et la culture d'une McCullers ou d'un Auster, d'un Aragon ou d'un Labro, voire plus récemment
d'une Barbery (L'élégance du hérisson) ce n'est pas donné à tout le monde. Je sais ce que vous allez dire : je pourrais très bien mettre en suspens ma participation le temps de barbouiller
qq pages. Mais là encore, je me découvre vide. Les idées d'articles qui me viennent n'ont pas grand intérêt.
Merci pour tous vos messages, vos commentaires, dithyrambiques ou non, et surtout merci pour votre honnêteté intellectuelle.
Je repasse coté lecteur pour apprécier pleinement les phrases ciselées de Nina et son jugement, son abnégation et son allant qui suscitent encore et toujours mon admiration.
Merci à tous les Vingtenaires pour leur accueil, leur gentillesse, virtuelle ou IRL dans les rares moments où on s'est vu. J'espère que je vous laisserai un souvenir pas trop mauvais.
Je vous laisse tous avec une chanson. Découverte sur Nova. De la Soul bien zen.
Une chanson dont le titre pourrait faire croire que je veux rester dans vos esprits mais c'est simplement que la musique est fort plaisante. Dédicace à Mlle Myers au passage... Et petit sourire triste de circonstance : Lucas tire sa révérence.
Découvrez Dajla!






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