C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...

Ici, on reste poli. On a le droit de ne pas être d'accord, ça n'autorise pas les injures. Les commentaires du genre seront automatiquements modérés.

Lucas

Cette bafouille se lit mieux avec cette reprise.


Bon anniversaire Gertrude ! Tu permets que je t'appelle Gertrude ?[1]
Bah oui on est potes tous les deux.
Ça fait un an qu'on se connait, qu'on se côtoie.
Ça fait un an que tu fais la une de chaque numéro hebdomadaire de l'encart emploi de l'Express.
En fait, ça fait un an qu'il n'y a pas une journée sans qu'un quotidien, une radio ou une télé ne parle de toi.

Un an !

Je sais, ça ne doit pas être facile pour toi. Cette célébrité soudaine et brutale,
constamment sur le devant de la scène,
être la star et l'égérie, celle qu'on clame et qu'on n'oublie… jamais.
Pas de pause, d'accalmie, pas de repos, pas de répit.
Mais ne t'inquiète pas, Gertrude.

Comme ces soldats du fort Bastiani, dans "Le Désert des Tartares", tu devrais voir un jour venir l'assaillant, ou même voir venir la relève. Enfin, je dis la "relève" mais ce n'est pas tout à fait ça. On n'est pas dans un album d'Asterix…
Disons plutôt la reprise.
Et là, on a envie de détourner une chanson de Kali et de te poser la question :



Et pourtant,
Et pourtant…
Tu sais quoi Gertrude ?
Ma référence au "Désert des Tartares" n'est pas fortuite…

"Le Désert des Tartares", c'est un peu  l'histoire d’une vie gâchée. Et cette vie, c'est celle de ceux qui n'osent pas créer leur chance. Celle de ceux qui attendent tout de la fatalité et du destin, ceux qui n'osent pas, qui stagnent ou qui vétillent pour ne pas s'engager, qui ne font rien pour aller de l'avant et construire. De ceux qui se bercent de "ah si seulement" et de "tiens je vais jouer au loto, on ne sait jamais"… Ces gens pusillanimes  qui gardent espoir en sublimant un artefact éthéré, ceux qui pensent, qu’un jour, une bonne fée va se pointer et tout changer.  Un espoir odieux que  Buzzati montre tel qu’il est : comme une forme de lâcheté.
Et je sais de quoi je parle, Gertrude. oui je ne le sais que trop bien et je l'avoue avec un peu de honte : j'ai mis deux ans à m'extirper de cette atonie.

Pour aller dans le même sens, ça me fait penser à cette réponse que j'ai reçue ce soir de la part de Décathlon où je postulais pour être chef manager de rayon :

Je déplore cependant que votre profil ne corresponde à aucun de nos métiers proposés, et vous informe que nous avons supprimé les informations vous concernant dans nos bases de données.


Negative answer, again and again,
So, what ?

Alors j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes, Gertrude.
De t'envoyer chier.
Oui, je sais, dit comme ça c'est vulgaire mais tu n'imagines pas comme je m'en contrefous.
Tous les DRH me font la gueule et je sais bien : je devrais essayer d'être complaisant. Aller faire risette dans le réseau des anciens de Reims Management's Cool, appeler des gens pour les "rencontrer et leur demander des infos sur leur job", tournure insidieuse et malhonnête qui déguise un "coucou, je vais venir taper l'incruste dans ton bureau sous prétexte qu'on a fait la même école, histoire que tu notes bien que j'existe et que si tu vois un job passer dans une semaine, tu penses à moi vu que lorsqu'un job est posté sur Cadremploi ou Apec c'est qu'il n'a pas été pourvu en interne, ouhai trop cool, j'te kiffe graaaaaaave".



Je vais donc me lancer comme autoentrepreneur.
A côté de mon job à mi temps,
A côté de mes recherches de boulot entrecoupées de courses à pied pour ne pas penser,
A côté de mon aide apportée à l'assoce Coup de Pouce
Et advienne que pourra.

Je ne dis pas ça par fatalité.
Même quand on a bien ciblé son marché, son offre, son discours, la faute à pas de chance a toujours sa place.
Mais au moins j'aurais essayé et je pourrais enfin me regarder dans une glace.
Un an, Gertrude…
J'espère bien que tu vas crever dans les 6 mois.
Et c'est avec joie que j'irai cracher sur ta tombe.
Je te laisse avec une apologie ou une exhortation de Jaurès que je trouve bien jolie et que j'ai envie de suivre. Oui, je sais Gertrude : c'est beau les déclarations d'intentions. Mais pour moi c'est un objectif à atteindre et un instrument, un moyen et un but. Un tout.

"Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication.
Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.
Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.
Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.
Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.
Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.
Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."



[1] Intro empruntée à l'article du Tigre sur Marc L…
Publié dans : Lucas
Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 09:56

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Par Lucas

On va l'appeler Alain. Je dirais 65 ans, voire un peu plus. En retraite depuis 6 mois. Un ami de mon père, ils se sont connus au golf. Il a bossé toute sa vie comme attaché commercial dans une ambassade d'un grand pays à Paris.
Un soir, il y a 20 ans mes parents l'ont invité à dîner.

Avec deux couples d'amis et…  une nana célibataire.

Juste avant le dîner, il a pris mon père entre 4 z'yeux et il lui a dit "Lionel, arrête de me prendre pour un con. Tu ne me refais plus jamais ça, compris ?"

N'empêche qu'il a 65 ans et qu'il est célibataire.
Voila, voila.
Moi j'dis ça j'dis rien.
Pof,pof.



Je n'ai pas la hantise de finir comme Alain.

Je n'ai pas de craintes.
Pas d'angoisses.
Et je ne dis pas ça pour essayer de me convaincre : j'y crois vraiment.
Mais pourquoi est-ce que vous souriez comme ça ?

Bon, certes, avec mon accident mes relations sociales sont limitées. Et ya pas de nouvelles têtes dans mon groupe d'amis. Alors pour trouver une femme libérée, tu sais, c'est pas si facile. 

Bon d'accord... Ya bien la demoiselle avec qui je bosse mes problèmes de mémoire. Tout en elle est "aimable". Mais depuis mon séjour à Garches, j'ai une règle : on-ne-drague-pas-ses-
thérapeutes. D'un autre coté, je la vois toutes les semaines et vu que je lui apporte des cannelés tous les 15 jours elle doit bien se douter de quelque chose… Bref, je m'écarte du sujet, excusez moi.

Samedi dernier, je suis allé passer une soirée avec des amis. Petit squat de canapés avec quiches, vino rosso et tutti quanti.

8 couples et moi.
Avec les p'tites remarques entre deux zamoureux, voire plus implicite les regards, les sourires entre eux...
Connivence. Complicité. Que l'on capte, involontairement. Impudemment. Notez qu'ils sont tous de vieux vingtenaires, en moyenne 28 ans.
Et là j'avoue, on se sent à l'ouest.
De l'Eden ?
Je vous entends déjà hurler : "Ouhai mais t'as qu'à te bouger les fesses aussi !"
Bah oui, je ne demande que ça !

Il y a deux ans, j'ai créé mon bachelor, Singulier Pluriel,
10 nanas se sont battues pendant un mois et demi, une épreuve par semaine. Rien de bien concluant… Faut dire qu'à l'époque je tentais de renouer avec mon intellect… Gniiiiiii. Elles étaient méritantes les donzelles ! Quand je vois les progrès que j'ai fait en deux ans... Qu'elles soient ici remerciées…
J'ai essayé PCC et ce n'était pas si mal sauf le coté insidieux derrière les bafouilles de certains. Bilan ; une nana rencontrée 11 mois après l'accident et qui m'a, bien sûr, largué au bout d'une semaine tellement j'étais à des annééééééées lumière de mon état intellectuel normal (salooooooooope). Une autre pas folichone, une dernière insipide. Allez, on arrête les frais.
J'ai essayé AdopteUnMec. Gratuitement. Deux rendez-vous, une aventure, rien de grandiose. Et un p'tit peu ras le bol que le site me prenne pour un con.
J'ai essayé Attractive World en voyant une pub sur Facebook (gratuité jusqu'à la mi-aout)  J'ai réussi à être pris alors que je n'avais même pas tilté qu'il fallait donner une image glamour et qu'on était sélectionné par les nanas en place. Ça m'a fait mourir de rire de voir ça après avoir été choisi ! Style le concept de "rencontres de qualité", genre on  sélectionne nos membres alors que tout le monde se fait adouber pour peu qu'il ait eu l'intelligence de donner une apparence un peu glamour. Autant vous prévenir les mecs :  Aum ou AW les filles sont ternes et insipides. Qui est ce qui a dit "Lucas il fait des généralités parce qu'il est aigriiii". Oui, c'est vrai : et alors ???
Bon je vous finis mon tour des sites de rencontres. Finalement, je me suis tâté pour Meetic Affinity …
Et là ma fierté a repris le contrôle…
Arf.
Mais pourquoi donc se demande le lecteur curieux ?
Je serai bien tenté de vous mettre un "réponse au prochain épisode" mais là je vais vraiment me faire lapider.

Disons que j'en ai ras le bol des sites. Ras le bol de ce coté pernicieux

Never more.
Du coup, quess qu'il me reste ?
"Bah à sortir dans la Vraie Vie, Lucas !"
Merci bien, je n'y avais pas pensé du tout !
A ce propos, j'ai l'impression que le site "On Va Sortir" est un p'tit peu une caverne de dragueurs. Quand on voit la défiance des nanas que j'ai pu croiser lors de soirées jazz diverses…  Alors que je n'y allais pas dans une logique de drague bestiale… Sans déconner !

So... what ???


Bah alors je me dis que je pourrais me prendre par la main, aller dans un bar et accoster tout ce qui bouge avec mon label Dragueur de Fonds Désespéré. Ouhai, je pourrais mais c'est con : j'ai encore un peu de vanité. Et puis un bar, c'est pas la panacée pour trouver une nana (parce qu'en plus je suis exigeant). Et puis je pourrais aussi refuser cette pression sociale implicite qui veut qu'on soit en couple et adouber le regard fataliste de certains "l'amour te tombera dessus au moment où tu t'y attendras le moins". Mouhai. La fatalité a bon dos...
Résultat : je crois que je vais prendre la série de Nina "Ou trouver l'homme" et la transposer en "Où trouver la femme".  Sauf que là où c'était une fiction avec Nina, moi je vais vous faire du IRL de folaille. Si vous avez des endroits à me conseiller à Paname ou sur la ligne A, je vous pose la question :  Où sont les feaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaammes !!??
Publié dans : Lucas
Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 09:26

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Par Lucas

Il y a 6 mois je discutais avec la vingtenaire Ella Sykes suite à une de mes bafouilles. Dans les commentaires ou en privé, elle me disait que si je n'avais pas de fric ce n'était même pas la peine d'espérer séduire une nana qui en vaille la peine. Ouep, elle est comme ça Ella Sykes. Tranchante et intransigeante. D'ailleurs, je l'ai saoulé vite fait : on est plus pote sur Facebook. Ce qui doit contribuer à relever le coefficient esthétique de sa gambette. No doubt.

M'enfin je digressionne, encore une fois. Revenons au précepte Sykien : "pas de fric  = pas de super nana qui s'intéresse à toi". Boum. Vlan.



Bon d'accord, j'avoue. Je n'ai jamais rencontré le grand amour. Pour l'instant je vois plus le couple comme le fait d'être avec une nana parce que c'est la moins pire et non la meilleure à mes yeux. Oui, je suis un poète. Et un mec blasé.
Je cherche mais je ne trouve pas celle qui me va, moi qui aurait tant aimééééé… (Axelle, c'est pas le bon article…Retourne sur cette page) Mais je dois reconnaître que je m'étais déjà posé la question en reufleuchissant au personnage de Sally dans "Rien ne Va Plus" (Losing It) de Douglas Kennedy, illustration magnifique de la nana qui veut un homme qui lui permette d'aller plus haut... Toutes les femmes veulent qu'on les sublime, je sais bien, mais là cest de linstrumentalisation.
Bon et si on allait plus loin,  style je réflexione, dans le silence mes pensées résonnent, dans la quiétude je raisonne...

"Nobody Knows You When You're Down & Out".

Vous allez halluciner si je vous dis que les demoiselles qui me font triper ont pour la plupart une culture déconcertante, des intellects qui leur ont permis de faire de belles études, une prestance travaillée. C'est bizarre, hein ? Je sais : je suis trop un ouf.
Tout ça leur est venu  avec le temps, avec l'influence des parents et des copines,  celle des préceptrices au dessus d'elles en entreprise et celle des magazines. Une envie de se porter aux nues avec classe et maestria...
Mais pour moi tout ça est l'accessoire d'une volonté initiale.

OK, certaines d'entre elles ont eu des parents friqués qui leur ont donné un environnement de qualité pendant 25 ans et maintenant qu'elles sont indépendantes, elles aspirent à maintenir un tel niveau, un tel confort. Mais c'est pareil pour celles qui se sont forgées à la force du poignet et du Waterman (à l'époque où on écrivait encore au stylo plume). Et toutes  d'espérer qu'un mec pourra aller dans le même sens, les sublimer, les porter aux nues, contribuer à ce que l'environnement dans lequel elles évoluent  (évoluer à tous les sens du mot) soit wealthy.

Ici, quelques lecteurs sporadiques vont me dire que je raconte vraiment n'importe quoi et que c'est pas demain la veille que je serai guéri de mon trauma. Que je tire des conclusions hâtives et des généralités faciles de mon environnement proche.

Peut-être…

Mais je constate que j'ai tout plein d'exemples qui vont dans mon sens.
Ainsi j'ai un ami dont l'ex est revenue à lui une fois qu'elle a senti que la boite de négoce dudit copain était sur de bonnes voies. Bien sûr, vous allez me raconter l'histoire de cet acteur en devenir qui trime dur pour percer, qui est en couple avec une femme qui gagne très bien sa vie et  d'abord ils sont très heureux ensemble. Mais est-ce un constat de dire ça ou une envie de se rassurer sur les grands principes soi disant intangibles de la vie ? Seront-ils encore ensemble dans 10 ans ?

Du coup je pose la question…

Est-ce donc ou tout blanc ou tout noir,
Est ce que chacun a sa sensibilité et son rapport à l'argent ?
Est ce que j'ai été corrompu par le snobisme de mes parents ?
Est ce que je vis dans un monde où le fric m'a été montré comme un outil indispensable (l'argent fait pas le bonheur mais il y contribue) ? 

Moins que l'argent, c'est plus le fait qu'il y ait un juste équilibre dans le couple entre les efforts de l'un et de l'autre. Je ne serai absolument pas contre le fait d'être homme au foyer si ma compagne et moi on se rend compte que sa carrière a plus de perspectives que la mienne. Toute la question est celle de la confiance et de se dire qu'on sera encore ensemble dans 15 ans. Histoire de ne pas porter le poids d'une faute sur l'autre "j'ai ruiné ma carrière pour m'occuper de tes gosses" (parce que dans ces cas là, c'est bien connu, le fardeau appartient à l'autre).

Disons que je suis dubitatif. L'amour ce n'est pas uniquement trouver en l'autre quelques chose qui apaise, qui rend heureux(se) ou avoir une cohérence dans la vision de la vie.
C'est uuuuuune question d'équilibre. Un exemple pour illustrer. La voisine de ma grand-mère vient de voir son fils se faire larguer par sa compagne alors que leur gamin a un an (instance de divorce). Il est à 1,6 K€/mois, dans la restauration. Elle bosse chez AXA à 5 K€ /mois. Cette situation existait déjà pendant les 2 années avant leur mariage il y a 1 an et demi. Y a-t-il eu une volonté chez eux de se voiler la face au départ ? Y ont-ils cru ? La nana est elle une pure cupide ? L'argent n'aurait rien à voir dans cette histoire ?

C'est un p'tit cordonnier qui a eu sa préférence...


Bien sur vous allez me dire que, bien souvent, le niveau de rémunération est fonction de sa capacité à comprendre comment fonctionne le monde. Je suis tout à fait d'accord et c'est pour ça que je ne juge pas mon acteur de tout à l'heure ; je mets de coté tous les artistes, comédiens, peintres, sculpteurs, etc et leur sensibilité. On peut avoir un talent inné pour interpreter un role, pour sublimer une vision et être incapable de comprendre les mic mac pour se médiatiser. Chez nos parents, nombreuses étaient les mères de famille à s'être arrêtées. Les maris travaillaient pour deux pendant que Madame élevaient les gosses et tenaient la maison. Certes. Mais pour beaucoup au départ, elles bossaient et j'en vois plein qui ont repris le taff une fois le dernier gamin "casé" en fac, en IUT ou en école. Sic. Mais ce qu'il faut noter c'est que le niveau d'exigence que demande tel ou tel emploi, et donc sa rémunération, peut-être un bon indice de la cohérence intellectuelle entre deux personnes. Mais pas tout le temps…

Je vous pose donc la question pour savoir ce que vous en pensez. Pour ma part et quelque part pour répondre à Ella, le problème est différent. Lundi j'ai décidé de reprendre ma vie en mains.  Trouver mon rôle dans cette mascarade existentielle. Essayer de pouvoir être fier de moi. De renouer avec l'intransigeance que mes parents avaient érigée en règle. Ne plus me plaindre de ce qui ne va pas et se dire que les gens sont assez sensibles pour noter, le cas échéant, mes soucis.  Je n'ai pas de sous, je n'ai pas de job, à la rigueur dans 6 mois j'aurais ptete un CDD de 11 mois payé net seulement 1900€ [1] quand mes amis sont tous déjà à 3800, mais je vais me bouger le cul pour y arriver et progresser. Faire foin de cet article du Monde qui évoque le fait qu'un premier job conditionne la réussite d'une carrière. Le mot carrière me fait gerber de toute façon.  Tout ce que je veux pour l'instant, c'est qu'on me fasse confiance pour me donner un boulot. Et être assez persuasif pour faire croire aux nanas qui m'intéressent que je ne suis pas un looser et que dans 3 ans le pactole va arriver.




[1] Oui je sais, dire ça quand le Smic est à 1,3 K€, ca va inciter nombre de lecteurs à dire que je suis un connard. Mais j'ai connu suffisamment les p'tits boulots pour m'autoriser ça. Et si vous n'êtes pas contents c'est pareil.
Publié dans : Lucas
Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 09:58

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Il est une famille de français moyens que toute la France connait pour l'avoir croisée au moins une fois depuis l'an 2000 (bientôt dix ans…).
Laissez-moi vous présenter les deux principales figures.
Et ne me dites pas que vous ne les reconnaissez pas…

                             
                             

Cette famille,

elle n'a pas fait une émission de télé réalité,
elle n'a rien de spécial
elle n'a pas participé à un jeu à la con,
pas été éventrée par un pater familias pour faire les choux gras de la gutter press.
Elle est comme la mienne,
comme la votre,
comme tous les français
et on suit la vie de cette tribu comme un feuilleton.
En moyenne 170 épisodes par ans.

D'abord il y a les enfants,  Juliette et Thibaud.
Et puis leur grand-mère, qui se fout de la gueule de son gendre en permanence.
Lequel gendre s'appelle Philippe,
marié à Mathilde, une nana qui a un sacré caractère.
Sympa pour Philippe, après une journée de travail avec son collègue, Régis, qui a la voix de Homer Simpson : "j'te dérange paaaaas Philippe ?"

Pour les apatrides qui nous lisent,

pour les ermites et les associaux qui n'écoutent jamais la radio,
je vous parle d'une série de pubs pour les centres Leclerc crée en 2000 par l'agence Lollipop Music.

C'est tout un univers qui a été créé, une sorte de mini feuilleton pour chaque pub.

Un dialogue entre deux protagonistes qui échangent des infos sur un produit Leclerc après une intro funky qui "catche" l'oreille (voix nasillarde, ton surpris, etc).
Ils sont forts chez Leclerc.
Ils ont commencé en France avant tout le monde : ca s'appelle le story telling.

Pas moyen d'y échapper !
Mieux que les Feux de l'Amour ! 
Tous les pubeux surfent là-dessus en ce moment ! Regardez dans les magazines, on voit partout des images "Isabelle 12 ans, aime boucou ceci"
Entre autres…
Et pour revenir à Leclerc,

On a suivi l'accouchement de Mathilde sur RFM,
on a vu grandir Thibaud sur Nostalgie,
on a entendu Régis emmerder Philippe sur Oui FM (Philippe va-t-il un jour craquer ?),  etc. tout est interchamgeable : ils sont partout, on ne peut pas les louper, et c'est un vrai feuilleton qui déclenche chez nous une empathie et une sympathie.
Parce qu'on a tous  en  nous quelque chose de Tennessee un peu de Mathilde et Philippe.
Sitcom.
Mine de rien, j'ai beau trouver ca niais, ça fait du bien dans le paysage pubeux d'entendre ces p'tits moments plus ou moins rigolos. Bon, bien sûr, ya toujours le message essentiel, avec les tickets Leclerc, les réductions, tout ça. Et puis la chute finale avec un peu d'humour.
Bingo...

Avec mon snobisme, hérité de mes parents, j'avoue que j'ai été longtemps fermé à ca.
Par exemple, j'ai envie de balancer ma radio par la baie vitrée chaque fois que j'entends l'équivalent de ce story telling chez Super U avec Daniel Prevost et sa voix à claque.
Mais pas avec Mathilde et Philippe.

En fait avec Daniel, j'ai le sentiment aigu que je suis pris pour un con. 
Qu'on fait semblant de me raconter une histoire tout en glissant la promo du jour.
Avec Philippe et Mathilde vous allez me dir que c'est pareil mais je le ressens moins.
Je suis moins là à chercher quel produit ils vont défendre. Ya quelques chose en plus sympa, même si ça n'enlève pas mon sentiment de malaise, à chaque fois…
Idem pour les pubs EDF GDF dans les magazines. Avant on avait parfois des personnalités ou des sportifs soutenus par EDF. Là  on nous présente la photo d'une nana. Inconnue. A qui on doit s'attacher car cette personne c'est moi, c'est toi : elle est censée résonner en chacun d'entre nous. 

Ca m'agace qu'on utilise de tels ressorts et qu'on me prenne ouvertement pour un abruti… Qu'on me scande à tout va que la Carte Leclerc c'est super. Mais d'un autre coté je me dis que ces pibs doivent resonnner dans plein de foyers. C'est vrai qu'elles sont loin des pubs de mon enfance à la télé où une nana se faisait alapaguer par un vendeur ds un rayon pour tester un produit "ah mais c'est vrai qu'il est bon". Triple orgasme, double salto arrière.

Connaaaaaaaaasse.

Mais il y a pire…
Au delà du story telling,
je fais un aparté…
Car ça me démange.
Car j'ai envie d'empaler un rédac chef chaque fois que je vois qu'on nous prend pour des cons avec un publi-redac dans les magazines, là où les pubeux nous présentent des produits  sous la forme d'un article. Avec un titre et un agencement compatable à la maquette du journal et la complicité de la revue.
Gniiiiiiiii !!!

Et je suis perplexe.
Est-ce que ça vous donne plus envie de consommer, vous ?
Est-ce que le message passe mieux s'il est moins sur un schéma connu ?
Moi j'avoue que les produits me passent au dessus du nez.
En même temps je ne suis pas allé dans un Leclerc depuis des lustres. Je pense que je serai toujours éberlué devant un linéaire de 3 mètres sur 2 avec 150 références de chips différentes (ici mes potes marketeux ressortent de leur tiroir la poupée vaudou à mon effigie)



Le pire c'est que cette logique prise par les publicitaires s'inscrit dans la nature humaine. On aime bien se faire raconter des histoires, on aime bien être emporté hors de notre monde, quelques minutes. Les spécialistes des campagnes politiques pensent que la raison pour laquelle Kerry n'a pas été élu face à Bush c'est qu'il n'avait pas LA bonne histoire pour rallier à lui tous les zelecteurs… Faire rêver, faire associer. Permettre aux gens en face de se retrouver : dans la pub il s'agit toujours plus ou moins de rassurer. Rappeler vous "Travailler plus pour… gagner plus.
Moi ca m'inquiète un peu ces stratagèmes.
.
Je me dis que si ca se trouve on va arriver à un monde où tout sera story tellin'. Des histoires racontées par des pontifes et en face de ça des opposants pour rappeler la vérité. Relisez La Ferme des animaux et 1984, relisez le Meilleur des Mondes : c'est un peu boucou ça… Tiens une citation de Mister Orwell qui s'applique autant à la politique qu'à la pub,

«Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.»
Publié dans : Lucas
Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 02:30

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Par Lucas

Chaque année, c'est la même chose.
Chaque année, les libraires n'ont pas de vacances.
Chaque année, il faut qu'ils choisissent parmi 300 nouveautés à mettre en place en rayon (au delà des 20 titres phares qui seront bien markétés par les maisons d'éditions et que tout le monde voudra lire).
C'est dingue ce pseudo événement de merde.
Je suis blaszzzzzzé
Par plein de choses.



Le fait tout d'abord qu'il faut créer  un événement pour qu'on daigne s'intéresser à l'actualité éditoriale. On est soi disant dans un pays qui lit. Quand je vois que le chiffre d'affaire du jeu video est de 40 milliards dans le monde (Courrier international du 20 août) je me demande comment faire pour rendre aux bouquins une présence plus grande. D'ailleurs, dans un article du NY Times, (toujours dans CI), un auteur explique comment il a écrit son roman de SF en pensant à son adaptation en jeu vidéo. On ne pourra avancer dans le jeu qu'en connaissant  des choses racontées dans le roman...

C'est marrant cet imbroglio des deux mondes.

Ça me rassure aussi.

Pour moi les seules passerelles qu'il y avait entre le texte et l'image (mais un jeu n'est pas qu'une image…) c'était l'adaptation de roman en film.
Je suis défait les rares fois où je vais voir un film tiré d'un bouquin. Le pouvoir des mots est tellement plus évocateur que les images ternes qu'on nous sert…
Bon d'accord,  vous allez dire que les temps changent, que "les gens" ne veulent plus lire, gnagnagna.
Je soupire dans mon coin.
Et je ne parle même pas des mères de famille qui lisent Elle et Madame Figaro puis qui vont acheter des bouquins une fois que la critique est tombée dans ces bouses magazines…
Premier point

Vient ensuite, le fait que certains auteurs nous sortent un bouquin chaque année à cette même période. Quand je dis ça, je pense évidemment à Amélie Nothomb.

Son Voyage d'hiver sorti il y a une semaine ne m'a pas emballé.
Le Fait du Prince
s'est révélé niais et sans relief, là où elle aurait pu développer plein de trucs intéressants (oui avec des conditionnels, la vie est simple)
Ni d'Eve ni d'Adam
était un énième Amélie au Japon,
Journal d'hirondelle
avec son tueur né était chiant à mourir et.. oh !

Bah voila : il faut remonter à
Acide Sufurique pour avoir un bouquin qui tienne la route où elle évoque et développe une réflexion implicite au texte sur la téléréalité (ici je fais un p'tit salut à mon ami Stan. Si vous ne savez pas pourquoi, lui il le sait).
Un bouquin qui m'avait fait croire que l'auteur d'Attentat et de Mercure avaient retrouvé de l'allant après Antechrista et Robert des Noms Propres. Bah non, faut pas rêver…

Bon, OK,  je fais une pause pour recevoir dans la face les centaines de réponses des lectrices et lecteurs offusqué(e)s devant mes partis pris (Mais arrêêêêêêteeu, moi j'ai adoréééééééé).

Voila, je vous remercie d'avoir râlé, n'hésitez pas à en rajouter, pendant ce temps là je continue.



Quand je reprends la liste des bouquins, je suis perplexe.
Cette année, les éditeurs de Marc Lévaille et Guillaume Mussal ont cru que ça allait le faire de sortir les derniers étrons de leurs poulains avant les vacances. Vous me direz, c'est toujours ça de moins à évincer sur les rayonnages. Bien sûr, j'ai feuilleté un peu les pages et j'ai pris la 4eme de couv de Musso. Là, j'ai baaaadé : San Francisco, une histoire d'amour, un truc inexpliqué, bref, la recette habituelle. D'ailleurs le premier témoignage d'une lectrice sur le site de la Fnac (oui jefais des bafouillles documentées) ledit témoignage est donc éloquent :

" J'aime lire ses livres car il me transporte loin du train-train quotidien, il me fait rêver, voyager et quand arrive la fin je me dis déjà et attend le prochain avec impatience..."


Alors je pose la question,
suis-je un pseudo intello de façade qui se la raconte en stigmatisant ce genre de bouquins ?
Bon vous me direz que les derniers bouquins que j'ai achetés ou empruntés n'étaient pas non plus des essais : le dernier Paul Auster, " Man In the dark", un Zweig que j'avais jamais lu "La confusion des sentiments", "Le Japon n'existe pas" que je vous conseille, et "Eloge de Rien" un mini bouquin publié aux Editions Allia, une maison qui a une ligne éditoriale terrible avec des formats minuscules.

Restent quand même des poids lourds de l'édition. Bons ou mauvais.  Encore un Beigbeder, par exemple. Après
99F, Nouvelles sous Extasy et l'Amour dure 3 ans (celui-là je l'ai adoré), j'ai essayé les autres mais j'ai décroché. La critique dit que c'est un roman très personnel. Mais ils le sont tous. Faut-il donc que je m'intéresse au dernier ?
Et puis quand on voit la flopée d'auteurs méconnus, on est perdu. 
Comment choisir ? Sur quels critères juger ? La couleur flashy de la couverture qui attire l'oeil ? La 4eme de couv ? Le titre prometteur ?




Ma libraire nous fait des soirées tous les 6 mois pour nous présenter des coups de cœur qu'elle, son associé ou ses deux employés-etudiants ont pu avoir. En outre, elle met des petits cartons pastels sur les romans qu'elle a kiffé pour expliquer en quoi c'est un bouquin terrible.

Mais il y a en tellement… 
J'ai adoré "Le Japon n'existe pas" et "Sur la Plage". J'ai boucou aimé La formule préférée du professeur et "Fuck América".
Entre autres.
Des centaines d'autres.
Pour les personnes qui n'ont pas une relation telle avec leur libraire et qui achètent leurs bouquins à la Fnac en s'arrêtant sur la tête de gondoles "nos meilleures ventes", quid juris?

Bon OK.  Ma libraire, est parfois complice.

Les auteurs connus à frot tirage sont mis en avant. Il faut bien qu'elle gagne sa vie. Quand je rentre chez ma libraire, juste devant l'entrée il y a un présentoir spécial, rempli des derniers Musso et Levy, ainsi que du dernier Kennedy, lequel a publié lui aussi un nouveau roman en mai : je n'ai lu aucunes critiques mais après la douche froide de "La femme du Vème", j'étais peu enclin à me jeter sur le nouveau.
Vous allez me dire que Douglas a fait exactement comme Marc et Guillaume vu qu'il finit en queue de poisson en jouant la facilité avec un épilogue surnaturel…
Pour moi, c'est vraiment un coup de poignard dans le dos.

Ce qui était intéressant chez lui, c'est le fait qu'il prenne des faits de sociétés comme thème de roman : l'impératif de la réussite sociale dans
l'Homme qui voulait vivre sa vie (j'ai adoré ce bouquin), le poids de l'image sociale dans Rien ne va plus, etc.
Là, c'est plus "un américain à Paris" mais sans le coté cinglant de l'humour anglais de "A Year in The Merde" ou romanesque de Hemingway et consorts.
Affligeant.

Je suis donc bien con de critiquer Mussal et Lévaille.

Pour autant, Mister Doug, peut-on esperer que l'opus sorti en mai est plus sympa ?
J'ai des doutes…



Je repense à Simenon et San Antonio, qui nous sortaient un roman tous les 6 mois (une fois, Simenon à mis 2 jours pour écrire un Maigret…).

Je pense à Mary Higgins Clark qui nous lâche des polars à la chaine.
Je pense à Higgins qui nous sort des épisodes de Sean Dillon tous les ans,
à Grisham qui nous pond un thriller juridique dans la même période.
S'il n'avait pas mourru si vite, est-ce que Stieg Larsson nous aurait sorti une nouvelle saga aussi efficace que celle qui peuple les tunnels de ma RATP ?

Vous allez surement me répondre que personne dans la vie ne choisit sa couleur, l'important c'est d'écouter son cœur. Les apparences et les préférences ont trop d'importance, acceptons les différences, c'est vrai, faut de tout tu sais, faut de tout c'est vrai, faut de tout pour faire un monde.

Oui.
Mais...
Ca m'agace quand même qu'on soit submergé à un moment "T "de bouquins en tout genre là où un livre génial sorti en mars aura plus de mal à se faire connaitre.
Bon c'est vrai que l'Elégance du Hérisson, avec tous ces passages reulou au-delà du sujet principal très prenant, ce bouquin donc était sorti en dehors des circuits et que ca n'a pas empêché un succès de masse. Comment l'expliquer ds ces cas là ? Le bouche à oreilles ? Le fait que l'auteur joue sur l'image des classes sociales ? Le fait que...
Peu importe...
J'aimerais bien avoir votre avis, tout de même !


Allez je vous laisse sur un test rigolo.
Lisez 10 pages d'un levaille ou d'un mussal puis allez lire un extrait des œuvres de JLB dans le roman La Petite Marchande de Prose de Daniel Pennac. Vous allez voir, ça va vous rappeler quelque chose…

Au fait, je ne regarde jamais la télé, mais est ce qu'il y a des pubs pour les bouquins ?
Publié dans : Lucas
Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 09:56

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