Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

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C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...


Dimanche 10 février 2008
(Attention, cet article est plein de mysticisme à deux balles)
 

Vendredi soir, je me suis doucement endormie devant Earl, la nouvelle série de M6. Je vous fais le pitch : un sale type (dans tous les sens du terme) gagne 100 000 dollars à un jeu à gratter et se fait renverser de suite par une voiture et perd le billet. En regardant une émission de télé, il comprend que c’est à cause de son karma et décide de réparer tout ce qu’il a fait de mal dans sa vie. A peine a-t-il réalisé sa première bonne action qu’il retrouve le billet. A partir de là, il s’active à réparer tout le mal qu’il a commis. Dès qu’il recule, il lui arrive une merde.

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J’avoue que l’idée me plaît. J’aime bien la notion de karma mais pas sur plusieurs vies parce qu’avoir une vie de merde parce que dans une autre vie, on a été une sous merde. En gros, si tu as l’âme d’Hitler, tu vas grave en chier. Un bébé, ça me paraît une chose toute innocente qui a toute sa vie pour bien ou mal faire… Bon, bref, c’est pas là où je veux en venir, je veux parler des bonnes et mauvaises actions de ma vie présente.

 

Qui n’a jamais dit « la vie est injuste » parce qu’il fait les choses bien alors que quelqu’un qui se comporte comme le pire des connards réussit ? Hé oui, la vie est injuste et c’est comme ça. Qui peut-on ? Rien. Pour ma part, j’essaie de toujours me comporter bien, selon ma morale. Oui, ma morale, on a chacun la sienne. Mon but dans la vie est de ne pas faire souffrir les gens et de toujours pouvoir me regarder dans la glace quoi que je fasse. Mais voilà, je réfléchissais à cette histoire de karma et l’idée me plaît vraiment bien, même si je sais que dans les faits, ça ne marche pas comme ça. Il y a quelques temps, je me disais « si on avait le physique de son âme, certains ne s’en sortiraient pas si bien ». C’est un peu la même idée. En gros, plus tu fais des choses bien, plus il t’arrive des choses bien et vice et versa. En gros, pour réussir dans la vie, faut être bon. Pas forcément en faisant des dons à tout va, on peut être bon et pauvre, aussi, ça n’empêche rien. Mais en étant attentif aux autres, des petits gestes qui paraissent anodins mais qui font plaisir. Du genre aider sa voisine à monter ses paquets. Pour nous, c’est rien mais elle, ça lui a rendu bien service. Rend la vie des autres plus belle et ça améliorera la tienne.

 

Du coup, je me dis que je pourrais faire des trucs pour améliorer la vie des autres et donc la mienne. Mais là, y a comme qui dirait une couille dans le potage. Si j’agis pour rendre ma vie plus agréable, c’est de l’égoïsme. Ca ne fait pas très noble, tout à coup. Parce que pour avoir un joli karma, il faudrait faire tout ça sans arrière pensée, par pur altruisme. Mais si on agit comme Earl pour nettoyer son propre karma, on se sert alors des autres pour sa propre cause. Ma voisine est contente que je lui ai monté ses paquets mais au fond, je m’en fous de ses paquets et d’elle, j’ai fait ça juste pour gagner des points de karma. Alors donc si mon karma est parfait, ma voisine, elle peut crever la bouche ouverte avec ses paquets, je les lui monterai pas.

 

Finalement, à bien y réfléchir, l’idée est séduisante de prime abord mais si on creuse, c’est l’individualisme ultime. Je t’aide parce que ça m’aide. Je suis une belle personne car t’as eu besoin de moi. C’est un peu étrange de se dire que du coup, l’égoïsme devient une qualité. Oui, il pousserait à l’altruisme mais tout se fait avec arrière pensée… Et là, on atteint le degré ultime : a-t-on un beau karma parce qu’on fait tout pour qu’il le soit ou parce qu’on fait les choses gratuitement, sans y penser ?

 

Non, en fait, c’est trop compliqué le karma. Je vais plutôt me faire à l’idée que la vie est injuste même si je crois quand même au retour de bâton : on ne peut pas se comporter comme la pire des ordures sans que ça nous revienne un jour à la gueule… Enfin, j’espère !

Lundi 4 février 2008

C’est l’hiver et les trolls sont de sortie. A priori, ils n’hibernent donc pas. J’en vois partout sur les blogs. Comme on dit, c’est un peu le revers de la médaille, on ne peut pas passer au travers même si je ne comprends toujours pas. Alors attention, les trolls ne sont pas des gens qui ne sont pas du même avis que le bloggeur. Le troll est celui qui poste un comm insultant sans donner une vraie adresse mail et certains poussent même le vice à cacher leur IP. Oui, il y a des trolls professionnels.

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Pour ma part, j’ai pris le parti d’effacer les comms en question. Je pars du principe que si la personne n’a pas la politesse de se présenter et de me parler sans m’insulter, je n’aurai pas la politesse de respecter sa liberté d’expression. Au début, j’étais parfois touchée par ces méchancetés. Et oui, derrière l’écran, il y a une vraie fille qui, selon les périodes, a la sensibilité à fleur de peau. Maintenant moins. Déjà, je vais plutôt très bien en ce moment, mes soucis sont de l’ordre de l’accessoire donc des insultes anonymes me font l’effet d’une piqûre de moustique : c’est pas agréable mais on oublie vite. C’est vrai que des fois, je trouve un peu débile le principe du « c’est comme ça, tu peux pas y couper », vu que j’estime que n’importe quel bloggeur a le droit au respect comme n’importe quelle personne. Mais quelque part, c’est logique : à partir du moment où on prend le risque de faire quelque chose, on a le droit à des mauvais esprits.

 

Il est vrai que j’ai pris plus d’insultes méchantes et gratuites sur ce blog que dans tout le reste de ma vie. Non pas que je sois différente mais en vrai, quand je parle, on voit quand je ne me prends pas au sérieux, ce qui n’est pas forcément le cas à l’écrit. Du coup, on peut passer que je pète plus haut que mon cul alors que je tiendrais le même discours oralement, ça passerait différemment. De la même façon, quand on me connaît en vrai, l’image qu’on a de moi est plus complète et subtile. Sur un blog, on ne peut pas tout montrer de soi et je ne le souhaite pas pour ma part. En vrai, je peux être aussi très cash et secouer les gens pas très gentiment mais ce n’est pas que je me trouve mieux qu’eux, c’est le principe de l’électrochoc. Etre toujours gentille n’est pas aider les gens. Si je prends la peine de discuter une heure avec une personne et de la secouer, c’est que je tiens à elle sinon, je prendrais même pas la peine de lui parler. Donc oui, on juge sur les éléments qu’on a, je n’y peux rien et tant pis.

 

Mais surtout, il y a autre chose : j’ai pris le parti de me créer un espace de parole public. Il y a eu des fois où j’ai été tentée de fermer mon blog pour ne plus du tout me faire agresser pour peanuts par des gens que je ne connais pas (ou que je connais et qui parlent anonymement derrière leur cache IP), revenir dans mon anonymat total où les gens me causent correctement. Mais à ce niveau là, plus personne ne fait rien. Prenons n’importe quel artiste (je ne me mets pas dans cette catégorie, hein) qui fait son métier. Forcément, il ne fera pas l’unanimité vu qu’on ne la fait jamais. La seule œuvre qui a récolté l’unanimité, à ma connaissance, c’est l’élégance du hérisson de Muriel Barbery, j’ai beaucoup aimé, aussi. Dès qu’on s’expose, on est forcément objet de critique. Ca doit quand même faire mal de passer des jours et des nuits à se défoncer sur un truc et entendre 3 connards qui ne sont pas capables d’en faire autant démonter ça en deux minutes « c’est vraiment de la merde ». Ceci étant, je peux pas juger, je n'ai pas toujours été tendre avec des oeuvres que je n'ai pas aimées du tout. Même si je ne le dis jamais directement à la personne concernée vu que je connais pas tous les artistes produisant un truc.

 

Alors quoi ? Doit-on ne rien faire et rester sagement dans son coin pour être sûr d’éviter les crachats ? Mais si tout le monde fait ça, ça va devenir épouvantable. Bien sûr, ce serait exagéré de dire que les blogs sont nécessaires à la bonne santé d’une nation, ce n’est pas de la culture avec un grand C. Pourtant, c’est un espace de parole facile à créer et ce serait dommage que certains disparaissent à cause de 3 insultes. J’en ai parlé cette semaine avec Babillages (par mail) et Sonia (par comms interposés) qui en subissent pas mal en ce moment et je trouve dommage qu’elles (comme d’autres) perdent un peu de plaisir à blogger à cause de ça. Babillages se demandait même si son blog valait vraiment la peine. Mais si les gens viennent vous lire tous les jours, les filles, c’est pas par charité. Des blogs, il en existe tellement que si un ne nous plaît pas, il suffit de ne pas y aller, ce n’est pas difficile. On ne pourra jamais empêcher les trolls mais si on doit tous se taire pour ne plus être importunés, c’est vraiment faire gagner les sauvageons du net. Quand on produit quelque chose, même des écrits qui n’ont aucune prétention littéraire, il faut s’attendre à ça. Mais au moins, on fait quelque chose. Et ça ne pourra jamais plaire à tout le monde. Et quand mon chef Simon me dit que TGGP devrait racheter mon blog, je me dis que je dis pas que des conneries, quand même. Même si j'en dis beaucoup mais des fois, c'est fait exprès !

Dimanche 27 janvier 2008
 Semaine dernière, je tombe sur Pif-Paf, l’émission sur la télé de Paris Première présenté par Philippe Vandel avec, entre autre Isabelle Morin-Dubosc que j’aime bien. Le dossier de la semaine portait sur les polémistes et, évidemment, sur le plateau, il y avait Eric Zemmour pour qui j’ai toujours eu beaucoup de mépris. Mais finalement, en l’écoutant parler, je me suis demandée si, quelque part, c’était pas un génie. Continuez l’article avant de me taper, hein. Parce que moi-même, de dire ça, j’ai envie d’aller me mettre la tête dans les toilettes et de tirer la chasse mais vous allez voir.

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Qu’est-ce qu’un polémiste ? C’est un mec qui squatte un plateau télé et qui n’est jamais d’accord. Parce que ça fait de la bagarre, des cris, parfois même des invités qui quittent le plateau et après, on passe au zapping, huhuhu. Par exemple, chez Ruquier, on a (ou avait, j’ai pas regardé depuis plus d’un an) Zemmour, donc, à côté de Michel Polack, ce qui fait que parfois, l’invité ne peut même plus parler tant les deux rhétorisent joyeusement sur le sujet. Les polémistes aiment astiquer les inviter, les pousser dans leurs derniers retranchements. Par exemple, dans Pif Paf, ils montrent une passe d’arme entre Romane Bohringer venue défendre le DAL (droit au logement) et le fameux Zemmour qui part sur le « non mais le DAL, ils font venir des gens, c’est du faux ! ». Et Romane de s’énerver et comme elle n’arrivait pas à argumenter, de se lever en secouant les bras. Retour sur le plateau de Pif Paf, Zemmour s’explique : « ce que je veux, c’est qu’elle m’explique pourquoi elle défend cette cause et comme elle n’y arrive pas, elle fait son actrice. » Et là, pour la première fois de ma vie, je me dis que, merde, il a raison. Bien sûr, sur le fond, même si les SDF du DAL n’en sont pas vraiment, j’ai tendance à dire que ce n’est pas le problème. Les SDF, ça existe hors caméra, j’en croise (hélas) tous les jours et je peux comprendre qu’ils aient pas envie d’être exhibés devant les caméras. Mais là, Romane a été incapable de rétorquer quoi que ce soit, de sortir du discours appris par cœur. Bien sûr que la cause du DAL est noble et personne ne peut décemment dire « s’ils n’ont plus de logement, c’est leur faute, au fond, laissons les crever ! ». Justement, défendre une cause entendue veut-il dire qu’on ne doit pas réellement la défendre ? Chaque people a sa noble cause. Après tout, avec toute la tune qu’ils touchent, qu’ils en rendent à ceux qui en ont besoin, c’est limite la moindre des choses. Nos stars défendent tous un truc, chantent tous aux restos du cœur mais parfois, on peut se demander les réelles motivations. Les enfoirés, par exemple, on leur reproche souvent d’en profiter pour faire un peu de promo pour leur dernier album, se faire une image de people soucieux de son prochain et généreux. Ok mais au fond, on peut aider les restos du cœur autrement qu’en achetant leurs CDs.

 

Mais revenons à nos polémistes. Il est des causes qu’on pense ne pas avoir besoin de défendre, tout comme des opinions dans certains milieux. Par exemple, dans une fac de sciences humaines, sortez un « Sarko est un enfoiré », on vous approuvera. Vous pouvez même le dire sans le penser ou sans savoir bien pourquoi, on vous demandera pas d’argumenter. Et ça m’énerve un peu. J’aime bien que les gens m’expliquent pourquoi ils pensent ceci ou cela. Je suis bien consciente qu’en matière de politique, l’opinion ne se forme finalement que sur une interprétation des faits mais ça n’empêche pas qu’on dépasse le slogan vide de sens pour expliquer un peu pourquoi on en vient à penser ça. Surtout que c’est pas les arguments et exemples qui manquent hein…Et ça marche pour les SDF. Evidemment qu’on veut les aider à avoir un logement décent mais c’est pas tout de le dire. Qu’as-tu à proposer ? As-tu autre chose à dire que c’est dramatique comme situation ? Parce que juste dire ça, c’est à la portée de n’importe quel abruti venu. Et là, je comprends le principe de Zemmour qui s’oppose toujours pour pousser l’artiste qui défend sa cause à dépasser la simple déclaration lénifiante.

 

Evidemment, pour Zemmour, ses positions anti conformistes et hyper réac font parler de lui. De ce point de vue là, il a tout compris au système. Ceci étant, deux questions se posent à moi : est-il un hyper réac ou un opportuniste médiatique ? Mais surtout, peut-on soutenir n’importe quelle position juste par jeu polémique ou arrive un moment où notre volonté d’en découdre rentre en conflit avec nos opinions ? Parce que moi, j’aime bien polémiquer, pousser les gens à aller au-delà de la simple phrase choc finalement vide de sens mais je n’arrive pas à aller trop loin, défendre ce qui me paraît indéfendable juste par principe.

Dimanche 20 janvier 2008
Vendredi dernier, on déjeune au bureau entre collègues. Alix et Joy nous ayant parlé de séances drôlissimes de confessions intimes, on se décidé à regarder ça. D’abord, Bryan le Cap, ado merdeux qui se prend pour une star de la chanson mais, comme dit le reportage « Pour lui, il est une star à part entière. Le problème, c’est qu’il est le seul à le savoir ». Puis Peggy qui se trouve trop belle et qui est persuadée qu’elle réussira grâce à son physique, même qu’elle dit qu’elle ressemble à Eva Longoria. Ok mais de très loin alors. On regarde ça et on se bidonne mais quelque part, ça m’interpelle.

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Pour les reportages, je vous les mets en fin d’article, vous n’aurez qu’à les regarder si vous voulez. Sur le coup, je me suis bien marrée tout en me moquant de ces pauvres gens qui veulent « être une star ». Mais quand même, ça me fait me poser des questions. J’avoue que je ne suis pas fan de Confessions intimes, Strip tease, Sans aucun doute et tout ça. D’abord, quand on regarde ce genre de reportages, on se pose toujours la question de leur véracité. Ca paraît tellement gros et caricatural, les personnes sont si odieuses qu’on ne peut s’empêcher de se montrer vexant envers eux genre la Peggy « non mais où elle a vu qu’elle était belle, sans déconner ? ». Après, je ressens comme une gêne : dans ces cas là, les deux personnes rêvent à la célébrité et font tout pour se mettre en avant, y compris se ridiculiser à la télé. Sauf qu’il ne faut pas oublier que c’est pas des images brutes mais du montage, relié entre elles par les commentaires ironiques des journalistes. Bien sûr, vous allez me dire que le montage, c’est bien joli mais on ne peut pas inventer les propos des gens, c’est bien Peggy qui dit « moi, je suis belle, contrairement aux autres », ou équivalent. Là encore, attention. J’avais vu il y a deux ans, je crois, une émission d’arrêt sur images sur Super Nanny et on a échangé nos mamans où des gens qui avaient participé expliquaient les grosses ficelles du montage. Par exemple, une des mamans échangées expliquait que les journalistes la poussaient à mort pour qu’elle commente l’intérieur de sa nouvelle famille, la poussant à la critique. « Oh, c’est les Bidochons, ici ! ». Faut pas croire qu’un journaliste, ça allume la caméra et attend que ça se passe. Un journaliste, ça pose des questions et ça pousse parfois la personne, pas habituée à la télé, à dire des choses qui dépassent sa pensée. Et nous voilà avec des gens ignobles dont on peut se moquer.

 

Mais je crois que ce qui me dérange le plus dans tout ce déballage, c’est qu’il flatte nos plus vils instincts. Nous avons tous nos beaufs, bien sûr. Ca nous rassure sur notre « nous » en se disant que, youpi, y a pire ailleurs. On se gausse sur cette France d’en bas, à savoir celle en dessous de nous. Mais au fond, pourquoi ça nous fait tant plaisir ? Sans doute que nous avons tous un fond de méchanceté, bien sûr. On a besoin de référents, on a des idoles, des gens « je veux être comme ça » et des gens « ce que je refuse d’être ». Souvenez-vous, à l’école, les profs prenaient souvent les bons et les mauvais élèves en exemple, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Les enfants riaient en se moquant du mauvais élève. Dieu merci, j’ai jamais vécu ça… Bref la médiocrité des autres est souvent une fange dans laquelle on aime se rouler, on les montre du doigt. On est tellement mieux. Moi comme les autres. Même si après, j’ai un peu honte de cette méchanceté gratuite. Bien sûr, personne n’a forcé Peggy, Bryan Le Cap ou Clément le no life de passer à la télé mais vous pensez vraiment qu’on leur a vendu ça en leur disant « Toute la France va se foutre de votre gueule, pensez à changer de pays après ». Non, on leur fait miroiter une hypothétique célébrités, des millions de gens vont vous regarder. Un peu comme ceux qui allaient se prendre un râteau en direct à Y a que la vérité qui compte. Qui est en cause alors ? Les gens qui croient à la célébrité facile (et factice) des Loana et consort, des gens qui rêvent de raconter à la boulangère qu’ils sont passés à la télé ? Les émissions de télévision qui savent flatter les bas instincts des uns (un désir de célébrité) et des autres (la moquerie facile) pour se faire du blé ? Nous qui regardons et encourageons ces émissions ? Sans doute les trois.

Mardi 8 janvier 2008

Pour ceux qui ne vivraient pas en France, on vient de vivre un grand changement (sans rapport avec le fait que notre Président Sarkozy soit un mélange de Napoléon et de Victor Newman, celui des Feux de l’Amour) : on ne peut plus fumer dans les bars, boîtes et restaurants. Un peu comme dans pas mal de pays, vous me direz avec raison sauf que là, les journaux étrangers s’agitent : des Français qui ne fument plus, c’est impossible !

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Sur le coup, j’ai rigolé : « non mais les Français, c’est culturel qu’ils fument. Regardez Sartre au Café de Flore, regardez Gainsbourg ! ». Je me souviens d’un épisode de South Park comme ça où il y a un passage en France et tous les Français sont coiffés d’un béret et fument. Nous, les Français, on crie, on s’indigne : c’est la liberté qu’on assassine. Moi, en tant que fumeuse « mais si je vais arrêter », je regarde tout ça et j’avoue que je me gausse un peu. D’abord, cette histoire de liberté, je trouve que c’est un peu too much. Je me sens pas particulièrement brimée de ne pas pouvoir fumer surtout que même en temps que fumeuse, les lieux trop enfumés, j’ai du mal. Je ressors de là avec limite une crise d’asthme (alors que je ne suis pas asthmatique), les yeux qui pleurent, sans parler de l’odeur de ma peau, mes cheveux, mes vêtements. Si, au moins, il y avait de réelles salles fumeurs et non fumeurs, ça irait mais non, dans beaucoup de bars, on décide juste qu’un groupe de table correspond à ceux qui ne fument pas et les autres, allez y, c’est permis. Oui, c’est vrai que le café-clope, j’aime mais je peux aussi m’en passer, ce n’est pas non plus dramatique.

 

En fait, je crois qu’on en fait une montagne parce que c’est nouveau et, comme d’habitude, on craint le pire. La plainte principale vient du fait que si on peut plus fumer, on n’ira plus en boîte, bar, pub… Ah bon ? Pourtant, samedi, je suis allée au cinéma où on ne fume pas et il y avait du monde. Pourtant, dans les magasins où on ne fume pas, il y a toujours du monde… D’ailleurs, s’il pouvait en avoir moins des fois, ça me ferait plaisir. Et nos amis non fumeurs qui ne veulent pas qu’on fume chez eux, arrête-t-on de répondre à leurs invitations ? Non.

 

En fait, pour moi, tout est question d’habitude. Souvenez-vous, y a un an, on pouvait fumer dans les locaux de l’entreprise, certains fumaient même dans leur bureau. Aujourd’hui, tout le monde fume sur le trottoir… et alors ? On s’y habitue. Ca fait prendre l’air, en plus. Alors, comme je l’expliquais à mamie Parmentier, je crois que les gens vont prendre le pli naturellement et on n’en parlera plus. Beaucoup commencent à dire que ce ne sera pas respecté et tout ça, certains crient haut et fort qu’ils fumeront quand même. Sympa pour le tenancier du bar si tu te fais prendre ducon. Oui je dis ducon, j’ai toujours eu du mal avec les grandes gueules. Surtout que les non-fumeurs qui font remarquer qu’eux, ils n’ont rien demander, je les comprends. On pourra toujours sortir des études comme quoi, le tabagisme passif, même pas vrai que ça rend malade, la fumée, ça pue et ça fait pleurer les yeux, c’est un fait, ça.

 

Vendredi soir, je suis sortie avec Summer, Tatiana et Jim, le gagnant de Mister Personnality au restaurant, très bonne soirée. En sortant de là, on a remonté la rue des Lombards et là, j’ai trouvé qu’il y avait un monde fou, une ambiance festive. Le retour des vacances ? Non, les fumeurs qui cramaient leur clope sur le trottoir en discutant. Et franchement, j’ai trouvé ça génial comme ambiance. Alors y aura toujours des gens qui me feront remarquer que « c’est pas cool pour les gens qui habitent au dessus ». Ok mais d’un, un bar a toujours été bruyant, que les gens fument dehors ou dedans et de toute façon, à ce tarif là, rien n’ira jamais et autant interdire la clope à la vente, hein. Mais on voit la naissance d’un nouveau phénomène social, les groupes de fumeurs sur le trottoir et franchement, j’aime le concept. Dans un an, ça nous paraîtra tellement normal qu’on ne fera même plus attention. J’en fais le pari. On parlera, peut-être, nostalgiques, du temps où on pouvait fumer dedans mais on aura pris le pli et rien ne nous paraîtra plus aberrant que de fumer à l’intérieur. Une culture française s’éteint, une autre s’éveille.

 
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