Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

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La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...


Jeudi 14 décembre 2006

L’autre jour, comme tu le sais, lecteur, j’ai réalisé une interview d’Emilie Maume. Elle a dit une chose très intéressante qui m’a inspiré un article, je cite : « Quand on voit que la fille de Villepin est mannequin, lui, il nous dit d’aller bosser dans le bâtiment. Mais n’avons-nous pas le droit de rêver, nous aussi ? ». En effet, aujourd’hui, quand on est au chômage, c’est que c’est de notre faute ! « Du boulot, y en a ! », me dit-on. Ouais mais durant mes longues études, j’ai jamais appris à faire du béton, monter un mur ou faire de la plomberie. Le bâtiment embauche mais bon, foutez-moi sur un chantier et ça risque d’être folklorique. Moi, dans le domaine du bâtiment, je me suis arrêtée au châteaux de sable. Et puis en plus, je les construisais toujours en zone inondable !

 

Bref, quand Emilie s’est rendue à l’ANPE, M. le conseiller lui a dit très sérieusement : « vous savez, mademoiselle, ce qui embauche en ce moment, ce sont les Pompes Funèbres ! ». Alors, là, j’avoue que j’y avais jamais pensé ! Allons, que j’abandonne mes rêves de devenir la nouvelle Françoise Giroud, je deviendrai la nouvelle Claire Fisher (Six feet under, pour ceux qui connaissent pas). Alors voilà, que je mette mes rêves à la poubelle au nom du pragmatisme. Après tout je me plains de pas avoir du boulot mais du travail y en a. Faut juste que j’abandonne la voie que j’ai choisi lors de mon adolescence, que je nie mon parcours scolaire et étudiant, que j’oublie toutes mes expériences professionnelles dans ce domaine et c’est bon, du boulot, j’en aurai. La pente est trop raide, je n’ai qu’à choisir un autre chemin. Ca plairait pas à Raffarin, ça !

 

Alors j’ai qu’à faire serveuse ou secrétaire. Et au passage piquer un job fait par quelqu’un qui a fait des études dans ce domaine. Tant pis pour la petite qui a un BEP secrétariat, moi, j’ai un bac +5, cocotte ! Et ça, ça me déprime quelque part. Certains boulots sont à tel point déconsidérés qu’on y fout n’importe qui qui a de jolis diplômes, tant pis pour ceux qui ont un diplôme peu considéré dans le secteur. En juin, Gauthier cherchait un petit job d’été dans la téléprospection. Maintenant, pour ce genre d’emploi, faut un bac+3 ou +4. Or, très franchement, faut être motivé pour faire une licence ou un master pour faire téléprospecteur. Je ne méprise pas la téléprospection, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais je ne connais pas une personne qui fait ça par vocation. Et ceux et celles qui ont un BEP, CAP ou BTS, ils n’ont qu’à aller se faire f*****.

 

Des petits boulots, j’en ai déjà fait lors de mes études, comme pas mal d’étudiants. J’ai été guichetière à la Poste, vacataire dans un organisme de crédit, employée à l’observatoire de la vie étudiante, sans parler des babysitting.  Mais ces petits boulots n’avaient pour but que de gagner quelques sous durant l’été. Mais aujourd’hui, je ne suis plus étudiante, je suis journaliste et je ne vois pas l’intérêt de remplir mon CV avec des métiers n’ayant rien à voir, ni de près ni de loin, avec ma vocation première. Et voilà qu’on en vient à me reprocher de ne pas prendre le premier boulot venu. Mais bon sang, peut-on me reprocher de ne pas vouloir m’éloigner de mon métier de prédilection ? Je ne suis pas rêveuse, j’ai déjà travaillé dans le journalisme et je sais que je suis faite pour ça, je ne demande pas à être Présidente de la République ou chanteuse ultra-célèbre. Mais c’est un métier difficile, les premiers pas sont durs. Dieu merci, mes parents le savent et ne me foutent pas la pression inutilement. Je multiplie les piges bénévoles à droite à gauche car je ne veux surtout pas perdre le rythme. Mais aujourd’hui, on culpabilise les chômeurs, on nous regarde tous avec circonspection, genre « on s’inscrit au chômage pour profiter du système et se la couler douce aux frais de l’Etat ». Non mais laissez-moi rire ! J’écris pour divers webzines de façon bénévole, j’ai travaillé à plein temps pour une asso pendant 5 mois pour 300 euros par mois (enfin, quand je suis payée, ça traîne toujours, cette histoire !). Osera-t-on encore me dire que je me la coule douce ? Alors que je travaille comme n’importe qui pour un salaire de misère ? Non ! Si j’étais feignante, je me ferais pas chier à continuer à écrire bénévolement, faut pas déconner.

 

Moi, j’ai de la chance, mes parents peuvent m’entretenir en attendant que je trouve un boulot. Ceci étant, c’est pas pour autant que c’est la dolce vita. Moi, je veux juste avoir le droit de faire le métier pour lequel je me suis destinée et dans lequel je m’épanouis. Est-ce un mal ? Peut-on légitimement me reprocher de vouloir réaliser mon rêve, somme toute assez accessible ? Parce que prendre le premier boulot qui passe, c’est risquer de m’enfermer dans une routine et de ne plus chercher ailleurs. Et mine de rien, à l’idée de ne pas être journaliste, ça me donne envie de pleurer.

 

Alors laissez-nous rêver, laissez-nous choisir notre voie sans nous culpabiliser parce qu’on choisit des voies difficiles. Et puis si ces voies sont trop difficiles, que les facs arrêtent de sortir des diplômes dans ces domaines-là… Mais ça, c’est un autre sujet.

Mardi 22 août 2006

Le mois dernier, j’ai fini un livre qui m’a pas mal remuée. Que d’émotion en tournant les pages, que de « bordel mais c’est carrément ça ! », de « c’est exactement ce que je ressens », de « Seigneur, je ne suis pas seule à vivre ça, quel soulagement ! ». Bref, un livre qui aurait pu s’appeler « lis ça, Nina, ça parle de toi ». Quel est donc cet ouvrage mystérieux ? Point un roman mais un essai, signé Guillaume Evin et Emilie Maume, Profession stagiaire.

 

J’avais déjà fait un article sur les stages dans le temps mais ce bouquin m’inspire trop pour que je ne m’exprime pas à nouveau sur le sujet. Déjà, je l’ai fait lire à ma mère qui a depuis entamé une dépression. En gros, de quoi ça parle ? Des stagiaires, bien sûr ! Avec un titre pareil, ça va pas être un essai sur la reproduction des hamsters en captivité. En fait, tout est parti d’une lettre écrite par Emilie Maume pour Libé en octobre 2005 ou novembre, je sais plus bien. Oui, Libé, à l’époque, ils étaient pas encore mort. Notre jeune Emilie dénonçait le statut des stagiaires, hautement précaire, prenant pour exemple son propre cas. En gros, notre amie Emilie a fait Sciences Po Paris et depuis, rien, elle trouve pas de boulot alors qu’elle a fait un super DESS management de la culture (un truc comme ça) et se retrouve secrétaire à 1500 euros. Dans son secteur, la seule chose qu’on lui propose, ce sont des stages, plus ou moins rémunérés (plutôt moins mais bon…). De là est né le mouvement « génération précaire » et de cette lettre est né un livre, Profession stagiaire.

 

Bon, très honnêtement, ce livre me semble surtout avoir été écrit par Guillaume Evin puisque Emilie y apparaît comme exemple et encore, son parcours ne me paraît pas des plus chaotiques. J’en ai parlé à un mec de l’asso et on la soupçonne un peu de n’avoir pas fait tant de stages que ça et de gueuler parce Sciences Po Paris n’ouvre pas toutes les portes. Moi, quelque part, ça me rassure, ça veut dire que finalement, ma situation n’est pas pire que quelqu’un qui a fait cette « prestigieuse » école mais passons. Le but n’est pas de parler de Mlle Maume mais bien des stagiaires. Dans ce livre, je me suis rendue compte à quel point être stagiaire était la pire des choses qui pouvait vous arriver. Perso, des stages, j’en ai eu dont un proprement calamiteux (celui de l’été dernier où je bossais dans un sous-sol). Mais ce n’est rien comparé à certains ! Un mec s’est ainsi retrouvé homme à tout faire de son patron : café, ménage, chauffeur, aller chercher les gosses à l’école… Une autre nous a fait le remake du « Diable s’habille en Prada ». En gros, la demoiselle devait arriver tôt au boulot pour imprimer les mails de son patron et les disposer par ordre d’arrivée, lui faire son café et lui servir dans une tasse (pas un gobelet, screugneugneu !). Une autre s’est faite engueuler parce qu’elle était arrivée à 9h30 au lieu de 9h alors qu’elle était partie la veille à 0h30. Une autre encore (celle-là a traumatisé ma maman) s’est entendue dire qu’elle était priée de s’habiller mieux que ça car elle était pas à la campagne. La pauvre fille s’était fait prêter des fringues de marque par des copines, tout ça pour ça.

 

Oui parce que le stagiaire est pauvre. On est tous payés environ 1/3 du SMIC, entre 300 et 400 euros, quoi, pas de quoi vivre. Pourtant, on fait le même boulot que les autres, voire plus. Dans le livre, un journaliste dans une rédaction web expliquait que le stagiaire faisait volontiers des heures supp (non payées, hein), abattait deux fois plus de boulot que les autres. Tout ça pour décrocher une hypothétique place dans la rédaction à la fin du stage. Parce que, ça, très franchement, on l’a tous entendu : « il y aura peut-être une embauche à la clé ». Donc c’est un test, faut se défoncer pour espérer rester dans la boîte. Arrivé premier, parti dernier, on fait le boulot que les titulaires ne veulent pas faire. Bon, après, ça fait joli sur le CV mais ça fait pas tout. Surtout que c’est même pas compté en expérience professionnelle. Si on prend mon cas : de mi-mai à mi-octobre (donc 6 mois, quasi), je suis stagiaire dans mon asso, je suis journaliste, attachée de presse, un poil webmastrice, je vais peut-être partir aux universités d’été du PS et de l’UDF (très hypothétique mais bon…), je répondrai aux questions des journalistes sur l’asso, je vais aider à organiser une soirée… Bref, pendant 6 mois, je bosse à plein temps, je fais mon métier mais à l’arrivée, ça comptera pas en temps d’expérience professionnelle. Damned !

 

En fait, les stages ont été détournés de leur but original et c’est bien dommage. Parce que c’est la meilleure façon d’apprendre, y a pas à dire. Il est tout à fait normal qu’un diplôme dit professionnalisant se termine par une plongée dans le milieu du travail. Là, où ça dérape, ce sont les entreprises qui ont tout compris au système. Et je parle pas de petites PME. Un gars m’a expliqué que dans une chaîne comme Canal +, près d’un quart des effectifs est constitué par des stagiaires. Payés royalement 900 euros par mois ! Si on se cale sur le SMIC qui est quasi à 1300 euros, ça fait 400 euros d’économie par stagiaire, au moins… Imaginez le bénéfice ! Et Canal n’est pas la seule, le bouquin cite nombre d’entreprises de ce type. Ecoeurant ? Oui. Ok, c’est formateur, ça fait joli sur le CV d’avoir bossé à Canal et après ?

 

On se scandalise (à raison) de l’exploitation des jeunes enfants ou des immigrés clandestins payés une misère. Mais si on prend le cas d’un stagiaire payé 300 euros par mois pour officiellement 35 heures par semaine, ça fait qu’on est payé 2. 14 euros de l’heure… Bon, c’est sûr, à la fin de la journée, j’en serai à 15 euros mais je crois que ça rapporte plus de faire la manche… Bref, on est en train de créer une vraie population pauvre et précaire mais tout le monde ferme les yeux, trop pratique… Le jour où on sanctionnera les entreprises qui font tourner des stagiaires sur le même poste plutôt que de le créer, ça ira mieux.

 

D’un point de vue personnel, je préfère un stage à une période de chômage et d’inactivité. Je ne me plains pas de mon sort, d’autant que je bosse pour une petite asso n’ayant pas de fonds donc je me sens pas exploitée et je vois midi à ma porte : mon press book grossit à vue d’œil et je sais que cette expérience me sera très utile pour la suite. De toute façon, ils n’auraient pas pu m’embaucher donc rien à redire. Mais quand je vois la fin de mon contrat qui approche et le chômage qui repointe son nez (enfin, pas encore, mon avenir est réglé pour un moment), j’ai peur de re-rentrer dans le cycle des stages et compagnie. J’en ai un peu assez de l’instabilité, j’aimerais construire un peu ma vie. J'en ai marre d'avoir l'impression de ne pas être encore au niveau et qu'on me propose un stage plutôt qu'un poste alors que, merde, mon métier, je commence à maîtriser. Or quand je vois des mecs de 29 ans demander un stage parce qu’ils ne trouvent pas de boulot car quand ils postulent, on leur dit qu’ils sont trop vieux. Quand je vois que trop de stages, sur un CV, ça nuit à une candidature… Bref, quand je constate que le serpent se mord la queue, je ne sais que faire pour en sortir. Honnêtement, autant j’aime bien mon stage actuel, autant j’espère que ce sera le dernier. A 26 ans, je pense avoir suffisamment appris pour pouvoir me lancer toute seule, devenir une journaliste à part entière.

Lundi 16 janvier 2006

C’est la misère : je cherche du travail mais je n’en trouve pas. Décidée à ne pas quitter le journalisme de vue, je décide de chercher un stage mais, là, il est difficile de ne pas se faire piéger. Mon dernier stage, narré ici, fut une pure catastrophe, il faut bien le dire : pas rémunéré, exploitée, peu considérée, je devais amener mon propre ordi… C’était limite si je ne devais pas amener mon propre café ! Pour éviter tout ça, j’ai décidé d’être plus exigeante.


Le mois dernier, j’ai donc passé un entretien dans la mairie où travaillait Bouki (j’en parle là). A la gare, en attendant que notre train parte, nous discutons avec Helmut et, je ne sais plus pourquoi, le sujet dérive sur les stages. C’est fou le nombre de gens prêts à accepter un stage non rémunéré… De toute façon, si on est payés, c’est, au mieux un tiers du SMIC. Mais pour ma part, il est hors de question de ne pas avoir un petit pécule pour mon prochain stage.


Pour moi, il y a différentes catégories de stages : ceux que l’on sollicite et ceux que l’on trouve par annonce. Dans la première catégorie, quasiment tous les stages que j’ai fait. Dans ces cas-là, il me paraît assez légitime que l’entreprise refuse de me payer : ils n’avaient pas forcément besoin de moi, c’est moi qui veut aller chez eux. Ceci étant, dans le journal local où j’ai travaillé et lors de mon premier stage parisien, j’ai eu des compensations. Pour le premier, j’ai eu droit à 210 euros (150 euros pour mes écrits plus 60 euros pour les photos) de gratification. Pour le second, outre les tickets resto et 50% de la carte orange, j’ai eu un aller-retour pour ma ville natale où j’allais couvrir un match (et passer le week-end chez papa et maman), un aller-retour et nuit à l’hôtel à Clermont et un aller en avion pour Toulouse (après, j’étais en vacances donc je suis revenue plus tard).


Dans la deuxième catégorie de stages, où je postule actuellement, il est hors de question de se passer d’un minimum de rétribution : s’ils mettent une annonce, c’est qu’ils ont besoin de quelqu’un, qu’ils y mettent le prix. J’avais trouvé mon deuxième stage catastrophique sur le net, une annonce : le mec avait besoin de gens pour travailler, les stagiaires, c’est le pied, c’est de la main d’œuvre gratuite. Moi, je dis non. Je ne réponds qu’aux annonces qui donnent dès le départ le salaire car les « à négocier », ça veut dire qu’il n’y en aura pas mais on peut vous filer une prime, on ne sait jamais… Donc non. Après tout, je fais le travail d’une personne, je fais mes 35 heures, voire plus. Souvent, au bout de trois jours, on est totalement autonomes donc il ne faut pas déconner, on mérite un salaire !


Mais les entreprises savent très bien qu’on n’a pas le choix, beaucoup de formations se terminent par un stage obligatoire. Du coup, on voit des annonces hallucinantes genre un grand éditeur qui propose un stage de 6 mois à un an à 300 euros par mois ! J’appelle ça tout simplement de l’exploitation. Un an, y a des CDD plus courts que ça ! Et le pire, c’est qu’ils savent très bien qu’ils trouveront quelqu’un. On voit de ses annonces, des fois ! Y en a une qui a été dénoncé moult fois : une entreprise qui recherche un stagiaire photographe non rémunéré mais la personne doit avoir un appareil photo numérique dernier cri, un mac et des logiciels de retouche particulier… Comme plusieurs personnes ont dit, manquerait plus qu’on paye pour avoir un stage !


Pourtant, je ne nie pas l’utilité des stages. J’ai appris plus au cours de mes stages qu’au cours de mes études. Dans mon master, j’ai appris (vaguement) à me servir du matériel mais rien ne nous apprend à affronter la vie au sein d’une rédaction. De fait, j’ai fait un stage dans une radio nationale d’une semaine. En gros, je posais mon cul sur une chaise à agresser les journalistes pour qu’il me donne quelque chose à faire (« silvouplé une brève a écrir, silvouplé ! »). Et bien, ce fut bien instructif que les cours de radio que j’ai eu cette année, par une journaliste de ladite radio. Ce n’est pas la journaliste qu’on doit remettre en question, je l’ai trouvée bonne enseignante mais le journalisme, ça ne s’apprend pas en théorie, ça se vit sur le terrain, y a que comme ça qu’on apprend. Le journaliste n’a pas d’horaire : on a la journée pour écrire notre ou nos papiers, à nous de gérer. Pas mal de métiers sont comme ça. Par exemple : prof. On peut croire que c’est réglé comme du papier à musique : le lundi, 2h avec la 6ème 1, le mardi, une heure avec la 5ème 3… Mais après, faut gérer la préparation des cours, la recherche des documents, la correction des copies. Ma tante est prof, Lucie et Guillaume mon ex aussi, je vois comment ils procèdent. Ça, aucun cours ne nous apprend à faire, à nous de démerder. En plus, la position de stagiaire est assez rassurante : on fait le travail d’un journaliste mais si pépin il y a, la responsabilité tombe sur le tuteur de stage, jamais directement sur nous. Ce n’est pas pour autant qu’il faut en profiter…


Donc je ne suis pas contre les stages, bien au contraire, je suis même en train d’en chercher un si je ne trouve pas d’emplois mais le système est en train de se corrompre : chaque formation professionnalisante (et il y en a) ne peut s’achever qu’ainsi et on ne peut pas remettre en cause ça. Le problème ne vient pas des écoles (quoi qu’il faudrait qu’il y ait plus de suivis à ce niveau-là, ma sœur est partie trois mois à Londres pour faire… des photocopies !) mais surtout des entreprises qui savent que cette main d’œuvre très bon marché voire gratuite existe. Pourquoi créer un poste alors qu’il y aura toujours un stagiaire pour faire le boulot ? Depuis le temps que je consulte les annonces, je vois que certaines entreprises recrutent régulièrement des stagiaires : même texte, même poste, même rémunération, quand il y en a. J’ai même vu que mon tuteur de stage de cet été recherchait un nouveau stagiaire. Et il est toujours marqué : « gestion de la culture dans les collectivités » et « rémunération à négocier ».


Y a-t-il cependant une solution ? Est-il possible de demander aux entreprises de limiter le nombre de stagiaires et la durée du stage ? Pourquoi pas mais comment le prendra-t-on quand on nous répondra : « ah ben non, on peut pas vous prendre, on a atteint notre quota ! ». Non, le problème est plus au niveau de la rémunération : si on veut quelqu’un pour faire un travail, il est normal qu’il soit rémunéré. Parce que l’expérience, ça ne nourrit pas son homme… Après tout, on fait notre travail comme les autres, il n’y a pas de raison… Et puis si ça pouvait nous permettre de cotiser, ce ne serait pas plus mal…


Enfin, le débat naît, je ne sais pas trop ce que ça va donner, je ne suis guère optimiste. Je pense que le débat va faire long feu mais les entreprises apprécient trop les avantages des stages pour y renoncer sans lutter. En attendant, moi, je cherche toujours…

 
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