Vingtenaires, nos liaisons foireuses

 

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C'est quoi ce blog?

La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...


Mercredi 9 janvier 2008

Suite et fin du cycle infidélité. Jusqu’à présent, nous avions parlé du comment. Mais avec Enzo, notre grande discussion sur le sujet tournait essentiellement autour du pourquoi et nous étions d’accord sur le sujet : prendre un amant/une maîtresse uniquement pour baiser n’a pas le moindre intérêt.

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Du haut de mes 27 ans, je peux fièrement dire que je n’ai jamais été infidèle, ce qui ne veut pas dire que je ne le serai jamais. J’espère mais il suffit de dire jamais pour que ça arrive donc je ne dis rien. Mais il me paraît inconcevable d’avoir un amant « juste comme ça », je ne vois pas l’intérêt. Pour moi, un amant, c’est un coup de cœur irrésistible, il ne peut en être autrement. Si je regarde l’histoire avec mon terrible démon tentateur, je crevais d’envie de lui, c’est clair mais ce n’était pas juste un homme qui me plaisait physiquement, il y avait une connivence entre nous, un feeling. Je ne dis pas qu’il était également attiré par moi, je dis juste qu’il y avait une bonne entente. Bon, il est vrai que pour ma part, je suis du genre « je veux pouvoir me regarder dans la glace le matin » donc prendre un amant juste pour me faire secouer le cocotier, j’ai des doutes. A moins que ce ne soit un accord entre mon chéri et moi, après tout, allez savoir.

 

Puisque je n’ai pas vraiment d’expérience en la matière (enfin, il m’est arrivée d’être maîtresse mais parfois en méconnaissance totale de cause), je vais parler des expériences des autres. Comme vous le savez, je m’occupe du forum de TMF.com et c’est fou comme l’infidélité, ça fait causer. Je commence à animer un (tout petit) peu le site d’un autre journal féminin, moins trendy et plus familial dans l’esprit et là, pareil. Sur les parentaux, Ioulia observe le même phénomène. Il y a grosso modo deux écoles :

 

- j’ai pris un amant pour retrouver les délices du début, les sensations d’une relation qui commence. Certaines postent même pour dire qu’elles veulent un amant, point. Je ne les juge pas, je trouve juste ça toujours un peu curieux comme idée. « Tu vois, ce matin, je me suis réveillée et j’ai voulu un amant ». Je ne suis pas assez naïve pour ne pas savoir que des tas de femmes mariées hantent meetic et co pour se trouver un amant mais je ne cesse de me demander comment on est prise de cette idée. En tant que célibataire, ça m’arrive bien sûr, mais en couple, ne vaut-il mieux pas essayer de ranimer la flamme avec son officiel avant de décider comme ça qu’on allait se prendre un officieux ? N’ayant pas été en couple pendant une dizaine d’années, j’ai pas la réponse.

 

- j’ai craqué sur quelqu’un, j’ai pas pu résister. Là, ça me paraît plus naturel. Quand on est en couple, il est assez naturel d’avoir des élans vers d’autres personnes. Ce que j’ai mal vécu à l’époque avec mon démon tentateur, aujourd’hui, je le vivrais mieux. Avoir des désirs, ce n’est pas être coupable. Après, à chacun de voir ses limites. Les miennes étaient clairement définies : je ne voulais en aucun cas blesser Guillaume et comme je ne sais absolument pas mentir, j’aurais pu me tatouer « infidèle » sur le front que ça n’aurait pas été plus flagrant. La morale ? On s’arrange tous de la morale, on le sait bien. Même si la question m’a taraudée longtemps après : ai-je été bridée par mon amour pour Guillaume et donc ma volonté de ne jamais lui faire de mal volontairement ou par la morale ? Qui de l’œuf ou de la poule ? C’est un peu pareil.

 

Je lis les histoires de ces femmes, parfois de ces hommes. Il est très facile de condamner dans l’absolu, de dire que c’est mal. Bon, si le couple s’est entendu comme ça, c’est leur problème mais c’est rarement le cas. Je les lis et leur souffrance est flagrante. Ils et elles sont partagées entre leur amour pour leur officiel et celui pour l’officieux, ils sont dans le désespoir : trop d’amour, impossible de choisir et ça fait deux voire trois malheureux, si le cocu est au courant. Et c’est quand je lis ça que je me demande si je serais même capable d’être infidèle. Je me connais, je suis hypersensible et si je ne conçois l’infidélité que dans un coup de cœur, ça veut dire que je ressens, si ce n’est de l’amour, du moins une grande affection pour l’amant. Tout ça donne une soupe de sentiments indigeste et impossible à avaler pour moi. Je préfère fuir la complexité autant que possible. Du coup, quand je lis tout ça, je compatis au malheur des autres mais je me dis que le jeu n’en vaut pas forcément la chandelle, du moins pour moi. En même temps, j’écris cet article et je m’amuse de constater que je me sens presque obligée de justifier mes penchants fidèles.

 

Drôle d’époque. Mais n’oubliez pas, les infidèles, d’effacer vos textos adultérins.

Mardi 13 novembre 2007

Avant d’aller plus avant dans cet article, je précise pour ceux qui tombent sur ce blog pour la première fois et à qui je souhaite la bienvenue que je ne suis pas actuellement en couple donc tout ceci n’est que fictif.

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Vendredi soir, je rentre chez moi avec ce qu’il reste de mes pieds congelés et ô surprise, je découvre un nouvel article d’Enzo sur les règles d’or de l’adultère. Tout en débattant (enfin, débattre quand on a le même avis, c’est pas trop le mot) du sujet avec le jeune homme sur MSN, je décide de prendre le sujet en main : Nina devient infidèle à Wenworth grâce à aufeminin, c’est parti.

 

Avoir un amant, c’est très chic et ça occupe. Bon, entre mon taf, mon mec et mes copines, je sais pas trop où le caser mais tout est question de volonté dans la vie et si je le vois qu’une fois tous les 15 jours, c’est pas grave, il va pas commencer à me saouler non plus. De toute façon, ils le disent dans l’article, faut pas que je m’attache, je vais donc prendre un gigolo gratuit connard, en somme. Comme moi, je suis une fille bien, je mets les choses au clair de suite « écoute, j’ai pas besoin d’un mec, j’en ai déjà un, toi, je te prends juste pour ton sexe alors la ferme et on y va ! ». C’est fou comme l’adultère me rend dominatrice quand même. Bon le souci, c’est qu’avec amant qu’on va appeler Jean-Baptiste comme un joueur de rugby trop craca miaou, on peut pas trop jouer à tu m’attaches, tu me fouettes, ça laisserait des traces et il ne faut pas. Donc moi, je suis la fille hypra honnête qui dit de suite « tombe pas amoureux de moi, ça sert à rien ». Parce que je suis aussi très prétentieuse pour le coup, je suppose que forcément, Jean-Baptiste va tomber in love, bien sûr.

 

Comme je suis honnête mais pas garce (enfin, pas avec Wenworth), je ne dirai rien à mon mari ni à mes enfants, comme le dit le site. D’ailleurs, en gentlewoman que je suis, je ne coucherai jamais avec Jean-Baptiste devant Kenya, je dois la préserver. Mais je dois faire attention à pas me faire piquer donc c’est parti pour la phase de désinfection de JB. Ciao les cheveux et poils qui ne m’appartiendraient pas, à la lessive mes fringues qui sentent le Hugo Boss alors que Wenworth est très Calvin Klein, à la douche pour effacer cette odeur tenace de sexe. C’est marrant, quand on fornique, on a toujours l’impression de puer le sexe à 3000 lieues à la ronde alors qu’en fait, non. Enfin, je crois pas. Enfin, de toute façon, je me douche toujours après une folle nuit, c’est la base de l’hygiène. Si je vis avec Wenworth, je ne dois pas amener JB à la maison. Mais ça, très franchement, faut aimer le risque parce que vas-y pour être sûre d’effacer toutes les traces, surtout qu’avec mon amant, je prends mes précautions, histoire de pas me la jouer Brooke dans Amour Gloire et beauté : « je suis enceinte mais qui est le père » et une capote, ça brûle mal, je crois. Donc JB, il me reçoit chez lui et c’est tout. De préférence, il habite dans un quartier où je ne connais personne et où je peux me balader avec de grosses lunettes opaques sur le nez sans qu’on se dise « tiens, j’ai vu Nina dans ce quartier l’autre jour, suis sûre qu’elle a un amant. La preuve, elle avait de grosses lunettes sur le nez ». Puis en plus, le site le dit bien JB est un connard en puissance (c’est même pour ça que je l’ai choisi, pour pas m’attacher) et il risque de me dénoncer à mon Wenworth d’amour donc je dois surtout pas lui filer mon numéro et me mettre sur liste rouge. Bon, Wen’, il a pas trop compris mon délire de liste rouge et j’ai eu du mal à m’expliquer mais on sait jamais, quoi…

 

Le secret est, paraît-il, de ne rien dire à personne puisque moins de gens savent, mieux c’est. Mathématique comme raisonnement. Sauf que je lui dis quoi, moi, à Wenworth, sur ces 2h où personne ne sait où j’étais ? Une copine alibi, c’est bien aussi, à condition de la prévenir, bien évidemment, ça évitera les « au fait, c’était bien jeudi soir avec Nina ? – Jeudi soir ? Mais je l’ai pas vue, pourquoi tu dis ça ? ».

 

En fait, je lis cet article (qui ne dit même pas où trouver un amant connard) et je me dis que l’adultère, c’est vraiment trop fatigant pour moi. Déjà qu’à l’heure actuelle, je sais même pas si j’aurais du temps à consacrer à un Wenworth, rajouter un JB au tableau, c’est pas possible, là ! De toute façon, l’infidélité, c’est pas comme ça que je la conçois, j’en parlerai un autre jour !

Mercredi 17 octobre 2007
Vous avez 3h !
 

Un couple, c’est un toi, un moi, un double je, un nous. Je devrais écrire des chansons tellement c’est beau ce que je dis ! A partir où ces deux « je » deviennent un nous, perd-on une partie de son moi profond ?

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Avant le couple, je suis « je ». Je fais ce que je veux sans avoir de comptes à personne. Mon emploi du temps, je le gère toute seule comme une grande. Sortir avec la girlie team ? Quand vous voulez les filles ? Rentrer tard du boulot ? Si je veux, mon neveu ! Une soirée rien qu’à moi avec un bain et des mags de filles ? Ce soir ou demain ou les 2 ! Une fois que le « nous » arrive, là, ça change un peu. Sortir avec la girlie team ? Quand je veux mais je vérifie quand même que ça colle avec l’emploi du temps de mon namoureux et je l’informe, qu’il sache où je suis. Et peut-être que je lui enverrai quelques textos dans la soirée. La soirée bain ? Quand il n’est pas là ou alors, je le mets dans mon bain mais j’enlève les boules de bain de filles et je laisse mes magazines à leur place. A moins qu’il ait envie de lire ses magazines mais soyons honnêtes, un homme et une femme dans un même bain, tous nus, dans l’eau chaude… Bon, ça dégénère toujours. Quant à rentrer tard du boulot, si je peux avoir un câlinou à la place… Bé voilà.

 

Alors soyons claire, je suis pas une fusionnelle : j’avais une vie avant mon mec, je vais pas y renoncer pour ses beaux yeux. Et je ne demande pas qu’il renonce à la sienne, bien au contraire, même. J’aime les mecs passionnés, qui peuvent me parler des heures de ce qui les branche et tout. S’il abandonne tout pour moi, franchement, ça m’emmerdera. Mais le fait est que quand j’ai un mec, j’ai envie de le voir et assez souvent en plus. Et plus je suis in love, plus j’ai envie de passer du temps avec lui, c’est normal. Du coup, j’ai moins de temps pour mes amis et mes autres activités même si j’essaie de tout gérer au mieux.

 

Le vocabulaire change peu à peu. C’est vrai qu’on conjugue de plus en plus les verbe à la 1ère personne du pluriel (ou à la limite, on met un « on » mais c’est pareil) : « avec mon petit canard, nous sommes allés au ciné… Nous avons parlé de… Nous devons nous voir ce soir, je suis pas dispo, sorryyyyy ! ». On impose assez régulièrement notre moitié dans les soirées si celui-ci est le bienvenu. Parce qu’une soirée girlie team avec nos chéris, c’est plus une soirée girlie team donc là, ils sont priés d’aller boire des bières devant un match de foot de leur côté. Mais non, pas taper, je rigooooooole. Un petit cliché éculé ne fait pas de mal de temps en temps ! Mais c’est vrai que si chéri s’entend bien avec nos potes, il n’y a aucune raison de pas l’intégrer à nos soirées ! Même si ça fait une bouche à nourrir en plus et une chaise et de l’espace vital en moins.

 

Puis on a beau ne pas être fusionnels et ne pas renoncer à ses activités extra job, être en couple, ce n’est plus pareil. Certaines choses nous paraissent soudain accessoires. Tous les gens en couple sortent en général moins ou plutôt différemment. Normal, un couple, c’est deux personnes, pas 10. On a besoin d’intimité, de moments à deux. Puis le couple développe son propre langage, ses propres rituels, ses propres private jokes. Le couple devient une entité à part entière, même si on ne renonce pas à son individualité pour autant et c’est tant mieux. Mais je me pose la question : le couple nous tue-t-il pas un peu ? Ne perd-on pas un peu de soi en passant au nous ? Ca nous enrichit aussi. Si je prends ma relation avec Guillaume 1er, on avait des caractères assez opposés ce qui m’a permis de mettre un peu d’eau dans mon vin, gagner (un tout petit peu) en patience…Donc je suis pas en plein trip aigri « le couple, c’est mal pour ma personnalité », pas du tout. Je me pose juste cette question : le nous tue-t-il le je ? Pour moi, la réponse est non : il ne le tue pas, il le fait évoluer. Après, selon les couples, c’est en bien ou en mal, bien sûr. Du coup, si c’est en mal, doit-on dire à nos amis « ton mec/ta nana a une mauvaise influence sur toi ! ». Nous y répondrons dans un prochain article (mouahahah, je vous ai bien eus !)

Mardi 2 octobre 2007

Je coupe un peu la saga « mon nouveau job » parce que sinon, ça va saouler tout le monde, moi comprise. Donc aujourd’hui, j’aborde un sujet qui n’est pas forcément au cœur des préoccupations des vingtenaires : le mariage. Ou plus précisément la demande en mariage.

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Tout débute car une conversation avec ma sœur samedi soir. On discute de tout et de rien quand on en vient au sujet mariage. Disons que moi, je veux être tatie et je peux pas être tatie tant qu’ils sont pas mariés (a décidé ma sœur mais souvenons nous que son cher et tendre est pompier et que si jamais un malheur arrivait et qu’ils ont des enfants… Bref). Donc forcément « et c’est quand que vous vous mariez ?

- Quand Anthony me le demandera et ça peut être long ! ».

Oui, faut savoir qu’Anthony, ses potes le surnomment papi, c’est vraiment le Père tranquille donc effectivement, ça peut prendre du temps avant qu’il ne se décide. Bien que moi, je le soupçonne de prévoir son coup en douce mais ma sœur ne me croit pas. Donc elle m’explique qu’elle le fait souvent chier à ce propos (oui, ma sœur et moi, on partage les mêmes gênes, je vous rappelle), elle lui a même fait remarquer que lors de leur voyage à Bali dans une quinzaine de jours, ils allaient se retrouver en haut d’un volcan à l’aube et que ce serait l’occasion idéale ! Alice, si tu me lis, s’il avait prévu de te demander ta main à ce moment là, t’as tout cassé.

 

Evidemment, n’étant ni une afficionada du mariage, ni en couple, le sujet ne m’a jamais travaillée mais d’en parler avec elle, je trouve ça amusant, je lui ai même suggéré de faire un blog sur le sujet « quand me demandera-t-il en mariage ? ». Quand elle pose la question, il lui répond : « et pourquoi, toi, tu me demandes pas ? ». Alors vous ne connaissez pas ma sœur mais vous avez plus de chance de la voir manger une limace vivante que de demander son mec en mariage. Mais la question reste amusante. Comment demander quelqu’un en mariage ? Ou comment provoquer la demande ? Petite, forcément, le mariage me paraissait à peu près obligatoire, j’imaginais une demande hypra romantique, c’est à dire une sublime collection de clichés qui finalement, ne tient pas la route. La bague dans le champagne, comme je disais chez les Ra7or, faut être sacrément bigleuse pour pas la voir. Dans le dessert, c’est dégueulasse. Un soir, à l’air libre, au clair de lune avec une splendide déclaration, ouais mais juste en été alors parce que sinon, ça caille et les manteaux, c’est pas super top pour les câlins. Ni l’électricité statique. Aujourd’hui, j’aurais envie de ça, je crois que la demande idéale serait spontanée, du genre on est en train de passer un bon moment, on se sort une bêtise et là « t’es géniale, tu m’épouses ? ». Ah ouais, c’est ça que je voudrais, je crois. Bon, bien sûr, certains m’objecteront que la spontanéité, attention, il a peut-être dit ça comme ça et va le regretter, gna gna gna. Mais trop préparé, moi, je trouve que ça fait « bon, faut se marier pour faire bien alors je te demande ça avec plein de bougies autour pour que ça permette au diamant de briller de mille feux et tu dis oui, merci ». Et pourtant, j’aime bien les bougies. Par contre, le côté spontané de la demande, pas en pleine brouette parce que là, ça va vraiment faire « je dis ça parce que dans ses moments-là, je dis n’importe quoi ».

 

Maintenant, je me pose la question : le mariage a-t-il toujours autant de valeur ? Du coup, la demande en mariage est-elle encore une étape importante dans un couple ? Bon, n’étant pas en couple ni fana du mariage (oui, je me répète, je sais), j’ai forcément du mal à me projeter. A l’époque de mon histoire avec Guillaume, la question ne se posait pas, je me trouvais trop jeune. Mais aujourd’hui, si mon mec imaginaire me demandait en mariage, serais-je émue, amusée, blasée ? Dirais-je oui, dirais-je non ? Si je dis non, il m’en veut à mort ? On peut rester ensemble sans se marier, si ? Pour lui, la question serait bien sûr du quand, du comment. J’imagine que quand on décide de poser la question, ça cogite dans la tête de monsieur. Au resto ? A la maison ? Pendant qu’elle se brosse les dents ? Avec ou sans bougie ? Et la bague, comment ?

 

Finalement, tout ça me paraît bien compliqué. D’un autre côté le « on s’est marié parce que ça coûtait moins cher pour les impôts », j’ai toujours trouvé ça glauque. Bah oui, je suis pas forcément mariage mais quitte à franchir le pas, autant que ce soit un peu romantique quoi !

Jeudi 30 août 2007
En ce moment, je me plonge dans « L’amour dure 3 ans » de Beigbeder. Enfin, je dis ça mais vu que j’ai 50 articles en avance, quand vous lirez ceci, ça fait longtemps que je l’aurai fini. Donc notre ami Beigbeder se lamente durant une petite centaine de pages de ses amours perdus, tout ça. Moi, ça me fait réfléchir : si la fin du couple est forcément un échec, ne peut-on connaître qu’une réussite amoureuse maxi dans sa vie ?
 

Si je regarde ma vie amoureuse passée, tout ne fut pas rose. Mais tout ne fut pas noir non plus. Dois-je considérer toutes ces histoires comme des échecs parce qu’à l’arrivée, on n’a pas été séparés par la mort ? On n’aurait donc qu’une réussite amoureuse dans toute notre vie ? Je trouve ça totalement déprimant. Oui, le couple n’a pas duré jusqu’à nos vieux jours mais c’est pas une raison pour tout jeter avec l’eau du bain, comme on dit. Si je prends mes 4 ans et demi avec Guillaume the first, je ne peux en aucun cas considérer cette relation comme un échec, une perte de temps ou ce que vous voulez. C’est la relation qui m’a fait passer de l’adolescence (enfin, 19 ans, on est encore un peu ado) à l’âge adulte. A la fin, on ne s’aimait plus mais la rupture s’est passée en douceur et cette relation m’a énormément appris sur moi, sur l’autre, sur l’amour, etc. Donc pourquoi la fin d’un couple est toujours vécu comme un échec avec cette pointe de culpabilité, ce « merde, où ça a dérapé ? ».

 

Comparons avec le professionnel. Notre génération n’est plus faite pour rester dans la même boîte toute sa vie, je ne connais même aucun vingtenaire qui aspire à ça. Oui, la stabilité de l’emploi, c’est confortable mais faut bien être conscient que la progression professionnelle passe plus aujourd’hui par les mouvements externes que par les mouvements internes. Quitter une boîte pour tenter l’aventure ailleurs (en général, meilleure boîte, meilleur poste, meilleur salaire) est toujours vu comme un signe de réussite. En amour, mettre fin à un couple qui était condamné est systématiquement un échec. Alors que si rester ensemble, c’est faire deux malheureux, je ne vois pas où est la réussite, très franchement. Bien sûr, une rupture ça fait mal. L’an dernier, j’en ai vécu une qui me rendait si malheureuse que j’aurais eu le courage de me fracasser la tête contre les murs pour oublier, je l’aurais fait. Ca n’aurait servi à rien d’autre qu’à me faire du mal à moi (physiquement, en plus) mais également au garçon qui m’avait quittée et qui ne l’avait surtout pas fait par sadisme, il s’en voulait énormément. Mais bon, c’est la vie, je ne lui en veux plus du tout. On n’était pas faits pour être heureux ensemble, les circonstances nous étaient défavorables, il n’y a finalement ni coupable, ni victime. Aujourd’hui, je suis presque heureuse d’avoir vécu ça. Notre histoire bien sûr, qui aura toujours une saveur particulière pour moi mais aussi cette rupture difficile parce que je m’en suis sortie. La prochaine fois que je pleurerai à m’en fracasser la tête pour oublier, je saurai que je finirai par m’en sortir, faudra juste prendre mon temps pour ça. Là, encore, à bien y réfléchir, je ne vois pas bien l’échec. C’était juste qu’on y a cru alors que c’était clair que ça ne marcherait pas, on a fait preuve de naïveté, sans doute, mais de là à parler d’échec… Toutes les histoires ne sont pas faites pour durer, c’est pas une raison pour parler de gâchis. Je sais que si je vais mal, je n’ai qu’à décrocher mon téléphone pour lui parler, on a connu pire comme échec, non ?

 

En fait, je n’aime pas cette notion d’échec amoureux, c’est trop absolu. J’ai l’impression qu’en amour, c’est tout ou rien : t’es en couple, t’as réussi, t’es célibataire, t’as échoué. Manichéisme, mon amour ! La nuance, c’est pas fait pour les chiens. Surtout que je connais des maqués malheureux et des célibataires heureux, arrêtons un peu de classer les gens dans des stéréotypes lourds à porter. C’est pas parce que je suis célibataire que je passe mes soirées à me gaver de nutella pour oublier que j’ai pas d’amoureux surtout qu’à priori, se gaver de nutella ne m’aidera pas à trouver the only one… Si les hommes préféraient les geignardes chocolaïnomanes, ça se saurait.

 

Alors, oui, ça me déprime et ça me gonfle cet état d’échec amoureux qu’on colle aux célibataires ou ceux qui viennent de vivre une rupture. Déjà, une rupture n’est pas nécessairement une mauvaise chose même si elle n’est pas facile à vivre. Mais c’est comme quitter une boîte : on est triste de dire au revoir aux collègues, on est un peu effrayés par ce qu’il va suivre mais c’est pour notre bien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit, en amour, de mettre fin à une situation qui ne nous convient plus sans forcément passer pour un perdant ? A moins que tout ceci ne soit un complot gigantesque du consortium « ma vie est trop moche, je mange du nutella, pleure dans mes kleenex et regarde des films d’amour avant d’écouter la chanson trop romantique qui me refera utiliser des kleenex ». Mmmm.

 
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