C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
-Parce que je le vaux bien-
Je pense qu’il est temps de faire le point. Cela fait un petit moment que je ne me suis pas penchée sur mon nombril et que je ne vous ai pas fait part des circonvolutions de ce dernier. Donc, comme je sens que le sujet vous passionne d’avance, je m’en vais vous parler de MOI.
1ère étape, ô combien essentielle, ma semaine parisienne mode « squattage chez Gauthier ». Je prends l’avion le samedi en début d’après-midi, encore assez floue (oui j’ai bu le vendredi soir). Je fais le point pendant le vol, j’ai un commandant de bord charmant qui nous fait les commentaires « Nous survolons actuellement Limoges, notre descente vers Paris commencera aux abords d’Orléans blabla ». Très communicatif le monsieur. Limite névrosé. Bref, j’atterris à Orly et là commence l’enfer. Je suis une fille. Je pars en voyage une semaine. Il est donc absolument évident que j’ai besoin d’avoir avec moi TOUTE ma garde-robe. Vous avez déjà traversé la moitié de la capitale avec une valise bon marché pas pratique pour un sou pesant exactement 18.7kg ??? Je vous assure que le parcours du combattant à la Légion c’est une promenade de santé à côté. PUTAIN QUELLE GALERE ! 2h plus tard, j’arrive enfin chez Gauthier.
Première soirée. J’ai le choix entre retrouver Jeff, mon musicien dont je vous avez parlé dans un précédent article, sortir avec Gauthier et Nina, ou rien. 1ère option : Jeff, qui doit me « téléphoner demain » depuis environ 2 mois. 2ème option : soirée vodka chez une amie de Gauthier, alors que j’ai fait tout le trajet avec la gueule de bois de ma soirée de la veille. J’opte donc pour la 3ème option, et je me fais une balade dans le quartier suivie d’une sympathique soirée Mac Do/MSN/les 100 et quelques chaînes de télé de mon logeur. Gauthier découche ce soir-là, j’ai donc le lit pour moi toute seule… Franchement, vous me direz que c’est pas la peine d’aller jusqu’à Paris pour ça, mais j’ai passée une TRES bonne soirée. Dimanche. J’ai l’immense privilège d’apercevoir le joli petit américain de Gauthier au réveil. Repas à midi entre Vingtenaires à la gare (oui, et alors ?) en charmante compagnie. L’après-midi, promenade à Montmartre avec Gau-gau, Nina et son triptyque, puis on se pose prendre un verre dans un café. Tirages de cartes, Coca à 5€ pour les 2 compères (sic), chocolat chaud pour moi, conversations graveleuses coquines et fous rires pour tout le monde. Le soir, nous avons mangé des cocktails dans notre bar préféré à nouveau entre Vingtenaires à nouveau en charmante compagnie.
Bon, je vais pas vous faire toute ma semaine, ça risque de vous lasser. Donc, ce qu’il faut retenir :
Versailles c’est humide, tout plein de tractopelles et d’enfants aux profs d’Histoire-Géo sadiques.
Le Sexodrome de Pigalle ne vaut pas le Sexy Center toulousain. Si vous avez des achats sexy à faire, descendez dans le Sud ou allez sur Internet.
Nina peut avoir un orgasme à la simple vue d’une baignoire cassée abandonnée sur un trottoir.
Lors de mon prochain séjour, je jette le réveil de Gauthier par la fenêtre, voir même Gauthier avec.
Je n’y connais rien en rap américain. La prochaine fois que je bois un chocolat chaud à côté d’un rappeur hyper connu, je veux qu’on me le signale.
On peut très bien survivre une semaine en ne se nourrissant presque exclusivement que de Mac Do, de Kinder Délice et de cigarettes. Et on grossit même pas.
On peut parler cul à voix haute dans les cafés parisiens, personne ne comprend c’est rempli de touristes étrangers.
Quand il y a un ivrogne bien relou dans le métro, il est forcément pour moi. Ca doit être mon côté psy…
Les serveurs du Mac Do Bastille sont les plus lents du monde. Je dirai même que l’appellation « Fast-Food » devrait leur être retirée.
Je hais le Tango. La prochaine fois que j’entends du Tango je mords quelqu’un.
Les films de cul gays sont aussi nazes que les films de cul hétéros. Si, c’est possible.
Je veux un MAC (j’avais l’air fine à mon retour à faire F9 toutes les 10 secondes sur mon PC).
Gauthier et Nina se partage un neurone unique. C’est vous dire le boulot qu’il a.
Voilà. Ca, c’est fait. Revenons à mon Jeff. Je l’ai finalement vu la veille de mon départ, il jouait avec son groupe dans un club très sympa. Il s’est bien évidemment confondu en excuses plus ou moins bidon à propos de son silence. Je lui ai bien évidemment fait comprendre qu’il avait pas assuré une cacahouète. Mais je dois bien avouer que le coup de cœur est toujours présent, même si carrément refroidi. J’ai passé une excellente soirée, qui s’est soldée par un nouveau petit bisou entre nous. Je sais, il ne le méritait pas, mais j’en avais envie. Et puis avec ce que je lui ai dit, il doit encore s’en ronger les doigts de ne pas m’avoir donné de nouvelles pendant ces 2 mois !!! Donc, tout va bien de ce côté-là, il va gratter les murs jusqu’à ce que l’on se revoie cet été.
Sujet délicat maintenant : mon petit cœur. Comme je n’aime pas trop parler de ce qui m’importe vraiment quand c’est encore à chaud, je serai brève, précise, claire et directe.
MAIS PUTAIN POURQUOI J’AI PAS DE BOL COMME CA C’EST PAS HUMAIN UNE LOOSE PAREILLE PUTAIN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Voilà. Depuis le début de la semaine Nina me répète inlassablement 2 choses : « Dérivatif » et « I Will Survive », donc, bon, je commence à me faire à l’idée. N’empêche, je commence à me poser des questions, et je pense que je suis loin d’être la seule. J’ai 26 ans, et je trouve que le temps passe très vite. J’apprécie toutes mes expériences de vie, les bonnes comme les mauvaises, mais va arriver un moment où j’en aurai ma claque des expériences, et où j’aimerai bien arrêter d’expérimenter. J’espère juste que ce moment n’arrivera pas trop tard (s’il arrive un jour ce con-là). Prince Charmant, toi qui m’écoutes, montre-toi ! Où te caches-tu ? Oh ducon !!!! J’te cause !!!!
Donc d’ici-là, ben je dérivatif-e à fond (du moins, j’essaye) et j’écoute Gloria Gaynor à fond toute la journée (non, là je mens, j’y arriverai jamais).
(Si cet article dépasse le quota autorisé de « moi », de « je », de « j’ », de « ma/mon/mes », c’est normal. Je vous avais prévenu, ce texte est essentiellement, entièrement, totalement, honteusement à donf narcissique.)
Par Mister Big
Et oui ! C’est le grand retour tant attendu (sans commentaires, svp) de Mister Big !
Et une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une femme… Mais pas n’importe quelle femme ! Je suis actuellement devant un reportage parlant de l’action d’Evita Bezuidenhout en Afrique du sud… (là, je sens que j’ai déjà perdu 50% des lecteurs…)
Cette femme milite pour que les citoyens noirs, particulièrement ceux appartenant à l’ANC (toi aussi fait toi-même tes recherches sur Google pour savoir ce que c’est !) s’exprime par les urnes et non par la violence. Car même si Mandela est sorti de prison et que l’apartheid est officiellement prohibé, le miracle ne s’est pas produit : ce coup de baguette magique n’a pas permis aux noirs opprimés pendant toutes ces années de savoir lire, ça n’a pas effacé des mentalités archaïques des blancs colonialistes l’idée selon laquelle les noirs qu’ils ont parqués pendant des années sont des animaux, ça n’a pas permis aux enclaves de devenir des quartiers riches… Tout ceci fait que, maintenant comme toujours, les seules opportunités qu’ont les noirs dans ce pays sont bien souvent se taire ou se battre. Et on ne se bat qu’avec les armes qu’on a, et la violence est bien souvent la seule arme des personnes illettrées… C’est dans ce but que cette femme se bat : pour apporter la bonne parole et inciter ceux qui le veulent à se battre avec l’arme nouvelle qu’on a que récemment mis entre leur mains : le droit de vote. (ayé, là, doit me rester plus qu’un ou deux lecteurs courageux ou masochistes !)
Mais pourquoi nous raconter tout ça, me direz-vous… ? C’est quoi cette histoire d’apartheid sur ce blog de nymphomanes ? Pi depuis quand Mister Big réfléchit avec autre chose que ce qu’il a dans le pantalon ? Voilà le pourquoi du comment : cette fameuse Madame Evita Bezuidenhout est blanche, déjà, et en plus, c’est un homme ! Héééé oui ! Tout fout le camp, ma brave dame ! C’est un travelot blanc qui apporte la bonne parole dans les ghettos noirs d’Afrique du Sud ! Et le pire, c’est qu’elle le fait bien, et de la façon la plus intelligente qui soit : par le rire. Personnellement, ça me touche de voir des noirs rire des plaisanteries pseudo-racistes qu’Evita raconte lors de ses meetings. Là, elle est en tête à tête avec Nelson Mandela… Le jour où travelocha-la-terrible sera en tête à tête avec notre Chichi national ou avec GW B, neurone suprême des Etats-Unis, ben j’aimerais bien être là pour voir ça ! Bref, revenons à ce que je racontais avant : Evita se présente comme une pro-apartheid repentie qui fait sa tournée d’excuse. Et là, tout le monde en prend pour son grade, blancs, noirs, afrikaners (là aussi, souviens-toi que Google est ton ami…), racistes, hommes politiques, fermiers, les hollandais (pour une histoire de cactus…) et même les pitits français ( ben voui : prêcher la bonne parole, c’est bien, dire qu’on boïcote, aussi, mais importer quand même en faisant transiter par l’Asie, c’est pas bieeeen…) et le tout avec le plus grand sérieux du monde. Bref, elle s’adresse aux gens sans langue de bois, elle appelle un chat un chat, et ne prétend pas avoir toujours été une gentille fifille à sa maman… On devrait en prendre de la graine ! Qui ne fait pas une blague raciste de temps en temps ? Qui ne se moque jamais ? Il n’y a qu’une catégorie de personne qui diront « moi ! » : les hypocrites ! Personnellement, je ne suis pas un ange (toi aussi, relis les super-aventures de ton héros dans le volumes hors-série : « Mister Big contre l’arrière boutique de la mort qui tue ! »), et des fois, j’ai des pensées pas très cool et dont je ne suis pas très fier, le plus souvent sous le coup de la colère, mais je ne joue pas la langue de bois. Je ris de mes travers. Je suis le premier à scander : « hé, ho ! Suis pas un pédé, moi ! » ou encore « tu dis ça parce que je suis noir ? », car, pour moi, la meilleure façon de prouver la connerie de certaines personnes, c’est de se moquer de leurs propos en les mettant en situations… Le silence, ça ne veut pas dire qu’on ne pense rien… les personnes qui regardent sans rien dire, ça ne veut pas dire qu’elles ne pensent pas… et si elles ne prononcent pas leurs paroles à haute voix, c’est bien souvent car elles ont de bonnes raisons d’avoir honte ou peur de le faire. Moi, je préfère appuyer là où ça fait mal. Et c’est ce que fait Dame Evita : elle en rit, elle rit de la connerie humaine tellement abondante. Et elle parvient à en faire rire les autres. Et de tous ceux là, ceux qui ont la réaction la plus intelligente sont justement les noirs qui en rient. Comme le dit une femme en fin de reportage : c’est la meilleure thérapeutique qui soit !
Par Gauthier
At first I was afraid
Kept thinkin' I could never live without you by my side
But then I spent so many nights
Thinkin' how you did me wrong
I learned how to get along
And so you're back from outer space
I just walked in to find you here with that sad look upon your face
I should have changed that stupid lock
I would have made you leave your key
If I'd have known for just one second you'd be back to bother me
Go on now, go
walk out the door
Just turn around now
You're not welcome anymore
Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye
Did you think I'd lay down and die?
Oh no not I
I will survive
Oh, as long as I know how to love I know I'll stay alive
I've got all my life to live
I've got all my love to give
And I'll survive
I will survive
Hey hey
It took all the strength I had not to fall apart
Kept trying' hard to mend the pieces of my broken heart
And I spent oh so many nights
Just feeling sorry for myself
I used to cry
But now I hold my head up high
And you see in me
Somebody new
I'm not that chained up little person still in love with you
And so you feel like droppin' in
And just expect me to be free
But I'm savin' all my lovin' for someone who's lovin' me
Oui ce sont bien les paroles de l’indémodable tube disco par excellence : I will survive de Gloria Gaynor. Pourquoi je vous les balance ici ? Je vais essayer d’être court et surtout compréhensible (pour autant que je puisse l’être). J’adore cette chanson. Elle ne représente pas vraiment quelque chose pour moi, c’est juste que je la trouve gaie et entraînante. Ça tombe bien, c’est le but premier du disco.
Je ne l’écoute pas souvent. La plupart du temps, je la mets en soirée quand j’ai bien bu pour hurler un bon coup, ou je me déhanche dessus dans une boite minable (une boite qui passe encore du Gloria Gaynor ça existe aussi à Paris, faut pas croire… pffff). Bref, du fun, encore du fun, toujours du fun. Ça tombe bien je suis quelqu’un de fun.
Nina me la chante depuis une semaine sur MSN pour me faire rire. Et je l’écoute en boucle dès que je suis devant mon mac. Pourquoi ai-je un tel besoin de disco débile en ce moment ? Non pas parce que je suis une grosse tafiole dénuée de goût musical (Manu Katché si tu nous regardes : des fleurs !). Non j’ai juste besoin de me remonter un peu le moral.
Dimanche soir, j’ai pris un TGV lancé à pleine vitesse dans ma gueule. La sale mauvaise nouvelle, celle que je ne pouvais pas sentir venir. Et depuis j’accuse un peu le coup. J’aurais voulu vous amener ça de façon plus tendre peut-être plus littéraire aussi. Mais j’en ai pas du tout l’envie, et encore moins la force. Je suis vidé de toute consistance (déjà qu’à la base c’est pas la joie !).
Pour planter le décor : je couche avec un inconnu, la capote explose, je m’en rends compte après le coït, il flippe, je ne comprends pas pourquoi. Je lui dis que je suis séronégatif, il flippe toujours. Il me dit qu’il est séropositif, je comprends pourquoi il flippe. Et moi ? Ben je suis sous trithérapie préventive depuis le début de la semaine. Alors je n’ai qu’une chose à dire à ce fucking virus : I WILL SURVIVE !
Ps : je sais que ça ne se fait pas, mais j’en parle sur mon blog. Je ne voulais pas faire un grotesque copier/coller de mes post de la semaine. Vous méritez mieux que ça. Alors en attendant que je sois capable de reprendre sur les deux fronts, je vous invite à lire ce que j’ai publié sur mon blog. Promis la semaine prochaine je vous consacre plus de temps.
Par Gauthier
« Je pense donc je suce », merci Larouquine pour cette nouvelle maxime qui manquait tant à ma vie de débauche…
Je dois ici m’excuser publiquement, oui en effet j’ai encore vécu dans le péché toute cette semaine. Je vous ai récemment pondu un article sur l’alcoolisme, pourquoi tout d’un coup me suis-je interroger sur l’alcool et sa dépendance alors que je bois comme un trou depuis des années ? Parce que j’étais en panne d’inspiration ? Non bien au contraire, je suis en surdose d’inspiration.
Je vous explique mon cas en quelques lignes. Samedi soir, je me retrouve à l’anniversaire d’une copine de ma promo. Forcement on boit comme des trous avec la Nina. Et on échoue (plus totalement attribué) dans notre club favori. Là il est déjà quelque chose comme 4h30 du matin. Pour vous donner une idée de notre état de délabrement mental, on a engagé une discussion sérieuse dans le taxi. Oui pour paraître pas trop saouls et pour éviter de devoir aller du 17e au 1er arrondissement à pied, il faut savoir donner le change dans un taxi, donc la discut’ ça donne ça :
- J’achète trop de revues, j’ai pas le temps de tout lire, c’est la honte quand même !
- Oui ben moi c’est pas mieux, et dire que je suis journaliste !
- Comment ils font pour les droits d’auteurs dans Courrier International ? Non parce que ça doit poser des problèmes quand même !
- Ben écoutes, je me suis jamais posé la question, mais maintenant que tu m’en parles, il faut que je me renseigne…
Ben du coup le chauffeur il ne nous a pas parlé, ET TOC ! Bon passé ce grand moment de solitude intellectuelle, nous voilà donc dans notre club. « TAVERNIER À BOIRE !!!!! ». Et ça picole, ça picole, ça picole… Là mon regard se pose sur la foule, et que vois-je ? Mon mec…
Ah oui je vous ai pas dit, j’ai un mec. Alors pour faire vite, l’américain en partance, j’étais très malheureux, donc j’ai décidé pour faire passer ma douleur de me prendre une béquille. Qu’est-ce qu’une béquille ? Ben le mec de transition, le mec dont tu n’as rien à foutre, mais qui te permet d’avoir une vie sexuelle et des câlins et des mots gentils, mais toi, donc, tu t’en fous royal !
Donc mon mec est visible (enfin autant que je peux voir) à l’horizon. Je titube jusqu’à lui, je l’embrasse bruyamment, et je repars dans mon coin. Il me fait comprendre qu’il aimerait me présenter des gens (il me reste 3g de sang dans l’alcool à ce moment-là). J’acquiesce. Et il me dit la chose de la façon suivante :
- Gauthier, je te présente ma sœur Fabien !
- Ah… Z’êtes sœurs ? Yen a une des deux qui est mieux réussie quand même !
Je fais un clin d’œil et je m’éclipse en hurlant de rire. Alors que c’est-il passé dans ma tête tordue ? Ben mon mec (mignon) me présente un autre mec (moche), en parlant au féminin (je déteste que mon mec fasse ça, si j’aime les hommes c’est pour une raison bien précise). Alors moi voulant faire de l’humour, je lâche cette petite phrase rigolote. Mais si c’est drôle, avouez… Nan ?
Bref la « sœur » a très mal pris la chose, mon mec n’en parlons pas. Mais moi je me rends pas compte de suite, et je continue à descendre joyeusement des vodkas sunrise avec Nina. Le patron nous présente un « hétéro » qui en fait se retrouve à violer un mec moins de 15 min après contre le miroir. Bref la soirée se déroule sans encombre. Jusqu’à ce que mon mec réapparaisse.
« Gauthier, ton mec te demande » me dit le barman. Je me déplace donc pour rejoindre l’élu de mon cœur, tout sourire (autant que je puisse l’être en tout cas). Et là je me rends compte que lui il sourit pas du tout… Oupsssss !!!! Et je m’en suis pris plein la gueule comme quoi j’ai pas été correct et bla bla bla… Il me demande de m’excuser auprès de la « sœur », je m’exécute, mais apparemment ça se voyait beaucoup que j’étais un poil hypocrite. Donc je ne fais qu’envenimer les choses.
Je retourne à ma Nina qui se retrouve attaquée lâchement par un hétéro qui lui parle en la regardant droit dans le décolleté (mais moumour c’était indécent ce que tu portais, c’est normal que ce brave garçon nous ait payé pleins de verres !). Et donc on boit à l’œil ! Merci moumour. Au bout de quelques verres, et des quelques tapes aux fesses de ma part pour le barman, je retourne voir mon cher et tendre. Et là que vois-je, que découvris-je, que découvra-je ? Mon abruti de mec dans les bras d’un autre, à se bécoter joyeusement ! Donc mon sang ne fait qu’un tour, et la suite de la soirée est censurée…
Le lendemain, je reçois un charmant texto de mon doudou « il fo kon parl dier soir ». Z’avez pas compris ? Arf oui j’ai oublié de préciser, il est gentil, mais un peu jeune, un peu bac – 12 et bilingue langage sms. Moi je finis par traduire qu’il veut parler de notre rencontre de la veille. Là c’est la panique, j’appelle Nina et je lui demande ce qu’il s’est passé. Oui je n’ai aucun souvenir !!!! Moumour c’est ma boite noire ;)
Donc je laisse traîner un peu, il se trouve que cette semaine c’est la dernière semaine de cours de ma vie. Et j’ai un devoir important à rendre. Donc je me mets à fond là-dedans, espérant que l’autre il m’oublie un peu, ou qu’il me largue (ce qui m’arrangerait beaucoup !). Finalement il ne lâche pas le morceau, et il décide de prendre le taureau par les cornes (moi). Et je me retrouve à avoir une discussion philosophique, un poil ésotérique avec doudou d’amour. Et là j’en ai pris plein la gueule : je suis hautain, mal élevé, j’en ai rien à foutre de sa gueule, je ne mérite pas qu’il soit malheureux pour moi, bla bla bla bla. Moi tout ce que j’ai répondu c’est « je ne me souviens pas, j’étais bourré » et « je ne m’excuserais pas pour quelque chose que j’ai fait sous le coup de l’alcool, je ne suis pas responsable ». On a fini par casser (oh joie !), et là il me dit « mais je trouve ça dommage, ça aurait pu être bien nous deux… »
La naïveté humaine m’émeut au plus haut point… Ce garçon est formidable de naïveté ! Suis-je un monstre ? Oui complètement… Et alors ?
Par Gauthier
Il y a différentes formes d’alcoolisme, et je vais essayer d’identifier la mienne à l’aide d’un article à 45% (non dilué s’il vous plait).
Donc je vais commencer par mon préféré : l’alcoolisme mondain. Qu’est ce que c’est ? Tout simplement une forme élitiste de l’alcoolisme pmu-esque (que nous verrons tout à l’heure). L’alcoolique mondain se targue assez régulièrement d’une particule ou d’une dizaine de couv’ de Télé 7 jours. Les deux n’ont aucune importance, sauf pour celui qui les revendique fièrement. Un alcoolique mondain ça ne paye pas ses consommations. Il boit dans les dîners, dans les cocktails, dans les soirées VIP (Very Important People), toujours à l’œil. Et oui plus on est riches moins on doit dépenser d’argent. D’ailleurs heureusement pour lui, parce que s’il boit autant c’est pour oublier qu’il est has been, ou has never been… et donc complètement fauché ! Moi je paye trop souvent ce que je bois donc ce n’est pas moi.
Voyons maintenant l’alcoolisme domestique. L’alcoolique domestique (alcoolicus domesticus) est un être troublé et troublant. Tout le monde est susceptible de le devenir après une rupture, un défilé JPG raté, une baisse des taux d’intérêts ou une hausse du prix du tabac… Bref les déclencheurs sont différents, mais le résultat reste le même. Le pauvre bougre boira tout le temps, en permanence, et du lever au coucher, il aura une bouteille pleine à moins de 2 m de lui où qu’il soit. C’est pour ça qu’il sort peu, les femmes sont plus touchées, en effet, il n’est pas convenable pour une femme de se foutre minable en public, donc elle se cache ! Toutes les CSP peuvent être touchées. Donc l’alcoolique domestique boira de la villageoise, de la bière, de la vodka, de l’armagnac ou du champagne. Du moment qu’il y a de l’alcool… Mais lui il paye sa consommation, il se cache quand il achète les bouteilles au Shoppy, faisant jusqu’à trois superettes par jour pour brouiller les pistes. La désociabilisation est souvent le corollaire de cette forme d’alcoolisme. Je ne suis pas concerné, je ne bois pas tout seul chez moi, je suis hyper sociabilisé, et je n’ai aucune honte à boire comme un trou…
L’alcoolisme pmu-esque fait des ravages dans nos campagnes principalement. Où que vous viviez, qui que vous soyez, vous êtes déjà entré dans un PMU, ne serait ce que pour demander votre chemin. Et là votre regard se perd dans la foule des habitués, là un vieux à moustache, avec un gros nez rouge et un béret de travers, entre deux lampé du gros rouge qui lui sert de carburant, il réajuste son mégot de gitane maïs et se gratte la tête avec des ongles qui engendrerait un cataclysme par attaque cardiaque dans un salon de beauté… Là une femme, blonde décolorée délavée, avec un pull marin sale et déformé, elle doit avoir 29 ans sur sa carte d’identité, mais les poches sous ses yeux et ses dents pourries lui donne 48 ans, elle tient un verre de blanc, et fume des gauloise sans filtres. Là bas un homme, le mari de la blondasse apparemment, il fini vite son demi pour aller chercher leur progéniture à l’école, il ne s’est jamais brossé les dents de sa vie… l’alcoolique pmu-esque paye ses consommations, le plus souvent avec son RMI ou sa retraite. Si quelqu’un a pensé que ça pouvait être mon cas je le brûle sur place !!!! Je suis jeune, je suis beau, je dépense une fortune en crème miracle pour paraître frais en toutes circonstances, je m’asperge de parfum à 70€ la bouteille, et j’ai une hygiène irréprochable !!!! Non mais…
Il reste une catégorie : l’alcoolisme étudiants. Le brave étudiant qui travaille comme un forcené toute l’année pour obtenir des diplômes qui lui permettront un jour de rentrer, tête haute, dans son agence ANPE pour s’inscrire au RMI. Il doit décompresser, et donc que fait-il le week-end ? Il boit avec ses potes. Alors après les modalités diffèrent, il peut se mettre minable à domicile avec une bande de potes, ou sur un quai de seines, toujours avec ses potes, mais aussi, encore avec ses potes plus quelques autres, dans la boite du coin. L’étudiant alcoolique a une espérance de vie réduite du moment qu’il vit en province et qu’il doit conduire pour rentrer… Les platanes ne sont pas vos amis, ils viennent se mettre juste devant votre voiture (mais que fait Sarkozy ?). Avec un peu de chances, il croisera la route du Lieutenant Lebo de la Gendarmerie de Péquins s/ Argoules qui lui retirera poliment son permis de conduire avant de le reconduire chez ses parents qu’il connaît depuis le collège. L’étudiant alcoolique est le plus souvent très gentil, très amoureux quand il boit un peu trop. Mais il y a aussi la forme bourrine : deux verres et il veut casser la gueule de tous ces cons qui le regardent de travers sur la piste. J’ai une très grande expérience du mec qui veut me dessouder parce que je parle avec sa meuf. Il me chope par le col et m’informe qu’il va me faire sortir les dents par l’anus, là s’armer de son plus beau sourire et tout en posant une main sur ses fesses lui dire : « Mais je préférerais faire autre chose avec mon anus, on t’a déjà dit que tu avais un cul d’enfer ? ». Là c’est quitte ou double, et perso je m’en suis toujours bien tiré, le bourrin arrête tout net, de peur que je le viol sur place. C’est fou ce que les hétéros ont peur des pédés ! Quelque part je suis un étudiant alcoolique, certes, mais je ne paye pas suffisamment mes conso pour ça, je sors trop souvent dans des endroits fréquentés par des VIP (Very Important Poufiasse).
Donc résumons, je suis un savant mélange d’alcoolisme mondain et d’alcoolisme étudiant… Nous voilà bien avancé… Mais dans tous les cas la seule chose à retenir c’est que je bois comme un trou, que j’aime ça, et que je l’assume complètement !!!! Maintenant il faut s’attaquer à l’autre souci : les trous de mémoire en soirée… Si vous avez un remède autre que « mais arrête de boire Gauthier bordel » je suis preneur…








