C'est quoi ce blog?
La vie de 11 vingtenaires, leurs histoires de coeur et de sexe, leurs questions, leurs délires...
Comme je suis actuellement malade (article écrit vendredi en plein délire, j’espère être guérie dimanche), j’ai envie de faire du débile, du léger : un vrai article du dimanche quoi. Mon cerveau se met en branle (bof) et le seul sujet qu’il trouve c’est : les soap opéras. Si vous n’êtes pas content, écrivez à Dieu et engueulez-le de m’avoir fait pipi dessus mercredi quand j’attendais Gaugau.
On a beau dire et beau faire, tout le monde a vu au moins une fois « Les feux de l’amour ». Souvent, quand on évoque le sujet, immanquablement, on vous répond : « Moi, quand je partais en vacances chez mémé, j’y avais droit après le repas. » Faut dire que les aventures de Cricket et ses amis, c’est top pour la sieste. D’ailleurs, quand j’étais à la fac, après manger, je m’allongeais sur le canapé, couverture jusqu’au nez, j’entamais les Feux de l’amour et je m’endormais immanquablement devant. Pas très grave, A la vitesse où ça va, on rattrape vite le fil. Bon, je connais surtout « Les feux de l’amour » et un peu « Amour, gloire et beauté » mais je confonds cette dernière avec « Des jours et des vies » diffusé juste avant parce qu’en plus, y a le même vieux, l’espèce de Victor Newman local avec une barbe et du coup, je mélange les histoires. De toute façon, c’est diffusé trop tôt : soit je dors, soit je bosse, je peux pas suivre. Sinon, je suivais bien Sunset Beach, soap mi sérieux mi parodique, j’en avais déjà parlé et ça, j’adorais, ça me faisait trop délirer.
Les soap, j’adore. Non pas les séries et les histoires en elles-mêmes mais ça me fait beaucoup rire, j’en avais même écrit un, ado. En fait, l’idée était née d’une rédaction que j’avais écrit, le sujet était « le dialogue » donc j’avais raconté qu’avec mon meilleur ami, on matait un soap donc moitié rédaction, les dialogues de la série, autre moitié, la dispute avec arguments, contre-arguments, pourquoi c’est bien, pourquoi ça l’est pas… Passionnant, hein ? Donc poursuivant le délire, j’ai crée le mien dont j’ai oublié le nom. J’avais repris le principe : de grandes familles qui s’aiment, se détestent, s’affrontent, se font des coups de pute, avec des enfants qui ont un père officiel mais faut faire des tests de paternité pour vérifier, des histoires de coucherie, des gentils et des méchants. En gros, il y avait une super garce, Kirsten, qui s’est tapé tous les personnages masculins sauf un, son père. Et pas les vieux non plus, faut pas déconner. Ils étaient tous méchants sauf une, Linette (si je me souviens bien), la sœur de la dite Kirsten, mais elle était gentille parce qu’elle était complètement niaise, surtout. Parce que dans les soap opéras, y a pas vraiment de gentils. A un moment, les adorables agneaux deviennent d’ignobles loups. Même les enfants sont salauds, quand ils s’y mettent !
A propos des enfants, il y a un truc magique avec les soap operas : les lycées en Suisse (ou ailleurs). Un enfant, on ne sait pas toujours quoi en faire dans les soaps donc les scénaristes les font partir loin, dans des pays magiques où le temps passe plus vite. Genre le enfants de Victor Newman dans les Feux de l’Amour : ils partent en Suisse, ils ont 8 ans. Ils reviennent pour les vacances, ils en ont 18, ils rencontrent un(e) camarade de jeu, ils se marient et ils se reproduisent à leur tour. Par contre, d’autres ne grandissent pas. Par exemple, Philip, fils de Philip et Nina et petit-fils de Philip et j’ai pas compris qui était sa mère vu que Jil et Catherine sont toutes les deux les grand-mères de Philip sans qu’aucune ne soit la mère de Nina (comment perdre mes lecteurs en une phrase par Nina, pas celle qui a eu Philip, celle qui écrit l’article). Quand j’étais petite, le mercredi midi et pendant les vacances, j’allais chez ma nounou et on regardait collégialement les Feux de l’Amour. Donc Philip est né quand j’avais quelque chose comme 6 ans. Bon ben 20 ans plus tard, le petit Philip n’a que 8 ans… Pareiil pour le petit Noir, fils d’Olivia et de chais pas qui vu qu’Olivia n’arrête pas de se remarier, il a eu trois ou quatre papas, le pauvre gosse. Bon, ben lui, il stagne alors que sa cousine qui est plus jeune que lui vient tout à coup de le dépasser de 10 bonnes années. A propos de ce gamin, faut que je raconte une scène super drôle. Bon, ce gamin, il est horrible, comme la plupart des gamins dans ces séries, on a toujours envie de les noyer. Ils sont fayots au possible, genre : « maman, je t’aime, tu es la plus belle et je t’aime aussi, papa n°3. Et j’aime mon oncle, ma tante, mes cousins, mes cousines, les écureuils et les moineaux. Regarde, maman que j’aime, je t’ai fait un dessin ! ». Pfffff ! Donc la dénommée Olivia est en train de mourir et voilà le petit qui va prier dans l’Eglise avec son oncle (doublement oncle parce qui a été marié à la sœur d’Olivia et cette dernière a été mariée avec son frère…C’est compliqué, hein ?) tandis que l’autre (Olivia) se retrouve sur un nuage sous les étoiles et grâce à ça, il sauve sa maman… Seigneur !
Après, dans ces séries, ils sont tous alcooliques. Bon, y a les alcooliques graves, ceux qui oublient de se raser, qui se balade avec leur bouteille, la cravate même pas bien nouée autour du cou. Oui l’alcool, c’est la déchéance, on sait plus mettre sa cravate et on utilise plus son rasoir, mais quelle horreur. Puis y a les autres, ceux qui ont un mini-bar dans leur maison et dans leur bureau et qui accueillent tous leurs visiteurs par : « tu veux boire quelque chose ? ». Oui, ils ont toujours un verre à la main dans ses séries, ce qui nous a valu un splendide fou rire avec mon ex meilleur ami le jour où Victor Newman a passé toute une scène à boire dans un verre vide. Arrête de boire, pépé, y a même plus de glaçons dans ton verre ! D’ailleurs, Victor Newman, c’est une énigme pour moi. Il s’est tapé à peu près tous les personnages féminins de la série, sauf sa fille. Pourtant, ce type là me débecte. Bon, je déteste les hommes à moustache mais même, je le trouve pas attirant DU TOUT ! Maintenant, il est trop vieux donc ils l’ont foutue avec sa 8e femme (enfin, je crois), Nicky, ancienne alcoolique au nez refait qui, à une époque, avait une formidable coiffure avec une espèce de coque de cheveux de 10 cm au dessus du front ! Parce que ce qu’il y a de fantastique dans ces séries, ce sont les femmes de plus de 50 ans, on sent bien que les chirurgiens esthétiques se font un max de blé avec elles. Mais c’est bien parce que toutes ces femmes là restent des obsédées sexuelles, un message d’espoir pour nous. Puis elles ont jamais la ménopause puisque du haut de ses 60 ans, Nicky veut à nouveau un enfant (enfin, si j’ai bien compris)…
Après, le meilleur, ce sont les histoires. Outre les chassés croisés amoureux super durs à suivre, le mieux, il y a aussi des méchants vicieux, des complots en veux-tu en voilà… Moi, je veux pas dire mais pour écrire des trucs pareils, faut se droguer, c’est pas possible. Genre : à un moment, Nina se marie pour la 16e fois avec un mec qui est en fait un immonde salaud qui veut la tuer parce que… il doit y avoir une raison mais je l’ai jamais sue. Bref, à un moment, le grand méchant a un accident et se retrouve à l’hôpital, il est officiellement dans le coma, on voit bien son encéphalogramme plat. Mais en fait non, il est trop fort, il simule ! Oui, le grand méchant, le premier homme qui simule un encéphalogramme plat, trop fort ! Du coup, à un moment, il sort de sa chambre, il va à la morgue et prend un cadavre à qui il refait les dents pour qu’elles soient comme les siennes puis il fout le cadavre dans son lit et met le feu. Commentaire des infirmières : « oh non, c’est horrible, il savait qu’il brûlait et il n’a pas pu bouger ! ». Juste ciel ! Mais à mon avis, l’histoire la plus glauque, c’est dans « Amour, gloire et beauté ». En fait, j’ai découvert cette série en 1996, quand j’étais partie passer mes vacances en Italie chez ma correspondante. Un jour, elle me demande : « tu connais Beautiful ? » Heu, non, c’est quoi ? Bon, déjà, ça n’a pas le même nom mais surtout, j’avais jamais regardé. Donc pendant cette semaine de vacances, j’ai suivi l’histoire de « Bridget est-elle la fille de Ridge ou d’Eric ? ». Pour situer : Bridget est la fille de Brooke mais pour son père, on sait pas si c’est Ridge, le mari de Brooke ou Eric, le père de Ridge. Donc, en somme : Eric est-il le père ou le grand-père de Bridget ? Révélation : c’est son père donc la petite Bridget devient la sœur de Ridge. Quelques années plus tard, Bridget est une femme (mais elle a grandi vite, celle là aussi) et on apprend que Ridge n’est pas le fils d’Eric mais de chais plus qui (le barbu qui est aussi dans Des jours et des vies). Donc Ridge et Bridget sont passés de père/fille à frère/sœur à plus rien. Donc ils couchent ensemble. Et bien je trouve ça parfaitement dégueulasse ! C’est limite de l’inceste, quand même ! De toute façon, ils sont tous branques dans la famille puisque Brooke, après avoir eu une fille de son beau-père, décide de coucher avec le mari de celle-ci et tombe enceinte de lui. Donc le nouveau fils de Bridget est en même temps son frère et son beau-fils… Et son mari est en même temps l’oncle et le père du bébé. Vous avez suivi ? C’est très compliqué, vous inquiétez pas.
Bref, c’est vraiment très compliqué, tout ça, mais délicieusement hilarant. Les personnages sont tous vils, infidèles, manipulateurs, potentiellement alcooliques, dépressifs et/ou drogués. En France, dans le genre, on a « Sous le soleil » avec le côté tout le monde couche avec tout le monde mais ça fait super longtemps que j’ai pas vu donc je me souviens plus des personnages. Sinon, y a « plus belle la vie » mais je n’ai vue que contrainte et forcée y a un an et demi quand Clara vivait chez moi. Mais on retrouve les mêmes idées : des acteurs approximatifs qui jouent des histoires totalement tirées par les cheveux. Mais bon, à 20h, j’ai pas envie de faire la sieste.
Et là, ça m’agace mais à un point. Pour ceux qui ont le livre chez eux, ouvrez à la première page. Qui y a-t-il décrit juste sous le titre du livre ? « Roman ». Bon, alors, un peu de culture. Un roman est considéré comme une œuvre de fiction. En aucun cas, M. Brown n’a écrit un essai sur le Graal, il a livré une libre interprétation de la légende du Graal. Que les gens aient pris pour argent comptant ce qu’il a pu raconté dans son roman, ça me dépasse. Qu’on essaie d’expliquer en quoi il a eu tort ou raison m’horripile. Ce qui est fantastique dans la fiction, c’est qu’on peut réécrire des événements. Perso, je peux à la limite comprendre que les théologues extrémistes soient choqués qu’on ose dire que Jésus était marié. Et pourtant, selon mon prof de philo classique, Jésus ne pouvait être que marié. En effet, à l’époque, la norme n’était pas au célibat et s’il l’avait été, ça aurait été signalé. Ca ne veut pas dire qu’il était le compagnon de Marie-Madeleine, juste qu’il devait bien y avoir une madame Jésus. Bon, après, le coup de la fille du conservateur du Louvre qui est la descendante de Jésus, c’est clair que c’est super capillotracté mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? C’est un roman, point.
De la même façon, je suis en train de lire « Le grand secret », de Barjavel, qui mêle fiction et histoire puisqu’il implique des hommes politiques dans son grand secret. Et alors ? Ok, dire que Kennedy a bu une potion censée le rendre immortel et que c’est pour ça qu’il a été abattu, c’est tordu. Mais on s’en fout, le roman est bien écrit, on se laisse prendre à l’histoire. Et c’est justement ça qui est magique avec un roman, c’est qu’on peut tout inventer.
Il y a quelques temps, j’ai commencé à publier Technopolis sur ce blog. Premières réactions : « mais non mais tu peux pas écrire ça, l’Inde et la Chine ne se feront jamais la guerre ! ». Bon, outre le fait que je connais bien ma géopolitique et que je sais que ces deux pays ne sont pas amis du tout, l’important n’est pas là. J’écrivais une histoire qui débutait au moins dix ans plus tard. En dix ans, il peut s’en passer des choses. Si on regarde 10 ans en arrière : les téléphones portables n’existaient pas, Internet en était à ses balbutiements, Friends venait à peine de commencer, la Star Ac n’avait pas encore été inventée, les Etats-Unis ne faisaient la guerre à personne, on ne savait pas qui était Ben Laden, Fernando Alonso n’avait pas le permis, on ne tremblait pas en entendant « grippe aviaire » ou même « vache folle », j’étais vierge… Comme quoi, il peut s’en passer des choses en dix ans. L’avenir, c’est l’inconnu. Doit-on jeter par la fenêtre le « 1984 » d’Orwell, considérant qu’il s’est planté et qu’en 84, Big Brother ne nous watchait pas ? (je sais, c’est un odieux anglicisme). Ecrire un roman n’est-il pas, finalement, écrire une version alternative de la réalité ? N’ai-je pas droit de créer un univers particulier en changeant ou inventant des événements ?
La question est la suivante : la créativité doit-elle avoir pour limite la crédibilité ? La réalité n’est-elle pas pour l’écrivain qu’une pâte qu’on doit modeler à notre guise ? J’ai tué les trois quart de l’humanité dans Technopolis et au fur et à mesure du roman, j’en tue d’autres. Dans le prochain que j’écrirai, je vais encore créer une guerre parce que le thème de la résistance, moi, ça m’inspire toujours autant.
Après, ce n’est pas pour autant qu’il faut faire n’importe quoi, il faut que l’intrigue se tienne. Je n’aime pas trop les enquêtes policières avec le « lapin qui sort du chapeau ». C'est-à-dire pendant tout un roman, on suit les policiers, on soupçonne le mari, les enfants et l’amant de la victime, par exemple, on essaie de recouper les indices et là, à la fin du roman, on apprend que, tatan, le meurtrier est le voisin pris d’une pulsion meurtrière. Le voisin, dans le roman, on le voit juste quand les policiers arrivent, il fait partie des badauds. Donc, forcément, on pouvait pas deviner qui était le coupable, on savait même pas qu’il existait ! Avec ce genre de procédé, c’est facile de faire des romans policiers surprenants. De la même façon, certaines facilités m’agacent. Exemple : le film Gothika. Je te préviens, lecteur, dans la phrase suivante, je raconte la fin donc si tu n’as pas vu le film et que tu veux le voir, passe direct au paragraphe suivant. Donc Gothika, on apprend que le mari d’Halle Berry qu’elle a tué était un sale pervers qui violait des filles et tout et on apprend qu’il a un complice. Fin du film : tatan, le complice, c’est le shérif qui explique : « en tant que shérif, c’était facile pour moi d’aller et venir dans la prison ». Sauf qu’Halle et ses amies n’ont jamais été dans une prison mais dans une clinique psychiatrique privée où un shérif n’a rien à faire. Donc c’est pas crédible.
Revenons au Da Vinci Code, qui prend donc de grandes libertés avec la réalité historique. Mais au fond, le roman est logique, il sème tout du long des pistes nous permettant d’aboutir à la conclusion logique. Sophie est donc une descendante de Jésus ? Ben, en lisant le roman, ça ne fait pas lapin qui sort du chapeau, là, c’était préparé comme révélation.
Dans la même veine, Marie-Antoinette, le film. Oui, ok, ça ressemble un peu à l’article de Gauthier (là) mais bon. Donc pour le ciné, c’est comme pour un roman, ce sont des œuvres de fiction donc bon… Marie-Antoinette n’a jamais été présenté comme un film historique donc à partir de là, on peut s’autoriser quelques fantaisies même si j’ai toujours peur que les gens ne connaissant rien à l’histoire de France prennent ce genre de film pour argent comptant. Déjà Marie-Antoinette, elle était beaucoup plus potelée que Kirsten Dunst ! Elle est jolie, Kirsten, mais elle est quand même maigrichonne. Donc le film n’a rien d’historique, on nous présente une Marie-Antoinette amoureuse et bienveillante avec son époux (mouais…), amoureuse un temps du comte de Fersen mais elle l’oublie bien vite… Moi, le comte de Fersen, je le laisserais bien visiter mon trianon, aussi (ça, c’est ma nouvelle expression). Finalement, ce que je reproche au film, c’est pas les largesses prises avec l’histoire mais la fin terriblement bâclée. En gros, on a la sensation qu’on manquait de pellicule sur la fin donc les événements se succèdent sans qu’on comprenne trop ce qu’il se passe et paf, c’est fini. Autre truc qui m’a turlupiné : on a vu le film en VO avec Gaugau et dans le film, il y avait quelques phrases en français… Hein ? Tant qu’à faire, autant tout faire en anglais.
Bref, l’imagination est quelque chose de fantastique et qui permet de travestir la réalité. Si j’ai envie de raconter que le monde est dirigé par un consortium d’éminences grises qui orchestrent les conflits selon leurs intérêts propres et que les dirigeants des pays ne sont que des pantins, pourquoi pas ? (tiens, ce serait une idée). Tant que l’intrigue est crédible, après… Alors, arrêtons de faire des procès aux écrivains. Ecrire un roman, ce n’est pas écrire un essai, notre matière première, c’est l’imagination, pas des documents historiques.
« I’ll be theeeere for youuuuu ! » En 1997, j’allume la télé un soir d’été et je tombe sur une série bizarre, débile et qui me fait mourir de rire : Friends. Je connaissais de nom, la série passait depuis quelques temps sur Canal Jimmy et tout le monde en parlait sur Fun Radio ou dans le magasine XL (oui, là, je viens de démontrer qu’ado, j’étais une super pintade). Du coup, j’étais méfiante. Quand on hurle au génie, j’ai peur de l’effet de mode. Donc comme rien ne vaut ma propre opinion, je regarde.
Voici donc l’histoire de 6 New-Yorkais pré-trentenaires. Rachel, Monica, Phoebe, Chandler, Joey et Ross. J’avoue que je ris comme une bossue, je suis totalement fan. Bon, je m’abstiendrai de présenter les personnages, je pense que tout le monde connaît la série et l’a vu au moins une fois. Cette série a « révolutionné » ma culture de fin d’adolescence. Au lycée, dans notre groupe d’amis, on ne parlait que de ça, j’étais surnommée « Phoebe » parce qu’à l’époque, j’étais totalement mystique, un peu timbrée et surtout, je voulais devenir chanteuse. Oui, moi, mon rêve, ado, c’était de me retrouver seule sur une scène avec ma guitare. Bon, presque 10 ans plus tard, je n’ai jamais pris un cours de guitare mais les rêves d’adolescence sont très beaux. Bref, on en était accro, on s’était amusé à doubler un épisode, on en parlait souvent : « et tu as vu Friends, hier soir ? ». Cette série m’a d’ailleurs valu une déclaration d’amour particulière. Je raconte. J’ai donc 17 ans et je fais une soirée chez moi, trois copains restent dormir à la maison. Je vais me coucher et quelques instants plus tard « toc, toc, toc ». Je vais ouvrir : Julien, un des trois garçons. Il m’explique que les deux autres font les cons et qu’il a envie d’un peu de calme donc on commence à discuter et on dérive sur Friends. A un moment, je babillais sur le sujet et je me prends un : « je t’aime ». Là, je bloque et je réponds : « Heu… Tu dis ça pour moi ou pour Friends ? ». Oui, quand je dis qu’ado, j’étais vraiment nulle dans mes relations homme/femme, je mens pas.
Bref, revenons à Friends. Les personnages sont assez caricaturaux, pour provoquer des situations burlesques, mais je pense que nous nous reconnaissons tous un peu dans ces personnages. Ado, j’étais plutôt Phoebe, aujourd’hui, je serais plutôt Rachel. Un peu gamine, un peu pleurnicheuse, carriériste, enthousiaste et totalement nulle en matière de drague. Non parce qu’il faut l’avouer, ce que je préfère chez Rachel, c’est quand elle s’amourache d’un mec et ne sait comment se déclarer. Et ses galères, je connais. Comment faire comprendre au mec trop craquant qu’on aimerait bien qu’il nous fasse des câlins, qu’on s’installe ensemble et tout ça ? En plus, j’adore la façon dont elle s’habille, faudrait que je m’inspire un peu de son style.
Pour les garçons, j’ai remarqué que la plupart d’entre eux se reconnaissent plus dans Chandler ou Ross. Sans doute parce que Joey, même s’il est très mignon et attendrissant, est un sacré idiot. Même si Phoebe a un côté très naïf, elle aussi, elle se montre redoutablement intelligente quand il s’agit de manipuler les gens. Donc les mecs aiment bien se sentir proche de ces deux-là. Je me souviens de Guillaume the first qui essayait de copier le mouvement de tête de Ross quand il part brutalement après une loose, genre « je garde ma dignité ».
Friends, c’est un peu la vie dont tout le monde rêve : une bande de potes qui reste unie quoi qu’il arrive. Ils vivent dans de beaux apparts, ont des boulots plutôt peinards (ils passent leur vie au café), ont des gardes robes impressionnantes, ont toujours des histoires amoureuses avec des personnes physiquement très séduisantes… Bref, tout est plutôt rose. Bien sûr, ils connaissent les loose du quotidien : les problèmes d’argent, les problèmes de boulot, les problèmes sentimentaux… Mais ils finissent toujours par s’en sortir, notamment grâce au soutien de leurs amis. Il y a aussi des décès, comme la grand-mère de Ross et Monica puis la grand-mère de Phoebe. Il y a des naissances également : Phoebe donne naissance aux triplés de son frère, Rachel a une fille avec Ross. A la fin, Monica et Chandler, qui ne peuvent se reproduire, adoptent des jumeaux. Il y a des mariages aussi : Monica et Chandler, Phoebe et Mike. Ross s’est marié deux fois dans la série, la série débute juste après sa séparation de sa première femme, Carole, devenue lesbienne. Le jeune homme a épousé Emily et Rachel avant de se séparer d’elles.
Ce qui est fantastique, c’est qu’ils vivent tous en coloc : Monica et Rachel et Joey et Chandler puis Ross vient vivre chez les garçon, Monica et Chandler s’installent ensemble donc Rachel part chez Phoebe alors que Ross se prend un appart. Suite à un incendie, Rachel part vivre chez Joey puis Phoebe chez Monica et Chandler avant de récupérer son domicile. Puis lors de sa grossesse, Rachel part vivre chez Ross avant de revenir chez Joey. Ce sont les entreprises de déménagement qui doivent être contents. Notons aussi que pendant un temps, filles et garçons ont échangé leur appart et qu’avant le début de la série, Phoebe vivait chez Monica. C’est compliqué, hein ? Au moins, ça fait des économies pour les décors.
Le truc qui m’agace un peu dans Friends, ce sont les incohérences : lorsque Rachel arrive lors du premier épisode, Monica lui présente Chandler qu’elle n’est pas censée connaître. Or, lors de plusieurs flash back, on apprend qu’ils se connaissaient déjà (Chandler étant l’ami de Ross, Rachel celle de Monica), ils se sont même échangés un baiser à la fac puis Rachel s’est faite draguer par le même Chandler quand elle était fiancée à Barry (celui qu’elle a abandonné) mais elle l’oublie à chaque fois, le pauvre garçon ! Par ailleurs, il y a de gros soucis avec les âges. Lors de la 1ère saison, Monica a 26 ans. A la 5e saison, on apprend que Ross a 30 ans. Or Monica devrait arriver à sa 31e année et vu qu’elle est la petite sœur du monsieur, y a comme un souci. D’ailleurs, dans la 7e saison, Rachel fête ses 30 ans alors qu’elle a le même âge que Monica et devrait donc arriver aux 33. Or une saison équivaut bien à une année chez nos amis puisqu’on a systématiquement droit à l’épisode de Thanksgiving. De la même façon, certaines pistes intéressantes sont abandonnées : une fois que Phoebe a accouché, on ne revoit quasiment plus son frère et les triplés, elle en parle de temps en temps mais je la trouve pas très préoccupée par ses neveux, la tatie. Idem pour Emma, la fille de Ross et Rachel qui passe plus de temps chez ses grands-parents ou chez la nounou qu’avec ses géniteurs.
A l’inverse, certains éléments sont présents tout au long de la série comme le chien blanc en marbre acquis par Joey lors de la 2e ou 3e saison qui navigue d’appart en appart jusqu’à la fin de la série. Il y a aussi la porte coupée de la chambre de Chandler. Par contre, l’élément récurrent le plus agaçant de la série est le personnage de Janice. Petite amie de Chandler durant la 1ère saison, elle revient régulièrement dans la vie du jeune homme. A partir du moment où il sort avec Monica, Janice revient de temps en temps, croisant par hasard nos héros mais je trouve que son personnage est surexploité à la fin, il n’apporte rien du tout à l’intrigue et ses : « OH MON DIEU, Nahahahahahahahah ! » sont plus agaçants que drôles, à la longue. Je veux bien croire que les hasards de la vie nous fait revoir certaines personnes mais qu’elle croise tout ce petit monde au resto, à l’hôpital (comme par hasard, elle accouche en même temps que Rachel), ou se retrouve future voisine de Monica et Chandler, faut pas déconner non plus.
Friends, c’est fini. Et ce n’est pas plus mal, il faut savoir arrêter les choses tant qu’elles marchent et pas trop tirer sur la corde. D’ailleurs, la dernière saison n’est pas forcément la meilleure et pue un peu trop la guimauve à mon goût. Phoebe se marie, Monica et Chandler adoptent des jumeaux, Rachel et Ross se retrouvent et Joey part faire carrière à Hollywood. Manquerait plus que l’un d’eux gagne au loto ! Ce qui est agaçant, aussi, ce sont les réactions excessives du public. Exemple : lors du dernier épisodes, il font des « houhou » en applaudissant comme des fous quand Monica et Chandler présentent des jumeaux à leurs amis qui n’étaient pas au courant de la nouvelle. Mais le public sait puisque l’une des scènes précédentes montre l’accouchement. Alors c’est pas la peine de s’exciter, hein ! Mais bon, c’est pareil dans toutes les séries, ils doivent être super bien chauffés pour être au bord de l’hystérie, comme ça.
Ceci étant, je pense que Friends est et restera une série culte emblématique de la fin des années 90, début 2000. Malgré le côté caricatural, on se reconnaît tous plus ou moins dans les galères de ses pré-trentenaires. Et moi, je l’avoue, je revois cette série avec plaisir, surtout que toutes les chaînes du câble s’empressent de la rediffuser…
Depuis mon adolescence, je vis en musique. Si je devais faire la liste des inventions technologiques qui m’ont changé la vie : le walkman, le discman (quoi que ça sautait tout le temps, c’était pénible), le lecteur MP3, le CD enregistrable… Quand je pars en voyage, je ne peux pas oublier mon lecteur de musique. Sans ça, je me sens démunie.

Quand je regarde en arrière ma courte vie, je me rends compte que ma vie a beaucoup changé grâce à la musique. Ca peut paraître bizarre mais c’est comme ça. Petite, je me souviens que vaguement ce que j’écoutais. Je sais que le matin, entre la maison et l’école, on écoutait la cassette de Chantal Goya, avec la chorale des sœurs Bartoldi : « ce matin, un lapin a tué un chasseur !!! C’était un lapin qui… avait un fusil !!! ». Donc mon père bénissait le moment où on quittait la voiture et qu’il pouvait enfin mettre la radio.
Début du collège, j’écoute toutes les daubes techno que mes congénères écoutent, je suis la génération Dance Machine. Avec le recul, y a quelques chansons que j’aime encore bien, genre « No limit » mais je dois avouer que la plupart des chansons étaient des insultes à la musique. Dire que j’ai deux CD de Dance Machine chez moi (enfin, je crois, j’ai dû réussir à m’en débarrasser, depuis), la honte ! Donc pendant mes années collège, j’ingère de la musique n’importe comment, juste parce que les autres aiment et que je veux être dans le coup (houhou !). En fait, c’est la musique qui m’a appris à sortir des sentiers battus, voici l’histoire. En 4e, je pars en voyage de ski avec mes parents dans un hôtel qui sert quelques animations. Bon, c’est pas trop notre genre, on aime bien être peinard en voiture mais soit. Pour la dernière soirée, il y avait une animation « le personnel de l’hôtel chante Starmania ». Moi, je préfère regarder Mystères. A la fin de l’émission, je descends pour rejoindre mes parents et j’écoute deux, trois chansons, c’est sympa. Du coup, de retour chez nous, ma mère achète un CD de Starmania (la version 94) et je tombe littéralement amoureuse du CD, je n’écoute plus que ça, je guette les concerts pour pouvoir y assister… J’achète toutes les versions disponibles, je deviens une pro.
De là, j’ai donc décroché de ce qu’écoutaient les autres. Bon, souvent, j’écoute la radio, Fun Radio, à l’époque, c’est très rock, tout à fait dans mon style. Maintenant, je suis beaucoup moins starmaniaque, ça m’a passé mais il n’en reste pas moins que cette comédie musicale a changé ma vie dans le sens où j’ai arrêté d’être comme les autres mais j’ai commencé à être moi.
Chaque période de ma vie est marquée par une chanson, un CD ou un artiste. Souvent, il s’agit d’un délire, d’une connerie et quand je ré-entends la chanson, ça m’émeut un peu, ça me rappelle de bons souvenirs. Côté musique débile : y a du Kylie Minogue (« Na, na, na, na… »), du Britney (Baby One more time ou Toxic) , du Gloria Gaynor (I will survive), du Tom Jones (Sex bomb)… Et y en a plein d’autres !
Souvent, aussi, certains artistes sont liés à des romans que j’écris. En fait, avec la possibilité d’attraper de la musique sur le net, j’ai une sacré playlist sur mon pc et, évidemment, selon la période, je n’écoute pas la même chose. Par exemple, le roman 1999, c’est plus l’album « Together Alone » d’Anouk et « Pieces of you » de Jewel. Pour Technopolis, j’avoue que je ne sais plus, y avait « Right here, right now » de Fatboy slim mais après… Une musique peut même m’inspirer un roman, le prochain dont je n’ai pas du tout le titre. Je l’avais déjà expliqué, c’est l’histoire de quatre sœurs italiennes dont une est violoncelliste. Evidemment, notre amie violoncelliste (qui s’appellera Cécilia), elle jouera du Jorane. Parce que la musique est une source d’inspiration comme une autre. Franchement, il y a des chansons qui raisonnent en moi de façon particulière, qui m’inspirent. Quelques mots prononcés en rythme et ça me percute : en voilà une histoire géniale, en voilà des mots qui collent parfaitement à ma vie.
De la même façon, j’adore cheminer avec de la musique dans les oreilles. Quand j’étais à Toulouse, les deux dernières années, j’habitais à 25 mn à pied de la fac, quasi autant avec le bus, pour peu que je ne l’ai pas de suite donc je préférais utiliser mes petites pattes pour pas arriver en retard. Donc i-pod vissé dans les oreilles, je chemine tranquillement, plus ou moins rapidement selon la chanson qui passe. C’est fou comme une même rue peut avoir un air très différent selon la musique que l’on écoute. Et j’avoue que j’adore, avoir l’impression que ma vie est un film. Quand l’héroïne erre dans les rues, seule, le réalisateur met souvent une musique par-dessus histoire de donner de la consistance à la scène. Bon, moi, quand je marche dans la rue, c’est pas parce que je suis en train de réfléchir comme dans les films, c’est juste que, des fois, j’ai besoin de me rendre quelque part.
Cette semaine, j’ai commencé un nouveau boulot, pour ceux qui n’ont pas suivi. Ma mission : faire découvrir aux employés la ville A. Donc il faut bien que je m’y rende, c’est pas que ça me réjouit mais bon… Récemment, ma mère m’a filé un petit lecteur MP3 (128 mo) qui me sert à charger un album que je viens de découvrir et l’écouter. Cette semaine, au ban d’essai : Etyl. En fait, j’avais croisé la route du CD il y a trois semaines, en vacances chez mes parents, ce nom ne m’était pas inconnu, j’aimais bien la chanson que j’avais entendu sur M6, la nuit, mais j’hésite à acheter. J’ai récemment été déçue par l’album de Camille (que je n’ai pas acheté), donc on télécharge d’abord, on verra ensuite. Résultat : je l’ai confondue avec une autre artiste (qui ?) mais je regrette absolument pas, j’adore, je suis totalement fan. Etyl, c’est en fait un groupe. Je me promène donc dans ville A, un peu complètement paumée mais peu importe, ma musique dans les oreilles, tout va bien. Je croise la route d’un parc où il y a de somptueuses tulipes rouges. Puis je vais me perdre dans un quartier résidentiel, je n’ai pas la moindre idée d’où je vais mais j’ai en point de mire les grues qui servent à édifier le futur bâtiment de l’entreprise. Je suis frappée par différentes chansons de l’album, j’ai l’impression que chaque titre marque un passage particulier de ma vie amoureuse des 6 derniers mois. Elle a copié sur ma vie, cette fille ou quoi ?
Quoi qu’il en soit, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de foudre musical. Dans quelques années, quand je repenserai à cette partie de ma vie, je sais en tout cas quelles chansons ça m’évoquera !
Cette émission existe depuis X années puisque j’en avais entendu parler dans Perso, à l’époque, quand j’étais en première année de fac, donc il y a 6 ou 7 ans. Le concept me paraissait intéressant : un gars se promène dans Paris, caméra au poing, et nous livre la vie de la capitale by night. Car s’il y a bien une chose que j’ai appris depuis que je vis ici, c’est que Paris ne dort jamais tout à fait. Le gars, c’est Frédéric Taddéï que j’avais vu dans Nulle Part Ailleurs aux côtés de Jérôme Bonaldi, soit. Mais bon, dans mon studio d’étudiante, j’avais pas le câble ni la freebox donc je ne pouvais voir ce soit-disant petit bijou d’originalité.
Il y a quelques temps, je suis passée chez free et là, j’ai découvert ce petit bijou… Ben ça pue la tocaille achetée aux vendeurs ambulants de la Tour Eiffel. En gros, l’émission a deux temps : d’abord, on nous présente les artistes underground de Paris, toujours « délicieusement subversifs », que les bobos snobs adooooorent tant. Genre on va à une soirée où un artiste vous cuisine du foie humain et tout le monde gobe ça avec délectation en s’extasiant sur l’esprit créatif dudit artiste. Je veux pas dire mais Hannibal Lecter a fait mieux. Et puis le foie d’animal, c’est déjà suffisamment dégueulasse pour pas que j’aille manger du foie humain. Donc voilà, M. Taddéï se promène dans la rue et rencontre des artistes parfois inconnus, parfois connus. Et M. Taddéï est profondément crétin. Nous avons tous dans notre entourage un mec (ou une nana) qui se la joue culturée genre je connais tout sur tout. Vous lui parlez d’un truc et il fait : « ah oui, je vois tout à fait. Moi, tu vois, je pense que… ». Sauf qu’il tombe complètement à côté de la plaque et vous le regardez d’un air navré : « Non, c’est pas ça du tout. » Je me souviens notamment d’une fois où il coince Michel Boujenah dans un resto. L’autre, il vient de se taper une représentation théâtrale, il veut bouffer tranquille et voilà Taddéï et ses caméras (oui parce qu’il a pas qu’une DV, il est suivi par une équipe) qui viennent s’installer à sa table. Bon, pour ceux qui ne connaissent pas Boujenah, ce monsieur est juif et il a fait une pièce sur le sujet et là, il tient un discours sur les origines, je ne sais plus quoi mais bon, en gros, c’est l’homme est homme avant d’avoir une nationalité.
Ah t’as tout compris à l’universalisme de l’homme que l’autre a mis trois plombes à t’expliquer, c’est bien.
Bon, des fois, y a des endroits sympas genre des petits bars, des petits restos ou des galeries mais bon, les trois quarts du temps, c’est atrocement bobo. De toute façon, faut pas se leurrer, Paris Dernière, c’est surtout fait pour montrer du cul. En effet, la deuxième partie montre en général du cul. Des anonymes qui baisent dans la rue ou des chauds du sexe qui croisent comme par hasard la route de M. Taddéï. Non parce que le Frédéric, lui, il se balade et hop, il croise un couple qui se rend chez le roi de la capote (véridique) donc il les accompagne. Curieusement, moi, quand je me promène dans la rue, à Paris, la nuit, la seule chose qu’on me demande, ce sont des clopes (ou des fois mes faveurs mais je réponds pas). Une fois aussi, M. Taddéï a croisé des gens en plein acte sexuel appuyés sur une Megan Scenic en pleine rue pour un « porno amateur qu’on mettra en ligne ». Il y a donc une bonne femme en pleine levrette et là, interview :
- Et dans votre entreprise, ils le savent que vous faites ça ?
Oui, je la vois tout à fait, la Sylvie, arriver le lundi et expliquer à la machine à café qu’elle s’est faite troncher dans la rue par plein de gens très excités par la présence de caméras qui ne sont pas les leurs puisqu’en pleine interview, une bonne femme est venue lui lécher la tronche. Mais le plus merveilleux, c’est que la bonne femme parlait avec une voix tout à fait normale… Vous remplacez « je baise » par « je viens d’acheter mon pain » et la conversation n’aurait pas été différente. Curieusement, moi, en pleine levrette, j’ai du mal à soutenir une conversation… Enfin, j’ai jamais essayé mais je pense que ça aurait donné un « hmmmm oh oui, ahah, je baise, ahah, oh oui ! ». De la même façon, on a assisté à un strip tease intégrale d’une pauvre fille en boîte, genre « je suis torride, je suis exhib », sauf que personne ne la regardait, c’est triste, hein ?
Une fois, aussi, scène très amusante, à mon goût. M. Taddéï tombe sur une écrivaine dans une boîte échangiste, je n’ai pas vu son nom à la fille (Eliette Abecassis ?). A un moment, il l’entraîne dans la backroom, on voit des gens qui baisent et la fille qui se la joue trop rebelle, elle se met à caresser une statue en exaltant les formes de la dite sculpture. Ah ouais, c’est sûr, j’irais dans une backroom, je m’extasierais sur la déco, moi aussi. Je suis une écrivaine subversive folle de sexe, je vais dans les backrooms et je caresse des statues, mmm ! Donc, voilà, moi, je trouve ça très drôle. Autre grand moment : la scène dans la boîte SM avec une bonne femme d’au moins 60 balais torse nue qui balade son soumis avec une laisse avant de l’enfermer dans une cage pour qu’il lui lèche les bottes. Et bien une femme de 60 balais torse nue, ça fait peur. Sinon, nous avons eu aussi droit à une scène de partouze dans un appart, j’ai pas compris comment on est arrivés là mais ce fut assez curieux de voir cinq ou six mecs totalement à poil ou juste le froc baissé (pas ridicule du tout, tiens), ramper sur une nana.
La semaine dernière, l’émission s’est finie par un « spectacle » trash donc hypra top tendance mais franchement, j’ai pas compris l’intérêt. Un mec à poil hurle des insanités et saute sur scène une poupée gonflable avec une bite en latex (la sienne sort de son carcan de temps en temps et il bande pas donc faut accessoiriser la chose). Bon au début, le mec, il a une sorte de couche. A un moment, il se frotte le bout, renifle ses doigts et se met à hurler dans un micro : « mon prépuce sent le fromage de chèvre ! ». Bon après, il décapite sa poupée gonflable qui meurt pas donc il la sodomise mais beurk, y a des défections et il fait manger ça à la tête de la poupée. Et là, on saisit toute l’essence de Paris Dernière : sous prétexte d’être subversif et trash, on nous fait bouffer de la merde.
Ceci étant, y a quand même une chose de bien dans cette émission : la musique. Bon, ça fait très compil lounge mais c’est précisément ce que j’aime. Il existe des compils, d’ailleurs, je vous les conseille. La musique est gérée par Béatrice Ardisson, surtout connue pour être l’épouse de Thierry qui apparaît parfois dans 93, faubourg St Honoré. Globalement, je la trouve chiante, trop "mon mari est fantastique", mais elle arrive à sauver une émission du marasme complet. Bravo, Béatrice !







